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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 07:00



                                                 
 

Greg Egan
Ailleurs et Demain, 2001,
traduit par Pierre-Paul Durestanti.
 
ISBN 2-221-09378-X

Le Livre de poche - ISBN  9782253114819

345 pages

 

Né le 20 août (comme Lovecraft !) 1961 à Perth il est diplômé de mathématiques, il publie son premier roman, An unusual angle en 1983. Débutant par des nouvelles d'horreur il se tourne ensuite vers la science-fiction écrivant des nouvelles explorant la nature, la conscience, la nature de la conscience, et sa virtualisation.


Photo of Greg Egan, science fiction writer 

Sur des îles de l'archipel indonésien de nouvelles espèces apparaissent qui jettent le trouble dans bien des esprits. Prabir et Madhusree Suresh, frère et sœur vivent au Canada, chez une lointaine cousine Amita (A-Mytha ?) qui tente de leur inculquer des principes religieux que leurs parents combattaient au sein de l'Indian Rationalists Association et qu'elle n'est visiblement pas capable de comprendre, pour autant qu'il y ait matière à !

Ainsi se souviennent-ils de l'enfance qu'ils vécurent dans la région, sur une île appelé Téranésie, avec leurs parents, biologistes étudiant d'étranges et improbables papillons avant qu'une guerre ne vienne tout bouleverser, l'offensive de l'armée indonésienne au Timor Oriental. Les enfants purent s'enfuir à temps mais le jeune garçon emporte avec lui l'impression d'avoir causé la mort de ses parents.


C'est d'abord la jeune fille qui, héritière de la curiosité parentale et biologiste elle aussi,  profite d'une expédition montée par son université pour partir dans la région des Moluques, incapable de surmonter son inquiétude son frère la suit, il se croit responsable et devant remplacer le père perdu. L'étrange étant que la source des mutations semble venir de Téranésie...




Sur place ils vont être confrontés à des découvertes inquiétantes, sinon pas de roman ! Les règnes végétaux et animaux semblent s'être combinés sous l'influence d'une protéine mutagène dont je ne peux rien dire sans trop en dire justement, comme une dévolution de l'évolution que Greg Egan n'explique pas se contentant de décrire le monde que (re)découvre Prabir et Madhusree, pendant leur enquête pour découvrir ce qui se passe. Quels intérêt sont en jeu, autant sur les découvertes elles-mêmes et leurs implications que sur leur utilisation dans un but pharmaceutique et financier. Sans parler de l'affrontement frère-soeur, la seconde voulant exister par elle-même, le premier ayant du mal à assumer sa sexualité.


Le découvrir plus que le comprendre puisque l'auteur se contente de regarder ce qui se passe sans paraître vouloir l'expliquer, soit par incapacité imaginative ce que je ne crois pas, soit pour éviter de se retrouver dans l'étau du duel darwinisme/créationnisme. Si je ne craignais de donner mon avis je dirais que dans ce dernier mot il y a des lettres en trop, mais s'il s'en trouve qui parcourt cet article, ce qui m'étonnerait, je m'en voudrais de les pousser à la réflexion. De fait Egan semble refuser de rajouter sa voix aux chœurs des "penseurs" prêt à élaborer de fumeux discours censés corroborer leurs idées. De plus, clin d'œil de l'auteur, la ville servant de point de départ au héros est Darwin...


Un bon livre, lu dans le cadre du Défi de l'imaginaire, sans doute pas le meilleur de l'auteur, la fin m'a laissé un peu sur la mienne, tant pis, néanmoins un bon moment, dépaysant et inquiétant, un bon cocktail !

Est-ce un hasard mais un des principaux protagonistes de la série Herœs porte ce nom, son père était un scientifique explorant les mutations possibles du génome humain, mutations déjà en cours. Voyons-là un hommage de Tim Kring à l'œuvre de G.E.

 

 

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 07:00



MASAMUNE SHIROW (士郎正宗)



               Ghost in the Shell (1989)

suivi de :  ManMachine Interface (2002)

               Human-error processor (2003)

 


Un film d'animation dirigé par Mamoru Oshii porte ce titre, tourné en 1995 ; sa suite : Innocence est sortie en 2004.


Le titre original Kōkaku kidōtai signifie : policiers anti-émeute en carapaces offensives), le titre « français » sépare l'esprit, le ghost et shell, la coquille. Seuls les humains (?) ont un ghost !



400x592 - Ghost in the Shell 1. Tome 1


Tome 1


Scénario : Shirow Masamune

Dessins: Shirow Masamune

dépôt légal 04/96.

