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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 08:00

Un corps est étendu depuis bien trop longtemps,

Lui-même a oublié la date de sa chute ;

Il croyait au bonheur, se ressentait vivant

Avant d'avoir compris contre quoi il lutte.

 

Les sensations en lui semblent contradictoires,

Entre envie de bouger et celle de dormir,

Une essayant encore de faire et de vouloir,

L'autre estimant venue le moment de mourir.

 

De partout accouraient, par l'odeur attirés

Insectes archaïques et vers débilophages

Soucieux de s'installer dans ce corps putréfié

Pour y proliférer, affamés et sauvages.

 

La vie est faite ainsi que la mort la nourrit,

Les parties nécrosées vont être digérées,

Puis être recyclées, transformées elles aussi

Rejoignant le présent pour feindre d'espérer.

 

La charogne pourtant redoute l'invasion,

Ne se comprenant plus, redoutant l'avenir,

Tout paraît effrayant, riche en désillusion,

Sans qu'elle sache apprécier le meilleur ou le pire.

 

Les choses sont ainsi, les contraires se complètent

Sans que pions et sujets aient besoin de comprendre.

Ils agissent et subissent, de victoires en défaites,

Ignorant l'avenir qui pourrait les surprendre.

 

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 07:12

Une fourmi bleue s'en allait par les sentiers

Regardant alentour, paysages et passants,

Préférant aux seconds admirer les premiers,

Ainsi pourrait-on dire qu'elle se méfiait des gens.

 

Pour elle une fourmi se devait d'être bleue,

D'une jolie couleur, unie et sans nuance ;

Pas question d'accepter des tons moins harmonieux,

Trop ternes ou trop brillants, le banal, pas l'outrance.

 

Elle se satisfaisait de quelques amitiés,

Fourmis à son image, affichant l'élégance

D'un passé poussiéreux qu'elle aurait oublié

Si le présent avait de plus douces fragrances.

 

Un jour pourtant survint une arrivante étrange,

Identique à elle-même et pourtant différente.

Affichant sans vergogne la preuve d'un mélange,

Une verte couleur qui évoquait la menthe.

 

''Qui es-tu, que veux tu ?'' demanda la première,

''Toi qui n'est pas d'ici, tu n'y a pas ta place.

Où est ton intérêt de passer la frontière,

Nous n'avons pas besoin des êtres de ta race''.

 

L'autre la regarda en gardant le silence,

Ses yeux étaient brillants, entre rage et mépris,

Affichant sans trembler une froide arrogance,

Et la curiosité de qui n'a rien compris.

 

La fourmi bleue se tut, et puis elle approcha

Jusqu'à réaliser qu'elle était abusée

Par un miroir moqueur simplement posé là,

Une couche de spore alterant son reflet.

 

La différence alors peut naître de l'erreur,

D'une interprétation faussée par un mensonge,

Une hallucination, la croyance ou la peur.

La vérité est un toxique qui nous ronge.

 

Est-ce autrui que je crains où moi-même que je fuis,

Me cachant sous la peur car c'est moi l'étranger.

Se connaît-on soi-même, puis-je voir qui je suis ?

Se fait accusateur qui veut s'innocenter.

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 09:00

Quand le Hollande vit l'Obama

Qui lui parut grand et costaud.

Il se dit que lui était trop raplapla,

Jaloux, se rengorge, se goberge et se voit beau,

Pour copier son partenaire,

Coassant ''Toi et moi sommes frères ;

Vois mes biceps, j'égale ta carrure ?

- Pas encore. - Maintenant ? - Oh non. - Est-ce cela ?

- Tu en es loin.'' L'infime créature

En fit tant qu'il éclata.

Ainsi les politiciens se veulent intelligents :

Le conseiller espère devenir maire,

Le moindre élu se veut parlementaire,

Le ministre se voit président.

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 06:07

Le gerfaut planait, penaud,

En cherchant sa nourriture,

Pas question qu'un escargot

Fut suffisant pour sa pâture.

 

Il ne pouvait rentrer au nid

édifié sur une vieille patère,

Sa femelle lui aurait dit :

''Ce n'est point là ce que j'espère !''

 

En survolant un caniveau

Dans lequel dormait une bouilloire

Il lui vint au cerveau

Que le futur est illusoire.

 

Aussi haut qu'on puisse aller,

Vient toujours l'heure ou les ailes,

Au poids des ans devront céder,

Que l'on fut rapace ou hirondelle.

 

Si de la pluie de souvenirs,

Ne survivent que des moments,

Un scarabée pourrait lui dire :

« Vous voliez... Et bien marchez maintenant !''

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 06:07

''Le destin joue aux dés, distribue les talents

En les accompagnant de cent malédictions,

Le meilleur est celui qui peut résister aux tourments,

S'en nourrir, s'abreuver du lait de la Passion.''

 

Combien de temps l'esprit pourra-t-il supporter

De si violents sursauts, tempêtes et séismes,

Ébranlant les instants qui l'ont constitués,

De son être annonçant l'inévitable schisme ?

 

''N'est-ce pas la rançon de qui peut voir au loin,

Dont le regard plongeant au travers de ses failles

Jusqu'au commencement, en devient le témoin,

Le spectateur conscient d'être au cœur des batailles.''

 

''Je suis donc la lumière et toi ce qu'elle révèle...

C'est bien son baratin : des mots pour dessiner

Le possible en entier, de l'enfer jusqu'au ciel.

Ambition hors de prix qu'il croit sa destiné''.

