Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 07:18

秋日和 (Akibiyori) – Yasujirō Ozu1960 – 129'

Trois amis (Mamiya, Taguchi, et Hirayama) assistent aux funérailles de Miwa, un ami du temps de leurs études, en compagnie de sa veuve, Akiko, et de sa fille de 24 ans, Ayako. Les trois hommes sont d'accord sur la beauté des deux femmes et pensent à trouver un mari pour Ayako. Ce qui ne leur interdit pas de penser que la jolie veuve pourrait se remarier... N'étaient-ils pas tous amoureux d'elle dans le temps, et jaloux de son mari, eux qui maintenant ne peuvent que remballer leurs désirs et frustrations.

 

La jeune femme pourtant n'envisage pas de se marier, elle a 20 ans et la perspective de vivre avec sa mère lui paraît favorable. Mais ce ne sont pas ainsi que les choses fonctionnent au Japon à cette époque. Les hommes voudraient qu'elle se marie. Elle s'y refuse, avec énergie, redoutant de laisser sa mère seule. Qu'importe se disent nos trois complices, il faut commencer par marier la mère pour que la fille suive le même chemin, elle y sera alors obligée.

Akiko s'interroge, non qu'elle ait le désir d'un nouveau mari mais sur sa responsabilité de mère. N'est-ce pas son devoir d'aider sa fille à construire un avenir stable, une famille sereine, des lendemains qui chantent ? Plus ou moins justes ! La société est toujours là, ses obligations, ses rites, plus ou moins subis, parfois dénoncés mais auxquels il est rassurant de se raccrocher quand trop de questions se posent. Les hommes, comme souvent dans le cinéma d'Ozu sont secondaires, ce sont les femmes qui supportent la famille, même, et surtout, quand c'est l'homme qui la dirige, ce sont elle qui portent l'avenir, le regardent avec sérénité en sachant qu'il est impossible à éviter. Reste que trouver un prétendant digne, un peu, de ce nom est difficile. Les hommes sont plus attachés à l'idée d'une partenaire de lit, d'une cuisinière, d'une mère qui prouverait qu'ils font ce qu'ils faut pour que la société continue, elles cherchent autre chose, un peu plus, un peu mieux.

Ozu montre les êtres dans leur simplicité sans jamais les exhiber, il n'a pas besoin d'effets grandiloquents. Il est aidé ici, comme souvent, par une excellente distribution dominée par un duo d'actrice qui jouent ensemble sans forcer une note, sans en manquer une non plus. Il suffit d'un geste, d'un regard, d'une allusion pour que le spectateur comprenne ce que pense le personnage qu'il suit. Aucune de ces vies ne sort vraiment de l'ordinaire mais chacune donne à celui-ci un relief qui le rend si vraisemblable qu'on le croirait sien.

Partager cet article
Repost0
18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 07:24

 ジャッジ ! -  Akira Nagai - 2013 - 105'

Le compte à rebours commence à 60'. des ombres circulent dans ce qui semble un hangar aux ombres bleutées. Un visage d'homme apparaît sur un écran, imprécis d'abord puis se stabilise. D'autres personnes sont assises autour d'une table en U, tous porteurs de masques d'animaux, un chien, un lion, un lapin, un ours, un cochon, un renard, un loup... Le visage que nous avons vu est celui d'un des prisonniers. Découvrant qu'ils sont enchaînés ils essaient de se libérer sans y parvenir, de même ils ne peuvent enlever leur masque.

Ils s'interrogent, que se passent-ils, où sont-ils ? Pourquoi chaque masque porte-t-il sur le front une caméra ? Aucun ne comprend ce qu'il fait là. Le décompte continu. Une femme demande où est son portable... une autre constate qu'elle n'a plus sa bague ni ses lentilles de contact. Certains commencent à se souvenir, un choc de taser, une piqure, il ne fait pas de doute qu'ils ont tous été enlevés. Sur un écran face à chaque prisonnier apparaissent des visages. Des dossiers sur des individus. Les visages de ceux qui sont là !

Il reste 11 minutes.

