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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 07:02

仮面の告白 (KAMEN NO KOKUHAKU) - Yukio Mishima (1949)

Gallimard 1971 - Traduit de l'anglais par Renée Villoteau

 

Kochan est souffreteux, malingre, impressionnable et hypersensible. Enfant il affirmait se souvenir des premiers mois de sa vie, ce qui n'attirait que moquerie et méfiance d'un entourage réfutant ses allégations par des explications plus ou moins crédibles. D'aucuns se méfiaient, imaginant que ses affirmations n'avaient d'autres buts que de faire parler les adultes.

Mais ce n'était pas le but de Kochan, lui était convaincu de se souvenir de sa propre naissance. Une image le marquait, le cuvier l'ayant accueilli pour son premier bain, cuvier neuf à la surface de bois fraîche et lisse comme de la soie. Confrontant son souvenir à la réalité objective il devait admettre que le premier manquait de crédibilité, ce qui ne l'empêchait pas de s'y accrocher.

Ce qui était avéré en revanche était qu'il était né deux ans après le grand tremblement de terre dans un quartier peu reluisant de Tokyo où se famille avait fini après un scandale ayant réduit son train de vie dans une vieille maison, bâtisse prétentieuse et crasseuse possédant un jardin que protégeait une imposante grille de fer.

Au matin du 4 janvier 1925 Kochan naquit dans cette demeure, il était neuf heures du soir, il pesait deux kilos six cents. À quatre ans il vomit une matière couleur café. Mandé, le médecin émit un doute sur sa capacité à survivre. Ce qui fut pourtant le cas mais cette maladie revint régulièrement, occasionnant des crises plus ou moins graves. Au même âge il rencontra un jeune homme sale qui fit sur lui forte impression malgré sa jeunesse sans qu'il en comprenne la raison. Alors que les autres enfants rêvent de devenir généraux lui se mit à rêver de devenir vidangeur... avant que son attention ne se déplace vers les conducteurs de hana-densha, des tramways, ou les poinçonneurs du métro. Le ''tragique'' de ces professions lui paraissant évident. Plus tard il eut un choc quand il apprit que le personnage sur une image était une femme, Jeanne d'Arc, alors qu'il était persuadé que seul un homme pouvait ainsi monter à cheval, porter une armure, pointer son épée en direction du ciel.

Au fil des années divers personnages le marquèrent, de Cléopâtre à Héliogabale... lecteur de contes de fées il préférait les princes aux princesses, surtout quand ceux-ci étaient assassinés ou promis à un sort funeste.

Pour veiller à sa santé comme lui éviter de mauvaises fréquentations sa grand-mère lui avait interdit de jouer avec les garçons du voisinage. Il n'avait, outre les servantes, pour jouer avec lui que trois fillettes choisies parmi par enfants du quartier.

Quand ses parents sont absents il profite de la liberté que lui laisse sa grand-mère, en particulier celle de fréquenter Sugiko, petite fille robuste et débordante de vie dont il partageait parfois la chambre, dormant dans un petit lit à côté d'elle, la regardant alors qu'il cherchait dans la nuit à comprendre ce qu'il était, ce qu'il voulait. Se forçant à se comporter en garçon, comme on l'attendait de lui. Conscient qu'il portait un déguisement sous lequel son moi véritable suffoquait.

L'enfance pourtant un jour disparaît et il est toujours trop tard quand on en prend conscience. Kochan assiste à une procession, des jeunes gens soudain changent de direction, passent la haute grille et saccage le jardin devant la maison, pour le simple plaisir de détruire et leur regard, pour Kochan, incarna l'expression de l'ivresse la plus obscène et la plus manifeste qui fut au monde.

Son monde va changer, sa famille se scinde et il déménage alors que son père est à l'étranger en mission officielle. Un jour alors qu'il feuillette des livres d'art appartenant à son père il tombe sur une reproduction du Saint Sébastien de Guido Reni. Œuvre ou mort et beauté s'unissent en une vision qui le bouleverse.

Son entrée à l'école secondaire sera un autre changement important. Il va faire la connaissance d'Omi, plus âgé que lui mais qui a redoublé plusieurs fois et portant sur tout et tous un regard méprisant.

Désormais ce garçon va devenir le centre de son attention, de son intérêt mais aussi de ses craintes. Incarnation d'un conflit insoluble. Comment accepter ce désir dans une société ou l'homosexualité est impossible ? Il va se rapprocher de Sonoko, sœur d'un camarade avec laquelle le mariage est envisagé.

 

Kochan est-il un masque pour Mishima ou un miroir dans lequel il regarde son passé, enfance et adolescence, en profitant pour s'observer avec lucidité et se montrer avec cette crudité qui caractérise ses textes ? Lire ce ''roman'' c'est regarder par dessus l'épaule de son auteur en sachant que qu'il le souhaite, découvrir ce qu'il vécut et mieux comprendre le cheminement de Mishima et son martyr, moins ''élégant'' que celui de Saint Sébastien.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Japon
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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 07:18

Dossier pour la science N 86 – Janvier – Mars 2015

Après avoir économisé, Jane Goodall s'embarqua pour l'Afrique et y rencontra le paléo-primatologue Louis Leakey qui lui proposa d'étudier les chimpanzés dans le parc national de Gombe, en Tanzanie. Par la suite, et soutenu par son mentor, Jane s'inscrivit en doctorat à Cambridge alors qu'elle ne disposait pas de l'équivalent du baccalauréat.

