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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 08:00

01net N°845

RESTAURER LA MÉMOIRE (JMP)

À mesure que la science perce les secrets du cerveau elle imagine les technologies pour décupler ses facultés.

Dans Matrix il suffisait à Neo de connecter son cerveau à un ordinateur pour maîtriser les notions du Kung-fu. Le film approche des 20 ans mais des chercheurs de l'Agence pour les projets de recherche avancée de défense (Darpa) travaillent sur un dispositif semblable. Le projet RAM (restauration active de la mémoire) Replay du docteur Praveen Pilly vise à doper ses performances en stimulant l'apprentissage durant l'éveil et la consolidation de la mémoire pendant le sommeil. Des tests sur des volontaires n'ont pas commencé mais le docteur PP imagine la suite, la mise au point d'un casque à destination du grand public associé avec le fabricant ibérique de stimulateurs cérébraux Neurolectrics et l'étasunien Soterix Medical.

Pourtant là n'est pas la solution contre la maladie d'Alzheimer. Elle pourrait venir de l'université de Californie du Sud et du Wake Forest Baptist Medical Center en Caroline du Nord. Cette fois les électrodes ne seraient posées sur le crâne mais implantées directement dans le cerveau et destiné à dévier les informations sensorielles qu'il reçoit vers une région non endommagée de son hippocampe, le siège de la mémoire à long terme qui se détériore chez les malades d'Alzheimer. En imitant le fonctionnement des cellules du cerveau, le greffon high-tech inventé par les professeurs Theodore Berger et Dong Song font l'interprète entre le lobe frontal et l'hippocampe pour y injecter des souvenirs. Au-delà du traitement des maladies neurodégénératives c'est le moyen de booster la mémoire de tous. L'algorithme au cœur de la puce pilotant les microélectrodes oriente et traduit les signaux électriques circulant dans le cerveau pour que l'hippocampe les comprenne. Celui-ci pourrait nous aider à apprendre plus vite et à ne rien oublier.

Quand il sera finalisé, ce qui n'est pas pour tout de suite.

Sans aller si loin le remède contre Alzheimer pourrait se trouver à Toulouse, au Centre de recherches sur la cognition animale où l'équipe de Claire Rampon et Kevin Richetin a réussi à rendre la mémoire à des souris atteintes de cette pathologie en utilisant un virus modifié qui, injecté dans l'ADN de cellules souches de futurs neurones, les forces à se développer normalement.

Que donnerait ce traitement sur des souris saines ? ''Peut-être une amélioration des capacités cognitives que nous n'avons pas mesurée'' admet Claire Rampon.

 

GREFFER UN ORDINATEUR AU CERVEAU (FB)

 

Dans quelques décennies nos smartphones seront inutiles. Tout sera dans notre tête.

 

Jan Scheuermann est quadriplégique suite à une maladie génétique. Elle a pourtant réussi à faire voler, en simulateur, un F-35 par la pensée, du moins grâce à deux implants de la taille d'un petit pois nichés dans son cerveau.

Une expérience menée par la Darpa. Au lieu de penser à actionner le joystick comme les pilotes, elle a pensé à contrôler l'avion directement, expliquait Arati Prabhakar, la directrice de la Darpa.

Vers 2040-2050, l'hybridation entre cerveau et technologie devrait bouleverser notre mode de vie. Nous aurons des armées de nanorobots qui augmenteront nos capacité. Pour l'instant un message a été envoyé d'un cerveau à un autre par l'intermédiaire du web mais en utilisant un dispositif très lourd. Il n'en est pourtant qu'au début. Si l'on parvient à transcrire en langage informatique les actions des neurones on peut envisager de contrôler n'importe quelle machine par la pensée : ordinateur, véhicule ou une chaîne d'assemblage dans une usine. L'armée n'y voit que des avantages, moins d'hommes sur le terrain et un centre de commandement réduit à des pilotes de drones volants, terrestres ou sous-marins, affublés de système de pilotage par la pensée plus rapides et plus réactifs.

Pour vous et moi il s'agirait de lancer une machine à laver ou un robot-aspirateur en y pensant ou de se connecteur au Net pour obtenir une réponse instantanément.

Il faudra pour cela cohabiter avec l'intelligence artificielle faisant interface. Celle-ci est riche de promesses, et, pour certains de menaces [comme si la connerie naturelle n'était elle pas plus performante dans ce second domaine!]. La solution sera dans l'hybridation entre l'IA et nous. Certains n'y voient qu'un accroissement de notre logique ce à quoi l'intelligence humaine ne saurait se réduire. Nos peurs, imaginaires, dons artistiques et humour continueront de nous différencier des ordinateurs [ça reste à prouver], et des autres humains [ça aussi]. Des milliards de variables difficilement assimilables par des machines. [encore une fois l'auteur fait preuve d'anthropolatrie en considérant le modèle ''humain'' comme le meilleur].

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 07:33

01net N°845 – (Fabrice Brochain, Jean-Philippe Pisanias, Jean-Marie Portal et Daniel Rosemont)

 

Dans un siècle cerveau et technologie seront intégrés et notre vie sera différente. Sera-t-elle meilleure ?

 

Le réveil du lundi est le plus difficile. Vous arrivez au travail avec la sensation d'avoir oublié quelque chose. Et cela vous revient brusquement : la réunion avait lieu à 8h30, il est 9h15. Bernard vous le fait remarquer ! C'est bien de lui ça.

Dommage de ne pas avoir une barrette de mémoire en plus.

Aujourd'hui c'est impossible, demain... Des scientifique de Californie du Sud cherchent à implanter des réseaux d'électrodes dans le cerveau pour apprendre plus vite et mieux mémoriser. Il sera possible de se brancher sur le Web, de piloter sa machine par la pensée. Chouette !

Mais comment utiliser un cerveau si performant dans un corps abimé par l'âge. La solution est simple, le laboratoire United Therapeutics y travaille : implanter un clone numérique du cerveau dans un corps artificiel, ou un ordinateur. Serait-ce encore vivre, ça...