Une voix métallique se fait enfin entendre, elle leur explique les règles du jeu. D'abord les criminels présents doivent désigner à la majorité le plus impardonnable d'entre eux dans un temps donné. Celui-ci sera exécuté. Troisième règle : le dernier criminel à rester en vie sera libéré. S'abstenir ou s'échapper est interdit.

Qui désigner ? Comment l'exécution aura-t-elle lieu ?

Le premier qui fut présenté explique son passé, quel enfer il fit vivre à sa mère qui finit par se suicider.

 

Le temps avance, il reste 2 minutes. Un premier vote désigne l'ours, puis un autre. Quelqu'un propose de contourner le règlement en votant chacun pour soi. Mais la peur est la plus forte. Finalement l'ours est désigné à la majorité. D'un coup il se lève, titube, tombe sur le sol, connaît quelques convulsions puis se raidit et ne bouge plus !

La panique s'installe mais le ''jeu'' continu. Les regards se portent vers un autre participant. Un vigile qui a frappé quelqu'un si fort que celui-ci est dans le coma depuis.

Pour le second jugement chacun vote pour soi !

Troisième tour, cette fois tous peuvent ôter leur masque.

La consigne n'étant pas respectée il y a un nouvel éliminé, puis une autre, chacun avait eu 2 votes.

Enfin les chaines s'ouvrent, restent ceux méritant de vivre.

 

Mais le compteur redémarre : 10 minutes.

Les survivants parviennent à couper le courant, à trouver une porte ouverte, qui mène à une porte fermée. Mais les minutes se remettent à défiler. Avec des outils ils tentent de s'échapper mais sont amenés à voter encore une fois. Avec une nouvelle victime à la clé.

 

3 participants demeurent, et 5 minutes avant le prochain vote. Mais l'une n'a plus le bracelet tueur et croit être à l'abri. La suite va lui prouver qu'elle se trompe.

Dernier round.

 

Ni l'un ni l'autre ont besoin de voter. D'autres, par Internet, s'en chargent, ce qui ne les empêche pas de se battre. Le plus jeune tue son adversaire. Il reste seul, mais le compteur redémarre pour une minute.

 

Les votes redémarrent, pour ou contre lui. Fou de rage et de peur il frappe la caméra...

Partager cet article
Repost0
16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 07:12

彼岸花Higanbana -  Yasujirō Ozu – 1958 – 118'

Une fois encore Ozu met en scène la famille Japonaise aux prises avec un monde qui change et une société nippone qui ne sait plus, qui ne peut plus, rester à l'écart des bouleversements que connaît le monde en ces années d'après guerre. La modernité ronge les traditions, comme celle, pourtant bien établie, des mariages arrangés. Si l'amour, on le sait, passe, l'intérêt commun, lui, dure.

Prenons Wataru Hirayama, cadre supérieur travailleur, une litote au Japon, un ami fiable, un époux soucieux du bien être de son épouse et de ses enfants. Ce n'est pas pour rien qu'il rappelle alors que commence le film ces préceptes, exprimés comme s'il contemplait une pierre tombale !

La famille est l'unité de base, le père en est le chef et décide de ce qui est le mieux pour chacun de ses éléments.

D'un côté il réconforte Mikami venu lui raconter que sa fille est parti avec un homme, comme il est compréhensif envers Yukiko qui ne veut pas des projets maritaux de sa mère. Dans les deux cas il parle de l'amour, de ce sentiment si merveilleux qui emporte tout sur son passage...

en revanche quand il s'agit de sa fille, Setsuko, il en va autrement, et quand elle lui annonce son refus de l'union qu'il lui propose il met son véto au mariage de celle-ci avec l'homme qu'elle aime.

Hirayama voit son monde trembler sur ses bases, être l'homme lui donnait l'avantage, perdre ce statut l'effraie, n'est-il pas entouré de femmes, de mère, de filles, celles de ses amis y compris qui aiment lui parler ? Il s'accroche à un passé défunt en refusant de l'accepter.

Il est aussi un archétype des hommes de son époque, du reste dans ce film tous se ressemblent, dans leurs costumes comme dans leurs comportements. Les femmes aux contraires sont différentes, nombreuses, elles sont ces fleurs poussant sur le terreau du renouveau d'un pays qui se redessine ne demandant qu'à s'épanouir au printemps nouveau qui approche.

