Bonjour,

Si c'est votre première visite j'espère que ce ne sera pas la dernière, si c'est un retour je suis heureux de vous recevoir à nouveau. Dans l'un et l'autre cas, je vous souhaite une bonne route dans mon univers constitué de nouvelles, poésies, pensées (pour l'écriture) et de captations animalières, paysagères et urbaines (pour l'image). J'y rajouterai mes préférences en divers domaines : cinéma, animation, lectures, musique et mes commentaires sur le monde tel que je le vois...
Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /2009 06:44

 

La soupe aux choux de grand-mère réunissait la famille.

Communion dominicale.


Grand-père se déchaussait le premier : cors, durillons, œils de perdrix, quelques poils blancs. Il riait, agitait les orteils, remontait le bas de son bleu de travail (on ne lui connaissait pas d’autre accoutrement), trempait le doigt dans la marmite. Vérifions la température du bouillon. Trop chaud c’est pas bon pour mes varices.


On l’aidait à se hisser sur le banc, puis sur la table paysanne de bois brut poli par le temps comme il se doit dans les illustrations de bouquins pour gamins, une manière de leur apprendre l’histoire des classes populaires. Arrête, continue ce con conte.

Grand-père aimait les soupes de sa femme. Il levait le pied droit (toujours soutenu par sa descendance) le plongeait dans la marmite, le gauche suivait vite le même chemin.

C’est qu’il avait fait la guerre dans les Aurès ; alors, la soupe vous pensez bien !

Le patriarche de son piédestal : oui, elle est assez salée (comment un pied peut-il doser la salinité d’un liquide ? Je n’ai aucune réponse, de toute façon c’est en famille, les secrets, vous savez). Non, elle n’était pas trop grasse, l’os à moelle avait la bonne taille. Nous devinions que le pépé palpait la chose consciencieusement (comment un pied peut-il palper, hein ? C’est un secret pour personne que les pieds palpent).

Il poussait son soupir familier, lâchait un pet( les boyaux des vieux fabriquent énormément de méthane, bientôt on les tuera tous, le développement durable des ancêtres ça ne peut pas durer). Nous, on aimait les pets de Pépé : c’est pas un vice quand même !

Enfin il redescendait sur la terre battue. C’était le tour d’oncle Hubert.
Il ne s’asseyait pas sur le tabouret à trois pattes placé dans la marmite. Debout, ses fesses de gendarme pointant. Son regard bleu ne mentait pas ; il fixait par la fenêtre les terres de l’héritage. Il jouissait du glissement des poireaux entre ses orteils (il nous en avisait). Ça me rappelle les algues à marée basse du côté de St Valérie-en-Caux.


Ma grande sœur Berthe, prenait la relève, son missel-mi-raisin, à la main. Droite comme une sainte, elle gravissait le banc, la table. Sa tête ignorait ce que trafiquaient ses panards (avec un prénom pareil, on ne peut avoir que des panards, même si c’est pas élégant pour une future sainte d’avoir des panards : excusez les répétitions, c’est pour le rythme de la marche).

Je souhaitais furieusement, follement, violemment. Que mon étourdie de sœur renversât (un imparfait du subjonctif pour compenser la rupture syntaxique précédente) le faitout. Je savais, hélas de quelle extrême attention sont capables les distraits. Quant aux distraites…

C’était mon tour. Je n’étais pas bien vieille et si timide. Alors monter sur les planches même en famille me fichait la chamade. Je chougnais bien que je susse (et vlan, un autre !) l’inutilité de mes larmes. Oh ! La grande fille pas courageuse ! Oh la brailloux !

On me juchait de force parmi les couverts. Le bouillon m’arrivait au bas des cuisses. C’était gluant et doux, ça sentait le laurier. Je fermais les yeux toujours et je chantais.


Qui aurait supporté tant d’appétit dans leurs yeux de loups ?