 

Stimuler les cellules souches et régénérer les neurones c'est déjà possible (entretien avec Thierry Hoquet)

 

Aujourd'hui pour doper le cerveau nous utilisons repos, sucre et café, demain, porter un casque connecté pourrait être plus efficace, ou, mieux, implanter une puce dans la matière grise.

François Berger est neurocancérologue au CHU de Grenoble et Thierry Hoquet est philosophe, ils nous demandent d'y réfléchir à deux fois. [chose facile quand ce n'est encore qu'hypothétique]. Le premier est opposé au transhumanisme [comme il y a quelques siècles il était interdit de toucher aux cadavres], le second est spécialiste de Darwin et des cyborgs. Ils s'accordent sur un point [un dogme], un cerveau humain est toujours un trésor immémorial à préserver des utopies technologiques.

Hoquet doute de l'intérêt de s'assurer d'un bétail humain plus efficace et rentable, son partenaire veut poser un interdit, craignant les effets secondaires de manipulations pouvant aboutir à modifier la pensée humaine [pourquoi ne pas interdire alors idéologies politiques et théismes de tous ordres?].

Pas question pourtant de se reconnaître bioconservateurs. Berger évoque son travail sur une interface cerveau-machine pouvant donner une parole synthétique à un muet. Un implant profond vient de permettre à un handicapé d'activer ses bras. Pour Hoquet, la mémoire est un enjeu face aux maladies dégénératives. Un capital qui s'use quand on ne s'en sert pas. La nanoélectronique pourrait être la solution. Il sera possible, bientôt, de régénérer le cerveau en utilisant les cellules souches pour créer plus de neurones, ou, à l'inverse, en empêchant le développement de cellules tumorales.

Pourquoi infliger un implant à son cerveau ? Pour apprendre une langue, par exemple, il suffit d'utiliser une interface externe de traduction [en cours de mise au point]. Le philosophe le souligne en évoquant Gunnm et Ghost in the Shell, êtres qui n'ont de biologique que leur matière grise et de la moelle épinière. Le cerveau est une frontière [aujourd'hui], dans l'imaginaire il représente l'intouchable. FB affirme que les transhumanistes veulent fabriquer des humains hypermnésiques et immortels. Du charlatanisme hérité d'une vision obsolète du cerveau. Aucun signe d'humanité là-dedans. Notre capacité à inventer, aimer, pleurer est unique et résulte d'une complexité symbiotique inouïe [l'homo sapiens prend ses capacités pour des qualités].

Il existe aujourd'hui des appareils de SETD (stimulation électrique transcrânienne directe) proposant des exercices de neuroamélioration. Des promesses faites par des industriels qui veulent gagner de l'argent même si les perspectives de ces machines sont intéressantes par des exercices de neurofeedback. La plasticité cérébrale est magique. TH souligne la beauté de l'apprentissage, servitude rendant capable de choses inédites et admirables.

Les techniques utilisées pour traiter les cas de dépressions extrêmes pourrait ''traiter'' les déviants agressifs ou sexuels. La lobotomie fonctionnait dans des cas rarissimes de syndromes obsessionnels gravissimes. En dehors de ce cadre ses effets étaient dévastateurs [mais peut-être voulus].

TH le soutient, les humains se méfient des prothèses, voient d'un mauvais œil la chirurgie esthétique, dénoncent le dopage, condamnent les personnes ''trafiquées''. Ils préfèrent valoriser les ''bien nés''.

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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 08:31

En 1969 les éditions de L'Herne publient un cahier LOVECRAFT sous la direction de François Truchaud qui en rédige la préface : The dream-quest of Howard Phillips Lovecraft.

Subtile présentation, la confrontation en même temps que l'intrication d'un homme et de son œuvre, les deux faces d'une seule pièce. Un homme qui rêve son univers sans que sa vie soit beaucoup plus réelle, sinon en de rares occasions qui ne lui donnèrent pas envie de quitter la première pour la seconde. Tant mieux, elle lui permit, et lui permet encore, d'exister. Preuve que ce verbe n'est pas le synonyme de vivre. Regardez autour de vous et voyez combien de personnes vivent sans exister.

À moins que ce ne soit le contraire !

Truchaud fait un parallèle entre Arkham et Providence, évoque l'enfance de l'auteur, sans savoir ce que l'on en connaît maintenant, note la rareté de l'alimentation, normale, dans ses récits, comme de celle des femmes, il doit y en avoir deux qui aient un véritable rôle.

Pierre Versins évoque la rencontre entre Lovecraft et son public à travers Weird Tales. Aurait-elle eu lieu sinon ? Un auteur existe-t-il sans être lu ? Probablement pas, encore que Howard n'en aurait peut-être pas été perturbé davantage tant l'ambition n'était pas le trait dominant de sa personnalité. Il suffit de lire le courrier qu'adressa Lovecraft à Edwin Beard, premier rédacteur en chef de la revue, comment il se présente, pour le comprendre. En outre Versins scanne littéralement le corpus lovecraftien, dressant la liste des dieux, des lieux...

Gérard Klein situe HPL au point de rencontre entre le fantastique et la science-fiction même si la forme littéraire de l'auteur s'inspire du fantastique, les contes débutent dans la normalité, c'est ensuite que les choses s'altèrent ou que reviennent des souvenirs qu'il eut mieux valu oublier. Pour autant il n'y a pas de surnature chez lui, ses thèmes relèvent davantage de la S-F tout en étant un critique de l'humain, de ses faiblesses et illusions. Visions pessimistes diront ceux qui croient en l'Homme, lucide diront ceux, avec Howard, et, modestement, moi, qui le voit comme un maillon perdu le long d'une chaîne dont il ne peut rien comprendre, qui l'effraie au point qu'il veuille lui, et se, trouver une raison d'être.

