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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 05:57

Probablement avez-vous entendu parler de Conan [le Cimmérien pour lui redonner son titre réel], peut-être Solomon Kane. Le premier fut incarné par Arnold Schwarzenegger dans des films qui ne rendent pas hommage à l’œuvre originale, le second par un acteur dont le mérite était de ressembler à Hugh Jackman. Vous avez oublié Red Sonja ou Kull le conquérant, peut importe. Tout ces personnages sont les ''enfants'' de Robert Erwin Howard, auteur prolifique dont la vie fut raccourcie par Robert lui-même alors qu'on venait de lui annoncer que sa mère ne sortirait plus du coma - elle devait mourir le lendemain - et qu'il s'était séparé depuis quelque mois de Novalyne Price. Il semble que depuis longtemps Howard pensait à la mort, son doigt patientait, le 11 juin 1936 il exerça la pression nécessaire !

Outre ses écrits couvrant tous les gens, boxe, western (parfois humoristique), fantastique, détective story, historique et fantasy bien avant le Seigneur des Annaux ! J'évoquerai Conan plus tard, oubliant les films pour préférer les adaptations dessinées, les nouvelles et le roman mettant en scène le guerrier de Crom.

Cette fois je voulais simplement vous présenter le pan le moins connu de son œuvre : sa poésie.

Nul mieux que François Truchaud qui fut son traducteur ne peut vous présenter ce volume paru aux éditions NéO en 1988 :

''Les poèmes de Howard contiennent les mêmes thèmes et sujets que son œuvre de fiction, les mêmes obsessions et hantises. Les cinquante-trois poèmes [choisis par Glenn Lord] fantastique figurant dans le présent ouvrage sont imprégnés d'horreur et de violence, de sang et de mort. Guerriers sauvages, batailles acharnées, visions orientales, magie noire, satanisme, réflexion philosophiques sur la vie et le monde... autant de préoccupations qui sont déjà familières au lecteur. Howard clame sa différence... il est un ''étranger sur cette terre''... un rebelle, hanté par le suicide et la folie. Véritable ''écorché vif'', il chante en poète visionnaire ses songes intérieurs, ses cauchemars et les ténèbres qui l'habitant. Jamais il n'a été aussi violent et exalté, par-delà les images poétiques et la barbarie triomphe face à la civilisation.''

 

AUTOMNE

 

À présent la lyre d'Homère est tachetée de rouille,

Les feuilles jaunes sont emportées de par le monde,

Et les arbres dénudés qui tremblent à chaque bourrasque

Se découpent décharnés sur les nuages frisés de l'automne.

 

À présent dans le gémissement caverneux de la mer

Les oiseaux tristement volent au couchant,

Et la plainte spectrale du vent lugubre

Contient un souffle de musique, tel un soupir.

 

De la branche stérile se détache le fruit flétri,

Les vagues effacent des traces de pas sur la grève ;

Les feuilles fanées tombent sur un luth oublié,

Et les bras de l'automne étreignent une race à l'agonie.

 

HYMNE DE HAINE

 

Oh, frère qui te loves dans l'herbe âcre,

N'élève pas pour moi ton refrain sifflant :

De tes crocs ruisselle un venin moins mortel

Que celui qui coule dans mes veines en un flot ardent.

 

Une seule victime satisfait ta haine,

Mais je voudrais voir des cités fortifiées chanceler et s'écrouler,

Des sages à la barbe grise vomis et déchiquetés par des canons,

Et des nourrissons embrochés sur l'acier rougi.

 

Et je voudrais voir les étoiles tomber en tonnant,

Les océans déchaînés déborder et déferler sur les continents

Oh, la ruine universelle ne suffirait pas

À assouvir la fureur de mon âme exaspérée.

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 05:32

Vers 1645 Miyamoto Musashi, samouraï invaincu par une vie de combats, maître ès armes et maître de nombreux disciples, se retire dans une grotte et rédige ce classique de la littérature universelle: le traité des cinq rouesou traité des cinq anneaux, le caractère rinpouvant dire l'un ou l'autre où il livre son expérience et ses réflexion sur l'art du sabre dépassant le simple traité d'entrainement pour en faire un document philosophiques dont les enseignements, à l'instar de l'Art de la guerrede Sun Tsu, peuvent s'appliquer en dehors du maniement du sabre, pour le guerrier ou le sportif, et s'appliquer à la vie quotidienne, professionnelle ou personnelle. Se battre peut se faire sans arme et même sans violence, apparente !