Wataru sera finalement vaincu par la finesse de ses adversaires, pris au piège de contradictions qu'il doit avouer.

 

Le sujet est habituel, on le voit, la réalisation ne l'est pas puisque pour la première fois, et non sans réticences, Ozu se sert de la couleur. Idéale pour magnifier les fleurs du titre comme les femmes de son film. Elles portent les couleurs et l'avenir quand les hommes sont gris et engoncés dans le passé.

La nature est belle, Tokyo est photogénique, le temps de la mue est venu. Et pour vous celui de regarder ce film. À moins que vous ne portiez un costume terne vous aussi.

Partager cet article
Repost0
9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 07:43

東京物語Tōkyō monogatari) – Yasujirō Ozu – 1953 – 136'

Shukichi Hirayama et son épouse Tomi habitent Onomichi, une

petite ville côtière du sud-ouest du Japon. Ils décident de partir pour la capitale afin d'y visiter leurs enfants qui y vivent. Un autre vit à Osaka, seule Kyoko, leur cadette, vit avec eux en attendant d'être mariée.

 

Dans un premier temps tout se passe bien, mais leur fils aîné, Koichi, est très occupé, entre sa femme, Fumiko et leurs enfants, et son travail de pédiatre ; leur plus grande fille, Shige, est coiffeuse. Shukichi et Tomi sont un peu déçus, ils espéraient que leurs enfants auraient mieux réussis que cela.

Koichi et Shige voudraient sûrement passer davantage de temps avec leurs parents mais ils sont trop occupés pour cela. Ils tentent de compenser en offrant à leurs parents un séjour dans la ville balnéaire d'Atami. Mais les conditions de vie ne conviennent pas aux personnes âgées qui supportent difficilement que leurs nuits soient troublées par leurs voisins. Ils écourtent donc leurs vacances. Ce qui les contraindra à se séparer. Seul, le soir, Shukichi sort, boit avec un compagnon et se fait reconduire par la police qui l'a retrouvé ivre.

Heureusement Noriko, veuve de Shoji, leur fils mort pendant la guerre, fait de son mieux pour s'occuper d'eux et les emmène visiter les alentours de la capitale. Tomi en profite pour suggérer à la jeune femme de se remarier, 8 ans de veuvage c'est assez.

Inutile d'insister ! Sur le voyage de retour ils s'arrêtent à Osaka ou vit leur fils cadet Keizo. Leur séjour à Osaka est l'occasion pour le couple de faire le point sur leur vie. Mais Tomi est tombée malade, son état empire quand ils retrouvent Onomichi. Appelés, Koichi, Shige et Noriko arrivent pour assister au décès de la vieille dame. Keizo viendra trop tard.

Les funérailles terminées seule Noriko reste. Kyoko en veut à ses frères et à sa sœur mais Noriko lui explique que le temps de la séparation survient forcément. Avant qu'elle doit repartir Shukichi lui offre la montre de Tomi, de tous c'est elle qui les aura le mieux reçu. À nouveau il lui conseille de se remarier.

 

Ce film fit découvrir Ozu en France, en 1978. 15 ans après son décès. Il figure régulièrement dans la liste des meilleurs films mondiaux. Encore un regard sur la famille japonaise, son évolution et la mise à mal des comportements anciens. La plus respectueuse des anciens n'est pas de leur sang, signe qu'une famille peut se construire sur d'autres critères que celui-ci.

Partager cet article
Repost0
6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 09:58

(黄昏乙女×アムネジアTasogare otome × amunejia, litt. La Jeune Fille du crépuscule x Amnésie) - 2012 – 13x24'

Des cloches sonnent, un ado court dans un couloir, crie un nom Teechiki...

 

Nous sommes dans le CIP, Club d'Investigation du Paranormal. Momoe Okonigi est assise, elle réfléchit aux histoires de fantômes qu'elle connaît.

Mais... sa tasse n'a-t-elle pas bougée toute seule ?

Parmi ces histoires elle privilégie celles concernant l'académie qu'elle fréquente, on l'a dit hantée.

Une poupée tombe, elle sursaute, un bruit vient du couloir, c'est simplement Teiichi Niiya, un autre membre du CIP, qui entre et se moque de sa partenaire si facile à effrayer. Okonigi est surtout terrorisé que Niiya puisse lire dans ses pensée et connaître les sentiments qu'elle nourrit à son égard.

