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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 07:30

Peut-être faut-il avoir beaucoup souffert pour apprécier Lovecraft

Jacques Bergier

 

Michel Houellebecq est inconnu quand en 1988 il entreprend la rédaction de cet essai. Celui-ci sera édité en 1991, un an avant La Poursuite du bonheur, premier recueil de poèmes de l'auteur. Son premier roman, L'Extension du domaine de la lutte, paraîtra en 1994. Houellebecq dans sa préface de 1999 avouera qu'il écrivit ce texte comme un premier roman, HPL en étant le seul personnage et les faits relatés devant être exacts.

On peut comprendre qu'il considère Lovecraft comme un miroir, se penchant sur ce reflet pour privilégier les traits qu'il devine les plus proches de lui au détriment des autres pour donner au final un portrait tronqué du Maître de Providence.

Le titre est en lui-même explicite, c'est l'attitude supposée de Lovecraft face au monde dans lequel il est plongé, son œuvre étant une réaction contre celui-ci et l'incompréhension, sinon le rejet, qu'il ressentit, à tort ou à raison. Le (anti-)héros lovecraftien type étant confronté à des puissances qu'il ne comprend pas mais dont il sait qu'elles vont le détruire, un peu comme Howard lui-même lors de son séjour à New York, ville où il débarque, marié à Sonia Green, plein d'ambition, sûr d'un avenir radieux, avant de déchanter, d'affronter l'incompréhension des autres et sa propre incapacité à s'adapter à un contexte étranger. Houellebecq peut, à juste titre, considérer que ces choses inhumaines sont les projections du monde moderne, du capitalisme, du mercantilisme et des sous produits de ceux-ci.

Pour l'auteur, Lovecraft était un enfant jusqu'à 17/18 ans, isolé par une éducation qui rendra impossible son entrée à l'université et son accession à une vie ''normale''. HPL se confronte à une réalité hostile. Il connaîtra alors un ''effondrement nerveux'' causant une léthargie qui se prolongera dix ans.

Howard, dans une lettre à Alfred Galpin en mai 1918, confie ''Je ne suis qu'à moitié vivant ; une grande partie de mes forces se dépense à s'asseoir et à marcher […] je suis complétement abruti sauf quand je tombe sur quelque chose qui m'intéresse particulièrement.'' Aucun doute, Lovecraft est un homme lucide, intelligent et sincère. Une espèce d'épouvante léthargique s'est abattue sur lui au tournant de ses dix-huit ans et il en connaît parfaitement l'origine.

Conséquence, peut-être, de ces échecs, Lovecraft présente un monde, une humanité, dénués d'intérêt et d'avenir. ''L'univers n'est qu'un furtif arrangement de particules élémentaires. Une figure de transition vers le chaos qui finira par l'emporter. La race humaine disparaîtra. […] Les actions humaines sont aussi libres et dénuées de sens que les libres mouvements des particules élémentaires. Le bien, le mal, la morale, les sentiments ? Pures fictions victoriennes''. Dans cette phrase Houellebecq parle plus de lui que du sujet de son texte, elle en est d'autant plus intéressante mais ce n'est pas le lieu de la commenter.

Houellebecq souligne à quel point le créateur de Cthulhu utilise la science, moyen d'augmenter la crédibilité de ses personnages. ''Les sciences, dans leur effort gigantesque de description objective du réel lui fourniront cet outil de démultiplication visionnaire dont il a besoin. HPL, en effet, vise à une épouvante objective, déliée de toute connotation psychologique ou humaine''.

De même la sexualité qui est pour l'étasunien une cause de dégénérescence, d'abâtardissement, est l'origine des maux de l'homme moderne pour le français.

Le titre se comprend donc comme une double confrontation, d'abord avec la société contemporaine, ensuite avec une vie dont il ne perçoit pas l'intérêt, pour lui d'abord, pour l'espèce dont il un représentant, peut-être en le regrettant.

Par ailleurs ses convictions matérialistes et athées ne varieront pas, la vie n'a pas de sens, la mort non plus. Ainsi celle de ses héros n'apporte-t-elle aucun apaisement, l'histoire ne s'arrête pas avec elle. Lovecraft aurait-il soulevé le rideau de la réalité, révélant quelque chose d'ignoble ? Au-delà de notre perception d'autres entités existent, d'autres créatures, races, concepts et intelligences. Satan ou Nyarlathothep, qu'importe ! Le premier est dévalué par ses rapports prolongés avec les détours honteux de nos péchés ordinaires.

Lire Lovecraft amène à modifier son regard sur l'existence.

Houellebecq pourtant n'est pas un continuateur comme le furent

Robert Bloch, Lin Carter, August Derleth... il n'a pas participé au mythe populaire généré par l'américain, aussi vivace que le fut celui de Conan Doyle à la différence, importante, que si le second se fonde sur un personnage, le premier en use tels des ombres sur font de ténèbres hantées de formes insupportables. L'un avait conscience de ce qu'il créait, pas l'autre. Quelle importance que son œuvre disparaisse avec lui ! Il a pourtant des disciples, jeunes auteurs qu'il s'efforce de conseiller, non sans tenter de les décourager parfois, tant sa propre vie fut difficile.