Éditeur : Glénat
Collection : Akira

ISBN : 2-7234-2108-2

190 plances


400x594 - Ghost in the Shell 2. Tome 2


Tome 2


Scénario : Shirow Masamune

Dessins : Shirow Masamune

dépôt légal 10/96

Éditeur : Glénat

Collection : Akira

ISBN : 2-7234-2109-0

154 planches



Nous sommes en 2030 (si si !), la section 9, dirigée par le Major Kusanagi Motoko traque le Marionnettiste, un cybercriminel pouvant prendre le contrôle d'un esprit humain par l'intermédiaire du Réseau Numérique Mondial, évolution d'Internet. En effet dans l'avenir (vous verrez !) le cerveau a été amélioré pour accéder directement au Net, ce qu'il fait, malheureusement il s'avère qu'un malfaisant peut inverser le processus. Il est évident que Masamune a vu, et revu, Blade Runner, le monde qu'il nous dévoile est pollué, violent, la misère y côtoie la technologie de pointe. Il y a longtemps qu'il est patent que le progrès ne changera pas la pyramide sociale, la base sera d'autant plus large que le sommet voudra être haut.

Est-ce vraiment de la science-fiction ou de l'anticipation, l'imaginable devient possible, pourquoi humaniser la machine quand mécaniser l'homme est plus simple. Cela peut sembler effrayant pour qui est reste coincé dans le vaintième siècle, que penseront de ces gens nos successeurs du vingt-deuxième ?


Ghost in the Shell exprime la vision de son auteur d'un monde qui était en 1995 simple prospective, depuis les faits lui ont donnés raison. Même si tout n'est pas la réalité de 2030 ça ne sera que partie remise.


Pas de "ligne claire" à la Tintin, de cases calibrées ici mais un dessin dense, complexe, des scènes d'actions alternant avec des moment de méditation sur le contexte social, politiques, sur l'impératif sécuritaire et des moments d'introspection quand Motoko s'interroge sur ce qu'elle est : Des fois je me demande si je ne suis pas déjà morte et si ce que j'appelle « moi » n'est pas en fait qu'une personnalité artificielle faite d'un corps mécanique et d'un cyber-cerveau. Avec elle, et l'auteur, nous pouvons nous interroger sur la vie, la pensée, cette dernière est-elle preuve de la première ? Une machine pensante et consciente serait-elle humaine, serait-elle moins, plus, mieux ?


Attention je dévoile des faits importants
Le Marionnettiste s'avérera être une forme de vie née spontanément du réseau lui-même par agrégations d'informations, son désir n'est pas de s'incarner ni de se dupliquer à l'identique comme une bactérie mais d'évoluer, comme si la vie, sous quelque forme que ce fut, ne pouvait contenir son envie de progresser. Ce qu'il souhaite c'est atteindre un niveau supérieur par l'union de son ghost à celui de Motoko pour créer un nouvel être, non un enfant, cocktail aléatoire de deux êtres, mais un individu somme de ses géniteurs !


Masamune Shirow aime les personnages féminins et ne craint pas de les dévoiler, ainsi quelques pages de GitS ont-elles été censurée en France par l'éditeur, le personnage d'animation est encore plus sexy que celui du manga et puisqu'il est question d'armes, c'est un sacré canon, étant moi-même un boulet je peux donc garder espoir.

Motoko si tu parcours ces lignes, j'aimerais bien découvrir les tiennes quitte à me faire cyber-améliorer...




Ce fut un plaisir de relire ce manga dans le cadre du Défi de l'imaginaire. Je vous invite à en faire autant.

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 07:00

 

4 nouvelles, outre La couleur tombée du ciel, L'abomination de Dunwich, Le cauchemar d'Innsmouth et Celui qui chuchotait dans les ténèbres. Rerelu dans le cadre du Défi de l'imaginaire.


La Couleur tombée du ciel


Gallimard - Folio SF - ISBN-10 : 2070415805 - 

ISBN 13 : 978-2070415809


Adapté en BD par Alberto Breccia, au cinéma par Daniel Haller (Le Messager du diable - 1965 - avec Boris Karloff dans le rôle de Nahum). La traduction de Jacques Papy tronquait le texte, la fin principalement, en 1991, pour les éditions Robert Laffont cette traduction fut révisée et augmentée par Simone Lamblin.


Arkham est un village perdu dans un paysage quasi inexploré tant la nature semble refuser l'implantation humaine et si quelques familles vinrent s'y établir ce fut pour en acquitter un prix tel qu'en repartir devint impossible. Une région de secrets où le temps s'amuse, où la lumière est timide et la Création libre d'y expérimenter ce qu'elle se retient de faire ailleurs.




Une lueur incompréhensible traverse le ciel, une météorite tombe à proximité du village, il suffira de peu de temps pour que des faits inquiétants se produisent, que cette lueur rampe, dévorant tout autour d'elle jusqu'à atteindre les maisons... et leurs habitants !

