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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 08:34

Ai-je dormi si longtemps ? Quand j'ai rouvert les yeux la nuit était tombée, j'étais presque bien, allongé dans la boue, le ciel et ses étoiles me regardant, sans que je sache s'ils étaient amusés ou désolés. Combien de temps suis-je resté ainsi, les oreilles pleines encore de bruits, de cris, d'explosions, le corps frappé par les coups de fouets des obus tombant autour de moi ? Tout mon corps me faisait mal mais peu à peu la douleur s'est éloignée comme une maîtresse qui vous délaisse pour aller voir quelqu'un d'autre, et je sais que beaucoup d'amants attendaient, réclamaient, espéraient ses caresses, juste pour être certains d'être encore de ce monde.

J'ai pu me lever, lentement, alors que l'aube n'était pas encore là, en ces minutes dessinant un chemin entre le passé et le présent.

 

J'ai regardé autour de moi sans distinguer que des ombres plus denses que la nuit. Le silence m'entourait et bourdonnait dans mes oreilles comme si celles-ci subissaient les conséquences de la pluie de bombes subies.

 

Marcher fut difficile, chaque mouvement demandant toute ma concentration. J'ai essayé de me repérer, de voir quelque chose m'indiquant la direction à prendre. Au moins pouvoir différencier nos lignes et celles de nos ennemies. Mais tout se ressemblait, les arbres, enfin, ceux qui restaient, et puis le sol, la terre creusée, et ces odeurs de poudre et de sang se mêlant au brouillard qui en montait pour me tromper. Un suaire d'effroi, le monde refusant de voir encore ce qui se passait là depuis des jours, des semaines, des mois, depuis des milliers et des milliers de vies qui étaient tombé pour nourrir un sol qui n'en demandait pas tant.

J'ai pu avancer, lentement, mais malgré ma volonté j'étais immobile, retenu en cet endroit par une force implacable contre laquelle je ne pouvais rien.

 

C'est donc cela, la Mort, ai-je pensé, presque rassuré de n'être pas dans une de ces images que ma grand-mère me montrait pour me faire craindre l'Enfer. Puis j'ai compris, je ne pouvais m'y rendre, j'en venais. Ces semaines d'attentes, de combats, d'une peur acide me collant à la peau comme un vêtement humide dont je ne pouvais me débarrasser. Ces nuits à chercher le sommeil malgré les cauchemars qui revenaient sans cesse. Ces heures à parler avec les autres pour dissoudre l'angoisse. Ces secondes que mon cœur marquait avec violence comme s'il avait pressenti qu'il n'aurait plus longtemps pour faire son travail.

 

Et puis revint le dernier souvenir, l'assaut à donner, mes pieds qui glissent, mes mains qui tremblent. Je progresse comme je peux, lentement. Le bruit m'entoure, m'enveloppe, le jour n'est pas encore vraiment levé, un pas, un autre... la douleur me surprend, j'ouvre la bouche pour appeler mais aucun son n'en sort. Mes oreilles bourdonnent et puis le silence se fait, l'obscurité vint ensuite.

 

Le temps ne veut plus rien dire, je reste là, seul, me demandant si mes compagnons d'armes tombés au combat sont dans la même situation, chacun dans son univers, seul face à... mais face à quoi, à qui, à...

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Publié par Lee Rony - dans Lettres
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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 07:12

Je Lee entre vos lignes, pour utiliser un de ces jeux de mots que vous paraissez affectionner. Je sais à quoi vous rêviez et ce que vous êtes maintenant, une sorte de poupée de mots, ou une de ces boîtes qui font meuh quand on les remets droites après les avoir renversé. Je me moque ? À force de vous lire je prends vos tics, vos habitudes, l'élève copie son maître.

