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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 08:09

En 1986 les Nouvelles éditions Oswald inaugurent ''Arkham'', à côté de leurs autres séries. Elle était ambitieuse et présentait sous un format un une impression de haute qualité, des œuvres bilingues. Deux numéros virent le jour, le second permettait de découvrir poèmes et contes de R. E. Howard, le premier, celui qui nous intéresse ici, présente un choix de poèmes de Lovecraft, illustrés, et de quelle manière, par Jean-Michel Nicollet.

L'ambition était haute, trop sans doute pour le lectorat,  limité, de l'époque puisque dès la parution de ''Chants de Guerre et de Mort'' la pagination s'était réduite.

Reste un ouvrage extraordinaire, dont j'ai la chance de posséder un exemplaire signé de Nicollet et de François Truchaud, le maître d'œuvre. Manque le paraphe du Maître de Providence, retenu par les sombres tentacules de Cthulhu probablement.

Il n'y eut jamais de numéro 3, dommage car étaient attendus Clark Ashton Smith, Ambrose Bierce, Walter de la Mare, Abraham Merritt, William Hope Hodgson. Remercions malgré tout les éditons Neo pour leur travail, François Truchaud pour sa traduction, et pour toutes les autres, et Jean-Michel Nicollet pour son travail et son talent, et réciproquement.

Si vous avez l'opportunité de vous procurer un exemplaire de cette édition, ne vous en privez pas. Peut-être vous sauvera-t-elle quand les Grands Anciens reviendront.

Mais peut-être pas !
 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Lovecraft
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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 07:37

DOSSIER pour la SCIENCE 92

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

Le grand bond en avant !

(Maxime DEREX)

Il y a 50 000 ans les moyens techniques de nos ancêtres se sont complexifiés. Pourquoi ? L'amélioration de l'intelligence n'explique pas tout. L'apprentissage social et la taille des populations furent essentiels.

Comment un primate tropical put-il coloniser la Terre en un laps de temps si court à l'échelle de l'évolution biologique ? Pourquoi a-t-il tant de compétences quand ses plus proches ancêtres en sont à collecter des termites avec un bâton ?

La révolution technique fut entamée il y a 50 000 ans !

L'homo sapiens avaient 150 000 ans, il cohabitait avec Homo erectus et Neandertal, produisait des outils mais rien qui traduise une inventivité exceptionnelle. Soudain ils se mirent à façonner des outils de pierre spécialisés, finalement travaillés, des outils à base d'os, à exploiter les ressources marines... ses innovations en peu de temps furent nombreuses. Une révolution technique décisive qui lui permet d'assurer la survie d'un plus grand nombre d'individus, sa population crût, envahissant de nouveaux environnement, entraînant l’extinction de la mégafaune du Pléistocène supérieur et de ses cousins humains.

Biologistes, psychologues, archéologues et primatologues tentent de comprendre comment cela put arriver. L'intelligence semble l'explication logique, les anthropologues évoquèrent des comportements apparus suite à un changement génétique améliorant notre fonctionnement cognitif qui nous aurait permis de solutionner des problèmes insurmontables auparavant.

Trop facile ! L'humain moyen est probablement plus intelligent que le chimpanzé moyen mais cela n'explique pas le succès écologique de notre espèce. Il suffit de noter les aptitudes à la survie de groupes humains soudainement livrés à des conditions hostiles et inhabituelles pour constater combien le ''sapiens'' est incapable de survivre s'il ne possède pas les informations nécessaires à son adaptation.

La solution pourrait être illustrée par une métaphore attribuée à Bernard de Chartres ''Nous sommes des nains sur des épaules de géants. Nous voyons mieux et plus loin qu'eux, non que notre vue soit plus perçante ou notre taille plus élevée, mais parce que nous sommes portés et soulevés par leur stature gigantesque''. Formule illustrant la dimension cumulative des savoirs et techniques. Un outil complexe résulte de l'accumulation de changements mineurs.

La culture cumulative explique le succès de notre espèce, elle est possible par la transmission d'un individu à un autre, par l'observation, facteur par le biais duquel l'information passe d'une génération à l'autre. Qualité que possèdent d'autres animaux, avec moins d'efficacité toutefois. Notre capacité à acquérir une technique par l'observation est plus rapide, plus précise et plus systématique chez nous que chez nos cousins chimpanzés. Un phénomène de ''pédagogie naturelle'' put apparaître et contribuer à cette transmission. Des études ont révélé que les enfants humains cherchent à favoriser l'apprentissage de leurs semblables.

L'information peut aussi être transmise oralement mais rien ne nous dit quelles sont les origines du langage. Celui-ci aurait pu apparaître conséquemment à la culture cumulative.

Celle-ci pourtant ne peut tout expliquer, d'autres facteurs seraient impliqués dans l'émergence ou la disparition de pratiques culturelles complexes...

Une étonnante découverte se fit en Tasmanie, ses habitants étaient la population au répertoire technologique le plus simple, moindre que celui des Australiens vivant à 200 kilomètres, et même que celui de leurs propres ancêtres. Leur isolement peut expliquer cette régression et démontrer l'importance de la taille d'une population. Une innovation aura plus de chance de perdurer si de nombreuses personnes l'observent et tentent de la reproduire.

