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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 08:34

Warlock – Edward Dmytryk – 1959 – 122'

Un clan de cow-boys à la solde d'un riche propriétaire, Abe Mc Quown, terrorise la ville minière de Warlock. Devant l'échec de la force publique à rétablir l'ordre, des citoyens se réunissent en comité pour trouver une solution. La seule consiste à engager un tueur professionnel : Clay Blaisdell, l'homme aux colts d'or pour des armes aux crosses de ce métal qui lui furent offertes par des admirateurs. Celui-ci est secondé par Tom Morgan, dont le passe temps principal, à part tuer, est le jeu. ils feront preuve de leur efficacité et redonnent à Warlock un semblant d'ordre.

 

Avec pour conséquence d'inquiéter ceux-là même qui les mandatèrent. D'autant que la ville a un nouveau sherif, Johnny Gannon, ex-bandit reconverti dans la défense de la loi. Celui-ci se retrouve entre les exactions des hommes de Mc Quown et l'ordre imposé par Blaisdell et son acolyte.

Le scénario démarre avec une situation déjà vue, une ville veut se protéger et engage un ''spécialiste'' avec les risques que cela lui fait courir. Qui est mieux placé pour affronter des tueurs qu'un autre tueur, pire ? Blaisdell comprend la situation, ne fait-il pas remarquer à ses ''employeurs'' que ceux-ci l'ont vu arriver avec espoir mais le voit rester avec crainte. Malgré son métier il présente de bons côtés, sait faire preuve de mansuétude, et quel acteur aurait pu mieux l'incarner que Henry Fonda dont le regard glacé peut se réchauffer le temps de le dire ?

 

Pour le seconder Anthony Quinn est parfait, primaire au premier abord il va se révéler à mesure que le film avance plus complexe et si sa relation avec Blaisdell est ambiguë rien n'est exprimé. Les deux hommes se complètent et se ressemblent, derniers survivants d'une époque agonisante face au modernisme qui avance et va s'imposer.

Je n'oublie pas Doroty Malone (Lily) qui suivait l'homme aux colts d'or pour se venger en le tuant de la mort de son fiancé, tué par Blaisdell alors qu'elle semble avoir intimement connu Morgan.

 

Impossible d'oublier Richard Widmark, Johnny Gannon, repenti de la bande de Mc Quown qui semble vouloir expier les crimes qu'il commit pour celui-ci.

Contrairement à la majorité des westerns, ici l'opposition entre les bons et les méchants n'est pas flagrante tant les personnages oscillent entre des désirs contradictoires. Les citoyens pensent à leurs intérêts, prêt à tout pour se protéger ils sont vite capable de se retourner contre leur protecteur.

 

C'est presque une tragédie shakespearienne qui se déroule devant nous, Morgan ne murmure-t-il pas à l'image de Lily des vers de Macbeth ? Warlock ne veut pas dire sorcier pour rien et la fin a des relents apocalyptiques. les éléments se déchaînent, les flammes menacent...

Un film mésestimé à (re)découvrir.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 08:21

Doron Paz & Yoav Paz – 2015 - 94'

Les gens ne réalisent pas quand les dieux se font la guerre.

On dit que l'Enfer comporte 3 portes, une dans le désert, une dans l'océan, une à Jérusalem !

Rachel Klein et Sarah Pullmann sont folles de joie, elles partent pour la première fois pour Israël fêter le Yom Kippour. Leur avion pour Tel Aviv est sur le point de partir alors pas question de perdre du temps.dans l'avion elles font la connaissanc e d'un jeune homme, anthropologue, Kevin, qui se surnomme Indiana Jones, qui leur propose de changer leurs plans et de partir pour Jérusalem, Tel Aviv peut attendre quelques jours. Elles arrivent dans un hôtel, s'installent, tout se présente pour le mieux. C'est la pleine saison aussi devront-elles s'installer à l'étage. La chambre n'est pas immense, lits jumeaux, mais elles sont fatiguées après le vol et vont s'endormir rapidement.

