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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 08:53

Blackhat – Michael Mann – 2015 – 133'

Un virus attaque une centrale atomique Hong-kongaise puis manipule les cours du soja pour gagner un maximum d'argent. Bien sûr l'affaire attire l'attention des services spécialisés qui cherchent ce qui s'est passé et quel virus fut employé pour y parvenir. Il s'avère que le pirate a utilisé un cheval de Troie afin de pénétrer sa cible et libérer son propre virus pour obtenir le but recherché.

Chine et états-unis s'associent pour mener l'enquête, laquelle conduit à la découverte que le cheval de Troie utilisé a été conçue une dizaine d'années plus tôt par un pirate actuellement en prison.

Qui mieux que lui peut aider les policiers à comprendre quel est le but du pirate, à le retrouver et à le mettre hors d'état de nuire ?

Dans sa prison Hathaway commence par refuser l'offre, minable il est vrai, qui lui est faite, quand celle-ci sera à sa convenance il daignera l'accepter et qu'importe s'il doit porter un bracelet électronique, que ses accès aux ordinateurs soient restreints. Le retour à l'air libre est perturbant, émouvant, après tant d'années passé dans une étroite cellule, bien qu'il ait toujours su s'occuper et utiliser les moyens mis à sa disposition.

La chasse peut commencer, d'abord comprendre quel est le but réel du pirate, l'argent qu'il a amassé ne peut servir qu'un but plus rentable que quelques dizaines de millions. Hathaway n'est pas seulement un geek mais aussi, ça va l'aider, un athlète. La poursuite va passer par Los Angeles pour aboutir à Jakarta, là où l'attend son adversaire. Le milieu des pirates de ce niveau n'est pas si grand et pour avoir utilisé la création de Hathaway l'autre hacker savait que lui seul pourrait s'y retrouver dans le dédale virtuelectronique.

Il y a quelque chose du western dans le film de Michael Mann, avec le style propre à celui-ci, la violence brutale mais chorégraphiée, les moments de calme pour reprendre sa respiration. Le réalisateur a su observer ce qui se fait dans la réalité, celle que l'on ne voit pas mais dont les effets se font parfois sentir, sans trop verser dans la technophilie en nous assommant d'images d'écrans, de codes qui défilent. Rien de plus efficace que l'utilisation d'une clé USB pour violer les secrets d'une banque. Hathaway lui ne vola jamais que ce genre d'institutions, à la différence de l'autre, le méchant de l'histoire, qui n'hésiterait pas à sacrifier des dizaines de vies pour gagner davantage de millions.

La séquence finale, comme il se soit, voit l'affrontement des contraires, le ''duel'', se dérouler sur une place pleine de monde où se passe une cérémonie balinaise. Hathaway ne regrettera pas d'avoir pu garder la forme en prison !

Aucun milieu n'est sûr, chaque terrain voit naître des prédateurs qui s'y sont adaptés. Le futur ne dérogera pas à cette règle !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 08:51

Que je sois blanc ou noir, je reste symbolique,

Beauté, fidélité, en moi sont réunies,

Si Léda fut séduite par Zeus en jalousie,

Hélène qui en naquit incarnât le tragique.

Le poète prend ma plume pour taquiner la muse,

Chercher à exprimer l'émoi qui l'envahit,

Traquer les expressions, la crainte ou la magie,

Admirer dans le ciel la joie qui se diffuse.

 

Faibles mots pour plumage esquissent à peine une ombre,

L'oiseau face au soleil nous laisse dans la pénombre...

 

Une croix dans les cieux, un oiseau magnifique,

Deneb illuminé en un cou si gracile,

Diamant sur fond de nuit invincible et fragile,

Sentinelle obstinée à défier l'horrifique.

Un jour tout s'éteindra sous un linceul obscur,

Le cygne aura chanté et sa lente agonie

Résonnera jusqu'à incarner l'infini.