 











À la différence de Poe qui se détachait du réel HPL lui tente de le définir afin d'accroître le sentiment de malaise par le contraste d'un cadre possible et d'événements improbables qui eux ne sont jamais définis, et comment le pourraient-ils n'est-ce pas ? Cette couleur serait-elle une forme de vie venant du fond de l'univers, pire encore ? Le plus simple est encore d'aller y faire un tour, rien de plus facile, un livre, un fauteuil et un peu de curiosité. Pas de gore dans ces textes mais un climat générant le malaise face à des êtres dont nous nous savons proches, en souhaitant le contraire, et l'envie de se demander : Et si c'était... ? La raison veut dire non, l'intellect ricane mais, venant de plus loin encore, un rire résonne en nous.
Vous ne l'entendez pas ? Tant pis, pour vous !


Contes d'un sorcier de l'imaginaire dont l'enfance ne sut, ou ne put, jamais mourir vraiment mais libère le doux poison de rêves hideux dans une âme assoifée. La vie qui rôde dans ces contes n'est pas amicale, les "dieux" qui tournent autour de nous ont des desseins compréhensibles par certains, ainsi ai-je dû leur faire allégence pour rédiger cet article sans quoi... Mais je ne peux en dire plus, Nyarlathotep lit par-dessus mon épaule, s'il est satisfait j'aurais le droit de consulter, à mes risques et périls, le Necroleeronicon.


Ce recueil est idéal pour qui souhaite arpenter les mondes lovecraftien, quatre textes seulement comme pour dessiner une porte sur une œuvre unique malgré les auteurs, nombreux, qui s'en inspirèrent, de Robert Bloch à Stephen King sans oublier un (in)certain LEE Rony (heureusement HPL est mort depuis longtemps). Ce n'est pas un hasard si souvent le narrateur de HP doute de sa santé mentale et devine que son texte achevé son esprit cédera à un savoir intolérable.

                                                                   
Lovecraft

Pour présenter, rapidement, Howard (je le connais depuis longtemps) je me contenterai de dire qu'il naquît à Providence le 20 aout (un signe envers moi ?) 1890 et y mourut le 15 mars 1937, d'un cancer de l'estomac. Loin de l'image de solitaire que véhicula en France Jacques Bergier il aimait à voyager, dans la mesure de ses faibles moyens et écrivit des dizaines de milliers de lettres. Outre ses œuvres, publiées pour la plupart dans Weird Tales il corrigeait les travaux d'auteurs moins doués que lui mais plus apte à gagner de l'argent. Sa vie ne fut pas un roman et pourtant...


 

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 07:00

 


 



 



 Susanna Clarke - 2004


 Robert Laffont - 2007


 J'ai lu 30955 - 2008


 ISBN 978-2-253-1283-9


 Traduction : Isabelle D. Philippe


 Couverture : Portia Rosenberg

 

              LdP 200p



Sur le fond historique d'une Angleterre en guerre contre Napoléon 1er un magicien entre dans la danse pour faire pencher la balance du côté de la perfide Albion. Ainsi en quelques jours notre ennemi de toujours voit-il la fortune lui sourire, il fallait bien cela pour que cette contrée triomphe.



À York existe une société de magiciens, ces messieurs se réunissent le troisième mercredi du mois et devisent de choses et d'autres sans rien faire de plus, arrive un gentilhomme du nom de John Segundus, qui, prenant la parole lors d'une réunion de ses pairs, s'interroge sur le fait que les magiciens fussent nombreux et fort diserts nul fait de magie n'était plus visible nulle part. On lui répondit que connaître la magie n'impliquait pas l'aptitude à l'exercer. Inutile de dire que sa question lui apporta peu de sympathie, sinon celle de Mr Honeyfoot avec lequel il entreprend de redonner son lustre à leur art. Ainsi finissent-ils par rencontrer Mr Norrell, vieux sorcier ermite et secret, à qui ils demandent conseils... C'est lui qui ménera l'offensive contre l'Empereur !


Ainsi commence le roman de Susanna Clarke, roman magistorique donc, volumineux, comme c'est souvent le cas dans ce genre de littérature, riche en personnages et en description de ceci, cela, et même du reste. Ce livre était depuis un moment sur mon bureau, caché, puisqu'il me fut offert pour Noël, 2008 ! Sans le défi Littérature de l'imaginaire sur les 5 continents, je doute m'être jamais attaqué à lui, les 1140 pages du volume m'ayant rebuté sur le moment. Non que je regrette maintenant de l'avoir lu mais sans une incitation je l'aurais laissé gésir sous un voile de poussière.


Avançons, rapidement, dans la lecture, après son succès Mr Norrell rencontre à Londres un jeune magicien, Jonathan Strange, associés ils vont faire démonstration de leur art. Ainsi se confirme une ancienne prophétie affirmant que deux magiciens rétabliraient le rôle de la magie dans le pays.