Quand Sarah se réveille elle est seule, l’hôtel est désert, un homme qu'elle croise lui dit qu'elle est stupide de ne pas tenir compte des superstitions. Quand une femme en burka apparaît et lui demande de la suivre elle ne peut pas refuser, et ne reconnaît pas sa copine qui s'en amuse. Elle retrouve alors leur copain et un employé de l’hôtel avec lequel elles ont sympathisé. La soirée s'annonçait bien jusqu'à ce que Sarah se fasse voler son sac par un enfant qu'elle ne peut suivre dans les petites rues de la vieille ville. Il n'y avait rien d'important à l'intérieur, à part ses lunettes de vue, la voilà condamnée à porter les googleglass, et ainsi à continuer de filmer tout ce qu'elle voit. Comme ce reportage à la télévision locale qui parle d'un crime venant d'être commis. Ce qui ne doit pas perturber la soirée prévue.

Musique et alcool sont au rendez-vous, mais quelque chose casse l'ambiance pour Sarah qui retourne à l'hôtel. Ses lunettes ne vont pas l'aider aussi s'égare-t-elle, jusqu'à ce que ''Indiana'' la retrouve et la ramène, et qu'ils passent la nuit ensemble.

Pendant la nuit, pour s'occuper, Kevin va parler à Sarah de ses recherches, sur les croyances, les zombies, les néphélines, la faculté de revenir d'entre les morts. Une forme de résurrection !

Le lendemain la visite prévue est celle de la vieille ville, du marché. Kevin s'arrête devant une maison qu'il semble connaître, une maison de fou, où se retrouvent les personnes atteintes du ''syndrome de Jérusalem''. La visite continue, jusqu'au mur des lamentations. Histoire de glisser un vœu Sarah fait celui de voir revenir son frère, mort depuis six mois !

Sarah est mal à l'aise, elle veut partir pour Tel Aviv, comme prévu, mais il faut attendre la fin de Yom Kippour. Mais Kevin arrive en courant, affolé, affirmant qu'il faut partir, maintenant, quelque chose de grave va se passer... apparemment lui aussi est frappé par le fameux syndrome.

 

C'est le Jour du Jugement, Rachel reconnaît qu'elle a des choses à se faire pardonner !

La nuit venue une explosion fait trembler la ville, une attaque terroriste dans la vieille ville. Des militaires déboulent dans l'hôtel, cherchant à entrer en communication avec d'autres militaires. L'annonce est faite que les portes de la vieille ville vont être fermées, il faut partir. Mais pas question de laisser Kevin.

Sarah va être seule pour tenter de le faire sortir de l'asile où il se trouve. Elle trouve les clés, parvient à ouvrir la porte de la cellule du jeune homme, tout autour la folie règne, des êtres bizarres circulent. Mais ce n'est pas le moment d'attendre, il faut sortir du bâtiment et aller... et aller où au fait ? Heureusement ils vont retrouver Rachel et leurs amis à une des portes. Sortir est impossible.

Pourquoi ne pas trouver refuge dans une église ?

Mais que se passe-t-il  ? Est-ce le Jugement Dernier ?

 

Et s'il était possible de quitter la vieille ville en passant par les grottes ? Le voyage sera périlleux... d'autant que Rachel a été griffée !

 

Sûrement pas le film d'horreur du siècle, ni de la décennie, ni même de la semaine. Attendons le vrai Jugement Dernier pour faire la comparaison.

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 09:00
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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 08:59

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

 

Laurent Vissière

Y a-t-il environnement plus apte à ouvrir l'appétit que l'ombre de cadavres empalés en grand nombres autour de sa table ? Ainsi nous est décrit, dans L'Histoire du voïvode Dracula, traduit par Matei Cazacu, un repas de Vlad III. Quand un de ses serviteurs s'approcha en se bouchant le nez, avouant qu'il ne pouvait plus supporter cette puanteur, il se retrouva empalé à son tour, histoire qu'avec la hauteur l'odeur ne l'incommoda plus.

 

Une anecdote parmi d'autres montrant la cruauté du seigneur de Valachie.