Du moins cela serait vrai si j'étais votre élève et vous un maître, ce que vous ne voulez pas être. Dans le cas contraire vous remarqueriez qu'en fait vous ne le pouvez pas. Je perçois votre frustration, feinte j'en suis sûr. Si vous vouliez... mais vous ne le savez pas, comme vous aimez à le dire, à le répéter. Les mots vous suffisent, l'imaginaire est l'univers dans lequel vos aspirations trouvent à s'exprimer alors que le réel vous semble inhospitalier.

Ce n'est pas mon cas ! Vous direz que je vous utilise, devine des aspirations que vous n'avez pas pour justifier les miennes en vous en imputant la responsabilité. Qui sait... après-tout qu'importe si je lis ce que vous n'avez pas écrit, ou pas voulu, consciemment, écrire. Vous m'offrez l'alibi dont j'ai besoin.

Le but de cette missive ? Vous dire que grâce à vous j'ai appris, compris. Je suis trop jeune encore malgré les idées qui m'envahissent et que, peut-être, j'évoquerais pour vous, par courrier. Je sais quoi faire, et surtout quoi ne pas faire, quelle logique est à l’œuvre chez moi, comme elle le fut chez d'autres. Pas de violence, exprimée, pas d'animaux torturés, rien qui dépasse, rien de visible... rien que des pensées que j'aiguise sur la meule de votre blog jusqu'à ce que je puisse agir, vraiment.

L'amusant est que vos visiteurs penseront que vous êtes l'auteur de ces lignes, quelque part ce n'est pas faux, n'est-ce pas.

Je vous dis à bientôt, sous quelle forme, ça... 

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Publié par Lee Rony - dans Lettres
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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 07:14

Monsieur,

 

Médecin traitant de M. Lee depuis longtemps je vous l'envoie afin que vous l'examiniez attentivement, je ne doute pas que vos conclusions rejoignent les miennes et que vous décidiez de le garder dans votre établissement, pour sa sécurité. Son inconscient semble prendre plus souvent qu'à son tour. Le fatras d'idées perceptions et émotions n'est pas contenu ainsi qu'il le devrait et souvent déborde et influe négativement sur son comportement. Quelques minutes d'observation suffiront pour corroborer ce que je viens de vous dire. Le refoulement chez lui n'existe quasiment pas, vous savez que dans notre société dire ce que l'on pense n'est plus possible et nous ramènerait au niveau de la bête que M. Lee avoue lui-même préférer, séquelle de sa jeunesse et d'une trop grande proximité avec des animaux, les humains s'étant éloignés pour des raisons qu'il ne m'appartient pas de vous révéler ici.

Le désir non maîtrisé ouvre la porte à la perversité et ce patient se complait à afficher une attitude choquante où le narcissisme domine un Moi fantomatique, restes d'une sexualité infantile qui jamais ne put, ne sut, atteindre l'âge adulte. Son idéal du Moi est un jouet qui le satisfait.

Jusque-là rien ne semble nécessiter un internement, pourtant mon expérience avec lui laisse entrevoir un psychisme dévoré de pulsions inquiétantes, de rêves de grandeurs, de croyances en une intelligence surhumaine, proche de la mienne, c'est vous dire son délabrement ! Il en vint même à affirmer que c'était mon Œdipe qui n'était pas résolu plutôt que le sien, vous comprenez à quel niveau il en est rendu ! Comme si moi je ressentais quelque angoisse de castration, régulièrement je vérifie que chaque chose est à sa place

Mais le pire c'est qu'il soutienne les thèses de Jung contre les miennes, proclamant que je ne vois que mon nombril et le minable appendice se trouvant en dessous. Comme si l'âme était mieux qu'une invention de mystiques ignorant les réalités de la science ; que nous disposions de capacités de compréhension dont MOI je n'aurais pas l'usage ! Le philosophe doit fléchir devant le savant, abdiquer ses illusions faute de finir comme Nietzsche, où ce patient qui en est la pale copie. L'esprit se penchant sur lui-même ignorant des avancées que nous proposons ne peut qu'avoir une perception erronée de sa nature. Au moins partagera-t-il avec son devancier une fin misérable, sinon pitoyable, mais logique au vu des élucubrations qu'il aura produit au long d'une existence qui eu au moins le mérite de nous aider à mieux comprendre les dévoiements engendré par l'ignorance. Heureusement nous sommes là pour remettre sur le droit chemin de la conscience les psychés risquant de s'en égarer. Ne pensons pas que toutes soient récupérables, à notre tour nous céderions au délire de grandeur dont, heureusement, je n'ai jamais eu à souffrir.

