Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 07:15

Science & vie 1167

Mammatocumulus

(Alexandra Pihen)

Le 23 décembre 2008 apparaît pour la première fois au large du Japon un colosse glacé perché au-dessus d'une masse orageuse monumentale à environ 13 km d'altitude et s'étalant sur plus de 700 km de longueur. Nicolas Ferlay, du laboratoire d'optique atmosphérique de Lille, fut le premier à le remarquer devant son ordinateur. Six années seront pourtant nécessaires pour confirmer l'existence du phénomène. C'est désormais chose faite, la grande famille des nuages vient de s'agrandir, la décision finale restant à l'organisation mondiale de météorologie.

L'intérêt serait de pouvoir observer à l’œil nu ce nuage mais sa situation, au-dessus de tous les autres, de nuit, rend la chose quasiment impossible. Pour faire le portrait du nouveau venu il fallut une constellation de satellites météorologiques, puis le radar de CloudSat qui permit de vérifier sa taille et sa position, quand u radar laser Caliop, il attesta la régularité des structures qui apparaissent au sommet, et qui se répètent sur des centaines de kilomètres. Ce qui à première vue, sur un écran d'ordinateur, ressemblant à des poils s'est avéré être des montagnes arrondies gigantesques, 20 km de large et 4 km de hauteur. Ces structures ressemblant à un autre nuages, bien plus petit, appelé mammatus, celui-ci fut donc nommé mammatocumulus. Sa température oscille entre -43°C et -68°C !

reste à démontrer l'influence du mammatocumulus sur le climat terrestre. Il pourrait engendrer des échanges de vapeur d'eau entre la troposphère et la stratosphère, celle-ci ayant une influence non négligeable sur le climat.

 

La domestication des cochons, vaches, chevaux, chiens...

(Vincent Nouyrigat)

Depuis longtemps il apparaissait que les mammifères domestiqués affichaient sur leurs corps des stigmates incompréhensibles que les biologistes appellent ''syndrome de domestication''.

Regardez un épagneul et un loup, un cochon et un sanglier, une vache laitière et un aurochs... Les premiers majoritairement montrent des oreilles tombantes, ou réduites, un pelage couvert de taches blanches, une mâchoire et des dents raccourcies, parfois une queue recourbée et une morphologie juvénile, un cerveau plus petit et des cycles de reproduction plus fréquents.

Les animaux domestiqués seuls affichent la combinaison de ces traits atypiques dans la nature. Ces caractéristiques ne semblent pas liées entre elles et sont trop généralisées pour être le fruit de mutations génétiques aléatoires ou résultant d'une sélection par l'homo sapiens.

Le premier Darwin en 1868 aborda la question dans ''La Variation des animaux et des plantes sous l'effet de la domestication''.

Diverses hypothèses cherchaient à expliquer ces phénomènes, des études se concentrèrent sur le phénotype lié à la coloration d'un animal mais cela n'expliquait pas l'ensemble des traits domestiques.d'autres explication furent proposées, l'absence de prédateurs permettant une coloration du pelage plus visible, la réduction du stress qui aurait modifié l'expression des gènes. Ces traits venaient-ils d'un choix fait par nos ancêtres du Néolithique ? Rien ne vient étayer ces suppositions.

En 1959 Dmitri Beliaïev entrepris de domestiquer des renards, choisissant les plus dociles à partir de tests d'agressivité et de capacité à accepter la proximité de l'homme. En dix générations apparurent '' les traits de domestication''. Aujourd'hui ils se sont affirmés et les descendants de ces renards ont le comportement de n'importe quel chien.

L'origine de ces altérations viendraient du choix de nos ancêtres de choisir les spécimens les moins craintifs et les plus dociles pour en faire leurs compagnons. Attitude qui aurait eu des conséquences sur le développement embryonnaire de nos compagnons !

Pour comprendre ce phénomène il faut savoir qu'en cas de stress face à un danger la glande surrénale libère des catécholamines, molécules augmentant le métabolisme, ainsi l'animal a-t-il plus de chance de pouvoir fuir ou se battre. Les spécimens domestiqués présentent une glande surrénale petite et de faible activité, témoignage d'une déficience de la crête neurale, intégré au système nerveux primitif, qui participe au développement embryonnaire.

Choisir des animaux peu craintifs c'était sélectionner des animaux dotés d'une crête neurale déficiente dont les cellules participent à la formation des cellules de pigmentation ainsi que de nombreux tissus et cartilages. Les traits domestiques divers auraient donc une cause commune.

Tous les spécialistes ne sont pas d'accords sur cette proposition qui n'explique pas tout, elle reste néanmoins une avancée pour comprendre un phénomène curieux. Reste à comprendre notre besoin de domestication, notre envie (besoin?) de vivre en compagnie d'autres animaux, je ne suis pas le dernier dans ce cas.

Reste à faire un bilan global, nos compagnons ont profité de leur proximité avec nous, ils ont sûrement perdus aussi. La ''civilisation'' est à ce prix.

Et pour nous ?

Je crains que l'étude ne reste à faire mais que personne ne soit désireux de s'y risquer.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
commenter cet article
21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 07:33

Science & Vie 1166

C'est l'impression ressenti par un humain quand il se trouve face à un robot qui lui ressemble un peu trop.

Psychologie, langage, raisonnement, les robots se rapprochent de nous, vont bientôt vivre parmi nous, et, peut-être, provoquer un sentiment de rejet. Daniela Cerqui est anthropologue spécialiste des nouvelles technologies à Lausanne ''Les développements technologiques choquent l'opinion qui voit ensuite les arguments pratiques et oublie ses objections. L'inacceptable ne l'est plus avant d'être souhaitable puis indispensable''.