Bien sûr l'affrontement est inévitable, le jeune, et curieux, Strange (un nom éculé s'il en est !) n'a pas la sagesse pantouflarde de son partenaire, plus âgé, l'impétuosité de la jeunesse le pousse à céder à l'appel du côté obscur représenté par le Roi Corbeau, roi-elfe mythique et détenteur d'une puissance inégalée...

L'élève se dresse contre le maître, le mal affronte le bien, de l'inédit !


L'intérêt de l'ouvrage réside dans son écriture, sa construction, l'historicité de son cadre, on y croise Lord Byron, on assiste à Waterloo, les héros sont à la fois mystérieux et profonds, le bien est imparfait et le mal non démuni de qualité bien que parfois je me pris à désirer taper sur l'épaule de l'un ou de l'autre pour lui dire "Regarde, c'est juste devant toi !"


Surfant sur le succès de Harry Potter le livre, encadré par un marketing implacable, connait un grand succès, eut-il été débarrassé des pages inutiles qu'il m'eut plu davantage, avec une fin différente... Pourquoi Susanna ne m'a-t-elle pas demandé mon avis ? Un miroir magique permet pourtant tellement de choses.


Susanna Clarke

Au final un bon livre, couronné par de multiples prix, dont le Hugo 2004, les amateurs ne seront pas déçus. Un film devrait venir, réalisé par Christopher Hampton, j'en ignore encore la distribution, nous en entendrons parler le moment venu, j'en profiterai pour rallonger cet article, j'irai probablement le voir tant l'histoire se prête à la mise en images comme une espèce de Potterie pour adulte. Dix ans auraient été nécessaire à Susanna Clarke pour mener son entreprise à bien, mis à part sa longueur je ne lui vois pas de défaut, et même, après coup, c'est un moyen de rester plus longtemps en compagnie de ses héros.

 

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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 06:02

 

Il y a longtemps j'achetai un petit recueil de poèmes, parmi eux se trouvait celui-ci. Je l'appris par cœur, ainsi pourrait s'expliquer quelque tendance qui m'habite, à moins que celle-ci ne fut, ainsi que je le pense, première. Ainsi ai-je envie aujourd'hui de rendre hommage à Maurice Rollinat en publiant ce texte. Vous trouverez ici nombre de ses vers. Les hasards de la vie firent que vécus quelques temps à Châteauroux, que n'ai-je pensé à visiter sa dernière demeure.


rollinat maurice par uzes


Au fond de cette fosse moite
D’un perpétuel suintement,
Que se passe-t-il dans la boîte,
Six mois après l’enterrement ?

Verrait-on encor ses dentelles ?
L’œil a-t-il déserté son creux ?
Les chairs mortes ressemblent-elles
À de grands ulcères chancreux ?

La hanche est-elle violâtre
Avec des fleurs de vert-de-gris,
Couleurs que la Mort idolâtre,
Quand elle peint ses corps pourris ?

Pendant qu’un pied se décompose,
L’autre sèche-t-il, blanc, hideux,
Ou l’horrible métamorphose
S’opère-t-elle pour les deux ?

Le sapin servant d’ossuaire
Se moisit-il sous les gazons ?
Le cadavre dans son suaire
A-t-il enfin tous ses poisons ?

Sous le drap que mangent et rouillent
L'humidité froide et le pus,
Les innombrables vers qui grouillent
Sont-ils affamés ou repus ?

Que devient donc tout ce qui tombe
Dans le gouffre ouvert nuit et jour ?
— Ainsi, j’interrogeais la tombe
D’une fille morte d’amour.

Et la tombe que les sceptiques
Rayent toujours de l’avenir,
Me jeta ces mots dramatiques
Qui vivront dans mon souvenir :

« Les seins mignons dont tu raffoles,
« Questionneur inquiétant,
« Et les belles lèvres si folles,
« Les lèvres qui baisèrent tant,

« Toutes ces fleurs roses et blanches
« Sont les premières à pourrir
« Dans la prison des quatre planches,
« Que nulle main ne peut ouvrir.



« Mais, quant à l’âme, revit-elle ?
« Avec son calme ou ses remords,
« Faut-il crier qu’elle est mortelle
« Ou qu’elle plane sur les morts ?

« Je ne sais ! Mais apprends que l’ombre
« Que l’homme souffre en pourrissant :
« Le cadavre est un muet sombre,
« Qui ne dit pas ce qu’il ressent ! »

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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 06:32

 

 

Eureka street - Robert Mcliam Wilson (1996)

CHRISTIANBOURGOISEDITEUR (collection « Fictives ») 1997

ISBN : 2-267-01425-4

Traduction : Brice MATTHIEUSSENT

Eureka%20Street
 

« Toutes les histoires sont des histoires d'amour ». Telle est la première phrase de ce roman qu'une complice me confia. J'eus une hésitation, allais-je suivre une histoire banale comme il en existe tant dans les libr(?)airies ? L'origine irlandaise de l'auteur m'incita à penser le contraire et les 539 pages, que je dévorai à la vitesse de ma curiosité, le prouvèrent.

