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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 08:42

Franck Thilliez – 2012 – Fleuve noir

Il y a vingt-six ans

 

Piotr et Maroussia Ermakov regardent les couleurs bleues, oranges et rouges mordrent le ciel.

Le spectacle est magnifique.

Le lendemain les paysans regardent les hélicoptères, écoutent les sirènes au loin. Que s'est-il passé ? Rien d'important puisque ni la radio ni la Pravda n'en parlent.

 

Quelques jours plus tard Andreï Mikhaliov profite du chaos qui emporte l'Empire soviétique pour pénétrer dans un établissement de haute sécurité à 110 km de Kiev. Il ne regarde pas les ouvriers aller et venir, il sait, mieux qu'eux, ce qu'ils risquent. Il est là pour récupérer un manuscrit du début du XXe siècle et un animal curieux nageant dans une petite boîte transparente. Cela fait, au volant de sa Travia, il s’éloigne sans se retourner, vite.

Objectif : la France.

 

De nos jours

Le commissaire Franck Sharko vient voir le Dr Ramblaix, celui-ci n'a pas de bonne nouvelle à lui annoncer. Le spermogramme est inchangé. Le médecin évoque une cause psychologique puisque le policier eut un premier enfant 8 ans plus tôt.

En sortant il reçoit un appel qui le fait grimacer.

Il traverse le jardin en direction d'une maison individuelle, avec cette excitation de découvrir une nouvelle scène de crime. Le cadavre est recroquevillé au fond d'un grand congélateur vide. La victime s'appelle Christophe Gamblin, journaliste à La Grande Tribune. Un voisin, entendant son chien aboyer anormalement, appela la police qui, explorant les lieux, découvrit le corps dans le congélateur, lequel était fermé par une chaîne, visiblement pour empêcher qu'il soit ouvert.

De l'intérieur. 

En regardant de plus près il découvre que la victime traça des lettres dans la glace, on dirait AGONIA.

Comme il fut logique pour les policiers, Sharko et Lucie, de se rendre dans les locaux du magazine employant le journaliste. Rien de notable, à part un nom, Valérie Duprès, croisé chez Gamblin. Une journaliste d'investigation lancée sur une enquête dont ses employeurs ne savent rien, à rencontrer. Puisqu'ils ne sont pas loin autant gagner du temps.  

La boîte aux lettres, pleine, indiquait l'absence de Valérie, en revanche la porte forcée et ouverte montrait une visite surprise.

Ils font malgré tout une découverte, un message laissé sur le répondeur, évoquant un enfant trouvé, errant, mal en point, avec le nom de la journaliste dans la poche.

Voilà qui est intéressant.

Mais où est passé Valérie, quel lien avec le meurtre ?

Et cette noyée retrouvée en 2001 dans le lac de Paladru, mais qui n'y était pas morte ? Gamblin avait remarqué un cas similaire l'année suivante, dans le lac d'Annecy.

Sans oublier cette inscription Nul n'est immortel. Une âme, à la vie, à la mort. Là bas, elle t'attend sur un mur à Pleubian, Bretagne, faite avec le sang du commissaire. Ce qui rappelle une autre affaire au policier, une ombre menaçante le suivant, l'observant, l'utilisant.

 

Lucie et Franck ont de quoi s'interroger, et s'inquiéter, ceci en plus de leur désir d'avoir un enfant, le pourquoi des tests du second à la demande obsessionnelle de la première. Lucie est sûre que le journaliste traçait un tueur en série. les journaux trouvés sous le lit contenant des articles sur des faits divers pouvant coïncider tant ils présentaient un mode opératoire similaire. La ''signature'' du tueur. S'ils étaient passé inaperçus de la police c'était pour n'avoir pas été classés en crimes.

Franck se remémore la phrase de Pleubian, Elle t'attend... Il doit vérifier une idée. Et découvrir un élément inattendu.

Quel lien entre l'enquête de Gamblin et celle de Duprès ? Quid de l'enfant retrouvé tatoué d'un arbre surmontant un numéro ?

Vous voulez en savoir plus sur l'hypothermie, thérapeutique ou pas, les animaux qui supportent des températures glaciales, le sulfure d'hydrogène, le potassium comme arme du crime, les effets du H2S, la mort somatique, cette frontière en deçà de laquelle la vie reste possible, puis l'agonie qui est le passage, définitif. En principe ! Suivi de la putréfaction, dégradation des protéines et action des bactéries. Voila une lecture qui vous comblera...

En fréquentant ce blog vous avez fait, si ce n'était le cas auparavant, connaissance avec cet auteur. Nul étonnement alors que son imaginaire nourri de science me plaise. une fois la première page lu il est difficile de se retenir. La fin vient toujours trop vite.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 08:26

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

 

Philippe Charlier

Ce simple mot suffit pour que vous voyiez un être errant, mort mais animé encore d'une inextinguible faim de chair humaine vivante. En réalité, si l'on peut dire, il trouve sa naissance dans le vaudou, lequel a sa source sur le territoire haïtien. Île où trois cultures se rencontrent, négro-africaine, précolombienne et française. Son origine viendrait de nzambi (dieu) et zumbi (fétiche), en langue trilouba (bantoue).

 

Au-delà de l'effroi à leur vision, les zombies sont des êtres condamnés par des sociétés secrètes (Chanterelle, Bizango, etc.) puis drogués, principalement avec de la tétrodotoxine (tirée du fugu). La victime semble morte alors qu'elle est en catalepsie. Enterrée de jour, elle est exhumée la nuit suivante pour ''vivre'' sa nouvelle existence.