Au début des années 1960 le comportement des animaux, sauf ''l'animal humain'' n'était qu'un ensemble de réactions codées génétiquement, aux stimulus sensoriels. Toute velléités de sortir de ce raisonnement relevait de l'anthropomorphisme. Pas question d'évoquer personnalité, esprit ou émotion, caractéristiques réservées à l'humain [si ça ce n'est pas de l'anthropomorphisme!]. Elle était convaincue du contraire, grâce à l'enseignement de son maître d'école, celui de son chien Rusty et refusait les explications réductionnistes des comportements complexes. Son professeur de thèse, Robert Hinde, lui appris à exprimer ses idées révolutionnaires. Elle fut, par exemple la première à donner un nom plutôt qu'un numéro aux chimpanzés.

Malgré l'hostilité [des vieux c...] elle obtint son diplôme et mit en place un centre de recherche à Gombe. Ces travaux en sont à leur 55e années, la plus longue étude jamais conduite sur un animal vivant. Les chimpanzés vivant plus de 60 ans il était important de mener des observations sur le long terme.

Cette persévérance lui permit d'apprendre beaucoup sur nos plus proche cousin, les chimpanzés et nous avons plus de 98 % d'ADN en commun et des similitudes dans la composition du sang, le fonctionnement du système immunitaire et l'anatomie du cerveau. Ils disposent d'un répertoire complexe d'appels, de postures et de gestes leur permettant de communiquer des informations sur ce qu'ils ressentent ou leur environnement. Ils s'embrassent, s'enlacent, se tiennent la main, rient... comme des humains et souvent dans des contextes comparables. Ils élaborent même des outils, capacité longtemps réservée aux être humains amenant Leakey à conclure ''Nous devons redéfinir l'homme, l'idée d'outil, ou accepter que les chimpanzés soient des êtres humains.''

selon les régions ils montrent des comportements et des usages qu'ils transmettent de génération en génération via un processus d'observation, d'imitation et de mise en pratique. En outre ils font preuve de compassion, d'altruisme et, parfois, de violence ; ils comprennent et utilisent des symboles abstraits pour communiquer. Ils peuvent apprendre la langue des signes et mémoriser 400 mots et phrases. S'ils pouvaient développer ce genre de communication à l'état sauvage Janes GOODALL est sûre qu'ils nous demanderaient de les respecter, de ne pas en faire des sujets de divertissements ni d'expérimentation, et de les protéger. Malheureusement, poursuit-elle, notre arrogance nous conduit à mettre l'homme au-dessus de tout, d'en faire une espèce à part alors que les chimpanzés pourraient nous apprendre que nous ne sommes qu'une partie du règne animal.

Des études ont été engagées concernant les différentes populations de chimpanzés dans d'autres régions d'Afrique mais également sur les gorilles et les bonobos, ainsi que, en Asie, sur les orangs-outans. Il est clair que nous ne sommes pas les seuls êtres capables d'amour et de haine, de joie et de tristesse, de peur et de désespoir. Ni les seuls dotés d'un esprit apte à résoudre des problèmes ou à ressentir douleur et souffrance. La frontière entre nous et le reste du règne animal devient de plus en plus floue.

Malheureusement alors que la science nous en apprend toujours davantage sur le comportement des grands singes ceux-ci sont menacés de disparition [pour éviter une remise en cause?]. D'un million d'individus en 1960 la population de chimpanzés est probablement inférieure à 300 000 aujourd'hui. La prolifération humaine, ses besoins grandissant rongent leur habitat, sans oublier les diverses maladies [comme ce fut le cas en Amérique du Sud, quand les envahisseurs européens apportèrent des virus contre lesquels ils étaient immunisés, ce qui n'était pas le cas des populations indigènes] se répandent. Ebola ne se contente pas de frapper les humains, il touche également les gorilles.

Vu du ciel le parc national de Gombe semble une oasis tant la déforestation a fait des ravages autour, les populations humaines tentant de survivre en tentant de cultiver des pentes érodées. Petit à petit cependant les populations locales comprennent que la forêt est leur amie et la déforestation une mise en cause de leur propre survie. Ils participent également à la lutte contre le braconnage alors que les gardes forestiers alimentent un programme de surveillance en direct des forêts.

L'auteur conclue en citant [elle n'est pas la première] le célèbre proverbe indien ''Nous n'avons pas hérité la Terre de nos ancêtres mais nous l'empruntons à nos enfants.'' À regarder ce que nous avons fait de cette Terre, je dirais plutôt que nous l'avons volée...

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 07:54

Dossier pour la Science N 86 – Janvier-Mars 2015

Anne-Marie BACON

Il y a 2 millions d'années plusieurs espèces de grands singes vivaient en Chine, dont la plus grande ayant jamais vécu. Il est probable que les premiers humains arrivés en Asie les aient rencontrés.