L'informaticien japonais Masahiro Mori avait pronostiqué dans les années 1970 que les humains seraient attirés par des robots intelligents tant qu'ils n'auraient pas une apparence trop humaine ce qui provoquerait un sentiment de répulsion qui disparaitrait lorsque le robot deviendrait identique à un être humain. La courbe qui évalue ce phénomène dessine une vallée, la ''vallée de l'étrange'', un phénomène mis en évidence par plusieurs expériences.

Des psychologues supposent que l'apparence humaine d'un corps non vivant nous ramènerait à notre propre mort, il serait un ''zombie''. D'autres pensent que les petites différences au sein d'une grande ressemblance nous causerait un sentiment de malaise insupportable. Troisièmes hypothèse : des robots nous ressemblant deviendrait repoussants si nous percevons en eux ce que nous leur refusons : un ressenti !

Encore que tous les humains ne semblent pas en avoir !

La ressemblance mentale est la plus troublante, elle pourrait nous conduire au fond de la vallée, là où la machine nous apparaît intellectuellement trop proche et trop différente de nous. Plongée inévitable, de nombreuses recherches visant à humaniser les robots pour rendre leurs interactions avec nous les plus naturelles possible.

''Le défi ultime est qu'ils identifient les représentations du monde de leurs interlocuteurs'' précise Mathieu Lafourcade, un humain ne parlera pas de la même façon à un ami, à son patron ou à son enfant, les machines du futur devront s’adapter au savoir supposé de leur interlocuteur et à leur état d'esprit ''il faut modéliser la connaissance du monde et la connaissance supposée que l'on prête à l'autre''.

Difficile mais pas impossible, les spécialistes de l'intelligence artificielle développent des algorithmes toujours plus proches de nos aptitudes mentales, comme les réseaux de neurones profonds qui s'inspirent du fonctionnement de notre cerveau. ''On construit un réseau artificiel de relations entre les données dans lequel des nœuds s'allument, quand il y en a suffisamment cela déclenche une décharge sur le nœud auquel ils sont reliés. Comme l'excitation de neurones dans le cerveau. Des mots isolés ne diront rien, qu'ils soient associés et tout devient différent, et dérangeant. Les nouveaux programmes s'inspirent du fonctionnement de notre cerveau, retenant les réseaux utiles à une action pour les favoriser, effaçant les autres. Peu à peu se constitue une mémoire robotique de plus en plus efficace, la machine hiérarchisera les informations les plus importantes mais sachant les modifier si d'autres se révèlent plus pertinentes.

Reste à définir ce ''sens commun'', ce savoir implicite que partagent les hommes. ''Les machines ne vivant pas il faut que ce soit des humains qui le leur apprennent'' continue Mathieu Lafourcade. ''Pour concevoir un système intelligent ce n'est plus le temps de calcul nécessaire que l'on mesure mais le nombre d'interactions nécessaires avec un humain'' observe Rémi Coletta.

La robotisation industrielle va continuer mais aussi l'aide à la personne, la vente... seules les professions exigeant de la créativité et une forte intelligence sociale devraient résister, un certain temps. ''Ces machines n'ont pas besoin de se reposer, de dormir, elles traitent l'information plus rapidement que nous, il y a un risque d'épuisement pour des humains astreints à suivre leur rythme'' redoute Daniela Cerqui. Des voitures pilotées par l'IA roulent déjà, en cas d'accident qui sera responsable ? Une machine pourra-t-elle intervenir et décider à la place de l'humain ?

Et si un jour un robot se défendant lui-même cherchait à obtenir tous les droits qu'il souhaite ? Un artiste artificiel aura-t-il des états d'âme que nous pourrions partager, un psychologue robot pourra-t-il

devancer nos propres malaises ?

J'ai l'impression que nous arpentons déjà cette vallée et que beaucoup seront troublés, et comme ne le disent pas les auteurs de cet articles, trop c… limités pour le comprendre. L'avenir fait peur, l'actualité nous montre des individus qui croient que le passé seul leur apportera la paix. Ils n'ont pas tort !

Les robots progressent, des humains régressent, l'équilibre reste instable, à l'image de la vie elle même !

Perso j'attends une jolie robote. L'humain peut faire, lui aussi, un pas vers l'autre, celui-ci n'est ni son contraire, ni son ennemi.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
commenter cet article
19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 07:23

Maxime Chattam

Le combat fut difficile et sanglant pour Guy Thoudrac-Matto et ses amis contre le monstre dont les crimes ensanglantèrent Paris bien que le public ne fut pas informé de leur ampleur. Il se retrouve cette fois en compagnie de Faustine, la pensionnaire la plus en vue du Boudoir de Soi qui s'était toujours refusée à lui alors qu'il n'était alors que client. Elle était la seule à pouvoir refuser un client, ceux qu'elle acceptait devait payer très cher ses faveurs.

Pour se reposer après tant d'émotions ils sont hébergés à Elseneur, un château du Vexin, appartenant à Maximilien Hencks, chasseur mondialement connu et ami de Guy qui l'aida à faire le portrait psychologique de leur adversaire. La vie est tranquille, mais bien sûr nous savons que cela ne peut pas durer, sinon nous serions dans un autre genre de roman.