Houellebecq distingue trois cercles dans l’œuvre de son modèle : Le premier, le plus extérieur, est constitué de la correspondance et des poèmes. Le deuxième comprend les textes auxquels Lovecraft a participé, comme collaborateur officiel ou comme réviseur. Le suivant est fait des textes de la main de HPL, ici chaque mot compte. Le dernier enfin, le cœur absolu, les ''grands textes'' :

L'appel de Cthulhu (1926)

La couleur tombée du ciel (1927)

L'abomination de Dunwich (1928)

Celui qui chuchotait dans les ténèbres (1930)

Les montagnes hallucinées (1931)

La maison de la sorcière (1932)

Le Cauchemar d'Innsmouth (1932)

Dans l'abîme du temps (1934)

L’œuvre de Lovecraft est comparable à une gigantesque machine à rêver, d'une ampleur et d'une efficacité inouïes. Son impact sur la conscience du lecteur est d'une brutalité sauvage, effrayante ; et ne se dissipe qu'avec une dangereuse lenteur.

Vous voulez en savoir plus ? Vous savez ce qui vous reste à faire, d'autant que ce livre est petit, il demande pourtant du temps pour être lu, et même relu. L'auteur y évoque HPL, apporte un éclairage personnel, et intéressant, sur celui-ci, et à travers lui se présente et montre une esquisse de sa production littéraire à venir.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Lovecraft
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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 07:37

Henri Vernes - Gérald Forton – 1963 (NB) - 1991 (couleurs) 

Nous retrouvons nos amis dans le nord du Tanganyka en plein safari photos.

Dans un magasin ils demandent de la pellicule ce qui attire les railleries de Tholonius Zourk, le chasseur d'éléphants accompagné de sa bande. Bob et Bill justement détestent ce genre d'individus qu'ils ne sont pas loin de considérer comme des assassins. Zourk prend mal la chose et entend donner une leçon à ces touristes.

Résultat : il se retrouve à terre, ridiculisé ! Bien fait !

À l’hôtel nos héros se préparent à repartir pour le territoire des Kazongos qui regorge d'animaux ne demandant qu'à être photographiés, comme ces rhinocéros qui batifolent en pleine nature. Mais un coup de feu retentit, tiré pour faire fuir les animaux. De retour à leur véhicule ils sont menacés par une ombre qui les menaçant de son arme les fait jeter les leurs. Ils font ainsi connaissance avec Ann Kircher, fille du garde-chasse de la région qui, heureusement, a entendu parler du fameux commandant Morane.

Mais des coups de feu résonnent, Ann se précipite, sûre que son père est en danger, suivie par nos compères qui interviennent pour faire fuir les Kazongos qui assiégeaient le bâtiment du garde-chasse. Tout semble bien se terminer quand un indigène fait irruption pour signaler le retour des chasseurs d'éléphants. Tous se mettent en route pour protéger les pachydermes. Effrayés ceux-ci manquent les écraser, il s'en est fallut de peu.

Mais Zourk et ses complices ont profité des circonstances pour s'échapper. Pour ne pas leur laisser une seconde chance ils sont pris en chasse, chacun son tour, et rejoints. Zourk est arrêté, ses complices, envoyés se faire pendre ailleurs.

Cela fait Bob rappelle à Bill la promesse faite si le chasseur d'ivoire était arrêté : manger son chapeau. Ce qui est dit est dit, pas question de revenir dessus, et l'écossais joint l'acte à la parole.

Mais Zourk est rusé, il profite de la nuit et de la crédulité de son gardien pour prendre la fuite. Une nouvelle poursuite est donc lancée. La jeep volée par le chasseur est retrouvée, réservoir vide, plus tard ce sera au tour des poursuivant d'avoir des soucis mécaniques. Manque de chance, ils se retrouvent en pays Kazongo, le risque est grand d'une embuscade. Impression prophétique puisqu'ils sont capturés par ceux-ci, amis de Zourk qui voit là l'opportunité de prendre sa revanche.

Les Kazongos préparent la fête du soir, dont le clou doit être l'exécution des trois hommes, mais ceux-ci ne manquent pas de ressources et Bob a une idée pour s'évader, ce qu'ils réussiront, avant de retrouver Ann, partie à leur recherche. Pendant leur fuite ils s'éloignent jusqu'à entrer sur le territoire des Nains de la Montagne, des pygmées mal connus, mais peu ouverts aux visites.

Tout d'un coup ils sont là, partout, menaçant, Morane et ses amis hésitent à tirer pour tuer, fort heureusement les circonstances tournent en leur faveur quand...

 

Mais je ne vais pas tout vous révéler. Une aventure africaine de Morane avec la vision de l'époque, un monde bien loin de celui qu'il est devenu.

Et nous pouvons le regretter.

 

Quand à la découverte du cimetière des éléphants, heureusement son emplacement reste ignoré.

 

Un voyage dans le passé, nostalgique pour qui le refait, curieux pour les autres.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu BD
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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 07:07

Pour la science 463

Bogdan Dobrescu et Don Lincoln

La galaxie d'Andromède, notre voisine, tourne trop vite sur elle-même pour que les lois connues de la physiques maintiennent sa cohésion. Les étoiles de sa périphérie devraient être expulsées. Si la matière se résumait à celle que l'on voit, Andromède, et la plupart des galaxies spirales, ne devrait pas exister.

