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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 08:26

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

 

Philippe Charlier

Ce simple mot suffit pour que vous voyiez un être errant, mort mais animé encore d'une inextinguible faim de chair humaine vivante. En réalité, si l'on peut dire, il trouve sa naissance dans le vaudou, lequel a sa source sur le territoire haïtien. Île où trois cultures se rencontrent, négro-africaine, précolombienne et française. Son origine viendrait de nzambi (dieu) et zumbi (fétiche), en langue trilouba (bantoue).

 

Au-delà de l'effroi à leur vision, les zombies sont des êtres condamnés par des sociétés secrètes (Chanterelle, Bizango, etc.) puis drogués, principalement avec de la tétrodotoxine (tirée du fugu). La victime semble morte alors qu'elle est en catalepsie. Enterrée de jour, elle est exhumée la nuit suivante pour ''vivre'' sa nouvelle existence.

Pour l'attirer hors de sa tombe, le bokor (sorcier vaudou), ou ses aides, utilise un éléments spirituels de la victime et conservé dans une bouteille. Le bokor, donc, au pied de la tombe avec ladite bouteille, fait se lever l'individu. Celui-ci doit être aidé, les servants du sorcier tirent le cercueil du caveau puis le place la tête en bas pour que le sang afflue au cerveau, après quoi ils sortent le corps, le frictionnent pour détendre les muscles et aider au retour veineux. Enfin ils lui font boire une potion à base de feuilles de concombre zombie trempées dans du clairin (alcool fort), ou respirer la fumée des mêmes feuilles brûlées à ses pieds. Le zombie est ensuite aspergé avec de l'eau glacée puis violemment fouetté pour éveiller ses sens et stimuler son système nerveux afin qu'il soit capable de marcher. Un bâillon l'empêche de crier. Ensuite un condeur (ou conducteur) l'enveloppe dans un linceul, lui noue une corde autour de la taille et l'emmène chez le bokor.

Le zombie représente l'idéal de l'esclave, il se place au service de celui qui a commandé l'acte de zombification. Il se retrouve dans un champ de canne à sucre ou comme gardien d'une maison pour surveiller les murs ou les habitants. Son alimentation est surveillé, il mangue sur des feuilles de banane, comme les anciens esclaves, l'alcool lui est interdit, comme toute substance qui pourrait le réveiller. Le processus de zombification associe réel et symbolique. mélange difficilement compréhensible pour les occidentaux qui se concentrent sur l'action chimique au détriment de l'autre, ne voient que l'impact physique en mettant de côté l'esprit du zombie pour qui exister en tant qu'individu était déjà difficile puisque sans attache culturelle ou environnementale.

L'esclave, arraché à sa terre natale, voit se rompre la chaîne symbolique le reliant à sa famille, son pays, ses ancêtres, ses croyances. Le culte des morts (guédé) est capital dans le vaudou haïtien ; les esclaves y sont attachés dès leur inscription dans le système dominguois, il comble une absence et réstitue à l'individu des racines propres.

Le système esclavagiste prétendait destituer les noirs de leur humanité, petit à petit ils élaboreront leur propre religion, imaginaire radical et lien communautaire réel. Le baptême imposé par les colons français fut reconverti en une porte d'entrée aux rituels vaudou, mais l'influence du catéchisme, obligatoire, se fera sentir dans le syncrétisme entre chrétienté et religions d'Afrique noire.

Les zombies ne sont attesté qu'en Haïti, ''fossiles vivants'' d'un esclavage pas tout à fait aboli.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 08:40

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

 

Catherine Salles

C'est en Arcadie qu'apparaît le premier lycanthrope de la mythologie grecque. Un puissant souverain nommé Lycaon (loup) était riche et père de 50 fils. Cruel et impie il ne reculait devant rien pour dépouiller ses sujets. Zeus, qui aimait se mêler au peuple pour observer les hommes, se présente à lui déguisé en pauvre paysan. Pourtant les Arcadiens devinent sa nature divine alors que le roi est d'un avis contraire.

Reste à le démontrer, pour cela le souverain ne trouve rien de mieux que de servir à son hôte les entrailles de victimes sacrificielles améliorées avec les reste dépecés d'un esclave.

Nul crime n'est pire que l'anthropophagie, tabou chez les hommes et les dieux. Zeus discerne le piège et transforme le roi en loup avant de tuer ses fils. Dès lors quiconque mangera de la chair humaine deviendra un loup-garou dévorant troupeaux et humains. Zeus atterré par ce comportement provoquera un déluge pour engloutir l'humanité !

[Preuve que celui-ci ne fut pas plus définitif que les autres !]

