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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 09:00

Science & Vie - HS 270 – Mars 2015

 

''Notre esprit est très semblable à celui des primates.''

Propos reueillis par Yves Sciama

 

Pour Frans de Waal la primatologie perce des trous dans le mur étanche que l'humanité a érigé entre elle-même et le reste du monde animal, depuis que Wolfgang Köhler a, le premier, proposait que les chimpanzés fussent perspicaces dans la résolution de problèmes. Ce mur a fini par s'écrouler car aucune des affirmations des tenants d'une essence humaine différente n'a pu résister aux faits. Exception faite peut-être du langage. Cette capacité à communiquer par des systèmes symboliques à propos du passé, de l'avenir, d'autres lieux, et le maniement de concepts.

Voilà les domaines où nous sommes vraiment spéciaux.

Encore qu'en décomposant cette aptitude en ses différents éléments certains sont présentes chez les grands singes. Mais la totalité n'est présente que dans l'espèce humaine. La continuité homme/animal est devenue le point de vue dominant de toutes les réunions de scientifiques. Les capacités cognitives impressionnantes que la primatologie a mises en évidences chez les singes y ont énormément contribué ainsi que les neurosciences. Au début les primatologues étaient réticents à parler de cognition et d'émotions chez l'animal, ils étaient soupçonnés d'anthropomorphisme [l'animalocentrisme est à conceptualiser], les neuroscientifiques n'avaient pas ces barrières. Étudiant les manifestations de la peur dans l'amygdale du rat et de l'homo sapiens, constatant leurs similitudes, ils en déduisaient que ce sont des processus homologues, postulant que c'est probablement vrai pour d'autres émotions. De même pour la reconnaissance facile, c'est la même zone particulière du cerveau, l'aire fusiforme des visages (FFA), qui est mise en chez chez l'homo sapiens comme chez les singes.

L'étude des possibilités cognitives des primates reste superficielle. 2 millions de chercheurs se penchent sur la psychologie humaine, il n'y a que 2000 primatologues, pour 200 espèces. D'autres groupes animaux suscitent des travaux : les corvidés, les dauphins, les éléphants, dont les capacités n'ont rien à envier aux singes anthropoïdes, sans parler des chiens.

L'homo sapiens séparé de la nature est une vision s'expliquant par le contact tardif avec les singes. Les monothéismes sont nés dans le désert, au contrat de chèvres, chameaux, serpents... Lorsqu'au début du XIXe les premiers singes hominoïdes ont été montrés à Londres et Paris ce fut un choc ; la reine Victoria exprima publiquement son malaise face à ces animaux si humains. Cette absence d'exposition aux primates explique les résistances de notre civilisation à la notion d'évolution. En Asie c'est différent, au Japon il y a une forte tradition primatologie. Les pays bouddhistes ou hindouistes n'ont pas eux les résistances des monothéistes aux idées darwiniennes. L'âme est vue comme pouvant circuler entre l'humain et l'animal dans un contexte où tout est fluide et interconnecté. Le folklore chinois ou indien est plein de primates, les primatologues de ces pays n'ont jamais hésité à donner des noms aux animaux, à parler de leur caractère et de leur culture.

Les philosophies et science sociales occidentales n'admettent l'évolution que jusqu'au cou. Les primatologues pensent que notre esprit est semblable à celui des primates et que les idées évolutionnistes s'appliquent aussi à la cognition humaine. L'école kantienne sépare émotions et morale, excluant les émotions pour se consacrer à la rationalité et à la logique.

Frans de Waal adopte le point de vue de David Hume, très populaire chez les neuroscientifiques, qui sans nier la rationalité mettait l'accent sur les émotions, affirmant que ''la raison est l'esclave des émotions''. La psychologie expérimentale confirme que l'on effectue d'abord un jugement émotionnel, instinctif, et par la suite on en trouve les justifications et les rationalisations, qui sont secondaires.

Son travail sur les primates indique que nombre des tendances morales élémentaires que nous avons intégrées dans nos systèmes moraux peuvent être trouvées, dans une certaine mesure, chez d'autres primates. L'empathie, le sens de l'équité, le sens des règles sociales... capacités plus vieilles que notre espèce, laquelle ne les as pas inventé mais en a hérité.

L'empathie par exemple n'est pas le produit d'une décision, de la représentation mentale de la situation de quelqu'un d'autre. C'est un processus automatique difficile à contrôler et qui se retrouve chez tous les mammifères [neurones miroirs!]. Elle n'est pas positive pour autant. La capacité à ressentir et comprendre émotions et sentiments peut être utilisée à toutes sortes de fins. Par les vendeurs par exemple. Un bourreau pourrait ainsi comprendre ce qui fait souffrir sa victime... [sympa!]

Aujourd'hui, conclut de Waal, l'intérêt pour la primatologie vient plus des sciences humaines, et du public, que de la biologie. Une chance pour l'avenir de cette science alors que les singes se raréfient plus vite que leur habitat naturel.

