Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 09:00

Ce n'est pas qu'une odeur qui envahit mes rêves,

Les noyant dans un flot de sensations atroces,

D'images d'autrefois dans un jour qui s'achève,

Que s'approche la nuit, tel un monstre féroce.

 

Nous l'avions cru repue, à jamais endormie,

Oubliant ses besoins, sa soif et ses instincts.

Mais il n'en était rien car une telle ennemie

Se gave de nos peurs chaque soir et matin.

 

Alliés ou adversaires, où est la différence

Quand leurs cadavres sont allongés dans la terre,

Vite couverts de mouches qui viennent faire bombance

Et pondre, car la vie profite de l'enfer.

 

Hier soir auprès de moi j'avais dix camarades,

La fin du jour venue, le calme de retour

Combien auront été volé par la Camarde ?

Serais-je de ceux-là ou quand viendra mon tour

 

Aurais-je le temps pour sentir ses bras glacés,

Ou tout s'assombrira comme une lampe éteinte ?

Verrais-je fondre le ciel, serais-je dispersé,

Mordu par mille crocs, étouffé par mes plaintes ?

 

Survivrais-je à tout ça avec le souvenir,

Des amis disparus, blessés ou estropiés ?

Serais-je médaillé par des pitres au sourire

Heureux de ne pas être des gueules cassées.

 

 

L'odeur est toujours là, rien ne put l'effacer.

Un esprit peut mourir, dans un corps qui oublie.

Prétendre parvenir à vaincre le passé

C'est croire que le masque est celui de la vie !

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Poésie
commenter cet article
3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 08:21

Le carillon déversa sa mélodie fine

Dans le silence ambiant, alors devant nos yeux,

Charlie Chaplin, le sang gorgé d'héroïne

Cherchait par la chimie un ailleurs plus heureux.

 

Par quel autre moyen effleurer son passé,

Revivre les instants emportés par le temps ?

Cette moderne magie dans la poudre enfermée

Demande un fort péage pour retrouver l'avant.

 

C'est ma spécialité de conter des histoires

Habitées par des elfes et des cacatoès,

Oiseaux miraculeux qui lorsque vient le soir

Peignent à coups d'illusions les remparts mort d’Éphèse.

 

Les mots sont le terrain du paradigmatique,

Où même l'impossible devient réalisable,

Avant que le charisme des sphinx énigmatiques

Réduisent vos espoirs en monticules de sable.

 

Regardez ce château, osselets d'ambitions,

Bâti sur l'horizon à chaque pas il s'enfuit,

En un bouquet de leurres aux épines d'illusions,

Il vous laisse avancer, dans le brouillard, vers lui.

 

Si vous croyez vraiment, mourra le désespoir,

Votre esprit foulera le sol marmoréen,

Entre les murs glacés vous apprendrez à voir.

Mirages et fantasmes seront cyclopéens !

 

L'ultime instant venu, la clé de l'agonie

Clôturera pour vous une durée trop brève,

Vous oublierez vos rêves, vos cauchemars aussi

Déclareront la trêve. Pour d'autres la relève.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Poésie
commenter cet article
2 novembre 2017 4 02 /11 /novembre /2017 09:00

J'ai laissé le poison m'envahir peu à peu,

Paralyser mon bras, passant de la morsure

que m'avais infligé ce reptile de verre bleu

qui me tomba dessus du haut de ce vieux mur,

 

Ruine oubliée des hommes et encore plus du temps,

Où il s'engourdissait craignant que plus jamais

Ne vienne un visiteur pour lui offrir ce sang

Qui lui rendrait la vie jusqu'à l'éternité.

 

Connaissant sa présence, et ce qui m'attendait,

Je ne m'écartais pas du chemin m'amenant

Juste au-dessous de lui pour qu'il puisse tomber

Sur mon dos, me mordre et contaminer mon sang.

 

Les crochets se plantèrent en moi profondément

Et le froid m'envahit porté par le venin.

Je tombais sur le sol alors que le serpent

M'observais, si curieux du choix de mon destin.

 

J'étais là pour cela, connaissant la légende.

Que ces lieux oubliés avaient un habitant,

Un être prodigieux échappé de la lande,

Abrité par ces murs de granit et d'argent.

 

Combien d'autres avant moi firent le même pari,

Venant en espérant être mordue, survivre.

Car qui y parvenaient, à ce que l'on a dit,

Défiaient l'éternité à en devenir ivre.

 

Je vais bientôt savoir si mon corps va pourrir,

Rejoindre la poussière dont s'abreuve ce temple.

J'ai espéré, vécu, alors pourquoi mourir,

Et si vous qui m'entendez suiviez mon exemple ?

