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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 09:07

Kôjin – Natsume Sôseki – Rivages poche / Bibliothèque étrangère – 1991 – traduit du japonais par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura  Résultat de recherche d'images pour "natsume soseki le voyageur"

 

Jirô Descend à Umeda, prend un pousse-pousse, il doit aller chez Okada. Un parent lointain que sa mère lui a demandé d'aller voir. Il pourrait loger chez lui. C'est parfait puisqu'il a planifié un voyage avec Misawa, un ami. Se rendre à Suwa par la ligne Kôshû, passer par Kiso, descendre à Osaka. Après être passé par Kyôto il se rend chez son lointain parent, une personne qu'il n'a pas vu depuis cinq ou six ans. Comme prévu celui-ci se révèle plus chauve qu'auparavant, il possède une maison dont le premier étage propose une belle vue. Le soleil entrant directement fait régner dans la pièce une forte chaleur.

L'épouse d'Okada s'appelle Okané, jolie, de loin. Il en avait dit du mal autrefois, alors que les futurs époux commençaient à se fréquenter sous l’œil organisateur de ses parents. Le mariage est chose trop importante pour laisser seul le hasard et les sentiments en décider.

Reste pour Jirô à prendre contact avec son ami mais Okada ne possède pas le téléphone, en ce début de vingtième siècle la chose n'est pas entrée dans les mœurs.

En attendant pourquoi ne pas sortir, sur la colline, regarder les maisons dispersées et les haies. En ce soir d'été le crépuscule s'attarde longuement. C'est l'occasion pour Okada d'exprimer son interrogation sur l'absence d'enfant dans sa famille. Pour Jirô le lien entre enfant et mariage n'est pas évident.

Le lendemain arriva chez Okada une carte postale de Misawa prétexte à ce que Okané parle de son père qui n'écrivait que sur ce support. Quand Jirô lui demanda si elle voulait des enfants elle rougit sans répondre. En attendant des nouvelles de son ami, Jirô rencontra Sano, prétendant de Osada qui vivait avec sa famille, il avait, aussi, pour mission de rencontrer cet homme pour se faire une idée. Sano avait le front bombé, à part ça il semblait correct.

Résultat de recherche d'images pour "natsume soseki" Aucune autre nouvelle de Misawa, Jirô en a marre d'attendre, il est prêt à partir seul mais une lettre arrive qui donne des nouvelles. Misawa est bien arrivé à Osaka mais est hospitalisé. Avec sa valise Jirô va rendre visite à son ami. Celui-ci avait toujours eu des problèmes digestifs, en partie à cause de sa négligence, une fragilité héritée de sa mère. Il connaissait tous les mots afférant aux affections intestinales. Discrètement interrogée l'infirmière ne put que parler de mal à l'estomac. Jirô en profite pour récupérer la chambre de son ami dans une auberge. Maintenant il lui est difficile de partir et d'abandonner Misawa dont le traitement consiste en poches de glace posées sur son ventre.

En partant, un soir, il aperçoit une femme, de profil, recroquevillée sur un coin de banquette. Sans le dire à son ami il imagine qu'il s'agit d'une geisha. Mais Misawa la connaît et avoue une part de responsabilité dans sa maladie. Un soir de Résultat de recherche d'images pour "tokyo 1906" forte alcoolisation il avait en toute conscience abusé, et forcé cette jeune femme à en faire autant avec pour résultat une double hospitalisation. Sans jamais la nommer Jirô et Misawa parlaient de ''cette femme'' à chaque visite du premier, le second paraissait en savoir davantage chaque jour grâce à l'infirmière, parlant de son travail dans une maison de geishas, qu'elle y était une vedette et ne se permettait pas d'absence malgré une santé fragile.

Un jour pourtant Misawa décide de rentrer à Tôkyô, en train couchette. Le temps presse, Misawa va rendre visite à ''cette femme'' pour s'excuser de l'avoir amené à boire du saké. Plus tard alors qu'ils parleront Misawa évoquera une jeune fille connue autrefois, un peu dérangée et qui ressemblait beaucoup à ''cette femme'', il avait fini par l'apprécier mais elle était morte.

À l'hôpital.

Le temps de se séparer est venu, la gare d'Umeda en est le décor.

Le lendemain Jirô dut retourner à la même gare pour accueillir sa mère, son frère aîné, Ichirô, et sa belle sœur, Nao.

 

Les frères pourront discuter, se connaître, se découvrir, évoquer, pour l'aîné, la difficulté du mariage, sa difficulté à comprendre sa femme, il demandera même à Jirô de l'aider à tester la fidélité de son épouse dont il doute parfois. Passer une journée avec Nao ne semble pas une épreuve pour le cadet. Le climat allongera leur tête à tête. Pour Jirô c'est l'occasion de découvrir qu'il connaît trop mal les femmes.

L'hiver approche.