Hannes Bok

Comment ne pas évoquer la remarquable analyse par Claude Ertal de Démons et Merveilles, rapproché du rêve et de l’écriture, formant ainsi les points cardinaux d'un monde où se perd qui s'y trouve, se trouve qui le cherche.

Tous les articles seraient à évoquer, tous les auteurs à citer, chacun ajoutant un trait au portrait du pseudo reclus de Providence.

Virgil Finlay 

S'y ajoutent des textes inédits, à l'époque, et, pour la réédition en 1984, une postface, toujours de François Truchaud qui constate le chemin parcouru, la meilleure compréhension de l’œuvre et la place prise par l'auteur, et l'opportunité de découvrir d'autres auteurs, ignorés en 1969.

De l'eau a coulé sous les ponts d'Arkham depuis 1984. Le portrait

d'Howard est de plus en plus précis, entre obscurité et zones plus sombres encore. Le mythe de Cthulhu a grandi pour autant qu'il ne soit pas devenu un culte. Qui sait si ce n'est pas ce que l'habitant de R'leyh voulait, ne plus être craint mais espéré, pour se réveiller et revenir.

Si même la mort peut mourir, alors que va-t-il advenir des vivants ?

S'il en reste !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Lovecraft
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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 07:47

01Net n°845 (Gabriel Simeon)

 

Mark Bertolini, patron étasunien d'un assureur, vient d'offrir à ses employés un bracelet connecté en les incitant à le porter la nuit pour les motiver à dormir le temps nécessaire à une meilleure efficacité le lendemain au travail.

Chaque semaine sort un objet connecté proposant d'analyser notre sommeil, de prodiguer les conseils nécessaires à son amélioration, ou capable de nous endormir mieux et plus vite.

Le sommeil est le reflet de notre santé résume Pierre-Hervé Luppi, chef de l'équipe Sleep au sein du Centre de recherche en neurosciences de Lyon. Or nombre de personnes ont des difficultés dans ce domaine.

Un tiers des Français souffrirait de troubles du sommeil, un problème motivant les marchands à chercher les technologies pouvant guérir ces mots. Certains proposent des bruits d'ambiance, d'autres analysent la qualité de nos nuits, évaluant durée et profondeur du sommeil. Deux critères important confirme Pierre-Hervé Luppi. Des applis prétendent distinguer nos stades de sommeil, mouvements, respiration et ronflements, le logiciel étudiant notre activité nocturne suggérerait des astuces pour l'améliorer ou saurait quel est le bon moment pour déclencher un réveil en douceur.

Certains veulent nous endormir en favorisant la production de mélatonine. D'aucuns en régulant la température du dormeur, d'autres avec la luminothérapie, produisant une lumière rouge quand le rayonnement bleu de nos écrans entrave la production de mélatonine.

Un bandeau permettrait de prolonger les phases de sommeil profond en diffusant des sons au cerveau. Une méthode dont rien ne montre l'efficacité. Distinguer les étapes du sommeil est difficile en laboratoire avec des électrodes, avec un bandeau c'est improbable.

De l'arnaque affirme Sylvie Royant-Parola, du marketing. La collaboration avec les scientifiques se fait lors de la conception du projets, ils ne sont plus intégrés à la suite des travaux, finalisation et tests. Aucune étude indépendante ne prouve que ces dispositifs influent sur notre sommeil. La seule utilité des instruments qui enregistrent les tendances du sommeil plusieurs nuits d'affilée est leur évolution.

 

Il existe sûrement des moyens d'améliorer le sommeil, en changeant d'habitudes ou d'alimentation, inutile de dépenser son argent en gadgets ! 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 07:11

Franck Thilliez – 2004 – La Vie du Rail / 2007 – Pocket

 

Un orage d'été éclate au-dessus de Lille. Il se souvient de son inquiétude en constatant l'absence de Suzanne. Il descend au garage, remarque la caméra de surveillance brisée et, près du box 38, la pince à cheveux de son épouse.

Depuis six mois elle n'a pas donné signe de vie, et s'il revient dans ce bar c'est que c'est celui où ils firent connaissance.

 

Mais la vie continue, et une nouvelle enquête se présente. Normal pour un commissaire de la criminelle. Martine Prieur a été tuée chez elle où elle vivait seule depuis la mort de son époux l'année précédente. Un crime horrible, le corps nu de la victime était retenu à deux mètres du sol par les crochets. Deux au niveau des omoplates, deux à celui des lombaires, deux à l'arrière de cuisses et deux dans les mollets. Il présentait 48 entailles réalisées au cutter industriel. La tête était posée sur le lit, tournée vers son propre corps. Les yeux avaient été arrachés puis remis en place, tournés dans la direction voulue.

Le tueur n'avait pas hésité à apporter tout le matériel dont il avait besoin pour sa mise en scène, laquelle prouvait préparation, calme et une absence totale d'émotion.

 

Les détails viendront de l'autopsie pratiquée par un spécialiste de la maison, surnommé Dead Alive. La victime saliva beaucoup sans que le légiste put l'expliquer, et son supplice dura plusieurs heures. Détail, une pièce de cinq centimes sous la langue. Histoire de faciliter son passage dans l'au-delà sans doute ! Et pour finir, un litre d'eau retrouvé dans son estomac. Le plus étrange, et inquiétant, pour Sharko était l'absence de rapport sexuel.

Quel mobile alors ?

Et ce tueur pourrait réitérer proposa son adjoint, Sibersky.

 

Le lendemain, en lisant ses mails il voit un message titré : Alors, ça t'a plus ? Signé xxx. Le texte, sous la photo d'un fermier, évoquait une demoiselle rencontrée récemment, suivait la lettre écrite à la mère de celle-ci, évoquant les tortures infligées à sa fille et le plaisir pris à travailler sur la toile d'un corps si sublime, velouté, presque feutré. La missive avait pour paraphe : Quelqu'un qui, désormais, compte pour vous plus que quiconque... L'ayant lu Sharko appela Sibersky pour qu'il intercepte le mail avant que sa destinatrice l'ouvre.

