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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 08:00

Science & vie – HS spécial Extra Terrestres 2016

 

Pourquoi ne nous ont-ils pas encore contactés ?

Pierre-Yves Bocquet et Mathilde Fontez

 

Du paradoxe de Fermi à l'équation de Drake, la question reste : pourquoi n'avons-nous trouvé aucune preuve d'une civilisation intelligente ?

''Vu le nombre d'étoiles et de planètes composant notre galaxie, il est probable qu'existent ailleurs des civilisations intelligentes mais alors pourquoi ne les avons-nous jamais trouvées ?'' Ainsi s'exprimait Enrico Fermi lors d'une discussion à la cafétéria du Laboratoire national de Los Alamos. Bizarrerie logique peut-être, le fait pourtant est qu'aucune trace avérée de vie n'est encore, officiellement, découverte. Vu son jeune âge,4,5 milliards d'années comparé à celui de l'Univers, le triple, une multitude de planètes pourraient avoir été le berceau de civilisation plus anciennes, et, donc, plus évoluées que la nôtre. En 1961, le jeune radioastronome Frank Drake formule le problème sous la forme d'une équation ainsi formulée : le nombre de civilisations capables de communiquer par radio est égal au nombre d'étoiles formées par unité de temps, multiplié par la fraction d'étoiles dotées de planètes, multiplié par le nombre moyen de planètes autour de chaque étoile, multiplié par la fraction de planètes où la vie se développe, multiplié par la fraction de plantes où la vie intelligente se développe, multiplié par la durée moyenne durant laquelle une telle civilisation est capable de communiquer.

Soit N=R* x fp x ne x fl x fi x ft x L.

''Cette équation n'a pas vocation à donner un résultat fiable. Elle a le mérite de synthétiser le problème et d'aider à la réflexion'', résume Florence Raulin Cerceau, du Muséum national d'histoire naturelle, chercheuse en histoire de l'exobiologie au Centre Alexandre-Koyré. En effet, les termes de l'équation ne sont pas tous connus.

En 2002 Stephen Webb lista les réponses possibles, il en dénombra 50. La première étant qu'ils n'avaient jamais existé. Parmi les autres il y a qu'ils l'ont fait mais que nous n'avons pas détecté leur message ; qu'ils attendent que nous soyons prêts, que nous ayons résolu les plus gros conflits de l'humanité (le risque d'apocalypse nucléaire ou environnementale) ; qu'ils n'ont pas encore réussi à venir jusqu'à nous, la distance et le danger d'un voyage aussi long l'expliquant, à moins qu'ils n'arrivent bientôt ; qu'ils sont morts avant de pouvoir le faire, par suite d'un conflit, d'épidémies ou autres incidents fatals ; qu'ils sont vivants, mais pas intelligents [au sens ou nous l'entendons!] ou bien encore, et c'est la plus plausible : ils n'en ont pas envie.

Ainsi que le fait remarquer Franck Selsis : ''On peut se demander s'il n'y aurait pas finalement plus à apprendre de l'exploration des univers virtuels que de la conquête spatiale''.

 

Tentons-nous de communiquer avec de vulgaires vers de terre ?

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 08:00

Darkest Fear - Harlan Coben – Fleuve Noir – 2009 – traduction de Paul Benita

 

Myron Bolitar mâche sa pâtisserie, et qu'importe si elle a l'aspect, et le goût, d'un pain détartrant pour urinoir. À la demande de sa mère il répond que c'est pas mal. Elle lui rétorque qu'un fils d'avocate devrait savoir mentir. Son père ignore qu'il est là, il est un peu en avance, et s'occupe dans la cave avec son nouvel ordinateur. Il discute sur la toile avec des inconnus quand il n'est pas occupé à taper ses mémoires. Myron regarde cette maison où il grandit et qui est en vente. Il est sur le point d'en discuter avec sa mère quand son portable résonne. Il reconnaît la voix de son associée, Esperanza Diaz qui lui affirme qu'ils sont dans le caca. Elle l'avertit qu'une ancienne maîtresse a appelé, Emily Downing, affirmant qu'elle devait voir Myron. Celui-ci préférait l'éviter.

Myron et sa mère sortent, remontent la rue en discutant. Elle lui avoue que son père a eu un infarctus, qu'il vieillit, comme elle, comme lui, comme tout le monde.

En revenant il aperçoit son père sur la pelouse, en grande discussion avec Emily Downing. Elle finit par le convaincre de l'écouter autour d'un café, en souvenir du ''bon'' vieux temps. Elle lui parle de son fils Jeremy, atteint d'une maladie nécessitant une greffe de moelle : l'anémie de Fanconi, vite, et d'un donneur compatible qui a disparu. N'a-t-il pas été dans une situation semblable et sut-il retrouver le donneur ? Myron n'est pas chaud, pour le convaincre Emily lui révèle que Jeremy est son fils. Ce que son ex mari, Greg Downing, ignore.

 

Finalement il ne peut refuser d'aider Emily.

Ce qui ne l'exonère pas de s'occuper de son affaire de management sportif. Il faut bien vivre.

 

Le lendemain il a rendez-vous avec le Dr Singh qui s'occupe de Jeremy, en attendant il demande à un ami, Win, de faire quelques recherches sur les dossiers des donneurs. En arrivant à son rendez-vous il s'aperçoit de son erreur, c'était La Dr Karen Singh, alors occupé à guider un troupeau d'internes dans un couloir. Myron veut tout savoir sur la maladie, la greffe, la détection du donneur adéquat, le prélèvement, sous anesthésie, la chimio pour le receveur. Il en vient à l'interroger sur l'indisponibilité du donneur repéré.