Moult contes, légendes et mythologies évoquent des créatures ni homme, ni singe, mais mélangeant les deux : le Yéti, Big Foot, Sasquatch en sont quelques exemples. Jusqu'au début du vingtième siècle ces récits passaient pour de totales élucubrations, depuis a été découvert la trace du Gigantopithecus blacki, ce singe pouvait mesurer jusqu'à 2,50 m et pesait 300 kgs. Il peuplait le Sud de la Chine jusqu'au Viêt Nam. À cette époque la région est couverte d'une forêt tropicale. Y vivent les ancêtres de grands carnivores, hyènes, panthères, chiens, sauvages, pandas et félins à dents de sabre mais également des ongulés, des bovidés... les fouilles mirent au jour des restes d'animaux dont nul descendant n'est arrivé jusqu'à nous. Les primates étaient nombreux, gibbons, macaques, rhinopithèques et autres. De cette diversité seul le premier est encore présent.

Blacki n'est pas le seul gigantophithèque ayant vécu, nous lui connaissons deux cousins, bilaspuresis qui l'aurait précédé et giganteus, découvert dans le Nord de l'Inde et en Chine. Mais c'est Gb qui retient notre attention.

Au pléistocène inférieur l'habitat des gigantopithèques s'étalait entre le Yangtsé et les montagnes du Chongzuo. Suite à une modification climatique ils durent descendre plus au sud.

Les sédiments conservèrent des dents de mammifères et quelques restes osseux d'amphibiens et de reptiles. C'est ce qui nous est parvenu du Gigantophithecus blacki dans une douzaine de sites connus. Trois mandibules furent également retrouvés qui permirent d'estimer la stature des individus, leur différence est interprétée comme preuve d'un fort dimorphisme sexuel.

Tout concorde pour indiquer qu'il était frugivore, se nourrissait aussi de graines, de noix et de bambou. L'étude des phytolithes (particules siliceuses présentes dans les plantes et retrouvés sur la surface des dents) permet d'identifier les végétaux consommés. Depuis dix ans, grâce à de nouvelles fouilles menées à Longgupo, une industrie faite d'artefacts rudimentaires en os et en pierre a mise en évidence, attestant de la coexistence des hommes et des gigantopithèques entre 1,8 et 1,4 million d'années à proximité du Yangtsé. La présence dans cette région d'Homo ergaster ou Homo erectus africain est possible, ceux ci ayant quitté l'Afrique il y a 2 millions d'années. Ceux-ci seraient donc retourné vivre en forêt.

Problème : survivre dans ce milieu nécessite des techniques de chasse que n'auraient pu pratiquer ces premiers hommes.

Cette rencontre advint-elle, put-elle générer des mythes qui seraient arrivés jusqu'à nous. C'est peu probable, ceux-ci perdurent pourtant et indiquent que des rencontres purent avoir lieu plus récemment engendrant un effet de mimétisme qui pourrait expliquer que de nombreuses régions possèdent ces légendes.

Les questions sont posées, manquer des réponses n'empêche pas de les imaginer.

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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 07:23

Dossier pour la Science N 86 – Janvier – Mars 2015

L'homme descend du singe, dit-on, la femme aussi par conséquent, et certaines eurent la bonne idée de consacrer leur vie à s'intéresser à nos cousins. Un brelan de dames influencé par le primatologue Louis Leakey et ainsi surnommées les ''Anges de Leakey''.

Dian Fossey, assassinée le 27 12 1985 qui dédia sa vie aux gorilles des montagnes dans le massif des Virunga, au Rwanda. Jane Goodall qui vécu plus de 50 ans en compagnie des chimpanzés du parc de Gombe en Tanzanie et Birutė Galdikas qui étudie les orangs-outans, principalement à Bornéo depuis 1970. Leurs travaux nous permirent de mieux connaître les grands singes jusqu'alors considérés comme stupides, violents, cruels... bref, comme des homo sapiens banals. D'autres leur succédèrent pour améliorer encore la connaissance que nous avons de nos cousins.

Pourtant ils ne furent jamais plus menacés, le braconnage, la déforestation et le trafic continuent et mettent leur survie en danger. Si rien n'est fait ils pourraient avoir disparu en 2050.

La frontière nous séparant des grands singes, principalement des chimpanzés, se dilue.

L'histoire des grands singes

Jean-Jacques JAEGER

Autrefois les grands signes vivaient sur toute a Terre à l'exception de l’Amérique. L’Europe en abrita plusieurs espèces, en Asie un grand signe de près de trois mètres fut peut-être à l'origine du Yéti. Si trois espèces subsistent les fossiles nous en présentent 40. La parenté entre singes et homos fut longtemps refusée, elle l'est encore par quelques idéologies obsolètes mais les arguments scientifiques à l'appui de cette relation sont écrasants en nombre et en qualité. De fait, les taxonomistes regroupent au sein des hominidés, les hommes, les chimpanzés et les gorilles, la comparaison de leur ADN permit de retracer leur chemin commun.

L'un des défis de la paléoprimatologie est de trouver l'ancêtre commun au sapiens et au chimpanzé. Chercher des caractéristiques anatomiques intermédiaires est tentant mais l'évolution en mosaïque condamne cette idée. Il est aussi possible de s'inspirer de l'anatomie des formes phylogénétiques plus éloignées, gorilles, orangs-outans, gibbons, mais cette piste ne mène nulle part.

Reste l'analyse de la documentation paléontologique de ces grands singes pour reconstituer leur histoire et celle de leurs caractères anatomiques !