Les cosmologistes pensent que la ''matière noire'' entoure et imprègne Andromède, apportant le surplus gravitationnel qui en assure la cohésion. Cette matière représenterait plus de 80 % de la matière contenue dans l'Univers.

Les théories les plus simples la décrive composée d'un unique type de particules, à identifier, malgré les recherches aucune preuve directe de son existence n'a pu être apportée. Certains scientifiques imaginent donc plusieurs types de matière noire quand d'autres étudient les théories justifiant qu'elle n'existe pas et où les lois de la gravitations s'écarteraient de la mécanique newtoniennes.

L'existence de la matière noire reste privilégiée car elle explique la variétés d'observations astronomiques et cosmologiques : le mouvement des galaxies au sein des amas galactiques, la distribution de la matière à l'échelle de l'univers, la dynamique de la matière lors d'une collision de deux amas ou le phénomène de lentilles gravitationnelles. La matière noire paraît complexe et pourrait s'accompagner d'un type de forces inconnus agissant fortement sur la matière noire et peu, ou pas, sur l'ordinaire.

Si sa nature est inconnue certaines de ses propriétés sont déductibles par son influence sur la matière ordinaire. Les particules la composant sont probablement assez lourdes, être électriquement neutres. Elles sont insensibles à l'interaction forte mais pourrait interagir avec la matière ordinaire via l'interaction faible. Elle est stable aux échelles de temps cosmiques : elle ne se désintègre pas. Elle fut produite en totalité dans les premiers instants du Big Bang car aucun mécanisme permettant d'en produire n'a été découvert. Or une particule massive se désintègre plus ou moins vite en particules plus légères, si elle ne le fait pas c'est une grandeur associée à cette particule doit être ''conservée''.

La théorie la plus simple satisfaisant à ces conditions postule un type de particules, le wimp (weakly interacting massive particle).

Malgré des expériences de plus en plus précises, aucun signe concluant de l'existence des wimps n'a été détecté. Pour expliquer cette non-détection certains physiciens explorent des modèles moins classique. Dans ces modèles ces particules porteraient un nouveau type de ''charge sombre'' attractive ou répulsive en étant électriquement neutres, ces hypothétiques particules pourraient émettre des ''photons sombres''. Ces photons devraient être partagés moins fréquemment que dans la matière ordinaire.

Il est possible d'imaginer un univers ou existe une particule avec une charge sombre positive et son homologue de charge négative. Ce modèle suppose une forme d'électromagnétisme sombre conduisant les particules de matière noire à émettre et absorber des photons sombres. À quoi ressemblerait un univers de matière noire avec plus de particules dotées de charges sombres ?

La situation revient à postuler un proton et un électron sombres, même un photon sombre portant l'électromagnétisme sombre qui les lie. Ces particules pouvant se combiner pour créer des atomes sombres, des molécules sombres, et la chimie associée.

Ainsi la Galaxie aurait trois composantes : un nuage sphérique de wimps, 70%, et deux disques aplatis, 15% chacun.l'un en matière ordinaire, l'autre en matière noir. Ces disques seraient alignés, ou à peine inclinés l'un par rapport à l'autre. Une ''galaxie'' de matière noire coexisterait dans le même espace que la Voie lactée, elle serait dépourvue d'étoiles comme de grosses planètes sombres qui seraient détectables.

Les physiciens recherchent la matière noire complexe à l'aide de détecteurs souterrains avec peu d'espoir d'y parvenir, ils tentent également d'en créer dans les accélérateurs de particules.

Sans succès jusqu'à présent.

L'énigme est profonde. À grande échelle de nombreuses observations s'expliquent par la présence de matière noire. L'échec de sa détection directe souligne l'urgence d'en identifier la nature.

 

Tant qu'aucune solution au mystère de la composition du cosmos n'aura été apportée il convient d'être ouverts à la multitude d'explications possibles.

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 07:59

Henri Vernes – Dino Attanasio – 1965 – Marabout

 

Bob Morane et Bill Ballantine sont à Calcutta et visitent la boutique d'antiquités de Mamoud Sourah avec l'idée d'y trouver un objet sortant de l'ordinaire. C'est Bill qui déniche un collier en fer portant les attributs de Çiva. Bob marchande, le prix baisse de 500 à 350 roupies. Ce qu'ils ne remarquent pas c'est un petit indien qui les observe, puis les suis les touristes et s'empare du collier avant de détaler, mais il trébuche, tombe, laissant nos amis récupérer leur bien. La foule croyant qu'ils agressent un se fait menaçante, ils s'enfuient, trouvent un taxi trop opportun pour être honnête. La preuve, il les conduit en dehors de la ville pour s'emparer, lui aussi, du collier. Mal lui en prend, Bob et Bill savent se défendre. L’assomme et s'échappent avec le véhicule. Plus loin des policiers les arrête, le taxi a été signalé volé. Heureusement ils ont des relations suffisantes pour ne pas être inquiétés.

La nuit suivante sera agitée, d'abord le petit indien qui les a retrouvé s'introduit dans leur chambre et s'empare du collier, suivi de peu par un autre voleur, moins doué et plus bruyant, qui se fait remarquer mais peut s'enfuir.