Continuant ma lecture je suivis la description de Mary, serveuse dont j'aurais aimé qu'elle se penche vers moi en m'apportant une bonne bière puis cette définition du menteur que j'aurais voulu avoir : « le problème quand on ment. Si on ne vous croit pas, vous vous méprisez ; et si on vous croit, vous méprisez l'autre ».

Comme moi le narrateur, Jake, employé au recouvrement, a parfois « le sentiment d'être le dernier homme sur Terre. Autant dire que la lecture commençait bien. Une précision notable, l'alternance entre la première et la troisième personne, cette dernière nous permettant de suivre Chuckie Lurgan.


Robert nous entraîne à Belfast « Quand on levait les yeux dans la plupart des rues, ce simple murmure de Dieu, il y avait toujours une montagne ou une colline pour vous regarder. » Une phrase que Stendhal dît pour une autre ville que je connais bien.


Ainsi suivons-nous un duo, Jack, le catholique, et Chuckie, qui habite avec sa mère Eureka Street, le protestant ; pas d'opposition ici mais une complémentarité qui donne au roman une rare densité avec un sourire mi-goguenard, mi-attristé qui rend la lecture agréable jusque dans les moments où la violence aveugle (comme la justice ?) s'exprime dans les rues irlandaises.

Le premier est un cœur d'artichaut, las de récupérer ce que d'impécunieux, et larmoyants, acheteurs ne peuvent payer il change de profession pour charrier des briques, le second prend ce mot dans un sens pécuniaire et, à force de rouerie et de chance, parvient à faire fortune...

Pendant ce temps, alors que se tressent les destins de ces deux êtres dans un cadre inhospitalier des lettres géantes surgissent sur les murs : OTG !

Que veulent-elles dire ? Vous le saurez en lisant ce remarquable ouvrage où l'humour et le tragique s'associent, où l'Histoire et les anecdotes s'entrechoquent, où réalité et fiction se mêlent en un courant emportant le lecteur jusqu'à l'ultime phrase : « Elle sourit et me regarde de ses yeux limpides ».

L'amour et la guerre ne sont pas ennemies, et la seconde semble pouvoir transcender le premier alors que celui-ci s'exaspère parfois jusqu'à la générer.


Robert McLiam Wilson donne chair à sa ville, sang, larmes et autres sécrétions s'écoulent dans ses rues pour lui insuffler une vie qu'aucune souffrance ne put anéantir, au contraire.


L'auteur, catholique marié à une protestante, quand il n'écrit pas, tourne des reportages pour la télévision sur la pauvreté, les sans-abri, la politique, lui-même fut, à Londres et Belfast, SDF jusqu'à l'obtention d'une bourse d'études pour Cambridge.


Vous l'aurez compris j'ai vivement apprécié ce texte et, dès que possible, je lirai son roman précédent : Ripley Bogle.



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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 06:56


Faute d'avoir pu trouver dans ma médiathèque habituelle le roman African Psycho de Alain Mabanckou j'ai dû me rabattre, la fin d'année arrivant, sur le seul auteur africain que j'ai découvert, non sans les avoir tous passés en revue ! Mais je garde AP pour plus tard, je le lirai dès que possible, peut-être une autre médiathèque en dispose-t-elle...

Je vais néanmoins vous présenter « mon » auteur africain lu dans le cadre du défi littéraire : Littérature policiere sur les 5 continents :

achillefngoyeagenceblackbafoussaÉditions Gallimard, 1996

Série Noire

ISBN : 2-07-049590-6 

 








Danga, membre du POK (Parti Ouvrier Kalinais) est en froid avec l'ambassade de son pays, « la République négro-africaine du Kalina » et s'oppose, comme il peut au « Maréchal Président Pupu Muntu, dernier des Conducators et Kleptocrate notoire » (un mot que j'aurais dû trouver plus tôt !). Il vit, à temps partiel, avec sa fiancé Khadija, laquelle est mariée par ailleurs ce qui lui évitera de se retrouver veuve quand Danga connaîtra un sort funeste.

Alors qu'il se dirige vers la porte de son appartement sis au cinquième étage d'un immeuble de la riante Résidence des Peupliers, à laquelle on vient de sonner, il entend un bruit qu'il reconnaît pour l'avoir entendu à la télévision, celui du chargement d'un fusil, inutile de dire qu'il prend cela pour un mauvais présage, ce en quoi il n'a pas tort puisqu'il meurt un dixième de seconde plus tard.

Jim Bafoussa, par pure malchance, arrive sur ces entrefaites et aperçoit l'arme sur le paillasson de son ami Danga, il hésite, mais lui ne devant pas avoir l'habitude des séries américaines s'empare du fusil et pousse ce qui reste de la porte. Le spectacle qu'il découvre l'incite à s'enfuir, le mauvais sort s'acharnant, débouchant au rez-de-chaussée, il tombe sur des représentants des forces de l'ordre. Mauvaise pioche et mauvaise réaction : il tourne les talons brusquement ce qui attire l'attention des policiers qui n'ont pas de difficultés pour le rattraper.

