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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 08:20

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

Hugues Demeude

Le vampire, au XVIIIe passe pour responsable des calamités qui s'abattent. En 1732 les morts-vivants fascinent l'Europe. Éclairés ou crédules, les esprits sont hantés par la croyance aux êtres maléfiques qui sucent le sang des vivants pour tenir la mort à distance. Parler de psychose collective serait exagérée mais on en est pas loin, d'autant que ces créatures à l'époque n'ont pas, dans l'imagerie populaire, l'aspect ''classe'' qu'elles eurent par la suite. Pas de beau brun aux yeux fascinant et à la garde robe impeccable, il s'agit d'être bouffis, poilus et gorgés de sang.

Cette année là plusieurs revues diffusent des rapports officiels ahurissants sur ce thème. Les militaires mènent des enquêtes à la demande du Conseil de guerre impérial de Vienne sur des vampires ayant semé la panique dans plusieurs villages d'Europe centrale. Le chirurgien-major Johann Flückinger reçoit l'ordre de se rendre dans le village serbe de Medvegia où, selon des témoins, un paysan, Arnold Paole, mort en 1727, s'en serait pris aux villageois allant jusqu'à tuer 4 personnes en leur suçant le sang. Ce médecin rapporte que le sieur Paole avait confié avoir été persécuté par un vampire près de Gossowa, en Serbie turque alors qu'il se battait contre les Ottomans. Croyant se libérer de cette influence ''il avait avalé de la terre de la tombe du vampire et s'était oint de son sang''. Exhumé 40 jours plus tard le corps apparaît ''en parfait état et non décomposé. Du sang avait coulé de ses yeux, nez, bouche et oreilles''.

La religion orthodoxe, contrairement à la catholique, voit l'incorruptibilité d'un corps comme signe d'intervention du Malin. Pour se débarrasser du monstre, les villageois lui enfoncent un pieu dans le corps puis incinèrent le corps avant d'en jeter les cendres dans le tombeau.

Craignant la contamination 40 cadavres furent déterrés et traités de la même façon.

Ce récit fut transmis le 26 janvier 1732 au Conseil de guerre de Belgrade. Publié à Nuremberg il connaît un grand succès, à Paris, le Glaneur de Hollande, revue franco-hollandaise, en publie des extraits suivis de commentaires. Dans cette revue apparaît pour la première fois le mot ''vampyre'' dans la langue française.

De nombreux autres cas seront répertoriés comme celui de Peter Plogojowitz en 1725.

Avant ces cas et le succès du mot ''vampire'' la peur était grande en Europe centrale et orientale des ''revenants en corps'', en occident la Renaissance comme l'Inquisition avaient lutté, chacune à sa façon, contre les superstitions. Les églises de rites byzantin étaient plus permissives envers les superstitions.

Petit à petit le vampire se dessine, ils paraissent depuis midi jusqu'à minuit mais sont capable de se mouvoir dans la lumière, capacité qui disparaîtra plus tard. À cette époque ils n'ont pas de crocs mais aspirent le sang à travers les pores. Leur apparence est plus proche du Nosferatu de Murnau que du Dracula de Tod Browning.

En 1746 le bénédictin lorrain, Augustin Calmet publie son Traité sur les apparitions des anges, des démons et des esprits, et sur les revenants et vampires de Hongrie, de Bohême, de Moravie et de Silésie. Cet ouvrage connaître, lui aussi, un grand succès. Voltaire s'en étonnera pour écrire dans son Dictionnaire philosophique : ''Quoi ! C'est notre XVIIIe siècle qu'il y a eu des vampires ! […] C'est sous le règne des d'Alembert, des Diderot, des Saint-Lambert, des Duclos qu'on a cru aux vampires et que le révérant Augustin Calmet a imprimé et réimprimé l'Histoire des Vampires avec l'approbation de la Sorbonne.

L'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche opte pour le rationalisme et condamne par décret, en mars 1755 le vampirisme comme une superstition à combattre.

 

Plus tard la littérature exprimera cet imaginaire et donnera d'autres formes et visages aux mystères des ténèbres.

L'ÂGE D'OR DU VAMPIRE

Histoire de vous remettre en mémoire une véritable personnalité avide de sang, le magazine nous rappelle la trajectoire de la belle comtesse hongroise Erzébet Báthory (1560-1614) qui pensait rester jeune en prenant des bains de sang, voir en en buvant ! De famille royale elle échappera à la peine de mort, ce qui ne fut pas le cas de son entourage, et passa les dernières années de sa vie recluse dans son château. Ainsi à l'ombre sa peau n'eut-elle pas à souffrir du soleil.