En fait de cinq roues il s'agit d'un ensemble en cinq parties impliquant la terre, l'eau, le feu, le vent et le vide.

Le Chapitre de la terreest une présentation de la tactique et de l'entraînement, Musashi incite autant à la réflexion qu'à l'exercice, indique l'importance du rythme, trouver le sien pour triompher des autres peu importe leur nombre, savoir attendre, voir, comprendre pour attaquer au moment opportun. C'est presque musical, être cohérent, synchrone ; pleinement présent pour savoir quoi faire et quand le faire.

Le Chapitre de l'eaunous montre les techniques propres de Musashi mais dépasse le cadre purement martial pour emprunter à la spiritualité. L'eau prend la forme de son contenant, elle est un simple filet ou une vague destructrice. Bouddhiste Musashi incite au calme, pourquoi gaspiller son énergie, autant utiliser celle de son (ou ses) adversaire(s).

Observer sans bouger, le proche et le lointain, être le cœur du combat pour en conserver la maîtrise.

Le Chapitre du feuconcerne le comportement à suivre en duel ou sur le champ de bataille. Choisir le meilleur emplacement, n'être gêné ni par un obstacle ni par le soleil, connaître son adversaire, le droitier aura un côté gauche faible, et inversement, utiliser le terrain pour tenir l'emplacement stable et pousser ses adversaires dans la boue, la vase, le sol le moins apte à le supporter.

Devancer l'ennemi, garder l'initiative, être opportuniste, feindre la faiblesse pour piéger l'ennemi. L'idéal étant de viser le général adverse, sa mort marquant la fin de la bataille, sans chef un orchestre ne peut plus jouer.

Le Chapitre du vent souligne les failles des autres techniques, les connaître, les utiliser, d'où la nécessité de ne pas se contenter de maîtriser une technique, trop se fier à une arme amène à s'affaiblir face à une autre.

Le Chapitre du vide est l'idéal du samouraï selon Musashi, mais pas seulement. Percevoir, entendre, accepter de ne pas comprendre ce qui nous dépasse mais avec quoi nous devons composer.

"Dans le vide est la vertu, et non le mal. La sagesse a une existence, le principe a une existence, la Voie a une existence, l'esprit est le néant."

Dès l'âge de trente ans l'auteur se pencha sur sa vie, considérant qu'il était avantagé non seulement par sa maîtrise mais par la possession de qualités qu'il exploitait sans avoir rien fait pour les obtenir. À 4 heures et demie du main, à l'autre du 10 octobre il se mit à écrire pour conclure :

''Tant que l’on ne connaît pas la Voie véritable, chacun croit avancer sur le bon chemin et se crôit dans le vrai sans s'appuyer sur les lois du Bouddha ni les lois de la terre. Mais lorsque nous les regardons avec les yeux de la Voie véritable de l'esprit et selon les grandes règles du monde humain, on les voit trahir la Voie véritable à cause de leur propre égoïste et de leur mauvaise vue. Connaissez l'Esprit ! Reposez-vous sur le domaine franchement juste ! Faites de l'Esprit réel la Voie ! Pratiquez largement la tactique ! Ne songez qu'à la justice, à la clarté et à la grandeur ! Faites du vide la Voie ! Et considérez la Voie comme ''vide'' !

Dans le ''Vide'', il y a le bien et non le mal, L'intelligence est ''être. Les principes sont ''être''. Les voies sont ''être''. Mais l'esprit est ''Vide''.

 

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 05:17

Vous connaissez l'Art de la guerre de Sun Tzu, probablement pas le Hagakure, texte dicté par JōchōYamamoto à Tashiro Tsuramoto. Le premier fut longtemps samouraï au service de Mitsushige Nabeshima avant qu'il ne se retire ''caché dans le feuillage'' pour traduire le titre (葉隠) et dicter au second ses réflexions nées de son expérience et qu'il souhaitait transmettre, non comme un simple guide, un mode d'emploi, à suivre mais comme un exemple dont s'inspirer.