 

À lire :

Primates et philosophes, éditions Le Pommier, 2008

L'Âge de l'empathie, éditions Les Liens qui libèrent, 2010

Le Bonobo, dieu et nous, éditions Les Liens qui libèrent, 2013

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 09:00

Science & Vie – HS270 – mars 2015

Cécile Bonneau

 

Julie a 16 ans, en 2011, quand elle arbore un brin de paille coincé dans son oreille, pour continuer ses occupations quotidiennes. Que le brin tombe et elle en prend un autre qu'elle met à la même place. Malheureusement Julie décédera en 2013 mais ce comportement, inédit dans son groupe de chimpanzés orphelins de Chimfunshi, en Zambie, va perdurer, sans qu'aucun autre groupe n'en présente un similaire.

 

Il y a quelques années l'anthropocentrisme mettant des œillères devant certains esprits, l'idée de culture ne pouvait correspondre à une autre espèce que l'homo sapiens. La culture n'est-ce pas justement ce qui extrait celui-ci de la nature ? [s'imagine-t-il]. Tout est question de définition, précise Shelly Masi.

Les anthropologues sociaux fondent la notion de culture sur des éléments (art, écriture, politique, croyance...) excluant les [autres] animaux. Nous, primatologues et zoologues, parlons de culture lorsque l'on note des différences de comportements entre des populations au seins de la même espèce, et que ces différences, transmises par apprentissage social, ne sont déterminées ni par lé génétique ni par l'écologie. Un trait comportemental doit donc être spécifique à un groupe au sein d'une espèce sans dépendre d'une particularité de l'environnement et doit se maintenir au fil des générations.

Dès 1970 Jane Goodall eut l'intuition de pratiques culturelles chez les chimpanzés. Ainsi nota-t-elle pas moins de treize différences dans l'utilisation d'outils et huit différences de comportements social entre les chimpanzés de Gombe et les autres. Comment l'expliquer autrement que par une forme de culture, d'apprentissage social ?

Par la suite, les primatologues enrichirent la palette de ces comportements distinctifs chez les groupes de chimpanzés. Par exemple : deux populations de chimpanzés ougandaises avaient des pratiques différentes d'automédication : tandis qu'à Kanyawara ce sont les tiges de l'Acanthus qui sont consommés, à Budongo, ce sont les fleurs. Sabrina Krief s'est beaucoup intéressée à l'automédication chez les chimpanzés, l'Acanthus présentant des qualités antibiotiques. Des comportements liés à la toilette existent dans un groupe, pas dans d'autres, et réciproquement. Ces primates ont développé des cultures purement symboliques : le leaf-clip, action de déchirer des feuilles entre les dents (sans les manger), qui correspond à Taï à un avertissement avant une charge, à Mahale et Kibale, à une incitation à la copulation, alors qu'à Bossou (Guinée) il exprime une invitation au jeu !

Encore faut-il prendre le temps de l'observation afin de s'assurer qu'un comportement existe dans un groupe sans avoir été remarqué auparavant. Ces dernières années, les orangs-outans ont également révélé sans ambiguïté nombre de comportements culturels. Dans l'utilisation d'outils mais aussi dans leur répertoire de vocalisations.

Désormais cependant c'est vers les gorilles de l'Ouest que les regards se tournent, moins connus d'avoir été moins étudiés. Leur agressivité et la densité de la forêt rendant l'approche difficile. Shelly Masi a réussi pourtant à distinguer des habitudes chez quatre groupes géographiquement proches. Elle est convaincue d'y déceler des différences culturelles.

Comme le soutenait Kevin Laland ''beaucoup de ceux qui étudient les cultures animales, notamment les primatologues, le font en pensant que leur travail éclairera l'évolution de la cognition humaine. Mais la culture animale est bien plus qu'une fenêtre sur l'humanité, elle est un acteur de l'évolution''.

 

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 09:00

Science & Vie – HS270 – mars 2015

Anne Lefèvre-Balleydier

 

Les grands singes manient les outils, ils disposent d'une forme de langage et sont doté d'une mémoire qui ressemble à la nôtre, et, parfois, la surpasse. Que reste-t-il à l'homo sapiens se prétendant ''humain'' ? Le sens moral répondent philosophes et biologistes.

Certains primatologues distinguent chez les grands singes, dans leurs interactions sociales, des comportements qui pourraient être de l’altruisme, de l'empathie. Si le sens moral plonge dans notre sous-sol généalogique il pourrait exister dans le tronc commun des primates et pouvoir s'exprimer dans les diverses branches qui en émanent.

Reste à en faire la démonstration. La captivité rend la chose difficile, éthiquement et pratiquement, et l'observation in situ est ardue.