Hérodote est le premier à évoquer la lycanthropie d'un peuple, les Neures, voisins des Scytes, sur la rive gauche du Danube. Un fois l'an tous se transforment pour quelque jours. Dans la réalité il est probable qu'il s'agissait de rites initiatiques voyant les Neures revêtir des peaux et masques de loups. De même ''existaient'' en Arcadie un temple dédié à Zeus Lycéen (Zeus Loup) qu'aurait fait érigé Lycaon, où étaient servi aux fidèles entrailles d'humains et de victimes sacrées. Les consommateurs se métamorphosaient en loup. Parmi ceux-ci on trouve Déménète, athlète de Parrhasie qui ne recouvra sa forme humaine que dix ans plus tard, juste à temps pour remporter à Olympie le prix du pugilat.

Dans le Satiricon, roman de Pétrone, Nicéros est esclave et amoureux d'une cabaretière, Melissa. Voulant la rejoindre à la campagne il est accompagné par un militaire pour le protéger. Sa surprise est grande quand une nuit il voit celui-ci déshabiller, se transformer en loup, et disparaître dans les bois. Partant seul il retrouve Melissa qui lui raconte qu'un loup ayant pénétré dans l'étable y saignât toutes les bêtes. L'animal fut mis en fuite par un esclave qui le blessa au cou. Sur le chemin du retour Nicéros retrouve le militaire et constate, avec effroi, que celui-ci est blessé au cou ! Comprenant sa nature il évitera de le toucher et de partager ses repas.

On est jamais trop prudent.

Croyance populaire voyant les esprits mauvais se transformer en créatures destructrices il y a peu d'exemple dans la littérature antique de loup-garou. Platon évoquera par analogie le goût du sang de leurs sujets par des tyrans semblable alors, moralement, à des prédateurs insatiables.

Les romains redoutaient les loups-garous, et les striges, démons ailés pouvant changer de forme pour pénétrer les maisons, attaquer les nourrissons ou les cadavres, se nourrir de leurs chairs, s'abreuver de leurs sang, pour alimenter leur magie. Les striges sont en quelque sorte des loups-garous femelles !

 

L'OPINION DE LA SCIENCE

Gautier Cariou

Pour la science, la réalité est claire, il n'y a en fait de loup-garou que des cas psychiatriques nécessitant un suivi. Chacun connait ce scénario. Un soir de pleine lune, poils et canines s'allonge, le corps et le visage se déforment pour prendre une forme lupine, l'instinct prend le dessus sur l'humain. Après l'Antiquité c'est l'inquisition qui traque les loups-garous et les condamne à mort.

Les références à ces créatures sont nombreuses mais si elles existent ce n'est pas sous cette forme légendaires mais dans la réalité d'hommes persuadés de se transformer en loup et agissant comme tel : la lycanthropie clinique. Elle se retrouve dans plusieurs maladies mentale comme la schizophrénie ou le syndrome dépressif sévère. En 1988 un homme après avoir battu à mort un homme avoua être un loup-garou. Sa femme témoigna l'avoir souvent entendu hurler la nuit.

Outre des affections mentales la prise de psychotropes peut déclencher les mêmes symptômes. Divers cas attestent des effets de ces produits, un homme qui est pris d'une envie de chasser des lapins pour les dévorer vivants, une femme marche à 4 pattes et tente de mordre le personnel soignant. Rien de diabolique pourtant là-dedans, seulement l'ignorance des maladies induisant ce comportement. Pourtant le médecin Marcellus de Side, au IIème siècle décrit la lycanthropie comme une manifestation possible de la mélancolie. Pline l'Ancien écrit dans son Histoire naturelle ''Qu'il y ait des hommes qui se t transforment en loup et retrouvent leur première forme, on peut en toute confiance assurer que rien n'est plus faux.''

Le mythe du loup-garou pourtant perdura.

John Illis, du Guy's Hospital de Londres, proposa en 1963 que la lycanthropie était causée par la porphyrie, maladie causée par un déficit enzymatique provoquant l'accumulation de porphyrines qui provoque une hypersensibilité à la lumière, augmente la pilosité, notamment sur le visage, une nécrose des tissus et une coloration brunâtre des dents. Symptômes assez spectaculaires pour expliquer l'origine du loup-garou, comme celle du vampire.

Et la lune ? Les études sont contradictoires sur son effet. La croyance en cette influence est appelée ''effet transylvanien'', les observateurs obéiraient à des préjugés culturels.

Et je le regrette, combien j'aimerai me transformer en loup, courir dans les bois, et oublier ces oripeaux humains.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 08:11

Historia Spécial - Janvier_Février 2016

 

Gautier Cariou

Qu'en est-il de la réalité du vampirisme ? À Venise en 1576, alors que la peste décime la population, les fossoyeurs découvrent des cadavres qui s'animent, gémissent, dont poils, cheveux et ongles ont continués à pousser alors que du sang coule de leur bouche. Pas de doute, il s'agit de vampires !