Le lendemain en lisant le journal Morane découvre un article sur Shangripour où le prince Dirak a usurpé le trône du roi Nahal mais ne peut se faire couronner tant qu'il n'est pas en possession du fameux collier de Khara Khan, le signe du pouvoir. Leur ami Sheela Khan leur confirmera que leur collier était bien celui là et leur en raconte une histoire qui remonte au XIIIème siècle et s’achève 3 ans plus tôt avec le vol du collier.

Aucun doute, il y a un course pour récupérer le symbole entre Dirak et Nahal ! Morane décide d'en rester là, inutile de chercher à récupérer son achat, il espère que personne ne viendra les embêter à ce sujet.

Espoir déçu. Puisqu'ils ont vu le collier ils peuvent en faire une description qui permettra d'en fabriquer une copie. Alors Dirak sera couronné ! Pour cela ils partent pour Batham en avion.

Ce serait trop simple, l'avion connait des problèmes et s'écrase, heureusement nos aventuriers s'en sortent et repartent. En chemin ils aperçoivent un jeune homme menacé par un tigre. En lui ils reconnaissent celui qui tenta de les voler, lequel se présente, on s'y attendait, comme le prince Nahal. Celui-ci leur raconte son histoire, qu'il étudiait en Angleterre quand le collier disparut et revint en Inde pour récupérer son trône. Finalement il retrouva le collier comme nous l'avons vu et prit la route pour rentrer chez lui. En chemin il fut surpris par les partisans de Dirak qui lui volèrent le collier et le mirent en cage pour l'emmener avec eux. En chemin ils furent attaqués par des pillards, la cage glissa dans un ravin où attendaient le tigre qui pensait avoir un repas tout prêt avant que Bob et Bill n'arrivent.

 

Pas question pour nos héros de laisser un adolescent courir de tels risques, eux qui sont toujours du bon côté lui proposent leur aide. Qu'il accepte. Ils arrivent en vue de la frontière, mais celle-ci est protégée par des remparts. Heureusement le prince connaît un passage. Qui va s'avérer obstrué ! Ne reste que l'escalade des remparts, heureusement Morane est excellent dans cet exercice.

Finalement ils trouvent des chevaux, échappent à leurs poursuivants et prennent la direction de Shangripour.

Sur le chemin ils trouvent refuge dans une lamaserie où le prince se fait reconnaître. Le grand Lama leur indique comment entrer dans la ville discrètement, mais les soldats de l'usurpateur se rapprochent...

Je ne vous raconte pas la fin, mais elle voit Morane faire un véritable tour de magie. Il a décidément tous les talents.

 

 

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 08:52

Pour la Science 463

Minimum génétique

Sean Bailly

La nature est créative, la preuve, elle produit des génomes de toutes tailles. Celui du blé par exemple comporte 120 000 gènes, celui de l'homme seulement 20 000... Les généticiens se posent donc la question du nombre minimum de gènes pour produire une cellule viable pouvant se répliquer. Craig Venter et son équipe de La Jolla (Californie) ont réalisé une cellule avec 473 gènes. Une étape pour la biologie de synthèse, domaine ayant pour objectif de construire de nouveaux systèmes biologiques pour comprendre les mécanismes du vivant.

L'aventure a commencé en 1995 avec le séquençage du génome du Mycoplasma genitalium, bactérie vivant dans le conduit urinaire humain et n'ayant que 517 gènes. En 2010 une réplique du génome du Mycoplasma mycoides fut créé et substituée au matériel génétique d'une cellule d'une autre espèce de mycoplasme. Le résultat final est une cellule de synthèse JCVI-syn3.0 disposant de 473 gènes. Certains gènes ont été classé par l'étude de leur structure, leur rôle précis n'a pu être identifié, 79 gènes restent mystérieux. Au total, c'est un tiers du matériel génétique dont l'utilité est inconnue.

Comme le souligne Jack Szostak, biochimiste à Harvard ''le plus intéressant est que ce résultat montre ce que nous ne savons pas.'' Il reste tant à découvrir sur les fonctions indispensables à la vie. JCVI-syn3.0 servira à l'étude de fonctions précises que les biochimistes ajouteront une à une.

La biologie de synthèse vise à créer des fonctionnalités cellulaires sur mesure pour produire des composants destinés au secteur pharmaceutique ou chimique.

JCVI-SYN3.0 est-elle la cellule minimale ? Probablement pas, les recherches continuent.

 

Un GPS dans notre cerveau

May-Britt Moser et Edvard Moser

Le GPS a modifié notre capacité à conduire une voiture, piloter un avion et même à parcourir les rues d'une ville. Des travaux récents montrent que le cerveau des mammifères est doté d'un système de navigation nous guidant d'un endroit à un autre. Il évalue où nous sommes et allons en intégrant des signaux concernant notre position et le temps qui s'écoule. La capacité de savoir où nous sommes et devons aller est indispensable à notre survie. Il s'agit de profils d'activité électrique dans le cerveau, où des groupes de cellules s'activent pour refléter l'agencement du milieu et la position. On présume que la formation de ces cartes mentales a lieu principalement dans le cortex, cet ensemble de couches supérieures du cerveau formant des replis sinueux apparues tardivement dans l'évolution. De récents travaux ont montrés que ces systèmes sont constitués de divers types de cellules spécialisées calculant en permanence la position de l'animal, la distance parcourue, sa direction et sa vitesse.