Depuis vingt ans David Watts et John Mitani étudient les chimpanzés dans le parc de Kibale, en Ouganda et assistent à cette scène. Après chassé ensemble ils se rassemblent pour partager le repas. Banal direz-vous ! Non, car ici il s'agit d'individus appartenant rarement à la même famille (déterminée par analyse ADN). Les chimpanzés volent rarement de la nourriture, le chasseur partage lui-même sa proie, parfois en enlève les os avant de l'offrir. Celui qui partage n'attend pas d'avoir le ventre plein, il répond rarement à des pressions et conserve son libre arbitre et le partage pourrait être motivé par un soucis de réciprocité indirecte élaborée.

Outre leur tendance au partage les grands singent s'avèrent capable de s'entraider sans attendre une contrepartie immédiate. Fréquemment en cas de confrontation entre deux mâles, un troisième réconforte le perdant, souvent les grands singes se réconcilient, évitant ainsi un nouveau risque d'attaque. Est-ce de l'altruisme ou la volonté pour le consolateur de se protéger ? Difficile à dire, mais les motivations de l'homo sapiens sont-elles toujours exemptes d'arrière-pensées ?

Il arrive qu'un jeune se retrouve orphelin, dans le parc de Taï, en Côte d'Ivoire plusieurs furent adoptés par des mâles, attitudes rares, les mâles étant rarement intéressés par les petits et allant parfois jusqu'à l'infanticide. Dans la moitié des cas il n'y avait aucun lien génétique entre les intervenants.

Des expériences menées à Kyoto ont démontré une vraie collaboration, une entraide faisant qu'un singe donnait à un autre un outil qu'il ne pouvait atteindre afin d'atteindre une récompense.

Alors, sens moral, empathie, ou comportements nés de l'évidence que l'entraide était nécessaire à la survie du groupe en général, à la sienne en particulier ?

[L'homo sapiens est-il jamais désintéressé lors d'action semblant l'être, n'est-ce pas un moyen de flatter son égo, de dominer celui qui au final est son débiteur ? L'instinct grégaire peut inciter à aider quelqu'un que l'on pense être de son troupeau, pour la survie de celui-ci, et, par conséquent, la sienne.]

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 09:00

Science & Vie – HS270 – Mars 2015

                                                                Pierre-Yves Bocquet

L'homme est-il comme le soutenait Aristote ''le seul animal qui possède le langage'' ? Le débat se poursuit depuis deux mille ans chez les scientifiques. Question difficile pour les spécialistes des grands singes. Des expériences furent conduites visant à élever un chimpanzé dans un environnement ''humain'' afin de vérifier s'il accéderait ainsi au langage articulé. Ce ne fut pas le cas. Échec prévisible : les grands singes sont anatomiquement incapables de parler, leur bouche et leur larynx leur interdisent d'articuler des sons comme nous.

En fait, précise Adrien Meguerditchian, le langage peut se manifester par des gestes ou des signes mettant en œuvre les mêmes capacités cognitives que la parole. L'essai de l'apprentissage de la langue des signes, s'il paru pertinent au début, s'avéra une déception.

Une nouvelle méthode fut donc établie : l'usage de lexigrammes, formes géométriques de couleur correspondant chacune à un mot. Celle-ci s'avère riche de promesses. En outre une attention plus grande portée aux vocalises des grands singes tend à réhabiliter celles-ci. ''L'intentionnalité du langage semble désormais établie chez le chimpanzé, l’orang-outan et le bonobo'' résume Zanna Clay qui vient de découvrir que les cris des bonobos respectaient une forme élémentaire de syntaxe. Système complexe et subtil dont le sens reste à décoder clairement.

Une nouvelle question se pose donc : homme et primates utilisent-ils les mêmes zones cérébrales quand ils communiquent ? Il semblerait que ce soit le cas : l'aire de Broca (qui gouverne la production des mots parlés) et l'aire de Wernicke (dédiée à la compréhension des mots), toutes deux situées dans l'hémisphère gauche sont mises à contribution chez les uns et les autres. L'IRM a montré qu'un chimpanzé qui frappe dans ses mains active une zone correspondante aux aires de Broca et Wernicke, ce n'est pas le cas quand il manipule un objet.

Une étude comparative des boîtes crâniennes d'hommes actuels, de grands singes africains actuels et d'hommes fossiles est venue renforcer cette idée. Révélées par imagerie, les empreintes laissées par les différentes parties du cerveau montrent le même type d'asymétrie d'une zone impliquée dans le langage chez les bonobos, les hommes et les hominidés fossiles. Les zones du langage existaient déjà avant la séparation entre l'homme et les paninés il y a 8 millions d'années. Le même terreau cérébral favorable au développement d'une forme de langage existait donc.

Les recherches sont difficiles sur l'emploi des zones cérébrales pour communiquer, un appareil IRM n'a rien de pratique pour cela. Reste l'usage de la spectroscopie proche infrarouge qui mesure la quantité d'oxygène dans le sang pour traduire le degré d'activité de telle ou telle zone du cerveau, celle-ci peut être intégrée dans un bandeau porté en permanence.

Comptons sur l'avenir pour nous en dire davantage.