 

Pour avoir des indications sur celui-ci il faut pirater le serveur central du service de santé. Ça devrait être possible, et ça doit l'être. Myron est imaginatif quand il est motivé.

Mais avoir un nom et une adresse n'est qu'un point de départ. Et une destination à laquelle Myron va se rendre, avec Greg. N'ont-ils pas un but commun et des motivations similaires ? Sur place ils ne trouvent qu'un vieil homme qui attendait Daniel et ne connait aucun Davis Taylor, il ne se souvient même pas que le centre de moelle osseuse l'ait contacté. Mais l'a-t-il fait ?

 

Davis Taylor n'apparaît que comme titulaire d'un compte en banque avec 200 dollars, aucune trace d’impôts, de permis de conduire, pas même de numéro de sécu. Une fausse identité donc. En fouillant plus loin un autre nom surgit, celui de la famille de Raymond Lex. Auteur à succès, d'un seul ouvrage, dont l'héritage, colossal, fut complexe. Un autre enfant, dissimulé mais revenant au grand jour, pourrait compliquer les choses. Logique qu'il préfère la discrétion en regard des sommes en jeu son avenir pourrait être compromis, ce qui rend d'autant plus étonnant son inscription au registre des donneurs.

 

Et son appel à Myron pour lui dire, et lui répéter, de semer les graines. Il fallut que Myron l'appelle par son véritable nom, Dennis Lex, pour le retenir et lui proposer une rencontre. Dennis/Davis accepte, à une condition : qu'il n'oublie pas de semer les graines et dire une dernière fois au revoir au garçon ! Il n'empêche, Myron et ses partenaires veulent en savoir plus. Pourquoi ne pas utiliser le Net, en tapant semer les graines. Il obtient de nombreux résultats, et à la troisième page trouve un article intitulé PEUR NOIRE, signé Stan Gibbs, éditorialiste bien connu, autrefois, qui avait signé des papiers sur un kidnapping. Le kidnappeur avait pris contact avec lui et avait affirmé que parfois l'argent servait à semer des graines. Ce qu'il essayait de faire ! Plus loin il expliquait que semer des graines revenait à donner de l'espoir, puis à l'enlever, lentement. Toute l'entrevue du kidnappeur montrait qu'il souffrait de graves troubles psychiques. Il apparut finalement que la série d'article ressemblait trop à un roman policier paru des années plus tôt et Gibbs pris un ''congé sans solde'', façon polie de dire qu'il avait prit la porte.

Myron commence à tenir quelques fils et entend bien les tirer pour voir ce qu'il récupère, si vous voulez en savoir autant que lui, et que moi, vous savez ce qui vous reste à faire.

Aussi étrange que cela paraisse c'est le premier roman de Harlan Coben que je lis, mais pas sa première histoire mettant en scène Myron Bolitar et ses amis, Windsor Lockwood, heureusement surnommé Win, et Esperanza Diaz. Trio de personnalités complémentaires et charismatiques. Un seul livre ne suffit pas à juger un style mais à savoir si on l'apprécie. C'est mon cas. Fluidité, rythme, humour et imagination, tétralogie gagnante.

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 08:00

Science & vie – HS spécial Extra Terrestres 2016

Pierre-Yves Bocquet

Autrefois moquée la recherche d'autres formes de vie fait désormais consensus dans la communauté scientifique et inspire de grands projets chez les agences spatiales.

L'humanité est à l'aube d'une nouvelle ère : celle de la découverte d'une vie quelque part dans le cosmos amenant une révolution sociologique, scientifique et philosophique résumé en quelques mots : ''Nous ne sommes pas seuls.''

Jadis la majorité des scientifiques était hostile à cette recherche. Comme le souligne Florence Raulin Cerceau ''Le changement de mentalité est évident. Jusque dans les années 1990 les recherches sur la vie vie extraterrestre relevait de la fable et ceux qui y participaient n'en parlaient pas.'' ''Les chercheurs travaillant sur ces sujets étaient pris pour des farfelus'' complètent Franck Selsis. C'est lui qui fut l'auteur d'une des premières thèses, en 2000, sur l'exobiologie. ''La possibilité d'une origine exogène de la vie amenait l'hostilité des chimistes qui la trouvait trop exotique.'' À l'époque, travailler sur ces sujets était comme chercher des petits hommes verts. La science a créé les conditions de son revirement. La découverte de milliers d'exoplanètes a changé la façon de percevoir ces sujets. D'importants moyens financiers et technologiques sont engagés pour chercher une forme de vie non-terrestre. ''Nous savons où et comment chercher et nous disposons de la technologie nécessaire'' confirme Ellen Stofan, de la NASA. Parallèlement la science découvre des objets célestes proches qui présentent ou présentèrent, des conditions favorables à l'apparition de la vie.

De plus les biologistes découvrent l'étendue des métabolismes des êtres extrêmophiles. Preuves que la vie peut apparaître dans des milieux autrefois considérés comme stériles. Pour Franck Selsis ''les extrêmophiles, c'est presque comme si on découvrait des extraterrestres sur Terre.'' L'exobiologie rassemble aujourd'hui des biologistes, des astrophysiciens, des géologues, des planétologues... même si les biologistes pensent l'apparition de la vie très complexe.