 

Survient la troisième membre du club, Kirie, une jeune fille. Mais il est temps de passer à l'ordre du jour. Le président sera-t-il présent ? Niiya l'appelle, discute un moment, finalement affirme que le président ne sera pas là à cause d'un mauvais rhume.

Okonogi fait son rapport, l'école est riche de mystères, et, à l'intérieur de celle-ci, un ascenseur a retenu son attention. Inutilisé il se remet parfois seul en marche. On raconte que la rancune d'un étudiant mort après s'être fait briser la nuque en serait la cause. Son fantôme, avide de vengeance, inciterait les gens à pénétrer dans l'ascenseur pour les conduire en Enfer.

 

Justement l'appareil se met à fonctionner. Il s'arrête, la porte s'ouvre, Niiya est happé à l'intérieur. Ses amis se précipitent vers les escaliers, pour le retrouver en bas. S'il ne descend pas jusqu'aux Enfers

 

L'action recommence, Okonogi fait les mêmes actions mais ne voit pas qu'assise en face d'elle il y a un fantôme ! Un spectre qui lui parle mais qu'elle n'entend pas, qui bouge mais qu'elle ne voit pas. Seul Kirie peut faire quelque chose, il n'a pas peur des fantômes et son sixième sens est très développé.

La poupée tombe ! Niiya arrive, Okonogi le salue, le fantôme aussi ! Un spectre qui passe la main dans les cheveux du jeune homme qui lui dit d'arrêter et qui semble parler tout seul. En réalité lui voit le fantôme.

 

Kirie arrive, l'action est celle que nous avons vu plus haut. Jusqu'à se retrouver devant l'ascenseur, en compagnie du spectre. C'est lui qui pousse Niiya à l'intérieur d'un grand coup de pied. Ainsi tous les deux se retrouvent dans la cabine qui descend. Yuko, c'est le nom de l'apparition, est une jolie femme qui aime se rapprocher de Niiya. Logique puisqu'il est le seul qui puisse la voir et l'entendre, et s'il voulait la toucher elle n'y verrait pas d'inconvénient. Le jeune homme aime la toucher, bien que ce soit un peu embarrassant.

 

Les membres du CIP se retrouvent au rez-de-chaussée. OKonogi est certaine qu'il y a un esprit farceur mais que tout n'est pas de la faute de Yuko. Celle-ci en effet est connue de tous et plein d'histoires courent à son sujet. Mais Okonogi a trouvé quelque chose d'incroyable à propos de Yuko. Sa tombe se trouverait derrière l'école.

Pourquoi ne pas s'y rendre ? Yuko qui suit les trois adolescent est curieuse d'en savoir plus. Et quand la stèle avec son nom est retrouvée elle est surprise. Okonogi est effrayé, elle s'enfuit, suivi de Kirie, Niiya reste seul avec Yuko. Lui sait qu'elle est prisonnière de l'académie Seikiou, construite à l'emplacement d'un vieux temple, pour n'avoir pas pu, ou su, collecter les fragments de son passé. Elle est l'esprit du président du CIP, le jeune homme est donc ''possédé'' par elle.

 

Niiya se souvient, il aimait se promener dans les locaux désaffecté de l'académie Seikiou, il cherchait peut-être le miroir dont on dit qu'il ne faut pas s'y regarder sans que personne sache ce qui se passerait alors. Il erre, tombe, par hasard, sur un miroir...

Et est surpris par Yuko qui se tient derrière lui. Ensemble ils se promène dans les couloirs vides, étonné d'une telle rencontre, surtout quand Yuko lui affirme être là depuis longtemps, et qu'elle est le fantôme. Il ne devrait pas pouvoir la toucher n'est-ce pas ? Pourtant si, il peut, ce qui ne veut pas dire qu'elle n'est pas un spectre. Mais Yuko a un problème, elle est amnésique et ne se souvient pas de la façon dont elle est morte. Seulement de son nom : Kanoe Yuko, et ses vêtements sont ceux qu'elle portait a son décès. Ils se lient d'amitié bien qu'elle lui affirme qu'un jour il ne pourra plus la voir, qu'elle est une hallucination. Soudain Niiya a une pulsion, il veut en savoir plus, revient sur ses pas, retrouve le miroir, le brise, et découvre derrière un passage, qui va le conduire au squelette de Yuko !