Méfiez-vous pourtant de sa faculté à embrouiller son interlocuteur par des raisonnements semblant sensés, sinon fondés, mais qui, à l'analyse, ne révèle que le puzzle d'une conscience soumise en son jeune temps à des contraintes qui la lézardèrent définitivement. Malheureusement il est la démonstration de nos limites. L'autopsie de son cerveau nous en apprendra beaucoup, veillez à le préserver.

Je ne doute pas, cher collègue, de votre accord plein et entier, je confie sur le champ ce courrier à l'homme en blanc qui vient me voir chaque soir.

 

Excellents articles également de Catherine et Denis, en plus de celui de Heide bien sûr, à découvrir en cliquant sur le harfang.


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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 06:07

 

À moi...

 

Pour produire un texte amusant, il convient de prendre de bons violons d'ingrédients. Un grand verre de placide sulfurique dont Chimène n'aurait badie qu'il était trop chaud, un zeste malheureux, de déconfiture, à l'orange, si le canard n'a pas tout mangé.

 

Portez à ébullition puis rajoutez le riztuel d'envoûtement, avant de laisser l'effet se faire. Réunissez vos amis travestis que les locaux motivent dans un arrière train avant qu'il ne siffle 3 fois.

 

Et la licorne arrivant soudainement au milieu vous indiquera la direction à prendre, celle d'Helsinki, tout double, où le lait froid ne trouble personne. Si malgré vos efforts, nul ne s'esclaffe c'est que votre plat est indigeste et votre humour moribond. Restez stoïque, bredouillez quelques excuses en finnois, de Grenoble. Avant que votre cerneau ne brou du noir, roulez en boule votre essai calamiteux, jetez-le dans la poubelle... et arrêtez de cassez les urnes de vos auditeurs !


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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 05:54

Chère folie... Non, chair, chaire... vois-tu à force de manipuler les mots je ne parviens plus à savoir ce que je veux écrire, à l'image de la confusion qui règne dans mon esprit. Après tout c'est à toi que j'écris et tu symbolise si bien tout cela. Du moment où apparaît le premier mot ceux qui suivent me poussent dans une direction inattendue.

Onéreuse, l'es-tu ? Par l'argent que je n'ai pas gagné à cause de toi, d'un autre côté en annihilant mes ambitions tu en supprimas le besoin ; chair ? Oui, sans toi je n'aurais que le squelette de la banalité, les muscles des habitudes et des pensées bornées par les contraintes du quotidien. Chair ? Illusion ! Ceux qui te voient ainsi sont emporté par des idées qu'ils ne comprennent pas, quand bien même seraient-elles entendues par des foules innombrables ne les comprenant pas davantage. Après tout être entendu n'est pas dans mes ambitions. Être audi(a)ble ne le fut pas mais tu sus prendre l'aspect qu'il fallait afin que je tendisse l'oreille...

 

Une fois de plus ma volonté ne maîtrise pas mes doigts, dire que j'en suis dépourvu est une vérité que l'aveu n'efface pas. Est-ce ta façon de te jouer de moi une fois encore de m'interdire d'écrire ce que je veux, à quel point je t'en veux de n'avoir pu m'emporter. Ceux qui partagent mon expérience comprendront pourquoi ce n'est pas l'inverse, les autres sont des spectateurs et leur opinion est à l'aune de leur expérience.