Aujourd'hui des scientifiques autrefois réservés sont devenus les défenseurs de cette recherche, comme Stephen Hawking qui pourtant en 2008 ironisait ''malgré des recherches extensives nous n'avons pas capté de jeux télévisés extraterrestres. Cela indique qu'il n'existe aucune civilisation extraterrestre à notre stade de développement.'' 7 ans plus tard le même Hawking a soutenu le lancement du Breakthrough Listen, un projet ambitieux de recherche de vie extraterrestre.

La découverte d'une forme de vie extraterrestre est largement admise, reste à savoir quelle serait sa forme. Entre la bactérie et une civilisation plus évoluée que la nôtre, l'espace est large. Si la première semble probable, la seconde ne l'est pas.

Comme le dit Stephen Hawking ''Dans un univers infini, il doit y avoir d'autres traces de vie. Quelque part dans le cosmos, peut-être, une vie intelligente regarde ; de toute manière, il n'est pas de plus grande question. Il est temps de s'engager à trouver la réponse, de rechercher la vie au-delà de la Terre. Il faut que nous sachions.''

Métrodore de Chio, au IVe s. avant notre ère, disait déjà que ''considérer que la Terre est le seul monde habité est aussi absurde que de penser qu'un champ semé de grains de millet pourrait ne produit qu'un seul épi''. De nombreux savants imaginèrent une vie extraterrestre entre la fin du XIXes. et le début du XXes. Mars ou la Lune, on le sait, sont stériles, heureusement, ou pas, d'autres pourraient ne pas l'être.

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 08:00

Science & vie – HS spécial Extra Terrestres 2016

Mathilde Fontez et Pierre-Yves Bocquet

La question de l'existence d'autres formes de vie dans l'Univers est ancienne, comme de sa forme. S'agirait-il de simples micro-organismes ou d'être intelligents ? La science désormais se pose sérieusement la question et la découverte d'exoplanètes y est pour quelque chose. L'exobiologie devient une science à part entière disposant des moyens qu'elle mérite.

Pour la NASA la bonne question désormais n'est plus ''si'' nous allons la trouver, mais ''quand'' ! C'est une fantastique aventure pour l'humanité s'il s'avère que nous ne sommes pas seuls...

La découverte d'une planète située dans un autre système que le nôtre eut lieue en 1995, la preuve était là qu'il existaient d'autres Terre dans l'Univers. Aujourd'hui, les calculs montrent qu'il en existe des milliards. Nous sommes entrés dans la pluralité des mondes.

C'est le 6 octobre 1995 que Michel Mayor et Didier Queloz, de l'université de Genève, annoncent avoir repéré la première planète orbitant autour d'un autre soleil que le nôtre : 51 Pegasi b, dans la constellation de Pégase, à 51 AL de nous. Cette planète ressemble à Jupiter, une géante gazeuse mais elle indiquait que d'autres, différentes, existaient. Nous n'étions plus condamnés à être seuls dans l'Univers. 20 ans plus tard nous approchons de la découverte d'un autre monde habité. Le 10 mai 2016 la NASA annonçait la découverte de 1 284 exoplanètes confirmées. Ainsi augmentait de 60 % le nombre d'exoplanètes découvertes depuis 51 Pegasi b.

Planète = espoir de vie = extraterrestres. C'est le but de cette chasse. Or sur ces planètes 550 seulement seraient telluriques, comme la Terre, catégorie supposée la meilleure pour accueillir la vie. 9 orbitent dans la zone d'habitabilité de leur étoile, la distance ou pression et température à la surface permettent la présence d'eau liquide, l'élément considéré indispensable à l'apparition de la vie portant à 21 le nombre de planète ''habitables''. Un petit chiffre mais basé sur l'observation d'une infime partie de la galaxie, 150 000 étoiles sur 200 milliards.

Il paraît plausible qu'il y ait au moins une planète gravitant autour de chaque étoile, même avec l'hypothèse que seulement 10 % seraient ''habitables'', le résultat est vertigineux : 20 milliards. Transposé à l'échelle de l'Univers, ce nombre passe à des milliards de milliards.

Bien sûr, habitables ne veut pas sire habitées, pourtant le nombre de candidates est si grand que malgré la somme de conditions nécessaire la probabilité que beaucoup le soient est grande. Les observations au moyen des télescopes spatiaux, du VLT ou du spectrographes Harps, dessinent une infinité de mondes possibles. Les futurs instruments, plus puissants, plus sensibles, plus précis, augurent de nombreuses autres fabuleuses découvertes.

Notre galaxie est peuplée de planètes allant des géantes gazeuses plus grosses que Jupiter mais gravitant près de petits soleils rouges empêchant leur rotation à des planètes tournant à l'envers quand d'autres encore tournent autour de deux, ou trois, soleils. Entre la Terre, tellurique, et Neptune, gazeux, existent nombre de mondes intermédiaires.

Notre système solaire n'est pas représentatif, il n'est qu'un parmi des milliards d'autres. La Terre même ne semble pas offrir les meilleures conditions pour accueillir la vie : l'idéal serait une planète plus massive, un peu plus grande, éclairée par un petit soleil orange.

Les simulations de conditions de vie montrent que la zone d'habitabilité est plus grande que prévue, une atmosphère riche en hydrogène pourrait abriter des mers d'eau liquide en orbitant très loin de leur soleil, une planète n'ayant qu'1 % de l'eau terrestre serait habitable et bien d'autres conformations pourraient accueillir la vie.

Pour l'instant nous ne connaissons de la vie qu'une seule forme.