Elle nourrit le mythe du vampire et servit de modèle à Bram Stoker. Une façon inattendue d'accéder à l'immortalité. Ses victimes, une centaine au moins, n'eurent pas cette ''chance''.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 08:18

Historia Special – Janvier_Février 2016

 

Laurent Vissière

En 1746 Dom Calmet dans sa Dissertation sur les revenans en corps, les excommuniés, les oupires ou vampires, brucolaques, etc évoque l'opinion répandus dans l'Allemagne que nombreux morts mâchent dans leurs tombeaux et dévorent ce qui se trouve autour d'eux, on les entend manger comme des porcs avec un certain cri sourd. Les ''mâcheurs''ou ''morts dévorants'' sont un cauchemar commun en Europe centrale pendant la période moderne. Rare sont les cimetières dans lesquels il est possible de se promener sans qu'on entende, même de jour, des bruits de mastication s'échapper de tombes plus ou moins fraîches.

Tel un bébé mâchonnant son lange, ces morts font ainsi avec leur linceul, sinon ils portent leur intérêt vers leurs mains, leurs bras. Mais leur activité ne se limitait pas à cette occupation pour combler leur ennui, souvent, dans les environs des villages, des disparitions étaient constatées et les vivants portaient un regard angoissé, mais remplis de hargne, vers les cimetières en questions et leurs habitants trop actifs.

C'est la fin du Moyen Âge, en Pologne, qui voit naître les premières histoires de mâcheurs. Elles s'étendent aux XVIIe et XVIIIe en Europe centrale et orientale où elles provoquent angoisse et panique. Dans la plupart des cas ces histoires se terminent par l'ouverture d'une tombe et la découverte d'un corps non putréfié et un linceul déchiqueté, plus celui-ci est rongé plus le nombre de disparus est grand.

Ces morts manifestent le désir de quitter leur tombeau pour tuer, souvent des membres des parents, des proches, et même n'importe qui. Souvent ces manifestations vont de pair avec la peste. Dans Le Marteau des sorcières (1846) les inquisiteurs Jakob Sprenger et Heinrich Institoris évoquent une petite ville décimée par une épidémie et la rumeur qu'une femme morte et enterrée avait mangé son linceul, l'infestation ne pourrait cesser avant qu'elle n'ait mangé, et digéré, le linceul entier.

Martin Böhm rapporta une histoire similaire.

Du sang frais dans les corps déterrés laissent penser que les morts aiment le sang des vivants, c'est ce que suggère Pierres Des Noyers, auteur de plusieurs lettres sur les morts-vivants. Le mâcheur est donc un proto-vampire.

Le phénomène attire l'attention des philosophes allemands qui se mettent à en débattre. Philipp Rohr, en 1679, y voit une influence diabolique, Michael Ranft dans De la mastication des morts dans leurs tombeaux, est plus rationaliste. Pour lui les bruits résulteraient de la putréfaction voir de l'oeuvre des rats. D'autres suggèrent des personnes enterrées vives qui se réveillaient et cherchaient à fuir leur situation.

Cette expliquation, vraisemblable, n'explique pas l'ampleur de ce phénomène. Celle-ci pourrait se trouver dans la peur générée par une épidémie quand un premier mort contamine son entourage.

Tuer à nouveau le mort est l'expression de l'envie de couper ce lien pour faire cesser son influence. Le moyen habituel était de trancher la tête, mais il était possible de lui enfoncer un pieu dans la bouche, le cœur, où de la bruler.

Le plus simple était encore de faire cela avant l'inhumation, ou, plus simplement de bloquer les machoires du cadavre.

 

 

Au moins les vivants étaient rassurés ! Si vous l'étiez...

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 08:02

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

Le regard de la science

Gautier Carion

Nous avons posé la question : Esprit es-tu là ? Notre encéphale, qui parfois s'égare, peut répondre oui.

Richard Wiseman fut magicien avant d'être professeur à l'université de Hertfordshre où il étudie les mécanismes psychologiques de l'illusion, de la chance et du paranormal. Il mena une expérience pour percer le mystère des fantômes. Il fait circuler des centaines de volontaires dans deux sites supposés être hantés après quoi il recueille leurs impressions. 45 % rapportèrent des sensations inhabituelles, malaise, sensation d'une présence, léger mal de tête... ressenties aux endroits devant être hantés.

Mais de paranormal il n'est pas question. L'équipe de Wiseman avait noté la température, l'intensité lumineuse comme du champ magnétique. Chaque zone ''hantée'' présentait des variations notables de ces paramètres montrant l'influence des facteurs environnementaux.