7 années furent nécessaires pour achever ce travail (1710-1717) ; bien plus avant qu'il n'atteigne le grand public, à l'époque ça ne voulait rien dire. Ce n'est qu'au début du vingtième siècle que le public japonais eut connaissance de ce texte, jalousement conservé par le clan des Nabeshima, il fallut que cette notion même devint obsolète pour autoriser cette diffusion.

Au long des 11 tomes Jōchō Yamamoto (1659-1719) démasque l'âme du Bushi, l'incarnation idéale du guerrier au temps de la féodalité, proche du chevalier occidental de la même époque. Autant dire que l'un et l'autre ont totalement disparus !

Le samouraï n'en est qu'un synonyme, il devait être expert dans l'art du sabre, c'est le moins, mais aussi endurant, capable de supporter la souffrance et accepter autant son sort que l'ordre qui lui était donné, ils devaient, littéralement être ''sans peur et sans reproche''. Être le premier était plus facile qu'être le second !

Deux rencontres orientèrent la vie de Mamamoto, celle d'un moine zen, Tannen, du temps des Nabeshima puis de Ishida Ittei, conseiller du même clan. Quand son seigneur mourut, en 1700, il ne put faire Seppuku, la pratique en ayant été interdite, il reçut l'autorisation de se retirer dans une simple hutte où Tashiro Tsuramoto vint le voir et consigna le fruit de ses réflexions qu'il diffusa dans son clan.

 

Depuis la capitulation nippone en 1945 l'ouvrage est mal vu car censé illustrer le militarisme fanatique qui conduisit le Japon à la défaite.

 

Le Seigneur Naoshige avait coutume de dire :

Il faut devenir fanatique et développer la passion de la mort. Si l'on compte sur le temps pour accroître son pouvoir de discernement, il risque d'être trop tard pour le mettre en pratique'' !

La loyauté et la piété filiale sont superfétatoires dans la voie du Samouraï ; ce dont chacun a besoin c'est la passion de la mort. Tout le reste découlera naturellement de cette passion.

 

Je préfère :

La meilleure attitude à avoir à l'égard de la parole est de ne pas en user. Si vous pensez pouvoir vous passer d'elle, ne parlez pas.

Ce qui doit être dit devrait toujours être dit aussi succintement, logiquement et clairement que possible.

Un nombre surprenant de gens se ridiculisent en parlant sans réfléchir et se déconsidèrent d'autant.

 

Il existe ce que l'on appelle ''l'attitude pendant l'orage''. Quand on est pris dans une averse soudaine, on peut, soit courir le plus vite possible, soit s'élancer pour s'abriter sous les avancées des toits des maisons qui bordent le chemin. De toute façon, on sera mouillé.

Si on se préparait auparavant mentalement à l'idée d'être trempé on serait en fin de compte fort peu contrarié à l'arrivée de la pluie.

On peut appliquer ce principe avec profit dans toutes les situations.

Traduction André Louka (1990).

Il existe une traduction plus récente et complète de Sébastien Raizer.



Jim Jarmush s'en inspira pour son film Ghost Dog, la voie du samouraï.

 

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 05:57

Cela fait... au moins que ce livre trainait dans ma bibliothèque, vous me direz qu'il n'est pas à une décennie près. Quel diable me poussa-t-il vers lui alors que d'autres attendent mon bon vouloir. Méphistophélès sans doute, si quelqu'un connût Faust c'est lui !

Goethe mit plus de temps encore à rédiger ces deux textes, drames poétiques ou poésie dramatiques, sommet qui mes progrès laisseront inaccessibles, et je ne puis vendre mon âme, je ne connais personne qu'elle intéresserait, pas même moi.

Avant d'être un personnage Faust fut, dit-on, un être réel, alchimiste et professeur, symbole de la curiosité ''scientifique'' comme on ne disait pas encore à l'époque, cherchant à distinguer entre les dogmes hypnotiques de son époque une vérité qui lui était inaccessible, sinon dans sa faculté de prétendre la discerner, (un aïeul sans doute) vivant entre Heidelberg et Erfut dans un environnement ou l'humanisme faisait ses premiers pas.

De nombreux textes utilisent Faust comme héraut de ''l'humain'' traversant l'obscurantisme, pour se casser la figure souvent, mais celui qui retint l'attention de Goethe fut sans doute Le Docteur Faustus du dramaturge anglais Christopher Marlowe, quel meilleur prétexte à une œuvre ambitieuse à la mesure de Shakespeare qu'il admire. L'auteur et son personnage se ressemblent par leur jeunesse et leur volonté, le premier ignore que le second le poursuivra toute sa vie.