Les médecins légistes modernes auraient eu plus de sang froid tant ces phénomènent sont naturels. La rigidité cadavérique s'estompe après quelques heures, les membres se relâchent, provoquant des mouvements post mortem. De même les gaz, le méthane en particulier, s'accumulent lors de la putréfaction et peuvent s'échapper par les voix naturelles, la bouche par exemple, faisant vibrer les cordes vocales. Le corps se déshydratant, la peau se rétracte autour des follicules pileux et des ongles, donnant l'illusion d'une croissance ayant continuée.

 

Dans son livre Vampires, Burial and Death, Paul Barber souligne que le mythe du vampire pourrait venir d'une méconnaissance de la décomposition, mais aussi de la rage, maladie modifiant le fonctionnement du système nerveux, créant une hypersensibiltié à la lumières et aux odeurs, anxiété et agitation. Elle se transmet par la morsure, comme la vampirisation.

En 1985 le biochimiste américain, David Dolphin, de Harvard, évoque la porphyrie erythropoïétique congénitale, ou maladie de Günther. Affection causée par une difficulté à synthétiser les molécules d'hème, un constituant de l'hémoglibine. Elle se traduit par une coloration marron des dents, une photosensibilité cutanée sévère. Les lésions provoquées par la maladie s'accompagnent de nécrose des tissus avec une destruction progressive du nez, des oreilles, doigts et gencives, faisant ressortir les dents du malade. Le tout accompagné d'une chute des cheveux donne une description proche de celle du vampire, celui de Murnau, pas de Browning. Des porteurs d'une maladie aux effets si spectaculaires ne purent qu'être ainsi considérés, et traités, par le passé.

Cette affection est si rare qu'il n'est pas démontrée qu'elle ait pu participer à la création du vampire. Un ou deux cas auraient pourtant pu suffire.

 

Le vampirisme peut être lié à des maladies psychiatriques, certains tueurs en série buvaient le sang de leurs victimes. Il s'agit là du syndrome de Renfield, le compagnon humain de Dracula, induisant une fascination fétichiste pour le sang.

 

Le vampirisme clinique, recherche obsessionnelle de sang à ingérer, n'est pas considéré comme une maladie en soi mais la manifestion d'un délire schizophrénique ou de psychopathie.

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 08:59

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

 

Laurent Vissière

Y a-t-il environnement plus apte à ouvrir l'appétit que l'ombre de cadavres empalés en grand nombres autour de sa table ? Ainsi nous est décrit, dans L'Histoire du voïvode Dracula, traduit par Matei Cazacu, un repas de Vlad III. Quand un de ses serviteurs s'approcha en se bouchant le nez, avouant qu'il ne pouvait plus supporter cette puanteur, il se retrouva empalé à son tour, histoire qu'avec la hauteur l'odeur ne l'incommoda plus.

 

Une anecdote parmi d'autres montrant la cruauté du seigneur de Valachie.

Vlad est un Basarab, famille qui règne sur la Valachie. Contrée prospère mais instable, prise entre la Hongrie et l'empire Ottoman. Quand il vient au monde, en 1430, son père est exilé en Transylvanie mais parvient un peu plus tard à se faire couronner prince de Valachie par le roi de Hongrie, Sigismond de Luxembourg qui lui confère en outre deux ordres de chevalerie, celui de Saint-Ladislas, et celui du Dragon, honneur qui aurait valu à Vlad son surnom de Dracul ''Dragon'', et celui de Dracula à ses enfant ''fils du Dragon''. Vlad II est capturé par les Turcs et n'est libéré qu'en envoyant en otage ses cadets, Vlad et Radu. Les Hongrois qui se méfient de lui le mettent à mort avec l'ainé, installant sur le trône valaque Vladislas II. Vlad III lui reste à la cour du sultan. Il découvre un monde où le souverain exerce un pouvoir absolu et où les opposants sont suppliciés.

Il parvient difficilement à rallier à sa cause les principautés voisines dans le but de récupérer le trône de son père, en 1456 enfin il dispose d'une armée. Les boyards valaques l'accueillent à bras ouverts et, pour signifier leur soutien, tue Vladislas II. Cette même année passe dans le ciel la comète de Halley, Vlad III y voit un signe favorable.

Le nouveau souverain entend asseoir son autorité et éliminer ceux qui la mettraient en doute. Qu'une région menace de se rebeller et elle subit ses foudres, les villages sont brûlés et les populations massacrés. Ainsi gagne-t-il son surnom de Tepes ''l'empaleur''. Et il ne manque pas d'adversaire, Dan III qui prétend au trône de Valachie et est soutenu par une partie de l'aristocratie du pays. Le dimanche de Pâques 1459, Vlad invite pour un banquet une cinquante de boyards, peut-être plus. Tous seront empalés. L'année suivante il s'empare de Dan III et le décapite lui-même avant de faire exterminer ses partisans et sa famille, hommes, femmes, enfants et bébés. Les fils ne doivent pas un jour vouloir venger leur père.