Résultat de recherche d'images pour "natsume soseki"

Sôseki est au plus proche de la vie, des êtres, de leurs pensées, contradictions, espoirs et craintes. Dans le quotidien qui s'étire il voit les désirs qui s'approchent, la société qui s'impose, encore. Le mariage est important mais qu'attendre d'une femme qui en se mariant perd toute ingénuité ? Dès lors qu'attendre de la réflexion qui se perd en elle même comme une araignée tissant un piège dont elle sera finalement victime ? Laissez-vous prendre par la magie des mots, et l'intelligence des réflexions, sans affirmations pédantes ni démonstrations vaines. Un des personnages le dit : ''L'excès d'intelligence était précisément la source de ses tourments.'' Sôseki était-il tourmenté ? Je peux imaginer que ce n'est pas notre cas, ni à vous, ni à moi.

Mais peut-être suis-je hypocrite. 

Encore un grand merci à PatiVore pour avoir eu l'idée de consacrer ce mois à Natsume Sôseki. 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Japon
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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 09:09

坊っちゃんNatsume Sôseki – 1906 – Le serpent à plume éditions – traduit du japonais par Hélène Morita  Résultat de recherche d'images

 

Tout commence par un aveu, celui du narrateur qui reconnaît n'avoir pour héritage reçu qu'une nature impulsive et risque-tout lui valant depuis sa petite enfance de perpétuelles mésaventures. Écolier il avait sauté du premier étage de son école et perdu, pour une semaine, l'usage de ses jambes parce qu'un condisciple lui avait lancé ''Eh, tu ne serais pas capable de sauter d'ici... Poltron va !''

Même motif, même punition quand il voulut montrer la qualité de son canif ! La cicatrice sur le pouce est toujours là.

Ces ''exploits'' avaient été nombreux durant son enfance, peut-être pour attirer l'attention d'un père ne montrant aucune affection ou d'une mère préférant son aîné.

2 jours avant que sa mère ne meurt il s'était cogné les côtes à l'angle du fourneau de terre ; à la suite de quoi sa mère lui avait hurlé qu'elle ne voulait plus le voir. C'était donc chez un proche qu'il avait appris son décès. Une fois rentré son frère lui imputa la responsabilité de cette disparition, ce qui entrainé en réponse une gifle suivi de critiques sévères.

Résultat de recherche d'images pour "natsume soseki"

La vie à trois s'installa, le frère qui apprend l'anglais mais présente un tempérament de nature féminine, et le père, inactif, lui serinant à la moindre occasion qu'il n'était qu'un raté.

Dans la maisonnée seule Kiyo, la servante, lui manifestait de l'affection, sans qu'il en comprit la raison.

La vie continua ainsi durant les cinq ou six années qui suivirent le décès de sa mère, jusqu'à la mort du père suite à une attaque d'apoplexie. Lui obtint son certificat d'étude et son frère ainé un diplôme de son école de commerce et un emploi dans une société de Kyûshû. Les biens familiaux furent vendus à un chineur, la maison à un homme fortuné, de l'argent dont l'aîné profita largement. Les frères se séparèrent, restai Kiyo à laquelle il ne restait qu'à demander asile chez son neveu, greffier dans un tribunal. Avant de partir pour Kyûshû son frère lui remit sa part, 600 yens, dont il pourrait profiter à sa guise, et 50 yens à donner à Kiyo.

N'ayant aucun but dans la vie c'est la vue d'une annonce pour recruter des étudiants pour l'École de physique qui l'incita à s'y inscrire. Durant trois ans il étudia et réussit à obtenir son diplôme. Une semaine plus tard le directeur le convoqua et lui proposa un poste de maître de mathématiques dans une école secondaire au Shikoku. Pourquoi ne pas accepter ? Avant de partir, et de quitter Tôkyô il rendit visite à son ancienne servante et lui parla de son projet, lui promettant de revenir aux prochaines vacances d'été.

Résultat de recherche d'images pour "vues du japon 1906"

Le village qu'il découvre le déçoit. Le trajet jusqu'au collège l'obligea à prendra une barque, un train, puis un rickshaw. Malgré cela il arriva trop tard. Il s'installe dans l'auberge Yamashiroya. Il fait chaud mais la nourriture est bonne, c'est déjà ça !

Le lendemain il peut enfin rencontrer le directeur, celui-ci le fit penser à un blaireau avec ses moustaches clairsemées, son teint foncé et ses grands yeux. Il va lui falloir se présenter à chacun des autres professeur, chose qui le désole, et au sous-directeur, habillé d'une chemise rouge, censée être un remède pour le corps. Ses cours commenceront le surlendemain. Il profite de son temps libre pour découvrir la ville, et réaliser que le temps n'avait pas joué en sa faveur. À l'auberge il obtient une meilleure chambre et prend le temps d'écrire à Kiyo pour la rassurer.