Quand le temps sera mort le néant sera sûr.

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 08:48

Les Cahiers de Science & Vie No 150 – Janvier 2015

Femmes savantes

 

Deux femmes dominent le cycle arthurien, Morgane et Viviane. La première est maléfique, experte en remèdes mais aussi en poison, Viviane est une enchanteresse qui voit l'avenir dans les astres et attise les passions dans le cœur des hommes. Elles sont aussi, et surtout, l'incarnation du rôle des femmes dans l'histoire des science et du peu d'entre elles qui passèrent à la postérité.

Dans la préhistoire la division sexuelle du travail implique que la cueillette soit réservée aux femmes. Logique qu'elles aient été les premières botanistes et guérisseuses, aucune trace venue du passé ne permet de les sexualiser pour dire quel savoir ou activité était masculin ou féminin.

L'écriture seule permet de garder traces des noms et des actes. Ainsi en Égypte une stèle de Gizeh révèle que sous l'Ancien Empire, Peseshet dirigeait un corps de femmes médecins et délivrait des diplômes aux sages femmes. En Mésopotamie, une tablette d'argile donne le nom de la première chimiste de l'histoire, Tappouti. En 1200 Av JC elle était à la tête de la fabrique de parfums du palais royal de Babylone.

De la Grèce à Rome l'antiquité conserve le nom de femmes savantes qui effleurèrent la postérité sans l'atteindre. Théano, élève puis femme de Pythagore, Cléopâtre, une homonyme,, qui rédigea un traité sur les maladies des femmes, Marie la Juive, alchimiste à l'école D’Alexandrie et inventa le ''bain-marie''... Les femmes dans l’antiquité sont confinées dans l'univers domestique, Aristote théorise l'infériorité du sexe féminin, à ses yeux elles ont le cerveau trop froid et humide pour raisonner, inutile donc qu'elles apprennent plus que le minimum. Peu d’institutions acceptent les femmes. L'école de Pythagore, celle d’Hippocrate font partie des rares dans ce cas. Les femmes sont souvent limités à la gynécologie, la cosmétique ou l'alchimie, ou doivent, tel Agnodice, se déguiser en homme pour exercer la médecine. Hypatie qui révisa et réédita les Éléments d’Euclide fut lapidée par les premiers chrétiens d'Alexandrie.

Pourtant le christianisme des premiers siècles se distingue par sa tradition d'égalité et ouvre des monastères mixtes et des couvents prestigieux où les femmes peuvent s’instruire et exercer une influence intellectuelle et politique. Comme le dit Hildegarde de Bingen, ''Ce n'est pas la science qui offense Dieu, mais le mauvais usage que certains en font''.

Pourtant l'Église finira par exclure les femmes femmes du savoir, l'université de Paris n'admet que des hommes comme élèves. Plus tard l'Inquisition veillera à ce que le savoir leur restant accessible soit réprimé et déconsidéré. La réforme anglicane d'Henri VIII fermera les couvents, seules Salerne ou Bologne dispensent encore leur enseignements humaniste aux femmes de la noblesse italienne. L'Occident chrétien, aux mains des hommes, se ferme aux femmes. Quand quelques unes se risquent à la recherche scientifique c'est dans l'ombre d'un père ou d'un époux qui s'emparera de leurs travaux. Il faudra attendre le XVIIè pour que, influencé par Descartes et les Lumières, es femmes de l'aristocratie française ou anglaise réclament plus de sciences.

Le retard n'est pas encore rattrappé.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 08:43

Gaslight – George Cukor – 1944 – 114'

 

D'après la pièce Angel street de Patrick Hamilton.