Un jour donc ils apprennent qu'une jeune fille a été agressée, violée, battue, et retrouvée dans un état catatonique. Cela aurait pu en rester là mais le lendemain c'est toute la famille qui est découverte, massacrée, c'est le mot, étripée, découpée, et j'en passe. Des membres ont été coupés et placés de telle façon qu'une victime rappelle le dessin de De Vinci : L'homme de Vitruve. Guy ne peut rester à l'écart, il se sent concerné et capable d'aider la gendarmerie à arrêter l'assassin, n'est-il pas capable de dessiner l'esprit d'un tueur ? Faustine voit d'un mauvais œil qu'il prenne tant de risques alors que les forces de police pourraient fort bien mener l'enquête sans qu'il ait à s'en mêler. D'après des indices trouvés sur place, des éléments placé par le garçon de la famille alors qu'il devait savoir ce qui allait lui arriver, il donne à ce tueur le nom de Croquemitaine.

Celui-là n'est pas volé !

Guy enquête, observe, cherche à deviner le tueur, d'abord il va découvrir où il se tenait pour observer la famille, car il devait la connaître pour être capable d'agir ainsi et aimer guetter ses proies à l'instar d'un chasseur épiant des proies qui ne savent pas ce qui va leur arriver.

Mais cette fois nous ne sommes pas dans une grande ville où n'importe qui peut se dissimuler dans la foule, ici c'est la campagne, tout le monde se connaît et une tête nouvelle ne passerait pas inaperçue, surtout quelqu'un qui roderait, observant ses futures victimes.

D'autres victimes vont suivre et Guy aura bien du mal à comprendre ce qui se passe, qui est à l’œuvre, à admettre que ce ne peut être un hasard si à nouveau le crime se met en travers de sa route. Il va découvrir que n'importe quel village peut cacher des secrets, avoir des zones d'ombres, des êtres hantés par la violence ou gorgés d'alcool rêvant à des crimes qu'ils n'oseront jamais commettre. Ce qui n'était pas le cas de ces assassin qui purent s'évader avec des complices et dont l'un d'eux a été retrouvé.

Qui se cache derrière tout ça, l'affaire du Léviatemps était-elle terminée comme Faustine et Guy le croyaient ?

Le puzzle se met en place lentement, entre les personnages que nous connaissons déjà et les nouveaux. Visiblement Chattam est plus à l'aise avec ce second volet.

L'Enfer peut se cacher au cœur de la campagne. La nature n'est-elle pas violente elle aussi, entre proies et prédateurs seuls les humains ont besoins de se donner des raisons d'être les seconds.

Encore que raison ne soit pas le meilleur terme !

 

Beaucoup de sang, de violence, de scènes atroces et d'accès de rage incontrôlable. Tout ce que j'aime.

 

Jamais deux sans trois paraît-il, reste à trouver un nouveau Chattam à me mettre sous les yeux. Dans la tenue du Croquemitaine pour mieux me débarrasser des traces de sang !

Voir les commentaires

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
commenter cet article
18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 07:19

Maxime Chattam

Paris, 1900, Guy de Timée est écrivain, célèbre, populaire, riches, marié et père d'une petite fille. Bref il a une vie dont tout un chacun pourrait rêver. Un jour pourtant cette existence lui devient insupportable, il en perçoit la vacuité, le mensonge. Ce qu'il est devenu, par facilité, n'est pas, loin de là, ce qu'il voulait être. Le milieu bourgeois dans lequel il évolue ne lui convient pas, et la férule du père de son épouse lui devient insupportable. Mais il est faible et lâche aussi profite-t-il de la nuit pour s’enfuir. Pendant quelques temps il va errer dans les rues de Paris avant d'arriver dans une maison close où il était client avant de demander à y loger. Il y fut autorisé à condition d'en observer le règlement, à savoir qu'il ne pourrait plus fréquenter ''professionnellement'' le personnel féminin qui y résidait.

Il finit par accepter et s'installe dans le grenier dont il fait son logement et participe à la vie de la maison en rendant de menus services aux unes et aux autres. Ce qu'il veut désormais c'est explorer la profondeur de l'âme humaine, la sienne également, utilisant le principe du roman policier magnifié par Conan Doyle.

Nous sommes en pleine préparation de l'exposition universelle, la ville change sous les yeux de ses habitants, c'est une époque où tout semble possible, tout, y compris le pire.

Un soir Guy découvre le corps de Milaine, pensionnaire du Boudoir de soi la maison où il réside sous le nom de Guy Thoudrac-Matto. La jeune femme est affalée dans la rue, dans une position étrange, couverte de sang comme si celui-ci avait fui son corps par tout ses pores et sur le visage une expression d'horreur absolue renforcée par des yeux devenus noirs.

Il est choqué, écœuré par un spectacle plus terrifiant que tout ce qu'il aurait pu imaginer. Lui qui voulait explorer le pire en l'homme se voit offrir un ticket pour un voyage périlleux dont rien ne dit qu'il reviendra indemne, physiquement et moralement.

Milaine était son amie, mourir si jeune, si belle est inacceptable et Guy entend que l'auteur de ce forfait soit arrêté et condamné, malheureusement les policiers qui mènent l'enquête ne semblent pas désireux que cela arrive, ils interrogent, notent, font semblant avec tant d'évidence que l'écrivain décide de conduire ses investigations de son côté. Celles-ci seront difficiles, il devra visiter la rue Monjol, celle où finissent ceux qui ne savent plus où aller, où tout est permis, surtout ce qui est interdit ailleurs, celle où la police même se méfie. Guy fera connaissance avec le roi des voleurs, sera aidé par un jeune policier amoureux de la prostituée qu'il espérait sortir de son milieu et par quelques personnes du Boudoir. Il redoutait le pire, et c'était en-dessous de la vérité ! Il va explorer les égouts de Paris moins répugnants que ceux de certains de ses habitants.

