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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 08:34

Ai-je dormi si longtemps ? Quand j'ai rouvert les yeux la nuit était tombée, j'étais presque bien, allongé dans la boue, le ciel et ses étoiles me regardant, sans que je sache s'ils étaient amusés ou désolés. Combien de temps suis-je resté ainsi, les oreilles pleines encore de bruits, de cris, d'explosions, le corps frappé par les coups de fouets des obus tombant autour de moi ? Tout mon corps me faisait mal mais peu à peu la douleur s'est éloignée comme une maîtresse qui vous délaisse pour aller voir quelqu'un d'autre, et je sais que beaucoup d'amants attendaient, réclamaient, espéraient ses caresses, juste pour être certains d'être encore de ce monde.

J'ai pu me lever, lentement, alors que l'aube n'était pas encore là, en ces minutes dessinant un chemin entre le passé et le présent.

 

J'ai regardé autour de moi sans distinguer que des ombres plus denses que la nuit. Le silence m'entourait et bourdonnait dans mes oreilles comme si celles-ci subissaient les conséquences de la pluie de bombes subies.

 

Marcher fut difficile, chaque mouvement demandant toute ma concentration. J'ai essayé de me repérer, de voir quelque chose m'indiquant la direction à prendre. Au moins pouvoir différencier nos lignes et celles de nos ennemies. Mais tout se ressemblait, les arbres, enfin, ceux qui restaient, et puis le sol, la terre creusée, et ces odeurs de poudre et de sang se mêlant au brouillard qui en montait pour me tromper. Un suaire d'effroi, le monde refusant de voir encore ce qui se passait là depuis des jours, des semaines, des mois, depuis des milliers et des milliers de vies qui étaient tombé pour nourrir un sol qui n'en demandait pas tant.

J'ai pu avancer, lentement, mais malgré ma volonté j'étais immobile, retenu en cet endroit par une force implacable contre laquelle je ne pouvais rien.

 

C'est donc cela, la Mort, ai-je pensé, presque rassuré de n'être pas dans une de ces images que ma grand-mère me montrait pour me faire craindre l'Enfer. Puis j'ai compris, je ne pouvais m'y rendre, j'en venais. Ces semaines d'attentes, de combats, d'une peur acide me collant à la peau comme un vêtement humide dont je ne pouvais me débarrasser. Ces nuits à chercher le sommeil malgré les cauchemars qui revenaient sans cesse. Ces heures à parler avec les autres pour dissoudre l'angoisse. Ces secondes que mon cœur marquait avec violence comme s'il avait pressenti qu'il n'aurait plus longtemps pour faire son travail.

 

Et puis revint le dernier souvenir, l'assaut à donner, mes pieds qui glissent, mes mains qui tremblent. Je progresse comme je peux, lentement. Le bruit m'entoure, m'enveloppe, le jour n'est pas encore vraiment levé, un pas, un autre... la douleur me surprend, j'ouvre la bouche pour appeler mais aucun son n'en sort. Mes oreilles bourdonnent et puis le silence se fait, l'obscurité vint ensuite.

 

Le temps ne veut plus rien dire, je reste là, seul, me demandant si mes compagnons d'armes tombés au combat sont dans la même situation, chacun dans son univers, seul face à... mais face à quoi, à qui, à...

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Publié par Lee Rony - dans Lettres
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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 08:31

Les Cahiers de Science & Vie No 150 – Janvier 2015

Les maîtres de la science hermétique

Lionel Crooson

 

Au Moyen Âge les savants disposent d'écrits grecs et arabes pour s'attaquer aux mystères de la nature et aux secrets de la matière.

Merlin bien sûr ne peut être exclu de cette quête et il serait l'auteur du texte alchimique Allegoria Merlini, œuvre qui connut un grand succès en Europe à cette époque.

Avant cette époque où pensées religieuse et science se superposaient, la transformation des métaux, la fabrication du verre et l'élaboration des teintures s'obtenaient de manière empirique. En Inde, en Égypte et jusqu'en Chine où l'alchimie se pratiquait dès le VIIè siècle. Dans l’Égypte hellénisée les théoriciens de l'alchimie cherchent dans la philosophie grecquas des modèles de matière susceptibles de les aider à préciser les principes théoriques de leurs opérations.