Faust veut savoir mais son génie est prisonnier des contraintes de son époque, la magie n'étant qu'un moyen de (tenter de) les surpasser, sans être celui d'y parvenir, encore que, parfois, elle puisse en donner l'illusion. Jusqu'au pacte faustien, que peut-on gagner si l'on ne mise rien sinon la fadeur d'un bonheur bovin et pitoyable. Faust mise son âme, aujourd'hui nous dirions son esprit, pour traverser sa peur, dépasser les limites de son présent et accéder à un savoir, un pouvoir peut-être, qu'il ne pourrait maîtriser.

L'histoire montre que pouvoir faire amène à faire quel que soit le prix à payer. Lent saignement des erreurs n'aide qu'à en faire de nouvelles.

Il y a bien d'autres choses dans ces textes, l'amour, le crime involontaire, l'infanticide, la damnation si proche... Quel dommage que de si beaux textes perdent par le conventionnel de leurs fins une grande part de leur intérêt.

Alors ''sie ist gerichtet'' ou ''si ist gerettet'' ?

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 06:21

Le Livre des rites (禮記, 礼记Lǐjì) est une restauration du Lǐjīng perdu au iiie siècle av. J.-C. qui décrit les rites anciens et les cérémonies de cour de l'époque Zhou rassemblés par Confucius et ses disciples agrémentés d'anecdotes et dialogues les illustrant.

Par l'idéalisation qu'il fait d'une époque disparue il se rapproche d'une Atlantide, lieu où tout est équilibré et paisible, chacun sait que cela ne peut, heureusement, exister. Le paradis est bien pire que l'enfer !

Il décrit l'administration, les cérémonies et étiquettes au point d'en ressembler à un logiciel rassurant d'avoir tout prévu. Peut-être faudrait-il changer l'appellation du système politique chinois en Kǒngmunisme. Ce qui semble rassurant avant d'y être devient terrifiant une fois entré.

Si je n'avais participé à ce chat l'ange jamais je n'aurais découvert ce texte, ce fut une bonne chose, au moins me fut-il matière à réflexions. Que penserait Confucius s'il revenait et découvrait comment il est perçut, peut-être l'écart entre ce qu'il ambitionnait et ce qu'il exprima l'affligerait-il. Cela ne me coûte rien de l'écrire, il y a peu de risques qu'il revienne me taper sur l'épaule, je le regrette, quand bien même m'eut-il démontré l'inanité de mes remarques.

 

Le principe confucéen de la paix naissant dans l'individu, se continuant dans la famille pour aboutir dans la nation est-il un mythe exprimant l'envie de maîtriser là, et sa, nature ? Les rites, quels qu'ils fussent sont-ils mieux que des barreaux faussement rassurant mais incapables de tenir la Nature à l'extérieur, puisqu'elle est aussi, et déjà, à l'intérieur ? Le triptyque de Maître Kǒng est composé des hommes parfaits, des hommes supérieurs puis des hommes communs, castes gigognes censées parfaitement s'imbriquer, avec pour but ultime, et individuel, la noblesse spirituelle, le li (), (d'où li ji vous l'aviez noté) l'harmonie parfaite permettant de se maintenir en équilibre entre les autres et les êtres spirituels...Ce pourquoi il ne faut pas confondre ce li, où l'on dors sans pouvoir bouger, du Lee qui lui vous guide où le bons sens vous murmure de ne pas aller.

Lee Rony vs Kǒng fu tzi ?

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 06:19

Les Annales des printemps et des automnes (春秋 Chūnqiū, 麟經, 麟经 Línjīng) compilent les événements politiques diplomatiques et militaires survenus dans l'état de Lu de -722 à -481 ainsi que dans les états de Qi, Jin et Chu, rapportant des phénomènes naturels : éclipes, inondations ou séismes. À ce titre, il sert à désigner la période qu'il couvre, précédant celle des Royaumes combattants, avant que Qin, célèbre en Occident pour son tombeau gardé par une armée en terre cuite, n'unifie la Chine en -221, laquelle était loin de couvrir le territoire qui est le sien de nos jours, mais c'est une autre histoire. C'est une époque instable pour les principautés s'étendant du Fleuve Jaune (Huang He) au Fleuve Bleu (Yangzi Jiang), leur nombre aurait pu approcher les 200 !

