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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 07:09

Dossier Pour la Science N 86 – Janvier-Mars 2015

L'homme : un singe à un poil près

Nina JABLONSKI

L'orang-outan est doté d'une belle toison cuivrée. Les gorilles, les chimpanzés et les bonobos sont parés d'une fourrure brune ou noire. Et nous ? Des cheveux et quelques régions pileuses bien localisées. L'humain est le seul primate à avoir une peau presque glabre.

Pourquoi ? Le registre fossile n'apporte pas d'explication, il ne recèle aucune trace de peau humaine.

Une découverte récente, dans un fossile, mit à jour les preuves de la transformation de la peau humaine. Glabre, elle favorisa l'évolution d'autres caractéristiques, notamment un cerveau très développé.

Avec l'allaitement les poils, fussent-ils temporaires, définissent les mammifères. Ceux-ci sont de bons isolants thermiques et protègent contre l'abrasion, l'humidité, les rayons du soleil, les parasites et les microbes pathogènes. Ils servent aussi de camouflage et de moyen de communication, sauf pour les plus grands mammifères, les espèces souterraines ou marines. En revanche les animaux semi-aquatiques ont une fourrure dense étanche qui emprisonne l'air pour améliorer la flottaison.

La peau de l'homme n'est pas une adaptation à la vie souterraine ou aquatique, elle n'est pas davantage le résultat d'une grande taille. Elle est devenue glabre parce que l'homme a acquis un système de régulation efficace de sa température corporelle. Chez l'homme l'absence de fourrure améliore l'efficacité de la sueur. Ses glandes eccrines peuvent produire jusqu'à 12 litres de sueur aqueuse par jour et libèrent la sueur à travers de minuscules portes. La combinaison d'une peau presque nue et d'une sueur fluide permet à l'homme d'éliminer la chaleur en excès. Système si performant que lors d'un marathon, un jour de forte chaleur, l'homme gagnerait contre un cheval.

Un changement climatique est à la base de l'apparition de ce système, devant quitter les environnements boisés pour la prairie nos ancêtres durent rechercher de la nourriture, la viande en particulier, et de l'eau en parcourant des trajets de plus en plus longs. Cette augmentation de l'activité causait une élévation de la température corporelle contre laquelle la perte de la pilosité était la meilleure solution.

Reste à élucider le mystère de l'évolution de la chevelure humaine.

L'apparition d'une peau quasi glabre eut des répercussions sociales, le maquillage et les expressions faciales complexes ont peut-être évolué après que l'homme ait perdu la capacité de communiquer au moyen de sa fourrure. Les décorations de la peau existent parce qu'ils véhiculent l'appartenance à un groupe.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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Chenzen, le seul 04/10/2015 19:34

Bonjour Lee.
Excellente étude. En contrepartie de la perte quasi totale de notre pilosité, l'Homme (nous) a développé une meilleure absorption des rayons du Soleil, ce qui a permis une plus grande synthétisation de la vitamine D (que notre corps ne fabrique pas). L'Homme a pu avoir des os plus durs, plus solides, plus longs, lui conférant un avantage pour la posture debout et la vraie bipédie en général. La perte du pelage a également doté notre espèce de leucodermes ; ces cellules naturelles qui pigmentent notre peau, et nous protègent des ultra-violets.
C'est une évolution qui a engendré une bien meilleure adaptation dans le milieu chaud et aride de l'Afrique de l'est : l'Homme a pu marcher longtemps hors du couvert des arbres.
Cette perte des poils s'est déroulée il y a 1,5 millions d'années seulement, avec "l'Homme du Turkana" (Homo Ergaster). C'est la toute première espèce humaine sans pelage.

Le peu de poils que nous conservons, notamment sous les aisselles, à l'aine, servent à éviter les frottements de la peau. Nous conservons également des poils nasaux qui retiennent les poussières et les bactéries extérieures, idem pour les cils et sourcils. Quand aux cheveux, à la moustache et à la barbe, je laisse à chacun le soin d'en trouver les raisons. Si notre corps les a conservé, ce n'est pas essentiellement pour des raisons esthétiques.

Bien à toi Lee.

Chenzen, le seul 04/10/2015 19:33

Bonjour Lee.
Excellente étude. En contrepartie de la perte quasi totale de notre pilosité, l'Homme (nous) a développé une meilleure absorption des rayons du Soleil, ce qui a permis une plus grande synthétisation de la vitamine D (que notre corps ne fabrique pas). L'Homme a pu avoir des os plus durs, plus solides, plus longs, lui conférant un avantage pour la posture debout et la vraie bipédie en général. La perte du pelage a également doté notre espèce de leucodermes ; ces cellules naturelles qui pigmentent notre peau, et nous protègent des ultra-violets.
C'est une évolution qui a engendré une bien meilleure adaptation dans le milieu chaud et aride de l'Afrique de l'est : l'Homme a pu marcher longtemps hors du couvert des arbres.
Cette perte des poils s'est déroulée il y a 1,5 millions d'années seulement, avec "l'Homme du Turkana" (Homo Ergaster). C'est la toute première espèce humaine sans pelage.

Le peu de poils que nous conservons, notamment sous les aisselles, à l'aine, servent à éviter les frottements de la peau. Nous conservons également des poils nasaux qui retiennent les poussières et les bactéries extérieures, idem pour les cils et sourcils. Quand aux cheveux, à la moustache et à la barbe, je laisse à chacun le soin d'en trouver les raisons. Si notre corps les a conservé, ce n'est pas essentiellement pour des raisons esthétiques.

Bien à toi Lee.

Lee Rony 08/10/2015 17:19

Est-ce pour renier cette animalité que tant de cultures, de modes, veulent des femmes épilées ? C'est sans doute pour l'inverse que les tenants masculins des mêmes modes de ''pensées'' cachent leur origine derrière une barbe.

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