Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 07:54

Dossier pour la Science N 86 – Janvier-Mars 2015

Anne-Marie BACON

Il y a 2 millions d'années plusieurs espèces de grands singes vivaient en Chine, dont la plus grande ayant jamais vécu. Il est probable que les premiers humains arrivés en Asie les aient rencontrés.

Moult contes, légendes et mythologies évoquent des créatures ni homme, ni singe, mais mélangeant les deux : le Yéti, Big Foot, Sasquatch en sont quelques exemples. Jusqu'au début du vingtième siècle ces récits passaient pour de totales élucubrations, depuis a été découvert la trace du Gigantopithecus blacki, ce singe pouvait mesurer jusqu'à 2,50 m et pesait 300 kgs. Il peuplait le Sud de la Chine jusqu'au Viêt Nam. À cette époque la région est couverte d'une forêt tropicale. Y vivent les ancêtres de grands carnivores, hyènes, panthères, chiens, sauvages, pandas et félins à dents de sabre mais également des ongulés, des bovidés... les fouilles mirent au jour des restes d'animaux dont nul descendant n'est arrivé jusqu'à nous. Les primates étaient nombreux, gibbons, macaques, rhinopithèques et autres. De cette diversité seul le premier est encore présent.

Blacki n'est pas le seul gigantophithèque ayant vécu, nous lui connaissons deux cousins, bilaspuresis qui l'aurait précédé et giganteus, découvert dans le Nord de l'Inde et en Chine. Mais c'est Gb qui retient notre attention.

Au pléistocène inférieur l'habitat des gigantopithèques s'étalait entre le Yangtsé et les montagnes du Chongzuo. Suite à une modification climatique ils durent descendre plus au sud.

Les sédiments conservèrent des dents de mammifères et quelques restes osseux d'amphibiens et de reptiles. C'est ce qui nous est parvenu du Gigantophithecus blacki dans une douzaine de sites connus. Trois mandibules furent également retrouvés qui permirent d'estimer la stature des individus, leur différence est interprétée comme preuve d'un fort dimorphisme sexuel.

Tout concorde pour indiquer qu'il était frugivore, se nourrissait aussi de graines, de noix et de bambou. L'étude des phytolithes (particules siliceuses présentes dans les plantes et retrouvés sur la surface des dents) permet d'identifier les végétaux consommés. Depuis dix ans, grâce à de nouvelles fouilles menées à Longgupo, une industrie faite d'artefacts rudimentaires en os et en pierre a mise en évidence, attestant de la coexistence des hommes et des gigantopithèques entre 1,8 et 1,4 million d'années à proximité du Yangtsé. La présence dans cette région d'Homo ergaster ou Homo erectus africain est possible, ceux ci ayant quitté l'Afrique il y a 2 millions d'années. Ceux-ci seraient donc retourné vivre en forêt.

Problème : survivre dans ce milieu nécessite des techniques de chasse que n'auraient pu pratiquer ces premiers hommes.

Cette rencontre advint-elle, put-elle générer des mythes qui seraient arrivés jusqu'à nous. C'est peu probable, ceux-ci perdurent pourtant et indiquent que des rencontres purent avoir lieu plus récemment engendrant un effet de mimétisme qui pourrait expliquer que de nombreuses régions possèdent ces légendes.

Les questions sont posées, manquer des réponses n'empêche pas de les imaginer.

Partager cet article

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
commenter cet article

commentaires

Chenzen, le seul 26/09/2015 19:55

Bonjour Lee.

Je ne connaissais pas ces espèces, c'est impressionnant, ils devaient avoir une force redoutable. Leur taille devait les obliger à manger beaucoup, ce qui n'est pas évident lorsque la végétation disparaît. SI Erectus les a effectivement rencontré, il devait se sentir tout petit du haut de son mètre vingt.

On pourrait effectivement faire le lien avec (mythe) le fameux Yéti, cependant, il n'y a pas assez de plantes à 8 000 mètres d'altitude pour nourrir un herbivore géant, et encore moins un groupe qui perdure. Certains bergers Tibétains et Népalais assurent pourtant toujours en avoir croisé ou vu. Comme tu le dis, les légendes locales demeurent tenaces.

Lee Rony 30/09/2015 16:23

La Terre semble avoir connu bien des résidents, certains nous sont connus, d'autres ont laissé un minimum de traces, parfois dans les légendes que les mémoires retiennent, et modifient au fil des répétitions, des générations. Peut-être que le Yéti est si profondément ancré dans certaines cultures et traditions, que les tenants de celles-ci sont ''obligés'' de le voir, comme on croise une trace du passé auquel on veut se rattacher.

Présentation

  • : Lire au nid
  • Lire au nid
  • : Mes (ré)créations littéraires et photographiques.
  • Contact

Bienvenue...

Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

Rechercher

Pages