 

Paula a quitté Londres quelques années plutôt, après l'assassinat de sa tante, Alice Alquist. En Italie elle fait la connaissance de Gregory, pianiste de son état, qu'elle épouse. Celui-ci réussit à la convaincre de revenir habiter dans la maison de sa tante. Tout est toujours parfait au début d'une relation, mais qu'elle dure et les choses finissent par changer. Gregory s'intéresse de moins en moins à son épouse qu'il accuse de devenir folle. Faisant tant et tant qu'elle finit par se poser des questions et penser qu'elle le devient vraiment. Pour parfaire ses manœuvres il isole son épouse puis envisage de la faire enfermer dans un hôpital psychiatrique.

Pourtant Paula a conservé un ami dans la capitale anglaise, fort heureusement celui-ci est inspecteur à Scotland Yard. L'ayant reconnu il mène, à titre personnel, son enquête et rouvre celle du meurtre de sa parente, toujours mystérieux. C'est ainsi qu'il découvre que la victime était en possession de bijoux de grandes valeurs dont nul ne sait ce qu'ils sont devenus. Plaçant un ami dans le commissariat du quartier du couple afin qu'il épie leur comportement il découvre que Gregory sort la nuit, prétendument pour travailler, mais ne fait que s'engager dans la rue derrière sa maison.

L'explication est claire pour lui, c'est Gregory qui est l'assassin d'Alice, il ne s'est mit sur la route de Paula que pour l'épouser et revenir dans cette maison afin de mettre la main sur les joyaux. Quand il sort de nuit le mari en réalité revient dans la grande demeure et explore le grenier où s'entassent les affaires de la morte avec l'espoir d'y trouver ce qu'il cherche.

Le policier décide de confronter ses réflexions avec le mari afin d'en voir les réactions, la bagarre qui se déclenche alors lui permettra de l'arrêter.

Pour son interprétation, bien différente de ses rôles précédents, Ingrid Bergman obtiendra l'Oscar de la meilleure actrice. Récompense méritée, quand au talent de George Cukor si vous connaissez le cinéma il est inutile de le souligner, dans le cas contraire vous le découvrirez.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 08:38

サイコパスSaiko Pasu – Katsuyuki Motohiro.Naoyoshi Shiotani – Gen Urobuchi (scénario) – Production I.G. 2012

En ce début du XXIIe siècle un dispositif, le psycho-pass, installé sur le corps de chaque citoyen scanne sa personnalité, son état psychologique et son niveau de dangerosité, contrôlé par le système Sybil qui prend les décisions nécessaires. Quand le système détecte une anormalité, un risque de passage à un acte violent il alerte le service spécialisé composé d'Inspecteurs et d'Exécuteurs. Les premiers surveillant les seconds afin qu'ils ne dépassent pas le cadre de leur mission, laquelle peut aller jusqu'à l'élimination de la cible si son niveau est jugé trop élevé et ne pouvant plus être rétabli. Les uns et les autres utilisent le ''Dominateur'' une arme capable d'évaluer la force de la décharge à envoyer en fonction du criminel visé, cette arme sait aussi reconnaître si la personne qui l'utilise est validée pour cela ou non, auquel cas elle ne fonctionnera pas.

Tsunemori Akane (常守 朱) est une jeune inspectrice nouvellement affectée à l'unité 1 du Bureau de Sécurité Publique, elle a obtenue la meilleure note pour cela. Dès sa première affaire elle est confrontée à un cas difficile d'une prise d'otage par un criminel qui sera éliminé, compliqué par l'effet produit sur la victime choquée au point d'elle aussi devoir être abattue. Ce que Akane refuse en tirant sur l'inspecteur Shinya Kugami qui allait utiliser son Dominateur conduisant le policier à l'hôpital. La perspective d'une autre journée est difficile pour Akane mais le devoir l'appelle n'est-ce pas. Et puis la vie est tellement simple, un distributeur alimentaire s'occupe de lui préparer le repas adapté, le décor de son appartement est contrôlé par une machine holographique le changeeant au grès de son humeur, comme ses vêtements qu'elle n'a même pas à enfiler. Un clic suffit !