La sensibilité au champ magnétique est controversée mais selon Wiseman les témoignages de hantises ou apparitions de fantômes s'expliqueraient par ces facteurs physiques ainsi que par le caractère des lieux favorisant un imaginaire stéréotypé et l'illusion d'une présence.

De son côté le neuroscientifique Olaf Blanke, de l'école polytechnique fédérale de Lausanne, a créé un fantôme en laboratoire. Commençant par observer le cerveau de patients épileptiques par l'IRM il mit en évidence des lésions dans 3 régions impliquées dans les mécanismes de perception spatio-temporelle nous permettant d'avoir une perception unitaire de notre corps. Il arrive que des épileptiques aient l'impression d'une présence qui n'est que la conscience altérée de leur propre corps. Blanke imagina son expérience. Une douzaine de volontaires, les yeux bandés, devaient exécuter des gestes avec le bras tendu devant eux alors qu'un bras robotisé copiait ces mouvements en leur touchant le dos. Le robot agissant en même temps que les participants leur donnait l'impression de se toucher eux-même. Avec l'introduction d'un décalage temporel ils eurent l'impression que quelqu'un d'autre les touchait au point que certains, perturbés, mirent fin à l'expérience.

Démonstration état faite que notre cerveau produit plusieurs représentations de notre corps, unitaire en temps normal, mais quand certaines régions sont endommagées, ou trompées, il perçoit une seconde représentation de nous-même ressentie comme étrangère. Neurologiquement un fantôme est donc une altération de la conscience.

 

Attention à ne pas confondre illusion et hallucination, la première est une déformation de la réalité par le cerveau, la seconde, une production mentale déconnectée de la réalité.

Un quart des patients atteints de troubles affectifs sont sujets à des hallucinations visuelles au cours desquelles ils témoignent avoir vu des fantômes, des morts, l'enfer. La littérature psychiatrique est pleine de victimes d'hallucinations sans pathologie. Des patients sains d'esprit mais en situation de privation sensorielle perçoivent des choses qui n'existent pas bien que conscients de l'irréalité de ces perceptions.

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 09:00

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

Régis Boyer

Les anciens Germains sont familiers du monde surnaturel, elfes, Walkyries et autres créatures artificielles. Le revenant y porte le nom, sans étymologie avérée, de draugr. Ce fantôme est souvent mécontent du sort fait à son patrimoine ou du comportement de ses descendants à son égard. Ainsi aiment-ils hanter des lieux familiers. Ils mangent, boivent, dorment et sont capables de déprédations, destructions et lacérations et pyromanie. Pour leur résister il convient d'être costaud. Ainsi Glamr, suédois (peuple soupçonné d'expertise en sorcellerie) qui s'en prend à Grettir Asmundarson, l'Hercule du Nord. Un violent combat les oppose, Grettir l'emporte.

Ainsi que le rapportent les deux grands mythographes, Snorri Sturluson et Saxo Grammaticus (XIIe), la religion du Nord est à l'époque imprégnée d'ésotérisme. Les forces occultes mènent les humains.

Les morts et la mort côtoyaient les vivants, les défunts aimaient défier les vivants.

 

Maisons hantées

 

Olivier tosseri

La question : Esprit es-tu là ? Est devenue ironique, ceux qui la posent imaginent une réponse positive, si elle l'était vraiment ils cesseraient sans doute de rire. Au Moyen Âge les esprits se manifestent à l'écart des humains, à partir du XVIe ils surgissent dans les maisons. L'époque des grandes découvertes et inventions voit ressurgir irrationnel et superstitions. Démons, sorcellerie et magie annoncent des catastrophent. Claude Lecouteux, historien, classe les défunts en 3 catégories : Les fantômes, qui ressemblent aux vivants ; les revenants, qui ne laissent aucun doute quand à ce qu'ils sont, et les poltergeists, (de poltern ''faire du vacarme'' et geist ''démon'' ou ''fantôme'') ceux qu'on entend mais qu'on ne voit pas. Terme qu'emploi Martin Luther dans Propos de table. Luther y croit pour avoir lui-même subi les assauts de ces esprits ! Pour lui il existe des esprits frappeurs incorporels, liés aux morts, et les esprits bruyants, corporels, liés aux anges ''déchus''.

La maison hantée est signe qu'un péché y fus commis, que le mal s'y est insinué et que la vengeance divine va s'abattre.

Le XIXe verra une résurgence de la hantise avec les morts de la révolution française et des guerres napoléoniennes, hordes de spectres prêt à envahir châteaux abandonnées et toutes maisons accessibles. Autrefois ''maudites'' elles sont désormais ''hantées''.

