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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 07:16

Je suis resté longtemps à regarder le gouffre,

Les orteils dans le vide et le froid m'entourant ;

Autour de moi le vent avait un goût de souffre,

Promettant que bientôt tout serait différent.

 

Le temps se suspendit alors que j'hésitai.

Faire un seul mouvement serait rédhibitoire,

L'équilibre vaincu, c'est sûr, je tomberai ;

Alors je restai là quand s’avançait le soir.

 

Un signe, quelque chose, mais rien, je restai seul.

Entre peur et désir, lâcheté et confiance.

Le temps semblait figé, béant comme une gueule

Attendant de refermer ses crocs de faïence.

 

L'évidence est ainsi qu'elle est incoercible,

Mes peurs se dissipèrent comme un rire explosif ;

Je basculais enfin, pour défier l'impossible

Et vers l'abîme ouvert fis le pas décisif. 

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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 08:00

Que n'ai-je tes poils blancs, ta fourrure impeccable,

Sur laquelle le vent glisse, s'amuse et la caresse,

Comme une couverture d'une douce couleur sable,

Isolant du dehors, du temps comme du stress.

 

Est-il enfin venu le temps de m'endormir,

De baisser les paupières et d'oublier le temps ?

Le froid est apaisant, Calmera-t-il le pire

Me donnant l'impression que tout est comme avant ?

 

Être là, m'allonger, enfin, tout près de toi,

Partager ta chaleur, et ta respiration,

Retrouver cette odeur de mon tout premier mois,

Accepter qui je suis, consumer l'illusion.

 

Pour beaucoup ces pensées sont un lien maléfique

Qu'il me plait de tisser pour éviter la vie.

Je suis heureux ainsi, le présent m'est toxique,

Il ne m'apporte rien, ni crainte ni envie.

 

Quand reviendront le froid, la neige et puis le vent,

Je pourrais ressortir, retrouver ces amis

Qu'ensemble nous aimions pour oublier le temps.

Revenir ? À quoi bon, je n'ai plus rien ici !

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 07:24

Quel est ce souffle ancien qui vint à mon oreille

Murmurer en souriant des mots insaisissables ?

Était-ce le premier cri, quand l'univers s'éveille,

Que surgissent pensées et vient l'inéluctable ?

 

La naissance est ainsi, mille opportunités

Se présentent à chacun, autant de portes ouvertes,

Qui se fermeront vite, car la médiocrité

Définira l'humain, du début à sa perte.

 

Combien de fois déjà ai-je eu cette impression

D'un destin dépassant celui de tous les autres,

De ma capacité à vaincre la pression

Pour décrypter ces mots, prophète autant qu'apôtre ?

 

Mais c'est une illusion ! Qui comprendrait cela

Sentirait son cerveau soumis à un courant

Si impérieux qu'il ne le supporterait pas,

Et se verrait grillé définitivement.

 

Le mien est trop lésé, il est temps qu'il s'arrête,

Que cessent rêves et délires, constructions chimérique.

J'ai envie de dormir ! Une dernière fête,

La Vodka, les cachets,un couple romantique. 

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 07:29

Les embruns et le froid, la nuit qui s'engloutit,

Et moi sur ce quai qui avance lentement

Vers une embarcadère ou un long bateau gris

Est là pour m'emporter vers le monde d'avant.

 

Pourquoi l'ai-je quitté, sinon pour une quête,

Un impossible Graal, un ailleurs introuvable.

Ce regard entrevu tel celui d'une bête,

Un abîme brulant hanté par mille diable.

 

L'oublier ? Le voulus-je que je ne pus le faire,

Comment gommer en soi le regard de Méduse

Montrant un paradis mais jetant en Enfer

L'espoir qui m'animait, moqueur et plein de ruse.

 

J'aperçois mon vaisseau, il est là il me guette,

Désert comme il se doit, qui voudrait m'escorter ?