Deux noms se détachent illustrant cette ambition, Zosime de Panapolise 'Alexandrie, le second serait Hermès Trismégiste, auteur d'une vingtaine de traités ente le VIe et le VIIe siècle. C'est à ce dernier que l’alchimie doit son surnom de ''science hermétique'' ou de ''philosophie hermétique''.

Ces œuvres furent copiées puis traduites par la suite par des lettrés arabes comme le savant arabo-persan Jâbir ibn Hayyân (Geber en latin) qui firent passer l'alchimie pour une science musulmane. Elle se répand en Europe et nombre d’alchimistes partent en quête de la transmutation des métaux. Pour eux pierre et métal sont doués d'une vie propre comme les racines, les herbes et les fruits. Ils imaginent que les différents métaux sont les étapes d'une évolution allant de l'impur, le plomb ou le cuivre, au pur, l'argent ou l'or. Récupérant les premiers ils cherchent le moyen de forcer ce phénomène.

L'idée aujourd'hui fait sourire, à l'époque elle ne paraît pas absurde ni son résultat inaccessible.

Outre cette activité les alchimistes, philosophes de la nature, essaient d'extraire des substances contenues dans les plantes. Leurs laboratoires sont équipés de fours, de creusets, d'alambics et de vaisseaux de sublimation. Communiquant volontiers ils rédigent recette et traités qu'ils placent sous le patronage de Geber, Aristote, Platon, Cléopâtre même et parfois Merlin, laissant passer l'idée qu'entre la Table Ronde et l'alchimie des liens existent.

L'alchimie pourtant n'a rien à voir avec la magie ou la sorcellerie, elle ne fut jamais soupçonnée d'hérésie et ne fut condamnée par l'église que dans de rares cas où elle fut suspectée de participation à du faux monnayage.

L'alchimie pâtira de la refondation de la science engendrée, entre autres, par Descartes et son Discours de la méthode (1637). le coup fatal sera porté par Lavoisier son Traité élémentaire de chimie. Dès lors l'alchimie semble une science antique et obsolète avant que les alchimistes eux-mêmes soient tournés en dérision. Phénomène favorisé au XXè quand certains alchimistes se retrouveront dans un courant mystique et ésotérique, acoquinés avec des ''mages'' et autres astrologues...

Ces travaux pourtant ne furent pas inutiles, permettant de découvrir les propriétés du soufre et du phosphore, ils permirent la naissance de la chimie moderne.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 08:27

Monophrénie : Croyance emplissant, et définissant, la totalité d'un esprit, ou de quelque chose qui y ressemble.

Moralophage : Doctrine se présentant comme la ''vraie'' morale, celle qui dévaluant les autres et ceux qui y adhèrent permet de combattre celles-ci en éliminant ceux-là.

Mucovichydose : Maladie consistant au raidissement de certaines voies cérébrales rendant difficiles, puis impossibles, que de nouvelles puissent apparaître. Ne subsiste qu'une partie du passé semblant rassurante, comme un paradis enfantin.

Mythisme : Doctrine se présentant comme nouvelle et comme un progrès par rapport aux plus anciennes. Apparut chez l'homo sapiens pour expliquer ce qu'il percevait autour de lui comme en lui. Elle prit diverses formes qui finirent par s'entretuer au fil des derniers siècles de cette espèce avant d'être remplacée par une autre étape de l'évolution débarrassé de ce besoin archaïque.

Narcistique : Utiliser son corps pour en faire une œuvre ''d'art''. Celle-ci ne pouvant jamais être terminée le corps finira par ne plus ressembler qu'à la réalité psychologique de son possesseur.

Pèlerin : Faucon quand il vole, vrai quand il marche.

Psychanalytique : Conviction qu'une théorie mentale est capable de solutionner tous les problèmes auxquels se confronte un esprit, sauf celui dont il est le symptôme.

Recthomme : Personne dont le besoin de règles et de contraintes ne laissent qu'une place infime à sa personnalité, qui n'en demande pas plus.

Saoulitude : Bien sûr que la bouteille n'est pas quelqu'un ni une vraie présence, mais faute de mieux il faut s'en contenter.

Tairapie : Payer pour parler pour ne rien dire.