Les premières recherches sur les cartes spatiales du cerveau commencèrent avec Edward Tolman, prof de psychologie à Berkeley de 1918 à 1954. auparavant nul n'envisageait que les animaux se fassent une image globale d'un labyrinthe pour en prévoir le meilleur chemin. Il observa des rats prenant des raccourcis, faisant des détours, semblant enregistrer des informations relatives aux événements vécus en des endroits précis.

Il fallut pourtant attendre 40 ans avant des études de l'activité neurale apportent une preuve de l'existence d'une telle carte. Les microélectrodes permirent d'enregistrer l'activité électrique de neurones individuels qui permirent d'identifier la décharge de neurones individuels pendant que les animaux vaquaient à leurs occupations. John O'Keefe, de l'University College de Londres, mit en évidence des neurones ''cellules de lieu''. Cette découverte ouvrit une fenêtre sur les parties les plus profondes du cortex sensoriel et du cortex moteur. La découverte dans l'hippocampe de cellules créant une carte de l'environnement immédiat d'un animal démenti l'idée que celui-ci était trop éloigné des organes sensoriels pour traiter ces informations. Il fut mis en évidence l'importance du cortex entorhinal, région servant d'interface entre l'hippocampe et le reste du cortex.

La compréhension du système neural de navigation reste un chantier ouvert d'autant que l'environnement d'un laboratoire diffère de la nature.

Dans la maladie d'Alzheimer le cortex entorhinal décline rapidement, la maladie provoque la mort de cellules cérébrales et la réduction de sa taille. De ce fait c'est un critère d'identification des sujets à risques, comme son effet, la désorientation. La maladie avançant des cellules de l'hippocampe meurent et avec elles la capacité à se souvenir d'expériences vécues ou des concepts tels que les noms des couleurs.

80 ans après les travaux de Tolman, il apparaît que les cellules de lieu ne sont qu'une des composantes de la représentation que le cerveau se fait de son environnement spatial pour calculer la position, la distance, la vitesse et la direction.

Il existe également des cellules de grilles fournissant également une représentation du temps écoulé et de la distance parcourue indépentandate des repère externes dont l'animal dispose. Si les invertébrés en disposent également cela impliquerait quel'évolution créa ce système de cartographie spatiale il y a des centaines de millions d'années.

À nouvelles découvertes, nouvelles questions, comme leur utilité pour les déplacements sur de longues distances, comme les migrations. Les générations futures de scientifiques ont de quoi s'occuper, si elles ne se perdent pas en route.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 08:30

Traduction de Paule Pérez – 1969 - Belfond

La mort est parfois le seul moyen d'échapper à des pensées, des images et des souvenirs que le cerveau ne peut effacer. Le narrateur va sauter par la fenêtre, il le sait, et le dit, il prend juste le temps de conter l'aventure qu'il vécut et l'amena à ce point de désespoir. La morphine fut une aide pendant un certain temps mais celui-ci touche à sa faim et il a besoin d'une aide plus définitive.

Tout commença alors qu'il était subrécargue d'un paquebot coulé par un destroyer allemand en ce début de première guerre mondiale. L'équipage en fut recueilli par les assaillants et fut traité avec assez de considération pour lui permettre de s'évader, embarquant sur un petit bateau avec eau et vivres en quantités suffisantes pour survivre quelques temps.

Les étoiles lui indiquèrent qu'il était au sud de l'équateur sans qu'il put en deviner davantage. Lui restait comme solution que le passage d'un autre navire.

Une nuit il fit des rêves étranges, divers, au réveil il découvrit son corps happé par un genre de boue aussi noire que l'encre, échoué sur une surface obscure et malodorante, son embarcation prisonnière à quelques pas de lui. Il imagina qu'une éruption volcanique avait fait surgir une partie des grands fonds océaniques. Pourtant aussi loin que portait son regard il ne voyait plus d'eau, cette matière obscure recouvrait tout jusqu'à l'horizon.

Image illustrative de l'article Dagon (nouvelle)

David Garcia Forés

Le sol sécha tant qu'au matin du troisième jour il s'y aventura. Il aperçu au loin une espèce de colline vers laquelle il dirigea ses pas.

Après un début de nuit hantée de visions horribles il entrepris la montée, le sommet atteint il découvrit une étendue parcourue de gorges profondes et obscures. Il descendit pourtant vers elles, découvrant au passage une forme blanche et lisse, une espèce de monolithe à la base prise dans l'eau dont la nature ne pouvait être à l'origine. Partagé entre la peur et la curiosité il s'approche de ce qu'il imagine une idole que des peuples inconnus avaient adorées en des temps trop lointains pour être quantifiés. Il put contempler sur la roche des inscriptions et des bas-reliefs présentant des créatures ressemblant à des hommes mais qui ne pouvaient en être.

Des remous attirant son attention il tourne la tête et voit apparaître devant lui...

Mario Zuccarello

La panique s'empara de lui, le faisant rebrousser chemin. Du moins est-ce la conclusion qu'il tira quand il rouvrit les yeux dans un hôpital de San Francisco. Le capitaine d'un bateau américain l'avait recueilli en plein océan alors qu'il délirait. Personne sur le cargo n'avait fait attention à ses paroles.