 

Ainsi dirait-on de la cause et de l'effet,

Vouloir les séparer sans détruire les deux

Est un vœu que n'exauceront aucune fée,

Un rêve irréaliste et un affront aux dieux.

 

Ainsi tourne la pièce et nous la regardons,

Pile et face à leur tour paraissant devant nous ;

Bien et mal, jour et nuit, la rancune et le pardon,

Sans contraire il n'est rien. Je suis génial et fou !  

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 06:07

Je me plais à chercher quel serait votre choix.

Le deviner ne me semble pas difficile,

Vous craignez de regarder mais sans savoir quoi,

La source de la peur est rarement hostile.

 

''Serions-nous là pour tester la valeur des âmes,

Renvoyant les plus faibles à l'enfer des instincts,

Ce monde souterrain où des fleuves de larmes

Retiennent dans la nuit qui se noie le matin ?''

 

C'est toi qui as raison, nous sommes sélectifs,

Montrant la vérité même à qui s'en effraie.

Les égos survivant seront les moins chétifs,

Qu'un seul soit dans ce cas cela nous conviendrait.

 

''Crois-tu que quelque part cet homme nous attende,

Dans la peur et le froid, tourmenté et rageur,

Endurant le martyr et quand ses bras se tendent

Ne trouve à l'embrasser que le vide moqueur.''

 

Son sort serait cruel de voir dans les ténèbres,

De surplomber l'abîme et de n'y point tomber.

Nous sommes ce Janus que souvent il célèbre,

Ses raisons de chercher pourquoi il peut hurler.

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 06:07

Quand la lucidité fit face au désespoir

Elle eut cette impression d'affronter son reflet,

La première est matin, l'autre survient le soir,

Tous les deux réunis ils forment un jour complet.

 

''Il ne t'est pas permis de te passer de moi,

Une pièce se doit de posséder deux faces,

Deviendras-tu manant ou resteras-tu roi,

Tu ne peux rien changer quelque effort que tu fasses.''

 

Ainsi dirent-ils en chœur faisant démonstration

Que l'on peut n'être qu'un alors qu'on semble deux.

La luminosité tue l'hallucination,

En immergeant l'esprit dans un réel affreux.

 

Qu'il est doux de rester confit en ignorance,

Dans une obscurité ressemblant au néant,

Entouré des spectres de la foi ou croyance,

Esprit regrettant de n'être plus un enfant.

 

Quand le second effraie éteindre la lumière

Semble la solution à toutes préférable.

Est-ce être encore en vie ce retour à la pierre

Faisant de la conscience un costume du diable ?

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 07:17

L'un est effrayant de par son apparence,

L'autre est inquiétant, par son intelligence.

Tous les deux montrés pour trop de différences.

 

Heureusement vous, en cette circonstance,

N'êtes concerné par aucune occurrence,

Par défaut, j'avoue, de la moindre excellence.

 

Je me suis cru le second dans mon enfance,

Esprit halluciné par l'omnipotence,

Cherchant la trace de sa propre existence.

 

C'est le premier qui me fit la confidence,

Qu'il est vain de vouloir de l'importance,

Que l'illusion est indigne de confiance.

 

Chacun à son tour proposa une alliance,

De m'entraîner pour une savoureuse errance,

Attendant qu'en fin vienne la délivrance.

 

Je suis aucun des deux, pure invraisemblance,

Chimère fuyant sa curieuse ascendance.

Aucun mot ne peut donner vie à l'absence.

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 06:19

Un slogan en chemin tout d'un coup rencontra,

Contre un mur appuyée une femme attendant.

''Qui es-tu, que fais-tu, pourquoi restes-tu là,

Alors que vient la pluie et s'annonce le vent ?''

 

''Je regarde un homme et lui fait des promesses,

Nous pourrions, s'il voulait... y croire un court instant.

Je fais à ta façon, des nichons et des fesses,

Le client perd son temps mais aussi son argent''.

 

''Crois-tu que je ne sois qu'un argument trompeur,

Destiné à duper des clients un peu cons ?

Ne le sont-ils pas tous, si l'on vise le cœur.

À n'importe quel endroit s'ils croient que c'est bon ?''

 

Des mots sont murmurés. L'apparence est trompeuse,

L'arnaqueur à son tour se fera entuber.

Le troupeau assoiffé d'illusions fallacieuses

Feint de croire qu'en payant le rêve devient vrai.

 

Voir la réalité serait insoutenable

S'il n'y avait le fard, le faux et l'artifice ;

Fugace est le plaisir mais il rend supportable

D'avoir pour habitat un paradis factice. 

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 07:07

 

Le Pire, sur l’Élysée perché,

Gardait dans sa gueule le pouvoir.

Maître Lenvieux, par l'ambition poussé,

Se dit qu'il pourrait bien l'avoir.

« Hé ! Là-haut, vous qui êtes le Pire.

Il est temps de pousser ton dernier soupir !

Sans en rajouter, faut faire un gommage

Vous semblez plus que votre âge,

Vous avez déjà fait votre lot d'erreurs. »

Le Pire entendant ça lui fit un doigt d'honneur ;

Et pour gagner les élections,

Fit plus de cent propositions.

Lenvieux, démagogue à son tour lui dit :

« D'autres ont aussi des envies,

Vous vous êtes bien gavé

À mon tour d'en profiter. »

Le Pire cria que le fromage,

N'est pas quelque chose qui se partage,

Et qu'il ferait plus que le maximum,

Pour ne pas devoir céder sa tomme.


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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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