Elle propose la création du CIP, il enquêterait afin qu'elle apprenne ce qui lui est arrivé. Okonogi sera la première recrue. Elle aussi connaît Yuko, de réputation, bien qu'elle ne puisse pas la voir mais culpabilise d'avoir jouer avec celle-ci à ''cacher le démon''. Elle se sent suivie, observée, et souhaite que le Club enquête sur ce sujet. Il fait semblant d'appeler la présidente qui est juste à côté de lui. Pourquoi pas répond celle-ci, ça pourrait donner quelque chose.

 

Niiya, avec l'aide de Yuko, fait croire à Okogoni qu'il a réussi à la débarrasser du démon qui la suivait, la jeune fille va lui en être fort reconnaissante. Elle aussi a un faible pour le jeune homme et voudrait peut-être que...

Quelle est la nature d'un fantôme, quelle émotion fut assez forte pour maintenir un esprit quand la majorité quitte ce monde ? Qu'attend Yuko de Niiya Teiichi, et, surtout, quel est son véritable visage ? Le jeune homme supportera-t-il l'apparence véritable de son amie ? La haine et la colère pourraient l'avoir maintenu dans notre monde ! La vérité, pour effrayante qu'elle soit, doit-elle faire peur pour autant ? Kirie, qui voit Yuko également, prévient son ami de se méfier. Mais elle est subjective, d'abord parce que Yuko est son aïeule et qu'elle est amoureuse de Niiya.

 

Quelle fin eut Yuko, est-elle l'esprit malfaisant de l'académie ?

 

Les histoires d'adolescent(e)s fascinés par l'étrange sont nombreuses, l'intérêt de celle-ci tient dans son héroïne qui sait ce qu'elle est mais pas pourquoi elle l'est. Ce qui ne l'empêche pas d'être attirée par Teiichi, ce qui permet quelques plans sur ses formes qui troublent l'adolescent. La réalisation ne se limite pas à cela et Yuko possèdent d'autres charmes, vénéneux peut-être. Elle n'en est que plus attirante.

Partager cet article
Repost0
2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 07:14

お茶漬の味, (Ochazuke no aji) - Yasujirō Ozu – 1952 – 116'

Taeko Satake est mariée à un homme qu'elle n’aime pas, mais au Japon ce n'est pas rare, les familles arrangent les unions, pour le bien des enfants bien sûr. Surtout des garçons qui, une fois marié, ne se sentent pas obligés de respecter une fidélité inutile.

Sa vie est ennuyeuse, routinière, aussi quand elle peut s'évader de son quotidien ne s'en prive-t-elle pas. Mais comment cela aurait-il pu en être autrement, ne viennent-ils pas de milieux différent, elle de la bourgeoise, lui d'un milieu modeste, bien qu'il ait réussi en affaires. Ainsi cette soirée avec Aya Amamiya, sa meilleure amie, et sa nièce, Setsuko Yamauchi. Celle-ci écoute sa tante parler et s'en effraie, elle-même devant subir le même sort prochainement. Et quand elle entend Taeko comparer son époux à une carpe elle se pose des questions sur ce qui l'attend.

Mokochi Satake, avec son ami Nonchan se retrouvent, à l'instigation de celui-ci dans une salle de jeu où ils rencontrent un compagnon de guerre, Sadao, ensemble ils partent pour un vélodrome. Rien de plus excitant que de perdre de l'argent en pariant sur des chevaux.

 

Taeko, l'entracte terminé, retrouve son rôle de femme mariée et veut convaincre Setsuko de rencontrer l'homme qui lui est promis. La jeune femme est rétive, pour elle cette pratique devrait disparaître d'un Japon moderne. Elle fait semblant d'accepter mais au dernier moment se dérobe et laisse sa tante et sa mère, avec son fiancé. Elle en profite pour aller voir Mochiki qui approuve sa conduite. Le soir Taeko est en colère, elle s'en prend à sa nièce, Mochiki fait semblant d'approuver son épouse puis, prenant le parti de sa nièce, finit par avouer qu'il ne souhaite pas à celle-ci un mariage aussi terne que le sien.