Pour l'attirer hors de sa tombe, le bokor (sorcier vaudou), ou ses aides, utilise un éléments spirituels de la victime et conservé dans une bouteille. Le bokor, donc, au pied de la tombe avec ladite bouteille, fait se lever l'individu. Celui-ci doit être aidé, les servants du sorcier tirent le cercueil du caveau puis le place la tête en bas pour que le sang afflue au cerveau, après quoi ils sortent le corps, le frictionnent pour détendre les muscles et aider au retour veineux. Enfin ils lui font boire une potion à base de feuilles de concombre zombie trempées dans du clairin (alcool fort), ou respirer la fumée des mêmes feuilles brûlées à ses pieds. Le zombie est ensuite aspergé avec de l'eau glacée puis violemment fouetté pour éveiller ses sens et stimuler son système nerveux afin qu'il soit capable de marcher. Un bâillon l'empêche de crier. Ensuite un condeur (ou conducteur) l'enveloppe dans un linceul, lui noue une corde autour de la taille et l'emmène chez le bokor.

Le zombie représente l'idéal de l'esclave, il se place au service de celui qui a commandé l'acte de zombification. Il se retrouve dans un champ de canne à sucre ou comme gardien d'une maison pour surveiller les murs ou les habitants. Son alimentation est surveillé, il mangue sur des feuilles de banane, comme les anciens esclaves, l'alcool lui est interdit, comme toute substance qui pourrait le réveiller. Le processus de zombification associe réel et symbolique. mélange difficilement compréhensible pour les occidentaux qui se concentrent sur l'action chimique au détriment de l'autre, ne voient que l'impact physique en mettant de côté l'esprit du zombie pour qui exister en tant qu'individu était déjà difficile puisque sans attache culturelle ou environnementale.

L'esclave, arraché à sa terre natale, voit se rompre la chaîne symbolique le reliant à sa famille, son pays, ses ancêtres, ses croyances. Le culte des morts (guédé) est capital dans le vaudou haïtien ; les esclaves y sont attachés dès leur inscription dans le système dominguois, il comble une absence et réstitue à l'individu des racines propres.

Le système esclavagiste prétendait destituer les noirs de leur humanité, petit à petit ils élaboreront leur propre religion, imaginaire radical et lien communautaire réel. Le baptême imposé par les colons français fut reconverti en une porte d'entrée aux rituels vaudou, mais l'influence du catéchisme, obligatoire, se fera sentir dans le syncrétisme entre chrétienté et religions d'Afrique noire.

Les zombies ne sont attesté qu'en Haïti, ''fossiles vivants'' d'un esclavage pas tout à fait aboli.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 09:07

Kôjin – Natsume Sôseki – Rivages poche / Bibliothèque étrangère – 1991 – traduit du japonais par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura  Résultat de recherche d'images pour "natsume soseki le voyageur"

 

Jirô Descend à Umeda, prend un pousse-pousse, il doit aller chez Okada. Un parent lointain que sa mère lui a demandé d'aller voir. Il pourrait loger chez lui. C'est parfait puisqu'il a planifié un voyage avec Misawa, un ami. Se rendre à Suwa par la ligne Kôshû, passer par Kiso, descendre à Osaka. Après être passé par Kyôto il se rend chez son lointain parent, une personne qu'il n'a pas vu depuis cinq ou six ans. Comme prévu celui-ci se révèle plus chauve qu'auparavant, il possède une maison dont le premier étage propose une belle vue. Le soleil entrant directement fait régner dans la pièce une forte chaleur.

L'épouse d'Okada s'appelle Okané, jolie, de loin. Il en avait dit du mal autrefois, alors que les futurs époux commençaient à se fréquenter sous l’œil organisateur de ses parents. Le mariage est chose trop importante pour laisser seul le hasard et les sentiments en décider.

Reste pour Jirô à prendre contact avec son ami mais Okada ne possède pas le téléphone, en ce début de vingtième siècle la chose n'est pas entrée dans les mœurs.

En attendant pourquoi ne pas sortir, sur la colline, regarder les maisons dispersées et les haies. En ce soir d'été le crépuscule s'attarde longuement. C'est l'occasion pour Okada d'exprimer son interrogation sur l'absence d'enfant dans sa famille. Pour Jirô le lien entre enfant et mariage n'est pas évident.

Le lendemain arriva chez Okada une carte postale de Misawa prétexte à ce que Okané parle de son père qui n'écrivait que sur ce support. Quand Jirô lui demanda si elle voulait des enfants elle rougit sans répondre. En attendant des nouvelles de son ami, Jirô rencontra Sano, prétendant de Osada qui vivait avec sa famille, il avait, aussi, pour mission de rencontrer cet homme pour se faire une idée. Sano avait le front bombé, à part ça il semblait correct.

Résultat de recherche d'images pour "natsume soseki" Aucune autre nouvelle de Misawa, Jirô en a marre d'attendre, il est prêt à partir seul mais une lettre arrive qui donne des nouvelles. Misawa est bien arrivé à Osaka mais est hospitalisé. Avec sa valise Jirô va rendre visite à son ami. Celui-ci avait toujours eu des problèmes digestifs, en partie à cause de sa négligence, une fragilité héritée de sa mère. Il connaissait tous les mots afférant aux affections intestinales. Discrètement interrogée l'infirmière ne put que parler de mal à l'estomac. Jirô en profite pour récupérer la chambre de son ami dans une auberge. Maintenant il lui est difficile de partir et d'abandonner Misawa dont le traitement consiste en poches de glace posées sur son ventre.