Les Turcs sont des adversaires plus difficiles, un moment il accepte de leur verser le tribut qu'ils exigent mais se ravise après une bataille dont il sort vainqueur, avec les hongrois. Quand Mehmed II lui envoie une ambassade, il la fait massacrer. Puis, l'hiver suivant, il franchit le Danube et va mener un raid dévastateur. Infligeant aux Turcs le sort qu'ils réservaient à leurs ennemis. Le sultan de Constantinople envoie une armée de 60 000 hommes contre la Valachie, mais Dracula connait son ennemi, sait lutter contre lui et va lui infliger de grosses pertes. Les Turcs pourtant avancent, en vue de Târgoviste il découvre la ''forêt des empalés'', sur 3 km 20 000 corps pourrissent sur des pieux !

Mehmet II tente un coup, il laisse en Valachie, Radu, avec pour mission de rallier les mécontents, qui ne manquent pas, et promet de rétablir la paix avec les Ottomans. Le roi de Hongrie va arbitrer la situation, proposer une parente à Vlad, et s'emparer de lui lors de la cérémonie, diffusant à travers l'Europe L'Histoire du voïvode Dracula qui fait la liste de ses crimes tout en grandissant sa légende.

L'ancien prince se retrouve en Hongrie, pendant quinze ans il tue le temps, avant, en 1475 de participer à un nouveau conflit entre les Hongrois et les Turcs, remportant de nouveaux succès, regagnant, temporairement, son trône, avant d'être tué au combat. Sa tête sera envoyée, pratique turque, embaumée et remplie de coton, en guise de trophée à Mehmed II.

L'Histoire l'aurait-elle oublié si Bram Stoker ne l'avait arraché à la tombe ?

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 08:32

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

Roger Faligot

il faut emprunter un escalier extérieur pour atteindre la crypte de l'église de Saint-Michan, à Dublin. En 1860, s'étonnant qu'il y fasse assez chaud, y descend Abraham Stoker. Il vient observer deux corps momifiés, ceux des frères Shears, exécutés en 1798 pour s'être rebellés contre les anglais. Une vision qui marquera Stoker.

En 1897 il publie Dracula, récit qui parle plus de lui qu'il n'y paraît, de sa vie et obsessions les plus secrètes, enfouies sous l'apparence d'un bourgeois victorien, roux et jovial.

Son nom même semble prédestiné, venant du gaélique stocaire signifiant ''usurier'', un suceur de sang à sa façon. Il faut dire qu'il descend, par son père, de colons protestant écossais qui, venant s'installer en Irlande, spolièrent les paysans irlandais.

Né à Clontarf, banlieue de Dublin, Stoker failli mourir à la naissance. Pendant 7 ans sa mère, Charlotte, sera à son chevet alors qu'il est paralysé. Elle lui raconte les histoires de l'Ouest où il est question de femmes vampires, créatures que la mère de Bram, féministe, affectionne.

Il finit par sortir de son lit et commence à vivre. Gamin chétif il devient un solide rugbyman dans l'équipe du Trinity College où il côtoie Oscar Wilde et Edward Carson. Le Trinity eut parmi ses anciens étudiants Sheridan Le Fanu, auteur en 1872 du roman Carmilla, histoire de vampires lesbiennes qui inspirera Stoker pour les personnages féminins de Dracula.

 

Il devient fonctionnaire, en tire son premier livre, manuel à l'usage de l'administration. Il est aussi journaliste pour des journaux dublinois, dont l'Evening Dublin Mail, dirigé par Le Fanu. Auteur de chroniques littéraires il rencontre Henry Irving, célèbre acteur, dont il devient le secrétaire puis l'imprésario, au Lyceum Theater de Londres, en décembre 1878.

Avant de partir pour la capitale il épouse Florence Balcombe qu'il ravît à Oscar Wilde. Concurrence amusante considérant que l'un et l'autre ont peu d'appétence pour les amours hétérosexuelles.

Son personnage s'inspire de Vlad III Tepes qui terrorisa les Ottomans, comme Dracula veut s'installer en Angleterre pour effrayer les anglais, à la manière de la Fraternité révolutionnaire irlandaise qui fait exploser des bombes en Grande Bretagne. Bram n'utilise pas d'explosif mais un personnage.

 

Il situe son roman en Transylvanie grâce à Arminius Vambéry, professeur à l'université de Budapest, mi-espion, mi-explorateur qui décrit les mœurs du ''Pays des morts'' et sert de modèle au professeur Abraham Van Helsing. Il s'inspire également du roman de Jules Verne Château des Carpates pour décrire la région et du château de Slains plutôt que de celui de Bran.

Des chercheurs évoquent une autre influence aujourd'hui, celle de Abhartach, chef d'un clan irlandais qui se serait manifester le lendemain de sa mort en exigeant de boire le sang de paysans pour se régénérer dans la région de Dún Dreach-Fhoula, le château du visage de sang, qui se prononce ''droc-ola'' !