Il clame son innocence mais ses empreintes sont seules sur l'arme et les balles assassines furent tirées par celle-ci, tout s'annonce mal.


L'inspecteur Mayotte (pas Jean !) est chargé de l'enquête, autant dire qu'il va explorer un univers qui lui est totalement étranger, celui de l'Afrique à Paris... L'auteur nous fait pénétrer dans un monde dont, personnellement j'ignorais (presque) tout (pourtant j'ai vécu à Paris dans le dix-huitième) ; toujours est-il que le dépaysement est garanti, surtout en regard des séries évoquées plus haut.


Quelle place le Kalina tient-il dans la liste des bordels francophones ?

Quelle est l'importance de la pérennité de la langue des Schtroumpfs ?

Quel rapport avec d'éventuels comptes en Suisse ?

Et que Fela Anikulapo Kuti ?


Vous aurez les réponses si vous lisez ce livre, l'exotisme en banlieue à la fin du vaintième siècle. Un roman noir, noir, mais pas complétement !



ngoye-achilleAchille Ngoye est né au Zaïre en 1944 dans une cité minière du Haut-katanga. Après des études chez les Bénédictins et les Jésuites il se lance dans le journalisme en travaille pour l'hebdomadaire Afrique Chrétienne. En 1982, arrivé à Paris, il devient pigiste et travaille pour le magazine « Actuel », le mensuel « Afrique-Élite » et Libération avant de se tourner vers l'écriture.

 

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 06:37

 

Titre original : Photo Finish (1980)

Traduction : Sophie Dalle

Paru le 30/09/1999

Éditeur : 10/18 - Collection Grands détectives

ISBN : 2-264-02927-7

 







Primitivement j'avais choisi un autre roman de Ngaio Marsh : Le gant maudit ! Ce dernier me passant sous le nez depuis un moment à la médiathèque je me suis donc rabattu sur Photo d'adieu du même auteur.

L'histoire est on ne peut plus simple, dans la lignée des romans policiers anglais à la Agathe Christie. L'inspecteur Alleyn, le héros de NM, et son épouse, sont invités dans une île néo-zélandaise par l'amant de la Sommita, plus grande cantatrice du monde, née Pépitone !

Sommita ça fait plus diva, cours, vole et reviens à nos moutons ! Donc le couple est convié à assister à un récital de la chanteuse mais également prié d'enquêter sur un malfaisant s'amusant à envoyer à divers journaux des portraits difformes de la vedette.

Comme il se doit une fois que l'intrigue se noue l'île se voit coupée du monde par une violente tempête, nous assistons donc à un crime en vase clos même si le vase est un peu large. Le cadavre de la Sommita sera retrouvé un poignard fiché dans la poitrine, une photo étant transpercée par la lame. L'intrigue est classique, la galerie de personnage complète, l'amant douteux, l'impresario soupçonnable, l'habilleuse semble taire quelque chose... Bref, chacun voit les feux de la curiosité policière se tourner vers lui alors que l'assassin est... découvert dans les dernières pages du roman où l'on s'aperçoit que le passé n'oublie jamais.

 

Une des dernières œuvres de NM je l'ai trouvé alourdie par un préambule trop long, des heros trop nombreux, dont la liste se trouve en début de livre, heureusement ! Des descriptions inutiles et des dialogues constituent la majeure partie du roman, gênant ainsi, je trouve, le développement des personnages.
Il n'est pas inutile de rappeler que Ngaio Marsh vit le jour en 1895, à Christchurch, et que son premier livre parut en 1934. Elle disparut en 1982.

Héritière du dix-neuvième siècle son style, au vingt-et-unième paraît daté, non qu'il soit désagréable mais il y a dans ces pages une odeur de poussière plaisante à petite dose et les fils de l'intrigue, de ficelles à l'époque, sont devenus des câbles.

Un autre regret, que la romancière n'ait pas puisé dans l'histoire de son pays et sa culture, mais peut-être le fit-elle dans ses précédentes productions. Je tenterais de trouver ses premiers romans afin de me faire une idée plus précise d'une œuvre que j'ai découvert en participant au défi : Littérature policière sur les 5 continents ! 