Bien qu'ayant la certitude d'avoir fait ce qu'il faut la veille, et affichant un psycho-pass bleu clair, elle n'en reste pas moins soucieuse de ce qui pourrait lui arriver. Après tout n'a-t-elle pas choisi ce métier alors que son niveau d'excellence lui permettait de demander n'importe quelle affectation. Avoir été la seule dans ce cas lui fait penser qu'elle peut apporter à ce service ce dont un(e) autre eut été incapable.

Ce qui pourrait bien être vrai, il lui reste à découvrir quoi.

Pour gagner en efficacité la police emploie nombre de criminels potentiels faisant office d'exécuteurs qui préfèrent cette situation où ils peuvent libérer leurs pulsions d'une manière utile à la société. Ayant le mode de pensée d'un délinquant ils comprennent plus vite et mieux qu'un policier ''normal'' les actes et motivations des criminels. Ils peuvent reconnaître un délinquant en le voyant, chercher sur une scène de crime le détail pertinent pour orienter les recherches. Pour limiter les risques ils n'ont pas le droit de quitter les locaux de la police.

 

Tout pourrait être simple dans ce monde ultra moderne et contrôlé au maximum où la criminalité est basse mais aucun système n'est incontournable et quand ce qui est proposé semble être plutôt imposé il perd de son attrait.

Naïve dans un premier temps Akane va, au fil des enquêtes, comprendre les rouages de cette société qui se veut parfaite. Elle se lie d'amitié avec ses collègues, y compris les exécuteurs, chiens de chasse guettant l'occasion de bondir sur une proie, légalement, et commence à s'interroger sur la pertinence du système Sybil qui oriente les vies, choisit les métiers des uns ou des autres en fonction des points obtenus à des tests plaçant chaque personne sur des rails dont elle ne sortira plus, donnant à cette série un intérêt plus grand que celui qu'elle pourrait paraître avoir au premier regard. Le scénario reprend les principes dystopiques de la S.F, la réalisation est impeccable et les personnages ont assez de personnalité pour être intéressant.

L'avenir est souvent sombre quand il est décrit par la littérature où montré par le cinéma et les séries, animées ou non, le présent lui-même ne semble pas augurer de lendemains idéaux. Akane est comme une conscience s'ouvrant au monde qui l'entoure, dans le virtuel d'une série animée c'est possible, dans la réalité...

La technologie ne sera pas une solution, à moins qu'il ne reste qu'elle.

 

Ce qui ne serait pas forcément une mauvaise chose !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Animation
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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 09:00

Park Cheol est un chirurgien cardiaque à Séoul, à peine rentré chez lui il reçoit la visite d'un membre du congrès qui lui annonce qu'une guerre est proche d'éclater dans la péninsule coréenne. Le leader du Nord étant gravement malade les USA prévoient de profiter de son décès et des troubles qui s'en suivront pour lancer une grande offensive et renverser le régime de Pyongyang. Au Sud la vision est différente et la perspective d'une guerre n'est pas vue d'un bon œil. Jang Seok-joo vient donc voir le docteur Park en lui disant qu'un seul homme peut empêcher cette guerre : lui. Il lui suffit d'opérer Kim Il-sun, de le sauver, pour que le projet étasunien ne puisse se réaliser. Difficile pour le médecin de refuser, la perspective de la guerre et de son cortège de victimes, lui déplaît. Il va donc partir, comme s'il désertait son pays. Quand il s'éloigne et voit son fils seul sur la route il s'arrête, revient, puis repart avec Hoon.

L'opération a donc lieu, sous haute surveillance et un revolver pointé sur Hoon, si l'intervention échoue...

Mais elle va réussir et les Park vont s'installer dans la capitale de la RPDC. À Séoul Jang passe pour l'homme qui a évité la guerre, il ne dit rien de ce qui s'est vraiment passé, déjà il ambitionne de se présenter aux élections présidentielles un jour.

