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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 07:23

Dossier pour la Science N 86 – Janvier – Mars 2015

L'homme descend du singe, dit-on, la femme aussi par conséquent, et certaines eurent la bonne idée de consacrer leur vie à s'intéresser à nos cousins. Un brelan de dames influencé par le primatologue Louis Leakey et ainsi surnommées les ''Anges de Leakey''.

Dian Fossey, assassinée le 27 12 1985 qui dédia sa vie aux gorilles des montagnes dans le massif des Virunga, au Rwanda. Jane Goodall qui vécu plus de 50 ans en compagnie des chimpanzés du parc de Gombe en Tanzanie et Birutė Galdikas qui étudie les orangs-outans, principalement à Bornéo depuis 1970. Leurs travaux nous permirent de mieux connaître les grands singes jusqu'alors considérés comme stupides, violents, cruels... bref, comme des homo sapiens banals. D'autres leur succédèrent pour améliorer encore la connaissance que nous avons de nos cousins.

Pourtant ils ne furent jamais plus menacés, le braconnage, la déforestation et le trafic continuent et mettent leur survie en danger. Si rien n'est fait ils pourraient avoir disparu en 2050.

La frontière nous séparant des grands singes, principalement des chimpanzés, se dilue.

L'histoire des grands singes

Jean-Jacques JAEGER

Autrefois les grands signes vivaient sur toute a Terre à l'exception de l’Amérique. L’Europe en abrita plusieurs espèces, en Asie un grand signe de près de trois mètres fut peut-être à l'origine du Yéti. Si trois espèces subsistent les fossiles nous en présentent 40. La parenté entre singes et homos fut longtemps refusée, elle l'est encore par quelques idéologies obsolètes mais les arguments scientifiques à l'appui de cette relation sont écrasants en nombre et en qualité. De fait, les taxonomistes regroupent au sein des hominidés, les hommes, les chimpanzés et les gorilles, la comparaison de leur ADN permit de retracer leur chemin commun.

L'un des défis de la paléoprimatologie est de trouver l'ancêtre commun au sapiens et au chimpanzé. Chercher des caractéristiques anatomiques intermédiaires est tentant mais l'évolution en mosaïque condamne cette idée. Il est aussi possible de s'inspirer de l'anatomie des formes phylogénétiques plus éloignées, gorilles, orangs-outans, gibbons, mais cette piste ne mène nulle part.

Reste l'analyse de la documentation paléontologique de ces grands singes pour reconstituer leur histoire et celle de leurs caractères anatomiques !

Toumaï (Saheloanthropus tchadiensis) est le premier homininés. Âgé de 7 millions d'années il témoigne de l'ancienneté de la séparation humains chimpanzés et d'une probable bipédie. Aucun fossile de ces derniers n'est venu aider à reconstituer leur histoire, sinon quelques dents identiques à celles des chimpanzés d'aujourd'hui. L'absence d'ancêtres de chimpanzés et de gorilles reste une énigme. En revanche l'évolution de nos cousins asiatiques, les orangs-outans est bien documentée et avec les fossiles d'autres grands singes disparus peut nous aider à en découvrir davantage. Le registre fossile africain témoigne d'une différenciation progressive des premiers grands singes entre 30 et 25 millions d'années. Ces primates, les proconsulidés ont été découverts en Afrique de l'Est et représentent les premiers grands singes dépourvus de queue, les hominoïdes, vivant dans la forêt tropicale et ses lisières et se nourrissant de fruits. Les proconsulidés vont se distinguer par une plus grands flexibilité des membres et une meilleure capacité de préhension des mains et des pieds. Essaiment en Afrique pendant au moins 10 millions d'années ils vont donner naissance à de nombreuses formes de singes, des plus petits aux plus grands mais furent-ils les ancêtres des hominidés ? Rien n'est moins sûr, comme il semblent qu'ils ne soient pas davantage à l'origine des grands singes africains actuels. Force est donc de chercher ailleurs !

Les changements géographiques et climatiques conduisirent à la dispersion hors d'Afrique des premier hominoïdes. La plaque africaine emboutit la plaque eurasiatique, fermant une branche de la Téthys, produisant de nombreuses chaînes de montagnes et ouvrant une voie terrestre entre l'Afrique et l'Eurasie. Venant d'Asie de nombreux immigrants colonisèrent l'Afrique pour la première fois : des ruminants, girafidés, cochons, félidés et les premiers grands singes représentés aujourd'hui par deux groupes distincts, les hylobatidés et les pongidés. Les premiers sont petits, adaptés à la suspension et la locomotion arboricole avec un faible dimorphisme sexuel, mais aucun fossile n'a encore été découvert en Asie, les autres, les orangs-outans, de grands tailles, avec un dimorphisme sexuel important et une évolution qu'il est possible de retracer depuis le Sivapithecus.

Les autres Sivapithecus ont disparu au moment de la forte diminution des milieux forestiers il y a, environ, 8 millions d'années. Parmi les branches éteintes de Sivapithecus, le Gigantophithecus, évolution différente d'une espèce de Sivapithecus acquit les dimensions d'un géant, le Khorapithecus, plus proche des orangs-outans, le Lufengpithecus, des hauts plateaux de Chine du Sud. La découverte en Turquie de l'Ankarapithèque témoigne de l'expansion des pongidés au Miocène supérieur.

En revanche les grands singes qui vinrent en Europe sont d'origines africaine. Comme le Dryopithecus, le singe des chênes, mis au jour dans une carrière proche de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. La plupart des fossiles de grands singes européens a été trouvé en France, en Espagne, en Hongrie et en Grèce. Outre le Dryopithecus trois formes ont été identifiées : l'Anoiapithecus, le Pierolapithecus et l'Hispanopithecus. Toutes pourraient être réunies dans l'ordre des dryopithécidés.

La modification du climat en Europe, occidentale et centrale, entraîna la disparition des forêts tropicales et des grands singes, en Europe orientale quelques grands singes purent s'adapter à un milieu plus ouvert et saisonnier. Comme l'Ouranopithecus, rattaché au groupe des dryopithécidés mais possédant des caractères que l'on retrouve chez l'homme.

Rien n'indique un lien avec la lignée humaine débutant avec Toumaï.

Dernière forme, l'oréopithèque qui vécu en Italie (alors une île) entre huit et neuf millions d'années.

Ces dryopithécidés sont-ils frères des hominidés africains ou des pongidés asiatiques ? Le débat reste ouvert.

2 autres formes, mal connues, de grands singes peuvent prétendre au statut d'ancêtre potentiel des hominidés. Le Griphopithécus, connu en Turquie, Allemagne et Slovaquie, dont les dents présentent des similarités avec celles des hominidés et le Kenyapithecus, mis au jour sur le site de Fort Ternan, au Kenya et en Turquie dont certains caractère le rapprochent des hominidés. Sa présence en Eurasie renforce l'hypothèse selon laquelle l'ancêtre commun des hominidés africains aurait évolué hors d'Afrique avant d'y retourner pour donner naissance aux hominidés actuels.

Diverses hypothèses s'affrontent, reposant sur des éléments fossiles épars, autant d'indices mais aucune preuve. Il en est sans doute qui, dormant au cœur de sédiments ou de roches, attendent d'être découverte. Peut-être pour réfuter les idées avancées jusque-là.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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