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Publié par Lee Rony - dans Aphorismes
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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 08:21

For Whom the Bell Tolls – Sam Wood – 1943 – 170'

Adapté du roman d'Ernest Hemingway.

Robert Jordan est américain, personne n'est parfait, il est en Espagne pour combattre aux côtés des républicains. Sa nouvelle mission est de faire sauter un pont en Castille afin d'empêcher une contre attaque franquistes alors que les républicains se préparent à l'offensive. La guerre exacerbant les passions il tombe amoureux de Maria, une des résistantes du groupe dirigé par Pablo et Pilar. Il faut bien tromper l'attente et la vie dans les montagnes n'a rien d'agréable ni de facile. Pour Maria la vie a été difficile, après que son père eut été abattu par les franquistes elle a été battue, tondue, violée et aurait subi le même sort si elle n'avait été libérée. L'un et l'autre se doutent que l'avenir est compromis et la victoire improbable, il n'empêche, ils entendent vivre ces quelques jours avec l'impression qu'ils représentent une vie entière.

L'assaut est imminent mais un autre groupe de résistants qui devait y participer est surprise, poursuivie, rattrapé, sans que la troupe de Jordan ait le temps d'intervenir pour les aider.

Le temps presse, Pablo sous l'effet de la peur déserte avec les détonateurs, puis, remords et/ou stupidité, se ravise et revient avec des renforts.

 

Le jour se lève, le ronronnement des bombardiers nationalistes se rapprochent, il faut agir vit, Jordan et ses hommes décident d'attaquer le pont. Ils réussissent, le détruise, mais subissent de lourdes pertes. Il faut s'échapper mais l'américain va être gravement blessé, trop pour suivre ses compagnons qu'il ne peut ni retenir, ni ralentir, ne lui reste qu'à attendre leurs poursuivants pour les affronter, en descendre autant que possible, leur faire perdre du temps, et mourir avec les honneurs.

Pour autant que cela veuille dire quelque chose !

 

Dès le début la fin est perceptible dans les gestes, les regards, cette façon de profiter de chaque instant comme s'il était le dernier. Au fond chacun est là pour cela, mourir en ayant l'impression, l'illusion , que ça servira à quelque chose en quoi ils croient... L'individu ici n'a plus sa place et les rites et symboles d'amitiés sont ceux d'une meute. À partir de là mourir n'est plus un problème puisque le ''groupe'' survit. Temporairement. La mort nourrit la vie, et réciproquement, comment imaginer l'une sans l'autre ?

 

Comme le dit John Donne ''… n'envoie jamais demander pour qui sonne le glas, il sonne pour toi !''

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 08:12

Tetsuya Tsutsui – 2011-2013 - Ki-oon

Tout commence sur le net au travers d'une webcam. Un homme apparaît le visage couvert d'un masque fait d'une feuille de journal. Il annonce qu'il ne fait pas ça pour lui, qu'il se trouve dans une pièce faisant à peine trois mètres carrés qu'il loue 1 700 yens les six heures, boissons incluses... et cent yens le quart d'heure supplémentaire. Peu importe, c'est depuis cette cellule puant la sueur qu'il va changer le monde !

 

La section de lutte contre la cybercriminalité de Tokyo est toute nouvelle, comme son nom l'indique elle est là pour lutter contre les crimes commis sur le Net, elle a même une page sur wikipédia ! Elle vient en plus de la cyber-force qui se contentait de surveiller le Net avec la mission d'intervenir sur le terrain !

 

Le 21 mai, 10 h 00, ville U, préfecture de Tochigi. Des policiers sont là pour arrêter un collégien soupçonné d'upload de jeux vidéo, rien de bien extraordinaire pour nos policiers mais une affaire qui peut engendrer des pertes énormes pour les fabricants de jeux. Le coupable est Shota Masuyama et il est interrogé par le lieutenant Erika Yoshino, un tel poste à 26 ans c'est rare. Elle lui apprend que les pertes qu'il aurait causé sont évalué à 45 milliards de yens. Affaire bouclée, pas de quoi en être fier !