Vlad est un Basarab, famille qui règne sur la Valachie. Contrée prospère mais instable, prise entre la Hongrie et l'empire Ottoman. Quand il vient au monde, en 1430, son père est exilé en Transylvanie mais parvient un peu plus tard à se faire couronner prince de Valachie par le roi de Hongrie, Sigismond de Luxembourg qui lui confère en outre deux ordres de chevalerie, celui de Saint-Ladislas, et celui du Dragon, honneur qui aurait valu à Vlad son surnom de Dracul ''Dragon'', et celui de Dracula à ses enfant ''fils du Dragon''. Vlad II est capturé par les Turcs et n'est libéré qu'en envoyant en otage ses cadets, Vlad et Radu. Les Hongrois qui se méfient de lui le mettent à mort avec l'ainé, installant sur le trône valaque Vladislas II. Vlad III lui reste à la cour du sultan. Il découvre un monde où le souverain exerce un pouvoir absolu et où les opposants sont suppliciés.

Il parvient difficilement à rallier à sa cause les principautés voisines dans le but de récupérer le trône de son père, en 1456 enfin il dispose d'une armée. Les boyards valaques l'accueillent à bras ouverts et, pour signifier leur soutien, tue Vladislas II. Cette même année passe dans le ciel la comète de Halley, Vlad III y voit un signe favorable.

Le nouveau souverain entend asseoir son autorité et éliminer ceux qui la mettraient en doute. Qu'une région menace de se rebeller et elle subit ses foudres, les villages sont brûlés et les populations massacrés. Ainsi gagne-t-il son surnom de Tepes ''l'empaleur''. Et il ne manque pas d'adversaire, Dan III qui prétend au trône de Valachie et est soutenu par une partie de l'aristocratie du pays. Le dimanche de Pâques 1459, Vlad invite pour un banquet une cinquante de boyards, peut-être plus. Tous seront empalés. L'année suivante il s'empare de Dan III et le décapite lui-même avant de faire exterminer ses partisans et sa famille, hommes, femmes, enfants et bébés. Les fils ne doivent pas un jour vouloir venger leur père.

Les Turcs sont des adversaires plus difficiles, un moment il accepte de leur verser le tribut qu'ils exigent mais se ravise après une bataille dont il sort vainqueur, avec les hongrois. Quand Mehmed II lui envoie une ambassade, il la fait massacrer. Puis, l'hiver suivant, il franchit le Danube et va mener un raid dévastateur. Infligeant aux Turcs le sort qu'ils réservaient à leurs ennemis. Le sultan de Constantinople envoie une armée de 60 000 hommes contre la Valachie, mais Dracula connait son ennemi, sait lutter contre lui et va lui infliger de grosses pertes. Les Turcs pourtant avancent, en vue de Târgoviste il découvre la ''forêt des empalés'', sur 3 km 20 000 corps pourrissent sur des pieux !

Mehmet II tente un coup, il laisse en Valachie, Radu, avec pour mission de rallier les mécontents, qui ne manquent pas, et promet de rétablir la paix avec les Ottomans. Le roi de Hongrie va arbitrer la situation, proposer une parente à Vlad, et s'emparer de lui lors de la cérémonie, diffusant à travers l'Europe L'Histoire du voïvode Dracula qui fait la liste de ses crimes tout en grandissant sa légende.

L'ancien prince se retrouve en Hongrie, pendant quinze ans il tue le temps, avant, en 1475 de participer à un nouveau conflit entre les Hongrois et les Turcs, remportant de nouveaux succès, regagnant, temporairement, son trône, avant d'être tué au combat. Sa tête sera envoyée, pratique turque, embaumée et remplie de coton, en guise de trophée à Mehmed II.

L'Histoire l'aurait-elle oublié si Bram Stoker ne l'avait arraché à la tombe ?

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 09:00

Marc Fergus / Hawk Ostby – 2015 – 10 X 42'

200 ans dans le futur, le système solaire est entièrement colonisé. Terre et Mars connaissent des destins contraires. La première s'est appauvrie quand la seconde prospère grâce à l'exploitation de la Ceinture d'astéroïdes dont les habitants sont exploités, au profit principalement de Mars.

 

James Holden parle au nom des 5 survivants de l'équipage du Canterbury, un convoyeur de glace qui entendant le SOS du cargo Scopuli se dérouta avec l'espoir d'arriver à temps. Arrivant sur place il découvrit une balise truquée de technologie martienne et le piège dans lequel le Canterbury était tombé, quand des torpilles lancées d'un vaisseau inconnu le frappèrent de plein fouet. Mais James Holden ne va pas rester sans rien faire et enregistre un message racontant ce dont il a été témoin qu'il diffuse partout.