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 09:00

Science & Vie – HS270 – Mars 2015

                                        Primates

 

Six espèces représentent les grands singes : les chimpanzés, les bonobos, les gorilles de l'Est et de l'Ouest, les orangs-outans de Bornéo et de Sumatra.

Pourtant la famille des primates compte de nombreux autres membres, à commencer par les gibbons qui sont comme nous des hominoïdes. Au-delà les primates se divisent en deux grands groupes : les simiens, dont nous faisons partie avec 200 autres espèces, et les prosimiens, regroupant une centaine de lémuriens et de loriformes. Les premiers vivent seulement sur l’île de Madagascar, et sont arboricoles. Anthropoïdes ils ont des doigts opposables aux mains et aux pieds. Les loriformes sont de petits primates nocturnes dotés d'une truffe (rhinarium) et d'une griffe en guise d'ongle aux deuxièmes doigts. Ils vivent en Asie ou en Afrique.

Les gibbons vivent de l'Inde à l'Indonésie, pays où ils sont en danger d'extinction avec les siamangs ils composent la famille des hylobatidés. Avec les grands singes, et les sapiens, ils forment la superfamille des hominoïdes.

Les simiens contiennent, outre les hominoïdes, les cercopithécidès, les platyrrhiniens et les tarsiers.

 

Notre patrimoine génétique est identique à celui du chimpanzé à hauteur de 98,79 %, avec celui du gorille, à 98,47 %, et à celui de l'orang-outan à 96,96 %. L'homme partage aussi 35 % de son génome avec la jonquille.

La génétique confirme ce que la morphologie laissait supposer : l'homme, le chimpanzé, le bonobo, le gorille, l'orang-outan et même le gibbon sont si proches que les phylogénistes les classent dans la même superfamille des primates sans queue : les hominoïdes. Eux même scindés en trois familles : les hylobatidés (gibbons), les pongidés (orangs-outans)et les hominidés. Ces derniers étant à leur tour subdivisé en trois sous-famille : les homininés (homme), les paninés (chimpanzés et bonobos)et les gorillinés (gorilles).

 

Contrairement à une idée reçue, l'homme ne descend pas du singe. Le chimpanzé est le fruit d'une évolution aussi longue que la nôtre. Pour conserver les liens familiaux nous pouvons dire que le chimpanzé est notre frère, le gorille, notre cousin germain à tous les deux alors que l'orang-outan serait un cousin au second degré, propose Véronique Barriel, phylogénéticienne au Muséum national d'histoire naturelle. Reste la question du père de l'homme et du chimpanzé, du grand-père de l'homme, du chimpanzé et du gorille. Et à quelles époques sont apparues ces différentes espèces ? Le génome ne se transmet pas à l'identique, il subit des mutations qui sont, par ailleurs, le moteur de l'évolution, à un rythme constant. Le nombre de mutations séparant deux individus vivants est donc proportionnel au nombre de générations les séparant de leur ancêtre commun. C'est ''l'horloge moléculaire''. L'homme et le chimpanzé auraient divergé il y a environ 7 millions d'années. L'homme et le gorille il y a entre 8 et 10 millions d'années, l'homme et l'orang-outan entre 10 et 15 millions d'années.

Quels étaient les ancêtres de ces parents après qu'ils se fussent séparés ? Les indices sont minces et les fossiles montrent qu'entre 22 et 5,5 millions d'années, plus d'une centaine d'espèces d'hominoïdes peuplaient l'Ancien Monde, c'est-à-dire, principalement l'Afrique tropicale mais également l'Europe et l'Asie. Originaires d'Afrique ils auraient conquis l'Eurasie autour de -15 millions d'années, époque de la naissance du rameau dont descend l'orang-outan.

S'il existe nombre de fossiles trouvés en Asie, en Afrique il n'en va pas de même. Les paléontologues sont face à un trou noir entre 7 et 13 millions d'années, l'époque où sont apparus les ancêtres directs des gorilles et des chimpanzés. Première cause de cette absence, le manque de crédits, chercher l'ancêtre de l'homme, oui, l'ancêtre des singes est moins vendeur.

Un point fait l’unanimité chez les découvreurs de fossiles : il faut chercher ailleurs que dans la vallée du Rift. Des pistes sont possibles dans de nombreux pays africains. Demain, à la faveur de nouvelles découvertes, notre longue histoire de famille pourrait être moins parcellaire qu'elle l'est aujourd'hui.

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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 09:00

La Recherche N 498 – Avril 2015

                                Sur la piste du loup

Le chien est le meilleur ami de l'homme, et ce n'est pas moi qui vais dire le contraire. Depuis une décennies la datation des ossements et le séquençage de l'ADN ont changé nos idées sur ses origines en la renvoyant plus loin dans la Préhistoire que précédemment. Informations suggérant que cet animal prit une part déterminante dans l'évolution de l'homme.