 

Taeko folle de rage décide de quitter son mari. Ça tombe bien, celui-ci doit partir pour un voyage devant le mener au Paraguay puis en France. Mais ce qui est prévu arrive rarement. Au moment du départ l'avion connaît un incident qui ramène Mochiki chez lui. Occasion de retrouver son épouse pour le repas, de faire le point sur leurs reproches mutuels avant d'admettre que leurs qualités l'emportent sur leurs défauts. Machiki l'affirme ''un couple ça a le goût du riz au thé vert'', l'ochazuké qu'ils partagent. La situation éclaircie, les rancœurs exprimées le couple peut repartir sur des bases assainies et Mochiki prendra son avion le lendemain l'esprit tranquille.

Setsuko quand à elle rencontre souvent Nonchan...

 

Un classique d'Ozu, dans l'univers qu'il connaît le mieux : la famille nippone. Prévu pour être tourné avant la guerre son scénario n'avait pu passer la barrière de la censure.

Contrairement à son sujet il n'a rien d'ennuyeux, au contraire, tant le réalisateur sait ce qu'il convient de montrer, construire ses plans et diriger ses acteurs. 

Partager cet article
Repost0
25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 07:43

 

Korei – Kiyoshi Kurosawa – 2000 – 97'

Sorti chez nous sur grand écran, Séance est en réalité un téléfilm, ce qui n'en diminue pas l'intérêt mais explique des moyens réduits mis à la disposition du réalisateur. Déjà un film de fantôme mais celui-ci est plus le révélateur du quotidien d'un couple que le héros de l'histoire. En effet, tout commence par la disparition d'une enfant. La police ne trouvant aucune piste se résout à s'adresser à une médium. Ce n'est pas la première fois, ni la dernière.

Junko dispose d'un talent reconnu, aussi est-ce à elle que l'inspecteur menant l'enquête s'adresse. Elle vit dans la banlieue de Tokyo, avec son époux, Koji, une existence faite d'ennui et de banalité. Le couple n'a pas d'enfant mais beaucoup d'habitudes.

Koji de son côté est preneur de sons. Un jour alors qu'il fait des enregistrement à proximité du Mont Fuji il ne se rend pas compte qu'une enfant se cache dans sa malle pour fuir un homme qui la poursuit.

S'aidant d'un mouchoir remis par la police, Junko va prouver qu'elle est bien ce qu'elle prétend et retrouver la petite fille dans sa cachette. Elle a donc réussie sa mission, mais ça ne suffit pas à Junko qui voit là une opportunité de se faire connaître et d'échapper à sa morne existence.

Rien ne va se passer comme prévu, évidemment ! Alors que la police est dans la maison la petite fille se met à crier, Koji veut absolument la faire taire. Il va y réussir, un peu trop, puisqu'en relâchant sa pression il va découvrir que l'enfant est morte, asphyxiée.

Changement de plan ! Comment expliquer ce qui s'est passé, que l'enfant se soit retrouvé dans le bagage de Koji, par hasard, que l'ayant trouvé le couple n'ait pas immédiatement averti la police, tout ça pour se faire de la publicité, et qu'elle ait finalement trouvé la mort de cette façon ?

Tout n'est pas perdu, si on peut dire, il suffit de s'organiser autrement, de retrouver le corps, et le résultat, bien que plus dramatique sera bénéfique malgré tout pour notre duo.

 

De plus bien des questions se posent. Comment la médium put-elle retrouver la disparue vivante alors qu'elle ne peut communiquer qu'avec les morts ? Pourtant la petite fille n'était pas morte, enfin le couple était devenu une vraie famille... D'autant que le film commence sur la présentation de l'idée que les êtres humains auraient, parfois, le pouvoir d'incarner des frustrations ou des refoulements psychologiques sous la forme de ''Doppelgänger''.

 

Kiyoshi prend son temps, nous présente ses personnages, leurs espoirs, leurs frustrations et comment ils nourrissent celles-ci au point de les croire devenues réalité. Il prouve que l'angoisse n'a pas besoin d'effets. Qu'un fantôme semble véritable et ce sont les vivants qui perdent leur humanité.