 

Accompagnent ces Annales, trois commentaires (zhuan) tentent de les interpréter, de les moraliser : le Zuo Zhuan, rédigé par Zuo Qiuming ; le Gongyang Zhuan, de Maître Gongyang, reprenant vraisemblablement un texte antérieur de Zixia, lui-même disciple de Confucius, et le Guliang Zhuan, de Guliang, texte plus récent. Auraient existés des commentaires de Zou et Jia mais n'en reste que le rappel de leurs noms.

Surfant, si j'ose dire, sur le succès populaire de ce texte, d'autres œuvres s'en inspirèrent, des romans historiques ou encyclopédies. Les Lüshi Chunqiu commandités par Lü Buwei, premier ministre de Qin, celles des royaumes de Wu et de Yue Wu Yue Chunqiu rédigées par Zhao Ye ; les Annales des printemps et automnes de Chu et de Han et les Shiliuguo Chunqiu sont perdues ; ouf ! ! ! 

 

 


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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 06:23

Classique des documents (書經, 书经Shūjīng) ou, plus simplement : "Shu"

Ce classique Chinois regroupe des textes documentset discours écrits par les dirigeants, nobles et officiels, des Yu - 虞書(les 5 premiers chapitres) Xia - 夏書(de 6 à 9), Shang - 商書(de 10 à26) et Zhou - 周書(27 à 58). les premiers remontant au troisième millénaire avant JC, une époque ou histoire et mythologie se superposent, les royaumes dont il est question étant plus proche de l'Asie Centrale que de la Chine que nous connaissons, période sans état constitué habités par des peuples nomades qui se fixèrent au cours de la Dynastie Shang qui vit naître les premiers sinogrammes. Xia, Shang et Zhou formant le triptique dynastique fondateur de la Chine. Des travaux furent conduit dès 1995 pour leur donner une chronologie historiquement fiable, il semble que le travail fourni soit perfectible.

58 chapitres divisés en Nouveaux et Anciens textes. Il semble que les Anciens aient été ''mis en forme'' aux 2èmeet 3èmesiècle de notre ère, les Nouveaux allant du 11èmeau 4ème avant.

L'ensemble débutant par une introduction attribué à Confucius est classé chronologiquement

 

Fusheng (伏生)passe pour avoir reformé ce Classique qui lui aussi souffrit de la censure de Qin. Nul ne peut dire combien des textes subsistant étaient à la table des matières de l'original. Le plus ''authentique'' étant le dernier.

(je sais, c'est court mais ça mérite pas plus. J'arrive au bout des Classiques !)

 

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 06:10

 

Après le Yi jing, voici le Shījīng :

305 poèmes, répartis en 4 catégories constituent ce Classique. Les chansons folkloriques des royaumes, les grandes odes, les petites odes et les hymnes religieux. Il conserve les vers les plus anciens de la littérature Chinoise.

Confucius, encore lui mais on ne prète qu'aux riches, aurait chosi ces 305 textes parmi 3000 pour leur valeur d'exemplarité des valeurs que lui-même défendait. La réalité serait différente, des fonctionnaires profitant des moissons circulaient dans les campagnes et notaient les chansons pour se faire une idée de l'état d'esprit de la population. Preuve en est que le Shī Jīng existait dans l'enfance de Confucius.

Toujours est-il que Maître Kong conclût : ''Qui n'étudie pas le Shī ne sait ni parler ni agir correctement''.

Qin Shi Huangdi (秦始皇帝), l'unificateur de la Chine, voulut faire disparaître le Shī, trois érudits (Shen Pei, Yuan Gu et Han Ying) le mémorisère, la version qu'ils restituèrent peut être différente de l'originale. Il fut ''remanié'' postérieurement au règne de Qin par Mao (aucun rapport avec le Grand timonier) qui suivant l'ombre confucéenne présenta une poésie politique et historique à visée morale. Avec Zhen Xuan il formèrent le Shījīng tel que nous le connaissons aujourd'hui. À l'époque, en Chine comme en Grèce le poèsie était didactique, exemplaire ou narrative, le romantisme n'était pas encore passé par là.