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 06:37

 

Toute la mort devant nous, Sandra Scoppettone

Traduction : Nathalie Mège
Fleuve Noir - 383 Pages

ISBN - 2265062529
Titre original : Let's face the music and die (1996)

 





Romans précédents avec LL

- Tout ce qui est à toi est à moi

- Je te quitterai toujours

- Toi ma douce introuvable

 


Ce roman est donc le quatrième mettant en scène Lauren Laurano, personnage créé par l'auteur. J'aurais dû commencer par le premier mais il était indisponible, ce n'est que partie remise et j'en ferais part ici dès que possible, ainsi que des suivants. Les héro(ïne)s sont attachant(e)s, intéressant(e)s et donnent envie de les connaître depuis le début de leurs aventures violentes et passionnées.
Lauren est devenue détective privée après un passage au FBI qui se termina mal. Avec sa compagne, la psychologue Kip Adams, elle vit depuis dix ans à Greenwich Village ; New York, son agitation et ses bas-fonds étant le décor de ses enquêtes.

Cette dernière est engagée par Élissa, une vieille amie, afin d'enquêter sur le meurtre, à coups de couteaux, de sa tante Ruthie. Bien vite se dessine une partie de billard à trois bandes, le mari de la victime ayant disparu en mer cinq ans plus tôt en laissant à son épouse une importante somme d'argent devant revenir à sa nièce après sa mort ; mais qu'à son tour celle-ci connaisse un sort funeste et l'héritage irait à un cousin mystérieux et inquiétant.

Ce roman, lu dans le cadre du défi Littérature policière sur les cinq continents, nous plonge dans le passé de Lauren et le drame qui marqua sa vie. Charlie West, son violeur, qui faillit devenir son assassin est sorti de prison et semble désireux de terminer son « travail » !

Vous comprendrez que si je vous incite à découvrir ce texte c'est en y joignant le conseil de le faire après les trois autres, ainsi suivrez-vous dans sa chronologie l'histoire de Lauren et de ses amis, et ennemis. Vous pourrez continuer avec Long Island Blues (Gonna Take a Homicidal Journey - 1999), paru également aux éditions Fleuve Noir.

 

Polars urbains, d'une facture classique qui doit tout à son héroïne, femme d'une quarantaine d'années complexée par sa petite taille, fragilisée par son passé, mais intelligente et ironique. L'auteur compose une espèce de symphonie sombre dont l'instrument principal est mis en valeur par ceux qui l'accompagnent dans un ensemble cohérent qui permet de passer un bon moment. En imaginant un Sam Spade gay...

 

Sandra Scoppettone est née dans le New Jersey en 1938, à dix-huit ans elle renonce à s'inscrire à l'université et commence à écrire. Installée à New York elle publie des contes pour enfants, des romans pour adolescent puis des polars sous le pseudonyme de Jack Early avant de signer de son nom et de créer Lauren Laurano... En attendant qu'un metteur en scène ait l'idée de porter ses enquêtes à l'écran.

 

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 06:19

 

La Chambre Rouge - Edogawa Ranpo

Traduction : Jean-Christian Bouvier.

Éditions Philippe Picquier - Poche N° 31/Juin 1995/128 pages

ISBN : 87730-230-X

Couverture : Bénédicte Guettier

Recueil de cinq nouvelles :


Imomushi (1929, 芋虫; La Chenille)

Tokiko vit dans une petite maison au fond de la propriété du général Washio avec son mari, enfin, avec ce qui reste de son époux, celui-ci ayant été blessé gravement n'est plus qu'une espèce de chose à l'apparence vaguement humaine, en effet il est le seul soldat à avoir survécu à l'amputation des quatre membres, si l'on ajoute à cela qu'il fut défiguré par une explosion et qu'il est incapable de parler vous aurez compris qu'il ne dispose plus des moyens de réussir dans la vie. Seuls ses yeux restent expressifs, bien qu'ils ne semble pas jouir de toutes ses facultés mentales. Étant donné les circonstances nous le comprendrons, il parvient pourtant à communiquer en traçant quelques mots, un crayon, placé par sa femme, dans la bouche.

La nouvelle montre la relation trouble qui unit le couple et l'exaspération sensuelle que ressent Tokiko passant de l'excitation irrépressible au dégoût. Une nouvelle courte toute en ambiance, considérée aujourd'hui comme un chef d'œuvre du genre « Ero-Guro » (érotisme et grotesque), elle fut refusée par la revu Kaizo mais publiée ensuite par Shin Seinen dans une version caviardée, le prétexte étant qu'elle semble antimilitariste, ce qui n'est sans doute pas faux. Pas tout à fait une nouvelle policière classique avec un crime et un meurtrier mais un texte finalement assez pervers sur l'association honte/plaisir, à moins que ce ne soit le contraire, et une fin qui ne dépare pas dans ce blog... Inutile de dire que je me suis précipité sur les nouvelles suivantes de ce livre lu dans le cadre du défi : Littérature policière sur les 5 continents.