 

 

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Poésie
commenter cet article
20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 08:00

Pour quelle autre princesse aurais-je pu combattre,

Affronter cent dragons et bien plus de dangers ?

Sinon pour celle qui sut forcer mon cœur à battre

D'un regard prometteur apte à m'encourager.

 

J'ai traversé les mers et leur lot d'ouragans,

Survécu aux déserts, à la soif et la fin,

Tel Jason et sa quête, emporté par le vent

Rien ne me résistait, d'ici jusqu'aux confins.

 

De multiples trophées accrurent ma collection,

Jusqu'à ce que je n'ai plus rien à conquérir.

Sinon l'âme et le corps du fruit de ma passion,

Mon vrai but n'était pas de bâtir un empire

 

Mais d'affirmer à tous que mieux que la naissance,

La valeur est en soi, et peut se démontrer.

Ce qui est important ce n'est pas l'apparence,

Pas l'argent ni les titres, ni même l'hérédité.

 

Mon retour ne fut pas ce que j'en espérais.

Tous pourtant appréciaient mes triomphes et victoires.

C'était moi le problème, comment être accepté

Sans avoir apparat, gadgets et accessoires.

 

Ma muse quand à elle était dans d'autres bras.

Que vaut un cœur humain prisonnier d'une armure,

Préférant un passé que moi je n'avais pas ?

Le choix de l'ambition valait bien un parjure.  

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Poésie
commenter cet article
11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 07:30

Que m'ont-ils dit déjà ? Je n'entend qu'un brouillard

De mots trop mélangés et incompréhensibles.

Qui me parlait déjà ? Des ombres du hasard

vêtues de blanc, de noir, des masques impossibles.

 

Il fait nuit si longtemps, je reste dans mon lit

Sans savoir si mes yeux sont ouverts ou fermés,

Où est l'obscurité, dans la mort ou la vie,

Dans ces moments si rares au goût d'éternité ?

 

Autant de cailloux blancs de moins en moins nombreux,

retraçant un passé que je ne sais plus suivre.

L'ogre les a mangé et seul son rire affreux

Est là pour m'escorter, plus sonore qu'un cuivre.

 

On ouvre des albums, me montre des photos,

Des gens que j'ai connu, des noms et des endroits,

Un tas d'événements, des objets, cette auto

Que j'aimais tant conduire quand j'en avais le droit.

 

Tout avait commencé... mais je n'ai plus les mots,

Seule reste la douleur qui parfois me submerge

M'empêche de penser du fond de mon cachot,

À qui j'étais avant. Mon esprit semble vierge,

 

Immense et désolé tel des sables mouvants

Où se sont enfoncés antans et autrefois.

Comment puis-je être là tout en étant absent,

Loin des autres et d'un monde qui se passe de moi.

 

Je ne suis plus un nom, tout juste une maladie

Aux symptomes inquiétants que vous aussi craignez.

Vous en cherchez les signes, ceux dont on vous a dit

Qu'ils vous annonceraient le déclin programmé.

 

Le pire n'est jamais sûr, mais si vous l'appelez

Et lui ouvrez la porte alors il entrera.

Vivez à chaque instant. Et si vous oubliez,

Le passé pour autant ne disparaîtra pas.   

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Poésie
commenter cet article
9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 08:00

Combien m'ont imploré sans m'avoir fait fléchir,

Arguant de leurs douleurs, de la nécessité

Pour eux de traverser pour échapper au pire.

Aucun ne pus jamais atteindre ma pitié.

 

Peu de vivants ont pu outrepasser la loi

Qui leur interdit de traverser l’Achéron

Pour aller, de la mort, arracher une proie,

La sortir de l’Hadès, aller vers l'horizon.

 

Herakles en son temps m'imposa sa puissance,

J'acquittais son écot par un an de prison,

Qu'avais-je à opposer à sa folle arrogance,

Face à un demi dieu, pouvais-je avoir raison ?

 

Énée bien au contraire eut l'aide de la Sibylle,

Payant son passage avec un rameau sacré.

Il venait voir Anchise, dans un lieu plus tranquille,

Son père lui résidait dans les Champs Élysées.

 

Orphée n'avait pour lui que son talent d'artiste,

Contre toute attente il sut toucher mon esprit ;

Je n'étais donc pas mort malgré ce décor triste,

Ce bouleversant constat se révélait sans prix.

 

Vous aussi, dans un jour ou dans des décennies

Errerez sur la berge en guettant mon regard.

D'ici là regardez ce qui fait votre vie,

Le choix vous appartient, s'il n'est déjà trop tard.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Poésie
commenter cet article
7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 08:00

J'ai oublié le temps, j'ai oublié l'avant,

L'époque ou mon cœur battait, où je respirais.