La visite de son collègue prof de math, le ''Porc-Épic'', le surpris mais celui-ci le convainquit de la nécessité de changer de logement, il connaissait justement une pension qui l'accueillerait, s'il le recommandait. Finalement il jugea celui-ci moins désagréable qu'il l'avait cru, de plus c'était le plus populaire des professeurs.

Résultat de recherche d'images pour "vues du japon 1906"

Botchan est près à commencer ses cours, à découvrir le monde de l'éducation, la province... et cela sera bien loin de la vie qui était la sienne dans la capitale. Un grand roman de Sôseki, un classique qu'il rédigeât après son séjour à Matsuyama. Le Japon change et s'ouvre au monde. Son héros est un homme du peuple alors que Kiyo vient d'une noblesse vaincue par le temps. Le narrateur n'est pas chez lui, il le sent, les autres en sont sûrs eux aussi.

Parviendra-t-il à trouver sa place dans un espace aussi étriqué ? Si vous savez ce qui vous reste à faire si vous voulez le savoir. Un remarquable, et instructif, roman que j'aurais peut-être manqué sans le mois Sôseki proposé par PatiVore.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Japon
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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 10:09

PatiVore nous propose en ce mois de février de rendre hommage au grand écrivain japonais Natsume Sôseki pour le centenaire de sa naissance sous la forme d'un challenge pour lequel il suffit de lire une seule œuvre de l'auteur pour participer. Dans ce blog j'ai déjà chroniqué Ma vie de chat, heureusement d'autres textes sont disponibles, dont celui-ci, le premier de ce challenge, sans doute pas le dernier.

 

KUSAMAKURA – Traduit du japonais par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura – Rivages poche / Bibliothèque étrangère – 1987

Un peintre aime observer, il sait remarquer ce qui se passe autour de lui même s'il n'est pas là pour cela mais pour le calme des montagnes, pour le contact avec la nature et, prenant du recul avec ses habitudes, mieux comprendre son métier, son art ? Et l'art en général dans les formes qui sont les siennes suivant les continents.

L'auberge où il s'est installé après qu'elle lui fut indiqué par une vieille dame est au calme, c'est là où il fait la connaissance de Nami, une femme d'une grande beauté qui, aimé par deux hommes, fut mariée par ses parents à celui qu'elle n'aimait pas.

 

Marcher l'aide à réfléchir, il avance sur le chemin pour oublier son mal de vivre dans un endroit paisible en même temps qu'il regarde son passé afin de mieux comprendre le présent et la raison de sa présence ici. La ville est aussi pesante que stressante, où, sinon en pleine nature pourrait-il trouver le sens de sa vie ? Tout l'interpelle, un simple caillou est une invitation, une fleur est une proposition, tout l'interroge, il veut passer le monde des passions humaine au crible comme du sable, et ne contempler que l'or splendide qui y est retenu.

Résultat de recherche d'images pour "natsume soseki"

Le monde n'est-il qu'un échiquier où chacun habite une case qui définit son univers personnel, une case qui est une cage pour le tigre en lequel la civilisation l'a transformé en lui montrant une liberté à laquelle il ne peut accéder, une liberté que l'art permet d'approcher, sans pouvoir l'atteindre pour autant puisqu'elle est comme l'horizon, toujours loin à mesure que l'on avance.

 

Sôseki est son personnage, peintre avec des mots autant qu'avec des pinceaux, s'interrogeant sur la véracité même de son travail, sur ce qu'il voit, veut, devine, espère peut-être, sur ce qu'il veut mettre dans sa création. Il le dit lui-même dès la première page : Dès que vous avez compris qu'il est partout difficile de vivre, alors naît la poésie et advient la peinture. L'artiste apaise le monde humain et enrichit le cœur des hommes. Les poètes sont plus angoissés que les hommes ordinaires et ont des nerfs plus fragiles. Il cite Wang Wei et Tao Yuanming, avouant leur devoir plus qu'à Faust ou Hamlet.

Résultat de recherche d'images pour "natsume soseki oreiller d'herbes"

C'est un voyage dont Sôseki se fait le guide, nature, poésie et peinture se superposent, avec, comme dans un autre roman lu récemment, une allusion à l'Ophélie peinte par Millais. Un périple à travers l'art et la vie dans le décor du Japon du début du siècle dernier avant que la modernité ne s'impose, en partie apportée en littérature par Natsume lui-même. Il suffit de se laisser prendre par les mots de l'auteur pour voir par ses yeux et admirer avec lui le monde qu'il contemple.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Japon
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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 08:43

Hiroaki & Hiroyuki Seshita – 2016 - 13X25'

 

Combien sont-ils à tirer sur lui, ce monstre insensible aux projectiles qui le frappent. Ce combattant a peur mais il doit retourner au combat, affronter ce ''soldat de dieu''. Et quand il croit l'avoir abattu celui-ci se relève pour combattre encore.