C'est le siècle du spiritisme incarné par Hippolyte Léon Denisard Rivail, plus connu sous le nom d'Allan Kardec, auteur du Livres des esprits (1857), amplifié par Victor Hugo qui, en exil à Jersey, converse avec Dante,Molière et sa fille, Léopoldine, c'est aussi celui du retour de la foi par ses apparitions mariales, et de la croyance au diable. Jacques Collin de Plancy publie son Dictionnaire infernal (1818), compilant les superstitions et le ''savoir'' démonologique de son temps. De nombreux cas de hantises sont recensés des deux côtés de l'Atlantique. À Hydesville (État de New York) naît, en 1848, le spiritisme, dans la résidence des sœurs Fox. Elles communiquent par des coups avec l'esprit qui hante leur maison. En 1888 elle dévoileront la supercherie, une fois leur fortune faite et les théories spirites florissantes. Celles-ci se parent de ''science''.

 

En 1862, à Londres, est fondé le Ghost Club qui veut démontrer l'existence des phénomènes surnaturels. Charles Dickens en est un membre éminent. Aux USA Thomas Edison cherche à concevoir le ''nécrophone'' pour communiquer avec les morts.

Par la suite les esprits quitteront les scientifiques, après les religieux, pour intéresser les psychanalystes qui tenteront de les utiliser pour justifier leurs théories sur l'hystérie, les deuils non faits ou la folie pure et simple.

Aujourd'hui la plupart de ces témoignages sont tournés en ridicule et ceux qui y croient presque traités d'abrutis.

 

Reste que communiquer avec les mo(r)ts ''hante'' bien des humains. Je gage que bien peu seraient heureux d'y parvenir !

 

Communiquer avec les vivants est-il si peu intéressant ?

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 08:23

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

Jean-Claude Schmitt

Les revenants imprègnent notre représentation de la période médiévale, les récits les mettant en scène étaient nombreux et furent recueillis, colportés et prêchés par les clercs. La perte d'un proche était aussi douloureuse à l'époque que de nos jours et le retour du défunt dans nos rêves, l'impression de sa présence, sont des expériences anciennes.

 

 

 

La pensée de la mort et des morts est au cœur de l'idéologie chrétienne. L'Église enseigne qu'il existe une vie après la mort, un temps permettant d'accumuler de nouveaux mérites afin d'obtenir le salut éternel lors du Jugement dernier. Acquisition possible avec la participation des vivants, participation financière ou spirituelle avec des messes dites en mémoire d'un disparu. C'est souvent le mort qui prévoit dans son testaments que de l'argent soit donné aux pauvres et des cérémonies tenues en sa mémoire. La question est de savoir où se trouvent les disparus entre le décès et la Jugement à venir. Quatre lieux les accueille, le paradis, l'enfer, les limbes, où sont les enfants morts sans avoir été baptisés et le purgatoire où vont les âmes devant être purgées des péchés commis sur terre. Celles-ci subissent des épreuves proches de celles de l'Enfer mais qui sont temporaires. Ce dernier lieu n'a de sortie que vers le haut. À la fin des temps ce lieu sera vide. Un séjour ne dure, souvent, que quelques jours ou quelques mois. Les vivants sont souvent rappelés à leur devoir de solidarité, instaurant des échanges triangulaires entres les vivants l'Église et le mort. Mécanisme appelé memoria : basé sur l'entretien, par les vivants, de la mémoire des morts, dont les noms sont consignés dans l'obituaire, ainsi que la date du décès permettant au prête le rappelle à qui de droit.

Ce système parfois ne fonctionne pas, les vivants ''oublient'' leurs défunts où celui-ci fut un tel pécheur qu'il faut de nombreuses interventions pour l'aider, ou, encore, si la mort fut subite empêchant les derniers sacrements. Le mort apparaît pour réclamer son dû, donne une preuve de son identité. Plus sa tenue est blanche plus il est proche de la libération. 

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 08:21

Historia Spécial – Janvier-Février 2016

Catherine Salles

Dans l'Antiquité à la question : Que se passe-t-il après le trépas ? L'homme répond qu'un mort ne l'est jamais vraiment. Il est là, aux côtés des vivants.

Un Grec ou un Romain aurait difficilement su définir un mort. C'est un fantôme impalpable ressemblant au vivant mais sans consistance ni conscience. Il n'est qu'une ombre.

Mourir c'est perdre la clarté du soleil, vivre dans les ténèbres où joie et lumière ne pénètrent pas. L'âme quitte le corps pour descendre dans le monde souterrain des Enfers, obscur et froid dont les fleuves sont de grandes zones marécageuses et puantes où règnent Hadès et Perséphone, où se promènent Cerbère, où attend Charon, où sièges les trois juges, Éaques, Minos et Rhadamanthe et où guettent les Érinyes, Alecto, Tisiphone et Mégère.