Ce n'est qu'ensuite que la section découvre l'annonce de l'homme au masque de papier et ses prévisions sur le compte paperboy_187. Il met en cause une entreprise responsable d'une intoxication alimentaire de masse dont elle put se tirer en utilisant un vide juridique, il affirme qu'il va se charger de les faire cuire à point ! Or il se trouve qu'un incendie vient de se déclarer dans une société agro-alimentaire d'Ishikawa. Des caméras diffusent en direct des images de l'incident, et montrent que paperboy est sur place !

 

Sa seconde cible sera un lycéen qui travaillant à temps partiel dans la restauration s'amusant à faire frire des cafards pour les glisser en douce dans les plats ! Il annonce qu'un tel gourmet aura droit à son menu spécial jusqu'à ce qu'il ait le ventre bien rempli. La troisième sera un étudiant, Shuji Seki, étudiant dont le tweet excusait le viol commit par un ami à lui, la prédiction est que ce qui va lui arriver devrait le faire marrer. Ce qui ne sera pas le cas ! Le problème est que la description de son ravisseur ne correspond pas à l'image de paperboy prise lors de l'incendie ce qui laisse penser à la police qu'il pourrait avoir des complices.

 

Les vidéos de paperboy rencontrent un écho grandissant sur internet, leur auteur prédit qu'il va continuer tout en soulignant la corruption de médias, traitre au pays et ayant renoncé à leur mission. Justement son annonce suivant met en cause Masayoshi Ikehata, employé d'une société de service internet qui eut la bonne idée de diffuser l'entretien d'embauche passé par un postulant à une place dans sa boîte où il ridiculisait celui-ci. La police se rend donc sur le champ chez Masayoshi. Elle devra faire vite puisque celui-ci est en train de se faire rouer de coup en direct sur internet ! Mais la piste suivi par les policiers ne mène nulle part et paperboy passe entre les, grosses, mailles, du filet. Son intervention suivante ne sera pas une prédiction mais un message adressé à toute personne ayant une situation précaire, un petit boulot, des difficultés. Il ne prétend pas pouvoir rendre leur vie meilleure mais au moins les soulager de leur frustration. Il jure qu'il tuera pour eux et que plus personne ne doit subir en silence. À ce moment là la diffusion sera interrompue suite à un signalement de la préfecture de police. C'était une mauvaise idée. Sur le compte de diffusion de paperboy les avis jusqu'alors majoritairement négatif s'inversent et il rencontre de plus en plus d'approbation.

Néanmoins l'enquête continu en cherchant d'où le criminel aurait pu se connecter, l'étude des caméras de surveillance finit par faire apparaître un jeune homme qui pourrait être l'individu recherché.

 

Les dernières dizaines de pages du premier tome, sur trois, de Prophecy nous montrent qui est paperboy, dans quelle condition il est né et diverses aspects de sa nature dont je ne vous dirais bien sûr rien ici. Quand à la suite je ne l'ai pas encore lu mais ça ne saurait tarder. Tsutsui montre le monde avec violence et crudité au moyen d'un dessin et d'une mise en page de sa vision à la hauteur du sujet choisi.

En attendant que le film sorti en juin 2015 arrive chez nous, ce qui me permettra de vous reparler de Prophecy, et ce n'est pas une prédiction en l'air.

Prophecy
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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Manga
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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 08:09
Grave... c'est le cas de le dire
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Publié par Lee Rony - dans Des fakes
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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 08:08

Il y a parfois des portes qui se referment,

Des sons brefs ressemblant à un glas amusé,

Le passé s'est enfui, le destin a un terme,

Ce qui fut n'est plus, et ne reviendra jamais.

 

Le bonheur est ainsi qu'il ne se reconnaît

Qu'au bruit qu'il fait au moment où il est parti,

Et l'absence devient un futur gangréné

Par la mort d'illusions et rêves évanouis.

 

Je fais face au battant sans plus pouvoir l'ouvrir,

Seul et désemparé de ce que j'ai raté.

De moi, c'est sûr, demain aura le droit de rire,

Ses éclats m'escorteront vers l'éternité.

 

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 08:03

Les Cahiers de Science & Vie No. 150 Janvier 2015

Et la science fut !

Nicolas Chevassus-au-Louis

Le savant apparaît avec l'écriture. Qui la maîtrise occupe une position sociale dominante, est lié au pouvoir, travaille dans les palais ou les templs, participe à la collecte des impôts, supervise les grands travaux, mariages et prières collectives. Les savois les plus développés sont l'arithmétique et l'astronomie.