Marie Treize

Par Lee Rony - Publié dans : Sans Blog Fixe - Communauté : Plaisirs d'écrire
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /2009 06:35

 

Depuis combien de temps est-il là ? Pour lui les jours ne se comptent pas comme pour les humains, ces étranges animaux qui vivaient autour de lui il y a... longtemps. Il se souvient des enfants qui jouaient autour de lui, qui montaient dans ses branches, se dissimulaient des passants pour leur jouer des tours, il se souvient d'amoureux venus échanger des serments sous ses branches, des milliers de visages qui passèrent devant lui, sa mémoire est immense mais il sait que ces visages ne sont plus que des souvenirs, les enfants qu'il connut n'ont pas tous atteint l'âge adulte, les amoureux qui vinrent lui murmurer ce qu'ils ne pouvaient dire à d'autres n'eurent jamais d'enfant. Il sait cela, il en connaît la raison, cet éclair brûlant, suivi de beaucoup d'autres, cette énergie qui ravagea la planète au point de n'en laisser que lui, seul survivant sur une surface couverte de rochers, de sable et de pierre, des carcasses d'immeubles par endroits, des ombres d'objets qui furent métalliques et que le temps digère, reprenant ce qu'il donna.

Pourquoi survécut-il ? La magie de quelque sort trouvant amusant de laisser un arbre comme vestige de l'essai fait par la vie de s'implanter sur cette petite planète ridicule. Peu importe la vraie raison, il est probable qu'il n'y en ait pas du tout. Le fait est qu'il est le survivant, le dernier et que la radioactivité intervint pour le modifier, lui donner un embryon de conscience. Les humains ne pouvaient imaginer que la pensée put avoir un temple différent de leur corps, les faits démontrèrent qu'ils n'étaient, eux, ni conscient, ni même intelligents, ils ne jouissaient que de la parole, de la faculté d'invention, la vraie intelligence ne consiste pas à entreprendre une course vaine, non, elle est ailleurs, lui, l'ultime vivant, mais peut-être le premier digne de ce nom, le sait, eux n'auront jamais compris, ou bien leur fin fut-elle un suicide, causé par la sensation intérieure et insoutenable qu'ils ne pourraient jamais être mieux que de simples animaux savants, capables de réaliser des prodiges mais sans dépasser de simples démonstrations de cirques !

Voilà ce qu'il se dit, alors que ses racines s'enfoncent sur des milliers de kilomètres pour rechercher ce dont il a besoin. Il sait qu'il n'est pas qu'un gardien d'un musée vide mais la porte ouverte sur un avenir possible, il est la chance que se mis de côté la vie, afin que tout reprenne sans utiliser le règne animal superflu.

Cela semblait une bonne idée, les animaux disposaient de grandes qualités qu'ils ne surent jamais domestiquer, autant conserver une forme de vie plus sereine, plus calme, plus portée à la réflexion, de par ses incapacités mêmes. Le mouvement est inutile, la vie existe dans la pensée, la conscience, elle n'a pas besoin de mains pour saisir, ériger, pour se cacher et détruire, elle n'a pas besoin de jambes pour fuir, elle n'a besoin que d'elle-même, de la certitude de s'inscrire dans un tout sans la vanité d'une existence individuelle. Il sait cela et aussi que le suicide des animaux fut un sacrifice, désormais la parole est au végétal, à ses branches immenses qui couvrent des kilomètres carrés alors que son tronc caresse le ciel. Le vent parfois attaque ses feuilles argent, l'assaut ne donne rien, match nul, la vie a trouvé son héros, son support, elle n'emploiera plus une imagination superflue. L'artiste voulut s'amuser mais l'erreur enseigne si l'effacer permet le succès de la réalité.

Il se souvient du passé, des bruits, de la pollution, de la peur et de la violence autour de lui, il revoit les combats entre humains, ceux qui venaient vers lui, amicaux, se révélèrent d'implacables ennemis de leurs semblables. Curieuses forme de vie, qu'elle ait disparue est la meilleure chose qui ait pu arriver. Un jour la vie envahira l'univers, mais devra faire un avec lui, en lui, ils sont indissociables.