En partant, un soir, il aperçoit une femme, de profil, recroquevillée sur un coin de banquette. Sans le dire à son ami il imagine qu'il s'agit d'une geisha. Mais Misawa la connaît et avoue une part de responsabilité dans sa maladie. Un soir de Résultat de recherche d'images pour "tokyo 1906" forte alcoolisation il avait en toute conscience abusé, et forcé cette jeune femme à en faire autant avec pour résultat une double hospitalisation. Sans jamais la nommer Jirô et Misawa parlaient de ''cette femme'' à chaque visite du premier, le second paraissait en savoir davantage chaque jour grâce à l'infirmière, parlant de son travail dans une maison de geishas, qu'elle y était une vedette et ne se permettait pas d'absence malgré une santé fragile.

Un jour pourtant Misawa décide de rentrer à Tôkyô, en train couchette. Le temps presse, Misawa va rendre visite à ''cette femme'' pour s'excuser de l'avoir amené à boire du saké. Plus tard alors qu'ils parleront Misawa évoquera une jeune fille connue autrefois, un peu dérangée et qui ressemblait beaucoup à ''cette femme'', il avait fini par l'apprécier mais elle était morte.

À l'hôpital.

Le temps de se séparer est venu, la gare d'Umeda en est le décor.

Le lendemain Jirô dut retourner à la même gare pour accueillir sa mère, son frère aîné, Ichirô, et sa belle sœur, Nao.

 

Les frères pourront discuter, se connaître, se découvrir, évoquer, pour l'aîné, la difficulté du mariage, sa difficulté à comprendre sa femme, il demandera même à Jirô de l'aider à tester la fidélité de son épouse dont il doute parfois. Passer une journée avec Nao ne semble pas une épreuve pour le cadet. Le climat allongera leur tête à tête. Pour Jirô c'est l'occasion de découvrir qu'il connaît trop mal les femmes.

L'hiver approche.

Résultat de recherche d'images pour "natsume soseki"

Sôseki est au plus proche de la vie, des êtres, de leurs pensées, contradictions, espoirs et craintes. Dans le quotidien qui s'étire il voit les désirs qui s'approchent, la société qui s'impose, encore. Le mariage est important mais qu'attendre d'une femme qui en se mariant perd toute ingénuité ? Dès lors qu'attendre de la réflexion qui se perd en elle même comme une araignée tissant un piège dont elle sera finalement victime ? Laissez-vous prendre par la magie des mots, et l'intelligence des réflexions, sans affirmations pédantes ni démonstrations vaines. Un des personnages le dit : ''L'excès d'intelligence était précisément la source de ses tourments.'' Sôseki était-il tourmenté ? Je peux imaginer que ce n'est pas notre cas, ni à vous, ni à moi.

Mais peut-être suis-je hypocrite. 

Encore un grand merci à PatiVore pour avoir eu l'idée de consacrer ce mois à Natsume Sôseki. 

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 08:40

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

 

Catherine Salles

C'est en Arcadie qu'apparaît le premier lycanthrope de la mythologie grecque. Un puissant souverain nommé Lycaon (loup) était riche et père de 50 fils. Cruel et impie il ne reculait devant rien pour dépouiller ses sujets. Zeus, qui aimait se mêler au peuple pour observer les hommes, se présente à lui déguisé en pauvre paysan. Pourtant les Arcadiens devinent sa nature divine alors que le roi est d'un avis contraire.

Reste à le démontrer, pour cela le souverain ne trouve rien de mieux que de servir à son hôte les entrailles de victimes sacrificielles améliorées avec les reste dépecés d'un esclave.

Nul crime n'est pire que l'anthropophagie, tabou chez les hommes et les dieux. Zeus discerne le piège et transforme le roi en loup avant de tuer ses fils. Dès lors quiconque mangera de la chair humaine deviendra un loup-garou dévorant troupeaux et humains. Zeus atterré par ce comportement provoquera un déluge pour engloutir l'humanité !

[Preuve que celui-ci ne fut pas plus définitif que les autres !]

Hérodote est le premier à évoquer la lycanthropie d'un peuple, les Neures, voisins des Scytes, sur la rive gauche du Danube. Un fois l'an tous se transforment pour quelque jours. Dans la réalité il est probable qu'il s'agissait de rites initiatiques voyant les Neures revêtir des peaux et masques de loups. De même ''existaient'' en Arcadie un temple dédié à Zeus Lycéen (Zeus Loup) qu'aurait fait érigé Lycaon, où étaient servi aux fidèles entrailles d'humains et de victimes sacrées. Les consommateurs se métamorphosaient en loup. Parmi ceux-ci on trouve Déménète, athlète de Parrhasie qui ne recouvra sa forme humaine que dix ans plus tard, juste à temps pour remporter à Olympie le prix du pugilat.

Dans le Satiricon, roman de Pétrone, Nicéros est esclave et amoureux d'une cabaretière, Melissa. Voulant la rejoindre à la campagne il est accompagné par un militaire pour le protéger. Sa surprise est grande quand une nuit il voit celui-ci déshabiller, se transformer en loup, et disparaître dans les bois. Partant seul il retrouve Melissa qui lui raconte qu'un loup ayant pénétré dans l'étable y saignât toutes les bêtes. L'animal fut mis en fuite par un esclave qui le blessa au cou. Sur le chemin du retour Nicéros retrouve le militaire et constate, avec effroi, que celui-ci est blessé au cou ! Comprenant sa nature il évitera de le toucher et de partager ses repas.

On est jamais trop prudent.

Croyance populaire voyant les esprits mauvais se transformer en créatures destructrices il y a peu d'exemple dans la littérature antique de loup-garou. Platon évoquera par analogie le goût du sang de leurs sujets par des tyrans semblable alors, moralement, à des prédateurs insatiables.

Les romains redoutaient les loups-garous, et les striges, démons ailés pouvant changer de forme pour pénétrer les maisons, attaquer les nourrissons ou les cadavres, se nourrir de leurs chairs, s'abreuver de leurs sang, pour alimenter leur magie. Les striges sont en quelque sorte des loups-garous femelles !