Plus tard il avait rencontré un ethnologue qu'il avait pu questionner sur la légende de Dagon, le Dieu-poisson sans obtenir de réponses qui le satisfasse.

 

Le temps a passé mais les souvenirs persistent, et surtout cette forme hideuse et immense se penchant vers lui. Il pressent que le fond des mers un jour resurgira, ramenant à la surface quand les terres émergées s'enfonceront ce qu'il aperçu alors et dont le souvenir ne le quitte pas.

 

 

Un classique de HPL, son premier travail professionnel. Une nouvelle rédigée en 1917 et publiée en 1919 dans le onzième numéro de The Vagrant. L'humain est à sa place, face à des créatures qu'il ne peut comprendre.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Lovecraft
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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 08:44

Science & Avenir 804 – Février 2014

SUPRACONDUCTIVITÉ

Franck Daninos

Les physiciens rêvent, comme tout le monde me direz-vous, mais eux c'est de faire un pas dans la maîtrise de la science. Par exemple, créer des supraconducteurs à température ambiante.

La clé se trouverait dans l'usage de métamatériaux, des composites structurés à l'échelle du nanomètre, qui n'existent pas à l'état naturel. Si rêve il y a c'est que les supraconducteurs conduisent l'électricité sans perte d'énergie. Ils créent des champs magnétiques très intenses utilisés dans les accélérateurs de particules, l'imagerie du cerveau, les trains à sustentation...

Le problème, encore non résolu, c'est que leur industrialisation demande la suppression de systèmes de refroidissement couteux et encombrants. Au dessus de -133°C ils ne fonctionnent pas. D'où l'intérêt des travaux d’Igor Smolyaninov et de Vera Smolyaninonva. L'enjeu est de conserver le phénomène induisant la supraconductivité : la formation de paires d'électrons. Celles-ci se superposant forment une seule onde quantique occupant tout le matériau qui dès lors ne présente aucune résistance à la propagation du courant.

Igor et Vera imaginent d'empiler des couches alternées de supraconducteurs et d'isolants. L'idée est testée en laboratoire à Towson (Maryland).

MAKURIE

Bernadette Arnaud

J'imagine que, comme moi, vous n'aviez jamais entendu parler de la Makurie, cet état fut pourtant un puissant royaume chrétien au nord du Soudan et au Sud de l'Égypte qui exista de 500 à 1400. christianisé dès le VIe siècle par des missionnaires envoyés par Justinien Ier et l'impératrice Théodora. Elle résista à l'avancée de l'islam avant de décliner quand l’Égypte fut dominée par les ayyoubides. La salle du trône de Dongala fut transformée en mosquée au XIIIe siècle.

Ce qui ramène cet état sur le devant de la scène est la découverte de trois cryptes funéraires vieilles d'au moins 900 ans contenant 17 momies par une mission archéologique polonaise en 1993 sises en annexe d'un monastère dédiée à la sainte Trinité, à l'extérieur de Dongala. L'une, contenant 7 corps, présente sur les murs des inscriptions magico-religieuse, associant des extraits des évangiles de Marc, Luc, Jean et Matthieu à des noms et signes hermétiques, des cryptogrammes et un carré de Sator. Rédigées en grec et en copte sahidique, transcrites à l'encre brune sur une mince couche de chaux sont probablement l’œuvre d'un seul auteur, Ioannou, dans la signature apparaît à trois reprises. Selon Wlodzimierz Godlewski, responsable des fouilles, ces inscriptions étaient destinées à protéger le tombeau et ses défunts, inhumés dans de simples linceuls de lin, des puissances du mal. L'identité de ces morts est inconnu mais ce groupe de 7 pourrait inclure le corps de l'archevêque Georgios, clerc principal de la cité royale, dont la mort en 1113 à 82 ans est commémorée sur une stèle exhumée à proximité.

 

JEÛNE et CANCER

Marie-Noëlle Delaby

L'idée fait son chemin que le jeûne affaiblirait les cellules malades tout en permettant de mieux supporter les traitements. Valter Longo, professeur à l'université de Californie du Sud, fondent ses travaux sur l'idée que le vieillissement serait ralenti par la restriction calorique. L'organisme mettant en place des mécanismes de défense face à la restriction, mieux, la protection induite par le jeûne aiderait l'organisme face à un traitement toxique mais vital. Des études démontrent que les cellules saines survivent à ce traitement alors que les tumeurs régressent.

Résultats positifs mais obtenus in vitro ou sur des animaux, ce qui ne permet pas une transposition chez l'homme. Les cellules tumorales du sein, du poumon, certains mélanomes, les gliomes et les neuroblastomes semblent réagir positivement au jeûne, pas les cancers des ovaires, prostate ou côlon.

Il convient d'attendre la publication de nouveaux résultats pour tirer des conclusions définitives.