Le Tartare est une forteresse d'airain où sont ceux qui furent irrespectueux envers les dieux. Tantale, et son supplice, Ixion, et sa roue enflammée tournant sans fin, Sisyphe, les 50 Danaïdes... Les champs-Élysées sont pour les ''bienheureux'' mais son aspect paradisiaque est un leurre. Dans le monde des morts tout est désolation et faux-semblants sans une trace de plaisir où les âmes attendent de se venger des vivants.

Grecs et Romains témoignent leur respect à leurs défunts pour qu'ils ne reviennent pas les ennuyer. La paix entre les mondes est préservée par des fêtes notées dans les calendriers religieux.

En Grèce et à Rome les âmes peuvent, un jour, revenir dans le monde des vivants, à la fin de février pour les Athéniens, les 24 août, 5 octobre et 8 novembre. Les vivants espèrent ainsi que les morts ne seront plus, hors de ces dates, revenir voir les vivants.

Ces deux peuples avaient un moyen de communiquer avec les morts et d'en faire des intermédiaires avec les divinités, ce sont des tablettes magiques tabellae defixiorum (tablettes de défixion), en plomb, enroulées et percées par un clou. Elles étaient déposées dans un lieu où se trouvent des morts, charge à ceux-ci de les transmettre à la déité concernée. Les demandeurs peuvent être mus par la peur de perdre un procès mais aussi pour qu'une certaine personne tombe amoureuses d'eux. Elles étaient rédigées par des professionnels et contenaient, outre le texte, des formules magiques, des lettres sacrées, des dessins expliquant le vœu... le tout sur des feuilles de plomb de moins de dix centimètres.

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 09:00

Historia Spécial – Janvier-Février 2016

 

La mort hante les champs de bataille, rôde dans les hôpitaux, laboure les cimetière. Un instant suffit pour que la Faucheuse s'empare de nous. Elle a toujours été là, programmée dans nos gènes, gravée dans nos cellules... Terrifiante compagne dont l'étreinte glacée fait frissonner de peur. Et après ? Les Revenants supposent l'existence d'une alternative au vide. Pour les Anciens les âmes descendant aux Enfers. Frustrées et envieuse des vivants, ne pensant qu'à revenir se venger. Dans le Moyen Âge chrétien elles perturbent les rêves et la vie de leurs familiers. Une erreur doit être réparée pour que l'âme en peine rejoigne l'au-delà.

 

Des disparus si présents

Robert Muchembled

Qui aura vu Spectre, la dernière, en date, aventure de James Bond, se souviendront que la première scène se passe durant la fête des morts au Mexique, ensemble de rites étalées du 31 octobre au 2 novembre hérités des Aztèques et perdurant sous le manteau du christianisme. Ces cérémonies pourtant perdirent leur côté joyeux, comme en Europe, avec l'offense obscuranto catholique de la fin du XVI siècle. En Flandre on ''croquait'' la tête du mort lors de banquets funéraires. Les jeunes hommes célibataires conduisaient un rituel censé empêcher les les défunts de revenir. Offrandes de nourritures mexicaines ou repas européens ont le même but d'unir les morts aux vivants malgré l'insistance de l'Église pour que les premiers disparaissent. Celle-ci avaient opportunément inventé le purgatoire pour que les âmes ''sauvables'' puissent être rachetées, financièrement, par leurs descendants sous forme de dons aux moines. La Réforme catholique née du concile de Trente fait bien la séparation entre le bien et le mal et donne une vision tragique de l'existence. Dieu punit sévèrement les péchés des hommes en laissent le Diable les tenter afin de les inciter à tout faire pour sauver une âme constamment en danger. La crainte des revenants pénètre au cœur du monde et du corps humain que le démon peut posséder au moindre péché mortel. L'Église cherche à imposer sa conception de la mort mais malgré ses efforts les croyances aux retours de trépassés malveillants perdurent. Après le renouveau de la foi et le goût pour l'ésotérisme, le XIXe siècle gothique voit la naissance(?) de Dracula. Le XXIè n'a pas vu disparaitre ces croyances, elles ont seulement migré du ''réel'' au monde cathodique, il n'est que de voir les séries mettant en scène les vampires ou les zombies. ''On ne peut pas négocier avec la mort, mais on peut faire des affaires avec elle'' dit un proverbe mexicain.

Si une chose est sûre c'est celle-là !

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 08:05

L'année s'achève et avec elle le challenge coréen organisé par PatiVore, autant que ce soit sur une note positive qui permette d'espérer que dans un proche avenir la Corée retrouve son unité.