 

L'OPINION DE LA SCIENCE

Gautier Cariou

Pour la science, la réalité est claire, il n'y a en fait de loup-garou que des cas psychiatriques nécessitant un suivi. Chacun connait ce scénario. Un soir de pleine lune, poils et canines s'allonge, le corps et le visage se déforment pour prendre une forme lupine, l'instinct prend le dessus sur l'humain. Après l'Antiquité c'est l'inquisition qui traque les loups-garous et les condamne à mort.

Les références à ces créatures sont nombreuses mais si elles existent ce n'est pas sous cette forme légendaires mais dans la réalité d'hommes persuadés de se transformer en loup et agissant comme tel : la lycanthropie clinique. Elle se retrouve dans plusieurs maladies mentale comme la schizophrénie ou le syndrome dépressif sévère. En 1988 un homme après avoir battu à mort un homme avoua être un loup-garou. Sa femme témoigna l'avoir souvent entendu hurler la nuit.

Outre des affections mentales la prise de psychotropes peut déclencher les mêmes symptômes. Divers cas attestent des effets de ces produits, un homme qui est pris d'une envie de chasser des lapins pour les dévorer vivants, une femme marche à 4 pattes et tente de mordre le personnel soignant. Rien de diabolique pourtant là-dedans, seulement l'ignorance des maladies induisant ce comportement. Pourtant le médecin Marcellus de Side, au IIème siècle décrit la lycanthropie comme une manifestation possible de la mélancolie. Pline l'Ancien écrit dans son Histoire naturelle ''Qu'il y ait des hommes qui se t transforment en loup et retrouvent leur première forme, on peut en toute confiance assurer que rien n'est plus faux.''

Le mythe du loup-garou pourtant perdura.

John Illis, du Guy's Hospital de Londres, proposa en 1963 que la lycanthropie était causée par la porphyrie, maladie causée par un déficit enzymatique provoquant l'accumulation de porphyrines qui provoque une hypersensibilité à la lumière, augmente la pilosité, notamment sur le visage, une nécrose des tissus et une coloration brunâtre des dents. Symptômes assez spectaculaires pour expliquer l'origine du loup-garou, comme celle du vampire.

Et la lune ? Les études sont contradictoires sur son effet. La croyance en cette influence est appelée ''effet transylvanien'', les observateurs obéiraient à des préjugés culturels.

Et je le regrette, combien j'aimerai me transformer en loup, courir dans les bois, et oublier ces oripeaux humains.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 09:09

坊っちゃんNatsume Sôseki – 1906 – Le serpent à plume éditions – traduit du japonais par Hélène Morita  Résultat de recherche d'images

 

Tout commence par un aveu, celui du narrateur qui reconnaît n'avoir pour héritage reçu qu'une nature impulsive et risque-tout lui valant depuis sa petite enfance de perpétuelles mésaventures. Écolier il avait sauté du premier étage de son école et perdu, pour une semaine, l'usage de ses jambes parce qu'un condisciple lui avait lancé ''Eh, tu ne serais pas capable de sauter d'ici... Poltron va !''

Même motif, même punition quand il voulut montrer la qualité de son canif ! La cicatrice sur le pouce est toujours là.

Ces ''exploits'' avaient été nombreux durant son enfance, peut-être pour attirer l'attention d'un père ne montrant aucune affection ou d'une mère préférant son aîné.

2 jours avant que sa mère ne meurt il s'était cogné les côtes à l'angle du fourneau de terre ; à la suite de quoi sa mère lui avait hurlé qu'elle ne voulait plus le voir. C'était donc chez un proche qu'il avait appris son décès. Une fois rentré son frère lui imputa la responsabilité de cette disparition, ce qui entrainé en réponse une gifle suivi de critiques sévères.

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La vie à trois s'installa, le frère qui apprend l'anglais mais présente un tempérament de nature féminine, et le père, inactif, lui serinant à la moindre occasion qu'il n'était qu'un raté.

Dans la maisonnée seule Kiyo, la servante, lui manifestait de l'affection, sans qu'il en comprit la raison.

La vie continua ainsi durant les cinq ou six années qui suivirent le décès de sa mère, jusqu'à la mort du père suite à une attaque d'apoplexie. Lui obtint son certificat d'étude et son frère ainé un diplôme de son école de commerce et un emploi dans une société de Kyûshû. Les biens familiaux furent vendus à un chineur, la maison à un homme fortuné, de l'argent dont l'aîné profita largement. Les frères se séparèrent, restai Kiyo à laquelle il ne restait qu'à demander asile chez son neveu, greffier dans un tribunal. Avant de partir pour Kyûshû son frère lui remit sa part, 600 yens, dont il pourrait profiter à sa guise, et 50 yens à donner à Kiyo.

N'ayant aucun but dans la vie c'est la vue d'une annonce pour recruter des étudiants pour l'École de physique qui l'incita à s'y inscrire. Durant trois ans il étudia et réussit à obtenir son diplôme. Une semaine plus tard le directeur le convoqua et lui proposa un poste de maître de mathématiques dans une école secondaire au Shikoku. Pourquoi ne pas accepter ? Avant de partir, et de quitter Tôkyô il rendit visite à son ancienne servante et lui parla de son projet, lui promettant de revenir aux prochaines vacances d'été.

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Le village qu'il découvre le déçoit. Le trajet jusqu'au collège l'obligea à prendra une barque, un train, puis un rickshaw. Malgré cela il arriva trop tard. Il s'installe dans l'auberge Yamashiroya. Il fait chaud mais la nourriture est bonne, c'est déjà ça !