C'est le premier roman de Maxime Chattam que j'ai lu, avant de continuer avec la suite du diptyque : Le Requiem des abysses. La reconstitution du Paris en cette année d'exposition est bien rendue, les personnages sont attachants, j'ai trouvé certains passages d'une écriture assez banale, les lieux communs parfois abondants et des chapitres trop longs qui alourdissent un texte qui aurait gagné à plus de rythme et de concision.

Le résultat est pourtant agréable, il suffit de sauter les passages pesants.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
commenter cet article
17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 07:06

Science & Vie 1166

ROBOTS – Leur intelligence dépasse déjà la nôtre

Emmanuel MonnierGabriel SiméonFrançois Lassagne

il fut un temps où l'homo sapiens se voyait au centre de l'univers, ou faut-il dire : se croyait le centre de la Création ! Depuis Copernic il est patent que c'est la Terre qui tourne autour du Soleil, et pas le contraire. Pire : notre Soleil tourne autour d'autres étoiles plus massives, cela dans la périphérie de notre galaxie, elle même semblable à des milliards d'autres. Après cela il dut après la publication de De l'origine des espèces admettre qu'il avait pris le même chemin que beaucoup d'autres animaux et partageait avec eux nombre de ses ancêtres, un deuxième coup pour son ego.

Finalement lui resta, justement, cet ego, et l'idée qu'il l'extrayait du monde animal, même s'il en était issu. La psychanalyse démontra que la conscience n'était qu'une partie de la psyché humaine et que des mécanismes inconscient intervenaient dans ses processus cognitifs. Suivit au milieu du XXème siècle la découverte de l'ADN où sont écrit, un peu comme le livre du Destin, nos talents, aptitudes et fragilités. Liberté et conscience reculèrent dans la vitrine des illusions.

Reste, outre la vanité bien sûr, l'intelligence dont il se targue d'être le seul dépositaire et qui lui permet de réaliser tant de merveilles...

Une fois encore la réalité vient mettre à mal cette prétention, l'intelligence des robots commence à rivaliser avec la sienne !

En 1956 quelques pionniers, dont John McCarthy et Marvin Minsky fondent un nouveau domaine de recherche : l'Intelligence Artificielle avec pour but de reproduire l'intelligence grâce aux ordinateurs. Longtemps freinée par les limites de l’informatique, la progression de la puissance de calcul des années 90 verront les performances décoller. Les nouveaux robots sont plus fiables, plus experts, capables de décider seuls. Certains ont une voix, une apparence, un humour ou un caractère qui nous ressemblent mais ils possèdent ce qui nous manque : un sens de l'observation hors du commun, une connaissance colossale et, une capacité de calcul démesurée qui permettent à ces robots de nous surclasser dans les activités financières, économiques, médicales ou littéraires. Exemple : Ellie, psychologue virtuelle née à l'Institut des technologies créatives de l'université de Californie du Sud en 2011 repère des signes infimes d'anxiété ou de dépression dans les mimiques et expressions de ses ''patients'', elle observe la position de la tête, le regard, la posture corporelle et peut scruter 68 points sur le visage pour ''comprendre'' son patient. Watson, le superanalyste d'IBM comprend les questions des experts les plus pointus et résout leurs problèmes. Il s'est fait connaître en battant les champions du jeu Jeopardy. Non seulement il a accès à une culture générale immense mais perçoit les subtilités du langage pour comprendre le sens de la question posée. Une partie de son code interne sert à améliorer ses algorithmes de recherches, les plus pertinents sont renforcés, les autres sont modifiés. Sa capacité de recherche lui permet de parcourir des millions de dossiers médicaux et d'articles pour analyser le cas qui lui est soumis et proposer des diagnostics suivant leur probabilité.

Sans oublier Marlowe, blogueur tenant une cyberchronique quotidienne ; The Paintig Fool, peintre virtuel dont les algorithmes mêlent choix aléatoires et transformations mathématiques pour donner des formes, des couleurs et des matières.

Et beaucoup d'autres.

Aujourd'hui les capacités des robots à percevoir, apprendre et maîtriser le langage sont enfin rassemblées au cœurs de processeurs suffisamment puissant pour les faire travailler de concert et interagir avec nous de manière approfondie.

En 1997 un supercalculateur effectuait 1800 milliards d'opérations par seconde en occupant la surface d'un terrain de tennis, neuf ans plus tard le processeur de la PS3 atteignait la même puissance. Aujourd'hui le calculateur le plus performant est 15 000 fois plus puissant, les nouveaux robots intelligents n'ont pas besoin d'autant.

Capacités de calculs surhumaines, aptitudes à fouiller et analyser des pétaoctets d'informations, compréhension du langage, le robot qui réunira le meilleur de ces compétences n'est pas, encore, né.

Officiellement !

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
commenter cet article
13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 07:48

Science & Vie 1167 – Elsa Abdoun

Votre voisin d'en face peut être porteur du VIH, celui du dessus peut porter une mutation délétère, pourtant l'un et l'autre ne sont pas affectés par ces maladies. Leur résistance génétique pourrait inspirer de nouveaux traitements à condition de repérer ces individus fort peu nombreux.

Bien que contaminées certains personnes, une sur cent, ne seront jamais affectées par le VIH parce que leur organisme est naturellement résistant au virus. Il est probable que cette résistance existe pour d'autres maladies, infectieuses, génétiques ou autres. En mars 2014 Eric Schadt, Stephen Friend et leur équipe sont partis à la recherche de ces ''résistants'' dont l'ADN pourrait receler la clé de traitements inédits.