Dragon2012feu.jpg

 

à suivre...

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 06:07

Catégorie : Roman Graphique

Scénario : Marc Andreyko et Brian Michael Bendis

Dessin : Brian Michael Bendis

N/B

Éditeur : Semic

ISBN : 2-814082-81-9


Eliot Ness ne fit pas que pourchasser Al Capone, sans parvenir à l'envoyer dans un pénitencier, il poursuivit sa carrière à Cleveland pour ''nettoyer'' la police locale. Ceci fait il se retrouve confronté au ''Torso Killer'', tueur en série décapitant et tranchant les mains de ses victimes dans le but de rendre plus difficile l'enquête des policiers. À l'époque les experts n'existent pas vraiment, l'ADN est inconnu et les protocoles d'investigations encore hésitants.

Eliot monte une équipe un peu à l'image des Incorruptibles, qu'il nommera Les Inconnus ! L'enquête traîne, le public s'effraie, Ness est peu apprécié de ses collègues qui le jalousent et redoutent que son coup de balai finissent par aller dans les coins.

Gaylord Sundheim, fils de bonne famille, étudiant en médecine et homosexuel, se fit interner volontairement après avoir été interrogé par Ness, qui le présenta comme le coupable fin 1938, il mourut en asile en 1941. Il possède un rival : Frank Dolezal, arrêté en 1939 et inculpé pour deux meurtres, il mourra en prison des suites de son interrogatoire (vous avez dit musclé ?) sans avoir avoué.

L'affaire reste donc mystérieuse et Torso Killer fait partie des mythes criminels étasuniens même s'il me semble probable que Sundheim soit en bonne position pour le titre.

Brian Michael Bendis, né à Cleveland, utilisa ce personnage en 1999 pour créer une œuvre en noir et blanc. En utilisant des photos d'époques et un style basé sur des dessins denses et peu contrastés où le minimalisme du visible tranchant dans un cadre obscur suffit à donner sa force à ce comics où nous retrouvons les protagonistes réels. Eliot Ness, et même son épouse, d'abord ; Walter Myrlo et Sam Simon qui furent ses adjoints, les ''inconnus'' (à trois ils auraient pu monter un groupe comique. Ce sont les bons.

Du côté des moins bons nous retrouvons le maire de Cleveland qui devait se croire à l'abri du regard de l'ex incorruptible, et qui, redoutant pour sa tranquillité, fini par montrer la porte à Ness, lequel envisageait de profiter des circonstances pour viser la mairie... Il ne l'atteignit pas plus que Torso ! Il importait que l'affaire fut close avant la convention du Parti Républicain.

Le véritable méchant reste connu sous son sobriquet peu sympathique (encore que...) de Cleveland Torso Murderer, 13 victimes lui sont attribuées entre 1934 et 1938, deux furent identifiées. Moqueur, pour ne pas dire ironique, il envoya régulièrement des cartes postales à E.N.

Des crimes similaires furent perpétrés ailleurs, de simples copieurs !

En appendice de la bédé des photos et articles d'époques nous plongent dans l'ambiance de l'époque, quel dommage qu'à l'époque du Net et des réseaux sociaux il n'y ait plus de tels criminels. Quand je pense à ce que Jack aurait pu en faire... ça me donne faim.

Je me plais à penser que les têtes manquantes sont quelque part, dans des bocaux, attendant d'être retrouvées, ou pas. À moins qu'elles ne figurent dans le musée privé d'un amateur, auquel cas qu'il n'hésite pas à me contacter je serais curieux de les voir, discrétion assurée.

Depuis 10 ans il est question d'adapter cette histoire au cinéma, le projet s'approche de la concrétisation en associant Todd McFarlane, avec lequel Bendis collabora un moment, à la production et David Fincher à la réalisation (un spécialiste après Se7en et Zodiac) et Matt Damon dans le rôle de Ness. En 1973 un film italien éponyme fut réalisé par Sergio Martino, il semble que la ressemblance doive en rester au titre bien qu'il s'agisse d'un slash movie comme il s'en tournait pas mal à l'époque.

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 21:22

Voici le premier des cinq classiques (五经 Wujing), pilliers sur lesquels repose l'Empire du Milieu et les civilisations qu'il influença.