Le temps est une illusion, quand il s'éteindra, il y en aura dix, cent autres pour prendre sa suite, il sera un peu dans chacun, comment craindre une mort que seuls les primates agités redoutaient au point de s'inventer d'improbables au-delà, par incapacité à comprendre la vie, en lesquels ils ne crurent jamais, les sachant simples masques posés par la peur sur le visage pourtant si beau de la réalité.

Bientôt il oubliera, personne ne saura qu'exista une espèce comme les primates, à quoi bon rapporter une histoire si improbable, les sapiens seulement croyaient aux légendes, la preuve : ils crurent même être vivants !

Par Lee Rony - Publié dans : Nouvelles - Communauté : L'univers Magique..
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /2009 07:08
Par Lee Rony - Publié dans : J'ai entendu - Communauté : Autres Mondes...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /2009 06:54

hyene- jpg



sourire-de-la-hyene2

Par Lee Rony - Publié dans : Des fakes - Communauté : Addict Pictures
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 06:32

 

 

Eureka street - Robert Mcliam Wilson (1996)

CHRISTIANBOURGOISEDITEUR (collection « Fictives ») 1997

ISBN : 2-267-01425-4

Traduction : Brice MATTHIEUSSENT

Eureka%20Street
 

« Toutes les histoires sont des histoires d'amour ». Telle est la première phrase de ce roman qu'une complice me confia. J'eus une hésitation, allais-je suivre une histoire banale comme il en existe tant dans les libr(?)airies ? L'origine irlandaise de l'auteur m'incita à penser le contraire et les 539 pages, que je dévorai à la vitesse de ma curiosité, le prouvèrent.

Continuant ma lecture je suivis la description de Mary, serveuse dont j'aurais aimé qu'elle se penche vers moi en m'apportant une bonne bière puis cette définition du menteur que j'aurais voulu avoir : « le problème quand on ment. Si on ne vous croit pas, vous vous méprisez ; et si on vous croit, vous méprisez l'autre ».

Comme moi le narrateur, Jake, employé au recouvrement, a parfois « le sentiment d'être le dernier homme sur Terre. Autant dire que la lecture commençait bien. Une précision notable, l'alternance entre la première et la troisième personne, cette dernière nous permettant de suivre Chuckie Lurgan.


Robert nous entraîne à Belfast « Quand on levait les yeux dans la plupart des rues, ce simple murmure de Dieu, il y avait toujours une montagne ou une colline pour vous regarder. » Une phrase que Stendhal dît pour une autre ville que je connais bien.


Ainsi suivons-nous un duo, Jack, le catholique, et Chuckie, qui habite avec sa mère Eureka Street, le protestant ; pas d'opposition ici mais une complémentarité qui donne au roman une rare densité avec un sourire mi-goguenard, mi-attristé qui rend la lecture agréable jusque dans les moments où la violence aveugle (comme la justice ?) s'exprime dans les rues irlandaises.

Le premier est un cœur d'artichaut, las de récupérer ce que d'impécunieux, et larmoyants, acheteurs ne peuvent payer il change de profession pour charrier des briques, le second prend ce mot dans un sens pécuniaire et, à force de rouerie et de chance, parvient à faire fortune...

Pendant ce temps, alors que se tressent les destins de ces deux êtres dans un cadre inhospitalier des lettres géantes surgissent sur les murs : OTG !

Que veulent-elles dire ? Vous le saurez en lisant ce remarquable ouvrage où l'humour et le tragique s'associent, où l'Histoire et les anecdotes s'entrechoquent, où réalité et fiction se mêlent en un courant emportant le lecteur jusqu'à l'ultime phrase : « Elle sourit et me regarde de ses yeux limpides ».

L'amour et la guerre ne sont pas ennemies, et la seconde semble pouvoir transcender le premier alors que celui-ci s'exaspère parfois jusqu'à la générer.