Ningen isu (1925, 人間椅子; La Chaise humaine)

Yoshiko reçoit une lettre étrange, la confession d'un homme qui lui raconte sa vie, comment sa laideur le conduisit à une profession solitaire, fabriquant de fauteuil, et à quel point il excellait dans ce métier jusqu'à être considéré comme l'un des tout meilleurs du Japon. Il avoue avoir reçu un jour commande d'un fauteuil ''à l'occidental'' dans lequel il mettra tout son cœur et bien plus puisqu'il réussira à y creuser une véritable niche dans laquelle il va s'installer finalement dans le but de pouvoir pénétrer discrètement chez des gens riches afin de les voler. Nous ne sommes pas surpris quand il déclare qu'après maintes pérégrinations il s'est retrouvé chez Yoshiko et qu'il est tombé amoureux d'elle de la sentir contre lui, si proche, presque accessible...

Presque !

Encore une histoire explorant la psychologie de l'héroïne, son émotion à la lecture de ce courrier, puis une nouvelle lettre arrive !



Ni-haijin (1924, 二廃人; Deux vies gâchées)

Pour sa seconde nouvelle (et la troisième du recueil !) l'auteur reprend le thème du crime commis par un somnambule.


Saito et Ihara font une partie de Go en sirotant du thé vert, ils se connaissent depuis dix jours et tout en jouant chacun en vient à parler de lui et de sa vie qu'il estime lamentable. Le premier est un ancien combattant défiguré pendant une bataille, le second, lui, raconte comment, alors qu'il était étudiant, il assassinat, dans l'inconscience du somnambulisme, le propriétaire du lieu où ils, lui et ses camarades, résident. Se dénonçant, après avoir découvert dans son placard les preuves de son méfait, il sera jugé puis acquitté pour avoir perpétré son crime en absence de sa volonté.

Son adversaire du jour hésite et puis, reprenant les éléments que vient de lui confier Ihara, propose une autre hypothèse...

Ambiance, analyse psychologique et un comportement final qu'un Occidental n'aurait peut-être pas eu. Lequel ? Et bien vous savez ce que vous devez faire pour le savoir !



Akaï heya (1925, 赤い部屋; La Chambre rouge)

Sept hommes passionnés de mystères, d'excentricités, d'anormalités, ont l'habitude de se regrouper régulièrement et chacun raconte ses derniers exploits. Ce soir-là ils se retrouvent pour l'intronisation d'un nouvel impétrant. Le nouveau se présente donc et explique pourquoi il pense être digne de rejoindre les autres, en effet, n'a-t-il pas mis au point une façon de tuer « sans en avoir l'air ! » Il a découvert, un peu par hasard, ce moyen d'assassiner ses semblables en ayant l'air de vouloir les aider. Par exemple, voyant une personne âgée traverser devant le bus, mais ayant le temps de le faire, il hurle : Attention ! L'interpellée marque un temps d'arrêt et se fait donc écraser par l'autocar. Ainsi semble-t-il avoir voulu secourir celle qui, en réalité, est sa victime. Il décide de commettre cent meurtres et en est à quatre-vingt dix-neuf alors qu'il prend la parole. C'est alors qu'intervient une barmaid lui apportant un verre d'eau, sortant un pistolet de sa poche il tire, la détonation résonne dans la chambre rouge...



Nisen dōka (1923, 二銭銅貨; La Pièce de deux sen)

La toute première nouvelle écrite par Edogawa Ranpo, début d'une prolifique production dont l'intégrale comporte soixante-cinq volumes.

Un vol a lieu dans une usine, ne manquant pas de sang froid le criminel intervient en plein jour, déguisé, et parvient à dérober cinquante mille yens. Le seul indice est un mégot d'une marque de cigarettes égyptiennes ''Figaro'' !

Takeshi raconte au narrateur comment, lui, à partir d'une pièce de deux sen, parvient à retrouver l'argent volé.

Bien sûr l'histoire ne s'arrête pas là, ce serait trop simple, et l'auteur a construit un texte tout en précision et réflexion, basé sur la culture japonaise.



Edogawa Ranpo 江戸川乱歩 (Tarō Hirai 平井太郎 ; Nabari le 21 octobre 1894 - 28 juillet 1965) est un des fondateurs du roman policier japonais, associant à l'énigme, plus qu'à l'enquête, une qualité d'analyse psychologique rare à l'époque, souvent mâtinée de fantastique, de macabre ou d'érotisme. Son personnage principal, récurent dans son œuvre, est Akechi Kogoro.

Son pseudonyme est, phonétiquement, la transposition japonaise de Edgar Allan Poe, il fut également influencé par Maurice Leblanc et Arthur Conan Doyle. Son nom signifierait Flânerie au bord du fleuve Edo. C'était ma première lecture de cet auteur, il ne m'étonnerait pas que le connaissant mieux je ne trouve quelques habitudes littéraires. Il a créé un prix qui porte son nom et qui est une référence au Japon.

Injū (1928, 陰獣; La Proie et l'ombre) fut adapté au cinéma par Barbet Schroeder en 2008, avec Benoît Magimel et Lika Minamoto.

 

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