Toubou est une petite ville. Il est 5:00 le réveil sonne, Nagai Kei se lève lentement. Sa chambre est celle d'un étudiant normal, un ordinateur, des livres. Sa mère lui rappelle qu'il a un examen blanc samedi, mais tout se passera bien, il est sage, studieux, plutôt brillant, et s'il ne mange pas beaucoup quelle importance. Ses camarades de classe sont moins motivés que lui qui se moquent de son assiduité, de son ambition de devenir médecin. Et quand ils aperçoivent un jeune de leur âge, ou à peu près, simplement assis sur un trottoir pour manger, ils se moquent, disent que ce pourrait être un ''Ajin''.

AJIN

Le prof parle : prenez votre manuel à la page 247, sur la découverte des Ajin. Ce qu'ils doivent savoir. Les Ajin sont immortels, du moins on dit qu'ils ne peuvent pas mourir même si ce n'est pas prouvé. Le premier a été découvert 17 ans plus tôt en Afrique. Un militaire se faisant appeler ''le soldat de dieu'', il fut arrêté par les américains. 46 Ajin auraient été découvers. Au Japon il y en aurait 2, au moins. Celui qui en capture un sra récompensé. C'est Nagai qui pose la question : 

AJIN

Non, répond le prof, c'est une nouvelle espèce !

Nagai passe à l'hôpital voir sa sœur, Eri(ko), il se souvient du passé, de la mort de leur chien, de son idée : on pourrait aussi bien ne pas le faire. Et cet ami que sa mère lui a interdit de revoir : Kai.

Eri ne se souvient pas, ou ne le veut pas.

Nagai est seul, il rentre à pied chez lui, pris dans ses pensées sans entendre des camarades qui l'interpelle, ni voir le camion qui vient vers lui, et le heurte violemment. Maintenant il est sous le véhicule, ensanglanté. Mais pas suffisememnt blessé pour ne pas en sortir, seul. Mais différent.

''C'est un Ajin !'' hurlent ses amis. Nagai a peur, il hurle, de ce cri qui est une autre spécificité de ces créatures.

AJIN

La police enquête, le recherche, interroge témoins, voisins, et qui a envie de dire quelque chose.

 

Nagai fuit, où il peut, où il n'y a personne, se cache. Il se souvient de son ami, Kai, peut-être le seul qu'il peut appeler. Et qui attendait son appel. Ils se donnent rendez-vous à un endroit qu'ils sont seuls à connaître, près du temple Tsuki. Mais Nagai est repéré, il reprend sa course alors qu'un policier est sur ses talons. Kai intervient juste pour le sauver.

 

Les médias ont retrouvé sa maison, sa photo, le nouvel Ajin est à la une partout. La police est sur les dents, et pas seulement elle, il est impératif de le retrouver, de le capturer.

 

Un troisième Ajin a donc été découvert au Japon !

AJIN

Sur la moto de son ami Nagai prend le temps de la réflexion, il revoit cette vidéo diffusé sur le Net où l'on voit un Ajin se faire tuer encore et encore pour vérifier s'il est réellement immortel. Son ami le rassure, la montagne les abritera.

 

La chasse est ouverte, la concurrence promet d'être rude entre la police et le ministère de la santé. Kai et Nagai sont reconnus quand le premier refait le plein de sa moto par des hommes qui transportent déjà une jeune fille attachée dans leur camion. Quand ils voient la moto s'arrêter et Nagai aller à l'écart ils y voient l'occasion espérée. Pour vérifier si le Ajin est ce que l'on dit ils l'étranglent. Nagai meurt, ressuscite, hurle ! Ce qui fige tout le monde et laisse aux fuyards le temps de s'échapper. Ce que fit la jeune prisonnière du camion. La poursuite reprend, jusqu'à ce que les chasseurs soient bloqués sur un passage à niveau, arrêtés par une ombre étrange...

AJIN

Qui sont les Ajin, quelle est leur origine, leur secret ? Nagai va devoir en savoir plus, comprendre sa nature, échapper aussi à ceux qui veulent la prime promise comme à ces hommes qui les pourchasse pour les ''aider'' et qui vont récupérer Eri. Que s'est-il passé dans l'enfance de Nagai et Eri, qui était ce fantôme noir ? Quels sont les réels pouvoirs des Ajin ? Des Autres ?

 

De l'animation japonaise de qualité, des héros archétypiques mais avec, en plus, une vraie personnalité, le tout dans une histoire bien construite avec pas de séquences sanglantes. Quand à savoir si vous être un Ajin il suffit que vous mouriez pour cela. Si vous ressusciter alors vous en être un.

AJIN

Tenté ?