Par ailleurs Stoker versait dans l'ésotérisme et appartenait à l'ordre hermétique de l'aube dorée.

Le succès de Dracula sera tel que le reste de l’œuvre de son auteur restera dans l'ombre. Wilde affirmera qu'il s'agit du plus grand roman du XXe siècle (bien qu'il ne l'ait pas connu). Le roman est adapté au théâtre, mais Henri Irving est déjà mort, celui-ci s'était reconnu et avait confié sa détestation du texte.

Bram Stoker meurt à Londres le 20 avril 1912. décès occulté par le naufrage du Titanic qui eut lieu quelques jours plus tôt. Paquebot construit à Belfast, Stoker avait réalisé dans ces chantiers un repartage quelque temps plus tôt.

Dracula s'inscrit dans la tradition gothique et celtique dont font partie des romans dublinois : Melmoth, l'homme errant (1820) de Charles Robert Mathurin, Carmilla (1872) de Sheridan Le Fanu ou Le Portrait de Dorian Gray (1891) d'Oscar Wilde. Il se rattache également à une tradition plus moderne par sa constructions, l'érotisation des scènes d'horreur, les non-dits interpelant l'imaginaire du lecteur.

 

 

Le cinéma, puis la télévision, donnera une ampleur inégalé au mythe du vampire. De nouveaux auteurs vont s'en emparer, Anne Rice, Stephenie Meyer, Charlaine Harris, John Ajvide Lindqvist. En 2009 Dacre Stoker publie, avec Ian Holt, une suite à Dracula : Dracula, l'immortel. Le célèbre vampire ne disait-il pas : ''Le temps est avec moi'' !

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 08:20

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

Hugues Demeude

Le vampire, au XVIIIe passe pour responsable des calamités qui s'abattent. En 1732 les morts-vivants fascinent l'Europe. Éclairés ou crédules, les esprits sont hantés par la croyance aux êtres maléfiques qui sucent le sang des vivants pour tenir la mort à distance. Parler de psychose collective serait exagérée mais on en est pas loin, d'autant que ces créatures à l'époque n'ont pas, dans l'imagerie populaire, l'aspect ''classe'' qu'elles eurent par la suite. Pas de beau brun aux yeux fascinant et à la garde robe impeccable, il s'agit d'être bouffis, poilus et gorgés de sang.

Cette année là plusieurs revues diffusent des rapports officiels ahurissants sur ce thème. Les militaires mènent des enquêtes à la demande du Conseil de guerre impérial de Vienne sur des vampires ayant semé la panique dans plusieurs villages d'Europe centrale. Le chirurgien-major Johann Flückinger reçoit l'ordre de se rendre dans le village serbe de Medvegia où, selon des témoins, un paysan, Arnold Paole, mort en 1727, s'en serait pris aux villageois allant jusqu'à tuer 4 personnes en leur suçant le sang. Ce médecin rapporte que le sieur Paole avait confié avoir été persécuté par un vampire près de Gossowa, en Serbie turque alors qu'il se battait contre les Ottomans. Croyant se libérer de cette influence ''il avait avalé de la terre de la tombe du vampire et s'était oint de son sang''. Exhumé 40 jours plus tard le corps apparaît ''en parfait état et non décomposé. Du sang avait coulé de ses yeux, nez, bouche et oreilles''.

La religion orthodoxe, contrairement à la catholique, voit l'incorruptibilité d'un corps comme signe d'intervention du Malin. Pour se débarrasser du monstre, les villageois lui enfoncent un pieu dans le corps puis incinèrent le corps avant d'en jeter les cendres dans le tombeau.

Craignant la contamination 40 cadavres furent déterrés et traités de la même façon.

Ce récit fut transmis le 26 janvier 1732 au Conseil de guerre de Belgrade. Publié à Nuremberg il connaît un grand succès, à Paris, le Glaneur de Hollande, revue franco-hollandaise, en publie des extraits suivis de commentaires. Dans cette revue apparaît pour la première fois le mot ''vampyre'' dans la langue française.

De nombreux autres cas seront répertoriés comme celui de Peter Plogojowitz en 1725.

Avant ces cas et le succès du mot ''vampire'' la peur était grande en Europe centrale et orientale des ''revenants en corps'', en occident la Renaissance comme l'Inquisition avaient lutté, chacune à sa façon, contre les superstitions. Les églises de rites byzantin étaient plus permissives envers les superstitions.

Petit à petit le vampire se dessine, ils paraissent depuis midi jusqu'à minuit mais sont capable de se mouvoir dans la lumière, capacité qui disparaîtra plus tard. À cette époque ils n'ont pas de crocs mais aspirent le sang à travers les pores. Leur apparence est plus proche du Nosferatu de Murnau que du Dracula de Tod Browning.