Thomas Serpetti avait fait fortune avec Internet, depuis il s'occupait de son réseau de trains miniatures. Le policier l'avait rencontré sur un forum traitant de la schizophrénie. Le frère de sa femme, comme celui de Thomas, étaient des schizoïdes paranoïaques. Pour s'occuper Serpetti traquait les délinquants du Net, collaborant avec les services officiels. Il pourrait retrouver l'expéditeur du mail. En attendant pourquoi ne pas s'intéresser à la photo, une simple loupe peut faire merveille. Visiblement elle contenait un message, restait à le lire.

 

Histoire d'augmenter ses chances de trouver le tueur, Sharko décide de consulter, non pas un profiler, mais un psycho-criminologue. Une nouveauté pour lui, mais les conférences d'Élizabeth Williams étaient empreintes de magie, elle savait transporter au devant du tueur ses auditeurs, jusque dans les méandres tortueux de son esprit. La personne adéquate pour traquer le nouveau type de tueur qu'il sentait s'approcher.

 

Sibersky ne put empêcher la mère de Martine Prieur de lire le message, celui-ci avait été glissé sous sa porte. Suite à sa lecture elle avait tenté de se suicider. Mais l'eau a parlé, retrouver d'où elle vient serait d'une grande aide. Pour l'instant les constatations ne font que montrer les connaissances du criminel des méthodes de la police scientifique. La preuve, des indices, laissés volontairement, vont conduire la police en Bretagne. La chasse est lancée.

Pour s'occuper Sharko fait rouler la locomotive miniature offerte par Serpetti. Rien de tel pour se détendre.

 

En Bretagne son enquête va trouver une autre femme morte, depuis quelques temps, d'un simple accident d'escalade.

Simple ?

 

Rosance Gad était tout le contraire, son goût, et son expérience, du sadomasochisme le prouvait.

 

Et si le manque de rapport sexuel avait causé l'orgasme du tueur ?

 

Cette Rosance était trop intéressante pour que Sharko ne veuille pas en apprendre plus, faute de pouvoir la rencontrer, en chair et en cuir. Justement son père habite à proximité, et son corps n'attend que de revoir le jour...

Le roman commence mal pour Sharko, mais il continue de façon bien pire. J'aurais lu ses aventures à l'envers, perdant ainsi certains des effets de surprise semés au long des pages. Un escalier pour descendre au plus profond de l'âme humaine, de ses vices et perversions.

Vous êtes prévenu.

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 07:38

Henri VernesGérald Forton – Marabout 1963

Singapour, le quartier chinois semble calme. Une inconnue dans un taxi voit qu'elle est suivie par un véhicule qui brusquement la dépasse et bloque sa voiture. Des hommes en descendent, ils se ressemblent comme trois gouttes d'eau et invitent miss Evans à descendre pour grimper dans leur voiture.

Fort opportunément arrive Bob Morane et son inséparable ami, Bill Ballantine. Ils se lancent à la poursuite des kidnappeurs. Morane, pour les tromper, sort de la route, se cache, éteint ses phares avant de repartir.

Ainsi voient-ils l'autre voiture s'engager sur une route à flanc de colline. Bob et Bill s'arrêtent puis s'approchent discrètement. Ils voient donc les triplés questionner miss Evans sur le voyage de son père à Bornéo, à Batang-Lupar, dans la zone ''Z''. Elle répond que celui-ci est allé étudier les mœurs des orangs-outans. La réponse n'est pas acceptée par les trois hommes qui commencent à évoquer de la couper en morceaux, à commencer par un doigt.

Il faut agir, nos amis frappent à la porte puis se dissimulent dans un fourrés, à la faveur d'un nouveau stratagème ils pénètrent dans la maison, repèrent les lieux puis attaquent les frères pour libérer leur victime.

3 contre 2, c'est trop facile pour eux, mais alors qu'ils pensent l'avoir emporté d'autres hommes surviennent, armés. Bill brise l'ampoule éclairant la pièce, profitant de la pénombre il s'enfuit avec son partenaire. La poursuite automobile s'inverse.

Mais Morane manque perdre le contrôle de leur cabriolet à la suite de l'éclatement d'un pneu. Arrêtés ils sont rejoint et doivent suivre les malfaiteurs jusqu'à un yacht où l'interrogatoire de la jeune femme reprend. Le chef de la bande raconte. Il y est question d'un aérolithe apparemment fait d'un métal capable de supporter de très hautes températures. Synthétisé le métal fut utilisé pour construire une fusée expérimentale qui, échappant au contrôle, s'écrasa, à Bornéo. La région fut nommé zone ''Z''. un gouvernement mandata un truand pour récupérer un peu de cette fusée, lequel fit enlever miss Evans, pensant que son père était parti récupérer l'engin spatial.

Pour gagner du temps Morane affirme connaître les chefs des tribus Dayaks.

Bien vu, il fera partie de l'expédition.

Au cours du voyage ils croisent une jonque d'où un homme leur affirme avoir été attaqué par les dayaks et être le seul survivant. Morane insiste pour s'approcher, ils pourraient en savoir plus. Mais il s'agit d'un piège et l'homme sort une arme, se présente, Guen Hong, le pirate. Il met une arme sur le chef des criminels et impose sa loi.

Dans leur cabine, enfermés, Bob et Bill entendent des bruits de fête, puis le silence. Pourquoi ne pas aller voir ?

Ils découvrent Guen Hong et ses hommes, ivres. Leurs geôliers ont disparus. C'est l'occasion de s'enfuir, en barque. Direction la côte. En chemin ils croisent des dayaks, dont justement Kayan, un chef important, et un ami des deux aventuriers. Il va cacher les trois évadés quand, contre toute attente, pirates et criminels se seront mis d'accord.