En étudiant les mécanismes des manchots pour survivre face au froid polaire et à la disette, le physiologiste Yvon Le Maho s'est intéressé au jeûne. Ces animaux peuvent jeuner 120 jours pour couver, ensuite il repart vers la mer pour se nourrir. Il a alors perdu 80% de ses réserves lipidiques. Ce signal existe chez certains petits mammifères. Il prouverait que la capacité de jeûner est un caractère adaptatif ayant permis aux animaux de survivre en cas de famine.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 08:55

Mr. Deeds Goes to Town – Frank Capra – 1936 – 115'

Longfellow Deeds joue du tuba dans la fanfare de Mandrake Falls et vit de ses poèmes,(son nom est une référence à un grand poète étasunien, Henri Wadsworth Longfellow). C'est un homme sympathique, toujours prêt à aider qui a besoin de lui. Il est un jour contacté par des avoués new-yorkais qui lui apprennent qu'il est l’héritier d'une importante fortune. En réaction à cette nouvelle il se met à jouer du tuba, ce qui surprend ses visiteurs, lesquels seront encore plus étonnés quand le jeune homme leur dira qu'il n'a pas besoin de cet argent sinon pour le partager et en faire profiter de bonnes œuvres.

Objectif loin de ceux des avoués qui se voyaient le faire fructifier, à leur avantage. Deeds doit pourtant se rendre à New York, peut-être y changera-t-il d'avis. Une fois arrivé il fait la connaissance de Babe Bennett, journaliste qui voit en lui une proie facile et un sujet d'articles faisant vendre son journal tant le comportement de Longfellow est différent de celui des citadins, et surprenant, pour ne pas dire étrange, à leurs yeux. D'ailleurs les avoués, ne pouvant le faire changer d'avis, tenteront de le faire passer pour fou. Un procès aura lieu, Longfellow devra faire la preuve que sa ''folie'' n'est que de la candeur, de la spontanéité, qu'il n'est tout simplement pas corrompus par les habitudes hypocrites et la vénalité de la ''ville''. Il est le représentant de la nature, de la fraicheur, de la ''pureté'' contre la corruption des banquiers et autres hommes d'argent qui, nous sommes en 1936, ont engendrés une crise dont les effets se font encore durement ressentir.

Le regard de Babe Bennett changera à mesure qu'elle connaît mieux Longfellow, qu'entre eux naît un sentiment, attendu mais sincère. Le public qui se gaussait en vient à l'admirer. C'est lui qui devait être jugé, ce sont ses accusateurs, et leurs ''valeurs'', qui le seront. Celui qui est différent, fait parfois peur mais le plus souvent amuse, avant qu'en le connaissant les ressemblances n'émergent. Deeds parle et ses mots font mouches, soulignent que chacun peut sembler bizarre suivant l'angle dont on l'observe, que réduire une personne à quelques traits n'en donne qu'une caricature qui, au final, conviendrait à tous. Bien sûr la vision du film grossit les traits, le monde rural n'est pas idéal, le citadin n'est pas diabolique, chacun associe qualités et défauts, l'important étant d'avoir la lucidité de les reconnaître, chez soi plus que chez l'autre.

 

Le titre original Mr Deeds Goes to Town montre mieux la volonté de Capra de montrer le contraste de mondes si proches mais si différents. Cooper est, comme toujours puis-je dire, parfait dans ce rôle de provincial dont le regard souligne plus encore les errements d'un système toxique. Il est un exemple de ce que sont les véritables valeurs américaines, un héros en apparence simple, banal, mais exemplaire auquel les spectateurs peuvent s'identifier.

Quand à lui ressembler, réellement, c'est une autre histoire. Mais nous sommes au cinéma. La différence est parfois grande, et cruelle, entre ce que nous voudrions être et ce que nous sommes réellement, entre le soi mythique et le moi médiocre.

Preuve est faite, une fois de plus, qu'une bonne comédie, puisque ce film en est une, est souvent fondée sur une argument tragique.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Cinéma
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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 08:57

Sciences et Avenir 804 – Février 2014

 

Qui n'est pas tenté pour se stimuler d'utiliser vitamines, compléments alimentaires et autres psychostimulants ? Pourtant nous disposons d'un moyen naturel, gratuit, efficace et agréable pour être en forme : le sommeil. Et pourtant un tiers des français reconnaissent dormir moins des 7 heures recommandées par la communauté médicale. Dormir n'est pas une perte de temps, au contraire, en réduire la durée peut bouleverser l'organisme jusqu'à modifier l'expression de certains groupes de gènes impliqués dans le métabolisme. En situation de restriction de sommeil la plupart des processus cognitifs se dégradent explique Arnaud Rabat, docteur en neuroscience à l'Irba. Si les processus automatisés ne sont pas affectés les performances des processus contrôlés, comme l'attention, la prise de décision ou la mémorisation chutent, ajoute Philippe Peigneux.

Le lien entre sommeil et fonctions cognitives a été évoqués dès 1924 par John Jenkins et Karl Dallenbach, psychologues à l'université Cornell, à Ithaca qui demandèrent à deux étudiants de mémoriser des listes de syllabes sans signification. Les résultats montrent qu'ils oubliaient moins les syllabes apprises après une période de sommeil qu'après une période équivalente d'éveil. Plus tard fut déterminée l'existence de différentes phases de sommeil qui n'étaient pas équivalentes pour consolider les aptitudes.

Le sommeil est une succession de 4 à 6 cycles de 90' en moyennes. Chaque cycle comprend 4 stades variant suivant que l'on se rapproche du lever. En début de nuit il s'agit de sommeil lent profond, en fin, le sommeil paradoxal est privilégié. Après que celui-ci eut paru le plus important il paraît maintenant que c'est le sommeil lent profond qui mérite ce titre et se révèle le plus important pour améliorer l'apprentissage. Celui-ci préférant un endormissement régulier.