 

J'ai l'image d'Achille plongé par Thétis dans le Styx, quelle main me tint-elle en m'immergeant en toi, pour quelle raison, si j'ose dire. Quel intérêt avait-elle à me laisser une aptitude à percevoir le réel, jeté en Toi j'aurais évité errements et souffrances... vois-tu combien j'ignore où je vais, t'imputant la responsabilité totale je découvre mon erreur en me lisant, encore que ce ''me'' vient-il d'une région inconnue, fantôme d'un égo geôlier retenant l'esprit dans la cage rassurante de la médiocrité, prison minuscule pourtant capable de contenir des milliards d'individus, il est vrai que, zéro, quelque soit son multiplicateur ne change pas de valeur. Une façon de m'amener à réaliser sinon où je me trouve, du moins où je ne me trouve pas.

 

Par-ci, par-là, sont jetées, gravées, dessinées, murmurées... les indications attendant de me guider.

 

Si ni la folie ni la connerie ne se perchèrent sur mon berceau, alors qui ?

 

Ou quoi ?

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 07:48

 

 

Encore LEE, encore des mots qu'il me faut vous adresser.

Du fond de ma geôle je vous entends et sais quelle difficulté votre main ressent de ne pouvoir écrire ces mots sans vous dissimuler derrière moi.

 

Moi, au final est-ce un mot dont vous comprenez le sens sans le ressentir, dissimulé que vous êtes depuis si longtemps derrière des attitudes, des noms même sans qu'aucun vous ressemble, ou soit capable de dessiner le fantôme de ce que vous devriez être, de ce que vous ne serez jamais.

Un spectre, n'est-ce pas le terme qui vous convient le mieux ? Qui sait si la mort que vous sentiez proche ne le fut pas plus que vous le pensiez, plus que son souffle c'est sa morsure qui vous réveilla. Comment se fit-il qu'elle ne vous emporta pas, entièrement ? Quelles capacités, quelles forces, firent que la folie à son tour dut reculer, amantes acharnées dont les étreintes, peut-être, se combinèrent, s'équilibrèrent, si bien que, contre toute logique, vous restez lucide, écoutant les échos sans fin de cris qui, s'ils sont de souffrance, n'en sont pas moins la matière qui vous constitue.

Que disiez-vous cette après-midi ? Vous comparant à un sculpteur, à coup de mots vous tentiez de faire naître, de trouver, dans une masse minérale une forme l'attendant. La difficulté à continuer venant de ce que vous vous approchiez du but, de l’œuvre dissimulée.

Les milliers de pages épandues autour de vous sont les éclats de peur, d'angoisse, de pulsions archaïques, contre lesquels vous deviez lutter, chacun volant un peu de votre vie.

Travaux forcés ? La comparaison est juste, qui peut rester face au vide qu'il surplombe sans céder au vertige ?

Pas même vous ! LEE, pas même vous, ni moi, ni aucun de ceux qui vous procurèrent l'illusion d'exister.

L'effroi qui vous envahit désormais n'est-il pas fruit de l'absence qui s'annonce, la sensation qu'il n'y aurait en vous qu'un vide immense. Comme tant d'autres finalement, une vie se résume à parcourir un bout de chemin en imaginant une inaccessible destination.

Ces mots ne sont qu'un lambeau de plus arraché au temps, combien encore jusqu'à ce que vous trouviez... ce qui vous attend ?

Combien...

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Publié par Lee Rony - dans Lettres
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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 07:01

 

Lee, LEE ! ! !

Enfin ! M'entendre est de plus en plus difficile n'est-ce pas ? Chaque pas, chaque page, devient plus difficile à mesure que baisse la lumière. Les mots tombent en cendres quand vos pensées veulent les utiliser, trop faibles pour construire mieux qu'une image floue. Vous voulez plus de précision, êtes vous capable d'employer des termes plus précis, de simplement comprendre ce qu'ils signifient ?