J'y monte sans regret, n'ayant d'autre requête

Que d'aller vers l'abysse où meurt l'éternité.

 

Remonter la coupée, préparer la manœuvre,

L'horizon est un cri, mais après sa courbure

Seul m'attend le néant patient comme une pieuvre.

Reste à enrouler l'encre et carguer la voilure

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 07:17

J'ai arraché les clous de mes mains tant de fois

En espérant que jamais ils n'y reviendraient,

Que mes plaies cesseraient de me montrer pourquoi

C'est au cœur de l'obscur que je vais m'enfoncer.

 

Mon dos aura plié sous le faix de la croix,

Tel celui du destin en chemin implacable.

Sans que je sache voir comment poser un choix,

Ma volonté ressemble à de l'eau sur du sable.

 

Prisonnier d'aujourd'hui, des hallucinations

Qui dansent autour de moi en geôlières ironiques.

Demain s'est refermé tel une autre Passion

Faisant de chaque jour un étrange portique,

 

Ouvert sur l'infini désert de solitude.

Chaque grain de sable y est un pleur ou un cri,

Un rêve desséché par trop de lassitude.

N'y coule aucun espoir, n'y reste aucun abri.

 

Mais pourquoi regretter ses erreurs et ses crimes,

Espérer un pardon qui ne changera rien ?

L'enfer est un destin dont le prix est infime

Face au plaisir connu à ignorer le bien.   

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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 07:52

Dans la glace de mon âme dorment tant de souvenirs,

Que j'y ai enfoui pour pouvoir les oublier.

Comment imaginer qu'un jour allait venir

La chaleur d'un printemps autrefois familier.

 

Ce fut d'abord une ombre un peu comme un visage

Encore flou d'être vu à trop grande distance.

À quoi bon m'en méfier, comment voir un orage

Face à un ciel si bleu qu'il inspire confiance.

 

Puis il s'est rapproché et je l'ai reconnu,

Ce sourire effrayant, ces yeux d'obscurité

Digérés par le temps, à jamais disparus,

Les seuls qui verront à travers l'éternité.

 

Mais il n'était pas seul, simple héraut d'un cortège

Fait de milliers d'ailleurs, de masques de jadis,

De tout ces jours vécus dans le froid et la neige,

Dans la peur de savoir de qui j'étais le fils.

 

Un puzzle de regrets enterré sous les vices,

Les émotions obscures et les pulsions voraces,

Qui digérèrent les ans tel un tas d'immondices

Pour m'abandonner là où se trouve ma place.

 

Il paraît qu'au moment de mourir tout revient,

Que défile la vie, le bon et le mauvais.

Mais quand il n'y a rien à rattacher au bien

Que pourrais-je espérer de l'endroit où je vais ?

 

Le froid m'a envahi, je vais pouvoir dormir,

Oublier qui je fus, enfin fermer les yeux.

Dans le néant plonger et n'entendre qu'un rire,

Celui de qui comprend qu'ainsi il devient dieu.

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 07:32

Tant de mots alignés, phrases superposées

En paragraphes abscons comme des portes ouvertes

Sur des ailleurs obscurs, attirants, nécrosés,

Des sourires et des cris, et le goût de la perte.

 

Des couleurs délavées sur un papier moisi,

Ayant cette odeur qui semble celle du temps,

Celle des souvenirs venant de cette vie

Que l'on a pas vécu, apportée par le vent,

 

Rêvée tout en sachant qu'elle est insupportable,

Que la réalité et l'imagination

Ne se rencontreront que dans l'inconcevable,

Notre médiocrité veut et craint la Passion.

 

J'ai dessiné des portes sans oser les ouvrir,

Quand pour avancer Dante avait sa Béatrice ;

Un regard aurait pu me détourner du pire,

Il m'y abandonna. Face à ce précipice

 

Je ne pus reculer, pas plus que m'y jeter.