L'étude évolutive d'une espèce domestique, ou celle de l'homme, est plus difficile que les autres. Sa proximité fausse l'objectivité et le contexte environnemental manque.

L'éthologie et la neurobiologie ont démontré que Descartes avait tort d'affirmer que les animent sont des machines, qu'ils ne sentent rien et ne pensent pas parce qu'ils ne parlent pas comme nous. Darwin écrivait qu'entre l'homme et les autres espèces, il y a une différence de degré mais non de nature.

Pour le chien la situation paraissait simple mais anthropocentrée, il était une espèce distincte des autres canidés mais on ignorait son ancêtre sauvage qui pouvait être une espèce disparue. Apparue au Néolitique, il y a environ 10 000 ans lorsque les chasseurs-cueilleurs s'étaient sédentarisés pour devenir cultivateurs. Il avait été le premier à vivre avec nous.

Tout cela est remit en question, à l'exception de son statut de premier animal domestique.

La difficulté était de savoir que les restes trouvés étaient ceux d'un chien et non d'un loup. L'amélioration des méthodes de datation et l'intérêt porté à ce problème explique que l'ancienneté du chien a été repoussée à 36 000 ans. Les études ADN démontrent que sa distance génétique avec le loup n'est que de 0,2%. entre le loup et le coyote elle est de 4 %. le chien ne descend pas du coyote ou du chacal, son ancêtre est le loup gris commun, Canis lupus. Il est issu du loup par sélection effectuée par nos lointains ancêtres chasseurs-cueilleurs.

 

Pourquoi le chien était-il si utile et pourquoi fut-il sélectionné si longtemps avant les autres animaux domestiques ? Sans doute pour son aide à la chasse ou à la garde du camp. Comme gardien de troupeau cela arriva beaucoup plus tard avec l'élevage. L'homme se mit à chasser comme le loup, en bande, devenant plus efficace, s'attaquant à de plus grosses proies. Cette évolution sélectionné des capacités originales:station debout libérant les mains ; aptitude à la course de fond ; cerveau de plus en plus gros, utilisation d'armes, de techniques de chasse, de piégeage et de cuisson avec la domestication du feu ; aptitude se développant au langage verbal permettant de partager des informations complexes et de se concerter pour coopérer. Nos ancêtres cohabitaient plus facilement avec un canidé dont le comportement ressemblait au sien qu'avec son cousin chimpanzé. Ayant capturé des louveteaux dans leurs tanières il découvrit par hasard un mécanisme comportement nommé, en éthologie, ''imprégnation sociale''. Le louveteau qui ouvre les yeux et grandit au milieu des hommes s'intègre au clan, participe aux chasses, défend les hommes comme des membres de sa meute.

Les complications surviennent quand il devient adulte et veut progresser dans la hiérarchie pour se reproduire. Chez les loups seul le couple alpha y est autorisé. Cela dut favoriser la sélection de spécimens peu agressifs, se reproduisant entre eux pour obtenir, au bout de quelques milliers d'années, des chiens dociles et amicaux. Le loup fut donc infantilisé pour rester immature et accepter la dominance de ses maîtres.

Les chiens primitifs ressemblaient à des huskies sibériens et si c'est ces hautes latitudes que la domestication commença c'est peut-être suite à la glaciation du pléistocène, le froid augmentant la difficulté de la chasse et rendant indispensable un nouveau compagnon faisant office de rabatteur. Explication possible mais sûrement pas unique. Avec le temps des caractères furent sélectionnés mais des qualités furent perdues, comme la vision nocturne, le hurlement ou l'alimentation collective des jeunes. Le volume cervical du chien est aussi plus petit d'un tiers.

Plus tard la raréfaction des troupeaux put pousser les hommes à créer l'élevage, sans chiens pour encadrer de grands troupeaux jamais ceux-ci n'auraient pu s'établir.

Autre impact de la domestication des canidés, les homos sapiens auraient pu profiter de leurs présences et se développer plus vite que les Néandertaliens, pourtant présent en Europe depuis plus longtemps. Deux modes de vies se seraient trouvés en concurrence, le plus adaptés ayant finalement triomphé.

Quand il fallut passer de la chasse, devenue trop efficace, à la culture puis à l'élevage l'apport du chien fut indispensable. Il permet une meilleure exploitation de la nature, jusqu'à ce que celle-ci devienne exagérée, mais là il n'y est pour rien.

 

Je me trouve de plus en plus de raisons d'aimer les chiens, les ''primitifs'' plus que les autres bien sûr.

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 09:00

La Recherche N 498 – Avril 2015

                        Le réveil de l'obscurantisme

 

Depuis 4 siècles la science s'est libérée des chaînes et entraves que veulent lui imposer les sectateurs d'un dieu, qui pour être soi-disant unique n'en porte pas moins des noms différents.