Les études montrent le lien entre l'évolution du matériel culturel et la taille des populations. Lequel est la cause de l'autre reste à démontrer, sans oublier des circonstances favorables à ces progrès. Une évolution climatique par exemple, de meilleurs échanges avec d'autres groupes facilitant la transmission du savoir...

L'avantage de la culture cumulative est qu'une innovation renforce les facteurs de son évolution, l'imprimerie permit la conservation et la diffusion du savoir, Internet joue un rôle identique, les réseaux sociaux permettent la création de groupes dont les individus sont éloignés les uns des autres.

Plusieurs sciences travaillent de concert pour comprendre ce qui favorisa la domination des sapiens, le scénario complet reste à écrire. Les secrets de notre histoire évolutive ne le resteront plus longtemps.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 08:00

DOSSIER pour la SCIENCE 92

 

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

Dans la tête de Néandertal

(Kate WONG)

 

Des métissages eurent lieu en Eurasie entre sapiens et Néandertal. Chaque eurasien actuel est porteur d'environ 2 % d'ADN néandertalien. En mettant bout à bout ces séquences, nous pourrions reconstituer 35 à 70 % du génome néandertalien.

Les recherches menées sur les facultés cognitives des Néandertaliens à partir de génomes suggèrent que certaines structures cérébrales étaient plus petite (aire de Broca ou amygdale cérébrale), ils auraient eux moins de matière grise et blanche, donc moins de neurones et de connexions.

Reste à confirmer ces conclusions, difficile sans Néandertaliens ! Il serait possible de ''néandertaliser'' des neurones humains actuels, et d'étudier comment ces neurones ''chimères'' conduisent les signaux électriques, migrent ou émettent leurs prolongements (axone et dendrites). Néanmoins lire dans l'esprit de Néandertal en observant ses gènes venus jusqu'à nous reste hypothétique, pour ne pas dire impossible. Comme le souligne John Hawks, université du Wisconsin, ''nous ne savons presque rien de l'influence des gènes sur la cognition néandertalienne, parce que nous ne savons presque rien de l'influence des gènes sur la cognition humaine [moderne]''. Mieux vaux se fier aux vestiges culturels retrouvés.

Des découvertes, dans les grottes de Gorham, Fumane, Los Aviones et Antón suggèrent qu'une pensée esthétique et abstraite a existé au sein des cultures néandertaliennes. Le site du Belvédère à Maastricht laisse supposer que les Prénéandertaliens s'ornaient le corps.

De multiples découvertes revalorisent nos cousins néandertaliens et dévoilent leurs capacités mentales, principalement d'abstraction et de pensée symbolique indispensable à une communication via le langage. La pensée abstraite serait apparue dans la famille humaine avant le dernier ancêtre commun à Néandertal et sapiens. Un motif géométrique fut découvert sur une coquille de moule gravée par un Homo erectus, il y a 500 000 ans.

La pensée symbolique ne peut être la seule explication du succès de sapiens, le savoir faire technique était indispensable. Les Néandertaliens possédaient des outils en os de cerf, pour travailler les peaux, ils torsadaient des fibres végétales pour en faire de la ficelle ou de la corde qui pouvait être utilisées pour confectionner filer, pièges et paniers. Ils ramassaient des plantes comestibles, panais et bardanes, des champignons, mais aussi du blé et l'orge sauvages, céréales qu'ils cuisaient pour les rendre comestibles, des tubercules et des dattes.

L'archéologie indique qu'en étant contemporains, sapiens et Néandertaliens se comportaient de façon identique, la disparition des premiers est d'autant plus intrigante.

Une explication serait que sapiens disposaient de plus d'outils pour une prédation plus efficace et auraient mieux exploité leur environnement que les autres.

Capacité d'innover, taille de la population, meilleure transmission des acquis, les qualités qui auraient permis à sapiens de s'imposer. Néanmoins les deux populations auraient cohabité près de cinq millénaires avant que les Néandertaliens disparaissent, il y a environ 39 000 ans.

Ainsi que le fait remarquer David Frayer, de l'université du Kansas : ''Toutes les formes vivantes disparaissent un jour, ce qui n'implique par nécessairement qu'elles soient stupides, inadaptées, ou culturellement incapables. C'est juste ainsi que les choses se passent''.

Il est probable que de nombreux facteurs ont concouru pour faire évoluer la population eurasienne après l'irruption des cultures sapiens, produisant une population hybride à très forte dominante sapiens. Où, quand, et quelle fut son ampleur, il manque beaucoup d'éléments pour en savoir plus. Il faudrait des fossiles des plus anciens sapiens eurasiens et de Néandertaliens tardifs permettant des études anatomiques et génétiques. 

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 07:45

DOSSIER pour la SCIENCE 92

 

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

Dans la tête de Néandertal

(Kate WONG)

 

L'homme moderne est-il en droit de se croire plus intelligent que celui de Néandertal. Anatomie, gènes et vestiges culturels apportent des éléments de réponse en éclairant la vie mentale de nos cousins européens disparus.

Entrons dans la grotte de Gorham, à Gibraltar, dont le climat et la situation unique ont toujours attiré des humains. Les chasseurs cueilleurs habitèrent là pendant des dizaines de milliers d'années. L'environnement leur fournissait les ressources alimentaires et il pouvaient consacrer leur temps libre à abattre corbeaux et aigles pour confectionner des coiffes avec leurs plumes. Parfois ils gravaient sur le sol des motifs géométriques dont le sens nous est encore inconnu. Ces groupes se comportaient comme des chasseurs cueilleurs homo-sapiens, en étant néandertaliens.