In Order to Live : A North Korean Girl's Journey to Freedom

Park Yeon-mi (박연미)

Traduit de l’anglais par Séverine Quelet – éditions Kero


Contrairement à ce que veut faire croire à son peuple le président Kim, RPDC ne veut pas dire République Paradisiaque de Corée mais plutôt Régime Pervers, Dictature caractérisée ! Cela nous le savons, ce n'est pas toujours le cas des Coréens du Nord qui subissent la propagande montrant ses dirigeants, et leur leader en particulier, comme des êtres hors du commun les protégeant d'un monde qui leur veut du mal.

Yeonmi connaît son avenir, il ressemble à un cul-de-sac obscur et dépersonnalisant. Elle vit dans ce contexte qui fait d'elle une révolutionnaire, pas une enfant, un rouage d'un système qui fonctionne grâce à elle, pour elle, qu'elle doit servir à n'importe quel prix. Une vie n'a d'utilité qu'en servant le régime, et la mort n'est qu'une sorte de mise au rebut qui ne doit pas affecter leurs autres éléments du système. Le reste du monde n'existe pas ! Son père était fonctionnaire avant de s'installer à Pyongyang où il devient homme d'affaires avant de connaître des difficultés et d'être emprisonné pour commerce illégal. C'est, dit-elle, de voir un DVD pirate du film Titanic, de James Cameron, qui lui fait ouvrir les yeux sur le régime de la RPDC. N'a-t-elle pas vu un de ses ami exécuté pour avoir acheté un DVD d'un James Bond ? Libéré, son père leur conseille de fuir, comme le fit la sœur ainé de Yeonmi, Eunmi.

Avec sa mère pourtant elles organisent leur départ. Le 31 mars 2007, la nuit est froide et obscure, elles descendent la berge abrupte et rocailleuse du fleuve Yalu, alors gelé, séparant la Corée du Nord de la Chine. Les gardes patrouillent, des postes de guet sont situés régulièrement, qu'elles soient remarquées et ils tireront sans hésitation. Yeonmi Park a 13 ans, elle pèse 27 kgs. La cicatrice de son appendicectomie la fait encore souffrir mais il fallait passer cette nuit. La jeune fille glisse, fait du bruit, heureusement le soldat qui les entend leur laisse une chance, sans doute fait-il partie des gardes soudoyés pour cela.

La traversée est périlleuse mais les lumières de Changbai brillent et attirent Yeonmi avec la promesse de pouvoir manger, à cet instant c'est le plus important.

Erreur ! À la place de la police du Nord elles vont connaître les passeurs. Alors qu'elles croyaient approcher de la liberté elles découvrent des difficultés pires que les précédentes. L'un d'entre eux demande des relations sexuelles avec lui sans quoi il les dénonce, sa mère s'offre à sa place. Les autres demandent ensuite si elle préfère être renvoyée d'où elle vient, avec pour perspective tortures puis exécution, ou être vendue ?

Elle choisit le moins pire ! En Chine elle n'existe pas, être réfugié c'est être rien, alors elle se tait, subit, attend, dans des conditions de vie plus dures que celles d'avant. Son père vient les rejoindre, meurt, mais il ne faut rien dire, rien monter, surtout ne pas attirer l'attention. Deux ans avant de pouvoir passer en Corée du Sud avec l'aide de missionnaires chrétiens chinois et coréens elle obtient le soutien de diplomates de Séoul, et (ré)apprend à vivre, dans un pays dont elle ne sait rien, au mode de vie si loin de celui qu'elle connut. Désormais elle étudie à l'université Columbia, voudrait s'orienter vers les sciences politiques (un oxymore?), l'économie, en continuant à parler de la vie en Corée du Nord avec l'ambition d’œuvrer pour que l'avenir de la RPDC ressemble au sien.

Yeonmi a vu les horreurs que les humains s'infligent les uns aux autres mais aussi la gentillesse, les sacrifices dans les pires moments. Survivre demande parfois, souvent, l'abandon d'une part de son humanité.

De la Corée du Nord Yeonmi garde beaucoup de souvenirs, le Yalu d'abord, queue de dragon entre la Chine et son pays qui rejoint la mer Jaune. En hiver les températures approchent les -40° à Hyesan, mais c'est la maison de la jeune fille. Elle est née le 4 octobre 1993, après seulement 7 mois de grossesse. La vie fut pourtant la plus forte, lui donnant une énergie qui lui permit de survivre d'abord et de s'échapper ensuite d'un pays où l'autre peut être un espion, où mourir de faim et de froid est courant. Elle raconte comment chaque jour est un combat jusqu'à ce qu'il soit évident que quitte à se battre autant que ce soit avec l'espoir d'un meilleur avenir.