Josephus Miller est natif de la Ceinture en question, sa dernière mission est de retrouver une jeune femme, Julie Mao, dont il sait qu'elle a été engagé sur le Scopuli !

 

Holden et ses camarades, désormais à bord du Rocinante, retrouveront l'engin responsable de l'assaut. Y pénètrant ils découvrent que la porte a été forcée, de l'intérieur, et une forme de vie étrange et menaçante.

Miller débarque sur Eros pour continuer ses recherches. Il est sur les traces de l'Anubis, vaisseau parti de Phoebe pour Eros et qu'il soupçonne de transporter quelque chose de particulier, de toxique. Il imagine que le Scopuli fut envoyé pour l'intercepter et voler la cargaison. Mais l'Anubis n'est pas un cargo et le Canterbury va en faire les frais. Ses membres vont se faire éliminer, à l'exception de Julie qui va être ramené sur le vaisseau agresseur alors qu'une balise martienne est posée sur le Scopuli pour attirer le Canterbury.

 

Mais l'équipage n'est seul à bord de l'Anubis...

 

Holden et consorts font de même, eux cherchent un certain Lionel Polanski, seul survivant du Scopuli puis de l'Anubis dont ils ont reçu le message. Il connait bien Miller et les deux hommes vont se retrouver dans un hôtel, l'un cherchant Lionel Polanski, l'autre sur la piste de Julie Mao.

 

Avant de constater qu'il s'agit de la même personne !

Que s'est-il passé, qui, dans l'ombre, cherche à causer un conflit qui opposerait Mars et la Terre ? Qu'est-ce qui se trouvait dans le réacteur de l'Anubis et y a-t-il un lien entre les deux ?

 

En régle général je me méfie des séries d'anticipation, mais celle-ci propose d'entrée une intrigue digne de ce nom, des décors bien faits, une ambiance à la ''Blade Runner'' montrant les divers aspects d'une société et pas seulement celui qui est concerné par l'action. Bien sûr qu'un policier, bientôt mis à la porte, puisse, même avec l'aide de quelques astronautres, affronter une conspiration cosmique, est peu crédible. Mais, en y réfléchissant, pas moins que tout le reste et la réalisation est intelligente, n'abuse pas des effets spéciaux. Le décor est celui de la science fiction mais l'intrigue est celle d'un polar.

Une deuxième saison est prévue, vous n'aurez donc pas de solution à la fin de celle-ci. Pour une fois j'ai envie de dire : tant mieux, nous n'en sommes qu'au début de la partie.

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 10:09

PatiVore nous propose en ce mois de février de rendre hommage au grand écrivain japonais Natsume Sôseki pour le centenaire de sa naissance sous la forme d'un challenge pour lequel il suffit de lire une seule œuvre de l'auteur pour participer. Dans ce blog j'ai déjà chroniqué Ma vie de chat, heureusement d'autres textes sont disponibles, dont celui-ci, le premier de ce challenge, sans doute pas le dernier.

 

KUSAMAKURA – Traduit du japonais par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura – Rivages poche / Bibliothèque étrangère – 1987

Un peintre aime observer, il sait remarquer ce qui se passe autour de lui même s'il n'est pas là pour cela mais pour le calme des montagnes, pour le contact avec la nature et, prenant du recul avec ses habitudes, mieux comprendre son métier, son art ? Et l'art en général dans les formes qui sont les siennes suivant les continents.

L'auberge où il s'est installé après qu'elle lui fut indiqué par une vieille dame est au calme, c'est là où il fait la connaissance de Nami, une femme d'une grande beauté qui, aimé par deux hommes, fut mariée par ses parents à celui qu'elle n'aimait pas.

 

Marcher l'aide à réfléchir, il avance sur le chemin pour oublier son mal de vivre dans un endroit paisible en même temps qu'il regarde son passé afin de mieux comprendre le présent et la raison de sa présence ici. La ville est aussi pesante que stressante, où, sinon en pleine nature pourrait-il trouver le sens de sa vie ? Tout l'interpelle, un simple caillou est une invitation, une fleur est une proposition, tout l'interroge, il veut passer le monde des passions humaine au crible comme du sable, et ne contempler que l'or splendide qui y est retenu.