À partir du VIe av. notre ère, la conception du savoir évolue au sein de l'école de Milet. Sa figure la plus connue en est Thalès. Avec ses disciples ils sont les premiers à naturaliser les astres en leur otant leur dimension divine. Thalès les dit ''faits de terre''.

C'est parce qu'elle est profondément matérialiste que la science grecque passe pour la matrice de la science moderne. Sa conception du savoir peut se définir par deux formes que représentent deux philosphes ahténiens. Platon, idéaliste, pour lui existent des idées abstraites, nombres ou formes géométriques gouvernant la marche de la nature dont la connaissance est impossible. L'homme ne peut avoir accès qu'au ''reflet d'une copie'' de ces idées. Aristote ensuite,venu plut tard. Matérialiste, la nature qu'il décrit est polymorphe, complexe, logiquement organisée pour y trouver catégories, règles et lois. Le monde des idées contre celui de la matière. Les deux traditions pourtant s'entendent sur le fait que le philosophe n'a pas à se soucier des choses matérielles, de l'application de son savoir. À partir du IVe siècle av. J.C. Dans l'égypte des Ptomélémées, Apparaissent des savants ingénieurs tel Archimède ou Héron. Alexandrie porte haut la tradition de la discussion logique du savoir, mais aussi, surtout, réconcilie le savoir et ses applications, la science et les techniques dirait-on de nos jours.

Avec la conquête de l'égypte, les romains satisfont leurs besoins de savoirs techniques pour gérer une ville d'un million d'habitants comme Rome. La chute de l'Empire romain d'Occident perturbe la transmission des savoirs. La tradition philosophique grecques est perpétuée dans l'empre d'Orient. L'expansion arabe déplace le centre de la vie savante, Bagdad succède à Athènes et Alexandrie comme capitale du savoir. En Occident les savants se font rares. Quelques érudits compilent ce qui leur est parvenu du savoir antique mais l'essentiel de la science grecque leur est inconnu. Avec le règne de Charlemange l'Occident connaît une stabilisation poliitique et la chrétienté reconquiert l'Espagne et la Sicile musulmane où avaient été conservés et commentés nombre de manuscrits grecs, traduits. Les monastères d'Occident redécouvrent Pythagore mais surtout Aristote. Dès la XIe siècle apparaissent les écoles cathédrales où on enseigne les arts libéraux. Les arts mécaniques restent négligés. De ces écoles naîtront au XIIIeme les premières universités, Bologne, Paris, Oxford, marquant l'institutionnalisation du savoir et le retour à la discussion critique et publique des thèses que préconisaient les Grecs.

 

En quête d'un savoir universel

Marielle Mayo

Dès le XIIème les érudits cherchent un sytème globale intégrant la physique d'Aristote et les science occultes. Ils redécouvrent des disciplines comme la philosophie, l'astrologie ou l'optique. L'Europe médiévale découvre avec fascination des savoirs ignorés des Latins depuis le haut Moyen Âge et entendre de se réapproprier l'héritage de l'Antiquité grecque. Elle redécouvre les sciences rationellels définies dans le système philosophique global d'Aristote visant à rendre le monde intelligible par la raison. Il devient, en utilisant les outils de la logique et des mathématiques, envisageable de mettre en lumière l'ordre qui gouverne l'Univers. Une nouvelle doctrine officielle va peu à peu émerger, synthèse de la physque d'Aristote et du christianisme, imposée par Thomas d'Aquin, au XIIIème siècle. La pensée scolastiquese déploie dans les nouvelles universités. Les opinions des ''autorités'' y sont étudiées et confrontées pour faire émerger une ''vérité'' conciliant foi et raison, en s'appuyant sur l'argumentation plutôt que sur l'observation ou la pratique. Jusqu'à la fin du XIVè siècle existe une sépaaration entre ceux qui maîtrisent la théorie et les artisans dont le savoir expérimental est dévalorisé. ''La technique n'intéresse pas les pensuers et ne s'enseigne pas à l'Université'' précise Mathieux Arnoux. L'ingénieur n'acquerra ses lettres de noblesse qu'à la Renaissance ! La réconciliation des savoirs pratiques et théoriques s'amorce hors du cadre des savoirs traditionnels. La pratique expérimentale permettra des avancées majeures et le XVIIè siècle verra l'avénement de la méthode scientifique moderne, portée par Wlliam Harvey, Galilée, Francis Bacon ou Descartes. Le divorce entre magie et science est consommé.