Ce comportement prouve-t-il que leur niveau intellectuel était au niveau des sapiens qui allaient les remplacer ? Anatomie et génétique indiquent que Néandertal avait des capacités cognitives inférieurs à sapiens, les indices archéologiques attestent d'un niveau culturel proche de l'homme moderne. À Bruniquel de mystérieuses structures composées de fragments de stalagmites agencés par des Néandertaliens, il y a 180 000 ans ont été découvertes.

L'imagerie populaire fait de Néandertal une brute, la paléogénétique nous a appris en 2010 qu'il partage des gènes avec nous ! Un avantage puisqu'il survécu à trois glaciations au cours desquelles la vie due être difficile.

Depuis sa découverte au début du XXème siècle, les paléoanthropologues sont divisés, certains le jugent inférieur cognitivement, d'autres l'estiment du même niveau. Ces opinions influent sur l'explication donnée à l'extinction de Néandertal alors qu'il vécu des centaines de milliers d'années. La comprendre éclairement ce qui distingua notre espèce des autres membres de la famille humaine et expliquerait son succès.

L'examen des empreintes à l'intérieur d'un crâne des circonvolutions du cortex permettent d'en déduire la forme de certaines aires cérébrales. Celui-ci ne démontra aucune différence majeure entre les cerveaux néandertaliens et sapiens. Le premier était un peu plus allongé vers l'arrière mais son volume était comparable au nôtre. Il était parfois plus gros, rappelle Ralph Holloway, de Columbia, il insiste sur le fait que les lobes frontaux, déterminants dans la résolution de problèmes, semblent avoir été identiques chez Néandertaliens et hommes modernes. Les moulages réalisés ne donnent néanmoins pas d'indication sur la structure interne des lobes.

D'autres études sur les fossiles montra des asymétries entre les membres ou des marques d'usure des dents suggérant qu'il existait autant de droitiers chez les Néandertaliens que chez les hommes modernes. Or la latéralisation est une caractéristique séparant sapiens et chimpanzés, elle implique une asymétrie cérébrale associés au langage, un trait essentiel de sapiens.

Des travaux sur la forme des crânes néandertaliens indiquent que son cerveau se développait différemment de celui de sapiens après la naissance. Est-ce la preuve de l'emprunt d'une autre voie évolutive ? Les capacités crâniennes d'ancêtres des néandertaliens, Homo heidelbergensis, âgés de 400 000 ans, étaient moindres que celles de leurs descendants. Il est plausible que le grand volume des cerveaux de Néandertal et de sapiens soit le résultat d'évolutions parallèles. Ainsi, de taille similaires, ceux-ci pourraient avoir été différents, par exemple au niveau de la connectivité des neurones.

 

L'analyse de certains gènes donne un aperçu de ces différences. La publication en 2010 du génome néandertalien permit aux péléogénéticiens de faire des comparaisons. Les gènes n'expliquent pas tout ! Il y a une différence entre le gène et son expression qui peut varier en fonction du contexte et se traduire par des différences cognitives. Des recherches sont conduites sur les porteurs actuels d'un petit pourcentage d'ADN néandertaliens.

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 08:00

The Burning Court – John Dickson CARR – 1937

 

'' Il était une fois un homme habitant près d'un cimetière...'' et en effet, Edward Stevens habitait près d'un minuscule cimetière, à Despard Park.

 

Edward, à 32 ans, occupait un poste important chez Hérald et fils, éditeurs bien connu. Il louait un appartement en ville et possédait une villa à Crispen, aux portes de Philadelphie, où il allait le weekend. C'est justement là qu'il se rend, ce vendrdi soir, emportant dans sa serviette de cuir le manuscrit du nouveau recueil de Gaudan Cross consacré aux procès criminels célèbres.

Crispen était une communauté minuscule d'une demi-douzaine de maisons mais accueillait un bureau de postes, un droguiste, un salon de thé-patisserie.

Et un magasin de pompes funèbres !

L'unique raison justifiant l'existence de Crispen était Despard Park, propriété de la famille du même nom. Or, justement, le vieux Miles Despard, doyen de la famille était mort deux semaines plus tôt. Justement le neveu de celui-ci, Mark, était son patron.

Pour Edward les jours à venir devaient être consacrés à la lecture du manuscrit de Cross, ouvrage sur les empoisonneuses célèbres. Un auteur mystérieux qui pourtant exigeait qu'il y ait une photo de lui au dos de ses livres sans nul autre détail biographique.

Edward voudrait lire dans le train mais son esprit est attiré par Miles Despard, décédé à 56 ans alors qu'il en paraissait beaucoup plus. Il repensait à un détail, au moment de sa mort Miles tenait un morceau de ficelle comportant neuf petits nœuds à égale distance. Autre information surprenante, Mrs Henderson, cuisinière de son état affirmait avoir vue une femme ''en costume'' la nuit de la mort du vieux Miles. Pourtant depuis le début de sa maladie, une gastro-entérite, celui-ci avait manifesté le désir de rester seul, et fermait les trois portes de sa chambre pour n'être point dérangé.