Le lendemain il peut enfin rencontrer le directeur, celui-ci le fit penser à un blaireau avec ses moustaches clairsemées, son teint foncé et ses grands yeux. Il va lui falloir se présenter à chacun des autres professeur, chose qui le désole, et au sous-directeur, habillé d'une chemise rouge, censée être un remède pour le corps. Ses cours commenceront le surlendemain. Il profite de son temps libre pour découvrir la ville, et réaliser que le temps n'avait pas joué en sa faveur. À l'auberge il obtient une meilleure chambre et prend le temps d'écrire à Kiyo pour la rassurer.

La visite de son collègue prof de math, le ''Porc-Épic'', le surpris mais celui-ci le convainquit de la nécessité de changer de logement, il connaissait justement une pension qui l'accueillerait, s'il le recommandait. Finalement il jugea celui-ci moins désagréable qu'il l'avait cru, de plus c'était le plus populaire des professeurs.

Résultat de recherche d'images pour "vues du japon 1906"

Botchan est près à commencer ses cours, à découvrir le monde de l'éducation, la province... et cela sera bien loin de la vie qui était la sienne dans la capitale. Un grand roman de Sôseki, un classique qu'il rédigeât après son séjour à Matsuyama. Le Japon change et s'ouvre au monde. Son héros est un homme du peuple alors que Kiyo vient d'une noblesse vaincue par le temps. Le narrateur n'est pas chez lui, il le sent, les autres en sont sûrs eux aussi.

Parviendra-t-il à trouver sa place dans un espace aussi étriqué ? Si vous savez ce qui vous reste à faire si vous voulez le savoir. Un remarquable, et instructif, roman que j'aurais peut-être manqué sans le mois Sôseki proposé par PatiVore.

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 08:11

Historia Spécial - Janvier_Février 2016

 

Gautier Cariou

Qu'en est-il de la réalité du vampirisme ? À Venise en 1576, alors que la peste décime la population, les fossoyeurs découvrent des cadavres qui s'animent, gémissent, dont poils, cheveux et ongles ont continués à pousser alors que du sang coule de leur bouche. Pas de doute, il s'agit de vampires !

Les médecins légistes modernes auraient eu plus de sang froid tant ces phénomènent sont naturels. La rigidité cadavérique s'estompe après quelques heures, les membres se relâchent, provoquant des mouvements post mortem. De même les gaz, le méthane en particulier, s'accumulent lors de la putréfaction et peuvent s'échapper par les voix naturelles, la bouche par exemple, faisant vibrer les cordes vocales. Le corps se déshydratant, la peau se rétracte autour des follicules pileux et des ongles, donnant l'illusion d'une croissance ayant continuée.

 

Dans son livre Vampires, Burial and Death, Paul Barber souligne que le mythe du vampire pourrait venir d'une méconnaissance de la décomposition, mais aussi de la rage, maladie modifiant le fonctionnement du système nerveux, créant une hypersensibiltié à la lumières et aux odeurs, anxiété et agitation. Elle se transmet par la morsure, comme la vampirisation.

En 1985 le biochimiste américain, David Dolphin, de Harvard, évoque la porphyrie erythropoïétique congénitale, ou maladie de Günther. Affection causée par une difficulté à synthétiser les molécules d'hème, un constituant de l'hémoglibine. Elle se traduit par une coloration marron des dents, une photosensibilité cutanée sévère. Les lésions provoquées par la maladie s'accompagnent de nécrose des tissus avec une destruction progressive du nez, des oreilles, doigts et gencives, faisant ressortir les dents du malade. Le tout accompagné d'une chute des cheveux donne une description proche de celle du vampire, celui de Murnau, pas de Browning. Des porteurs d'une maladie aux effets si spectaculaires ne purent qu'être ainsi considérés, et traités, par le passé.

Cette affection est si rare qu'il n'est pas démontrée qu'elle ait pu participer à la création du vampire. Un ou deux cas auraient pourtant pu suffire.

 

Le vampirisme peut être lié à des maladies psychiatriques, certains tueurs en série buvaient le sang de leurs victimes. Il s'agit là du syndrome de Renfield, le compagnon humain de Dracula, induisant une fascination fétichiste pour le sang.

 

Le vampirisme clinique, recherche obsessionnelle de sang à ingérer, n'est pas considéré comme une maladie en soi mais la manifestion d'un délire schizophrénique ou de psychopathie.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 08:59

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

 

Laurent Vissière

Y a-t-il environnement plus apte à ouvrir l'appétit que l'ombre de cadavres empalés en grand nombres autour de sa table ? Ainsi nous est décrit, dans L'Histoire du voïvode Dracula, traduit par Matei Cazacu, un repas de Vlad III. Quand un de ses serviteurs s'approcha en se bouchant le nez, avouant qu'il ne pouvait plus supporter cette puanteur, il se retrouva empalé à son tour, histoire qu'avec la hauteur l'odeur ne l'incommoda plus.

 

Une anecdote parmi d'autres montrant la cruauté du seigneur de Valachie.

Vlad est un Basarab, famille qui règne sur la Valachie. Contrée prospère mais instable, prise entre la Hongrie et l'empire Ottoman. Quand il vient au monde, en 1430, son père est exilé en Transylvanie mais parvient un peu plus tard à se faire couronner prince de Valachie par le roi de Hongrie, Sigismond de Luxembourg qui lui confère en outre deux ordres de chevalerie, celui de Saint-Ladislas, et celui du Dragon, honneur qui aurait valu à Vlad son surnom de Dracul ''Dragon'', et celui de Dracula à ses enfant ''fils du Dragon''. Vlad II est capturé par les Turcs et n'est libéré qu'en envoyant en otage ses cadets, Vlad et Radu. Les Hongrois qui se méfient de lui le mettent à mort avec l'ainé, installant sur le trône valaque Vladislas II. Vlad III lui reste à la cour du sultan. Il découvre un monde où le souverain exerce un pouvoir absolu et où les opposants sont suppliciés.