 

Le génie à la manœuvre

Philippe Testard-Vaillant

Par quels moyens Merlin parvint-il à déplacer les pierres nécessaires à l'édification de Stonehenge ? Le mystère est entier, des ''engins'' évoqués il n'y a aucune description. Ingénieur et conseiller militaire, ce portrait rappelle un personnage antérieur au cycle arthurien : Archimède, l'un des plus grands ingénieurs de l'Antiquité, avec Ctésibios, Héron d'Alexandrie, Philon de Byzance. Au IIIè siècle ce disciple d'Euclide invente la roue dentée et la vis sans fin, de plus il élabore des moyens de défenses des fortifications de Syracune. Il aurait incendié la flotte romaine en faisant converger les rayons du Soleil sur les coques et voiles des bateaux du général Marcellus à l'aide d'un jeu de miroirs. Pour autant les ingénieurs de cette époque ne suscite pas l'admiration des philosophes qui les considère comme des salariés dépendant de ceux qui les paies. Ils ne sont pas des hommes libres. Pour Platon la théorie surclasse la pratique, l'abstraction surpasse le concret, le géomètre surplombe l'ingénieur, hiérarchisation qui scellera le divorce de la scince pure et de la technique sensible. ''L'engignour'', ainsi dénommé parce qu'il est celui qui est doué d'engin (d'intelligence rusée), qui met en œuvre son engin (son esprit d'invention), et qui produit des engins (machines et instruments). Avec l'apparition de l'artillerie à poudre ces engignours sont recrutés pour donre des canons, protéger les troupes et adapter les fortifications à l'usage des armes à feu.

Pas d'école à l'époque mais un savoir transmit oralement et par imitation.

Si l'ingénieur militaire de la Renaissance, comme celui du Moyen Âge, est souvent issu des corporations d'artisns et des maîtres de métiers, de nombreux artistes mettent leurs compétences au service de la guerre. Qu'il s'adonne ou non à des tâches belliqueuses l'ingénieur de cette époque renouvelle les savoirs antiques, mathématise sa pratique et perfectionne les règles de la mécnique. L'imprimerie contribue à faire de la machine le symbole d'une société ou l'invention technique est promue comme une valeur et l'ingénieur cherche à intégrer l'étlite des hommes de l'art. Il faut attendre 1604 pour que s'ouvre la toute première école d'ingénieurs à Leyde (Pays-Bas) et le milieu du XVIIIè siècle pour que s'ouvre en france de grandes écoles formant les ingénieurs d'état (ponts et chaussées, école des mines).

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 09:00

Dorison – Marazano – Glénat

 

Inde, 1934, tout commence dans un temps à Mugail Saraï. Sanji demande à son père ce qui se passera quand il sera mort. Son père lui répond que son âme s'échappe, Indra l'accueille dans son royaume, le Deva-loka. Sanji est frustré que les Devas refusent de révéler aux vivants ce qui l'attendra dans cet autre monde, il se précipite dans un autre temple ou un tigre l'accueille et se jette sur lui, se faisant tuer à sa place mais à cause de lui.

Chicago, 50 ans plus tard, hôpital privé saint-Vincent, centre de soins intensifs. Weiss quitte sa fille, Audrey, soignée pour un cancer en phase terminale, lui affirmant qu'il a beaucoup de travail et ne sera pas là pour lui tenir la main afin qu'elle s'endorme. Il ment mais ne peut plus supporter d'être là à regarder sa fille mourir lentement.

 

Chicago, trois ans plus tard. Weiss est tiré de son sommeil par un appel de son patron qui l'engueule pour n'avoir pas fait son travail. Il reçoit ensuite un appel de sa femme demandant à le voir afin qu'il signe les papiers du divorce, depuis la mort d'Audrey les choses sont difficiles et Weiss essaie de remplir son temps pour oublier le vide de sa vie et le poids de la culpabilité. Il finira pourtant par aller se faire soigner au centre du rein, Rayford où Osbourne, son médecin lui conseille de reprendre sa vie en main... chose qui paraît impossible. Roulant pour rentrer chez lui après ce rendez-vous il aperçoit soudain un camion venant à fond vers lui et le heurtant violemment.