Stevens a toujours aimé les mystères aussi est-il intéressé par cette mort et cette apparition improbable. Mais peu importe, il doit travailler, le manuscrit de Cross l'attend. Et en le lisant il commence par le proès de Marie d'Aubray, en 1681, qui fut jugée, et condamnée à mort, par la Chambre ardente ! Il découvre, glissée dans le manuscrit, la reproduction d'un portrait de la coupable.

Ce pourrait être celui de son épouse, qui porte le même nom !

 

Peu importe lui affirme son épouse quand il lui en parle. Edward est pourtant troublé. Alors qu'il revient de se laver les mains il constate que la photo a disparu ! Mais il n'a pas le temps de s'interroger, Mark sonne, accompagné du docteur Partington, et affirme à son employé, et ami, qu'il est convaincu que son oncle a été empoisonné. N'a-t-il pas découvert la veille, dans la chambre fatale, un chat empoisonné à l'arsenic ? Il veut que Edward et Partington l'aident à récupérer le corps en vue d'autopsie.

Aidés de Joe Henderson, l'homme à tout faire de Miles, ils pénètrent donc dans la crypte où se trouve le cercueil.

 

Ils s'en saisissent, l'ouvrent... et ne trouvent rien !

 

Nouveau mystère, la crypte était close, sans fenêtre, une lourde dalle fermant l'entrée qu'il était impossible de déplacer sans laisser de traces.

 

C'est Partington qui fait remarquer qu'ils se trouvent là devant une double énigme de chambre close. Tous cherchent la solution, et qui était cette femme costumée ? Et pourquoi pas Lucy, l'épouse de Mark, qui ce jour là participait à une soirée costumée ?

Le hasard faisant bien les choses, c'est à cet instant de leurs réflexions, que celle-ci arrive, avertie par un télégramme de l'ouverture de la crypte. Elle sera suivie d'Edith, la sœur de Mark, qui reçut le même courrier.

 

Le soir Edward constate que son épouse est partie, laissant un message lui disant qu'il ne doit pas s'inquiéter, et qu'il manque au livre de Cross le dernier chapitre, consacré à une Marie d'Aubray, celle-ci guillotinée en 1861...

 

D'autres personnages vont faire leur apparition, Ogden, le frère de Mark et Edith, le capitaine Franck Brennant de la police de Philadelphie. Celle-ci a reçu une lettre anonyme signalant que Despart a été assassiné, par une femme.

 

 

Cette fois la vraie police mène l'enquête. Que donnera cette dernière, c'est à vous de le lire. Je vous signale toutefois que ce roman est surtout connu pour son dénouement, ou, devrais-je dire : ses dénouements...

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 08:00

DOSSIER pour la SCIENCE 92

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

(Entretien avec Joël Fagot par Loïc Mangin)

L'intelligence est le fruit de multiples fonctions cognitives. Les différences entre l'homme et les autres primates peuvent refléter des variations subtiles au sein de ces briques élémentaires, sans rupture phylogénétique marquée.

Primates et intelligence. En cognition comparée on utilise le terme de cognition car ''l'intelligence'' est un terme souvent associé à la cognition humaine. S'il fallait définir l'intelligence, citons Alfred Binet : ''l'intelligence ? C’est ce que mesurent mes tests.'' ceux-ci sont spécifiquement conçus pour évaluer l'intelligence [la conne-ition] humaine.

Chez l'animal on a tendance à séparer perception, attention, raisonnement, mémoire... en sous-processus testés isolément, même s'ils sont liés, comme des ''briques'' cognitives. Subdiviser n'est pas renoncer à une vision globale. Le langage par exemple, souvent défini comme typiquement humain n'est possible que par des capacités particulières, perceptives, de mémorisation, articulation. Sous-mécanisme que l'on étudie isolément, en les comparant, chez les singes non anthropoïdes, les grands singes, et les humains.

Stratégie ayant permis l'émergence d'idées nouvelles sur l'évolution et les capacités afférentes au langage humain.

Ces études montrent que des compétences que l'on imaginait inaccessibles à certaines espèces ne le sont pas. Les singes non anthropoïdes, par exemple, ont des capacités de raisonnement par analogie alors que seuls les grands singes paraissaient en être dotés.

Prenons l'exemple du test de la reconnaissance dans un miroir que seuls les grands singes réussissent. Y échouer n'est pas la preuve de l'absence de conscience de soi.

Il semble que l'évolution cognitive serait linéaire. Les humains ont une culture cumulative, ils apprennent de leurs parents, de leurs enseignants... et ils manipulent les informations pour les utiliser différemment. Petit à petit nous avons amélioré nos savoirs et techniques avant de les transmettre à la génération suivante. Il existe peu de démonstrations de ce comportement chez les animaux. Il leur manque probablement un processus de structuration tel qu'on l'observe dans le langage humain. Grammaires et organisation syntaxique ont rendu la communication plus efficiente au fil des générations.

Des paléontologues découvrirent des pierres que des chimpanzés utilisaient comme marteaux pour casser des noix il y a des milliers d'années. Leurs descendants les emploient de la même façon, cette technique n'a donc pas évolué.

De nombreuses recherches furent menées pour trouver le facteur différenciant humain et animal : le propre de l'homme ! Furent proposés, le langage, la bipédie, l'emploi d'outils, latéralisation, grammaire... éléments tombés l'un après l'autre.