Il parvient difficilement à rallier à sa cause les principautés voisines dans le but de récupérer le trône de son père, en 1456 enfin il dispose d'une armée. Les boyards valaques l'accueillent à bras ouverts et, pour signifier leur soutien, tue Vladislas II. Cette même année passe dans le ciel la comète de Halley, Vlad III y voit un signe favorable.

Le nouveau souverain entend asseoir son autorité et éliminer ceux qui la mettraient en doute. Qu'une région menace de se rebeller et elle subit ses foudres, les villages sont brûlés et les populations massacrés. Ainsi gagne-t-il son surnom de Tepes ''l'empaleur''. Et il ne manque pas d'adversaire, Dan III qui prétend au trône de Valachie et est soutenu par une partie de l'aristocratie du pays. Le dimanche de Pâques 1459, Vlad invite pour un banquet une cinquante de boyards, peut-être plus. Tous seront empalés. L'année suivante il s'empare de Dan III et le décapite lui-même avant de faire exterminer ses partisans et sa famille, hommes, femmes, enfants et bébés. Les fils ne doivent pas un jour vouloir venger leur père.

Les Turcs sont des adversaires plus difficiles, un moment il accepte de leur verser le tribut qu'ils exigent mais se ravise après une bataille dont il sort vainqueur, avec les hongrois. Quand Mehmed II lui envoie une ambassade, il la fait massacrer. Puis, l'hiver suivant, il franchit le Danube et va mener un raid dévastateur. Infligeant aux Turcs le sort qu'ils réservaient à leurs ennemis. Le sultan de Constantinople envoie une armée de 60 000 hommes contre la Valachie, mais Dracula connait son ennemi, sait lutter contre lui et va lui infliger de grosses pertes. Les Turcs pourtant avancent, en vue de Târgoviste il découvre la ''forêt des empalés'', sur 3 km 20 000 corps pourrissent sur des pieux !

Mehmet II tente un coup, il laisse en Valachie, Radu, avec pour mission de rallier les mécontents, qui ne manquent pas, et promet de rétablir la paix avec les Ottomans. Le roi de Hongrie va arbitrer la situation, proposer une parente à Vlad, et s'emparer de lui lors de la cérémonie, diffusant à travers l'Europe L'Histoire du voïvode Dracula qui fait la liste de ses crimes tout en grandissant sa légende.

L'ancien prince se retrouve en Hongrie, pendant quinze ans il tue le temps, avant, en 1475 de participer à un nouveau conflit entre les Hongrois et les Turcs, remportant de nouveaux succès, regagnant, temporairement, son trône, avant d'être tué au combat. Sa tête sera envoyée, pratique turque, embaumée et remplie de coton, en guise de trophée à Mehmed II.

L'Histoire l'aurait-elle oublié si Bram Stoker ne l'avait arraché à la tombe ?

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 10:09

PatiVore nous propose en ce mois de février de rendre hommage au grand écrivain japonais Natsume Sôseki pour le centenaire de sa naissance sous la forme d'un challenge pour lequel il suffit de lire une seule œuvre de l'auteur pour participer. Dans ce blog j'ai déjà chroniqué Ma vie de chat, heureusement d'autres textes sont disponibles, dont celui-ci, le premier de ce challenge, sans doute pas le dernier.

 

KUSAMAKURA – Traduit du japonais par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura – Rivages poche / Bibliothèque étrangère – 1987

Un peintre aime observer, il sait remarquer ce qui se passe autour de lui même s'il n'est pas là pour cela mais pour le calme des montagnes, pour le contact avec la nature et, prenant du recul avec ses habitudes, mieux comprendre son métier, son art ? Et l'art en général dans les formes qui sont les siennes suivant les continents.

L'auberge où il s'est installé après qu'elle lui fut indiqué par une vieille dame est au calme, c'est là où il fait la connaissance de Nami, une femme d'une grande beauté qui, aimé par deux hommes, fut mariée par ses parents à celui qu'elle n'aimait pas.

 

Marcher l'aide à réfléchir, il avance sur le chemin pour oublier son mal de vivre dans un endroit paisible en même temps qu'il regarde son passé afin de mieux comprendre le présent et la raison de sa présence ici. La ville est aussi pesante que stressante, où, sinon en pleine nature pourrait-il trouver le sens de sa vie ? Tout l'interpelle, un simple caillou est une invitation, une fleur est une proposition, tout l'interroge, il veut passer le monde des passions humaine au crible comme du sable, et ne contempler que l'or splendide qui y est retenu.

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Le monde n'est-il qu'un échiquier où chacun habite une case qui définit son univers personnel, une case qui est une cage pour le tigre en lequel la civilisation l'a transformé en lui montrant une liberté à laquelle il ne peut accéder, une liberté que l'art permet d'approcher, sans pouvoir l'atteindre pour autant puisqu'elle est comme l'horizon, toujours loin à mesure que l'on avance.

 

Sôseki est son personnage, peintre avec des mots autant qu'avec des pinceaux, s'interrogeant sur la véracité même de son travail, sur ce qu'il voit, veut, devine, espère peut-être, sur ce qu'il veut mettre dans sa création. Il le dit lui-même dès la première page : Dès que vous avez compris qu'il est partout difficile de vivre, alors naît la poésie et advient la peinture. L'artiste apaise le monde humain et enrichit le cœur des hommes. Les poètes sont plus angoissés que les hommes ordinaires et ont des nerfs plus fragiles. Il cite Wang Wei et Tao Yuanming, avouant leur devoir plus qu'à Faust ou Hamlet.