En 1746 le bénédictin lorrain, Augustin Calmet publie son Traité sur les apparitions des anges, des démons et des esprits, et sur les revenants et vampires de Hongrie, de Bohême, de Moravie et de Silésie. Cet ouvrage connaître, lui aussi, un grand succès. Voltaire s'en étonnera pour écrire dans son Dictionnaire philosophique : ''Quoi ! C'est notre XVIIIe siècle qu'il y a eu des vampires ! […] C'est sous le règne des d'Alembert, des Diderot, des Saint-Lambert, des Duclos qu'on a cru aux vampires et que le révérant Augustin Calmet a imprimé et réimprimé l'Histoire des Vampires avec l'approbation de la Sorbonne.

L'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche opte pour le rationalisme et condamne par décret, en mars 1755 le vampirisme comme une superstition à combattre.

 

Plus tard la littérature exprimera cet imaginaire et donnera d'autres formes et visages aux mystères des ténèbres.

L'ÂGE D'OR DU VAMPIRE

Histoire de vous remettre en mémoire une véritable personnalité avide de sang, le magazine nous rappelle la trajectoire de la belle comtesse hongroise Erzébet Báthory (1560-1614) qui pensait rester jeune en prenant des bains de sang, voir en en buvant ! De famille royale elle échappera à la peine de mort, ce qui ne fut pas le cas de son entourage, et passa les dernières années de sa vie recluse dans son château. Ainsi à l'ombre sa peau n'eut-elle pas à souffrir du soleil.

Elle nourrit le mythe du vampire et servit de modèle à Bram Stoker. Une façon inattendue d'accéder à l'immortalité. Ses victimes, une centaine au moins, n'eurent pas cette ''chance''.

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 08:18

Historia Special – Janvier_Février 2016

 

Laurent Vissière

En 1746 Dom Calmet dans sa Dissertation sur les revenans en corps, les excommuniés, les oupires ou vampires, brucolaques, etc évoque l'opinion répandus dans l'Allemagne que nombreux morts mâchent dans leurs tombeaux et dévorent ce qui se trouve autour d'eux, on les entend manger comme des porcs avec un certain cri sourd. Les ''mâcheurs''ou ''morts dévorants'' sont un cauchemar commun en Europe centrale pendant la période moderne. Rare sont les cimetières dans lesquels il est possible de se promener sans qu'on entende, même de jour, des bruits de mastication s'échapper de tombes plus ou moins fraîches.

Tel un bébé mâchonnant son lange, ces morts font ainsi avec leur linceul, sinon ils portent leur intérêt vers leurs mains, leurs bras. Mais leur activité ne se limitait pas à cette occupation pour combler leur ennui, souvent, dans les environs des villages, des disparitions étaient constatées et les vivants portaient un regard angoissé, mais remplis de hargne, vers les cimetières en questions et leurs habitants trop actifs.

C'est la fin du Moyen Âge, en Pologne, qui voit naître les premières histoires de mâcheurs. Elles s'étendent aux XVIIe et XVIIIe en Europe centrale et orientale où elles provoquent angoisse et panique. Dans la plupart des cas ces histoires se terminent par l'ouverture d'une tombe et la découverte d'un corps non putréfié et un linceul déchiqueté, plus celui-ci est rongé plus le nombre de disparus est grand.

Ces morts manifestent le désir de quitter leur tombeau pour tuer, souvent des membres des parents, des proches, et même n'importe qui. Souvent ces manifestations vont de pair avec la peste. Dans Le Marteau des sorcières (1846) les inquisiteurs Jakob Sprenger et Heinrich Institoris évoquent une petite ville décimée par une épidémie et la rumeur qu'une femme morte et enterrée avait mangé son linceul, l'infestation ne pourrait cesser avant qu'elle n'ait mangé, et digéré, le linceul entier.

Martin Böhm rapporta une histoire similaire.

Du sang frais dans les corps déterrés laissent penser que les morts aiment le sang des vivants, c'est ce que suggère Pierres Des Noyers, auteur de plusieurs lettres sur les morts-vivants. Le mâcheur est donc un proto-vampire.

Le phénomène attire l'attention des philosophes allemands qui se mettent à en débattre. Philipp Rohr, en 1679, y voit une influence diabolique, Michael Ranft dans De la mastication des morts dans leurs tombeaux, est plus rationaliste. Pour lui les bruits résulteraient de la putréfaction voir de l'oeuvre des rats. D'autres suggèrent des personnes enterrées vives qui se réveillaient et cherchaient à fuir leur situation.

Cette expliquation, vraisemblable, n'explique pas l'ampleur de ce phénomène. Celle-ci pourrait se trouver dans la peur générée par une épidémie quand un premier mort contamine son entourage.

Tuer à nouveau le mort est l'expression de l'envie de couper ce lien pour faire cesser son influence. Le moyen habituel était de trancher la tête, mais il était possible de lui enfoncer un pieu dans la bouche, le cœur, où de la bruler.