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Le monde n'est-il qu'un échiquier où chacun habite une case qui définit son univers personnel, une case qui est une cage pour le tigre en lequel la civilisation l'a transformé en lui montrant une liberté à laquelle il ne peut accéder, une liberté que l'art permet d'approcher, sans pouvoir l'atteindre pour autant puisqu'elle est comme l'horizon, toujours loin à mesure que l'on avance.

 

Sôseki est son personnage, peintre avec des mots autant qu'avec des pinceaux, s'interrogeant sur la véracité même de son travail, sur ce qu'il voit, veut, devine, espère peut-être, sur ce qu'il veut mettre dans sa création. Il le dit lui-même dès la première page : Dès que vous avez compris qu'il est partout difficile de vivre, alors naît la poésie et advient la peinture. L'artiste apaise le monde humain et enrichit le cœur des hommes. Les poètes sont plus angoissés que les hommes ordinaires et ont des nerfs plus fragiles. Il cite Wang Wei et Tao Yuanming, avouant leur devoir plus qu'à Faust ou Hamlet.

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C'est un voyage dont Sôseki se fait le guide, nature, poésie et peinture se superposent, avec, comme dans un autre roman lu récemment, une allusion à l'Ophélie peinte par Millais. Un périple à travers l'art et la vie dans le décor du Japon du début du siècle dernier avant que la modernité ne s'impose, en partie apportée en littérature par Natsume lui-même. Il suffit de se laisser prendre par les mots de l'auteur pour voir par ses yeux et admirer avec lui le monde qu'il contemple.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Japon
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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 08:15

Julien Rappeneau – 2015 – 95'

Vincent Machot mène une vie ennuyeuse entre son métier de coiffeur, hérité de son père, et sa mère, qui habite au-dessus de chez lui et le vampirise, le manipule, le culpabilise, le tient pour qu'il ne veuille rien changer à sa routine, sans oublier son chat.

Pourtant un jour quelque chose se passe. Alors que pour le repas dominical, avec sa mère, il oublie crabe et citron et se retrouve à enfourcher son vélo et chercher dans la banlieue de Nevers les produits manquant, tous les commerces étant fermés autour de chez lui. Il déniche enfin une épicerie dans une bourgade qu'il n'avait jamais visité. Alors qu'il hésite sur la boite à acheter l'épicière lui demande ce qu'il veut.

Du crabe dit-il alors qu'il lève les yeux sur la commerçante il reste stupéfait. Ce visage lui dit quelque chose mais l'épicière est sûre qu'il ne se sont jamais rencontrés.

Vincent repart, il a oublié le citron ! Ce dont sa mère lui fera la remarque. Mais cette rencontre le trouble sans qu'il sache pourquoi. Pour en savoir plus et n'a d'autre idée que de suivre l'épicière. Ainsi découvre-t-il son adresse, son nom : Rosalie Blum, qui ne lui dit rien. Il la suit lorsqu'elle va à la chorale, boire un coup, faire ses courses, ouvrir son magasin, le fermer... une activité qui le change, l'occupe, sans qu'il en apprenne davantage sur l'origine de son obsession.

Rosalie pourtant s'est rendue compte de l'intérêt qu'elle suscite, pour en savoir davantage elle fait appel à sa nièce, Aude, jeune femme dont la flemme est l'occupation principale. Elle ne parvient pas à s'intéresser à quoi que ce soit, ni sa famille qu'elle a rejetée, ni la photographie qu'elle a laissé tomber par manque d'ambition. Elle survit et sous-loue une chambre avec un pseudo artiste qui parle plus de ses projets qu'il n'en réalise. Mais ça lui convient très bien ! Aude va donc, avec deux amies, suivre le suiveur, découvrir sa vie, son métier, son adresse, sa mère, qu'ils pensent un moment être morte, soupçonnant Vincent d'être un émule de Norman Bates. Ce qui s'avérera faux lorsque, pour vérifier, elles entreront chez elle.

 

Les souris jouent à être le chat et mènent Vincent en bateau, jusqu'à ce que celui-ci précipite les choses en abordant Rosalie qui lui avoue qu'il ne sut pas être discret, à la différence d'Aude.