Tous les Coréens du Nord ne peuvent suivre son chemin mais il n'est pas de dictature promise à durer toujours.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Corée
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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 08:44

Enrique Santos Marinas

 

Entre la Baltique et le Dniepr s'étaient établies des tribus slaves autour des guerriers Varègues et de marchands d'origine viking. C'est là qu'au début du IXe siècle naquit le tout premier État du monde slave oriental : la Rous de Kiev.

 

En 882 Oleg s'empara de Kiev, ses descendants étendirent leur domination jusqu'à entrer en concurrence avec l'Empire byzantin. Vladimir Ier assura la pérennité de la Rous de Kiev et pour cela se convertit au christianisme. Troisième fils de Sviatoslav, sa mère, Maloucha, avait été la servante de sa grand mère, Olga. Cette origine lui interdisait l'accès au pouvoir mais le jeune homme réunit autour de lui une armée suffisante pour s'emparer du pouvoir, d'abord en s'emparant de Polotsk, puis de Kiev, après la mort de Iaropolk, son frère ainé.

Histoire de profiter de sa situation Vladimir viola la veuve de son frère qui donna naissance à Sviatopolk. Celui-ci, influencé par sa naissance sans doute tua deux de ses demi-frères après la mort de son géniteur en 1015.

Vladimir est donc au pouvoir en 980, il consolide sa position en remportant de nombreuses victoires, contre les Polonais, les Bulgares et diverses tribus des environs, sans oublier de massacrer les peuples menaçant de se rebeller.

Partagé entre le christianisme de sa grand-mère et le paganisme de son père. En 988 il s'empara de Chréronèse en Crimée mais offrit de la rendre aux coempereurs de Constantinople, Basile II et Constantatin VIII, s'il lui accordaient la main de leur sœur Anne. Ceux-ci acceptèrent à condition qu'il se convertisse. Il accepta, détruisit les idoles des dieux païens à Kiev et ordonna le baptême de la population.

Cette conversion ne modifia en rien son comportement, polygame invétéré il eut des enfants de 5 femmes différentes. Qu'importe pour l'Église, le pardon lui fut accordé en regard de son baptême et de la christianisation de son royaume. Il accédé même, quelques siècles plus tard, au statut de saint !

Mort le 15 juillet 1015 il fut enterré suivant un rite païen, après quoi commença une lutte de succession qui opposa Sviatopolk à Boris et Gleb, le premier fit, nous l'avons vu plus haut, exécuter ses frères. Manque de chance, pour lui, la fratrie ne s'arrêtait pas là mais incluait Iaroslav, celui-ci sut défaire Sviatopolk et le fit mettre à mort, c'était plus sûr. Après quoi, enfin roi, il sut assurer à son pays une période de prospérité et d'essor culturel au point d'être surnommé ''le Sage''.

Politique et religion ont toujours fait ''bon''ménage !

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 09:00

Kim Hoon – Traduit du coréen par Han Yumi et Hervé Péjaudier – Gallimard – 2004

 

Les étoiles

Le palanquin des souverains défunts suit la ligne de crête, interminable processions funéraire, cortège précédé par celui qui souffle dans sa trompe en métal pour annoncer au ciel qu'arrive un roi dans la montagne. À côté du roi une cinquantaine d'élus seront ensevelis vivants, certains étaient volontaires, d'autres, non. Ils s'allongent dans des trous pour accompagner le roi défunt, creusés en éventail autour de la chambre funéraire. Les plus méritants étant les plus proche de la chambre en pierre où le cercueil du roi serait déposé sur des milliers de lingots de fer. Le temps passant, il suffisait qu'un tremblement de terre disjoignît la chambre funéraire pour que l'eau s'y infiltrât et fisse rouiller le fer produisant un jus brunâtre dans lequel s'immergeraient les cadavres des monarques.

Les royaumes se touchent entre les montagnes, quand les chiens aboient d'un côté, de l'autre ce sont les coqs qui répondent. Les surfaces cultivables réduites rendent la vie difficile et les affrontement sont nombreux pour s'emparer des biens du voisin, qui n'est jamais d'accord. Chaque village, pour se défendre, forgeait armes et boucliers au rythme des marteaux s'abattant sur le métal. Ainsi les rois étaient-ils bercés par ces pulsations, cœur de fer semblant battre pour l'éternité.

Les tombes se ferment, nul son n'en sort, quand quelqu'un veut fuir des soldats sont là pour le convaincre d'accepter l'honneur qui lui est fait. Si, la veille, les vierges promises s'enfuient, elles seront rattrapées, coupées en morceaux et jetées dans un puits, comblé et rapidement oublié. Personne n'en parlera, rien ne se sera passé.