 

Souvenez-vous de cet escalier qui au travers du minéral descendait dans une rassurante obscurité vers une entité que vous imaginiez lovecraftienne pour vous facilitez la tâche, mimant l'incompréhension, faisant au mieux avec vos moyens de l'époque. Désormais vous voyez au travers des mythes sachant qu'ils ne sont que des masques ramenant l'horizon du réel à la portée de l'esprit qui se risque à le contempler. Simple de se moquer, de dire que... de prétendre que... mais le sol de la curiosité est rempli de pièges, que vous vous y enfonciez, qu'il exhale des senteurs attirantes d'instincts archaïques et combien d'autres, à la mesure de vos perceptions.

 

Je me moque, gentiment, en vous incitant à écrire vos pensées afin de, peut-être, les surpasser. Le chemin est menaçant parcouru les yeux ouverts et la forteresse qui vous attend sera peut-être vide, qu'importe puisque c'est Elle qui est votre but. Ne perdez pas de temps en cherchant dans des milliers de pages une rencontre impossible avec un nautonier qui vous mènerait droit à la solution. Ce rôle n'est pas mien, peut-être sera-ce le vôtre, et si vous vous perdez en route d'autres pourraient profiter de vos erreurs.

La proximité de la banalité est rassurante, c'est une mère morte et le froid diffusé par sa main est apaisante, je sais, nous le savons, nul guide ne vous attend, les ténèbres sont angoissantes, raisons de plus pour avancer.

 

 

Non ?

 

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Publié par Lee Rony - dans Lettres
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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 07:40

Monsieur,

 

Jugez vous mon étonnement quand, de l'Enfer, je vous découvris par vos premiers textes dont vous conviendrez qu'ils n'étaient que l'esquisse de celui que vous êtes aujourd'hui.

 

Votre esprit sarcastique est nourri de la lucidité, cette compagne de l'intelligence dont si peu ont à souffrir. Comme moi vous savez que l'une et l'autre donnent envie de se moquer, cela est si facile, mais aussi, si vain...

 

Vous me rappelez mon personnage, mon, moi, entre l'un et l'autre la différence soit verbal. Ce Dorian Gray fut la marionnette par laquelle je pus vivre ce que la réalité ne m'aurait offert qu'en échange d'un prix exorbitant. Vous direz que celui que je dus acquitter, en partie par ma faute, ne le fus pas moins, mais, écrivant j'ignorais l'avenir, et, engeôlé, reculer dans le temps m'étais impossible.

 

Oui, j'aurais pu l'appeler ''Le portrait de Dorian LEE'', cela aurait surpris bien davantage. Comme lui, et moi, c'est par les mots que vous commîtes – commythes - des actes qui auraient détruits votre esprit.

 

Un talent ne devrait pas être source de vantardise, une mouche se rengorge-t-elle de pouvoir marcher au plafond ?

 

La comparaison vous amuse je le devine.

Mais trêve de billevesées, j'use de votre temps alors que le mien ne m'est pas compté.

Dorian est un personnage qui me ressemble et son portrait est cet impossible que l'on souhaite parfois, vous peignez par les mots une laideur que vous ressentez. Vous me faites penser à un assemblage de photos différentes qui avec du recul forme un visage.

 

Prenez de la distance Lee, vous pensez cela difficile, en sachant que cela ne l'est que parce que vous le pensez, une manipulation mentale qui vous ressemble tant.

 

Les poupées ruses s'imbriquent mais le plus facile serait de les briser toutes pour trouver le réel qu'elles recèlent.

N'attendez pas une main secourable, elle vous entraînerait sur le mauvais chemin.

 

Dorian Wilde

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Publié par Lee Rony - dans Lettres
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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 06:52


Lee

 

Difficile n'est-ce pas ! Moi qui te vois cheminer maladroitement, osciller entre de contradictoires états d'esprits je compatirais si j'étais capable de sentiment. Il n'en est rien sinon mes lettres ne t'intéresseraient pas. Tu te dis sulfurique mais reste sensible, le déplorer n'y changera rien.