Le Yi Jing  est aussi appelé ''Livre des mutations'' ou ''Classique des changements''.

Vous connaissez le Yin et le Yang, le principe des contraires complémentaires, la synchronicité jungienne... Ils trouvent leur source dans le Yi Jing (prononcé i ting), système binaire censé permettre de deviner l'avenir et les mutations qui s'approchent.

Depuis trois millénaires, sous des formes qui évoluèrent lentement, ce système accompagne des millions de gens cherchant des réponses à des questions qui, au final, ont peu changées. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, nos interrogations diffèrent peu de celles de nos ancêtres, étant entendu que les réponses apportées par les religions monothéistes sont plus des ''cessations de penser'' que des modes de compréhension.

Ce que le Yi Jing n'apporte pas comme un mode d'emploi à suivre en effaçant jusqu'à la plus infime trace de doute.

Il est composé de 64 hexagrammes, figures combinant des traits pleins (Yang) et redoublés (Yin), se subdiviant eux-mêmes en deux catégories. C'est le premier système basé sur un principe binaire se développpant en 64 états (64 bits ?). Sa naissance suivrait l'invention des trigrammes par Fuxi autant que l'influence de Yu fondateur de la dynastie Xia. Quoi qu'il en fut l'un et l'autre auraient reçu leur inspirations d'hexagrammes dessinés sur une tortue ou un cheval.

Portant un regard moderne sur ce livre, il en sort un style archaïque mais cohérent permettant d'imaginer un rédacteur unique faute d'être le véritable auteur, sans doute faudrait-il mettre ce terme au pluriel.

À titre personnel le Yi Jing trouve son utilité au quotidien si vous avez une décision à prendre, au moins si vous êtes l'interrogateur pouvez-vous également être le médium, c'est nettement moins c... que l'horoscope. Trois pièces suffisent, lancez les, notez les hexagrammes obtenus, vous aurez une réponse. N'oubliez pas de poser votre question par écrit !

 

 

乾 qián le Ciel Créativité, force, initiative.

Le créateur, le cheval (bon, vieux, maigre, sauvage), le père, la tête, le rond, le prince, le jade, le métal, le froid le glace, le rouge sombre, un fruit...

Yi Jing, Livre des Mutations 坤 kun la Terre Disponibilité, adaptabilité, accueil, don de soi.

Le réceptif, la vache, la mère, le ventre, une étoffe, un chaudron, l'économie, l'égalité, le veau avec la vache, un grand char, la multitude, le tronc, le sol noir parmi les autres...

Yi Jing, Livre des Mutations 震 zhèn Le Tonnerre Impulsion, mise en route, secousse.

L'éveilleur, le dragon, le fils aîné, le pied, jaune sombre, une grande rue, un roseau ou un jonc...

Yi Jing, Livre des Mutations 巽 xùn le Vent, le Bois Pénétration, soumission, intériorisation.

Le doux, le coq, la fille aînée, les cuisses, le corbeau, le travail, le blanc, le long, le haut, l'indécis...

Yi Jing, Livre des Mutations 離 lí le Feu Clarté, lucidité, vivacité, éclat.

Ce qui s'attache, le faisan, le fille cadette, l'oeil, le brillant, la cuirasse et le casque, la lance et les armes, la sécheresse, la tortue, le crabe, l'escargot, l'arbre desséché dans sa partie haute...

Yi Jing, Livre des Mutations 坎 kan l'Eau Profondeur, endurance, peur.

L'insondable, le porc, le fils cadet, l'oreille, les fosses, les pièges, l'arc et les flèches, le sang, le rouge, la lune, le bois ferme avec beaucoup de marques...

Yi Jing, Livre des Mutations 艮 gèn la Montagne Rigueur, cohésion, calme, solidité.

L'immobilisation, le chien, la main, le 3e/le plus jeune fils, le chemin détourné, les pierres, les portes, les fruits, les semences, le bois ferme et noueux...

Yi Jing, Livre des Mutations 兌 duì la Brume Aptitude à l'expression et à la communication, joie, légèreté.

Le joyeux, le mouton, la 3e/la plus jeune fille, la bouche (& la langue), la magicienne, écraser/briser en morceau, la voisine, le sol dur et dallé...

 

La balle est dans votre camp, si vous voulez en savoir plus :

 

Dragon2012feu.jpg

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