Une rencontre peut avoir des conséquences inattendues, surtout quand les personnes concernées subissent une vie qui ne leur convient pas. Chacune va voir ses habitudes remises en cause et un nouvel avenir s'ouvrir en devant affronter son passé.

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Jusqu'à ce que nous comprenions que Vincent avait bien aperçu Rosalie.

 

Un film tiré d'une série dessinée dont je n'avais jamais entendu parler, je le reconnais, qui nous dit qu'il est toujours possible de regarder sa vie, d'assumer son passé, et les éventuelles erreurs commises, pour sortir d'une cage aussi confortable, et étroite, qu'elle soit. Les actions les plus simples sont, parfois, les plus pénibles et la solitude une cangue difficile à briser.

 

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 08:54

Pickup on South Street – Samuel Fuller – 1953 – 80'

La rame de métro arrive à pleine vitesse, prête, semble-t-il, à traverser l'écran. À l'intérieur, debout dans une tenue légère, Candy ne fait pas attention aux agents du FBI qui la suivent. Ils sont pourtant aisément identifiables à leurs costumes sombres. Les passages sont nombreux et nul ne fait attention à Skip McCoy qui s'approche. Le journal qu'il tient à la main dissimule ses actions, en l’occurrence plonger une main dans le sac de la jeune femme pour en voler le portefeuille.

Skip descend à la première station et disparaît dans la foule, ce qu'il ne sait pas c'est qu'avec le portefeuille il a volé un microfilm contenant la formule d'une arme chimique.

Sitôt le larcin découvert la chasse va être ouverte, le gibier ignorant qu'il est l'objet de tant de convoitise. Les chasseurs sont aussi bien le FBI, que les communistes et Candy.

McCoy est plus un médiocre qu'un héros, condamné plusieurs fois, vivant dans une cabane en bois vers les quais où il subsiste comme il peut, ce qui ne l'empêche pas de se la jouer.

Prétexte pour Fuller de visiter, et montrer, les bas-fond new-yorkais qu'il connait pour les avoir parcourus dans tous les sens quand, journaliste, il s'occupait des rubriques nécrologiques et des meurtres. Les deux vont bien ensemble.

Un monde où la violence règle la vie de chacun, la preuve, quand Candy retrouvera Skip celui-ci n'hésitera pas à la frapper. Sa première réaction, le premier geste dont il est capable.

Malgré ces débuts brutaux ils se comprendront. N'exerce-t-elle pas le plus vieux métier du monde ? Elle n'est pas étrangère au royaume de Skip. Une fois les présentations faites tout va bien.

Mais ils ne sont pas seuls au monde !

La petite histoire du cinéma retient que ce film, montrant les communistes sous un jour peu flatteur, mais bien en deçà de la vérité, et ceux-ci ayant encore de l'influence en France à l'époque, le film mit du temps à sortir, en 1961, et fut distribué sous un titre loin de son script original, le doublage se chargeant de transformer l'arme bactériologique en formule de drogue et les communistes en méchants trafiquants. Aux états-unis, au contraire, il passa pour trop peu patriote. Ceux deux réactions opposées signent une qualité que le temps lui reconnu. Il reçu pourtant un Lion de bronze à Venise en 1953. maintenant qu'il a retrouvé son sens il vaut d'être vu. Fuller n'avait rien d'un idéologue, ne défendait aucune thèse, mais savait montrer des situations fortes, construire des histoires denses, violentes mais non dénuées d'un humour grinçant, et diriger ses acteurs.

Vous n'allez pas faire les difficiles !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 08:32

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

Roger Faligot

il faut emprunter un escalier extérieur pour atteindre la crypte de l'église de Saint-Michan, à Dublin. En 1860, s'étonnant qu'il y fasse assez chaud, y descend Abraham Stoker. Il vient observer deux corps momifiés, ceux des frères Shears, exécutés en 1798 pour s'être rebellés contre les anglais. Une vision qui marquera Stoker.

En 1897 il publie Dracula, récit qui parle plus de lui qu'il n'y paraît, de sa vie et obsessions les plus secrètes, enfouies sous l'apparence d'un bourgeois victorien, roux et jovial.

Son nom même semble prédestiné, venant du gaélique stocaire signifiant ''usurier'', un suceur de sang à sa façon. Il faut dire qu'il descend, par son père, de colons protestant écossais qui, venant s'installer en Irlande, spolièrent les paysans irlandais.