La différence entre primates et humains tient en quelques particularités. Ces derniers ont une pensée tournée vers l'avenir. Les chimpanzés pourtant adaptent leur comportement en fonction du temps, mais sur des échelles de temps courtes, ils ne semblent pas capables d'anticiper à long terme. [mais en ont-ils besoin?]

Selon Joël Fagot l'intelligence est une fonction adaptative s’accommodant du contexte. Captivité et vie sauvage comptent moins pour expliquer les performances d'un animal que la richesse du milieu. Un lieu de captivité stimulant peut être aussi propice à l'expression de capacités cognitives élaborées qu'un milieu naturel. ''… il existe de nombreuses façons de stimuler intellectuellement des animaux captifs, ce que nous tentons de faire dans mon laboratoire en leur donnant un libre accès à des tests cognitifs informatisés.

L'idée qu'il existe un facteur séparant les humains des autres primates est à abandonner. Les briques élémentaires formant les fonctions cognitives complexes peuvent varier, de façon minime ou importante, une par une, chez les primates et les humains... C'est cette somme de différences qui ferait... la différence !''

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 08:00

DOSSIER pour la SCIENCE 92

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

(Guy THÉRAULAZ & Jacques GAUTRAIS)

(Stéphane BLANCO & Richard FOURNIER)

(Jean-Louis DENEUBOURG)

Des réseaux complexes d'interactions permettent de coordonner les activités des individus et de résoudre collectivement de multiples problème chez les animaux sociaux.

Fourmilières, termitières et ruches sont des chefs-d’œuvre d'architectures, il en va de même pour leur organisation sociale. C'est collectivement que sont résolus choix et problèmes. Le travail est réparti, preuve de l'ordonnancement régissant les activités de ses membres. L'observation de la fourmilière montre des comportements individuels aléatoires, parfois conflictuels ou incompatibles avec des performances collectives. Il arrive qu'une fourmi détruise le travail d'une autre, l'individu peut-être désordonné mais l'ensemble reste cohérent.

Comment l'ordre peut-il naître du désordre ? Question qui intéresse savants et naturalistes. Depuis 30 ans de nouveaux outils conceptuels développés en éthologie et en physique statistique révèlent les mécanismes de coordination chez les insectes sociaux. Parmi ceux-ci ce sont les processus d'auto-organisation qui retiennent l'attention. En physique et en chimie, les phénomènes au cours desquels les éléments d'un système s'organisent ''spontanément'' portent le nom de ''structures dissipatives''. Elles furent découvrent par Ilya Prigogine.

Les méthodes d'études des structures spatiotemporelles apparaissant dans des systèmes physiques ou chimiques permettent de mieux comprendre l'émergence de la complexité dans les sociétés d'insectes. Prenons, pour illustration, un comportement noté chez de nombreuses espèces de fourmis : l'agrégation des cadavres.

Les fourmis les rassemblent pour réduire les risques d'infections dans la colonie. Une fourmi morte libère, entre autre, de l'acide oléique, qui incite les ouvrières à s'en emparer pour les rejeter à l'extérieur du nid. Les cadavres forment des tas, des ''cimetières''.

Ces tas sont régulièrement détruits, les cadavres déplacés, un processus qui laisse quelques amoncellements seulement qui forme un motif spatial régulier. Les fourmis obéissent aux lois reliant la nature et l'intensité des signaux environnementaux perçus par un individu et la probabilité qu'un comportement régulier apparaisse chez cet individu. Ces lois permettent d'élaborer un modèle de comportement individuel avec lequel est étudié le rôle des interactions des individus dans l'émergence du comportement collectif. Outre les lois de prise et de dépôt d'un cadavre, sont identifiées les caractéristiques du déplacement des fourmis.

Chez les insectes sociaux les processus d'auto-organisation conduisent à l'émergence de structures collectives à partir des interactions individuelles.

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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 07:29

DOSSIER pour la SCIENCE 92

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

(Anna SMET/Catherine HOBAITER et Richard BYRNE)

Éléphant et intelligent riment, on le sait. Ses facultés de mémorisation, de coopération, de communication sont à la hauteur de sa réputation. Portait d'un génie méconnu.

Depuis 2 décennies les études prouvant leurs qualités se succèdent, leur société montre des comportements traduisant de multiples facultés cognitives.

Celles-ci se répandent dans une espèce si elles répondent à une nécessité, manger, survivre, se reproduire, ou, plus généralement, remplir certaines fonctions sociales.

Ils n'ont pas besoin d'outils pour se nourrir, ils disposent de ressources alimentaires variées et le manque d'efficacité de leur système digestif les oblige à manger tout le temps, ou presque mais en utilisent pour prendre soin de leur corps. Ils se grattent et enlèvent les parasites, avec des branches.

 

Leur taille dissuade les prédateurs. Seuls hommes, tigres et lions l'attaquent. Les fauves s'en prenant principalement aux petits. Cette pression les amena à développer des capacités de détection fine. Ils savent classer leurs ennemis selon leur dangerosité, mémorisant caractéristiques olfactives, visuelles et vocales. Ils peuvent reconnaître une catégorie humaine, ainsi différencient-ils les Massaïs qui les attaque, des Kamba, qui sont pacifiques avec eux. Ils montrent des réactions différentes en écoutant un enregistrement de plusieurs lions ou d'un seul. Les femelles expérimentées différencient les rugissements des males et des femelles.