La course commence pour rejoindre le professeur Evans. Morane et ses amis sont avantagés par leur connaissance du terrain et des autochtones qui vont les aider à progresser pour atteindre Evans puis l'avion sans ailes. Il ne leur faudra pas beaucoup de temps pour retrouver l'épave. De leur côté les truands n'ont pas chômés et arrivent derrière eux, les menaçant encore une fois pour aller jusqu'à la fusée.

 

Impossible de refuser. Morane accepte donc, n'attendant que l'occasion de renverser les rôles. Mais entre temps le métal s'est mis à fondre, une goutte tombe même sur le chef, qui n'y prête pas d'importance. Jusqu'à ce qu'il ait un malaise sur le chemin du retour. L'occasion est trop belle pour nos amis qui reprennent la fuite. Alors qu'ils reviennent au camp et retrouvent leur ami Awat, celui-ci leur fait part de ce qui arrivé au chef des criminels.

 

Il est mort mais d'une manière incroyable, alors que la fusée semble se liquéfier.

 

Que se passe-t-il dans cette région de Bornéo ? Comment Bob et ses amis vont-ils s'en sortir, car il est évident que ce sera le cas ?

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 07:14

Scénario : Xavier Dorison – Dessin : Christophe Bec – douleurs : Homer Reyes – Les Humanoïdes Associés – 2002

 

1935, Désert du RAS, Shamra, Syrie. Herr Gotz s’impatiente, mais Kämper n'est pas devin, il ne peut préjuger de ce qu'il trouvera. De plus il est conscient des risques, lui.

Un manœuvre vient leur annoncer qu'un accès a été trouvé.

Le puits des abîmes a été découvert ! La grande découverte promise est là.

Sanctuaire - T 03 - MÔTH

Dans la méditerranée récupérer le bathyscaphe est périlleux, June manque d'air, il doit se dépêché.

Les explorateurs du sanctuaire avancent, essayant d'échapper à la créature qui hante les lieux. Le climat n'est pas à l'entente, loin de là.

Le Nebraska a un nouveau chef, Collins. Lui aussi ne pense qu'à s'en sortir, avec le bathyscaphe, et tant pis s'il faut sacrifier le reste de l'équipage. Heureusement June n'est pas de cet avis et se fait un plaisir de le lui faire comprendre. C'est lui qui est en charge maintenant, en attendant le retour, improbable, du commandant. En discutant avec le médecin, celui-ci évoque une espèce de suggestion venue de l'extérieur qui serait à l'origine des symptômes comme des comportements présentés. Nouvelle difficulté, le bathyscaphe a des réserves d'énergie faible, peut-être insuffisante pour le retour après avoir posé la bombe contre le plafond. Le médecin se propose, ce soir c'est lui qui est ''de garde''.

 

Il est l'heure d'aller placer la bombe ! Avec le bathyscaphe d'abord, puis quand il a lâché, avec le scaphandre. Le médecin s'éloigne, mais pas assez.

La bombe explose.

Le temps presse, s'il veut avoir une chance, le Nebraska doit partir, il ne peut attendre le commandant et ses hommes qui n'ont plus donné de nouvelles depuis un moment.

Sanctuaire - T 03 - MÔTH

 

Retour sur Otto Kämper, professeur d'archéologie à Düsseldorf, découvreur de la civilisation Ougarit, disparu en 1937. Les Russes auraient récupéré ses découvertes, et, comme les nazis, pris au pied de la lettre l'existence d'un dieu de la mort. Les textes parlent aussi d'un puits ayant permis la construction du sanctuaire, à l'époque l'endroit n'était pas immergé. Kämper affirma ne pas l'avoir découvert, un mensonge. N'étant pas nazi il est possible qu'il n'ait pas voulu que sa découverte tombât entre de mauvaises mains. Dans son livre une photo pourrait en être l'entrée.

Il faut repartir, June communique au commandant Hamish sa décision de partir et lui donne une sortie possible, direction plein nord. En attendant il continue à s'intéresser à la lecture des textes Ougarit trouvés. Il y est question d'une entité à l'appétit sans fin : Môth.

 

Justement Hamish fait face au puits, il peut passer s'il l'ouvre, et l'évidence s'impose que s'il le fait l'habitant du sanctuaire pourra sortir, retrouver le monde... alors que le commandant ne pense qu'à son fils, seul sur son lit d'hôpital.

 

Sanctuaire - T 03 - MÔTH

Plutôt qu'un sanctuaire c'est d'une prison qu'il s'agit !

La conclusion est évidente, nul ne doit en sortir vivant, il parlerait, d'autres expéditions seraient mises sur pied, et Môth sortirait.

 

June veut saborder le Nebraska, il est le seul. L'équipe se mutine, l’assomme, envoie un missile en direction du sanctuaire en poussant les machines pour remonter. Et ça marche.

Môth est libéré, ne reste pour June qu'à faire sauter les torpilles atomiques du submersible alors que le commandant...

Sanctuaire - T 03 - MÔTH
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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 08:00

Scénario : Xavier Dorison – Dessin : Christophe Bec – douleurs : Homer Reyes – Les Humanoïdes Associés – 2002

 

Un des premiers plongeurs progresse dans les ruines. Une lumière au bout du tunnel, il se précipite et découvre un espace immense, et des araignées qui grimpent vers lui. Qu'importe, il n'a pas peur et descend. Et tombe !

Sanctuaire - T02 - Le puits des abîmes

27 juin, le médecin, North, de l'USS Nebraska fait le point. D'abord la projection des films 8 mm retrouvés. On y voit l'embarquement à bord du Youbrenin, la présence de Nikita Khrouchtchev prouve l'importance de la mission, la quête d'une arme absolue. Le lieutenant n'y croit pas, il a d'autres préoccupations. Un des présents remarque sur le quai un homme tenant le livre d'un archéologue allemand livrant sa théorie sur l'existence d'une hypothétique seconde cité Ougarit.