Au Nord le père sera médecin comme avant, son fils le deviendra lui aussi, chirurgien comme papa et formidablement doué. Dès son arrivée il avait fait la connaissance de Song Jae-hee, petite fille qui deviendra son amie, son premier amour et sa collègue à l'école de médecine. Entre eux tout se présente bien mais un soir où il rend visite à son amie il trouve l'appartement vide, l'intérieur en désordre et la jeune fille en fuite, poursuivie par la police du régime. Lui sera assomé, elle, arrêté, quand il la retrouvera ce sera pour fuir. Tentative qui échouera, les portes de l'ambassade Sud Coréenne restant close. Fuyant encore ils seront rejoint et Jae-hee, blessée, tombera à l'eau et disparaitra sous ses yeux.

Plus tard, ayant rejoint Séoul il livre de l'eau pour gagner sa vie et au cours d'une livraison à l'hôpital Myungwoo University il devra intervenir chirurgicalement pour sauver un homme, réalisant une opération démontrant une maîtrise hors du commun. Ayant révélé ses talents il finira par être intégré dans une équipe de l'hôpital. Mais venir du Nord, être considéré comme un étranger, ne va pas lui facilite la vie, d'autant qu'il est persuadé que Sae-hee est vivante. N'est-ce pas elle qu'il voit par internet en attendant d'avoir les moyens de la faire évader d'abord puis venir ensuite ?

Tout va se compliquer quand dans le personnel de le l'hôpital il va reconnaître Sae-hee. Mais c'est impossible, elle lui affirme ne pas le connaître. Ce sera encore pire quand Park entrera en concurrence avec le docteur Han qui voit en lui un rival pour le cœur du docteur Oh... sans oublier les retrouvailles, difficiles, avec Jang Seok-joo, devenu premier ministre, proche de passer au niveau supérieur, mais, souffrant, une opération est envisagée.

20 épisodes, la moyenne pour une série coréenne. Réalisée avec beaucoup de rythme et de suspens, associant thriller, espionnage, ambitions et rivalité amoureuse. Un savoureux cocktail épicé par la présence de Jin Se-yeon, Kang So-ran, Han Eun-sun...

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Drama Corée
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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 08:36

J'ai le goût des trop tard,

De ce qui aurait pu

Mais jamais n'est venu.

Pour n'être qu'un couard

Je fus toujours déçu

pour n'avoir jamais su

Être dans son regard.

 

J'ai l'odeur du passé

De la peur toujours là

Pour n'avoir pas fait ça,

Pour n'avoir pas osé.

N'être qu'un cancrelat,

Au pire un renégat,

Dans ma cage enfermé.

 

J'ai l'odeur des mensonges

Proférés pour s'enfuir,

S'imaginer moins pire

Quand l'acide qui ronge

Ne cesse pas d'agir.

Trop tard pour s'endormir,

Pas de fuite dans un songe.

 

Quand l'odeur disparaît,

Il ne reste plus rien,

Quel est l'aspect du bien,

Pourquoi est-il masqué ?

Alors tu te souviens,

Que ce qui t'appartient

n'est qu'un tas de regrets.

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 08:34

Ai-je dormi si longtemps ? Quand j'ai rouvert les yeux la nuit était tombée, j'étais presque bien, allongé dans la boue, le ciel et ses étoiles me regardant, sans que je sache s'ils étaient amusés ou désolés. Combien de temps suis-je resté ainsi, les oreilles pleines encore de bruits, de cris, d'explosions, le corps frappé par les coups de fouets des obus tombant autour de moi ? Tout mon corps me faisait mal mais peu à peu la douleur s'est éloignée comme une maîtresse qui vous délaisse pour aller voir quelqu'un d'autre, et je sais que beaucoup d'amants attendaient, réclamaient, espéraient ses caresses, juste pour être certains d'être encore de ce monde.