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Animation Japon
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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 08:55

クロユリ団地 (Kuroyuri Danchi) – Hideo Nakata – 2012 -

Asuka Ninomiya vient d’emménager avec sa famille, son frère cadet et ses parents, dans un immeuble du complexe Kuroyuri. Rapidement, des sons étranges se font entendre depuis l’appartement voisin, le 401, occupé par M. Shinozaki, un homme âgé. Préoccupée par le bien-être du vieillard, elle sonne chez lui, attend, rien ne se passe, puis elle entend un bruit. À travers la porte elle se présente, expose le motif de sa visite, mais personne ne vient ouvrir. Elle sort, visite le quartier, remarque un tas de sacs poubelles. Décor banal d'un quartier sans rien de remarquable. Quand elle salue un enfant qui jouait dans un bac à sable celui-ci s'enfuit.

Dépitée elle rentre chez elle, retrouve ses parents, sa vie.

Sa chambre est mitoyenne de l'appartement voisin, elle pose son oreille contre le mur, va même voir sur le balcon si elle peut distinguer l'appartement d'à côté.

Mais non !

La sonnerie du réveil fait son office, si ce n'est que ce n'est pas le sien qui a sonné avec tant de puissance.

Idem le lendemain ! Au lycée elle entend dire que Kuroyuri est hanté. Mais ce qui surprend la jeune fille c'est que ses parents ont le même dialogue que la veille. Dehors elle retrouve le gamin dans son bac. Il ne fuit pas, et donne son nom, Minoru. Elle peut jouer avec lui pour construire une forteresse. C'est amusant. Il lui dit que son grand-père, qui n'est pas tout à fait son grand-père, habite ici, il montre l'appartement, celui dont la porte resta close la veille.

La nuit suivante Asuka fait un cauchemar, pour couronner le tout le professeur évoque un couple retrouvé mort chez lui... avant de retrouver ses parents elle décide de retenter sa chance avec son voisin. Cette fois la porte s'ouvre, sans qu'elle voit personne. Elle entre, se présente une nouvelle fois, progresse dans l'appartement, son portable en guise de lampe de poche. Une odeur nauséabonde frappe (avant d'entrer) ses narines venant de divers aliments oubliés. Elle continue cependant, regarde les meubles, les photos, tout ce qui est entassé sur les tables. Jusqu'à la chambre... pas de surprise, pour le spectateur, c'est bien le cadavre du propriétaire qu'elle trouve !

Le policier qui l'interroge lui dit qu'il était veuf et n'avait probablement pas eu d'enfant.

La nuit suivante elle entend d'autres bruits... il y a quelqu'un, ses parents doutent. Avant de répéter le dialogue de la veille.

Partant pour le lycée elle voit l'appartement ouvert, entre, se promène, est captivée par des traces de griffes sur le mur, puis, interpellée, sursaute, c'est Sasahara, envoyé d'une société de nettoyage spécialisée dans les tâches de cadavres. Le soir le policier revient, explique que M. Shinozaki est décédé naturellement, ce n'est pas une affaire criminelle. Ouf ! Plus tard c'est Minaru qui vient lui demander de jouer avec lui.

Le lendemain c'est le fantôme du voisin qui la surprendra et lui affirmera qu'elle va mourir. La jeune fille est choquée, cherche de l'aide... son émotion grandira quand elle retrouvera son propre appartement vide, hormis ses affaires.

Mais c'est logique, ses parents, et son frère, sont morts dans un accident de bus qui fit quarante victimes et dont elle fut l'unique survivante. Événement dont elle ne se remit jamais. C'est pour cela que tous les matins se ressemblent, elle revit le dernier passé avec sa famille. L'esprit essaie parfois de masquer la réalité, surtout quand il se sent coupable.

 

Difficile de trouver sa place pour Asuka, ses fantômes sont intérieurs, si présents qu'elle en est venue à s'interroger sur elle-même. Avec Sasahara elle va tenter d'affronter les spectres qui l'entoure, à commencer par celui du voisin.

Reste l'autre.

Minoru !

Difficile de dire non à sa propre envie de tourner le dos à la vie.

 

Hideo Nakata est devenu célèbre avec son premier film, l'adaptation de Ring. Il suivit ensuite un chemin semé d'angoisse, de spectres mécontents dans un environnement déshumanisé. L'horreur gagne de n'être pas montrée, réduite à une attente qui la nourrit. Nul besoin de gore pour effrayer, une ombre, un bruit, un silence parfois, suffisent à laisser planer un doute inquiétant. Tous les fantômes ne viennent pas de l'au-delà, certaines naissent des regrets, de la culpabilité, de l'incapacité à rejoindre le monde des vivants.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 08:41

秋刀魚の味Sanma no aji -  Yasujirō Ozu – 1962 – 113'

Shuhei Hirayama est âgé, veuf et père de famille. Ses amis Horie et Kawaie lui suggèrent régulièrement de marier sa fille unique alors que son fils aîné, Koichi, habite avec son épouse. À la maison il reste donc, outre le patriarche, Michiko et le benjamin de la fratrie, Kazuo. Michiko est la femme de la maison et devine que sans elle son père et son frère auraient du mal à s'en sortir. Quand Shuhei lui pose la question elle affirme ne pas être intéressé par le mariage. Pourtant le vieil homme devine qu'elle est prise entre ses ''obligations'' familiales et son envie de ''vivre sa vie'' à l'extérieur d'un cadre trop étriqué pour elle.