Il reprend conscience dans le coffre de sa voiture alors que celle-ci prend la direction d'une presse s'apprêtant à détruire son véhicule. Il s'en sort, maladroitement, nu et frigorifié. Dans une maison proche il trouvera de quoi se réchauffer et s'habiller. Prit en stop il emprunte un téléphone mais aucun des numéros qu'il appelle ne répond, ni même ne semble correspondre à la personne demandée. Arrivé en ville il prend un taxi pour se rendre au Manoir Weiss, sa demeure, là, enfin, les choses devraient retrouver leurs places.

Mais non, loin de là, puisqu'il arrive juste pour voir des engins de chantiers mettre en pièce sa demeure. Sa surprise croîtra encore quand il apprendra que la maison et le terrain sont vendus depuis sept ans! À la banque il apprendra même que son compte est clôturé depuis la mort, la sienne donc, de son propriétaire, il y a 7 ans.

 

Seul son médecin, Osbourne, acceptera de le croire et lui donnera rendez-vous le lendemain. En attendant Weiss, Abel de son prénom se rend au cimetière, sur la tombe de sa fille, pour découvrir son propre caveau et la date de son décès, un an après sa fille.

 

Il attend beaucoup des retrouvailles avec son médecin, mais sera déçu, celui-ci va lui conseiller de s'éloigner de ses proches, de disparaître, après tout il devrait être mort. S'il est là c'est qu'il y a eu une erreur, c'est tout. Abel n'a pas le temps d'en demander davantage, Osbourne a reconnu quelqu'un dans la foule, quelqu'un qu'il sait être là pour eux, et pas pour leur bien. Les deux hommes s'enfuient dans un couloir du métro alors que les rames continuent à passer. Par coïncidence deux policiers sont à proximité qui se rendent compte que quelque chose d'étrange se passe, ils se précipitent. Les détectives se sont séparés, alors que l'un court après les fuyards, l'autre essaie de faire couper le courant sur la ligne, ce qui semble difficile. Le premier rejoint les trois hommes mais le dernier se présente comme faisant partie de la maison et sort sa plaque pour amadouer le policer, avant de le poignarder. Un métro arrive alors que Weiss essaie de faire monter le policier blessé sur le rebord et qu'Osbourne s'explique avec leur agresseur, avant de mettre, bêtement, son pied sur le rail conducteur d'électricité. Amis lui n'est pas équipé pour supporter le courant et le choc va lui être fatal, alors qu'opportunément arrive le second policier qui surprend Abel l'arme à la main. Sue arrive un peu tard pour Barney ! Weiss parvient à s'échapper mais il est blessé et la personne qui veut bien l'aider décide de le conduire aux urgences, faute de quoi il se viderait de son sang.

De son côté la police mène son enquête sur l'autre victime, le doc, et s'étonne que son cabinet ait été sur écoute. Sue ne devrait pas être sur l'enquête mais son caractère et la mort de son coéquipier lui permettent de la rejoindre malgré tout. Elle n'est pas du genre à accepter un refus ! Enquêtant sur le doc à la clinique de celui-ci elle en profite pour montrer une photo de Weiss, que la secrétaire reconnaît tout en affirmant que ce ne peut être lui, il est mort dans un accident depuis 7 ans.

De l'hôpital où son signalement a été reçu Sue reçoit un appel, un homme correspondant a été admis et se trouve sur le billard.

Sue reconnaît Abel mais les déclarations du médecin la stupéfient, les analyses de Weiss sont extraordinaires. Son sang est saturé d'un acide aminé spécifique et de produits dérivés de curare et de morphine indiquant un coma profond et prolongé, récemment terminé provoqué par un alcaloïde à base d'ibogaïne. En fait précise le médecin, il ne s'agit pas là d'anesthésie mais d'empoisonnement. Si Abel a survécu c'est que le produit lui fut injecté à doses infinitésimales pendant des années pour qu'il le supporte. Bref, médicalement parlant, Weiss devrait être mort !!!