Durant l'éveil, les neurones émettent des ondes courtes et rapides. Les informations reçus sont encodées temporairement par l'hippocampe grâce à un neuromédiateur, l'acétylcholine. Ils diffusent de l'adénosine qui leur donne l'énergie nécessaire. Cette molécule s'accumule sur les récepteurs des neurones la journée et provoque un ralentissement de leur activité et un besoin de dormir. La caféine se fixant sur les même récepteurs contre cet effet.

Lors de la phase de sommeil lent profond, l'adénosine est pompée par les neurones pour synthétiser de nouvelles réserves d'énergie. Le cerveau fait le plein et se régénère alors que le taux d'acétylcholine chute. Les neurones du néocortex émettent des ondes amples et lentes, le thalamus produit des ondes courtes et rapides. L’hippocampe alors déstocke les informations, les trie et les envoie vers le néocortex pour un encodage à long terme.

Il est possible d'inverser le processus, en reproduisant dans le cerveau les ondes du sommeil lent profond par stimulation transcranienne la mémoire est consolidée.

Autre méthode d'amélioration de la mémorisation : les odeurs et sons. Copier l'environnement de la phase d'apprentissage durant le sommeil lent profond aide la mémoire.

Le sommeil paradoxal est en revanche primordial pour la créativité. Ainsi que le disait Friedrich Kekule ''Apprenons à rêver !'' face à un problème, le sommeil aide la compréhension et la lucidité.

 

Combien de temps dormir ? À quelle heure se coucher ? Il n'existe aucune réponse générale. L'important est de connaître son chronotype quand on veut apprivoiser son sommeil. Notre horloge biologique est située dans les noyaux suprachamastiques de l'hypothalamus, au-dessus du chiasma optique, la partie du cerveau où les nerfs optiques se croisent. Il faut faire avec sa nature, une personne ''matinale'' ne sera jamais un oiseau de nuit, et inversement, pas plus qu'on ne choisit d'être petit ou gros dormeur. Le problème étant d'être décalé par rapport à son rythme, de vivre un ''jetlag social''.

Retenons aussi l'effet de la lumière, la lumière renfermant des ''cellules ganglionnaires à mélanopsine'' remplissant une fonction non visuelle. Plus celles-ci reçoivent une lumière intense, dans les bleus, comme les LED, plus elle retarde l'horloge biologique. L'idéal est une lumière plus orangée.

Coq ou Hibou, l'important est l'accord avec son chronotype.

Et la sieste ? 10 à 15', mais pas après 16h.

Si après avoir lu cet article vous avez sommeil, ne vous en faites pas, c'est normal.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 08:14

Science et Avenir 804 – Février 2014

 

Vous connaissez vos parents, vos grands-parents et pouvez remonter sur quelques générations, quelques siècles au mieux. Je suis donc heureux de vous présentez votre, et notre, ancêtre le plus ancien retrouvé.

Contrairement à l'idée commune, notre aïeul le plus éloigné n'était pas une éponge (j'en connais aujourd'hui) mais de la gelée, ce qui n'est pas plus reluisant, au contraire. Le génome du cténophore l'a trahi ! Joseph Ryan a analysé les gènes de Mnemiopsis leidyi, prédateur marin, transparent et gélatineux, puis reconstruit l'histoire évolutive des cinq lignées qui peuplaient les océans il y a plus de 600 millions d'années. Le cténophore appartient à une branche sœur de tous les autres organismes multicellulaire, dont les humains, et sa lignée serait la premier à avoir divergé à partir d'un ancêtre commun. Jusqu'alors les éponges semblaient plus primitive car ne possédant ni neurones ni cellules musculaires. Les éponges auraient pu les perdre au cours de l'évolution.

Notre ancêtre !

Vous pensez que vieillir augmente le risque de mortalité ? C'est vrai pour nous, pas pour certaines espèces comme la mésange charbonnières, la grenouille à pattes rouges ou la grande tortue du désert. Leur taux de mortalité diminue avec le temps et dépendrait moins de l'âge que de son environnement – prédation, maladie... dans un espace protégé certaines espèces peuvent vivre longtemps. Le record appartient à un cnidaire, l'hydre d'eau douce, potentiellement immortelle si aucun facteur extérieur, létal, n'intervient.

 

Le chien est notre ami le plus fiable, et j'en sais quelque chose, certains chercheurs pensent qu'il ne lui manque que la parole et voulant remédier à cet état de fait ont mis au point un casque pour le faire ''parler''. Non comme nous, il est trop intelligent pour dire autant de connerie ! Mais en analysant ses ondes cérébrales. Certaines seraient assez claires pour être verbalisées.

Ce casque, No More Woof ''plus d'aboiements'', conçu par la société suédoise NSIC pour l'instant ne capte correctement que le signal ''Je suis fatigué''. NSIC doit exploiter des travaux universitaires sur le centre de la faim dans l'hypothalamus et identifier les ondes cérébrales relatives à la curiosité de l'animal.

Comme s'il ne savait pas s'exprimer sans cela !

Vivement le casque qui ferait taire les cons !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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