Sanctuaire - T02 - Le puits des abîmes

Dans le sanctuaire la seconde équipe continue son exploration à la poursuite de l'équipe Alpha. À l'intérieur du submersible les travaux continuent pour remettre les réacteurs en marche. Il reste une heure pour trouver une idée, passé ce délai la seule solution sera l'emploi du bathyscaphe, qui n'a que six places !

 

Les explorateurs retrouvent le second plongeur, lui aussi présente les signes d'une grave infection, trop pour être sauvé. Les analyses montrent qu'il a fait une réaction à des piqures d'araignées ! Pour ne rien arranger un des marins est tué sans que les autres voient comment, à bord un autre est assassiné par un matelot l'ayant pris pour une créature étrange alors que d'autres affichent des comportements aberrants.

Le lieutenant prend la parole, et le pouvoir. Tout n'est-il pas de la responsabilité du commandant, qui n'est plus là ? À côté de lui son second, sûr que ses dents sont pleines de vers, se tire une balle dans la tête.

Petite éclaircie, le médecin a imaginé une sortie. Le sommet de la caverne sous-marine la plus haute n'est qu'à trente mètres de la surface, il suffirait de faire sauter ce barrage.

Simple, sur le principe !

Sanctuaire - T02 - Le puits des abîmes

Dans le temple de la discussion naît l'impression que les Ougarit ne l'auraient pas creusé pour leur dieu mais pour... autre chose, qui pourrait être encore là.

Il vont en avoir la preuve, brutalement. Se peut-il qu'une créature ait pu survivre des siècles, sinon des millénaires, seule, dans ce sanctuaire ?

Le lieutenant Kowaks préfère tenter sa chance avec le bathyscaphe sans tenir compte de l'avenir de ses collègues, qui essaient de l'arrêter. Sans cet engin tout espoir de survie disparaitrait.

Sanctuaire - T02 - Le puits des abîmes

Dans le temple les survivants découvrent une salle immense, des milliers de niches, et de squelettes. Les Ougarit probablement, il semble qu'ils soient tous venus volontairement, pour se donner la mort. Le seul moyen d'échapper à la créature qui les torturait pour se nourrir de leur souffrance.

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 08:00

Sanctuaire 01 – scénario : Xavier Dorison – Dessin : Christophe Bec – douleurs : Homer Reyes – Les Humanoïdes Associés

 
Sanctuaire 01

Berlin, 2 mai 1945. Le Kamarad Onoref exige une explication. Pourquoi fallait-il reprendre cette banque au prix de tant de vies ? Que ce soit un ordre de Staline ne le fait pas changer d'avis. Le colonel ne peut refuser une demande accompagnée d'une menace claire. D'accord pour en dire plus mais les deux hommes doivent descendre jusqu'à une porte surmontée d'une inscription en sumérien, un avertissement.

 

8 octobre 1957, Bassin du Levant, méditerranée. Privitch, le commandant du sous-marin veut refaire surface. Une partie de l'équipage a été éliminée, l'autre ne veut pas subir le même sort. Le colonel parle d'une découverte extraordinaire. Privitch refuse, pour être plus convaincant il jette une grenade, dégoupillée.

 

6 juin 2029, la radio diffuse l'évolution de l'enquête sur l'accident nucléaire de Hill Valley, les mesures de sécurité n'avaient pas été financées ! Jones vient chercher son commandant, avant d'aller au port celui-ci passe à l'hôpital voir son fils Mark,dans le coma. Il lui annonce qu'il part un mois avec le USS Nebraska. À son retour il démissionnera pour rester avec lui.

Sanctuaire 01

20 juin 2029, Plaine Abyssale du Levant. L'USS Nebraska, submersible de la classe Grayback, le top, avance. Le commandant est demandé au carré des officiers pour une raison exceptionnelle : son anniversaire. Il ne s'y attendait pas, encore moins à son cadeau, un chat, Sylvestre. Tant pis si les animaux sont interdits. Il est temps de souffler les bougies, et de faire un vœu.

 

24 juin 2029, un écho de type B4 est relevé par le sonar, à 1200 mètres de profondeur, à quelques milles de la côté syrienne. Le commandant note des comportements étranges, un écart de conduite n'a pas été signalé au navigateur par le pilote sans que celui-ci sache pourquoi, de même le navigateur, qui l'a remarqué, ne l'a pas signalé, sans qu'il sache pourquoi non plus !

 

25 juin 2029. le Nebraska approche de la source du signal qui vient du fond d'un tunnel assez vaste pour que l'engin passe. Il arrive dans une cavité haute de plus de 400 mètres.

La source du signal est bien visible : un autre sous-marin !

Des plongeurs découvrent un spectacle hallucinant. Le submersible repose sur un promontoire, mais devant eux une espèce de temple apparaît dans la lumière des projecteurs.

D'abord s'approcher du sous-marin, comprendre ce qui lui est arrivé. Les plongeurs entrent par une ouverture. Ils découvrent des corps, la source du signal, une balise de détresse, et d'autres victimes, enchaînées. L'explosion a eu lieu à l'intérieur, mais le plus intéressant est ailleurs : une photo d'une étrange idole.

 
Sanctuaire 01

Connaître l'identité de l'épave est facile, il s'agit du Youbrenin, sous-marin d'attaque soviétique datant de la fin des années 50. l'examen anthropométrique montre que son commandant était le colonel Orovitch. Impossible, il est censé avoir trouvé la mort au large de Mourmansk en 1944. de plus cet engin n'aurait pas dû se trouver là, à l'époque aucun ne descendait aussi bas, surtout en étant désarmé, à l'exception d'une paire de missiles atomiques. En plus il n'est référencé nulle part, ni par le KGB, ni par la CIA. Des cadavres d'hommes portant des uniformes inhabituels sont découverts, de même que des tablettes antiques, des documents historiques et 2 bandes 8 mm.

Pour le commandant pas question de rester davantage, sa mission n'est pas archéologique. À l'état-major de décider.