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C'est un voyage dont Sôseki se fait le guide, nature, poésie et peinture se superposent, avec, comme dans un autre roman lu récemment, une allusion à l'Ophélie peinte par Millais. Un périple à travers l'art et la vie dans le décor du Japon du début du siècle dernier avant que la modernité ne s'impose, en partie apportée en littérature par Natsume lui-même. Il suffit de se laisser prendre par les mots de l'auteur pour voir par ses yeux et admirer avec lui le monde qu'il contemple.

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 08:32

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

Roger Faligot

il faut emprunter un escalier extérieur pour atteindre la crypte de l'église de Saint-Michan, à Dublin. En 1860, s'étonnant qu'il y fasse assez chaud, y descend Abraham Stoker. Il vient observer deux corps momifiés, ceux des frères Shears, exécutés en 1798 pour s'être rebellés contre les anglais. Une vision qui marquera Stoker.

En 1897 il publie Dracula, récit qui parle plus de lui qu'il n'y paraît, de sa vie et obsessions les plus secrètes, enfouies sous l'apparence d'un bourgeois victorien, roux et jovial.

Son nom même semble prédestiné, venant du gaélique stocaire signifiant ''usurier'', un suceur de sang à sa façon. Il faut dire qu'il descend, par son père, de colons protestant écossais qui, venant s'installer en Irlande, spolièrent les paysans irlandais.

Né à Clontarf, banlieue de Dublin, Stoker failli mourir à la naissance. Pendant 7 ans sa mère, Charlotte, sera à son chevet alors qu'il est paralysé. Elle lui raconte les histoires de l'Ouest où il est question de femmes vampires, créatures que la mère de Bram, féministe, affectionne.

Il finit par sortir de son lit et commence à vivre. Gamin chétif il devient un solide rugbyman dans l'équipe du Trinity College où il côtoie Oscar Wilde et Edward Carson. Le Trinity eut parmi ses anciens étudiants Sheridan Le Fanu, auteur en 1872 du roman Carmilla, histoire de vampires lesbiennes qui inspirera Stoker pour les personnages féminins de Dracula.

 

Il devient fonctionnaire, en tire son premier livre, manuel à l'usage de l'administration. Il est aussi journaliste pour des journaux dublinois, dont l'Evening Dublin Mail, dirigé par Le Fanu. Auteur de chroniques littéraires il rencontre Henry Irving, célèbre acteur, dont il devient le secrétaire puis l'imprésario, au Lyceum Theater de Londres, en décembre 1878.

Avant de partir pour la capitale il épouse Florence Balcombe qu'il ravît à Oscar Wilde. Concurrence amusante considérant que l'un et l'autre ont peu d'appétence pour les amours hétérosexuelles.

Son personnage s'inspire de Vlad III Tepes qui terrorisa les Ottomans, comme Dracula veut s'installer en Angleterre pour effrayer les anglais, à la manière de la Fraternité révolutionnaire irlandaise qui fait exploser des bombes en Grande Bretagne. Bram n'utilise pas d'explosif mais un personnage.

 

Il situe son roman en Transylvanie grâce à Arminius Vambéry, professeur à l'université de Budapest, mi-espion, mi-explorateur qui décrit les mœurs du ''Pays des morts'' et sert de modèle au professeur Abraham Van Helsing. Il s'inspire également du roman de Jules Verne Château des Carpates pour décrire la région et du château de Slains plutôt que de celui de Bran.

Des chercheurs évoquent une autre influence aujourd'hui, celle de Abhartach, chef d'un clan irlandais qui se serait manifester le lendemain de sa mort en exigeant de boire le sang de paysans pour se régénérer dans la région de Dún Dreach-Fhoula, le château du visage de sang, qui se prononce ''droc-ola'' !

Par ailleurs Stoker versait dans l'ésotérisme et appartenait à l'ordre hermétique de l'aube dorée.

Le succès de Dracula sera tel que le reste de l’œuvre de son auteur restera dans l'ombre. Wilde affirmera qu'il s'agit du plus grand roman du XXe siècle (bien qu'il ne l'ait pas connu). Le roman est adapté au théâtre, mais Henri Irving est déjà mort, celui-ci s'était reconnu et avait confié sa détestation du texte.

Bram Stoker meurt à Londres le 20 avril 1912. décès occulté par le naufrage du Titanic qui eut lieu quelques jours plus tôt. Paquebot construit à Belfast, Stoker avait réalisé dans ces chantiers un repartage quelque temps plus tôt.

Dracula s'inscrit dans la tradition gothique et celtique dont font partie des romans dublinois : Melmoth, l'homme errant (1820) de Charles Robert Mathurin, Carmilla (1872) de Sheridan Le Fanu ou Le Portrait de Dorian Gray (1891) d'Oscar Wilde. Il se rattache également à une tradition plus moderne par sa constructions, l'érotisation des scènes d'horreur, les non-dits interpelant l'imaginaire du lecteur.

 

 

Le cinéma, puis la télévision, donnera une ampleur inégalé au mythe du vampire. De nouveaux auteurs vont s'en emparer, Anne Rice, Stephenie Meyer, Charlaine Harris, John Ajvide Lindqvist. En 2009 Dacre Stoker publie, avec Ian Holt, une suite à Dracula : Dracula, l'immortel. Le célèbre vampire ne disait-il pas : ''Le temps est avec moi'' !