Galilée et Descartes au XVIIe siècle énoncèrent le postulat d'objectivité, proscrivant dans l'activité scientifique la considération des fins. La science s'oppose au raisonnement finaliste, solution de facilité consistant à renvoyer un problème non résolu, mal posé, inaccessible aux facultés cérébrales de certains, à dieu, créateur de l'ordre de la nature.

Rien ne se perd, la preuve. Les créationnistes cherchent à rabaisser la science au rang de discours hypothétique cherchant parallèlement à ériger une idéologie en science. Ceux-ci refusent que l'activité scientifique interfère avec la question de dieu en ranimant, tel un zombie, l'argument du dessein, résumé ainsi par Voltaire : l'horloge prouve l'horloger.

Rappelons que le créationnisme est une idéologie qui agglomère des tenants de religions diverses venus du monde entier, états-unis, Inde, Arabie saoudite, Belgique...

Profitons-en pour nous pencher sur l'époque qui vit la séparation des discours de la science et de la théologie, et la distinction entre croire et savoir. Aux XVIIe et XVIIIe la science s'est construite sur l'affirmation de son autonomie et son indépendance à l'égard de l'argument du dessin.

À l'âge classique la science se passe difficilement de dieu qui la fonde en renfermant les principes nécessaires à son activité, de son côté la science montre que la nature est bien ordonnée. La théologie se lit dans la nature.

C'est Pascal qui mettra en évidence que les faits scientifiques sont de nature historique, dépendants des expériences et, donc, du progrès technique. Ce que les savants anciens voyaient comme une loi définitive peut être remis en cause et sa fausseté démontrée. Lui succédera le postulat d'objectivité déjà vu, puis la critique du raisonnement finaliste par le chancelier Bacon suivi par Spinoza qui sera exclu de la communauté juive d'Amsterdam le 27 juillet 1756 pour avoir professé que la volonté de dieu est un asile de l’ignorance.

Au XVIIIe les encyclopédistes agiront pour débouter ceux qu'ils appellent les ''causes-finaliers''.

Ernst Mach dans La Mécanique (1904) insiste sur l'idée que le principe d'économie ne peut plus être référé à dieu mais référé à la science-elle-même, conçue comme recherche permanente d'un optimum, cherchant à présenter un maximum d'explications des phénomènes en un minimum de propositions.Leibniz, déjà, soulignait que les sciences progressent en s'abrégeant.

Le science est le produit des principes d'économie et de simplicité qui structurent, fondent et guident l'activité de l'esprit. Poincaré soulignera que s'il est possible de se passer de dieu il ne l'est pas de se passer de métaphysiques.

Pascal, croyant et savant, nous légua les moyens méthodologiques de penser la distinction entre croire et savoir : la croyance repose sur l'autorité et la foi, le savoir repose sur la raison et l'expérience. Aujourd'hui les tenants du dessein intelligent instrumentalisent une fausse science – la doctrine créationniste – pour servir leur propagande. Darwin étant leur cible principale. Ils cherchent à faire croire que la théorie darwinienne est une hypothèse concurrente de la leur. Ils veulent ainsi insinuer le doute chez ceux qui n'ont jamais réfléchi (par incapacité peut-être) philosophiquement aux enjeux et à l'illégitimité de l'argument du dessin et sont prêt à se laisser tenter par la thèse finaliste. Ils veulent supprimer le critère de distinction entre croire et savoir, entre l'idéologie et la science.

Ils visent à faire interdire l'enseignement de l'évolution pour lui substituer leurs dogmes.

La superstition et le fanatisme n'en demandaient pas tant pour prendre également ce visage, il suffit de suivre l'actualité pour lui en voir d'autre ; l'inquisition et ses méthodes remontant du gouffre obscur où elle pourrissait.

Derrière Darwin c'est la liberté d'expression qui est le but à atteindre, puis celle de penser afin de revenir à un monde d'où l'intelligence serait aussi absente que dans le cerveau des intégristes quelle que soit leur étiquette.

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 09:00

La Recherche N 498 – Avril 2015

                     L'âge de la Terre à la Renaissance

 

Ivano Dal Prete évoque un souvenir. Alors qu'il fouillait les étagères d'une vieille bibliothèque de Forti (Italie du Nord), il tombe sur un opuscule scientifique rédigé par un dénommé Fausto Da Longiano, imprimé à Venise en 1542, et traitant de la météorologie. À l'époque cette science incluait la géologie et l'océanographie.

Jusque là rien d'étonnant, à l'époque l'imprimerie vénitienne employait des centaines de travailleurs et pour se rendre accessible publiait des éditions en italiens plutôt qu'en latin. Ainsi pouvait-elle toucher un public plus large curieux de science mais ne maîtrisant pas le latin.