Robert McLiam Wilson donne chair à sa ville, sang, larmes et autres sécrétions s'écoulent dans ses rues pour lui insuffler une vie qu'aucune souffrance ne put anéantir, au contraire.


L'auteur, catholique marié à une protestante, quand il n'écrit pas, tourne des reportages pour la télévision sur la pauvreté, les sans-abri, la politique, lui-même fut, à Londres et Belfast, SDF jusqu'à l'obtention d'une bourse d'études pour Cambridge.


Vous l'aurez compris j'ai vivement apprécié ce texte et, dès que possible, je lirai son roman précédent : Ripley Bogle.



Par Lee Rony - Publié dans : J'ai lu - Communauté : Plaisirs d'écrire
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /2009 06:28

loupgarou7jk

Par Lee Rony - Publié dans : Poésie - Communauté : L'univers Magique..
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 06:21

 

Me connaissez-vous ? Je suppose que oui, sans doute avez-vous entendu parler de moi de votre vivant, qui sait si même vous me vîtes dans la magnifique réalisation de qui vous savez. Je ne parle pas des suites, des sequels dit-on en anglais, le terme est celui qui convient... Qui peut imaginer, en conscience, une suite possible ? Un remake fut fait, j'ai failli dire : commis ! Le terme est à-propos en ce qui nous concerne, n'est-ce pas ?


Cela fait longtemps que je voulais m'adresser à vous, me manquait seulement le vecteur humain me permettant de le faire, susceptible d'entendre ma requête. Probablement vous est-il connu, de votre place le repérer était aisé, l'instinct est sûr quand il s'agit de trouver ses semblables !


Par ces mots je voulais vous remercier d'avoir permis mon existence, je ne suis que votre représentation mais divers talents conjugués, et le succès, me font approcher le réel, suffisamment pour m'adresser à vous. Vous incarner me fit ressentir votre détresse après le décès de votre mère et combien cette absence insoutenable vous contraignit à chercher une ancre dans le ré(he)el, un succédané ! Pour céder à l'humour du rédacteur de cette missive je me dois de dire que vous avez trouvé un succès damné ; pardonnez-lui, il sait ce kill fait ! C'est lui qui imagine visiter Plainfield et autres lieux que fréquenterrent Ted ou Jeffrey... Mais, voyez, je lui laisse la plume et il m'oublie ! Vous et moi sommes unis pour longtemps, l'éternité n'est qu'un mythe, vous qui avez inspiré Robert puis Alfred passez par moi dans l'imaginaire collectif même si, médiatisation faisant, l'image que je suis est plus connue que l'homme que vous fûtes, croyez que j'en suis navré et que ce courrier a pour but, aussi, de vous donner, temporairement je le crains, la place qui vous reviens de droit.


Bien sûr vous avez des admirateurs qui vous découvrirent par moi à une époque, par Buffalo Bill plus récemment, des chansons vous furent dédiées et même un personnage de Manga... Sans parler des biopics qui vous furent consacrés mais dont aucun ne connut le succès, sans doute cela est-il dû à la médiocrité des producteurs usant de votre notoriété pour faire de l'argent, alors que vous offrez prise à une recherche plus approfondie que la seule mise en exergue de vos actes. Le souteneur de ce blog saurait le faire, le connaissant je suppose qu'il en a l'idée mais pas la volonté, comme toujours, après tout en inversant les deux dernières lettres de votre patronyme on obtient un mot qui lui convient, croit-il !


Plus que son double bloggéen son avatar littéraire est à sa réalité ce que je suis à la vôtre. Lui n'est qu'un écriveur multirécitdiviste ! Je devine que sa fin de vie sera similaire à la vôtre alors qu'il imagine la mienne, quel rêveur. Qui sait si quand sa...



Paperface ! Ce nom en dit plus sur lui qu'il le veut, au moins ai-je eu l'opportunité de le lui révéler mais puisqu'il tient le clavier je ne peux tout dire ; vous, lui, et moi, savons à quoi nous en tenir.