Jusqu'à quand... 

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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 08:00

Henri VernesGérald Forton – 1965 (Éditions Michel DELIGNE 1980)

La fin d'après-midi est pluvieuse mais cela n'empêche pas Bob Morane et Bill Ballantine de chercher ''la'' boutique où il dénicheront une antiquité digne de ce nom. Justement un homme leur indique l'adresse d'un spécialiste en bronzes de Haute Époque et autres poteries Ming...

Bob se laisse tenter, pour fêter ça l'antiquaire leur propre un verre d'alcool de riz, bienvenue par ce temps n'est-ce pas ?

 

Mais c'est un piège et la boisson contient un somnifère qui ne tarde pas à endormir nos amis. Quand Bob se réveille il n'a pour compagnie qu'un violente mal de tête. Il est dans une pièce inconnue, devant un coffre ouvert. Les sirènes de police le renseigne : il est tombé dans un piège.

La rivière de perles

Pas question d'être arrêté, il s'enfuit donc, de justesse, apercevant son ami emmené par les policiers. Il rejoint son hôtel et commence à réfléchir à ce qui vient d'arriver. Dans la poche de son manteau, une pièce à conviction sans doute, il trouve un collier de trois rangs de perles roses qui doivent valoir cher.

Alors qu'il réfléchit sur la conduite à tenir on frappe à sa porte. Il découvre une jeune femme qui se propose de l'aider. Elle se présente : Nathalie Wong, journaliste désireuse de se lancer dans le métier. Par ses relations dans la police elle fut mise au courant de la situation et reconnu Ballantine, il était évident que Morane ne pouvait être loin. Elle ne tarda pas à le retrouver.

La rivière de perles

Ensemble ils vont mener l'enquête. Pourquoi ne pas commencer par la boutique où Bob fut drogué ? Là ils rencontrent M. Foo, lui ne possède aucun vase Ming, et quand Morane lui propose le collier de perles il refuse, avant de se raviser. Après un coup de fil il prétend avoir trouvé un acheteur. Il suffit que le vendeur se rende, seul, à un mystérieux rendez-vous à l'usine Stanton.

Nathalie insiste pour l'accompagner, Bob est en avance pour reconnaître les lieux. Il tombe sur le gardien, l’assomme, enfile sa tenue.

Quand un homme arrive il reconnaît celui qui lui indiqua la boutique. Mais celui-ci se rebiffe, parvient à s'échapper, tend un piège à Morane qui serait en mauvaise position si Mlle Wong n'intervenait à temps pour le tirer d'un mauvais pas en abattant le malandrin dans la valise duquel ne se trouve que des rouleaux de pièces de cinq cents. Mais le criminel n'était pas seul, ses complices interviennent, assiègent nos amis qui ne s'en sortent qu'en dénichant un camion.

La rivière de perles

Morane réfléchit, puis pense aux pièces trouvées, sûrement venant d'une salle de jeu, celle du Miami-foot dont il a trouvé un prospectus. C'était la piste dont il avait besoin. Inutile de perdre du temps, Morane et Nathalie se rendent sur place et le premier va entrer dans le club, demandant à son amie de l'attendre, une demi-heure, s'il n'est pas de retour, elle devra prévenir la police.

À l'intérieur de l'établissement Bob cherche les locaux de la direction et quand il se fait surprendre avoue qu'il cherche des poteries Ming, ce que son vis-à-vis ne paraît pas comprendre. Usant de son arme il se fait ouvrir les bureaux pour voir le patron, mais, une fois encore il se fait surprendre et assommer.

Le chef de la bande l'avertit qu'il va le faire disparaître, mais il faut que ça ait l'air d'un accident.

Encore une fois il se retrouve dans les vapes, d'abord, puis sur le toit d'un monte charge avec l'écrasement contre le plafond pour perspective.

La rivière de perles

Mais il retrouve vite ses réflexes et se sort de ce mauvais pas pour retrouver sa partenaire et leur poste d'observation devant la porte. Ils n'auront pas longtemps à attendre avant que sorte un homme dissimulant, mal, une petite valise sous son manteau. Autant le suivre ! Bien sûr le gibier va réaliser sa situation et accélère, mal lui en prendra, perdant le contrôle de son véhicule dans un virage il tombe dans le ravin, et perd la vie. C'est pas de chance ! Pour lui, mais ainsi les bijoux qui étaient dans la valise sont-ils récupérés. Il ne reste qu'à les rendre pour faire libérer Bill. Pour une fois celui-ci n'aura servi à rien mais Morane, avec Nathalie, n'aura pas perdu au change.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu BD
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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 08:00

DOSSIER Pour la SCIENCE 92

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

(Douglas FOX)

Les lois de la physique empêcheraient notre cerveau d'évoluer en une machine à penser plus efficace, figeant sa taille et les performances de nos neurones.

Le biologiste Espagnol Santiago Ramón y Cajal comparait les circuits du système visuel des insectes aux mécanismes d'une montre suisse. Il admirait moins les mammifères qu'il comparait à une grosse horloge franc-comtoise pleine de vide ! De fat, une abeille avec son cerveau de 1 milligramme peut effectuer des tâches aussi complexes qu'un mammifère.

L'abeille étonne par ce qu'elle peut faire, de l'autre côté, un éléphant avec son cerveau 5 millions de fois plus volumineux ressemble à un empire mésopotamien miné par son organisation tentaculaire. L'influx nerveux traverse son cerveau 100 fois moins vite que chez l'insecte. Il est lent et gaspille ses ressources à chaque pas. L'humain est entre les deux ce qui n'empêche pas les lois de la physique d'imposer ses contraintes sur nos capacités mentales.