 

Un téléphone sonne en Inde, l'homme qui décroche semble satisfait que Weiss soit vivant, il ne reste plus qu'à le récupérer. Il va être temps de s'occuper du fantôme...

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu BD
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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 09:00

Haemoo - 해무 - Shim Sung-bo (réalisation) Bong Joon-ho (production et coscénariste) – 2014 - 110'

Kang Chul-joo (Kim Yoon-seok) est le capitaine du Junjin, chalutier avec lequel il gagne sa vie, mal, en compagnie d'un équipage réduit au minimum. La pêche est difficile en cette année 1998 et le futur se présente mal, le propriétaire du bateau envisage de vendre son bien au gouvernement qui pense que l'ère de ce genre d'embarcation est révolu. De plus le Junjin est en mauvais état et les réparations dont il aurait besoin sont onéreuses. Kang tente d'emprunter mais son banquier lui fait remarquer ses faibles revenus, son découvert et son surendettement chronique, autant dire que les chances d'obtenir un prêt sont égales à zéro.

Une seule solution : aller voir une de ses relations qu'il sait capable de lui faire gagner de l'argent facilement, et malhonnêtement. Il ne peut qu'accepter la proposition qui lui est faite, mais cette fois il ne s'agira pas de contrebande de marchandises mais du transport de clandestins. Ce n'est pas ce à quoi s'attendait le commandant mais il n'a pas le choix.

Il ne met au courant son équipage qu'au dernier moment, alors qu'en mer s'approche un autre navire et qu'il faut transborder les voyageurs. Ceux-ci vont s'avérer plus nombreux qu'attendus et le Junjin n'est pas prévu pour recevoir autant de personnes. Au cours du transfert une jeune femme tombe à l'eau, heureusement, pour elle, le plus jeune marin du Junjin pourra la secourir. Elle est jolie et il ne tarde pas à lui proposer de venir s'abriter dans la salle des machines où la température est meilleure que sur le pont.

La cohabitation va être difficile, tendue, l'envie d'user de sa position pour échanger plus de confort, ou moins d'inconfort, contre une faveur sexuelle est irrésistible. Certaines l'accepteraient pour améliorer des conditions de voyage éprouvantes.

À l'extérieur la survie est possible mais quand un navire approche les clandestins doivent se cacher dans la cale. Étroitesse et odeurs de poissons font de ces instants un supplice. La violence attend de s'exprimer et le capitaine doit montrer qu'il est seul maître à bord, sur son bateau tous doivent lui obéir. Pour affirmer son pouvoir il fera jeter par-dessus bord le plus récalcitrant de ses ''invités'', avant que celui-ci ne soit récupéré.

Quand un garde-côte passe, un policier maritime monte à bord mais il n'y a rien de mieux qu'un verre d'alcool et un pot de vin pour que tout rendre dans l'ordre. Tout le monde doit vivre n'est-ce pas ?

Mais la brume se lève, l'ambiance devient oppressante, les pulsions n'attendent qu'une étincelle pour se libérer, la présence d'une, trop, jeune et, trop, jolie femme peut mettre le feu aux poudres.

Surtout quand un incident survient ! Dès lors contenir ses démons devient impossible. Certains actes fait dans le flou et la pénombre deviennent insupportables quand le soleil et la réalité reviennent.

Le duo aux commandes du film nous avait déjà présenté Memories of Murder et Snowpiercer. Pas de train cette fois ni de tueur en série mais le huis-clos étouffant d'un navire de pêche au milieu d'une mer que la brume recouvre comme pour permettre au pire de se révéler. Heureusement il n'attend souvent que cela !

La vie de tous est difficile, les marins d'abord qui prennent des risques pour une maigre paie, les clandestins ensuite qui quittent pays et famille pour trouver une vie meilleure. Sur le visage de chacun l'épuisement et la peur se lisent en même temps que la certitude que rien ne peut s'améliorer. Il devient compréhensible que chacun finissent par ''péter les plombs'', histoire de trouver un semblant de soulagement en laissant se noyer une conscience encombrante.

Invitez-vous à bord du Jinjun, la mer est belle et vous n'y serez pas clandestin, ni marin, et c'est tant mieux pour vous.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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