Toumaï (Saheloanthropus tchadiensis) est le premier homininés. Âgé de 7 millions d'années il témoigne de l'ancienneté de la séparation humains chimpanzés et d'une probable bipédie. Aucun fossile de ces derniers n'est venu aider à reconstituer leur histoire, sinon quelques dents identiques à celles des chimpanzés d'aujourd'hui. L'absence d'ancêtres de chimpanzés et de gorilles reste une énigme. En revanche l'évolution de nos cousins asiatiques, les orangs-outans est bien documentée et avec les fossiles d'autres grands singes disparus peut nous aider à en découvrir davantage. Le registre fossile africain témoigne d'une différenciation progressive des premiers grands singes entre 30 et 25 millions d'années. Ces primates, les proconsulidés ont été découverts en Afrique de l'Est et représentent les premiers grands singes dépourvus de queue, les hominoïdes, vivant dans la forêt tropicale et ses lisières et se nourrissant de fruits. Les proconsulidés vont se distinguer par une plus grands flexibilité des membres et une meilleure capacité de préhension des mains et des pieds. Essaiment en Afrique pendant au moins 10 millions d'années ils vont donner naissance à de nombreuses formes de singes, des plus petits aux plus grands mais furent-ils les ancêtres des hominidés ? Rien n'est moins sûr, comme il semblent qu'ils ne soient pas davantage à l'origine des grands singes africains actuels. Force est donc de chercher ailleurs !

Les changements géographiques et climatiques conduisirent à la dispersion hors d'Afrique des premier hominoïdes. La plaque africaine emboutit la plaque eurasiatique, fermant une branche de la Téthys, produisant de nombreuses chaînes de montagnes et ouvrant une voie terrestre entre l'Afrique et l'Eurasie. Venant d'Asie de nombreux immigrants colonisèrent l'Afrique pour la première fois : des ruminants, girafidés, cochons, félidés et les premiers grands singes représentés aujourd'hui par deux groupes distincts, les hylobatidés et les pongidés. Les premiers sont petits, adaptés à la suspension et la locomotion arboricole avec un faible dimorphisme sexuel, mais aucun fossile n'a encore été découvert en Asie, les autres, les orangs-outans, de grands tailles, avec un dimorphisme sexuel important et une évolution qu'il est possible de retracer depuis le Sivapithecus.

Les autres Sivapithecus ont disparu au moment de la forte diminution des milieux forestiers il y a, environ, 8 millions d'années. Parmi les branches éteintes de Sivapithecus, le Gigantophithecus, évolution différente d'une espèce de Sivapithecus acquit les dimensions d'un géant, le Khorapithecus, plus proche des orangs-outans, le Lufengpithecus, des hauts plateaux de Chine du Sud. La découverte en Turquie de l'Ankarapithèque témoigne de l'expansion des pongidés au Miocène supérieur.

En revanche les grands singes qui vinrent en Europe sont d'origines africaine. Comme le Dryopithecus, le singe des chênes, mis au jour dans une carrière proche de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. La plupart des fossiles de grands singes européens a été trouvé en France, en Espagne, en Hongrie et en Grèce. Outre le Dryopithecus trois formes ont été identifiées : l'Anoiapithecus, le Pierolapithecus et l'Hispanopithecus. Toutes pourraient être réunies dans l'ordre des dryopithécidés.

La modification du climat en Europe, occidentale et centrale, entraîna la disparition des forêts tropicales et des grands singes, en Europe orientale quelques grands singes purent s'adapter à un milieu plus ouvert et saisonnier. Comme l'Ouranopithecus, rattaché au groupe des dryopithécidés mais possédant des caractères que l'on retrouve chez l'homme.

Rien n'indique un lien avec la lignée humaine débutant avec Toumaï.

Dernière forme, l'oréopithèque qui vécu en Italie (alors une île) entre huit et neuf millions d'années.

Ces dryopithécidés sont-ils frères des hominidés africains ou des pongidés asiatiques ? Le débat reste ouvert.

2 autres formes, mal connues, de grands singes peuvent prétendre au statut d'ancêtre potentiel des hominidés. Le Griphopithécus, connu en Turquie, Allemagne et Slovaquie, dont les dents présentent des similarités avec celles des hominidés et le Kenyapithecus, mis au jour sur le site de Fort Ternan, au Kenya et en Turquie dont certains caractère le rapprochent des hominidés. Sa présence en Eurasie renforce l'hypothèse selon laquelle l'ancêtre commun des hominidés africains aurait évolué hors d'Afrique avant d'y retourner pour donner naissance aux hominidés actuels.

Diverses hypothèses s'affrontent, reposant sur des éléments fossiles épars, autant d'indices mais aucune preuve. Il en est sans doute qui, dormant au cœur de sédiments ou de roches, attendent d'être découverte. Peut-être pour réfuter les idées avancées jusque-là.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 07:57

Science et vie N° 1166 – Novembre 2014

                                       Trous noirs

Un article d'Emmanuel Monnier

Nous avons tous entendus dire, sans que nul ne l'ait jamais vu, que les trous noirs aspiraient tout et que leur forte densité retenait même la lumière. Une nouvelle théorie, basée sur des calculs associant quantique et relativité, suggère qu'elle ressurgirait sous forme d'immenses ''fontaines blanches''.

L'incapacité de la lumière d'en sortir nous rendrait aveugle à la réalité de ce qui se passe au cœur des trous noirs, l'un après l'autre ils pourraient libérer la matière et la lumière qu'ils avaient engloutis.