Le ''Resilience Project'' ambitionne d'analyser le génome d'un million de volontaires, tous en bonnes santé, sur trois ans en s'intéressant prioritairement aux porteurs de mutations associés à une maladie génétique sévère : mucoviscidose, myopathie... qui n'en présentent aucun symptôme. L'étude des mécanisme de protection à l’œuvre chez ces personnes est une source d'inspiration originale. À l'inverse de la méthode classique qui consiste à étudier les malades pour détecter les mécanismes défectueux chez eux les personnes étudiées apporteraient une piste d'antidote contre la maladie que les chercheurs devraient reproduire artificiellement.

Si ces individus n'ont pas été étudiés jusqu'ici c'est que les repérer est difficile. Comment dans une population en bonne santé détecter celle qui porte une maladie mais ne la développe pas, d'autant qu'ils peuvent tomber malades. Être protégé d'une maladie n'implique pas de l'être de toutes. C'est souvent à l'occasion d'un événement particulier que certains découvrent leur spécificité, particulièrement du sida. Au début de l'épidémie ses ravages dans certaines populations révélèrent des individus qui, bien qu'ayant de fortes probabilités d'exposition au virus, ne tombaient jamais malades. Ces ''mutants'' représentent 1 % de la population blanche et moins encore dans les autres populations. De même en 2004 le suivi de milliers d'américains visant à étudier les facteurs de risques cardio-vasculaire révéla l'existence de personnes ayant un faible taux de cholestérol LDL (le mauvais). Particularité divisant par dix le risque d'infarctus. D'autres cas de porteurs de maladies qui ne la développaient pas furent repérés par la suite. Le Resilience Project vise à les repérer, grâce au faible coût désormais du séquençage des génomes. Particulièrement ciblées, 697 maladies pédiatriques dites monogéniques.

Et s'ils ne trouvaient personnes ? Le risque est faible, pour valider la pertinence de sa stratégie l'équipe a conduit un premier test en recherchant des mutations parmi quelques centaines de milliers de génomes fournis par différents laboratoires.

Partant de ce tests les chercheurs estiment qu'il y aurait un ''invulnérable'' pour vingt mille individus. Séquencer un million de génomes devrait en révéler une cinquantaine.

Pour la plupart des maladies il doit y avoir une personne protégée souligne Kari Stefansson ; à chaque épidémie il y eut toujours des résistants confirme Amalio Telenti, logique si l'on considère que chaque enfant nait avec en moyenne une cinquantaine de mutations nouvelles par rapport à ses parents. Tirer des enseignements de cas si rares sera-t-il pertinents ? L'avenir le dira. Comprendre la biologie humaine passe par l'étude de ses faiblesses mais aussi de ses forces, résume Kari Stefansson.

Reste à savoir si vous ou moi faisons partie de ces mutants !

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
commenter cet article
11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 07:34

Pour la science 445

L'homme : une évolution en marche.

Les sociétés humaines connurent de nombreux changements durant leurs parcours, ceux-ci s'accélérèrent ces 30 000 dernières années en même temps que l'évolution génétique de l'homme. Tout indique que celle-ci doive continuer.

 

L'espèce humaine neutralisa d’innombrables dangers, apprit à se protéger des éléments et des prédateurs, développa des traitements contre de nombreuses maladies mortelles, transforma les petits jardins de ses ancêtres en vastes champs agricoles et augmenta ses chances de mettre au monde des enfants en bonne santé.

Nombreux sont ceux qui pensent que le progrès permet d'échapper à la sélection naturelle et que l'évolution est arrivée à son terme. Il n'y a plus de ''survie du plus apte'' si presque tout le monde survit jusqu'à un âge avancé. Idée répandue dans le grand public mais aussi chez des scientifiques.

Ce n'est pas le cas. Nous avons évolué, évoluons et évoluerons tant que nous existerons. Rapporté à une journée de 24 H les 7 millions d'années qui nous séparent de notre ancêtre commun avec le chimpanzé, les 30 000 années qui viennent de s'écouler ne représentent que six minutes ! Pourtant durant cette période d'importants changements se produisirent, de vastes groupes migrèrent vers de nouveaux environnements, notre alimentation s'est modifiée et la population mondiale a été multipliée par plus de mille. En conséquence le nombre de mutation génétiques s'est accru, alimentant une sélection naturelle rapide. L'évolution humaine ne stagne pas, au contraire, elle semble s'accélérer.

Il y a 11 000 ans l'homme est passé de chasseur-cueilleur à agriculteur et s'est mis à cuire ses aliments induisant des modifications anatomiques. Il y a 10 000 ans ses dents étaient en moyenne 10 % plus grosses en Europe, Asie et Afrique du Nord. Les nourritures cuites, molles, demandent moins de mastication, les dents et les mâchoires diminua au fil des générations.

Les anthropologues n'ont compris la proximité de l'évolution de ces caractères que depuis une dizaine d'années, en outre l'analyse de génomes a précisé les traits sélectionnés. La tolérance au lactose chez l'adulte est récente et fut acquises séparément chez les populations pastorales d'Afrique subsahariennes, dans la péninsule arabique chez les populations de chameliers et de chevriers, plus récemment de l'Irlande à l'Inde et plus généralement en Europe du Nord. Les ADN séquencés de squelettes de fermiers européens d'il y a 5000 ans montrent l'absence de la mutation génétique idoine pourtant présente chez plus de 75 % des européens. Quand une mutation apparaît, pour qu'elle s'impose il lui faut d'abord acquérir une certaine fréquence, sa croissance s'accélère ensuite jusqu'à sa domination.