Puisqu'il aime sa fille il comprendra qu'il ne peut faire montre de tant d'égoïsme et que lui trouver un compagnon est son devoir.

Raconté ainsi le dernier film d'Ozu semble à la fois simple et semblable à ses précédents. Ce qui est vrai ! Tout le talent du réalisateur est justement de trouver dans cette banalité matière à représenter une société. Un microcosme à l'image d'un macrocosme, permettant en quelques traits de dessiner le portrait, partiel mais réaliste, d'une civilisation. Comme souvent c'est le père, l'homme, qui voit partir les êtres qu'il aime, celui qui pour dernière compagne se retrouve avec la solitude et le constat d'une époque dévorée par le temps.

 

Le Japon n'est plus ce qu'il était, les villes grandissent en même temps que l'influence du monde occidental. Ozu regarde, témoigne mais ne juge pas, cela ne changerait rien. Il voit le nouveau rôle de la femme, désormais désireuse de prendre son destin en main, non sans que cela s'accompagne de remises en causes et de difficultés à s'affirmer contre sa famille, contre ses parents, contre des habitudes séculaires.

 

Le saké n'a plus le goût qui était le sien auparavant, c'est peut-être pour cela que les hommes aiment à en boire trop, le cherchant au fond de chaque verre pour ne trouver que l'amertume d'un constat implacable. Il sera le compagnon de Shuhei quand sa fille aura quitté la maison, finalement le plus fidèle faute d'être le plus amical.

 

Ce fut le dernier film de Yasujiro Ozu, observateur attentif d'une période de mutation, cinéaste des femmes japonaise et, ici encore, servi par de remarquables actrices, ici Shima Iwashita et Mariko Okada. Que penserait-il des Japonaises d'aujourd'hui ? Plutôt du bien je pense. Regardant les jeunes filles du vingt et unième siècle comme les dignes petites filles des femmes qu'il filma durant sa vie.

Ainsi se termine ce mois aux dimanches consacré à un des plus grands réalisateurs Japonais. Moins spectaculaire que Kurosawa, moins drôle que Naruse, moins historique que Misoguchi mais aussi universaliste qu'eux, par son talent à transcender le quotidien pour en montrer la richesse et cette valeur que chacun peut espérer dans le sien.

Acceptez l'invitation de Yasujiro, prenez le temps de découvrir ce qu'il vous propose. Je suis sûr que vous ne serez pas déçu.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 07:18

秋日和 (Akibiyori) – Yasujirō Ozu1960 – 129'

Trois amis (Mamiya, Taguchi, et Hirayama) assistent aux funérailles de Miwa, un ami du temps de leurs études, en compagnie de sa veuve, Akiko, et de sa fille de 24 ans, Ayako. Les trois hommes sont d'accord sur la beauté des deux femmes et pensent à trouver un mari pour Ayako. Ce qui ne leur interdit pas de penser que la jolie veuve pourrait se remarier... N'étaient-ils pas tous amoureux d'elle dans le temps, et jaloux de son mari, eux qui maintenant ne peuvent que remballer leurs désirs et frustrations.

 

La jeune femme pourtant n'envisage pas de se marier, elle a 20 ans et la perspective de vivre avec sa mère lui paraît favorable. Mais ce ne sont pas ainsi que les choses fonctionnent au Japon à cette époque. Les hommes voudraient qu'elle se marie. Elle s'y refuse, avec énergie, redoutant de laisser sa mère seule. Qu'importe se disent nos trois complices, il faut commencer par marier la mère pour que la fille suive le même chemin, elle y sera alors obligée.

Akiko s'interroge, non qu'elle ait le désir d'un nouveau mari mais sur sa responsabilité de mère. N'est-ce pas son devoir d'aider sa fille à construire un avenir stable, une famille sereine, des lendemains qui chantent ? Plus ou moins justes ! La société est toujours là, ses obligations, ses rites, plus ou moins subis, parfois dénoncés mais auxquels il est rassurant de se raccrocher quand trop de questions se posent. Les hommes, comme souvent dans le cinéma d'Ozu sont secondaires, ce sont les femmes qui supportent la famille, même, et surtout, quand c'est l'homme qui la dirige, ce sont elle qui portent l'avenir, le regardent avec sérénité en sachant qu'il est impossible à éviter. Reste que trouver un prétendant digne, un peu, de ce nom est difficile. Les hommes sont plus attachés à l'idée d'une partenaire de lit, d'une cuisinière, d'une mère qui prouverait qu'ils font ce qu'ils faut pour que la société continue, elles cherchent autre chose, un peu plus, un peu mieux.