Pour surprenant que cela puisse paraître les calculs de Carlo Rovelli, chercheur au Centre de physique théorique de l'université Aix-Marseille, donnent de la crédibilité à cette possibilité.

La relativité générale nous a décrit la genèse d'un trou noir : étoiles qui après avoir consommé leur énergie s'effondrèrent sur elles-mêmes, concentrant leur matière en une boule si petite que l'espace-temps se courbe autour d'elle.

La question posée par Rovelli est donc : Tout tombe dedans, mais pour aller où ? Densité et courbure de l'espace-temps devenues infinies vont-elles finir par annihiler la matière. Carlo Rovelli propose son explication, matière et lumière exploseraient, transformant le trou noir en trou blanc.

Ce prodige est interdit par la relativité générale, hors ici ce n'est plus elle qui a la parole mais sa rivale, la mécanique quantique, qui régit l'infiniment petit et qui est formelle : il n'est pas possible de concentrer la matière au-delà d'un certain point. Lorsque la masse de l'étoile initiale est réduite à un volume inférieur à celui d'une petite molécule, elle atteint la limite de Planck. Les théories de la gravitation quantique prédisent qu'alors apparaît ''l'étoile de Planck'', une force s'opposant à toute nouvelle compression, créant un mur quantique infranchissable contre lequel la ''boule'' rebondit comme un ballon. ''Facile de calculer comment une balle va remonter : il suffit de prendre l'inverse de sa chute'' explique Carlo.

Un peu comme si on repassait le film à l'envers.

L'idée est plaisante mais un astrophysicien ne peut s'en satisfaire, il a besoin d'en démontrer mathématiquement la véracité en réunissant l'effondrement et le rebond. ''À notre grande surprise nous nous sommes aperçu que c'était possible'' explique Rovelli, les équations de la mécanique quantique prennent un court instant et sur une région limitée le relais de la relativité générale. La métrique du trou noir devient alors celle d'un trou blanc ; le tour est joué !

Maintenant direz-vous : pourquoi n'a-t-on encore jamais surpris de trou blanc en plein jaillissement ? La question est justifiée et l'explication est simple : le temps à l'intérieur du trou noir et celui à l'extérieur sont différents. Une milliseconde d'un côté, plusieurs milliards de l'autre côté.

''Reste à décrire ce qui se passe au niveau microscopique en se basant sur une théorie de la gravitation quantique. Ce modèle n'y parvient pas encore'' précise Iosif Bena. La possibilité existe de détecter de telles explosions venues de mini-trous noirs, ceux-ci perdent constamment une partie de leur masse à cause du phénomène d'évaporation de Hawking. ''Le modèle de Carlo Rovelli implique que cette évaporation soit arrêtée par une explosion qui va en libérer la masse'' explique Aurélien Barrau. Laquelle libérerait un flot de photons dont l'énergie serait accessible aux instruments actuels.

Cela reste encore à prouver, mais quand je lève les yeux pour regarder l'Univers je me dis que je pourrais surprendre ce phénomène. S'il faut patienter quelques milliards d'années je suis d'accord.

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 07:41

   Science et Vie N° 1166 – Novembre 2014

De la vie sous la glace

                                                                          Boris Bellanger

John Priscu, professeur de microbiologie à l'université du Montana, revint en 1984 de l'Antarctique avec la certitude que ce continent ne pouvait être stérile. ''Pour moi cela n'avait pas de sens, il devait y avoir de la vie au cœur de cet enfer blanc !''

Il attendit trente ans avant d'en apporter la preuve.

Jusque-là les recherches de vie dans les profondeurs de la calotte glaciaire avaient vu se succéder annonces éclatantes et cruels démentis. Priscu lui-même y participant avant d'atteindre son but. Ainsi en 1999 il avait affirmé avoir trouvé des bactéries dans de la glace prélevée au-dessus du lac Vostok, enfoui sous 4km de glace, la suite avait prouvé qu'elle venait d'une contamination des échantillons par le fluide de forage.

Apprenant de cet échec il passa six années à mettre au point une technique de forage ultrapropre à base d'eau chaude stérilisée et en choisissant une cible plus facile que Vostok, le lac Whillans, lentille d'eau de 60 km2 et de moins de 10 m de profondeur.

4 jours suffirent pour percer les 800 m de glace dominant le lac Whillans, et quelques heures pour remonter des échantillons d'eau liquide et de sédiments des entrailles de l'Antarctique.

Les premières analyses démontrèrent que cette eau abritait bien de la vie, et même une vie abondante, 130 000 cellules par millilitre d'eau. Une densité équivalente à celle que l'on observe dans les grands fonds océaniques.

Cette fois les précautions semblent avoir été suffisantes pour ne pas connaître de désillusion dans le futur. Cette fois, confirme Jean-Robert Petit, du laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement de Grenoble, le signal est net, il n'y a pas de contestation possible : la vie est bien là !

Une vie nombreuse et diverse, le séquençage génétique des micro-organismes découverts met en évidence près de 4000 espèces différentes de bactéries et d'archéobactéries proches de celles que l'on peut trouver dans les grands fonds. À 800 m sous la glace, comme au fond des océans, il est impossible de bénéficier de l'énergie du soleil. ''Dans cet écosystème sous-glaciaire, il faut des organismes qui occupent le rôle fondateur joué à la surface par des organismes photosynthétiques'' explique Brent Christner.