L'épaisse chevelure noire et lisse de presque tous les Asiatiques de l'Est est apparue il y a moins de 30000 ans, à la faveur d'une mutation du gène EDAR, primordial dans le développement de la peau, des cheveux, des dents et des ongles. Ce variant génétique a été exporté en Amérique par les premières vagues de colonisateurs, venues de l'Est asiatique. L'histoire évolutive de la pigmentation de la peau, des cheveux et des yeux a été simple et rapide. Chez nos ancêtres ils étaient noirs, depuis des dizaines de modifications génétiques les ont éclaircis. Une, sur HERC2 donne des yeux bleus, sur MC1R elle donne des cheveux roux... L'ADN renseigne sur l'apparition de ces mutations. Les yeux bleus semblent remonter à plus de 9000 ans. Mais les modifications des caractères physiques visibles ne sont pas seuls étudiés. Ainsi la plupart des gens ont du cérumen collant alors que nombreux habitants de l'Est asiatique ont un cérumen sec qui s'écaille et ne colle pas. Celui-ci résulte d'une mutation récente du gène ABCC11, mutation touchant également les glandes sudoripares. Si vous avez des aisselles qui sentent la transpiration et du cérumen collant vous êtes probablement porteur de la version originale d' ABCC11, s'il est sec et que vous n'avez pas besoin de déodorant, vous portez le nouveau variant génétique. Une autre mutation est intervenue pour sauver des millions d'Africains. Celle du gène DARC qui conféra une résistance plus grande à Plasmodium vivax, un des deux principaux parasites du paludisme. 95 % des populations subsahariennes en sont porteuses contre 5 % des Européens et des Asiatiques.

Nous nous représentons l'évolution comme un processus où les ''bons'' gènes remplacent inexorablement les ''mauvais'' mais les adaptations humaines les plus récentes attestent de la part essentielle du hasard.

L'évolution humaine se poursuit. Les chercheurs l'observent ''en direct'', en étudiant les tendances sanitaires et la natalité. Le projet britannique UK Biobank va analyser les génotypes de centaines de milliers de personnes et suivre leur santé tout au long de leur vie. Il faut analyser des milliers de cas pour comprendre quels changements génétiques influent sur la santé humaine. Retracer la généalogie des mutations nous permet de remarquer les gagnants sur le long terme. Les populations humaines sont sur le point de devenir la plus grande expérience de biologie évolutive jamais réalisée.

John Hawks conclue son article en s'interrogeant sur l'avenir. Les versions ancestrales des gènes cohabitent avec leurs versions modernes, les déplacements de populations permet un brassage génétique sans précédent. Pour autant les caractères se mélangeant vont-ils s'uniformiser sur la planète ? Il répond clairement non. Les variants ne sont pas additifs. Les populations métisses ne sont pas constituées d'une masse indistincte de clones. Et il conclut : Chacun de nos descendants sera une mosaïque vivante de l'histoire humaine.

 

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
commenter cet article
10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 07:50

La police scientifique est à la mode, il suffit de regarder les séries policières à la télévision pour le constater. Raison de plus pour en chercher les origines et découvrir qu'elles sont plus anciennes que nous l'imaginions.

Il est clair pourtant qu'en tant que discipline enseignée dans une structure policière ou académique elle est apparue à la fin du XIXe siècle. Dès 1880 Alphonse Bertillon, commis à la préfecture de police de Paris met au point l'anthropométrie afin d'identifier les récidivistes en se fondant sur les mensurations de certaines parties du corps. En suisse, au début du siècle suivant, Rodolphe Reiss monte un cours de photographie judiciaire qui débouche en 1909 sur la fondation d'un institut de police scientifique à l'Université de Lausanne. Un cours de police scientifique existait à Sienne depuis 1896 donné par Salvatore Ottolenghi.

La recherche d'indices dans les traces et empreintes est une pratique héritée des chasseurs médiévaux. Observer, identifier, puis dresser le signalement le plus précis. Edmond Locard, fondateur du laboratoire de police technique de Lyon, rendit en 1937 un hommage mérité à ses devanciers. Les traités de chasse se multiplièrent à partir du XIIe siècle, consacrant d'importants chapitres à l'analyse des traces de pattes. Au XIV apparaissent des analyses comparatives des traces et les procédures pour développer le sens de l'observation et de l'induction.

Des traces de pattes aux empreintes digitales il n'y a qu'un pas.

C'est en Asie, dès le VIIe siècle, qu'apparait l'utilisation de ces empreintes, en Chine, contrats de divorce ou reconnaissances de dettes portent celles des personnes incapables de signer. En Europe elles apparaissent au milieu du XIIe, au revers de certains sceaux en cire. Ces pratiques existaient déjà à Babylone il y a cinq mille ans. C'est pourtant en Europe que paraissent les premières études scientifiques consacrées aux empreintes digitales. Le médecin et anatomiste italien Marcello Malpighi publie en 1686 une étude sur ces dessins sans pourtant envisager la moindre application policière.

Il faut attendre les années 1820 pour que le toxicologue Mathieu Orfila propose de les utiliser dans les cas d'infanticide. Il incite ses collègues à regarder avec soin les traces sur le cou du nouveau-né pour déterminer s'il s'agit d'une mort accidentelle ou criminelle. Dès 1857 en Inde, un fonctionnaire chargé du versement des pensions, William Herschel, utilise les empreintes pour identifier les fraudeurs qui tentent de percevoir leur pension à plusieurs reprises. Au Japon, le médecin écossais Henry Faulds tombe par hasard sur des poteries portant des empreintes digitales, il se met à les étudier. Ses travaux donneront en 1880 un article fondateur dans la revue Nature où il suggère d'utiliser les traces digitales sur une scène de crime. D'autres, à la même époque arrivèrent à la même conclusion. Une lettre retrouvée récemment, écrite en 1840 par le Dr Robert Blake Overton, à la suite de l'assassinat du politicien William Russel. Son auteur y suggère clairement d'utiliser les empreintes des suspects pour les comparer avec les traces relevées sur les draps et l'oreille de la scène de crime. En 1863 des travaux conduits par Paul-Jean Coulier et publié dans L'année scientifique et industrielle évoquent l'emploi des empreintes et donne un moyen de les faire apparaître. Coulier précise ''qu'il ne serait pas impossible de reconnaître à ces vestiges l'individu qui aurait touché le papier''.