La lutte contre la prédation fut donc un moteur de leur évolution cognitive, moins important toutefois que celui induit par leurs interactions sociales complexes qui nécessitent des compétences cognitives élaborées.

Ils vivent en groupes qui se croisent, fusionnent et se séparent en permanence. Le groupe familial réunit les femelles adultes apparentées et leurs progénitures, les jeunes mâles s'en vont pour vivre en bande. Puis vient le groupe de liaison, il regroupe des familles apparentées, enfin le clan rassemblant les habitants du même territoire pendant la saison sèche. Celui-ci peut atteindre des milliers de kilomètres carrés. Les groupes d'un clan s'y rencontrent de telle sorte qu'un individu en croise beaucoup d'autres.

Autre exemple d'attitudes traduisant des capacités élaborées, la réaction face aux morts ou mourants. Rares sont les animaux montrant de l'intérêt pour un congénère dans ces situations. Les pachydermes, eux, se rapprochent du malade, en silence, le touche avec la trompe, essayant de le relever, de le nourrir, le protégeant contre les prédateurs. Quand il est mort ils le couvrent de terre et de végétation, comportement adopté également envers des humains décédés.

Que comprennent-ils exactement de la mort, impossible de le savoir, mais leur comportement démontrent une certaine approche de la chose.

 

Longtemps la théorie de l'esprit fut l'apanage de l'homme. De plus en plus de spécialistes en psychologie animale l'attribuent à d'autres espèces, les grands singes, les dauphins. Les éléphants semblent en être dotés. En 2008, Lucy Bates et ses collègues analysèrent 250 observations sur 35 années d'études sur des éléphants sauvages. Ceux-ci se comportent comme s'ils étaient dotés d'une empathie équivalente à celle des humains. Ils forment des alliances sociales, se réconfortent, récupèrent les petits séparés du groupe, adoptent les orphelins, aident ceux qui sont tombés, embourbés ou coincés dans un trou, ils retirent les lances...

Lucy Bates et Richard Byrne montrèrent en 2010 que les éléphants se transmettent des connaissances. En 2011 Joshua Plotnik, de l'Université Emory, et ses collègues montrèrent que les éléphantes d'Asie coopéraient pour un but commun.

Se confronter à de nombreux individus nécessitent des capacités spéciales pour identifier les autres et s'en souvenir.

Les éléphants communiquent par des signaux visuels, chimiques et auditifs. Leurs signaux vocaux comprennent une large gamme de sons : grondements doux, cris, hurlements assourdissants. Ils émettent des cris dans le domaine des infrasons, inaudibles pour l'homme afin de communiquer avec des congénères hors de vue.

Les recherches récentes renvoient l'image de géants sensibles, sociaux, pour qui coopération, communication et entraide sont fondamentales. Malheureusement, là encore la réduction de leur territoires à cause des humains, le braconnage pour l'ivoire, augmentent leurs difficultés malgré les efforts fait pour les préserver. Les campagnes d'abattages nuisent gravement à la survie d'un groupe entier.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 08:00

DOSSIER pour la SCIENCE 92

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

(Carolynn SMITH/Sarah ZIELINSKI)

Oiseaux réputés stupides, ces gallinacés présentent des capacités cognitives étonnantes. Elles communiquent, manipulent les informations et seraient douées pour les mathématiques.

Nous disons, myope comme une taupe, gai comme un pinson, bavard comme une pie, têtue comme une mule, laid comme un pou... la langue française fourmille d'expressions associant une qualité à son représentant du monde animale. Intellectuellement ce sont renards (rusés) ou les singes, (malins), qui tirent leur épingle du jeu. C'est oublier Gallus gallus domesticus : la poule domestique. Celle-ci sert pour se coucher, est mère ou mouillée, il manque une référence à ses compétences tant elle étonne par ses facultés.

La poule appartient pourtant à une classe brillante : les oiseaux et sa réputation de cancre est régulièrement battue en brèche par les découvertes des éthologues. Elle est futée et a des capacités de communication proche de celles de certains primates. Pour décider elle tient compte de son expérience et de la situation. Elle résout des problèmes complexes et fait preuve de compassion envers des individus en danger. Ainsi doit-on admettre que des capacités cognitives attribuées aux seuls primates sont plus répandues qu'on le pensait et faut-il porter un nouvelle réflexion éthique sur des élevages de poules, conçus pour le rendement sans considération de leur bien-être.

Les premières études sur le cerveau de la poule furent menées dans les années 1920 par le biologiste norvégien Thorleif Schjelderup-Ebbe. Il détermina leur organisation hiérarchique. Les mâles dominants ont un accès prioritaire à la nourriture et aux femelles. Trente ans plus tard Nicholas et Elsie Collias ont montrés que les poules disposent d'un répertoire de 24 cris associés à des événements particuliers. La proximité d'un prédateur aérien ou terrestre amène un cri différent. Leur répertoire n'a été décrypté que dans les années 1990. gloussements, caquètements et dandinements constituent un complexe système de communication. À l'audition du cri les poules adoptent le comportement idoine, preuve qu'elles savent ce qu'il signifie. Mieux, ces oiseaux peuvent choisir d'avertir ou non, par exemple, un coq qui voit une menace cri s'il y a une femelle à proximité, si c'est un rival, il ne dit rien. La question se pose aussi de leur capacité à donner de fausses informations pour en tirer profit.