Quid de l'origine de cette vie ? Est-elle venue par le haut ou vint-elle de bactéries présentes dans les sédiments tapissant le fond du lac ?

La réponse viendra peut-être de l'exploration des autres lacs. Ils permettront de dresser un portrait de ces écosystèmes. La quête de la vie sous l'Antarctique ne fait que commencer.

Un jour cette technique pourrait être utilisé pour explorer les lunes de Jupiter à un milliard de kilomètres de la Terre. Non seulement le monde est petit mais l'Univers aussi.

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 07:34

Science et Vie N° 1166 – Novembre 2014

CRISPR/Cas9

La thérapie génique est une promesse faite il y a quelques années mais qui se heurtait à la difficulté de débusquer au cœur du génome d'un individu les gènes défectueux et de pratiquer une ''chirurgie réparatrice'' de l'ADN. C'est bien le meilleur moyen de guérir enfin les maladies génétiques mais aussi certains cancers, des maladies auto-immunes ou cardio-vasculaires, affections encore impossible à soigner par la thérapie génique d'aujourd'hui.

Depuis un an et demi pourtant cela semble possible et certaines réussites sont déjà enregistrées : des chercheurs ont rendu des cellules indestructibles face au sida et purent corriger les mutations en cause dans la mucoviscidose et la bêta-thalassémie, une anémie héréditaire, d'autres purent corriger la myopathie de Duchenne chez des embryons de souris atteints ou une maladie du foie chez le rat !

Tout cela grâce à un seul outil : CRISPR/Cas9. C'est lui qui permet de modifier à l'envi le génome d'un organisme avec précision et facilité.

Emmanuelle Charpentier précise : ''Il faut dire que ce qui freinait la thérapie génique, c'était l'absence de moyen précis et facile d'accès pour modifier le génome''. Il permet de scanner un génome entier pour y repérer une séquences d'ADN pour la sectionner. Il suffit ensuite de la remplacer. ''CRISPR/Cas9 démocratise la manipulation du génome. N'importe quel laboratoire peut l'utiliser et, en quelques jours, cibler ou modifier un nouveau gène'', continue Emmanuelle Charpentier, remarquée par l'Académie Nobel pour cette découverte.

Vous l'avez deviné, CRISPR est l'acronyme de ''clustered regularly interspaced short palindromic repeats'', il désigne de courtes séquences répétées présentes dans le génome de nombreuses bactéries. Découvertes en 1987 par des chercheurs japonais qui ne savent pas quoi en faire elle tombe dans l'oubli. Il faudra attendre qu'une entreprise agro-alimentaire danoise voulant améliorer ses ferments lactique comprenne qu'il s'agit d'un système de défense des bactéries contre les virus. Identiques entre elles les séquences CRISPR sont entrecoupées de morceaux d'ADN variables d'une bactérie à l'autre. En 2011 Emmanuelle Charpentier comprend le mécanisme et ouvre la voie à une véritable révolution. Avec une chercheuse américaine, Jennifer Doudna, elle découvre que les ADN viraux archivés par la bactérie sont recopiés sous forme de petites molécules, des ARN qui sont autant de sentinelles et qui, alliées à une grosse molécule, Cas9, ils forment des attelages efficaces. Quand un virus connu pénètre dans la bactérie l'ARN sentinelle le débusque et s'apparie à l'ADN viral complémentaire. Cas9 se charge de le découper.

''C’était la première fois qu'on observait une molécule 'découpeuse' guidée par un ARN.par la suite nous avons montré qu'il était possible en utilisant un ARN de notre choix de couper de façon précise n'importe quelle séquences d'ADN in vitro'' raconte la microbiologiste dont le travail est publié dans Nature en août 2012.

George Church, généticien à Harvard, sera le premier à utiliser ces ''ciseaux moléculaires'' dans des cellules humaines.

CRISPR/Cas9 offre également la possibilité d'agir simultanément sur plusieurs gènes en injectant différents ARN guides en même temps. Modifiée elle peut se fixer sur l'ADN sans le sectionner, stimuler ou réprimer l'expression du gène cible. Elle peut également rechercher des virus présent à l'état latent dans les cellules, dénicher et sectionner leur ADN. Des chercheurs de l'université de Philadelphie ont ainsi éradiqué le VIH de cellules infectées, CRISPR/Cas9 repèrent l'ADN viral au sein des chromosomes de l'hôte.

Les espoirs représentés par cette découverte sont immenses et si elles doit encore être améliorée, son efficacité et sa précision accrue. Les essais cliniques commenceront dans quelques années, le temps de s'assurer de l'innocuité de la protéine Cas9 mais la thérapie génique a fait un grand pas avec ce banal mécanisme bactérien.

État-unis oblige, il est vite question de transformer une découverte médicale en pognon, des ''investisseurs'' se sont déjà mis sur les rang pour l'exploiter, quitte à ''oublier'' Emmanuelle Charpentier qui en détient pourtant la propriété intellectuelle (un mot qui n'a pas de sens de l'autre côté de l'Atlantique!) et travaille avec l'entreprise CRISPR Therapeutics pour proposer au plus vite des thérapies fiables.

Des malades en profiteront, des financiers aussi, malheureusement !