J'ai oublié qu'un jour le monde des vivants

Était le mien, où je pouvais y avancer. .

 

J'ai été un enfant, suis devenu un homme,

Eu femme et descendants, je peux l'imaginer.

Mais un sort intervint, à l'instar d'une gomme,

Dévorant mon vécu, dissolvant mon passé.

 

Les dieux ont tout pouvoir de jouer avec nous,

Simples humains qui n'ont d'autres choix qu'accepter

De n'être que des pions, des esclaves à genoux

Suivant les destinés qu'ils nous ont imposés.

 

Qu'ai-je fait, contre qui, à qui ai-je déplu,

Un blasphème aurait-il échappé à ma bouche ?

Je peux bien y penser, je n'en saurais pas plus,

Demain n'existe pas, hier n'existe plus.

 

Tous les morts n'ont pas droit de venir avec moi,

Dans la foule des défunts attendant sur la rive

C'est mon bon gré seul qui dirige mon choix.

Ici tous sont égaux, pas un seul qui m'esquive.

 

Mériter n'est pas tout, il y a un péage

De une à trois oboles qu'il convient d'acquitter

Celui sans les moyens de payer son passage

Restera sur le bord pendant l'éternité.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Poésie
commenter cet article
26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 08:00

Un geste aura suffit, moment d'inattention,

À frôler un destin qui n'attendait que ça.

Un peu de sang coula, brillant, couleur passion,

Et c'est par ce chemin que le venin passa.

 

Certains événements ne prennent tous leur sens

Que quand il est trop tard pour pouvoir reculer.

Par le poids du savoir devenu évidence,

La porte, derrière soi, pour toujours refermée.

 

Le poison est sournois, il donne de la force,

Insuffle de l'espoir, des visions d'avenir,

Et puis tout disparaît, l'effet inverse s'amorce,

Reste à le supporter jusqu'à l'heure d'en finir.

 

C'était superficiel, qui s'en serait méfié,

Une belle émotion accélérant le cœur ;

Avant que l'impression d'être comme asphyxié

Fasse du moindre instant un summum de l'horreur.

 

Un presque rien parfois est un peu une graine,

Invisible longtemps, elle ressemble au murmure

Qui devient ouragan et transporte la haine.

 

J'ai croisé son regard, c'était une écorchure

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Poésie
commenter cet article
14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 08:00

Je suis un vide ampli d'échos étranges,

De cris, de pleurs, de hurlements obscènes

Que longtemps je pris pour les rires des anges,

Spectateurs de choix voyant dans l'arène

le combat piteux d'une âme imbécile

Luttant avec des mots contre la nuit.

Avant de rejeter l'être docile

Que j'étais, d'être un agneau qui fuit.

 

J'ai levé la tête, vu sur les gradins,

Spectres et démons qui me regardaient,

Moqueurs, attentifs, jouisseurs et malsains,

Vampire obsédés, éternels damnés.

Pourquoi écouter encore des désirs

Qui coutaient si cher, rapportaient si peu ?

Ces êtres engendrés par mon délire,

Voilant le néant de sombres adieux.

 

Fermer les yeux pour comprendre où je suis.

Au centre de rien, pas plus qu'une absence,

Un oubli du temps, un gouffre sans bruit,

D'où ne peut surgir qu'un triste silence.

Ses fils tranchés, le pantin immobile,

Sait qu'il est trop tard pour se repentir.

Nul ne peut l'animer, il est une île

Sur une scène où rien ne peut mourir.

 

Je suis... mais ces mots ne veulent rien dire,

Un mensonge essayant de s'incarner.

Le destin sachant qu'il n'est d'avenir

Que par la destruction du sablier.

Combattre une illusion est un jeu vain,

Pour oublier le temps, vaincre le sort,

Hier est vaincu sans que vienne demain.

Je ne suis pas vivant, sans être mort !

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Poésie
commenter cet article
6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 08:00

J'ai vu le sang couler de mes veines entaillées

Et recouvrir le temps d'un linceul pourpre et chaud.

J'ai vu le temps frémir d'être ainsi englué

Dans une vie de lave, un implacable étau.

 

J'ai vu la vie trembler face à un avenir

Ressemblant à l'abîme où dort l'éternité.

J'ai vu l'éternité comprenant que le pire

C'est que demain soit sûr, aujourd'hui répété !

 

J'ai vu le pire aussi, il est venu vers moi,

Dans son regard moqueur j'ai su qui il était.

Mes doigts l'ont effleuré, il était dur et froid,

Implacable comme seul se présente un reflet.

 

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Poésie
commenter cet article

Présentation

  • : Lire au nid
  • Lire au nid
  • : Mes (ré)créations littéraires et photographiques.
  • Contact

Bienvenue...

Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

Rechercher

Pages