Je ne suis pas las de refaire les mêmes gestes, de redire les mêmes mots, ainsi, faute de vie, ai-je un semblant d'existence, pour cela je vous remercie.


                                 Je ne vous quitte pas !                 
                                                                  

                                         Norman


                                                                 

Par Lee Rony - Publié dans : Lettres - Communauté : Autres Mondes...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 06:01

Par Lee Rony - Publié dans : Sans Blog Fixe - Communauté : vos poèmes
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 06:35


Quelle heure est-il ?

Première question, il fait nuit, aucune lumière ne filtre au travers de mes volets. J'ai dû faire un cauchemar moi qui dors comme un loir. Le meilleur moyen le savoir serait de regarder ma montre, mais pour cela il me faudrait accomplir plusieurs actions, allumer puis prendre ma montre. Pourtant ce qui me dérange le plus c'est la première action que j'aurais à accomplir, bouger.

J'ignore pourquoi mais je n'ai aucune velléité de mouvement. Mais est-ce vrai, il me semble qu'au contraire il y a une raison, la même peut être qui m'a tirée du sommeil.

J'ai l'impression qu'il y a quelqu'un dans ma chambre.


Rester calme, contenir mon imagination et réfléchir, j'ai fait un mauvais rêve dont je conserve une sensation de crainte. Comment mieux la matérialiser qu'en m'imaginant quelqu'un dans ma chambre.


Je vis seul, sans animaux domestiques, j'ai bien quelques araignées mais je ne crois pas pouvoir les compter. Avant de me mettre au lit j'ai vérifié toutes les ouvertures, non que je sois d'un naturel méfiant mais c'est une précaution utile.

Aurais-je perçu subconsciemment une intrusion qui m'aurait réveillé ?

Personne ne peut être dans ma chambre et pourtant je sens une présence. D'abord définir où elle se trouve.

...

Impossible !

J'ai l'impression qu'il y a quelqu'un partout, c'est étrange, je suis en train de faire un cauchemar et je vais m'apercevoir que je suis seul.

Aie !

Je viens de me mordre la lèvre inférieure, pour me pincer j'aurais dû bouger, j'ai ressenti la douleur, je suis réveillé.

Tout serait simple si j'ouvrais les yeux, un geste, allumer, l'électricité, elle chasserait à la fois les ténèbres et ma crainte.

Je suis vraiment un trouillard.

Pourquoi quelqu'un resterait-il à me regarder sans rien faire.

Un cambrioleur, j'ai bougé il a cru que je me réveillais, il attend d'être sûr que je me suis rendormi.

C'est une bonne explication mais j'en doute quand même.

Serais-je entrain de devenir fou ?

Ceux qui le sont le nient, donc je ne le suis pas, ou pas encore.

Suis-je vraiment dans ma chambre ?

Je suis mal, je transpire, les draps me collent à la peau, bientôt je serais obligé de bouger et il le verra.

Il ?

Qui IL ?


Un meuble a craqué, ou quelqu'un s'est-il appuyé dessus ?

Pourquoi ai-je peur si c'est pour rien ? Et si ce n'est pas pour rien pourquoi moi ? Pourquoi ?


Il attend, s'amuse de ma peur, je vais lui prouver que je suis aussi fort que lui, non ! Plus fort, beaucoup plus fort que lui. Je vais ouvrir les yeux, allumer, c'est lui qui aura peur.

Un geste rapide, atteindre le bouton de ma lampe, dans deux secondes je saurais, je...




Lu dans la presse :

Macabre trouvaille au 2 rue Dr Maso, le corps de M. B. a été retrouvé hier par Mme H. femme de ménage qui venait comme tous les jours. Il semblerait avoir succombé à une crise cardiaque consécutive à une grande peur, l'expression de son visage ne laissant aucun doute à ce sujet.

Le corps a été retrouvé allongé la tête tournée vers un miroir faisant face au lit.

Les yeux exorbités, prouvent la frayeur. Que virent-ils, nous ne le saurons sans doute jamais. 