Le plus simple était encore de faire cela avant l'inhumation, ou, plus simplement de bloquer les machoires du cadavre.

 

 

Au moins les vivants étaient rassurés ! Si vous l'étiez...

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 08:02

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

Le regard de la science

Gautier Carion

Nous avons posé la question : Esprit es-tu là ? Notre encéphale, qui parfois s'égare, peut répondre oui.

Richard Wiseman fut magicien avant d'être professeur à l'université de Hertfordshre où il étudie les mécanismes psychologiques de l'illusion, de la chance et du paranormal. Il mena une expérience pour percer le mystère des fantômes. Il fait circuler des centaines de volontaires dans deux sites supposés être hantés après quoi il recueille leurs impressions. 45 % rapportèrent des sensations inhabituelles, malaise, sensation d'une présence, léger mal de tête... ressenties aux endroits devant être hantés.

Mais de paranormal il n'est pas question. L'équipe de Wiseman avait noté la température, l'intensité lumineuse comme du champ magnétique. Chaque zone ''hantée'' présentait des variations notables de ces paramètres montrant l'influence des facteurs environnementaux.

La sensibilité au champ magnétique est controversée mais selon Wiseman les témoignages de hantises ou apparitions de fantômes s'expliqueraient par ces facteurs physiques ainsi que par le caractère des lieux favorisant un imaginaire stéréotypé et l'illusion d'une présence.

De son côté le neuroscientifique Olaf Blanke, de l'école polytechnique fédérale de Lausanne, a créé un fantôme en laboratoire. Commençant par observer le cerveau de patients épileptiques par l'IRM il mit en évidence des lésions dans 3 régions impliquées dans les mécanismes de perception spatio-temporelle nous permettant d'avoir une perception unitaire de notre corps. Il arrive que des épileptiques aient l'impression d'une présence qui n'est que la conscience altérée de leur propre corps. Blanke imagina son expérience. Une douzaine de volontaires, les yeux bandés, devaient exécuter des gestes avec le bras tendu devant eux alors qu'un bras robotisé copiait ces mouvements en leur touchant le dos. Le robot agissant en même temps que les participants leur donnait l'impression de se toucher eux-même. Avec l'introduction d'un décalage temporel ils eurent l'impression que quelqu'un d'autre les touchait au point que certains, perturbés, mirent fin à l'expérience.

Démonstration état faite que notre cerveau produit plusieurs représentations de notre corps, unitaire en temps normal, mais quand certaines régions sont endommagées, ou trompées, il perçoit une seconde représentation de nous-même ressentie comme étrangère. Neurologiquement un fantôme est donc une altération de la conscience.

 

Attention à ne pas confondre illusion et hallucination, la première est une déformation de la réalité par le cerveau, la seconde, une production mentale déconnectée de la réalité.

Un quart des patients atteints de troubles affectifs sont sujets à des hallucinations visuelles au cours desquelles ils témoignent avoir vu des fantômes, des morts, l'enfer. La littérature psychiatrique est pleine de victimes d'hallucinations sans pathologie. Des patients sains d'esprit mais en situation de privation sensorielle perçoivent des choses qui n'existent pas bien que conscients de l'irréalité de ces perceptions.

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 09:00

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

Régis Boyer

Les anciens Germains sont familiers du monde surnaturel, elfes, Walkyries et autres créatures artificielles. Le revenant y porte le nom, sans étymologie avérée, de draugr. Ce fantôme est souvent mécontent du sort fait à son patrimoine ou du comportement de ses descendants à son égard. Ainsi aiment-ils hanter des lieux familiers. Ils mangent, boivent, dorment et sont capables de déprédations, destructions et lacérations et pyromanie. Pour leur résister il convient d'être costaud. Ainsi Glamr, suédois (peuple soupçonné d'expertise en sorcellerie) qui s'en prend à Grettir Asmundarson, l'Hercule du Nord. Un violent combat les oppose, Grettir l'emporte.

Ainsi que le rapportent les deux grands mythographes, Snorri Sturluson et Saxo Grammaticus (XIIe), la religion du Nord est à l'époque imprégnée d'ésotérisme. Les forces occultes mènent les humains.

Les morts et la mort côtoyaient les vivants, les défunts aimaient défier les vivants.