Malheureusement cet article fut ignoré par les services de police et de justice.

Depuis les experts, et leurs tenues blanches, sont présents sur bien des scènes de crimes. Des progrès ont été fait et les techniques se sont améliorées. N'oublions pas d'où elles viennent et remercions Nicolas QUINCHE pour son passionnant article.

 

Et je pourrais continuer à exploiter ce magazine tant il est riche et varié. Les articles sur les yeux, sur les graphes où comment donner à voir le vide quantique, sont aussi passionnant. J'ai privilégié celui qui nous concernait et faisait le point sur le chemin probablement parcouru par nos ancêtres.

 

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
commenter cet article
8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 07:43

Pour la science 445 -9

Le bond technologique décisif de nos ancêtres

Les premiers Homo sapiens vécurent longtemps comme leurs contemporains, Homo erectus et Homo neanderthalensis. Il y a 50 000 ans pourtant nos moyens de subsistance de sont complexifiés : outils de pierre spécialisés, outils d'os, utilisation des ressources marines... la liste est longue. Cette révolution technique fut décisive pour notre espèce puisqu'elle entraîna l'augmentation de la densité des populations, son expansion vers de nouveaux environnements ou l'extinction de la mégafaune du Pléistocène supérieur et des humains archaïques.

 

L'une des premières explications de ce bouleversement fut que les comportements humains modernes seraient apparus à la suite d'un changement génétique qui aurait affecté notre fonctionnement cognitif. L'amélioration de nos capacités nous aurait permis de solutionner des problèmes auparavant insurmontables.

Il semble que l'humain moyen a une intelligence supérieure à celle du chimpanzé moyen, pourtant nos capacités cognitives paraissent insuffisantes pour expliquer le succès écologique de notre espèce.

Imaginons-nous, vous ou moi, dans une région hostile ou pourtant des groupes humains vivent depuis longtemps. Le nord du Canada par exemple. Ni vous ni moi armés de notre seule intelligence ne survivrait dans cet environnement. Des événements passés font office d'expériences, un groupe d'explorateur disposant de vivres importantes est coincé dans un milieu inhabituel, malgré le temps dont il dispose pour s'adapter il est rare que cela arrive, et quand cela arrive c'est avec l'aide des populations locales.

L'auteur, pour illustrer son propos, cite Bernard de Chartres, philosophe platonicien du XIIè siècle : Nous sommes comme des nains sur des épaules de géants. Nous voyons mieux et plus loin qu'eux, non que notre vue soit plus perçante ou notre taille plus élevée, mais parce que nous sommes portés et soulevés par leur stature gigantesque. Si l'espèce humaine est capable de produire de tels accomplissements c'est en raison de sa capacité à accumuler de la connaissance à travers les générations.

Les outils complexes résultent de l'accumulation de changements mineurs. Les groupes humains bénéficient de techniques élaborées fruit de la modification progressive et transgénérationnelle de techniques ancestrales : la culture cumulative, transmissions des innovations et progrès à des individus qui les amélioreront. Elle permit à notre espèce de coloniser des environnements différents.

Aucune autre espèce ne semble capable d'accumuler les innovations culturelles comme le fait l'espèce humaine. Lorsqu'une apparaît au sein d'un groupe humain la probabilité qu'elle soit transmise est supérieure à ce qui est observé chez les chimpanzés. L'apparition d'un système de ''pédagogie naturelle'' a pu contribuer à l'apparition de la culture cumulative. L'utilisation d'un langage articulé facilitant cette transmission. L'ignorance des origines du langage fait que leur relation est spéculative. Le développement de la syntaxe permettant la création de phrases pourrait lui-même être une conséquences de l'apparition de la culture cumulative.

L'explosion culturelle du Paléolithique supérieur n'a pas été homogène, ni dans l'espace ni dans le temps, suggérant que la complexification culturelle ne résulte pas directement de l'apparition soudaine de capacités individuelles spécifiques, d'autres facteurs sont susceptibles de déclencher l'émergence ou la disparition de pratiques culturelles complexes.

La bonne nouvelle est que la culture cumulative est un processus auto-catalytique : de nombreuses innovations culturelles renforcent les facteurs responsables de son évolution. L'imprimerie permit de stocker l'information, ce qui l'a préservée de l'extinction en favorisant sa diffusion, plus récemment, Internet a encore facilité l'échange d'informations entre des personnes éloignées, générant des réseaux sociaux considérables. Ces inventions ne sont que deux des nombreuses innovations culturelle qui ont amélioré, et améliorent encore, le processus de culture cumulative. La connaissance étant elle-même un produit de la culture cumulative, parions, avec Maxime Derex que les secrets de notre histoire évolutive ne le resteront pas longtemps.

 

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
commenter cet article
4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 07:37

Pour la science 445 - 8

L'outil a-t-il forgé l'homme ?

Le passage de nos ancêtres arboricoles à Homo sapiens fut rapide grâce à la combinaison d'innovations culturelles et d'aléas climatiques.