Par Lee Rony - Publié dans : Nouvelles - Communauté : Autres Mondes...
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 06:56


Faute d'avoir pu trouver dans ma médiathèque habituelle le roman African Psycho de Alain Mabanckou j'ai dû me rabattre, la fin d'année arrivant, sur le seul auteur africain que j'ai découvert, non sans les avoir tous passés en revue ! Mais je garde AP pour plus tard, je le lirai dès que possible, peut-être une autre médiathèque en dispose-t-elle...

Je vais néanmoins vous présenter « mon » auteur africain lu dans le cadre du défi littéraire : Littérature policiere sur les 5 continents :

achillefngoyeagenceblackbafoussa Éditions Gallimard, 1996

Série Noire

ISBN : 2-07-049590-6 

 








Danga, membre du POK (Parti Ouvrier Kalinais) est en froid avec l'ambassade de son pays, « la République négro-africaine du Kalina » et s'oppose, comme il peut au « Maréchal Président Pupu Muntu, dernier des Conducators et Kleptocrate notoire » (un mot que j'aurais dû trouver plus tôt !). Il vit, à temps partiel, avec sa fiancé Khadija, laquelle est mariée par ailleurs ce qui lui évitera de se retrouver veuve quand Danga connaîtra un sort funeste.

Alors qu'il se dirige vers la porte de son appartement sis au cinquième étage d'un immeuble de la riante Résidence des Peupliers, à laquelle on vient de sonner, il entend un bruit qu'il reconnaît pour l'avoir entendu à la télévision, celui du chargement d'un fusil, inutile de dire qu'il prend cela pour un mauvais présage, ce en quoi il n'a pas tort puisqu'il meurt un dixième de seconde plus tard.

Jim Bafoussa, par pure malchance, arrive sur ces entrefaites et aperçoit l'arme sur le paillasson de son ami Danga, il hésite, mais lui ne devant pas avoir l'habitude des séries américaines s'empare du fusil et pousse ce qui reste de la porte. Le spectacle qu'il découvre l'incite à s'enfuir, le mauvais sort s'acharnant, débouchant au rez-de-chaussée, il tombe sur des représentants des forces de l'ordre. Mauvaise pioche et mauvaise réaction : il tourne les talons brusquement ce qui attire l'attention des policiers qui n'ont pas de difficultés pour le rattraper.

Il clame son innocence mais ses empreintes sont seules sur l'arme et les balles assassines furent tirées par celle-ci, tout s'annonce mal.


L'inspecteur Mayotte (pas Jean !) est chargé de l'enquête, autant dire qu'il va explorer un univers qui lui est totalement étranger, celui de l'Afrique à Paris... L'auteur nous fait pénétrer dans un monde dont, personnellement j'ignorais (presque) tout (pourtant j'ai vécu à Paris dans le dix-huitième) ; toujours est-il que le dépaysement est garanti, surtout en regard des séries évoquées plus haut.


Quelle place le Kalina tient-il dans la liste des bordels francophones ?

Quelle est l'importance de la pérennité de la langue des Schtroumpfs ?

Quel rapport avec d'éventuels comptes en Suisse ?

Et que Fela Anikulapo Kuti ?


Vous aurez les réponses si vous lisez ce livre, l'exotisme en banlieue à la fin du vaintième siècle. Un roman noir, noir, mais pas complétement !



ngoye-achille Achille Ngoye est né au Zaïre en 1944 dans une cité minière du Haut-katanga. Après des études chez les Bénédictins et les Jésuites il se lance dans le journalisme en travaille pour l'hebdomadaire Afrique Chrétienne. En 1982, arrivé à Paris, il devient pigiste et travaille pour le magazine « Actuel », le mensuel « Afrique-Élite » et Libération avant de se tourner vers l'écriture.

 

Par Lee Rony - Publié dans : J'ai lu - Communauté : Plaisirs d'écrire
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Blog de Ouro


Décerné par Catherine de
La culture se partage

Mais c'est bien sûr !

 

 

Rechercher

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés