Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 08:00

Science & vie – HS spécial Extra Terrestres 2016

 

Pourquoi ne nous ont-ils pas encore contactés ?

Pierre-Yves Bocquet et Mathilde Fontez

 

Du paradoxe de Fermi à l'équation de Drake, la question reste : pourquoi n'avons-nous trouvé aucune preuve d'une civilisation intelligente ?

''Vu le nombre d'étoiles et de planètes composant notre galaxie, il est probable qu'existent ailleurs des civilisations intelligentes mais alors pourquoi ne les avons-nous jamais trouvées ?'' Ainsi s'exprimait Enrico Fermi lors d'une discussion à la cafétéria du Laboratoire national de Los Alamos. Bizarrerie logique peut-être, le fait pourtant est qu'aucune trace avérée de vie n'est encore, officiellement, découverte. Vu son jeune âge,4,5 milliards d'années comparé à celui de l'Univers, le triple, une multitude de planètes pourraient avoir été le berceau de civilisation plus anciennes, et, donc, plus évoluées que la nôtre. En 1961, le jeune radioastronome Frank Drake formule le problème sous la forme d'une équation ainsi formulée : le nombre de civilisations capables de communiquer par radio est égal au nombre d'étoiles formées par unité de temps, multiplié par la fraction d'étoiles dotées de planètes, multiplié par le nombre moyen de planètes autour de chaque étoile, multiplié par la fraction de planètes où la vie se développe, multiplié par la fraction de plantes où la vie intelligente se développe, multiplié par la durée moyenne durant laquelle une telle civilisation est capable de communiquer.

Soit N=R* x fp x ne x fl x fi x ft x L.

''Cette équation n'a pas vocation à donner un résultat fiable. Elle a le mérite de synthétiser le problème et d'aider à la réflexion'', résume Florence Raulin Cerceau, du Muséum national d'histoire naturelle, chercheuse en histoire de l'exobiologie au Centre Alexandre-Koyré. En effet, les termes de l'équation ne sont pas tous connus.

En 2002 Stephen Webb lista les réponses possibles, il en dénombra 50. La première étant qu'ils n'avaient jamais existé. Parmi les autres il y a qu'ils l'ont fait mais que nous n'avons pas détecté leur message ; qu'ils attendent que nous soyons prêts, que nous ayons résolu les plus gros conflits de l'humanité (le risque d'apocalypse nucléaire ou environnementale) ; qu'ils n'ont pas encore réussi à venir jusqu'à nous, la distance et le danger d'un voyage aussi long l'expliquant, à moins qu'ils n'arrivent bientôt ; qu'ils sont morts avant de pouvoir le faire, par suite d'un conflit, d'épidémies ou autres incidents fatals ; qu'ils sont vivants, mais pas intelligents [au sens ou nous l'entendons!] ou bien encore, et c'est la plus plausible : ils n'en ont pas envie.

Ainsi que le fait remarquer Franck Selsis : ''On peut se demander s'il n'y aurait pas finalement plus à apprendre de l'exploration des univers virtuels que de la conquête spatiale''.

 

Tentons-nous de communiquer avec de vulgaires vers de terre ?

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
commenter cet article
16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 08:00

Science & vie – HS spécial Extra Terrestres 2016

Pierre-Yves Bocquet

Autrefois moquée la recherche d'autres formes de vie fait désormais consensus dans la communauté scientifique et inspire de grands projets chez les agences spatiales.

L'humanité est à l'aube d'une nouvelle ère : celle de la découverte d'une vie quelque part dans le cosmos amenant une révolution sociologique, scientifique et philosophique résumé en quelques mots : ''Nous ne sommes pas seuls.''

Jadis la majorité des scientifiques était hostile à cette recherche. Comme le souligne Florence Raulin Cerceau ''Le changement de mentalité est évident. Jusque dans les années 1990 les recherches sur la vie vie extraterrestre relevait de la fable et ceux qui y participaient n'en parlaient pas.'' ''Les chercheurs travaillant sur ces sujets étaient pris pour des farfelus'' complètent Franck Selsis. C'est lui qui fut l'auteur d'une des premières thèses, en 2000, sur l'exobiologie. ''La possibilité d'une origine exogène de la vie amenait l'hostilité des chimistes qui la trouvait trop exotique.'' À l'époque, travailler sur ces sujets était comme chercher des petits hommes verts. La science a créé les conditions de son revirement. La découverte de milliers d'exoplanètes a changé la façon de percevoir ces sujets. D'importants moyens financiers et technologiques sont engagés pour chercher une forme de vie non-terrestre. ''Nous savons où et comment chercher et nous disposons de la technologie nécessaire'' confirme Ellen Stofan, de la NASA. Parallèlement la science découvre des objets célestes proches qui présentent ou présentèrent, des conditions favorables à l'apparition de la vie.

De plus les biologistes découvrent l'étendue des métabolismes des êtres extrêmophiles. Preuves que la vie peut apparaître dans des milieux autrefois considérés comme stériles. Pour Franck Selsis ''les extrêmophiles, c'est presque comme si on découvrait des extraterrestres sur Terre.'' L'exobiologie rassemble aujourd'hui des biologistes, des astrophysiciens, des géologues, des planétologues... même si les biologistes pensent l'apparition de la vie très complexe.

Aujourd'hui des scientifiques autrefois réservés sont devenus les défenseurs de cette recherche, comme Stephen Hawking qui pourtant en 2008 ironisait ''malgré des recherches extensives nous n'avons pas capté de jeux télévisés extraterrestres. Cela indique qu'il n'existe aucune civilisation extraterrestre à notre stade de développement.'' 7 ans plus tard le même Hawking a soutenu le lancement du Breakthrough Listen, un projet ambitieux de recherche de vie extraterrestre.

La découverte d'une forme de vie extraterrestre est largement admise, reste à savoir quelle serait sa forme. Entre la bactérie et une civilisation plus évoluée que la nôtre, l'espace est large. Si la première semble probable, la seconde ne l'est pas.

Comme le dit Stephen Hawking ''Dans un univers infini, il doit y avoir d'autres traces de vie. Quelque part dans le cosmos, peut-être, une vie intelligente regarde ; de toute manière, il n'est pas de plus grande question. Il est temps de s'engager à trouver la réponse, de rechercher la vie au-delà de la Terre. Il faut que nous sachions.''

Métrodore de Chio, au IVe s. avant notre ère, disait déjà que ''considérer que la Terre est le seul monde habité est aussi absurde que de penser qu'un champ semé de grains de millet pourrait ne produit qu'un seul épi''. De nombreux savants imaginèrent une vie extraterrestre entre la fin du XIXes. et le début du XXes. Mars ou la Lune, on le sait, sont stériles, heureusement, ou pas, d'autres pourraient ne pas l'être.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
commenter cet article
9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 08:00

Science & vie – HS spécial Extra Terrestres 2016

Mathilde Fontez et Pierre-Yves Bocquet

La question de l'existence d'autres formes de vie dans l'Univers est ancienne, comme de sa forme. S'agirait-il de simples micro-organismes ou d'être intelligents ? La science désormais se pose sérieusement la question et la découverte d'exoplanètes y est pour quelque chose. L'exobiologie devient une science à part entière disposant des moyens qu'elle mérite.

Pour la NASA la bonne question désormais n'est plus ''si'' nous allons la trouver, mais ''quand'' ! C'est une fantastique aventure pour l'humanité s'il s'avère que nous ne sommes pas seuls...

La découverte d'une planète située dans un autre système que le nôtre eut lieue en 1995, la preuve était là qu'il existaient d'autres Terre dans l'Univers. Aujourd'hui, les calculs montrent qu'il en existe des milliards. Nous sommes entrés dans la pluralité des mondes.

C'est le 6 octobre 1995 que Michel Mayor et Didier Queloz, de l'université de Genève, annoncent avoir repéré la première planète orbitant autour d'un autre soleil que le nôtre : 51 Pegasi b, dans la constellation de Pégase, à 51 AL de nous. Cette planète ressemble à Jupiter, une géante gazeuse mais elle indiquait que d'autres, différentes, existaient. Nous n'étions plus condamnés à être seuls dans l'Univers. 20 ans plus tard nous approchons de la découverte d'un autre monde habité. Le 10 mai 2016 la NASA annonçait la découverte de 1 284 exoplanètes confirmées. Ainsi augmentait de 60 % le nombre d'exoplanètes découvertes depuis 51 Pegasi b.

Planète = espoir de vie = extraterrestres. C'est le but de cette chasse. Or sur ces planètes 550 seulement seraient telluriques, comme la Terre, catégorie supposée la meilleure pour accueillir la vie. 9 orbitent dans la zone d'habitabilité de leur étoile, la distance ou pression et température à la surface permettent la présence d'eau liquide, l'élément considéré indispensable à l'apparition de la vie portant à 21 le nombre de planète ''habitables''. Un petit chiffre mais basé sur l'observation d'une infime partie de la galaxie, 150 000 étoiles sur 200 milliards.

Il paraît plausible qu'il y ait au moins une planète gravitant autour de chaque étoile, même avec l'hypothèse que seulement 10 % seraient ''habitables'', le résultat est vertigineux : 20 milliards. Transposé à l'échelle de l'Univers, ce nombre passe à des milliards de milliards.

Bien sûr, habitables ne veut pas sire habitées, pourtant le nombre de candidates est si grand que malgré la somme de conditions nécessaire la probabilité que beaucoup le soient est grande. Les observations au moyen des télescopes spatiaux, du VLT ou du spectrographes Harps, dessinent une infinité de mondes possibles. Les futurs instruments, plus puissants, plus sensibles, plus précis, augurent de nombreuses autres fabuleuses découvertes.

Notre galaxie est peuplée de planètes allant des géantes gazeuses plus grosses que Jupiter mais gravitant près de petits soleils rouges empêchant leur rotation à des planètes tournant à l'envers quand d'autres encore tournent autour de deux, ou trois, soleils. Entre la Terre, tellurique, et Neptune, gazeux, existent nombre de mondes intermédiaires.

Notre système solaire n'est pas représentatif, il n'est qu'un parmi des milliards d'autres. La Terre même ne semble pas offrir les meilleures conditions pour accueillir la vie : l'idéal serait une planète plus massive, un peu plus grande, éclairée par un petit soleil orange.

Les simulations de conditions de vie montrent que la zone d'habitabilité est plus grande que prévue, une atmosphère riche en hydrogène pourrait abriter des mers d'eau liquide en orbitant très loin de leur soleil, une planète n'ayant qu'1 % de l'eau terrestre serait habitable et bien d'autres conformations pourraient accueillir la vie.

Pour l'instant nous ne connaissons de la vie qu'une seule forme.

Jusqu'à quand... 

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
commenter cet article
19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 08:00

DOSSIER Pour la SCIENCE 92

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

(Douglas FOX)

Les lois de la physique empêcheraient notre cerveau d'évoluer en une machine à penser plus efficace, figeant sa taille et les performances de nos neurones.

Le biologiste Espagnol Santiago Ramón y Cajal comparait les circuits du système visuel des insectes aux mécanismes d'une montre suisse. Il admirait moins les mammifères qu'il comparait à une grosse horloge franc-comtoise pleine de vide ! De fat, une abeille avec son cerveau de 1 milligramme peut effectuer des tâches aussi complexes qu'un mammifère.

L'abeille étonne par ce qu'elle peut faire, de l'autre côté, un éléphant avec son cerveau 5 millions de fois plus volumineux ressemble à un empire mésopotamien miné par son organisation tentaculaire. L'influx nerveux traverse son cerveau 100 fois moins vite que chez l'insecte. Il est lent et gaspille ses ressources à chaque pas. L'humain est entre les deux ce qui n'empêche pas les lois de la physique d'imposer ses contraintes sur nos capacités mentales.

L'évolution aurait pu prendre d'autres chemins menant à l'augmentation de neurones ou l'accélération des échanges d'informations entre eux. Notre intelligence en eut été augmentée mais diverses études indiquent qu'ils n'auraient été que des impasses en se heurtant à des limites physiques.

L'intelligence est difficile à définir, divers tests indiquent pourtant que l'humain est l'animal le plus intelligent [des auto-tests pour une auto-évaluation!]. En évoluant notre cerveau s'est-il approché d'une barrière infranchissable dans la façon de traiter les informations, et, y a-t-il une limite physique à l'évolution d'une intelligence neuronale ?

L'idée que l'intelligence est relative à la taille du cerveau est fausse. Ce dernier augmente en ratio avec le corps pour assurer les fonctions de celui-ci. Le Néerlandais Eugène Dubois élabora une relation mathématique entre la taille du cerveau et celle du corps en supposant que leur disproportion indiquerait une intelligence plus grande. Il recensa les poids des corps et des organes de 3690 animaux. Ses successeurs conçurent l'outil dont il rêvait : le quotient d'encéphalisation, le rapport entre le poids réel d'un cerveau et celui prédit par la relation allométrique (le poids du cerveau croît proportionnellement avec celui du corps élevé à la puissance ¾). Chez l'homme ce quotient est de 7,5, pour les dauphins il est de 5,3, chez les chimpanzés, de 0,4.

Pour un cerveau, la taille a de inconvénients, d'abord la consommation d'énergie. Chez l'homme, pour 2% du poids il consomme 20 % des calories, chez les bébés c'est 65% !

Quand un cerveau grossit les neurones en font autant, en nombre et en taille mais leur densité diminue avec pour effet des distances entre neurones pus grandes et des axones plus longs, mais plus épais pour une vitesse d'influx supérieure. D'autre part il se subdivise en aires affectées à des fonctions spécifiques. Une spécialisation compensant les problèmes de connectivité liés aux grands cerveaux. De même pour la spécialisation des hémisphères visant à réduire la quantité d'informations qui passe de l'un à l'autre. La complexification d'un cerveau volumineux n'est peut-être qu'une série d'artifices pour résoudre un problème de connectivité.

La matière blanche (axones) augmente plus vite que la grise. Le câblage croit au détriment du volume dédié au traitement des informations. Un grossissement sans fin n'est donc pas soutenable pour l'évolution. Observant la taille des neurones chez 41 espèces de mammifère Suzanna Herculano-Houzel découvrit que les neurones du cortex des primates diffèrent de ceux des autres mammifères. Seuls quelques-uns des neurones corticaux grossissent permettant au cerveau de rester dense. Un cerveau humain fait 1,4 kg, si un rongeur avait suivi la même la loi pour obtenir le même nombre de neurones il aurait un cerveau de 45 kg. L'important tient dans la vitesse de transmission de l'influx nerveux, les individus ayant les voies de communication les plus rapides au sein de leurs aires cérébrales semblent être aussi les plus brillants. Plus les chemins entre deux aires sont courts et plus le réseau de communication dans le cerveau est efficace, plus l'individu à un QI élevé.

Un cerveau qui grossit limite le nombre de connexions directes entre les aires, le cerveau humain possède peu de ces communications longues distances mais elles ont une influence disproportionnée sur l'intelligence. Les cerveaux limitants ces voies perdent en performance. On ne simplifier à outrance le câblage : c'est le prix de l'intelligence. L'évolution devrait aller vers des neurones plus petits pour une élévation de l'intelligence et des axones transmettant les signaux sans s'épaissir. Une barrière pourtant se dresse, cachée dans les canaux ioniques des protéines permettant la création et la transmission des influx nerveux. Ces canaux s'ouvrent et se ferment selon leur environnement en changeant de configuration.

Le cerveau d'une abeille, d'une pieuvre, d'une vache, sont différents mais ont la même organisation. Une convergence évolutive montrant qu'une solution anatomique ou physiologique est à maturité et laisse peu de place à l'amélioration.

Les grands singes ont des cerveaux entre 20 et 40 milliards de neurones qui consomment 9 % des calories consommées, obligeant les individus à rechercher de la nourriture jusqu'à 8 heures par jour. Les humains ont un cerveau de 86 milliards de neurones qui consomme 20 % des calories. Mais ils ont trouvé une solution : le feu. Une innovation qui rend digeste les végétaux, permet d'extraire les riches graisses des carcasses animales. Ainsi nos cerveaux passèrent de 40 (Homo abilis) à 60 milliards de neurones (Homo erectus).

L'esprit humain peut croître sans évolution biologique.à travers des interactions sociales ou la mise en commun de notre intelligence. À quoi s'ajoute la technologie. Internet pourrait être l'extension ultime de l'intelligence hors de nos corps. La collectivisation de l'intelligence humaine (via la culture et les ordinateurs) a peut-être freiné l'élan d'une évolution biologique vers plus d'intelligence.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
commenter cet article
15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 08:00

DOSSIER Pour la SCIENCE 92 

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

(Michel HABIB)

Les surdoués pensent-ils différemment ? Leur cerveau serait plus fortement connecté et suivrait une maturation accélérée pendant enfance et adolescence.

En 2013 Maximilian a dix ans, il est suisse et vient de passer son baccalauréat de mathématiques et va entrer à l'université. Son père est professeur de maths comme le père de Mozart était musicien. Pour autant les enfants dans ce genre d'environnement qui deviennent des prodiges relèvent de l'exception, moins de 1 sur 10 000.

Le génie est l'exemple d'une faculté issue de la rencontre d'un milieu et d'un 'don'. Les neurosciences s'intéressent aux cerveaux de ces êtres. Fonctionnement différent, agencement particulier des neurones ou des aires cérébrales ?

Le Centre américain de la santé mentale du Maryland, conduite par Jay Giedd, a examiné le cerveau de 307 individus à divers moments de leur vie. S'intéressant à l'épaisseur du cortex, la partie externe du cerveau où sont traitées les informations sensorielles et motrices, et où elles sont combinées pour donner lieu à des raisonnements et des intentions. Au fil des ans il vit se dégager trois tendances. Les personnes d'intelligence normale (QI entre 83 et 108) voient leur cortex s'amincir entre 7 et 19 ans. Les personnes d'intelligence élevée (entre 109 et 120) voient leur cortex s'amincir également mais d'une épaisseur plus grande au départ. Enfin, les personnes d'intelligence supérieur (121 à 149, en grande partie des surdoués) présentent un profil différent. À 7 ans leur cortex est plus mince. De 7 à 11 ans il s'épaissit rapidement pour ensuite s'amincir comme les autres, mais plus vite.

L'épaisseur du cortex dépend du nombre de neurones et de la quantité de connexions les reliant. Il atteint son maximum entre 1 et 2 ans pour les neurones, et 2 à 3 ans pour les synapses. D'autres facteurs modulent l'épaisseur du cortex, par exemple la quantité de cellules gliales et la gaine isolante à base de lipides entourant les prolongements (axones) des neurones. Une fois le maximum atteint, le nombre global de neurones tend à diminuer, comme celui des synapses.on pense que l'élimination de certaines synapses permet l'apprentissage en créant des voies privilégiées de traitement de l'information. Normal donc que le cortex s'amincisse chez les personnes d'intelligence moyenne ou élevée.

Les mécanismes à l’œuvre dans le cerveau en phase de construction sont multiples et étroitement imbriqués. Une certitude demeure : le cortex des surdoués semble plus changeant et plastique que celui des personnes d'intelligence normale. Des facteurs génétiques expliqueraient cette différence biologique mais trouver les bases génétiques de l'intelligence est difficile. L'environnement de l'enfant est important. L'épaisseur du cortex n'est pas la seule différence notable chez les surdoués, les voies de communication entre les parties du cerveau joue un rôle important. Connexions formées de faisceaux de fibres ressemblant à des câbles optiques visible grâce à l'imagerie par tenseur de diffusion.

Le développement de ces fibres de substance blanche semble lié à l'intelligence : plus le QI est élevé plus ces structures semblent développées, principalement du faisceau arqué et surtout de sa partie moyenne nomme territoire de Geschwind, plaque tournante des informations sensorielles, dont les neurones se projettent sur les aires impliquées dans la motricité. La substance blanche véhicule l’information sur de grandes distances au sein du cerveau, faisant travailler ensemble des territoires distants. La communication renforcée entre les parties frontales et pariétales du cerveau semble constituer une composante clé du très haut potentiel intellectuel. Les réseaux fronto-pariétaux sont actifs particulièrement lors de tâches faisant intervenir l'intelligence ''fluide'' (qui permet des réponses multiples à un problème) par opposition à une forme d'intelligence ''cristallisée'' qui suppose de trouver la solution unique à un problème.

Pourquoi le développement particulier de telles connexions entre l'avant et l'arrière du cerveau procure-t-il des capacités mentales hors du commun ? Être surdoué c’est avoir un cerveau où certaines connexions seraient peut-être plus robustes ou efficaces se traduisant par un fonctionnement cérébral particulier dans certaines tâches.

Au repos aussi leur cerveau fonctionne autrement. L'approche dite de ''connectivité au repos'' montre une plus forte connectivité dans le lobe frontal et entre les lobes frontaux et pariétaux, y compris lorsque ces sujets ne font rien de particulier. ''La vertu ne s'apprend pas plus que le génie'' disait Schopenhauer, l'innéité de ces hauts potentiels pose encore question. La génétique n'indique pas de gènes sous-tendant ces particularité.

Heureusement génétique et neuroscience ne nous ont pas encore livré le code du génie.

L'hérédité biologique du génie peutt avoir des inconvénients. Dean Keith Simonton passa en revue plusieurs études et mis au jour un lien entre génie et maladie mentale. Des écrivains auraient leur place dans la catégorie ''psychopathologique''. Les artistes très créatifs apparaissent égocentriques, froids, impulsifs, agressifs et obstinés. Les scientifiques les plus éminents sont réservés, solennels, intrinsèquement inquiets, précis et critiques. Les génies ne constituent donc pas un groupe ''normal''. En 2009 Szabolcs Kéri constata que ces individus portaient une version atypique du gène de la neuréguline 1. variant génétique associé à un risque élevé de développer une maladie mentale.

S'aventurer dans des territoires inconnus et revenir souvent sur ses pas est un trait commun aux génies créatifs. Ils consacrent un temps considérable à maîtriser leur technique mais poursuivent aussi d'autres intérêts. Leur ouverture aux idées nouvelles et l'éventail de leurs centres d'intérêts les stimulent et peuvent enrichier les variations aveugles.

Schopenhauer disait ''Le talent atteint une cible que personne ne peut atteindre ; le génie atteint une cible que personne d'autre ne peut voir.'' Les grands esprits utilisent les mêmes flèches que tout le monde, mais les leurs atteignent des mondes inconnus.

 

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
commenter cet article
12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 08:00

DOSSIER Pour la SCIENCE 92

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

(James FLYNN)

Plusieurs études montrent que le QI humain a crût pendant le XXe siècle. Quelle est la part des gènes, de l'environnement, de l'évolution de la société dans ces résultats ? Quelles facettes de l'intelligence sont-elles concernées par cette augmentation ?

 

Les études menées depuis plusieurs décennies montrent l'augmentation du QI de la population. L'intelligence humaine progresse, et, surtout, cela se poursuivra-t-il dans l'avenir ?

Les enfants d'aujourd'hui sont-ils nettement plus intelligents que leurs parents ? Les tests de QI sont-ils de bonnes mesures de l'intelligence ? Nombres de paradoxes naquirent de ces interrogations, aujourd'hui nous sommes capables de les résoudre, de mieux apprécier la nature de l'intelligence autant que le gouffre qui sépare notre esprit de celui de nos ancêtres.

Comprendre l'intelligence c'est comme comprendre l'atome, il faut déterminer ce qui en réunit les composantes comme ce qui les sépare. Le premier facteur est celui de ''l'intelligence générale'' noté G. le second, concerne les ''compétences cognitives''. Le meilleur test d'évaluation de ces facteurs est le test de Wechsler pour enfants, ou WISC, utilisé depuis 1947, du nom du psychologue David Wechsler.

Pourtant si entre 1971 et 2002 les élèves de CM et de 4e ont progressé en lecture de 4 points de QI, en terminale on n'enregistre quasiment aucune progression. Preuve que les enfants peuvent lire plus jeunes la littérature préadulte mais qu'ils ne sont pas mieux préparés à la littérature adulte. Entre 1973 et 2000 les progrès en mathématiques correspondent à 7 points de QI. En terminale le gain s'annule. Les enfants maitrisent les compétences calculatoires plus jeune mais n'ont pas progressé dans le raisonnement mathématique.

Portant ces résultats vers le passé nous aurions un individu en 1900 ayant un QI moyen compris entre 50 et 70, quand à Aristote il serait à – 1000 ! bien sûr il n'en est rien dans les deux cas. Nos ancêtres n'étaient pas moins intelligents que nous, leur intelligence était ancrée dans leur quotidien.

L'intelligence est en partie génétique et pourtant l'intelligence globale dans les test semble déterminée par des changements sociaux. Le progrès économique a créé une classe moyenne avec de nouvelles attentes relatives à la stimulation intellectuelle des enfants ; à l'accession à des métiers bien payés où ils doivent faire preuve d'inventivité » ; à des loisirs plus exigeants sur le plan cognitif. Tout le monde souhaite améliorer ses performances, ce qui rehausse la moyenne ; tout le monde cherche à se hisser au-dessus de cette nouvelle moyenne, ce qui la remonte. Il en résulte une élévation spectaculaire des compétences cognitives en une seule génération.

En fait il est difficile de parler d'intelligence, et plus encore de sa mesure. Les données doivent être interprétées avec une connaissance avisée des changements sociaux qui mettent l'accent sur l'une ou l'autre composante de l'intelligence. Il est probable que l'intelligence générale, capacité mentale située au carrefour des composantes de l'intelligence, est restée à peu près identique depuis des siècles.

Quand à la progression du QI certaines prétendent qu'elle s'est arrêtée dans les années 1990, du moins dans les pays industrialisés.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
commenter cet article
8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 08:00

DOSSIER Pour la SCIENCE 92 

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

(Olivier HOUDÉ)

Nos capacités cognitives sont quantifiées, examinées, testées. Les neurobiologistes nous trouvent 8 intelligences et nous serions de plus en plus intelligents au fil des générations. On commence à percer les secrets du génie. Où s'arrêtera le cerveau humain ?

 

Du psychologue suisse Jean Piaget, qui affirma le premier que l'intelligence humaine représente l'optimum de l'adaptation biologique et qu'elle atteint son point d'excellence dans le développement de l'enfant, par la logique et les mathématiques, nous avons une conception monolithique de l'intelligence : les capacités logiques et mathématiques seraient le miroir général du potentiel intellectuel de chacun.

Une vision qui évolue. D'autres psychologues et spécialistes de l'éducation défendent une conception moins unilatérale et plus ouverte de l'intelligence tout en soulignant qu'elle constitue une propriété biologique de notre cerveau. Notre intelligence s'exprime sous des formes multiples et relativement autonomes, l'intelligence logico-mathématique, mais aussi visuelle-spatiale, interpersonnelle, corpotelle-kinesthésique, verbo-linguistique, interpersonnelle, musicale rythmique et naturaliste-écologiste. Ainsi se présente la théorie de Howard Gardner. Ces intelligences sont-elles à l’œuvre dans notre tête ? Peut-on les voir fonctionner ?

Gardner et Piaget s'accordent sur un point : l'intelligence, unique ou multiple, est une fonction du cerveau. Les progrès de l'informatique, des sciences cognitives et de l'imagerie cérébrale montrent en images numériques tridimensionnelles des réseaux cérébraux de l'adulte ou de l'enfant. On voit qu'à chaque bloc correspond une intelligence, la multiplicité des intelligence est donc, dans notre cerveau, une réalité. Quand à savoir ce qui détermine le talent de tel ou tel individu pour une forme d'intelligence, mystère ! Il est clair que l'environnement précoce renforce et développe fortement l'affinité d'un enfant, puis d'un ado, pour l'une ou l'autre faculté. La plasticité neuronale, stimulée dans la famille et à l’école, rendra chaque cerveau unique. Il devient possible de promouvoir une conception dynamique de l'éducation des facettes du potentiel humain.

L'imagerie cérébrale nous apprend qu'une partie de notre cerveau, le cortex préfrontal, est impliquée dans de nombreuses formes d'intelligence. De nouvelles pédagogies permettraient d'exercer cette zone de convergence afin de renforcer les passerelles entre les multiples potentiels du cerveau. Bref, d'apprendre à jongler avec ses intelligences. Il en manque une dans la théorie de Gardner, celle qui permettrait de choisir celle qui est adaptée à chaque situation. Une capacité au-dessus des autres, une méta-intelligence, de sélection. Acceptant que coexistent diverses intelligences il faut une fonction biologique d'arbitrage. Pour moi, le ressort de cette intelligence est la résistance cognitive, la capacité d'arbitrage de notre méta-intelligence.

Le développement des cortex frontaux est donc un enjeu social et civilisationnel. Et il ne coule pas de source !

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
commenter cet article
5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 08:00

DOSSIER Pour la SCIENCE 92 

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

(Dietrich STOUT)

Le cerveau humain est l'organe le plus complexe de la Terre. Peut-être grâce à la taille des pierres en outils... Cette activité aurait favorisé le développement de capacités mentales particulières. Pour le vérifier il ''suffit'' de reproduire les activités de fabrication des outils et d'observer l'activité cérébrale qu'elle suscite. ''Après 300 heures d'entrainement au taillage du silex, je peux me targuer d'approcher les compétences des tailleurs de l'Acheuléen''.

En 1990 Nicholas Toth et Kathy Schick proposèrent d'observer ce qui se passe dans le cerveau lorsqu'on fabrique un objet de pierre taillée. Dans la laboratoire de Dietrich STOUT, Nada Khreisheh consacre 20h par semaine à entraîner 20 étudiants dont chacun recevra 100 h d'instruction à l'art ancestral de la fabrication des haches. Chaque session est filmée pour analyser les meilleures techniques d'apprentissage. Les objets sont rassemblés pour mesurer l'amélioration des compétences. L'IRM est là pour examiner les changements dans la structure et le fonctionnement de leur cerveau.

Le premier point acquit fut la difficulté de fabriquer un outil de qualité. Tailler une hache requiert la maîtrise d'une technique de percussion impliquant de manier un ''marteau'' de pierre, d'os ou de bois. Il faut frapper fort, précisément pour obtenir une forme particulière. La moindre erreur met en péril tout l'ouvrage. Une pratique aussi assidue que rébarbative est indispensable. L'IRM montre, par exemple, qu'une compétence dans le contrôle de la force, se traduit par une augmentation d'activité du gyrus supramarginal dans le lobe pariétal.

Pour améliorer l'étude il fallait une autre technique, l'imagerie par tenseur de diffusion, forme d'IRM mettant en évidence les fibres de matière blanche qui font office de câblage entre les différentes aires du cerveau. En 2004 l'équipe de Bogdan Draganski utilisa cette méthode pour caractériser les changements structuraux dans les cerveaux de volontaires apprenant à jongler. Résultats qui remirent en cause l'idée selon laquelle la structure du cerveau adulte est fixée une fois pour toute. Fabriquer des outils pouvait-il entraîner le même type de changements anatomiques ?

Indiscutablement, bien qu'il soit impossible d'accéder au cerveau de nos ancêtres. Étudiant nos cousins chimpanzés, nous avons établi des cartes cérébrales de la matière blanche contenue dans nos cerveaux humains et les leurs. Les circuits neuronaux identifiés comptaient parmi ceux dont le développement était le plus clairement supérieur chez l'humain par rapport au chimpanzé. Constat soutenant l'idée que la fabrication d'outils au paléolithique aida à façonner l'esprit des hommes modernes.

Pourtant les outils n'offrent qu'un maigre aperçu de la vie de nos ancêtres, pourtant les qualités nécessaires pour les tailler pouvaient s'exprimer ailleurs. L'aptitude au contrôle de soi est au cœur de nombreuses facultés cognitives. L'imitation était la base de l'enseignement, l'apport du langage fut également capital pour la transmission du savoir.

Aujourd'hui les neuroscientifiques considèrent que la plupart des régions du cerveau réalisent un traitement de l'information qui sous-tend une série de comportements. L'aire de Broca, située dans le gyrus inférieur gauche, ne participe pas seulement au langage mais aussi à la musique, aux mathématiques et à la compréhension d'actions manuelles complexes. La fabrication d'outils, associé à la production de gestes communicatifs, pourrait avoir servi de socle évolutif à l'apparition du langage.

L'hypothèse est au banc d'essai. Un peu de patience.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
commenter cet article
12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 07:37

DOSSIER pour la SCIENCE 92

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

Le grand bond en avant !

(Maxime DEREX)

Il y a 50 000 ans les moyens techniques de nos ancêtres se sont complexifiés. Pourquoi ? L'amélioration de l'intelligence n'explique pas tout. L'apprentissage social et la taille des populations furent essentiels.

Comment un primate tropical put-il coloniser la Terre en un laps de temps si court à l'échelle de l'évolution biologique ? Pourquoi a-t-il tant de compétences quand ses plus proches ancêtres en sont à collecter des termites avec un bâton ?

La révolution technique fut entamée il y a 50 000 ans !

L'homo sapiens avaient 150 000 ans, il cohabitait avec Homo erectus et Neandertal, produisait des outils mais rien qui traduise une inventivité exceptionnelle. Soudain ils se mirent à façonner des outils de pierre spécialisés, finalement travaillés, des outils à base d'os, à exploiter les ressources marines... ses innovations en peu de temps furent nombreuses. Une révolution technique décisive qui lui permet d'assurer la survie d'un plus grand nombre d'individus, sa population crût, envahissant de nouveaux environnement, entraînant l’extinction de la mégafaune du Pléistocène supérieur et de ses cousins humains.

Biologistes, psychologues, archéologues et primatologues tentent de comprendre comment cela put arriver. L'intelligence semble l'explication logique, les anthropologues évoquèrent des comportements apparus suite à un changement génétique améliorant notre fonctionnement cognitif qui nous aurait permis de solutionner des problèmes insurmontables auparavant.

Trop facile ! L'humain moyen est probablement plus intelligent que le chimpanzé moyen mais cela n'explique pas le succès écologique de notre espèce. Il suffit de noter les aptitudes à la survie de groupes humains soudainement livrés à des conditions hostiles et inhabituelles pour constater combien le ''sapiens'' est incapable de survivre s'il ne possède pas les informations nécessaires à son adaptation.

La solution pourrait être illustrée par une métaphore attribuée à Bernard de Chartres ''Nous sommes des nains sur des épaules de géants. Nous voyons mieux et plus loin qu'eux, non que notre vue soit plus perçante ou notre taille plus élevée, mais parce que nous sommes portés et soulevés par leur stature gigantesque''. Formule illustrant la dimension cumulative des savoirs et techniques. Un outil complexe résulte de l'accumulation de changements mineurs.

La culture cumulative explique le succès de notre espèce, elle est possible par la transmission d'un individu à un autre, par l'observation, facteur par le biais duquel l'information passe d'une génération à l'autre. Qualité que possèdent d'autres animaux, avec moins d'efficacité toutefois. Notre capacité à acquérir une technique par l'observation est plus rapide, plus précise et plus systématique chez nous que chez nos cousins chimpanzés. Un phénomène de ''pédagogie naturelle'' put apparaître et contribuer à cette transmission. Des études ont révélé que les enfants humains cherchent à favoriser l'apprentissage de leurs semblables.

L'information peut aussi être transmise oralement mais rien ne nous dit quelles sont les origines du langage. Celui-ci aurait pu apparaître conséquemment à la culture cumulative.

Celle-ci pourtant ne peut tout expliquer, d'autres facteurs seraient impliqués dans l'émergence ou la disparition de pratiques culturelles complexes...

Une étonnante découverte se fit en Tasmanie, ses habitants étaient la population au répertoire technologique le plus simple, moindre que celui des Australiens vivant à 200 kilomètres, et même que celui de leurs propres ancêtres. Leur isolement peut expliquer cette régression et démontrer l'importance de la taille d'une population. Une innovation aura plus de chance de perdurer si de nombreuses personnes l'observent et tentent de la reproduire.

Les études montrent le lien entre l'évolution du matériel culturel et la taille des populations. Lequel est la cause de l'autre reste à démontrer, sans oublier des circonstances favorables à ces progrès. Une évolution climatique par exemple, de meilleurs échanges avec d'autres groupes facilitant la transmission du savoir...

L'avantage de la culture cumulative est qu'une innovation renforce les facteurs de son évolution, l'imprimerie permit la conservation et la diffusion du savoir, Internet joue un rôle identique, les réseaux sociaux permettent la création de groupes dont les individus sont éloignés les uns des autres.

Plusieurs sciences travaillent de concert pour comprendre ce qui favorisa la domination des sapiens, le scénario complet reste à écrire. Les secrets de notre histoire évolutive ne le resteront plus longtemps.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
commenter cet article
8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 08:00

DOSSIER pour la SCIENCE 92

 

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

Dans la tête de Néandertal

(Kate WONG)

 

Des métissages eurent lieu en Eurasie entre sapiens et Néandertal. Chaque eurasien actuel est porteur d'environ 2 % d'ADN néandertalien. En mettant bout à bout ces séquences, nous pourrions reconstituer 35 à 70 % du génome néandertalien.

Les recherches menées sur les facultés cognitives des Néandertaliens à partir de génomes suggèrent que certaines structures cérébrales étaient plus petite (aire de Broca ou amygdale cérébrale), ils auraient eux moins de matière grise et blanche, donc moins de neurones et de connexions.

Reste à confirmer ces conclusions, difficile sans Néandertaliens ! Il serait possible de ''néandertaliser'' des neurones humains actuels, et d'étudier comment ces neurones ''chimères'' conduisent les signaux électriques, migrent ou émettent leurs prolongements (axone et dendrites). Néanmoins lire dans l'esprit de Néandertal en observant ses gènes venus jusqu'à nous reste hypothétique, pour ne pas dire impossible. Comme le souligne John Hawks, université du Wisconsin, ''nous ne savons presque rien de l'influence des gènes sur la cognition néandertalienne, parce que nous ne savons presque rien de l'influence des gènes sur la cognition humaine [moderne]''. Mieux vaux se fier aux vestiges culturels retrouvés.

Des découvertes, dans les grottes de Gorham, Fumane, Los Aviones et Antón suggèrent qu'une pensée esthétique et abstraite a existé au sein des cultures néandertaliennes. Le site du Belvédère à Maastricht laisse supposer que les Prénéandertaliens s'ornaient le corps.

De multiples découvertes revalorisent nos cousins néandertaliens et dévoilent leurs capacités mentales, principalement d'abstraction et de pensée symbolique indispensable à une communication via le langage. La pensée abstraite serait apparue dans la famille humaine avant le dernier ancêtre commun à Néandertal et sapiens. Un motif géométrique fut découvert sur une coquille de moule gravée par un Homo erectus, il y a 500 000 ans.

La pensée symbolique ne peut être la seule explication du succès de sapiens, le savoir faire technique était indispensable. Les Néandertaliens possédaient des outils en os de cerf, pour travailler les peaux, ils torsadaient des fibres végétales pour en faire de la ficelle ou de la corde qui pouvait être utilisées pour confectionner filer, pièges et paniers. Ils ramassaient des plantes comestibles, panais et bardanes, des champignons, mais aussi du blé et l'orge sauvages, céréales qu'ils cuisaient pour les rendre comestibles, des tubercules et des dattes.

L'archéologie indique qu'en étant contemporains, sapiens et Néandertaliens se comportaient de façon identique, la disparition des premiers est d'autant plus intrigante.

Une explication serait que sapiens disposaient de plus d'outils pour une prédation plus efficace et auraient mieux exploité leur environnement que les autres.

Capacité d'innover, taille de la population, meilleure transmission des acquis, les qualités qui auraient permis à sapiens de s'imposer. Néanmoins les deux populations auraient cohabité près de cinq millénaires avant que les Néandertaliens disparaissent, il y a environ 39 000 ans.

Ainsi que le fait remarquer David Frayer, de l'université du Kansas : ''Toutes les formes vivantes disparaissent un jour, ce qui n'implique par nécessairement qu'elles soient stupides, inadaptées, ou culturellement incapables. C'est juste ainsi que les choses se passent''.

Il est probable que de nombreux facteurs ont concouru pour faire évoluer la population eurasienne après l'irruption des cultures sapiens, produisant une population hybride à très forte dominante sapiens. Où, quand, et quelle fut son ampleur, il manque beaucoup d'éléments pour en savoir plus. Il faudrait des fossiles des plus anciens sapiens eurasiens et de Néandertaliens tardifs permettant des études anatomiques et génétiques. 

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
commenter cet article

Présentation

  • : Lire au nid
  • Lire au nid
  • : Mes (ré)créations littéraires et photographiques.
  • Contact

Bienvenue...

Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

Rechercher

Pages