L'évolution aurait pu prendre d'autres chemins menant à l'augmentation de neurones ou l'accélération des échanges d'informations entre eux. Notre intelligence en eut été augmentée mais diverses études indiquent qu'ils n'auraient été que des impasses en se heurtant à des limites physiques.

L'intelligence est difficile à définir, divers tests indiquent pourtant que l'humain est l'animal le plus intelligent [des auto-tests pour une auto-évaluation!]. En évoluant notre cerveau s'est-il approché d'une barrière infranchissable dans la façon de traiter les informations, et, y a-t-il une limite physique à l'évolution d'une intelligence neuronale ?

L'idée que l'intelligence est relative à la taille du cerveau est fausse. Ce dernier augmente en ratio avec le corps pour assurer les fonctions de celui-ci. Le Néerlandais Eugène Dubois élabora une relation mathématique entre la taille du cerveau et celle du corps en supposant que leur disproportion indiquerait une intelligence plus grande. Il recensa les poids des corps et des organes de 3690 animaux. Ses successeurs conçurent l'outil dont il rêvait : le quotient d'encéphalisation, le rapport entre le poids réel d'un cerveau et celui prédit par la relation allométrique (le poids du cerveau croît proportionnellement avec celui du corps élevé à la puissance ¾). Chez l'homme ce quotient est de 7,5, pour les dauphins il est de 5,3, chez les chimpanzés, de 0,4.

Pour un cerveau, la taille a de inconvénients, d'abord la consommation d'énergie. Chez l'homme, pour 2% du poids il consomme 20 % des calories, chez les bébés c'est 65% !

Quand un cerveau grossit les neurones en font autant, en nombre et en taille mais leur densité diminue avec pour effet des distances entre neurones pus grandes et des axones plus longs, mais plus épais pour une vitesse d'influx supérieure. D'autre part il se subdivise en aires affectées à des fonctions spécifiques. Une spécialisation compensant les problèmes de connectivité liés aux grands cerveaux. De même pour la spécialisation des hémisphères visant à réduire la quantité d'informations qui passe de l'un à l'autre. La complexification d'un cerveau volumineux n'est peut-être qu'une série d'artifices pour résoudre un problème de connectivité.

La matière blanche (axones) augmente plus vite que la grise. Le câblage croit au détriment du volume dédié au traitement des informations. Un grossissement sans fin n'est donc pas soutenable pour l'évolution. Observant la taille des neurones chez 41 espèces de mammifère Suzanna Herculano-Houzel découvrit que les neurones du cortex des primates diffèrent de ceux des autres mammifères. Seuls quelques-uns des neurones corticaux grossissent permettant au cerveau de rester dense. Un cerveau humain fait 1,4 kg, si un rongeur avait suivi la même la loi pour obtenir le même nombre de neurones il aurait un cerveau de 45 kg. L'important tient dans la vitesse de transmission de l'influx nerveux, les individus ayant les voies de communication les plus rapides au sein de leurs aires cérébrales semblent être aussi les plus brillants. Plus les chemins entre deux aires sont courts et plus le réseau de communication dans le cerveau est efficace, plus l'individu à un QI élevé.

Un cerveau qui grossit limite le nombre de connexions directes entre les aires, le cerveau humain possède peu de ces communications longues distances mais elles ont une influence disproportionnée sur l'intelligence. Les cerveaux limitants ces voies perdent en performance. On ne simplifier à outrance le câblage : c'est le prix de l'intelligence. L'évolution devrait aller vers des neurones plus petits pour une élévation de l'intelligence et des axones transmettant les signaux sans s'épaissir. Une barrière pourtant se dresse, cachée dans les canaux ioniques des protéines permettant la création et la transmission des influx nerveux. Ces canaux s'ouvrent et se ferment selon leur environnement en changeant de configuration.

Le cerveau d'une abeille, d'une pieuvre, d'une vache, sont différents mais ont la même organisation. Une convergence évolutive montrant qu'une solution anatomique ou physiologique est à maturité et laisse peu de place à l'amélioration.

Les grands singes ont des cerveaux entre 20 et 40 milliards de neurones qui consomment 9 % des calories consommées, obligeant les individus à rechercher de la nourriture jusqu'à 8 heures par jour. Les humains ont un cerveau de 86 milliards de neurones qui consomme 20 % des calories. Mais ils ont trouvé une solution : le feu. Une innovation qui rend digeste les végétaux, permet d'extraire les riches graisses des carcasses animales. Ainsi nos cerveaux passèrent de 40 (Homo abilis) à 60 milliards de neurones (Homo erectus).

L'esprit humain peut croître sans évolution biologique.à travers des interactions sociales ou la mise en commun de notre intelligence. À quoi s'ajoute la technologie. Internet pourrait être l'extension ultime de l'intelligence hors de nos corps. La collectivisation de l'intelligence humaine (via la culture et les ordinateurs) a peut-être freiné l'élan d'une évolution biologique vers plus d'intelligence.

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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 08:00

Le Double lovecraftien – William SchnabelLa Clef d'Argent

2002

 

Les qualificatifs associés à Lovecraft sont nombreux, solitaire, asexué, pathologique, raciste, fasciste, névrosé, étrange... certains évoquèrent son homosexualité latente. Ceux qui le connaissaient le décrivent comme un ''gentleman'', un ''ami fascinant'', non pas bizarre mais ''différent''. Ambiguïté pimentant la lecture de Lovecraft et invitant le lecteur à éclaircir certains aspects de ses récits.