Ozu montre les êtres dans leur simplicité sans jamais les exhiber, il n'a pas besoin d'effets grandiloquents. Il est aidé ici, comme souvent, par une excellente distribution dominée par un duo d'actrice qui jouent ensemble sans forcer une note, sans en manquer une non plus. Il suffit d'un geste, d'un regard, d'une allusion pour que le spectateur comprenne ce que pense le personnage qu'il suit. Aucune de ces vies ne sort vraiment de l'ordinaire mais chacune donne à celui-ci un relief qui le rend si vraisemblable qu'on le croirait sien.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 07:24

 ジャッジ ! -  Akira Nagai - 2013 - 105'

Le compte à rebours commence à 60'. des ombres circulent dans ce qui semble un hangar aux ombres bleutées. Un visage d'homme apparaît sur un écran, imprécis d'abord puis se stabilise. D'autres personnes sont assises autour d'une table en U, tous porteurs de masques d'animaux, un chien, un lion, un lapin, un ours, un cochon, un renard, un loup... Le visage que nous avons vu est celui d'un des prisonniers. Découvrant qu'ils sont enchaînés ils essaient de se libérer sans y parvenir, de même ils ne peuvent enlever leur masque.

Ils s'interrogent, que se passent-ils, où sont-ils ? Pourquoi chaque masque porte-t-il sur le front une caméra ? Aucun ne comprend ce qu'il fait là. Le décompte continu. Une femme demande où est son portable... une autre constate qu'elle n'a plus sa bague ni ses lentilles de contact. Certains commencent à se souvenir, un choc de taser, une piqure, il ne fait pas de doute qu'ils ont tous été enlevés. Sur un écran face à chaque prisonnier apparaissent des visages. Des dossiers sur des individus. Les visages de ceux qui sont là !

Il reste 11 minutes.

Une voix métallique se fait enfin entendre, elle leur explique les règles du jeu. D'abord les criminels présents doivent désigner à la majorité le plus impardonnable d'entre eux dans un temps donné. Celui-ci sera exécuté. Troisième règle : le dernier criminel à rester en vie sera libéré. S'abstenir ou s'échapper est interdit.

Qui désigner ? Comment l'exécution aura-t-elle lieu ?

Le premier qui fut présenté explique son passé, quel enfer il fit vivre à sa mère qui finit par se suicider.

 

Le temps avance, il reste 2 minutes. Un premier vote désigne l'ours, puis un autre. Quelqu'un propose de contourner le règlement en votant chacun pour soi. Mais la peur est la plus forte. Finalement l'ours est désigné à la majorité. D'un coup il se lève, titube, tombe sur le sol, connaît quelques convulsions puis se raidit et ne bouge plus !

La panique s'installe mais le ''jeu'' continu. Les regards se portent vers un autre participant. Un vigile qui a frappé quelqu'un si fort que celui-ci est dans le coma depuis.

Pour le second jugement chacun vote pour soi !

Troisième tour, cette fois tous peuvent ôter leur masque.

La consigne n'étant pas respectée il y a un nouvel éliminé, puis une autre, chacun avait eu 2 votes.

Enfin les chaines s'ouvrent, restent ceux méritant de vivre.

 

Mais le compteur redémarre : 10 minutes.

Les survivants parviennent à couper le courant, à trouver une porte ouverte, qui mène à une porte fermée. Mais les minutes se remettent à défiler. Avec des outils ils tentent de s'échapper mais sont amenés à voter encore une fois. Avec une nouvelle victime à la clé.

 

3 participants demeurent, et 5 minutes avant le prochain vote. Mais l'une n'a plus le bracelet tueur et croit être à l'abri. La suite va lui prouver qu'elle se trompe.

Dernier round.

 

Ni l'un ni l'autre ont besoin de voter. D'autres, par Internet, s'en chargent, ce qui ne les empêche pas de se battre. Le plus jeune tue son adversaire. Il reste seul, mais le compteur redémarre pour une minute.

 

Les votes redémarrent, pour ou contre lui. Fou de rage et de peur il frappe la caméra...

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 07:12

彼岸花Higanbana -  Yasujirō Ozu – 1958 – 118'

Une fois encore Ozu met en scène la famille Japonaise aux prises avec un monde qui change et une société nippone qui ne sait plus, qui ne peut plus, rester à l'écart des bouleversements que connaît le monde en ces années d'après guerre. La modernité ronge les traditions, comme celle, pourtant bien établie, des mariages arrangés. Si l'amour, on le sait, passe, l'intérêt commun, lui, dure.