L'observation proche des gallinacés permit de mettre en avant des comportements inconnus jusqu'alors puisque limités à des lieux discrets de remise en cause de la hiérarchie par des coqs habituellement soumis. La mise en place de micros permit de découvrir des vocalisations si ténues qu'elles étaient passés inaperçues.

La liste des capacités cognitives des poules s'allonge de jour en jour. En 2011 l'étude publiée par Joanne Edgar révéla que ces oiseaux ressentent de l'empathie.

Dans le poulailler l'intelligence commence au berceau ! Giorgio Vallortigara de l'université de Trente montra que les poussins sont des calculateurs émérites et de fins géomètres. Comment se fait-il que la poule domestique ait de telles capacités alors qu'elle n'est pas étroitement apparentée à des oiseaux connus pour leur intelligence ?

L'intelligence est plus fréquente que le pensait l'humain [qui l'imagine mal chez d'autres animaux], elle apparaît quand les conditions sociales la favorisent sans être le résultat de l'évolution de facteurs physiologiques et environnementaux.

La poule a probablement hérité ses capacités de ses ancêtres sauvages qui vivaient en groupes, chacun ayant un couple dominant. Sociétés complexes induisant l'accroissement des capacités mentales des poules ancestrales. Confrontés à un environnement hostile elles durent faire preuve d'intelligence pour survivre.

Mais admettre que ce sont des animaux intelligents va amener une remise en cause des très mauvais traitements qui leur sont infligés pour finir dans nos assiettes. Il serait temps de tenir compte de leur bien être, dont, comme leur prédateurs, nous profiterons également. 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 08:07

''La plus ancienne et la plus forte émotion de l'humanité est la peur, et la plus ancienne et la plus forte des peurs est celle de l'inconnu''.

C'est avec la première phrase de Épouvante et surnaturel en littérature que Robert Bloch entame sa présentation de celui qui fut son mentor et son correspondant pendant les premières années de sa vie littéraire. 

Faute d'être connu, et reconnu, de son vivant, Lovecraft attira autour de lui un cercle d'auteurs qu'il conseillait et qui utilisèrent et prolongèrent son univers. Tous les critiques ne reconnaissent pas le talent, ou le génie de HPL, ainsi Edmund Wilson dans le New Yorker en 1945 l'accusait de ''mauvais goût et de mauvais art''. Ted White, ancien rédacteur-en-chef de Amazing et Fantastic affirma que son type d'écriture était ''maladif'' et ne pouvait provenir que d'un esprit ''malade'', suggérant que cette affection se prolongeait dans les textes de Howard.

Allusion probable au style de vie de l'auteur et Bloch s'interroge sur l'utilité de regarder une vie avant de juger une œuvre. Faut-il chasser de nos bibliothèques les livres de drogués, d'alcooliques, d'obsédés sexuels et autres victimes de psychoses ? Auquel cas nous perdrions Poe, Hawthorne, Maupassant, Kafka... la liste des auteurs et de leurs ouvrages condamnés sous prétexte de non respect des bonnes mœurs serait longue.

Pour en revenir à Lovecraft, il ne buvait pas, ne fumait pas, ne se droguait pas et sa vie sexuelle se résuma en un bref mariage.

La beauté est dans l’œil du spectateur, dit-on, la maladie aussi, l'observateur ne comprend pas qu'il a devant lui un prisme d'idées reçues et de convictions réductrices qui l'amènent à condamner ce qui diverge de ses dogmes et certitudes.

Que faudrait-il penser des mondes d'Alice, du Pays d'Oz, du mondes des Hobbits ? Leurs créateurs devraient-ils être honnis pour les avoir engendrés ? Cela sans évoquer Mary Shelley ou R.L. Stevenson, faut-il souffrir d'une maladie mentale pour imaginer une invasion extraterrestre comme HG Wells ou concevoir un futur aussi sombre que Aldous Huxley ? Encore que pour ce cas il s'agissait plus d'anticipation que d'imagination !

''Malade'' ou saine, une activité créatrice est le produit d'une imagination individuelle, colorée par un point de vue unique, une attitude personnelle envers la vie. Et elle semble générée par un intense désir ou un besoin de communication avec les autres. La plupart d'entre nous satisfont ce besoin de manière simple. Ceux qui ont n physique agréable et les gens ''agressivement'' énergies éprouvent rarement le besoin de venir ''créatifs'' pur se procurer les récompenses de notre société.

Si personne ne répondait au besoin d'un enfant d'attirer l'attention – si personne ne répondait au cri de ''Regardez-moi ! '' – alors peut-être celles-ci devaient-elles être remodelées. ''Regarde mes dessins'', ''écoute ma musique, écoute mon histoire''. Dans ce contexte tous les auteurs peuvent être qualifiés de ''malades'', y compris ceux qui assument le rôle supérieur de critiques. Les artistes créateurs ne sont pas tous dénués de beauté ni de charme mais pour une raison ou une autre la plupart possède ce sentiment d'inadaptation ou d'insécurité, depuis ceux qui décorèrent les murs des cavernes pendant la préhistoire, jouaient sur des instruments primitifs ou s'accroupissaient pour raconter des histoires.

Printemps Lovecraft

Lovecraft était un enfant maladif et studieux, un adolescent dont la propre mère lui répéter qu'il était laid, il devint un jeune homme incapable de plonger dans ce monde de féroce compétition économique avec ses pairs. L'écriture résolut son problème de communication en lui permettant de se faire remarquer.