 

Pour autant qu'ils en aient jamais eu.

Partager cet article
Repost0
18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 07:36

トウキョウソナタ - Kiyoshi Kurosawa – 2008 – 95'

Tokyo Sonata

Le fantastique et le surnaturel ne sont pas toujours présent dans les films de Kiyoshi Kurosawa, pourtant ceux dont ils sont absent ne sont pas les moins inquiétant.

Ainsi cette histoire dont le point de départ est d'une grande banalité. Le drame familial est très présent dans le cinéma Japonais, exposant l'obligation de sauvegarder les apparences, de faire semblant que tout aille bien, pour les autres, la famille, les voisins, mais aussi pour soi, jusqu'à y croire vraiment.

Mais drame familial n'est-ce pas un oxymore ?

Tokyo Sonata

Cette fois il s'agit de Rhûhei Sasaki, un père qui se voit licencié sans préavis. Impossible d'en faire part à sa femme, Megumi, ni à ses enfants. Toute sa légitimité, sa raison de vivre, tient, croit-il, dans la tenue de ce rôle de père, de soutien de famille ; dans l'argent qu'il rapporte et son implication dans la vie économique du pays, fut-ce à un niveau réduit.

Chômeur n'est pas une situation désagréable, c'est une réalité infamante, une négation de soi.

 

Pourtant ce n'est pas le seul événement qui se produit. Le fils ainé, Takshi, en effet annonce qu'il va s'engager dans l'armée américaine afin de partir se battre en Irak. La nouvelle jette un froid dans le cadre familial ! Le cadet, Kenji, en revanche ne dit rien de ses ambitions, du reste personne ne le lui a jamais demandé. Le premier né porte les espoirs de la famille ! Parfait pour le plus jeune qui ne rêve que de musique et prend des leçons de piano en secret. Un artiste dans la famille ! Quelle honte !

 

Le père garde son rythme de vie mais au lieu de se rendre sur son lieu de travail, où son épouse ne viendra jamais le voir, il cherche un autre emploi, comme d'autres, si nombreux, tous si semblables qu'ils semblent des clones, fantômes en costume avec leur ordinateur devenu aussi inutile qu'eux.

Pas de fantôme donc dans ce film, sinon celui du passé, de ses conventions, et de ceux qui n'ont que lui pour les animer, qu'elles pour les remplir telle la paille donnant forme à un pantin. L'économie nouvelle se répand, un jour, c'est sûr, elle n'aura plus besoin que des ordinateurs sans personne pour, en les portant, avoir l'illusion d'exister.

Megumi regarde le spectacle d'une famille se décomposant. Et pourtant l'espoir demeure, l'émotion persiste, s'accroche, quand Kenji se met au piano et interprète Schubert...

 

Et si, parfois, les fantômes mouraient ?

Partager cet article
Repost0
11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 07:48

 

贖罪 2012 – 255' (adapté d'un roman de Mitano Kanae)

1985. Alors qu'elles jouent dans la cour de l'école de leur village, Ueda, cinq petites filles, Sae, Maki, Akiko, Yuka et Emili s'amusent comme tous les enfants de leur âge. Un homme arrive, il persuade Emili de venir avec lui dans le gymnase. Il l'y viole puis la tue ! Les quatre autres enfants seront incapables de fournir la moindre description du visage du tueur bien qu'elles aient eu largement le temps de le voir.

Asako Adachi, la mère d'Emili est l'épouse d'un riche industriel, ce qui ne l'empêche pas de ''maudire'' les quatre fillettes qui n'auront rien fait pour aider leur amie ni pour aider la police. Chacune devra faire ''pénitence'' (Shokuzai) pour expier leur complicité passive.

Quinze ans plus tard chacune reste piégée par ce passé et Asako est d'un gris qui se confond avec les murs d'une ville qui semble morte elle aussi.

À l'origine une mini série en cinq épisodes, Shokuzai est devenu un double film pour le grand écran. Le premier : Shokuzai, celles qui voulaient se souvenir est centré sur Sae et Maki. La première est esthéticienne, elle craint les hommes mais se laisse transformer en poupée par un homme riche qui lui a promis le mariage. La seconde est institutrice, stricte, obsédée par la sécurité de ses élèves. Un jour elle assomme un homme armé qui s'était introduit dans sa classe, ce qui lui vaut d'être applaudie par ses élèves mais tancée par sa direction.