 

Je regrette presque mon manque d'empathie, je partage tes tourments sans les ressentir, ce serait une expérience sinon enrichissante du moins intéressante. Qu'ai-je à faire d'autre ici que penser, que vivre par les souvenirs de ce que ''je'' fis ou subis et plus encore de ce que ''je'' ne fis pas !

 

M'enviez est un vœu pieu, aurais-tu le choix que tu resterais à ta place. À quoi bon dire ''si on m'avait demandé mon avis...'', ''si j'avais su...'' ! Parties mentales que tu ne disputeras jamais, tu joues seul sur un échiquier vide. Jamais tu ne prendras ma place, c'est une situation qui se découvre mais ne se décide pas, même pour toi !

 

Le temps éteindra-t-il ta réceptivité... Devenir une machine n'est pas plus permis que sombrer, sciemment, dans la démence. Le regretter est si banal que cela est indigne de l'idée que tu te fais de toi-même. Peut-être celle-ci est-elle fausse, ou pire, peut-être...

 

Il s'en fallut de peu penses-tu ? Et alors ? Fermer les yeux et s'imaginer à ma place est une chose, les rouvrir et découvrir que ce n'était pas un fantasme, croix-moi, c'est différent ! Là où je suis les murs ne sont pas doux, mais froids, aucune fenêtre ne donne sur un décor bucolique, les cris que j'entends sont ceux retenus, jadis, les fantômes qui, finalement, sont ta nôtre ''famille'' la plus proche.

À bientôt...

 

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Publié par Matricule 138 - dans Lettres
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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 09:25

 

Lee

 

Permettez-moi aujourd'hui de supprimer le monsieur, je sais qu'il induit une distance que vous n'aimez pas mais surtout qu'il vous donne un statut qui vous met mal à l'aise. De même que mes courriers, c'est pour cela que vous mettez du temps avant de me lire, sachant que je ne peux vous écrire de nouveau qu'une fois ma missive précédente éditée. Tant de choses vous sollicitent, que vous laissez faire, alors que moi j'ai du temps, pour réfléchir, pour esquisser des phrases, les corriger encore et encore jusqu'à ce que mes mots conviennent à mes pensées. Ce qui ne veut pas dire que ces dernières soient compréhensibles, je sais pourtant que malgré mes tours et détours, ou peut-être grâce à eux, vous comprendrez ce que je veux vous dire.

 

Je perçois vos pensées, cet état d'apnée mentale dans lequel vous vous complaisez depuis quelques temps, explication possible de ce peu de temps que vous m'accordez alors que je ne cherche qu'à vous aider... comme si cela accentuait vos difficultés !

 

En matière de bête, celle qui est en vous tiendrait plutôt du pois(s)on rouge, celui dont la mémoire ne dépasse pas 2'', ainsi peut-il tourner en rond sans s'ennuyer dans son bocal, comme vous le faites, si ce n'est que vous imaginez plutôt une cellule. Mais le danger, s'il existe, et je pense comme vous que c'est le cas, ne peut venir que de l'intérieur, qu'importe la hauteur de vos remparts, l'épaisseur de la porte et la taille des verrous.

 

Une mor(t)sure que vous ne soignez pas s'infecte, celle dont vous portez les traces vous inocula cette rage qui faillit vous emporter et dont vous mîtes tant d'années pour vous remettre. Que vous craignez de revivre les tourments qu'elle vous causa est compréhensible mais infondé, n'est-ce pas ?

 

Vous qui aimez jouer avec les mots, les démembrer jusqu'à ce qu'ils perdent leur sens, ou que vous oubliiez les vôtres, que feriez-vous avec encrage, ces mots qui vous retinrent, tenant en laisse cette virulence par ailleurs salvatrice ? Je manque de votre maîtrise stylistique pour m'exprimer clairement comme vous manquez de force mentale pour avancer sur la voie ouverte devant vous.

 

Égalité pourrait-on dire...

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Publié par Matricule 138 - dans Lettres
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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