Impossible d'évoquer Lovecraft sans parler de sa ville natale ''Je suis Providence'' aimait-il à répéter. Sa famille eut une grosse influence sur lui, son père d'abord, mort des suites de la syphilis dans l'hôpital psychiatrique où il résidait depuis plusieurs années. Une source de honte pour la famille Phillips, de vieille souche du Rhode Island dont certains membres semblent s'être mariés entre eux. Évoquant ses recherches généalogiques Howard parle souvent de pureté raciale. Un motif qui reviendra dans ses contes, associé à celui de la dégénérescence héréditaire et de l'inceste.

Lovecraft préférait son grand-père maternel, Whipple Van Buren Phillips. Inutile de résumer ici la biographie de Howard, l'auteur ne peut y renoncer puisque justement c'est cette vie qui l'amène à imaginer le besoin de l'auteur d'avancer masqué, aussi bien dans son œuvre que dans sa vie. Chez un auteur la création s'appuie, plus ou moins, sur sa vie, celle-ci pouvant expliquer ses choix, ses orientations, les chemins suivis. Il est patent que les personnages de Lovecraft sont ses incarnations, ceux qui sont confrontés à une pénible réalité, chez eux ce sont des créatures cosmiques et implacables, chez HPL c'était... autre chose, mais déjà, encore, toujours, une menace. Comment ne pas voir dans ses contes l'expression d'angoisses, de fantasmes, de frustrations, comme chez la plupart, sinon tous, les écrivains. Pour autant ceux-ci ne suffisent pas à expliquer une énergie créatrice si puissante bien que cette dernière s'en nourrît.

Oscar Wilde, Stevenson, et combien d'autres, exploitèrent ce thème en rédigeant des textes remarquables par le fond comme par la forme. N'est-il pas possible de regarder plus loin que ses géniteurs pour trouver dans un passé plus ancien des visages, des ombres, des formes fascinantes et inquiétantes dont il peut être dangereux de s'approcher mais plus encore de les reconnaître.

Pourquoi ne pas souligner ce que recherche de lui-même le lecteur de Lovecraft, ce que l'un et l'autre partagent d'expériences communes faisant que le premier se retrouve dans les expressions du second, qu'il cherche également à distinguer une forme dans un miroir ? Mais la première reste flou alors que le second demeure obscur. L'homme-œuvre est un Janus dont il est impossible d'arracher un visage sans le décapiter.

Si je vous parlais de moi, de ce que je peux comprendre au travers des personnages de Lovecraft... le problème, mais en est-ce vraiment un, étant que je me sens plus proche de Nyarlatothep, et autres, que des pauvres sapiens cherchant à intégrer une réalité qui les dépasse.

Si je... mais ce n'est pas le sujet. Lisez donc ce livre, qui sait si au travers des pages vous ne distinguerait pas quelqu'un, ou quelque chose, qui vous ressemble.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Lovecraft
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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 08:00

DOSSIER Pour la SCIENCE 92 

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

(Michel HABIB)

Les surdoués pensent-ils différemment ? Leur cerveau serait plus fortement connecté et suivrait une maturation accélérée pendant enfance et adolescence.

En 2013 Maximilian a dix ans, il est suisse et vient de passer son baccalauréat de mathématiques et va entrer à l'université. Son père est professeur de maths comme le père de Mozart était musicien. Pour autant les enfants dans ce genre d'environnement qui deviennent des prodiges relèvent de l'exception, moins de 1 sur 10 000.

Le génie est l'exemple d'une faculté issue de la rencontre d'un milieu et d'un 'don'. Les neurosciences s'intéressent aux cerveaux de ces êtres. Fonctionnement différent, agencement particulier des neurones ou des aires cérébrales ?

Le Centre américain de la santé mentale du Maryland, conduite par Jay Giedd, a examiné le cerveau de 307 individus à divers moments de leur vie. S'intéressant à l'épaisseur du cortex, la partie externe du cerveau où sont traitées les informations sensorielles et motrices, et où elles sont combinées pour donner lieu à des raisonnements et des intentions. Au fil des ans il vit se dégager trois tendances. Les personnes d'intelligence normale (QI entre 83 et 108) voient leur cortex s'amincir entre 7 et 19 ans. Les personnes d'intelligence élevée (entre 109 et 120) voient leur cortex s'amincir également mais d'une épaisseur plus grande au départ. Enfin, les personnes d'intelligence supérieur (121 à 149, en grande partie des surdoués) présentent un profil différent. À 7 ans leur cortex est plus mince. De 7 à 11 ans il s'épaissit rapidement pour ensuite s'amincir comme les autres, mais plus vite.

L'épaisseur du cortex dépend du nombre de neurones et de la quantité de connexions les reliant. Il atteint son maximum entre 1 et 2 ans pour les neurones, et 2 à 3 ans pour les synapses. D'autres facteurs modulent l'épaisseur du cortex, par exemple la quantité de cellules gliales et la gaine isolante à base de lipides entourant les prolongements (axones) des neurones. Une fois le maximum atteint, le nombre global de neurones tend à diminuer, comme celui des synapses.on pense que l'élimination de certaines synapses permet l'apprentissage en créant des voies privilégiées de traitement de l'information. Normal donc que le cortex s'amincisse chez les personnes d'intelligence moyenne ou élevée.