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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 07:42

名探偵コナン- Meitantei Konan, est un manga japonais créé en 1994 par Gōshō Aoyama et publié dans le magazine Weekly Shōnen Sunday. Il regroupe 85 volumes au Japon, 77, en France.

Shinichi Kudo est lycéen et détective, il a 17 ans mais collabore souvent avec la police. Alors qu'il se trouve dans un parc avec son amie Ran Mouri il surprend une conversation entre deux hommes habillés en noir et appartenant à une organisation criminelle inconnue. Malheureusement il se fait remarquer et les deux hommes pour le tuer l'empoisonnent avec du APTX 4869. Mais ce produit ne remplie pas son office, au lieu de le tuer il le fait régresser jusqu'à ses 7 ans.

Ayant recouvré sa conscience et ses moyens, Kudo se lance à la poursuite de cette mystérieuse organisation, pour agir discrètement il prend le nom de Conan Edogawa et puisqu'il paraît être un enfant réussi à être placé sous la tutelle de Ran Mouri dont le père, Kogoro Mouri, est détective. Il va à l'école primaire de Teitannote où il fonde un club de détectives juniors avec ses camarades de classe : Genta Kojima, Mitsuhiko Tsuburaya et Ayumi Yoshida. Agissant en tant que Conan il s'occupe des enquêtes de Kogoro Mouri qu'il met en transe avant d'usurper sa voix au moyen d'un noeud papillon électroque que le professeur Agasa inventa pour lui. Ce savant étant un des seuls à connaître sa véritable identité. Mouri étant un détective médiocre et passionné de courses qu'il suit à la télévision en buvant de la bière deviendra célèbre grâce au travail de Conan qui se cache derrière lui. Le fait qu'il ait oublié comment il résolut ses affaires lui fait parfois question, heureusement cela ne dure jamais.

Mais Conan n'est pas le seul à avoir pâti d'un effet inattendu de l'Apotoxine, la créatrice du poison, Shiho Miyano, qui travaillait pour l'Organisation des Hommes en Noir partagea cette conséquence après qu'elle se fut rebellée contre ses employeurs, ceux-ci ayant assassiné sa soeur. Parvenue à s'échapper elle prit le nom de Ai Habara et intégra l'école de Conan dont elle connaît l'identité et qu'elle aide dans son désir de retrouver les responsables de son état.

Ceux-ci ne restent pas inactifs pour autant, pour retrouver Shiho ils lancent à sa poursuite Vermouth, espionne experte dans l'art du déguisement qui lui permet de prendre n'importe quelle apparence jusqu'à s'approcher de Conan sans que celui-ci se doute de rien.

Conan va être enrôlé par le FBI et continuera ses enquêtes en même temps que sa poursuite des Hommes en Noir.

Les ''jeunes'' détectives sont un genre en soi au Japon, l'intérêt ici est la difficulté pour le héros de ne pas montrer des réactions incompatibles avec son âge apparent, surtout quand il se trouve en compagnie de Mouri Ran. Situations humoristique et énigmes parfois violentes, souvent intéressantes avec parfois quelques facilités et raccourcis, mais il en va ainsi dans toutes les séries policières. Le tout est mis en valeur par le graphisme alerte de Gōshō Aoyama. À lire comme on regarde un feuilleton, un à la fois, pour ne pas voir de trop près les ficelles d'écriture.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Manga Japon
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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 07:14

Science & Vie 1167

Vie extraterreste L'ESPOIR

(Mathieu Grousson et Mathilde Fontez)

La vie existe sur Terre, nous le savons ! Elle pourrait exister ailleurs, bien que rien ne vienne le démontrer encore, auquel cas ce pourrait être à de telles distances que s'en approcher serait impossible. Une nouvelle hypothèse se présente qui la rapprocherait de nous. En effet un des satellite de Jupiter, Europe, possède tous les ingrédients de la vie : un immense océan d'eau liquide coule sous sa surface et son cœur est vivant. Située à ''seulement'' 600 millions de kilomètres cette petite lune pourrait tenir les promesses que Mars ne put tenir.

Observé pour la première en 1610 par Galilée et ainsi baptisée en l'honneur de la mère de Minos, Europe apparut le 5 décembre 1973 aux astronomes de la NASA, photographiée par la sonde Pioneer 10 qui traversait notre système solaire pour s'en extraire et continuer son voyage vers l'infini. Elle n'était qu'un point lumineux riche de mystères que Voyager 2 put éclaircir en partie. Les photos de cette sonde révélèrent une surface gelée semblable à la banquise terrestre. Se posa aussitôt la question d savoir si sous la couche de glace existait un océan liquide.

En août 2000 la preuve fut apporté qu'Europe abritait un océan par observation de son champ magnétique par la sonde Galileo. Mieux, cet océan pouvait être constitué d'eau salée à l'instar des océans terrestres. Des observation à l'aide du télescope Keck révélèrent la présence de sulfate de magnésium à sa surface.

De nouvelles observations en novembre 2011 conclurent que certaines zones hérissées de blocs de glace à la surface d'Europe résultant de l'action de courants chauds qui auraient fait fondre de la glace souterraine riche en sel, donnant naissance à des poches d'eau liquide. Il pourrait y avoir de nombreux lacs souterrains sous la surface du satellite jovien. La chaleur interne de l'astre causerait également de vastes mouvements convectifs dans l'océan sous-glaciaire. Les glaces ainsi ne cesseraient de fondre et de regeler au niveau de son équateur.