J'ai pu me lever, lentement, alors que l'aube n'était pas encore là, en ces minutes dessinant un chemin entre le passé et le présent.

 

J'ai regardé autour de moi sans distinguer que des ombres plus denses que la nuit. Le silence m'entourait et bourdonnait dans mes oreilles comme si celles-ci subissaient les conséquences de la pluie de bombes subies.

 

Marcher fut difficile, chaque mouvement demandant toute ma concentration. J'ai essayé de me repérer, de voir quelque chose m'indiquant la direction à prendre. Au moins pouvoir différencier nos lignes et celles de nos ennemies. Mais tout se ressemblait, les arbres, enfin, ceux qui restaient, et puis le sol, la terre creusée, et ces odeurs de poudre et de sang se mêlant au brouillard qui en montait pour me tromper. Un suaire d'effroi, le monde refusant de voir encore ce qui se passait là depuis des jours, des semaines, des mois, depuis des milliers et des milliers de vies qui étaient tombé pour nourrir un sol qui n'en demandait pas tant.

J'ai pu avancer, lentement, mais malgré ma volonté j'étais immobile, retenu en cet endroit par une force implacable contre laquelle je ne pouvais rien.

 

C'est donc cela, la Mort, ai-je pensé, presque rassuré de n'être pas dans une de ces images que ma grand-mère me montrait pour me faire craindre l'Enfer. Puis j'ai compris, je ne pouvais m'y rendre, j'en venais. Ces semaines d'attentes, de combats, d'une peur acide me collant à la peau comme un vêtement humide dont je ne pouvais me débarrasser. Ces nuits à chercher le sommeil malgré les cauchemars qui revenaient sans cesse. Ces heures à parler avec les autres pour dissoudre l'angoisse. Ces secondes que mon cœur marquait avec violence comme s'il avait pressenti qu'il n'aurait plus longtemps pour faire son travail.

 

Et puis revint le dernier souvenir, l'assaut à donner, mes pieds qui glissent, mes mains qui tremblent. Je progresse comme je peux, lentement. Le bruit m'entoure, m'enveloppe, le jour n'est pas encore vraiment levé, un pas, un autre... la douleur me surprend, j'ouvre la bouche pour appeler mais aucun son n'en sort. Mes oreilles bourdonnent et puis le silence se fait, l'obscurité vint ensuite.

 

Le temps ne veut plus rien dire, je reste là, seul, me demandant si mes compagnons d'armes tombés au combat sont dans la même situation, chacun dans son univers, seul face à... mais face à quoi, à qui, à...

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Publié par Lee Rony - dans Lettres
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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 08:31

Les Cahiers de Science & Vie No 150 – Janvier 2015

Les maîtres de la science hermétique

Lionel Crooson

 

Au Moyen Âge les savants disposent d'écrits grecs et arabes pour s'attaquer aux mystères de la nature et aux secrets de la matière.

Merlin bien sûr ne peut être exclu de cette quête et il serait l'auteur du texte alchimique Allegoria Merlini, œuvre qui connut un grand succès en Europe à cette époque.

Avant cette époque où pensées religieuse et science se superposaient, la transformation des métaux, la fabrication du verre et l'élaboration des teintures s'obtenaient de manière empirique. En Inde, en Égypte et jusqu'en Chine où l'alchimie se pratiquait dès le VIIè siècle. Dans l’Égypte hellénisée les théoriciens de l'alchimie cherchent dans la philosophie grecquas des modèles de matière susceptibles de les aider à préciser les principes théoriques de leurs opérations.

Deux noms se détachent illustrant cette ambition, Zosime de Panapolise 'Alexandrie, le second serait Hermès Trismégiste, auteur d'une vingtaine de traités ente le VIe et le VIIe siècle. C'est à ce dernier que l’alchimie doit son surnom de ''science hermétique'' ou de ''philosophie hermétique''.