Les mécanismes à l’œuvre dans le cerveau en phase de construction sont multiples et étroitement imbriqués. Une certitude demeure : le cortex des surdoués semble plus changeant et plastique que celui des personnes d'intelligence normale. Des facteurs génétiques expliqueraient cette différence biologique mais trouver les bases génétiques de l'intelligence est difficile. L'environnement de l'enfant est important. L'épaisseur du cortex n'est pas la seule différence notable chez les surdoués, les voies de communication entre les parties du cerveau joue un rôle important. Connexions formées de faisceaux de fibres ressemblant à des câbles optiques visible grâce à l'imagerie par tenseur de diffusion.

Le développement de ces fibres de substance blanche semble lié à l'intelligence : plus le QI est élevé plus ces structures semblent développées, principalement du faisceau arqué et surtout de sa partie moyenne nomme territoire de Geschwind, plaque tournante des informations sensorielles, dont les neurones se projettent sur les aires impliquées dans la motricité. La substance blanche véhicule l’information sur de grandes distances au sein du cerveau, faisant travailler ensemble des territoires distants. La communication renforcée entre les parties frontales et pariétales du cerveau semble constituer une composante clé du très haut potentiel intellectuel. Les réseaux fronto-pariétaux sont actifs particulièrement lors de tâches faisant intervenir l'intelligence ''fluide'' (qui permet des réponses multiples à un problème) par opposition à une forme d'intelligence ''cristallisée'' qui suppose de trouver la solution unique à un problème.

Pourquoi le développement particulier de telles connexions entre l'avant et l'arrière du cerveau procure-t-il des capacités mentales hors du commun ? Être surdoué c’est avoir un cerveau où certaines connexions seraient peut-être plus robustes ou efficaces se traduisant par un fonctionnement cérébral particulier dans certaines tâches.

Au repos aussi leur cerveau fonctionne autrement. L'approche dite de ''connectivité au repos'' montre une plus forte connectivité dans le lobe frontal et entre les lobes frontaux et pariétaux, y compris lorsque ces sujets ne font rien de particulier. ''La vertu ne s'apprend pas plus que le génie'' disait Schopenhauer, l'innéité de ces hauts potentiels pose encore question. La génétique n'indique pas de gènes sous-tendant ces particularité.

Heureusement génétique et neuroscience ne nous ont pas encore livré le code du génie.

L'hérédité biologique du génie peutt avoir des inconvénients. Dean Keith Simonton passa en revue plusieurs études et mis au jour un lien entre génie et maladie mentale. Des écrivains auraient leur place dans la catégorie ''psychopathologique''. Les artistes très créatifs apparaissent égocentriques, froids, impulsifs, agressifs et obstinés. Les scientifiques les plus éminents sont réservés, solennels, intrinsèquement inquiets, précis et critiques. Les génies ne constituent donc pas un groupe ''normal''. En 2009 Szabolcs Kéri constata que ces individus portaient une version atypique du gène de la neuréguline 1. variant génétique associé à un risque élevé de développer une maladie mentale.

S'aventurer dans des territoires inconnus et revenir souvent sur ses pas est un trait commun aux génies créatifs. Ils consacrent un temps considérable à maîtriser leur technique mais poursuivent aussi d'autres intérêts. Leur ouverture aux idées nouvelles et l'éventail de leurs centres d'intérêts les stimulent et peuvent enrichier les variations aveugles.

Schopenhauer disait ''Le talent atteint une cible que personne ne peut atteindre ; le génie atteint une cible que personne d'autre ne peut voir.'' Les grands esprits utilisent les mêmes flèches que tout le monde, mais les leurs atteignent des mondes inconnus.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 08:00

DOSSIER Pour la SCIENCE 92

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

(James FLYNN)

Plusieurs études montrent que le QI humain a crût pendant le XXe siècle. Quelle est la part des gènes, de l'environnement, de l'évolution de la société dans ces résultats ? Quelles facettes de l'intelligence sont-elles concernées par cette augmentation ?

 

Les études menées depuis plusieurs décennies montrent l'augmentation du QI de la population. L'intelligence humaine progresse, et, surtout, cela se poursuivra-t-il dans l'avenir ?

Les enfants d'aujourd'hui sont-ils nettement plus intelligents que leurs parents ? Les tests de QI sont-ils de bonnes mesures de l'intelligence ? Nombres de paradoxes naquirent de ces interrogations, aujourd'hui nous sommes capables de les résoudre, de mieux apprécier la nature de l'intelligence autant que le gouffre qui sépare notre esprit de celui de nos ancêtres.

Comprendre l'intelligence c'est comme comprendre l'atome, il faut déterminer ce qui en réunit les composantes comme ce qui les sépare. Le premier facteur est celui de ''l'intelligence générale'' noté G. le second, concerne les ''compétences cognitives''. Le meilleur test d'évaluation de ces facteurs est le test de Wechsler pour enfants, ou WISC, utilisé depuis 1947, du nom du psychologue David Wechsler.

Pourtant si entre 1971 et 2002 les élèves de CM et de 4e ont progressé en lecture de 4 points de QI, en terminale on n'enregistre quasiment aucune progression. Preuve que les enfants peuvent lire plus jeunes la littérature préadulte mais qu'ils ne sont pas mieux préparés à la littérature adulte. Entre 1973 et 2000 les progrès en mathématiques correspondent à 7 points de QI. En terminale le gain s'annule. Les enfants maitrisent les compétences calculatoires plus jeune mais n'ont pas progressé dans le raisonnement mathématique.