Le vertige m'envahit, une froide morsure,

Et le venin pour encre exsudé par mes plaies,

Dans les mots m'enliser, perdu dans l'écriture.  

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 07:17

J'ai souvent parcouru ces allées silencieuses

Quand approchait la nuit et ses sbires innombrables ;

Marchant sans faire de bruit devant les formes hideuses

Que prend l'obscurité quand elle se veut aimable.

 

Petit déjà j'aimais ce décor de statues,

Le gravier qui crissait,le vent qui m'escortait

Comme un fidèle ami qui jamais ne déçut

L'enfant qui s’asseyait et aimait l'écouter.

 

Des vivants je savais, pour l'avoir tôt compris,

Qu'ils ne seraient jamais qu'ennemis et dangers,

Que je suis différent de ce qu'ils ont appris,

Pour eux je resterais toujours un étranger.

 

Fermer les yeux suffit pour retrouver ces lieux,

La pénombre amicale et ses spectres comiques

Pour qui sait regarder derrière l'aspect odieux

Qu'ils aiment à présenter pour créer la panique

 

Dans les esprits craintifs qu'ils savent indignes d'eux.

C'est délire et folie ! Diagnostic implacable,

Posé les docteurs et ces experts affreux

Qui ne supportent rien qui soit inexplicable.

 

Ce n'est pas un tombeau mais ça peut sembler pire,

Des murs capitonnés, des poisons dans mon sang,

Tout pour me ramener dans leur minable empire,

Qui veut lui échapper ne peut être innocent.

 

Pas de retour possible, les ponts ont disparus.

Ces chemins sont sans fin, ils sont mon univers.

Le réel n'est pas mien, j'y suis un inconnu.

Le vent autour de moi emportera mes vers. 

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 09:00

La vie sait s'amuser avec ses marionnettes

Leur montrant un chemin plein de joie et de rire,

Des projets distrayant riches en galipettes,

Promis à générer tant de beaux souvenirs.

 

Ce ne fut pas ainsi qu'avec moi elle agit,

Très tôt elle me montra les fils qui m'animaient

Sans que je sache encore ce pourquoi elle le fit.

Sut-elle elle-même un jour pourquoi elle agissait ?

 

Le regard vers l'ailleurs, attiré malgré moi

Par cette sensation d'être manipulé,

Je vis des mouvements, senti le souffle froid

D'émotions inconnues, de forces à démasquer.

 

Mais rien ne fut aisé, j'ai usé tant de mots,

Espérant m'approcher, désireux de comprendre,

Pages accumulées, hurlements sans écho,

Tant d'efforts, de douleurs, des pas sur de la cendre.

 

Qui n'ont sur le passé laissé aucune trace.

C'est que je n'ai pas pu outrepasser le mur.

J'eus peur de me noyer, quelque effort que je fasse.

Ni soutien, ni regard, ni amie, ni lémure.

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 09:00

Les battants ont claqués tels d'immenses mâchoires,

Des cliquetis d'acier suivi d'un tel silence

Que le temps parut mort et que je dus m'asseoir

Quand résonna le rire brutal de la démence.

 

Ces yeux sont toujours là hantant ma solitude,

Un jour viendra pourtant, par les portes rouvertes

J'entrerai à mon tour, risquant mes certitudes,

Arpenterai les rues et avenues désertes

 

Cherchant où sont passés ceux qui ont voulu croire,

Et cherché le salut dans le cœur du néant.

Je ne trouverai rien ni peur, ni désespoir,

Pas même un souvenir ni l'ombre d'un enfant.

 

Mes pas courront le long de couloirs infinis,

Revenant en échos d'un rire ardent et froid,

Susurrant que bientôt ne resterait ici,

Que poussière d'ossement des peuples et des rois.

 

Rester à l'extérieur c'est éviter la vie,

On se croit immortel à l'abri de hauts murs.

Attendre entre les deux face à des yeux haïs,

Pour accepter le prix de qui se fit exclure

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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