Un incident survient, un des plongeurs montre les signes de la peste septicémique et bubonique, sans trace de bacille, de virus, ni de rien. Les symptômes sont là, sans la cause.

 

Pendant ce temps l'exploration du sanctuaire continue, un levier est activé, un mur se soulève. Le temple s'ouvre ! Les plongeurs avancent, la porte se referme, coupant la communication.

Peut-être la solution est-elle dans ce que les Russes cherchaient, et la compréhension des textes retrouvés.

En attendant où est le chef machiniste Rutherford ? Une alerte sonne venant de la salle des machines. Il faut aller voir. Rutherford est devenu fou, il a tué deux collègues, mis à mal les machines et a disparu. Un voyant clignote, avertissant d'une surcharge et donc d'une explosion à venir. Impossible de l'empêcher, il faut fuir.

Le Nebraska souffre mais tient le coup.

Des morts, des blessés, le tunnel qui s'effondre, ça va mal.

Sanctuaire 01

 

 

Surtout quand le médecin avouera avoir trouvé sur de nombreux membres de l'équipage une dose élevée de dipodermine, une hormone présente chez les psychotiques, les personnes aux tendances violentes ou hallucinatoires. Une hormone de violence !

Repartir est difficile, la solution, si solution il y a, ne peut venir que de l'intérieur du sanctuaire.

Puisqu'il faut du temps pour relancer les machines, à minima, pourquoi ne pas l'utiliser pour jouer les explorateurs, en donnant une chance aux plongeurs disparus ?

 

Entre temps le médecin, le seul capable de lire les textes trouvés, affirme avoir réussi en utilisant les ressources de l'ordinateur de bord contenant la quasi totalité du savoir disponible. Il imagina utiliser la plus ancienne langue connue : l'Ougaritique. Il s'agit de poèmes et récits mythologiques, histoires de conflits entre les dieux de la cité d'Ougarit. Des textes donnant la localisation de ce site. Pour les Russes, à l'époque venir sur place était stratégique. La population d'Ougarit aurait été éliminée en quelques instants sans pouvoir se défendre.

 

La nouvelle équipe a rouvert le temple, y a pénétré, jusqu'à retrouver l'air libre à l'intérieur. Le cœur du sanctuaire est ouvert, il ne reste qu'à y pénétrer.

Sanctuaire 01
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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu BD
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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 07:42

Lettres

Recueillies par August Derleth et Donald Wandrei

Choix, préface, chronologie, bibliographie et notes

par Francis Lacassin

Traduit de l'américain par Jacques Parsons

Tome I

(1914 – 1926)

 

Il est (presque) permis de dire que la correspondance fut pour Lovecraft une activité littéraire importante, autant, parfois plus, que ses textes d'imagination. Le nombre précis de ses écrits dans ce domaine se situe entre quelques dizaines de milliers et cent mille. Sont intégrés à ces chiffres l'intégralité des formes et support possibles, du court billet à la missive de plusieurs pages, en passant par les cartes envoyées de ses villégiatures. 

Production irremplaçable pour connaître, et comprendre le natif de Providence tant il y parle de lui, de sa vie, de ses rêves, de ses contes et du reste. Ainsi apparaît-il devant nous, véritable sans doute, authentique peut-être. Un auteur est-il toujours sincère dans son courrier, sans penser à une postérité possible mais à l'image de lui qu'il souhaite donner à son correspondant. Il revient sur son enfance, son hérédité, sa famille, se confie. Un témoignage parfois à charge mais toujours intéressant pour voir l'homme derrière l'écrivain, dégagé des masques que d'autres posèrent sur lui.

 

Dès 1898, dans sa maison natale du 454, Angell street, Howard prend la plume. Dès cet âge il reconnaît ne plus croire au surnaturel, y incluant la foi chrétienne dans laquelle sa famille s'enferme. Les miracles de la Bible l'ennuie, il leur préfère les prodiges amoraux et flamboyants de la mythologie gréco-romaine.

À la différence des enfants de son âge il vit la nuit, dort le jour, observe le ciel quand ses camarades grimpent aux arbres, édite un ''journal'' polycopié. Quand ils jouent lui préfère son laboratoire de chimie et les déclinaisons latines. Plutôt qu'a la séduction des fillettes de son âge il cède à celle des volumes anciens de la bibliothèque des Phillips dans lesquels il a découvert la sexualité et la reproduction humaine. Dès lors ceux-ci ne présentèrent plus aucun intérêt pour lui.

En 1914 il entame sa correspondance avec les membres de l'association d'écrivains amateurs qu'il vient de rejoindre. Il y reconnaît que pour lui l'Histoire s'est arrêtée en 1776, se présente comme un Ancien perdu dans une époque qui ne lui correspond pas. Il n'a que 24 ans ! ''Tout ce que j'aimais est mort depuis deux siècles ou deux millénaires. Je ne suis nulle part à ma place'' (octobre 1916). il observe ses contemporains comme il regarde les étoiles, de loin : ''Lorsque je me dissocie de l'humanité et que j'examine le monde je peux analyser avec plus d'exactitude des phénomènes qui, de près, me dégoûteraient'' (16 mai 1926) ''Je n'appartiens pas au monde. J'en suis le spectateur amusé et quelquefois dégoûté. Je déteste la race humaine avec ses faux-semblants et ses grossièretés'' (Février 1924). ''L'homme est issu d'une détestable vermine – une malédiction sur cette planète ou tout au moins un incident banal sans signification profonde'' (7 février 1924).

Posture d'un homme d'autrefois qu'il reconnaît dans une lettre à Clark Ashton Smith '' J'aurai 33 ans le mois prochain et je joue déjà le rôle du vieux gentleman tranquille, bienveillant. […] Je me suis demandé si rien dans l’existence ne méritait le sacrifice de la simple placidité et la liberté à l'égard des émotions fortes, et j'ai ainsi végété très tranquillement, en étant plus un épicurien dans le sens historique strict qu'un hédoniste de l'école d'Aristippe de Cyrène – ce que semblent être la plus grande partie des modernes'' (30 juillet 1923).