Après la Terre, Io  (satellite de Jupiter) et Encelade  (de Saturne)

Europe fait partie des astres porteurs de geysers dont les panaches de vapeur s'élèvent à 200 km au-dessus du pôle Sud d'Europe preuve directe d'une activité géologique sur Europe.

La vie existe-t-elle pour autant sur Europe ? Trois raisons permettent de l'espérer :

Sa surface serait jonchée de molécules organiques apportées par des météorites ou des comètes qui auraient pu déposer des acides aminées et de nombres sortes de molécules organiques.

La glace pourrait transmettre la matière dans l'océan. Loin d'être impénétrable celle-ci pourrait ensemencer l'océan. Les mouvements tectoniques feraient plonger des plaques de glaces dans la croûte tandis que des courants animeraient la partie la plus profonde de la gangue de glace.

Le fond de l'océan libérerait des minéraux qui réagiraient avec le CO2 qui produirait les molécules carbonée indispensables à la chimie prébiotique.

Bref, Europe possède les conditions nécessaires à la constitution d'un habitat : de l'eau liquide, des éléments chimiques (carbones, hydrogène...) et de l'énergie. Ainsi peuvent apparaître des micro-organismes capables de synthétiser les molécules organiques nécessaires à leur métabolisme.

D'autres corps du système solaire présentent un océan sous leur surface. Ganymède et Callisto par exemple, mais chez eux il serait prisonnier entre deux couches de glace ; Encelade également mais il ne dégèlerait que par intermittence. Titan possède une atmosphère ressemblant à un gigantesque réacteur capable de synthétiser des molécules organiques complexes mais ne présente aucune trace d'eau.

Europe reste donc notre meilleure chance de découvrir une trace de vie dans notre système solaire. Reste à le vérifier, pour cela l'Europe et la NASA s'organisent pour envoyer une première sonde dès 2022, d'autres devraient suivre. La course est lancée, que donnera-t-elle ? J'espère être là pour vous faire part des résultats le moment venu !

Mais rien n'est moins sûr.

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 07:59

Science & Vie 1167 – Laure Blancard

Vous connaissez le miroir, cette surface qui réfléchit, à la différence de ceux qui s'y contemplent ! ce qui se trouve devant elle. Mais savez vous que toute surface non réfléchissante conserve une trace virtuelle des objets ? Je suis sûr que non, mais c'était aussi mon cas.

Regardant les séries policières à la télé vous avez vu cette séquence où des policiers utilisent un miroir pour découvrir ce qui se cache derrière un angle ou une porte close. Ceux-ci pourraient bientôt profiter de la technologie mise au point par les physiciens du laboratoire Kastler Brossel (Paris) en collaboration avec l'Institut Langevin ! Ceux-ci viennent de démontrer qu'une surface non réfléchissante pouvait se comporter comme un miroir à condition de disposer de la caméra, et de l'algorithme, idoine. Le policier photographie le mur et sur l'écran de son smartphone celui-ci se comporterait comme un miroir et ceci avec un système simple et de petite taille.

Prenez un objet, éclairez-le, disposez-le près d'un mur blanc, prenez-le en photo ! Après traitement l'image apparaît comme si elle se reflétait sur le mur.

Bien sûr si le principe fonctionne la technologie est encore trop exigeante pour être employée par n'importe qui dans n'importe quelle circonstance. Pour l'heure elle ne fonctionne que pour des objets de très petite taille et avec une source de lumière convenable. Il est évident que les progrès rendront bientôt cela possible.

Si nous observant dans un mur nous ne voyons rien c'est que notre cerveau ne sait pas identifier dans la lumière qu'il réfléchit la trace des objets environnants. Cette trace existe pourtant. L'appareil photo perçoit les photos issus des objets qui rebondissent contre le mur. Ceux-ci suivant des trajectoires erratiques le résultat est une tache de diffusion sans rapport avec l'objet d'origine. Pourtant l'information sur la forme de l'objet est cachée dans cette tache, comme un code attendant d'être décrypté. L'algorithme génère un traitement appelé autocorrélation analysant l'intensité des points et la présence de motifs répétés aboutissant à la production d'une nouvelle image. En 2012 Jacopo Bertolotti avait montré qu'il était possible de retrouver à partir d'une tache de diffusion l'image d'un objet à condition d'éclairer l'objet avec un laser selon des angles différents. L'opération prenait plusieurs heures. Ori Katz, du laboratoire parisien, eut l'idée de capturer une seule image éclairée par une lumière monochromatique dans laquelle, à l'inverse du laser, les photos se propagent de manière désordonnée. L'image obtenue est légèrement dégradée mais les détails sont assez fins pour identifier l'objet.

Nous n'en sommes pas encore à repérer un malfaiteur tapi dans un coin mais voir des objets ou des organes sous la peau est imaginable. Le halo à ''lire'' est identique qu'il vienne d'un mur ou soit à la surface d'une fine couche de matière translucide, tels les tissus biologiques. ''On pourrait observer des neurones in vivo dans le cerveau de souris ou même suivre le développement embryonnaire chez une drosophile'' anticipe Sylvain Gigan.

Aidés des mathématiques nos yeux gagnent en capacité à percevoir le monde. Petit à petit l'invisible s'estompe.

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