Un chapitre retint l'attention d'IDP, celui sur la nature et l'origine des montagnes. L'auteur y décrit les fornes naturelles oeuvrant sur de longues périodes, l'érosion lente due aux eaux courantes et l'accumulation de débris au fond de l'océan qui se déplaceraient trop lentement pour être perçu pendant une vie d'homme. Da Longiano y explique aussi que la surface de la Terre était remise à neuf tous les 36 000 ans. Pas un mot sur la Genèse et la Création, ni sur l'arche de Noé, sur aucun des enseigments bibliques alors qu'à cette époque le monde était censé être né autour de 4000 ans avant J-C. Or Longiano semble persuadé que ses lecteurs ne seront pas choqués par ce qu'il avance.

Ivano Dal Prete, intrigué, se lança donc en chasse de textes scientifiques de la Renaissance en langue vernaculaire. Il en découvrit qui reprenaient l'idée d'une Terre ayant un âge indéfini. Insistant que celle-ci devait être étudiée selon les observations et lar aison, la théologie ne pouvant être prise en compte.

Ainsi Girolamo Fracastoro, au XVIe exclait le Déluge de l'origine des fossiles marins. Gabriele Falloppio affirmait quand à lui que

seule une poignée d'ignorants pouvait croire que les fossiles marins avaient apportés dans les montagnes par les eaux du Déluge. Le cardinal Gasparo Contarini, géologue éminent à cette époque, n'évoque pas le Déluge dans son traité, publié en 1548.

Ainsi bien avant la révolution scientifique du XVIIe l'idée d'une Terre extrêmement vieille circulait et s'exprimait dans des livres à destination du grand public. Cette idée d'une Terre éternelle était déjà présente dans l'enseignement d'Aristote qui commençait à se répandre dans les universités européennes. Thèse condamnée par l'archevèque de Paris en 1277.

La thèse principale de l'Église étant que la Terre avait été créée par dieu, la façon dont cela s'était passé étant secondaire.

À partir de 1520 la Réforme et la réaction catholique établirent un littéralisme biblique qui envahit la science. Séparer science et religion devint périlleux.

La volonté de concilier l'histoire de la Terre et la chronologie biblique fut populaire en Grande-Bretagne. L'évêque anglican Ussher calcula que le monde avaité té créé le 23 octobre 4004 avant J.C. Le mathématicien Thomas Harriot lui donna 16 000 ans quand Robert Hooke envisagea une Terre bien plus vieille que celle de la bible.

N'en déplaise aux créationnistes et aux archaïstes l'opinion d'une Terre façonnée par le Déluge ne fut imposée qu'au XVIIIe. Siècle au début duquel le naturaliste Antonio Vallisneri se plaint que le diluvianisme populaire parmi les ''hérétiques'' (protestants) du nord de l'Europe descende dans le sud. Lui maintint la tradition remontant à Aristote, Fracastoro et ceux qui pensent que les fossiles marins trouvent leur origine dans les inondations naturelles de la mer en des temps immémoriaux et obscurs : et seul dieu sait quand.

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 09:00

La Recherche 498 – Avril 2015

            Le canal du Nicaragua et ses conséquences

 

À l'heure où les conséquences de nos actions sur l'environnement sont surveillées pour être réduites au minimum il est heureux de constater que ce n'est pas toujours vrai, dès lors que d'importants intérêts sont en jeu.

Par exemple, le projet de canal traversant le Nicaragua !

Depuis quelques temps des engins de chantiers sont entrés en action afin de préparer les routes pour que d'autres, plus gros encore, puissent progresser jusqu'au chantier.

Ces travaux ont commencés le 22 décembre 2014 avec leur inauguration par le président Daniel Ortega. Projet pharaonique, comme on dit, 278 kilomètres de long, le triple de celui de Panama, dont 105 à travers le lac Cocibolca ; une largue variant de 230 à 520 mètres et une profondeur de 27,6 mètres. Le tout pour un coût évalué à plus de 40 milliards d'euros. Estimation qui sera dépassée, comme d'habitude !

Les travaux ont commencés mais rien ne dit qu'ils aillent à leur terme sans les difficultés techniques à surmonter seront grandes, sans parler, nous y venons, de l'impact écologique qui risque d'être dévastateur.

Le tracé n'est même pas encore déterminé dans sa totalité, il s'adapte aux réactions des autochtones, quand ceux-ci se montrent réticents, il fait un détour.

Deux écluses seront nécessaires, ainsi qu'un barrage et un lac de 400 km2. Infrastructures qui seront lourdes de conséquences pour l'environnement où elles seront édifiées. Conséquences amplifiées par le réchauffement climatique, en effet le Nicaragua fait partie des pays les plus vulnérables à ses effets, notamment par la présence d'El Nino, mais aussi celle de La Nina (l'opposé du précédent) !

Le lac Cocibolca est la principale réserve d'eau douce d'Amérique centrale or sa profondeur n'est que de 15 mètres, celle-ci devant presque doubler, le dragage nécessaire augmentera la teneur de l'eau en particules en suspension, la diminution de la luminosité induite aura de fortes conséquences sur la photosynthèse, amplifiant par ailleurs l'apport de nutriments dans l'eau qui accélérera le développement du phytoplancton et autres espèces consommatrices d'oxygène. La plupart de la vie aquatique du lac mourra, les poissons tenteront de quitter le lac pour rejoindre les rivières affluentes.