Prenons Wataru Hirayama, cadre supérieur travailleur, une litote au Japon, un ami fiable, un époux soucieux du bien être de son épouse et de ses enfants. Ce n'est pas pour rien qu'il rappelle alors que commence le film ces préceptes, exprimés comme s'il contemplait une pierre tombale !

La famille est l'unité de base, le père en est le chef et décide de ce qui est le mieux pour chacun de ses éléments.

D'un côté il réconforte Mikami venu lui raconter que sa fille est parti avec un homme, comme il est compréhensif envers Yukiko qui ne veut pas des projets maritaux de sa mère. Dans les deux cas il parle de l'amour, de ce sentiment si merveilleux qui emporte tout sur son passage...

en revanche quand il s'agit de sa fille, Setsuko, il en va autrement, et quand elle lui annonce son refus de l'union qu'il lui propose il met son véto au mariage de celle-ci avec l'homme qu'elle aime.

Hirayama voit son monde trembler sur ses bases, être l'homme lui donnait l'avantage, perdre ce statut l'effraie, n'est-il pas entouré de femmes, de mère, de filles, celles de ses amis y compris qui aiment lui parler ? Il s'accroche à un passé défunt en refusant de l'accepter.

Il est aussi un archétype des hommes de son époque, du reste dans ce film tous se ressemblent, dans leurs costumes comme dans leurs comportements. Les femmes aux contraires sont différentes, nombreuses, elles sont ces fleurs poussant sur le terreau du renouveau d'un pays qui se redessine ne demandant qu'à s'épanouir au printemps nouveau qui approche.

Wataru sera finalement vaincu par la finesse de ses adversaires, pris au piège de contradictions qu'il doit avouer.

 

Le sujet est habituel, on le voit, la réalisation ne l'est pas puisque pour la première fois, et non sans réticences, Ozu se sert de la couleur. Idéale pour magnifier les fleurs du titre comme les femmes de son film. Elles portent les couleurs et l'avenir quand les hommes sont gris et engoncés dans le passé.

La nature est belle, Tokyo est photogénique, le temps de la mue est venu. Et pour vous celui de regarder ce film. À moins que vous ne portiez un costume terne vous aussi.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 07:43

東京物語Tōkyō monogatari) – Yasujirō Ozu – 1953 – 136'

Shukichi Hirayama et son épouse Tomi habitent Onomichi, une

petite ville côtière du sud-ouest du Japon. Ils décident de partir pour la capitale afin d'y visiter leurs enfants qui y vivent. Un autre vit à Osaka, seule Kyoko, leur cadette, vit avec eux en attendant d'être mariée.

 

Dans un premier temps tout se passe bien, mais leur fils aîné, Koichi, est très occupé, entre sa femme, Fumiko et leurs enfants, et son travail de pédiatre ; leur plus grande fille, Shige, est coiffeuse. Shukichi et Tomi sont un peu déçus, ils espéraient que leurs enfants auraient mieux réussis que cela.

Koichi et Shige voudraient sûrement passer davantage de temps avec leurs parents mais ils sont trop occupés pour cela. Ils tentent de compenser en offrant à leurs parents un séjour dans la ville balnéaire d'Atami. Mais les conditions de vie ne conviennent pas aux personnes âgées qui supportent difficilement que leurs nuits soient troublées par leurs voisins. Ils écourtent donc leurs vacances. Ce qui les contraindra à se séparer. Seul, le soir, Shukichi sort, boit avec un compagnon et se fait reconduire par la police qui l'a retrouvé ivre.

Heureusement Noriko, veuve de Shoji, leur fils mort pendant la guerre, fait de son mieux pour s'occuper d'eux et les emmène visiter les alentours de la capitale. Tomi en profite pour suggérer à la jeune femme de se remarier, 8 ans de veuvage c'est assez.

Inutile d'insister ! Sur le voyage de retour ils s'arrêtent à Osaka ou vit leur fils cadet Keizo. Leur séjour à Osaka est l'occasion pour le couple de faire le point sur leur vie. Mais Tomi est tombée malade, son état empire quand ils retrouvent Onomichi. Appelés, Koichi, Shige et Noriko arrivent pour assister au décès de la vieille dame. Keizo viendra trop tard.

Les funérailles terminées seule Noriko reste. Kyoko en veut à ses frères et à sa sœur mais Noriko lui explique que le temps de la séparation survient forcément. Avant qu'elle doit repartir Shukichi lui offre la montre de Tomi, de tous c'est elle qui les aura le mieux reçu. À nouveau il lui conseille de se remarier.

 

Ce film fit découvrir Ozu en France, en 1978. 15 ans après son décès. Il figure régulièrement dans la liste des meilleurs films mondiaux. Encore un regard sur la famille japonaise, son évolution et la mise à mal des comportements anciens. La plus respectueuse des anciens n'est pas de leur sang, signe qu'une famille peut se construire sur d'autres critères que celui-ci.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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