Longtemps il rédigea pour des journaux locaux des essais scientifiques et littéraires avant d'en venir à sa propre fiction et s'il ne connut pas le succès mérité il put affirmer, jusqu'à y croire, qu'il méprisait la réussite commerciale.

Les récits de HPL sont pleines de ses goûts et aversion, pour la seconde, le froid, les odeurs de poissons, la musique abstraire, pour les premiers, les chats, particulièrement, et l’Angleterre.

Son auto représentation en vieil homme peut traduire une interrogation vis-à-vis du vieillissement de la dégénérescence. Son œuvre est pleine de vieilles demeures, d'antiques tombeaux, tous hantés de secrets terrifiants. Si son amour de la science l'amena à rédiger des contes de ''fiction spéculative'' pour être publié dans des revues de science-fiction il le fut davantage dans Weird Tales, dédiée au fantastique alors que nombre d'histoires s'appuient sur la science mais avec une forme de terreur ou d'angoisse. Chez Lovecraft pourtant il est plus question d'ignorance de certaines lois de la physique, de mutations biologiques, que de sorcelleries ou d'invocation diabolique.

Politiquement Lovecraft peut être qualifié de raciste, un terme qui n'était pas péjoratif à l'époque, encore moins dans son milieu et pour quelqu'un ayant eu son éducation. Il dénonça longtemps l'invasion d'étrangers menaçant un style de vie ''purement'' américain. Pourtant à sortir de chez lui, à avoir des amis, une épouse, il en vint à moduler son point de vue, un décès précoce l'empêcha d'évoluer plus encore et de réagir aux exactions du national-socialisme.

Son œuvre doit autant à d'autres auteurs, Arthur Machen par exemple, qu'à ses propres rêves mais le Mythe de Cthulhu est une création dépassant toutes les autres, générant une descendance qui se poursuit aujourd'hui.

L'univers de Lovecraft eut pu disparaître avec lui, mais le ''cercle lovecraftien'' était là, actif. Faute d'être entendus par des éditeurs August Derleth et Donald Wandrei créèrent Arkham House et annoncèrent la publication de The Outsider and Others. Ce ne fut pas un succès immédiat... ce qui n'empêcha pas la parution d'un deuxième volume Beyond the Wall of Sleep, suivi d'autres incluant de nouveaux écrivains.

Derleth était connu pour ses pastiches de Conan Doyle, il en fit de même pour Lovecraft avec moins de réussite. Il avait les notes, il ne sut pas écrire la musique.
 

                                 HPL en compagnie de Frank Belknap Long - 11 juillet 1931

La peur est donc l'émotion la plus ancienne et la plus fort. Au début du XXème siècle le monde semblait dominé par le matérialisme et la certitude que la science savait tout expliquer. Les avancées de la physiques et la Première Guerre mondiale prouvèrent qu'il n'en était rien. La peur ne faisait que dormir, tel Cthulhu, n'attendant pour revenir qu'une position favorable des étoiles. Vinrent ensuite la grande crise de 29, puis la Seconde Guerre mondiale. Non, la science n'est pas salvatrice, elle n'est qu'un moyen, tout dépend des esprits qui l'utilisent, et ceux qui en ont la compétence ne sont pas forcément amicaux envers des humains qu'ils ne considèrent pas tous comme des frères.


Les écrivains d'horreur le font, en général, pour exorciser leurs peurs. Dans l'enfance ils sont souvent dotés d'une imagination hyper-active et traduisent leurs effrois enfantins sous forme de fiction écrite, souvent de manière superlative. Lovecraft n'échappa pas à ce tropisme et ses premiers textes se veulent descriptifs par l'usage exagéré d'adjectifs au lieu d'être suggestif. Heureusement son style changea pour gagner en simplicité, et en efficacité. Ses histoires montrent souvent un homme disposant d'un savoir qu'il veut partager, sachant celui-ci mortel pour lui mais qu'il est trop tard pour modifier son destin. Le rédacteur d'abord doute de ce qu'il raconte, de ce qu'il a vu, vécu, et puis, la narration avançant il doit accepter que son expérience est réelle.

Écrire c'est souvent s'inspirer de ce qu'on lut dans ses enfance et jeunesse, c'est reproduire des situations violentes, primaires, riches en sérial-killer sanguinaires mais intelligents.(?) Nourri de littérature classique Lovecraft put produire une œuvre se dégageant des habitudes de son temps, du goût d'un lectorat nourri de brutalité et de simplicité. Ainsi, incompris de celui-ci put-il s'inscrire dans le temps pour en trouver un autre, plus réceptif.

Au moment où Lovecraft l'a créé, le Mythe de Cthulhu et sa menace des Anciens Dieux revenant conquérir la Terre pouvait aisément être considéré comme une fable paranoïaque sur l'avenir. Aujourd'hui une suspicion grandissante mène à croire que cet avenir deviendra peut-être notre présent.

Si tel est le cas HPL nous a vraiment légué un héritage d'horreur. 

Ce n'est là qu'une brève (si,si!) présentation du préambule rédigé par Robert Bloch en 1986 au livre de Frank Belknap Long. Il est court et passionnant mais je dois m'arrêter pour vous laisser le plaisir de le découvrir.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Lovecraft
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