 

Maisons hantées

 

Olivier tosseri

La question : Esprit es-tu là ? Est devenue ironique, ceux qui la posent imaginent une réponse positive, si elle l'était vraiment ils cesseraient sans doute de rire. Au Moyen Âge les esprits se manifestent à l'écart des humains, à partir du XVIe ils surgissent dans les maisons. L'époque des grandes découvertes et inventions voit ressurgir irrationnel et superstitions. Démons, sorcellerie et magie annoncent des catastrophent. Claude Lecouteux, historien, classe les défunts en 3 catégories : Les fantômes, qui ressemblent aux vivants ; les revenants, qui ne laissent aucun doute quand à ce qu'ils sont, et les poltergeists, (de poltern ''faire du vacarme'' et geist ''démon'' ou ''fantôme'') ceux qu'on entend mais qu'on ne voit pas. Terme qu'emploi Martin Luther dans Propos de table. Luther y croit pour avoir lui-même subi les assauts de ces esprits ! Pour lui il existe des esprits frappeurs incorporels, liés aux morts, et les esprits bruyants, corporels, liés aux anges ''déchus''.

La maison hantée est signe qu'un péché y fus commis, que le mal s'y est insinué et que la vengeance divine va s'abattre.

Le XIXe verra une résurgence de la hantise avec les morts de la révolution française et des guerres napoléoniennes, hordes de spectres prêt à envahir châteaux abandonnées et toutes maisons accessibles. Autrefois ''maudites'' elles sont désormais ''hantées''.

C'est le siècle du spiritisme incarné par Hippolyte Léon Denisard Rivail, plus connu sous le nom d'Allan Kardec, auteur du Livres des esprits (1857), amplifié par Victor Hugo qui, en exil à Jersey, converse avec Dante,Molière et sa fille, Léopoldine, c'est aussi celui du retour de la foi par ses apparitions mariales, et de la croyance au diable. Jacques Collin de Plancy publie son Dictionnaire infernal (1818), compilant les superstitions et le ''savoir'' démonologique de son temps. De nombreux cas de hantises sont recensés des deux côtés de l'Atlantique. À Hydesville (État de New York) naît, en 1848, le spiritisme, dans la résidence des sœurs Fox. Elles communiquent par des coups avec l'esprit qui hante leur maison. En 1888 elle dévoileront la supercherie, une fois leur fortune faite et les théories spirites florissantes. Celles-ci se parent de ''science''.

 

En 1862, à Londres, est fondé le Ghost Club qui veut démontrer l'existence des phénomènes surnaturels. Charles Dickens en est un membre éminent. Aux USA Thomas Edison cherche à concevoir le ''nécrophone'' pour communiquer avec les morts.

Par la suite les esprits quitteront les scientifiques, après les religieux, pour intéresser les psychanalystes qui tenteront de les utiliser pour justifier leurs théories sur l'hystérie, les deuils non faits ou la folie pure et simple.

Aujourd'hui la plupart de ces témoignages sont tournés en ridicule et ceux qui y croient presque traités d'abrutis.

 

Reste que communiquer avec les mo(r)ts ''hante'' bien des humains. Je gage que bien peu seraient heureux d'y parvenir !

 

Communiquer avec les vivants est-il si peu intéressant ?

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 08:23

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

Jean-Claude Schmitt

Les revenants imprègnent notre représentation de la période médiévale, les récits les mettant en scène étaient nombreux et furent recueillis, colportés et prêchés par les clercs. La perte d'un proche était aussi douloureuse à l'époque que de nos jours et le retour du défunt dans nos rêves, l'impression de sa présence, sont des expériences anciennes.

 

 

 

La pensée de la mort et des morts est au cœur de l'idéologie chrétienne. L'Église enseigne qu'il existe une vie après la mort, un temps permettant d'accumuler de nouveaux mérites afin d'obtenir le salut éternel lors du Jugement dernier. Acquisition possible avec la participation des vivants, participation financière ou spirituelle avec des messes dites en mémoire d'un disparu. C'est souvent le mort qui prévoit dans son testaments que de l'argent soit donné aux pauvres et des cérémonies tenues en sa mémoire. La question est de savoir où se trouvent les disparus entre le décès et la Jugement à venir. Quatre lieux les accueille, le paradis, l'enfer, les limbes, où sont les enfants morts sans avoir été baptisés et le purgatoire où vont les âmes devant être purgées des péchés commis sur terre. Celles-ci subissent des épreuves proches de celles de l'Enfer mais qui sont temporaires. Ce dernier lieu n'a de sortie que vers le haut. À la fin des temps ce lieu sera vide. Un séjour ne dure, souvent, que quelques jours ou quelques mois. Les vivants sont souvent rappelés à leur devoir de solidarité, instaurant des échanges triangulaires entres les vivants l'Église et le mort. Mécanisme appelé memoria : basé sur l'entretien, par les vivants, de la mémoire des morts, dont les noms sont consignés dans l'obituaire, ainsi que la date du décès permettant au prête le rappelle à qui de droit.

Ce système parfois ne fonctionne pas, les vivants ''oublient'' leurs défunts où celui-ci fut un tel pécheur qu'il faut de nombreuses interventions pour l'aider, ou, encore, si la mort fut subite empêchant les derniers sacrements. Le mort apparaît pour réclamer son dû, donne une preuve de son identité. Plus sa tenue est blanche plus il est proche de la libération. 

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