Nous sommes d'étranges primates, note Ian Tattersall. Nous marchons debout, en équilibre instable, balançant notre corps pesant sur deux pieds courts. Notre tête est grosse avec un visage minuscule, de petites mâchoires et une boîte crânienne en forme de ballon. Nous déconstruisons mentalement notre environnement et nos expériences intérieures en symboles abstraits avec lesquels nous produisons de nouvelles versions de la réalité : nous sommes capables de décrire ce qui est et d'envisager ce qui pourrait être. Il semble que nous soyons les seuls capables de le faire.

(Pour autant que ce soit une qualité !)

Il y a 7 millions d'années notre précurseur ressemblait aux grands singes, était arboricole, portait son poids sur quatre membres et présentait une grande face prognathe avec de puissantes mâchoires et une petite boîte crânienne. Ses capacités cognitives devaient être celles d'un chimpanzé moderne. Intelligents, capables de s'adapter à leur environnement, de reconnaître et de combiner les symboles, les grands singes modernes ne paraissent pas capable de construire de nouvelles réalités.

(voir plus haut ! C'est un trait de Homo Sapiens de se regarder en prenant ce qu'il est pour le mieux possible.)

7 millions d'années semblent une longue durée, mais pas pour ce type de transformation. Pourquoi l'évolution au sein de notre famille a-t-elle été si rapide ? Quel est le mécanisme à l'origine de cette accélération ? La réponse ne peut se trouver que dans la capacité de nos ancêtres à relever les défis en produisant des outils, des vêtements, des abris, du feu... Au fil des découvertes le scénario de notre évolution s'affine. Celle-ci se serait accélérée sous l'action conjointe d'importantes fluctuations climatiques et de la culture matérielle. L'usage d'outils et d'autres techniques permit aux premiers hominines d'occuper de nouveaux milieux, d'éclater en de nombreuses populations. Certaines survécurent, jusqu'à ce qu'une s'impose dont nous sommes les représentants actuels.

L'abandon des arbres modifia notre anatomie et ouvrit la voie à d'ultérieures adaptations mais sans accélérer les événements. Pendant les premiers millions d'années de son existence les hominines ont évolué comme tout groupe de primates. L'arbre de parentés était touffu, toutes n'adoptaient pas le même comportement. Le plus adapté aux circonstances survécut.

Le débat continu pour déterminer qui représenterait la plus ancienne incarnation du genre Homo, tous les scientifiques sont cependant d'accord sur le fait que les premiers hominines présentaient des proportions équivalentes aux nôtres et apparurent il y a moins de deux millions d'années. Ils marchaient debout, vivaient dans la savane dégagée et avaient probablement une alimentation riche en ressources animales. Si à cette époque leurs cerveaux étaient équivalent à ceux des premiers bipèdes, il doubla de volume en un million d'année seulement. Il y a 200 000 ans, il avait de nouveau presque doublé. Accroissement noté chez Homo neanderthalensis, en Europe, Homo erectus, en Asie, et Homo sapiens, en Afrique. À mesure que des individus dotés de cerveaux plus gros prospéraient, la population devint plus intelligente et produisit outils et autres innovations qui contribuaient à une adaptation plus efficace à l'environnement.

D'autres facteurs que la pression environnementales et la culture matérielles durent intervenir, notamment la taille des populations. Trop vaste et dense elle a trop d'inertie génétique, de petites populations isolées se différencient les unes des autres. Il doit exister une taille intermédiaire favorisant l’incorporation durable d'innovations génétiques et culturelles.

Durant les périodes clémentes les groupes acquirent diverses techniques, exploitèrent leur environnement, s'étendirent, quand les conditions se détérioraient de nombreuses populations auraient diminuées et se seraient fragmentées. Les groupes isolés auraient eus les caractéristiques idéals pour fixer des nouveautés génétiques et culturelles et connaître une spéciation subséquentes. Le contexte s'améliorant les populations survivantes, constituées des individus les plus adaptés, se seraient retrouvées.

Les autres avaient disparus. L'association des progrès cognitifs, des innovations culturelles et des changements climatiques permit à nos ancêtres de survivre et de s'imposer. Homo sapiens bénéficiant d'un stimulus culturel décisif : l'invention du langage.

L'idée d'une évolution voyant notre espèce apparaître au cours d'une séquence rapide d'événements aléatoires, indépendants des qualités spécifiques de nos ancêtres, est moins spectaculaire que l'idée d'un perfectionnement graduel au fil du temps, mais elle est plausible : malgré ses qualités, Homo sapiens est une espèce imparfaite.

Notre composante culturelle nous permit d'être moins modelés que d'autres espèces animales par l'évolution, ainsi ne sommes nous pas parfaitement adapté à notre environnement et à des tâches précises, en revanche nous disposons d'un libre arbitre (une conscience?) dont manquent les autres espèces. Nous pouvons faire des choix concernant notre comportement et il est de notre devoir d'en assumer la responsabilité.

(Encore qu'à mon avis ce ne soit pas toujours vrai, loin de là, peut-être, plutôt que de chercher ce que nous avons de plus, de mieux, devrions-nous chercher ce qui nous reste de nos ancêtres, quel legs nous dirige sans que nous le réalisions toujours. Nous sommes plus animaux que d'aucuns veulent, ou peuvent, le reconnaître. Mais cela est une autre histoire.)

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
commenter cet article

Présentation

  • : Lire au nid
  • Lire au nid
  • : Mes (ré)créations littéraires et photographiques.
  • Contact

Bienvenue...

Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

Rechercher

Pages