Ces œuvres furent copiées puis traduites par la suite par des lettrés arabes comme le savant arabo-persan Jâbir ibn Hayyân (Geber en latin) qui firent passer l'alchimie pour une science musulmane. Elle se répand en Europe et nombre d’alchimistes partent en quête de la transmutation des métaux. Pour eux pierre et métal sont doués d'une vie propre comme les racines, les herbes et les fruits. Ils imaginent que les différents métaux sont les étapes d'une évolution allant de l'impur, le plomb ou le cuivre, au pur, l'argent ou l'or. Récupérant les premiers ils cherchent le moyen de forcer ce phénomène.

L'idée aujourd'hui fait sourire, à l'époque elle ne paraît pas absurde ni son résultat inaccessible.

Outre cette activité les alchimistes, philosophes de la nature, essaient d'extraire des substances contenues dans les plantes. Leurs laboratoires sont équipés de fours, de creusets, d'alambics et de vaisseaux de sublimation. Communiquant volontiers ils rédigent recette et traités qu'ils placent sous le patronage de Geber, Aristote, Platon, Cléopâtre même et parfois Merlin, laissant passer l'idée qu'entre la Table Ronde et l'alchimie des liens existent.

L'alchimie pourtant n'a rien à voir avec la magie ou la sorcellerie, elle ne fut jamais soupçonnée d'hérésie et ne fut condamnée par l'église que dans de rares cas où elle fut suspectée de participation à du faux monnayage.

L'alchimie pâtira de la refondation de la science engendrée, entre autres, par Descartes et son Discours de la méthode (1637). le coup fatal sera porté par Lavoisier son Traité élémentaire de chimie. Dès lors l'alchimie semble une science antique et obsolète avant que les alchimistes eux-mêmes soient tournés en dérision. Phénomène favorisé au XXè quand certains alchimistes se retrouveront dans un courant mystique et ésotérique, acoquinés avec des ''mages'' et autres astrologues...

Ces travaux pourtant ne furent pas inutiles, permettant de découvrir les propriétés du soufre et du phosphore, ils permirent la naissance de la chimie moderne.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 08:27

Monophrénie : Croyance emplissant, et définissant, la totalité d'un esprit, ou de quelque chose qui y ressemble.

Moralophage : Doctrine se présentant comme la ''vraie'' morale, celle qui dévaluant les autres et ceux qui y adhèrent permet de combattre celles-ci en éliminant ceux-là.

Mucovichydose : Maladie consistant au raidissement de certaines voies cérébrales rendant difficiles, puis impossibles, que de nouvelles puissent apparaître. Ne subsiste qu'une partie du passé semblant rassurante, comme un paradis enfantin.

Mythisme : Doctrine se présentant comme nouvelle et comme un progrès par rapport aux plus anciennes. Apparut chez l'homo sapiens pour expliquer ce qu'il percevait autour de lui comme en lui. Elle prit diverses formes qui finirent par s'entretuer au fil des derniers siècles de cette espèce avant d'être remplacée par une autre étape de l'évolution débarrassé de ce besoin archaïque.

Narcistique : Utiliser son corps pour en faire une œuvre ''d'art''. Celle-ci ne pouvant jamais être terminée le corps finira par ne plus ressembler qu'à la réalité psychologique de son possesseur.

Pèlerin : Faucon quand il vole, vrai quand il marche.

Psychanalytique : Conviction qu'une théorie mentale est capable de solutionner tous les problèmes auxquels se confronte un esprit, sauf celui dont il est le symptôme.

Recthomme : Personne dont le besoin de règles et de contraintes ne laissent qu'une place infime à sa personnalité, qui n'en demande pas plus.

Saoulitude : Bien sûr que la bouteille n'est pas quelqu'un ni une vraie présence, mais faute de mieux il faut s'en contenter.

Tairapie : Payer pour parler pour ne rien dire.

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Publié par Lee Rony - dans Aphorismes
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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