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 08:38

Den vita lejoninnan – Henning Mankel – 1995

 

Le 21 avril 1918 trois hommes se retrouvent dans un café du quartier de Kensington, à Johannesburg. Ils sont jeunes, et blancs, en outre ils font parties des Boers, c'est-à-dire des descendants des Hollandais venus s'installer en Afrique du Sud et qui vivent mal d'être devenus une, petite, partie de l'Empire Britannique.

Partis pour préparer l'anniversaire d'un des membres du trio l'un d'eux évoque la mémoire d'un sergent anglais nommé George Stratton. Surprise de ses amis, tous détestent les anglais (on les comprend) dont ils voient la culture supplanter la leur jusqu'à menacer de l'effacer. Bref, ce sergent mourut en avril 1878 lors d'une bataille contre les tribus africaines révoltées. Conscient de la défaite à venir et refusant de tomber aux mains des guerriers xhosas il avait préféré cette solution.

La leçon, explique celui qui raconte, est que face à la défaite qui s'approche mieux vaut mourir. Ou se révolter !

Ce que vont faire ces trois hommes, fondateurs d'un club réservé aux Boers baptisé Jeune Afrique du Sud. Il deviendra la ''Confrérie'', une société secrète avec ses rites et son serment d’allégeance, et un but, défendre les droits des Boers.

Trente ans plus tard il deviendra la première force du pays et permettra que s'impose l'apartheid.

Le 24 avril, Louise Ǻkerblom, agent immobilier, sort de la Caisse d'épargne de Skurup. Elle pense rentrer chez elle mais doit aussi aller voir une maison du côté de Krageholm. Elle n'est pas très motivée mais rater une vente serait préjudiciable à l'agence qu'elle a montée avec son époux. Le plan dont elle dispose n'est pas clair, le GPS n'existe pas encore, elle va donc se perdre et...

 

 

 

Le 27 avril, Kurt Wallander arrive au commissariat d'Ystad, il est de mauvaise humeur après un dimanche désagréable, son père lui ayant annoncé son intention de se remarier, de plus il avait été cambriolé. Tout son matériel électronique avait disparu, et, surtout, sa collection de disques. Vers 9 h 30 Ebba, de la réception, lui parle d'un homme qui veut à tout prix lui parler d'une disparition. Robert Ǻkerblom vient lui parler de sa femme.

 

L'enquête commence. D'abord retracer le trajet suivi par l'épouse. La Caisse d'épargne, la maison qu'elle devait visiter, elle avait laissé un message précisant qu'elle rentrerait à 17 h.

Le policier pense tout de suite qu'il s'est passé quelque chose, la jeune femme avait deux petites filles, une vie bien réglée, dans son couple tout semblait bien se passer. De plus une femme appartenant à l'église méthodiste ne saurait disparaître de cette façon. Dommage que le mari ait attendu 3 jours, par timidité.

Le policier hésite, son instinct l'averti de quelque chose d'inhabituel et d'inquiétant. Il poursuit son interrogatoire puis se met à suivre la piste de Louise.

En quelques heures sa conviction est faite : Louise est morte.

Ce qui n'empêche pas de la retrouver.

Partant de la Caisse d'épargne il essaie de mettre ses pas dans ceux de la jeune femme, il retrouve la boulangerie dans laquelle elle acheta 4 tartelettes pomme vanille et du pain ordinaire. Ensuite il interroge le pasteur Tuereson, responsable de l'église qu'elle fréquentait. N'avait-elle pas un secret, une zone d'ombre expliquant qu'elle ressente le besoin de disparaître ? Mais non, impossible. Rien de ce côté là donc, ni du côté de la voiture dont la description et l'immatriculation ont été diffusées largement. Le plus important étant de retrouver la maison. Difficile, la propriétaire qui décrivit le chemin pour s'y rendre n'était pas cartographe, et Louise ne vint jamais.

 

En fouillant les affaires de la disparue Wallander découvre, cachée, une paire de vraies menottes ; voilà qui le conforte dans l'idée que Louise avait des zones d'ombres pouvant expliquer sa disparition. Juste après cette trouvaille il reçut un appel d'un adjoint, une maison vient d'être incendiée dans la zone des recherches. Inoccupée en attendant que les héritiers se mettent d'accord elle parait avoir été soufflée par une explosion bien trop importante pour être accidentelle. Il fallut attendre que l'incendie soit maîtrisé pour s'approcher de la maison, et un chien policier fit une découverte.

Dans le gravier sale, il y avait un doigt, humain. Noir.

 

La voiture fut retrouvée plus tard, dans un étang, vide.

 

Dans les ruines calcinées une installation radio fut découverte ainsi qu'une partie d'un revolver,  identifié comme un Astra Constable 9 mm, un arme sud-africaine.

Peter Hanson n'est qu'un petit voleur coincé à cause des dettes de jeu de son frère, cette fois il doit trouver quatre pompes typiques du pays. Facile lui dit son commendataire, tu n'as qu'à faire le tour des fermes isolées. Pas moyen de refuser.

La première qu'il trouve est accroché à un puits, il tire, pousse, fini par l'arracher, machinalement il regarde dans le trou.

Et découvre Louise !

Sous l'effet de l'émotion il veut fuir rapidement et a un accident. Quand la police arrive il ne peut taire ce qu'il a vu.

 

À Wallander d'annoncer la nouvelle au néo veuf, avec l'aide du pasteur Tureson.

 

Le commissaire est face à un étrange puzzle, un doigt noir, une morte blanche, une radio professionnelle russe, une arme sud-africaine... et il manque des pièces. Il devra les trouver pour comprendre comment les antipodes se rejoignent.

 

Un Mankell entre Suède et Afrique du Sud avec un Wallander aux prises avec sa famille, tenace et inquiet face à une violence qui ldéstabilise. Lucide et désespéré, l'un va-t-il sans l'autre ?

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