Il sème des citations latines à des correspondants ignorants de cet idiome, étale sa culture en faisant allusion à des auteurs et autres personnages historiques arrachés à des livres que nul homme de son temps ne devait connaître. Jouer le vieil érudit semble le ravir, bien que ses commentaires fussent parfois erronés. Quand il évoque son labeur sur Épouvante et surnaturel en littérature il lui arrive de se tromper, de recopier ce qu'il lut sur des œuvres qu'il ne parcourut jamais. Visiblement il connaît mal la littérature française, sauf peut-être Théophile Gautier qui avait été traduit en anglais.

Quelques exégètes virent, ou plutôt, voulurent voir, en lui un initié à des savoir prodigieux et cosmiques, dans ses lettres il s'affirme volontiers un ''matérialiste absolu […] sans une parcelle de foi dans aucune forme de surnaturel''. Il ne craint pas de moquer l'occultisme ''un culte de timbrés s'adressant à des marginaux psycho-lunatiques''... Il montre pourtant de l'intérêt pour Albert le Grand, Éliphas Lévi ou Nicolas Flamel et demande à Smith des lectures où il pourrait puiser quelques bonnes idées ou des formules convenables pour ses histoires.

Dès 1919 il assiste aux réunions et réceptions littéraires à Boston et sa région, en 1920 il découche pour la première fois depuis 1901. Au décès de sa mère la tutelle parentale passe à ses tantes qui lui laissent davantage de liberté pour une vie sociale. Il fait des séjours à New York, et y vivra de 1924 à 1926. Il visite le Nord-Est, la Géorgie, la Louisiane, la Floride, le Québec... Sa production littéraire s'en ressent.

Si dans certains lettres Lovecraft se présente en reclus dans d'autres, bien plus nombreuses il évoque ses voyages. Il se fait hôte pour des visiteurs, comme W. Paul Cook, éditeur du fanzine The Vagrant, qui le convainquit d'écrire de nouveaux contes. 

La production personnelle de HPL venait après sa correspondance, et ses révisions, pour lesquelles il touchait une faible mais capitale rémunération. L'argent était une pénible nécessité dont il ne pouvait se dispenser. Il faisait le minimum nécessaire, et parfois refusait d'intéressantes proposition, comme celle de devenir le rédacteur en chef de Weird Tales, refusant de s'installer à Chicago. Il refusait de couper, ou modifier, ses textes afin de les ''adapter'' au public visé par un éditeur. Il ne proposa jamais ces contes refusés à d'autres revues où elles auraient pu trouver un accueil plus favorable et lui offrir de plus intéressant débouchés. Sans parler de ceux qu'il ne proposa jamais parce qu'il aurait dû pour cela les dactylographier.

Peut-être agir autrement serait-il entré en contradiction avec l'idée qu'il se faisait du créateur. Ainsi écrivait-il, le 13 mai 1923 l ''Pour moi l'artiste idéal est un gentleman montrant son mépris de la vie en continuant les façons de faire tranquilles de ses ancêtres, en laissant son imagination libre d'explorer les sphères resplendissantes et étonnantes. De même je verrais assez bien un auteur ignorer complètement son époque et le public, créer de l'art, non pas pour la renommée ni pour les autres mais pour sa seule satisfaction''. (Mis à part le ''gentleman'' et les ''ancêtres'', voilà une phrase que je pourrais faire mienne!)

Le 24 juillet 1925 alors que sa situation financière est difficile il évoque sa (presque) résolution de ne plus écrire de contes, de seulement rêver sans faire cette chose vulgaire que serait la transcription de ses visions à destination d'un public de porcs. Il poursuit, comme une suite à la missive citée ci-dessus : […] l'écriture ne doit jamais être considérée que comme un art élégant, auquel on doit s'adonner sans régularité et avec discernement. Je suis désormais entièrement un spectateur de la vie, un simple dilettante, dont le plaisir consiste à contempler le passé et à jouir de l'agréable douceur d'une retraite pastorale géorgienne.''

Heureusement Lovecraft était protégé du monde extérieur, par sa mère d'abord, ses tantes ensuite. Son épouse ne tint ce rôle que brièvement, elle ne pouvait faire plus d'autant que son mari trouvait les manifestations érotiques repoussantes et cause probable de décadence nationale. Pour lui une ''vision fantastique réellement puissante est d'origine masculine''. Une femme n'était pas une motivation à montrer le meilleur de lui-même.

La lecture de certaines lettres laisse planer un doute alternatif, avait-il un désir de paternité empêché par un complexe de castration ou s'agit-il d'homosexualité refoulée ? Qu'il ait taxé cette particularité de dégoûtante ne dit pas le contraire.

Dans les courriers de cette époque, après son échec new-yorkais, il exprime son mépris des masses, sa fierté de pouvoir être qualifié de réactionnaire, sa méfiance devant le libéralisme ou le progrès. Pour lui ''bien'' et ''mal'' sont des concepts primitifs ne supportant pas l'épreuve de la science de sang froid... on trouve dans une lettre du 10 février 1923 des remarques qui auraient pu figurer dans Mein Kampf alors que celui-ci n'était pas encore rédigé. 

 

 

Racisme, antisémitisme... cela est présent dans maintes missives de cette époque, une vision plus globale de la correspondance de Howard indique une évolution de son point de vue, plus il connaît le monde, plus il fréquente des gens différents, plus son caractère évolue, un peu. Lovecraft projette probablement dans son œuvre ses idées, pensées, obsessions et autres craintes dues à son milieu, son éducation, ses échecs, son caractère... soulignant qu'une explication n'est pas une excuse, moins encore chez quelqu'un d'intelligent. Le génie de Lovecraft fut sans doute de transmuter en art l'ombre qui l'habitait, elle était sur le seuil, il sut ne pas la laisser entrer.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Lovecraft
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