 

Ainsi cela se fait-il depuis quatre cent ans.

 

La forêt de bambous

Ureuk et Nimum pénètrent dans la forêt de bambous, brillante, clairsemée et profonde prenant garde à ne pas écraser les œufs de caille éparpillés sur le sol détrempé. L'été précédent ils avaient ramené cinq troncs de paulownia, transformé depuis en planches. Quand celles-ci seront devenues instruments de musique peut-être comprendront-ils la magie des sons dispersés au gré du vent.

Il a plu depuis une semaine, Ureuk peut enfin sortir son cheval et avec lui partir en direction du port de Gaepo. L'odeur de la forêt est forte, les feuilles se balancent au souffle du vent et les branches des saules fouettent son visage. Ainsi lancés l'homme et son cheval ne font qu'un, partageant sensations et émotions. Il va à Gaepo pour vérifier que le vieux forgeron Yaro y a bien fait son apparition. Lui savait arracher à la chair du métal l'aigu d'une pointe. Il avait même rencontré seul le roi, reçu des présents, cornes de cerfs, peaux de renard, tant qu'aux funérailles du roi précédent il s'était retrouvé au premier rang.

Yaro méprisait Ureuk, un maître de musique, ignorant de l'art de la fabrication des armes. Celui-ci lui répond qu'il voulait faire courir son cheval ! Lorsqu'il parvint à l'entrée de son village,Ureuk aperçus les tertres des rois se découpant au sommet des monts lointains comme s'ils touchaient le ciel.

 

Le fer

Yaro se rend à Namwon, escorté de cinquante cavaliers et suivi de vingt chariots vides. La route est longue, entre les monts Gaya, Deokyu, Baekun, Jiri, parfois les franchissant, parfois les contournant. La bataille des plaines de Samae est achevée depuis quelques jours seulement, aucun soldat n'avait survécu, tous passés au fil des lames des autres. Privée de combattants, la bataille avait cessé d’elle-même. La guerre s'était exténuée comme un étang s'évapore jusqu'à n'être qu'un trou sec et seul un général avait trouvé le chemin du retour.

Le convoi de Yaro longe le fleuve, des cadavres putréfiés d'hommes et chevaux s'y entremêlaient. Les soldats de Yaro s'étaient enveloppé le visage d'un linge percé à l'emplacement des yeux, retournant les cadavres pour récupérer leurs équipements, haches et épées, regroupant ce qui était en fer au même endroit. Récoltant même les boucliers défoncés à coups de hache, détachant les armures, récupérant les casques. Le tout pesant plus de deux mille livres.

Ainsi le convoi rejoignit-il Gaepo en douze jours n'ayant perdu que deux soldats, écrasés par les chariots si lourdement chargés. Quand ils arrivèrent les filles de joie étaient en effervescence.

 

La soupe de coquillages

Le roi Gashil ne quitte plus son lit, son état est si dégradé que concubines et favorites ne s'approchent plus de lui. Le contact du tissu lui est insupportable aussi son lit est-il déplacé pour être au soleil le plus possible. Il sait sa mort imminente et de regarder les jeunes filles qui l'entourent lui donne l'idée de les emmener avec lui dans l'autre monde. Les frontières de son royaumes sont attaquées quotidiennement, les champs sont couvert de cadavres et d'armements rouillés. Le roi ne parvient pas à suivre l'évolution de la guerre, son esprit est trop faible. Tout juste peut-il distinguer les ombres autour de lui, et l'une se détache. Ara est son nom, elle a dix-huit ans. Elle est belle.

Ainsi, au fil de ses contes successifs et cohérents, Kim Hoon retrace-t-il la chronologie de Gaya et des Trois Royaumes, s'appuyant sur le Samguk Sagi et le Samguk Yusa. Le premier, écrit par un confucianiste sérieux, s'attachant à l'Histoire, le second faisant la part belle aux contes et légendes. S'attachant à Ara, une demoiselle d'honneur en fuite pour échapper à l'ensevelissement alors que Ureuk est convoqué à la cour pour trouver le son parfait digne d'accompagner les funérailles royales et que Yaro est appelé à réarmer le pays menacé par le royaume voisin de Shilla en même temps qu'il doit couler les fondations de fer de la tombe du roi.

Ureuk cherche le chant parfait des cordes, ainsi Kim Hoon use-t-il de ses personnages, individus pris dans une époque violente dans laquelle ils essaient malgré tout d'assumer leurs destins, pour composer une œuvre dont la magie ne peut échapper à son lecteur.

 

Le chant des cordes

Dans le cadre du Challenge Coréen de PatiVore.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Corée
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