Sans parler de la pollution apportée par les bateaux, par ailleurs porteurs de formes de vie exogènes, et l'eau de mer, salée, qui inévitablement transformera un écosystème d'eau douce en réservoir d'eau stagnante et saumâtre.

Le péril sortira de l'eau pour s'attaquer à la biodiversité terrestre. Les zones humides de San Miguelito et Brito, les réserve de biosphère du sud-est en pâtiront, ainsi que les mangroves côtières asséchées par le creusement du canal et la construction d'un aéroport, des centres touristiques, et autres. Les flux migratoires animaux seront perturbés, de nombreuses espèces spécifiques seront touchées, le jaguar, l'aigle harpie, le singe araignée... dont l'habitat s'est déjà fortement réduit.

Sans omettre la destruction de milliers d'hectares de forêts tropicales qui réduiront d'autant leurs ressources de nourriture ; ni les millions de tonnes de sédiments excavés dont il faudra bien faire quelque chose et qui ne seront pas exempts de polluants.

Visiblement aucune des conséquences de ce projet n'ont été prises, sérieusement, en compte. Bonne chance donc à tous les habitants de la région !

 

Finalement ce n'est pas d'un canal dont nous parlons ici, c'est d'un caveau. Le vôtre !

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 09:00

                Le principal algorithme de Facebook

Entretien avec Laurent Massoulié dont le travail consiste à permettre à des usagers de se connecter à des individus au profil proche du leur. Dans un réseau comme F. dont le nombre de membres dépasse le milliard il est impossible pour un individu de trouver avec qui il pourrait avoir des goûts en commun, c'est pour l'aider qu'existent des outils automatiques de recommandations. Pour les améliorer Massoulié et son équipent travaillent sur des méthodes mathématiques ''spectrales''. Méthode séculaire utilisé pour l'étude statistique de grandes masses de données, utilisée pour condenser les données en décrivant les variations entre les gens plutôt que leurs caractéristiques individuelles. Google l'emploi pour caractériser l'importance des pages web. L'algorithme étudie les liens hypertextes reliant les pages entre elles pour donner un poids à chacun.

Pour Facebook le problème est accentué par le nombre de connexions, chaque membre n'est en effet relié, en moyenne, qu'à quelques dizaines d'autres utilisateurs, il en faudrait plus de cent. Pour contourner cette difficulté Massoulié étudie les liens indirects des personnes, des amis d'amis en quelque sorte. Un changement qui permet de détecter des communautés avec plus d’efficacité.

Cette technique devrait faire son entrée sur les réseaux sociaux pour aider les gens à choisir leurs contacts. Des sites marchands pourraient s'y intéresser pour améliorer leurs moteurs de recommandation. Elle pourraient également aider les biologistes en quête de l'ensemble des gènes à l'origine d'une maladie, eux aussi cherchant des communautés de protéines jouant le même rôle à l'intérieur du réseau cellulaire.

Souvenons-nous des heures et jours suivant l'attentat contre Charlie Hebdo et celui contre l'Hyper Cacher en janvier. Sans les réseaux sociaux jamais l'information n'aurait pu se propager dans le monde entier aussi rapidement, un peu comme une épidémie, mais avec une vélocité bien supérieure. Les réseaux sociaux n'ont pourtant pour but que de relier des personnes ayant un intérêt commun.

Depuis longtemps il est démontré que les réseaux diffusent les rumeurs avec rapidité, spécificité que le Net accru encore davantage. Cette propagation des informations est l'objet d'études mathématiques cherchant à les modéliser pour en saisir les ressorts.

Résultats intéressant les sociologues mais aussi les publicitaires, politiques, célébrités... bref tous ceux qui souhaitent exploiter le potentiel d'influence de ces réseaux.

La ''théorie des graphes'' semble la plus à même d'analyser la propagation de ces informations. Elle naquit au XVIII sous la plume de Leonhard Euler. Au XXe cette théorie fut exploitée par l'informatique et la sociologie. Elle a été implantée dans des algorithmes permettant de modéliser la propagation des maladies et celle des informations sur les réseaux sociaux. Modélisant la propagation du virus H1N1 comme les rumeurs sur Twitter. Développer des modèles pour analyser et simuler la propagation des informations est une discipline très active, au sein des sociétés gérant les réseaux comme au sein d'équipes de recherche universitaires.

 

Il est probable que l'IA profitera des réseaux sociaux, domaine déserté par l'IN. Vont-elles s'opposer ou s'associer, à moins que la seconde, atteinte par la lucidité, ne soit satisfaite de ''passer la main''. Elle est l'expression de la vie, dès lors rien d'étonnant à ce qu'elle change et s'adapte à un nouvel environnement. Quand à se débarrasser de son véhicule précédent... 

Pourquoi aurait-elle des doutes ?

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