Portant ces résultats vers le passé nous aurions un individu en 1900 ayant un QI moyen compris entre 50 et 70, quand à Aristote il serait à – 1000 ! bien sûr il n'en est rien dans les deux cas. Nos ancêtres n'étaient pas moins intelligents que nous, leur intelligence était ancrée dans leur quotidien.

L'intelligence est en partie génétique et pourtant l'intelligence globale dans les test semble déterminée par des changements sociaux. Le progrès économique a créé une classe moyenne avec de nouvelles attentes relatives à la stimulation intellectuelle des enfants ; à l'accession à des métiers bien payés où ils doivent faire preuve d'inventivité » ; à des loisirs plus exigeants sur le plan cognitif. Tout le monde souhaite améliorer ses performances, ce qui rehausse la moyenne ; tout le monde cherche à se hisser au-dessus de cette nouvelle moyenne, ce qui la remonte. Il en résulte une élévation spectaculaire des compétences cognitives en une seule génération.

En fait il est difficile de parler d'intelligence, et plus encore de sa mesure. Les données doivent être interprétées avec une connaissance avisée des changements sociaux qui mettent l'accent sur l'une ou l'autre composante de l'intelligence. Il est probable que l'intelligence générale, capacité mentale située au carrefour des composantes de l'intelligence, est restée à peu près identique depuis des siècles.

Quand à la progression du QI certaines prétendent qu'elle s'est arrêtée dans les années 1990, du moins dans les pays industrialisés.

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 08:00

Fantastique, mythe et modernitéColloque de Cerisy

Éditions Dervy 2002

Ce colloque qui a lieu chaque année à Cerisy-la-Salle réunit pendant l'été, artistes, chercheurs (en quoi?) étudiants... dans le but de confronter idées et points de vues sur des sujets culturels et scientifiques. En 1995 Lovecraft était le principal sujet d'intérêt des intervenants avec pour ambition de faire le point sur cet auteur, 30 ans après la parution du Cahier de l'Herne qui lui fut consacré, à la lumière des travaux les plus récents. Étudiant les divers aspects d'une œuvre située à la confluence de traditions diverses, d'époques en mutations, d'idées nouvelles devant s'imposer au début du vingtième siècle.

HPL se revendiquait l'héritier de divers auteurs, Poe, Machen, Lord Dunsany... s'opposait à la littérature réaliste de son temps et cherchait à retrouver le style du XVIII ème siècle.

L'intérêt de ce volume est de regrouper des points de vue divers sur Lovecraft, ses relations avec la mythologie comme avec une science ouvrant de nouvelles voies.

Cinq parties peuvent regrouper les angles d'approches, d'abord le texte, inaugural, de Maurice Lévy, qui ne craint pas d'en évoquer les limites et défauts, d'y trouver dérives et délires, tout en en soulignant l'importance et l'originalité ; Donald Burleson en rappelle les thématiques principales et comment elles peuvent être placées dans la mouvance de Jacques Derrida et de la théorie de la déconstruction (!). Gilles Menegaldo met en lumière la figure tutélaire de Poe sans que Howard en soit l'héritier ou le continuateur.

Alain Chareyre-Méjan est philosophe et spécialiste d'esthétique, il montre l'importance du son, du cri, dans la fiction de Lovecraft. Roger Bezzoto postule que le monstrueux, non seulement renvoie à l’effroi, mais fonctionne comme discours articulé à une rhétorique. Le montre lovecraftien induit une originalité dans sa prolifération même.

Denis Mellier remet en cause les reproches d'excès souvent fait au natif de Providence, lesquels ont pour but de provoquer une véritable peur cosmique chez le lecteur. Excès et visibilité étant les signes d'une poétique.

Max Duperray met ses pas dans ceux de Randolph Carter, héros du cycle de Kadath, observe l'esthétique et le sublime du texte, plaçant en évidence le motif du visage, et du masque, comme but ultime de la quête. Pour Michel Graux la plupart des textes de HPL ne sont que des récits de meurtres déguisés en récits fantastiques. Le ''monstre'' justifiant la mort du narrateur.

Michel Meurger analyse un corpus de nouvelles et propose un renversement de perspective en regardant non vers le futur mais vers le passé lointain de notre planète. Il repère des motifs récurrents : civilisations anciennes, architecture gigantesque, immensité du savoir, régression et décadence. William Schnabel examine différentes modalité du double en se fondant sur l'analyse de plusieurs textes, ''L'Affaire Charles Dexter Ward'' ou ''L'Abomination de Dunwich'', éclairant la hantise de l'écrivain comme si le double répondait à un besoin inconscient.

La quatrième partie est centré sur le rapport entre ésotérisme et fiction, étudiant d'autres écrivains, tels C. A. Smith ou R. E. Howard prouvant que dans les années 1920 et 1930 un contexte favorisant l'exploitation littéraire d'un savoir ésotérique. De multiples intervenant explorent cette voie, quand à la cinquième et dernière partie elle est consacrée à la relation entre les contes de Lovecraft et le cinéma

21 spécialistes éclairent d'un nouveau jour les créations du Maître de Providence au fil d'interventions passionnantes réunies dans ce livre dont la couverture est due à Philippe Druillet.

Rien n'étant parfait, dans le monde de l'édition comme dans tous les autres, il est amusant de noter la faute, grossière, commise sur la tranche.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Lovecraft
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