Né à Clontarf, banlieue de Dublin, Stoker failli mourir à la naissance. Pendant 7 ans sa mère, Charlotte, sera à son chevet alors qu'il est paralysé. Elle lui raconte les histoires de l'Ouest où il est question de femmes vampires, créatures que la mère de Bram, féministe, affectionne.

Il finit par sortir de son lit et commence à vivre. Gamin chétif il devient un solide rugbyman dans l'équipe du Trinity College où il côtoie Oscar Wilde et Edward Carson. Le Trinity eut parmi ses anciens étudiants Sheridan Le Fanu, auteur en 1872 du roman Carmilla, histoire de vampires lesbiennes qui inspirera Stoker pour les personnages féminins de Dracula.

 

Il devient fonctionnaire, en tire son premier livre, manuel à l'usage de l'administration. Il est aussi journaliste pour des journaux dublinois, dont l'Evening Dublin Mail, dirigé par Le Fanu. Auteur de chroniques littéraires il rencontre Henry Irving, célèbre acteur, dont il devient le secrétaire puis l'imprésario, au Lyceum Theater de Londres, en décembre 1878.

Avant de partir pour la capitale il épouse Florence Balcombe qu'il ravît à Oscar Wilde. Concurrence amusante considérant que l'un et l'autre ont peu d'appétence pour les amours hétérosexuelles.

Son personnage s'inspire de Vlad III Tepes qui terrorisa les Ottomans, comme Dracula veut s'installer en Angleterre pour effrayer les anglais, à la manière de la Fraternité révolutionnaire irlandaise qui fait exploser des bombes en Grande Bretagne. Bram n'utilise pas d'explosif mais un personnage.

 

Il situe son roman en Transylvanie grâce à Arminius Vambéry, professeur à l'université de Budapest, mi-espion, mi-explorateur qui décrit les mœurs du ''Pays des morts'' et sert de modèle au professeur Abraham Van Helsing. Il s'inspire également du roman de Jules Verne Château des Carpates pour décrire la région et du château de Slains plutôt que de celui de Bran.

Des chercheurs évoquent une autre influence aujourd'hui, celle de Abhartach, chef d'un clan irlandais qui se serait manifester le lendemain de sa mort en exigeant de boire le sang de paysans pour se régénérer dans la région de Dún Dreach-Fhoula, le château du visage de sang, qui se prononce ''droc-ola'' !

Par ailleurs Stoker versait dans l'ésotérisme et appartenait à l'ordre hermétique de l'aube dorée.

Le succès de Dracula sera tel que le reste de l’œuvre de son auteur restera dans l'ombre. Wilde affirmera qu'il s'agit du plus grand roman du XXe siècle (bien qu'il ne l'ait pas connu). Le roman est adapté au théâtre, mais Henri Irving est déjà mort, celui-ci s'était reconnu et avait confié sa détestation du texte.

Bram Stoker meurt à Londres le 20 avril 1912. décès occulté par le naufrage du Titanic qui eut lieu quelques jours plus tôt. Paquebot construit à Belfast, Stoker avait réalisé dans ces chantiers un repartage quelque temps plus tôt.

Dracula s'inscrit dans la tradition gothique et celtique dont font partie des romans dublinois : Melmoth, l'homme errant (1820) de Charles Robert Mathurin, Carmilla (1872) de Sheridan Le Fanu ou Le Portrait de Dorian Gray (1891) d'Oscar Wilde. Il se rattache également à une tradition plus moderne par sa constructions, l'érotisation des scènes d'horreur, les non-dits interpelant l'imaginaire du lecteur.

 

 

Le cinéma, puis la télévision, donnera une ampleur inégalé au mythe du vampire. De nouveaux auteurs vont s'en emparer, Anne Rice, Stephenie Meyer, Charlaine Harris, John Ajvide Lindqvist. En 2009 Dacre Stoker publie, avec Ian Holt, une suite à Dracula : Dracula, l'immortel. Le célèbre vampire ne disait-il pas : ''Le temps est avec moi'' !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 08:44

Exposition OSIRIS - ISIS
Exposition OSIRIS - ISIS
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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