Le second nous présente Akiko et Yuka puis Asako.

Le scenario fait évoluer lentement, mais sûrement l'action, dessinant des personnages marqués parce qu'ils ont vécus mais aussi par leur environnement. Les fillettes étaient-elles vraiment des victimes, la peur qu'elles ressentirent était-elle exempte de satisfaction, de ne pas avoir été choisie ou que ce soit Emili qui connaisse ce sort funeste. Chacune devra affronter les ombres rampant hors de son passé, cohabiter avec sa culpabilité, porter le poids de sa lâcheté jusqu'à se faire justicière, croyant ainsi oublier le passé.

Les thèmes se combinent, puisant aux sources les plus obscures de la psyché humaine, déterrant les racines des pires tragédies. Adultère, inceste, pédophilie, rancœurs, vengeance. Liste non exhaustive ! Asako veut venger sa fille, et l'ultime épisode qui dévoile lentement ce qui s'est passé. La suite d'événements menant au crime d'Emili, la responsabilité d'Asako.

 

Personne n'est innocent, on le sait, être une victime n'est pas une qualité, j'aime à le répéter. Le film de Kurosawa le démontre, se jouant de la morale, de l'obligation d'une fin ''digne''.

Que reste-t-il une fois la vérité connue, les mystères résolus, la revanche obtenue ? Un vide immense, cet abîme auquel on ne peut plus échapper pour l'avoir trop regardé.

Si vous trouvez la durée de projection exagérée, vous pourrez arrêter entre deux épisodes. Mais ce sera difficile tant le réalisateur maîtrise son sujet, fait de ses images un fil difficile de lâcher une fois que l'on s'en est saisi. Ce n'est pas la mère qui tisse sa toile, c'est lui, pour capturer le spectateur pour lui faire oublier le temps et sortir de ce film en gardant en tête pulsions et sentiments qui ne sont étrangers à personne.

Si vous êtes là c'est que la tentation des ténèbres ne vous est pas étrangère, par film interposé vous ne courez pas grand risque.

Quoi que...

Partager cet article
Repost0
4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 07:23

回路 Kiyoshi Kurosawa 2001 – 117'

Les films de fantômes redevinrent à la mode au Japon après le triomphe du film de Hideo Nakata, Ring, en 1998. Kiyoshi Kurosawa reprend le flambeau avec cette réalisation qui voit le passé et ses mythes ressurgirent dans une époque qui croyait l'avoir oublié. Tagushi est informaticien, un jour il se pend dans son appartement, ne laissant en guise de message qu'une disquette. Ses collègues voudraient en savoir davantage, comprendre pourquoi se donner la mort ainsi.

 

Ce spectre est différent, sans ennemi dont il voudrait se venger, non c'est la société qui est responsable de son geste, une société d'otakus, fan de high tech, communiquant avec leur ordinateur, devenant, eux aussi, virtuels sans (vouloir) s'en rendre compte, s'éloignant d'une vie qui, peut-être, ne veut plus d'eux. Être si peu réel peut amener à considérer qu'un fantôme n'appartient pas vraiment à un autre monde.

Les écrans sont omniprésents, fenêtres sur un ailleurs promettant une immensité glacée, une éternité morne, une vérité déstructurante. À moins que ce ne soit le contraire.

Les hommes deviennent flous, observent les fantômes qui les entourent comme des miroirs, errant dans des environnements vides qui leur ressemble.

 

Le virus que Tagushi glissa dans sa disquette est-il là pour accélérer les choses, pousser dans l'absence ceux que le vide caractérise, ou pour amener le réveil des quelques esprits qui persistent à vouloir vivre ?

Rien à voir avec Ring dans cette réalisation de Kurosawa mais les fantômes n'en sont pas moins terrifiants de la tentation que nous avons de leur ressembler.

回路
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Lire au nid
  • : Mes (ré)créations littéraires et photographiques.
  • Contact

Bienvenue...

Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

Rechercher

Pages