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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 08:15

Les Cahiers de Science & Vie 152

 

Le règne des lettres est passé ; les physiciens remplacent les poètes et les romanciers ; la machine électrique tient lieu de pièce de théâtre, écrit Louis-Sébastien Mercier dans ''Tableaux de Paris''. Simple constat que le monde des salons des Résultat de recherche d'images pour "galilée" Lumières se passionnait d'anatomie et d'électricité, de probabilité et de magnétisme. La révolution scientifique symbolisée par Copernic, Galilée, Descartes ou Newton, fonde la science que nous connaissons aujourd'hui. La quête du savoir s'affranchit du joug des Anciens ou de l'Église. La conception de l'Univers est bouleversée ; notre planète tourne autour d'une étoile comme il y en a des millions !

Les élites cultivées se passionnent pour cette science qui bouleverse la représentation du monde. La raison, caractéristique de la mentalité des Lumières, s'accorde avec les nouvelles méthodes de la Révolution scientifique. Tous les grands penseurs de cette époque ont une solide formation en sciences, aucun ne laissa de contribution notables mais tous étaient d'honnêtes amateurs. Il était de bon ton de disposer d'instruments scientifiques et de réaliser avec des expériences. Les plus férus fréquentent une des 50 académies de province. Celles-ci diffusent le savoir mais forgent peu de nouvelles connaissances. En 1776 Condorcet Résultat de recherche d'images pour "condorcet" écrit à toutes les académies pour leur proposer de s'associer aux travaux de l'Académie royale des sciences dont il est secrétaire perpétuel. Il reçoit peu de réponses positives. Les académies provinciales sont surtout des lieux de sociabilité réunissant noblesse et bourgeoisie éclairée, explique Simone Mazauric.

C'est l'Académie royale des sciences qui donne le la de la science pour l'Europe. Ses 300 affiliés sont pensionnés par le roi et peuvent se consacrer à plein-temps à leurs travaux. Ce sont les premiers chercheurs professionnels de l'histoire. Chaque année, le secrétaire perpétuel rédige un volume d'Histoire de l'Académie, comprenant 3 sections adressées à des publics différents. Les Mémoires décrivent la science de pointe et sont destinés au ''vrais savants'' ; l'Histoire raconte la vie de l'Académie et s'adresse aux moins spécialistes ; les Éloges, eux, relèvent de la chronique mondaine.

Plusieurs publications sont de véritables best-sellers scientifiques, comme les huit volumes du Spectacle de la nature de l'abbé Pluche ou les Entretiens sur la pluralité des Résultat de recherche d'images pour "entretien sur la pluralité des mondes" mondes, de Fontenelle. Ouvrage mettant en scène le dialogue d’une marquise soucieuse de s'instruire et d'un savant décrivant la cosmogonie faisant de la Terre un astre parmi d'autres. Son style imagé est typique du ton plaisant et mondain de beaucoup de livres de sciences du XVIIIe. Ceux-ci ne sont lu que par le ''beau monde'', les paysans en restent aux livres religieux, almanachs ou livres de contes. Il faudra attendre le siècle suivant pour que l'on parle de vulgarisation pour désigner une diffusion vers le plus grand nombre.

 

Peu à peu la science va devenir une affaire de spécialistes. Au début des Lumières une expérience est validée si elle est réalisée en présence de gens influents et connus. Il faudra à la fin du XVIIIe réaliser une expériences en laboratoire devant experts et spécialistes

pour qu'elle fut validée. Les nouvelles connaissances portées par Lavoisier, Linné ou Leibnitz sont trop complexes pour être expliquées à tous avec la rigueur requise. La science de mondaine devient ''sévère'' pour reprendre le terme de Jean-Luc Chappey. L'usage des mathématiques en physique contribue à la montée d'une science privée, seulement accessible aux initiés. Le public extérieur à ce monde Résultat de recherche d'images pour "carl von linne" ésotérique doit se contenter d'une compréhension de surface le mettant hors-jeu de toute discussion sérieuse en ces matières, confirme Yves gingras. La science devient professionnelle, des périodiques apparaissent qui sont destinés aux seuls hommes de science ainsi que des sociétés savantes comme la Société linnéenne ou la Société philomatique. L'amateur de sciences apparu avec les Lumières disparaît dès l'époque napoléonienne.

Simone Mazauric. Fontenelle et l'intention de l'histoire des sciences à l'aube des lumières. Fayard 2007

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 09:00

      Les Cahiers de Science & Vie N 152 – Avril 2015

Pascale Desclos

 

Le terme ''Lumières'' apparaît pour la première fois en Europe dans un discours rédigé par le diplomate français Jean-Baptiste Dubos en 1733 : La perfection où nous avons porté l'art de raisonner, qui nous a fait faire tant de découvertes dans les sciences naturelles, est une source féconde en nouvelles lumières. Adopté par les lettrés, le mot va bientôt se décliner dans toutes les langues d'Europe.

Après la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV, en 1685, les protestants ont quitté la France. Près de 170 000 d'entre eux ont trouvé refuge en Europe du Nord et du Nord-Ouest. Berlin compte alors 20 % de Français dans sa population, explique Pierre-Yves Beaurepaire. Parmi ces réfugiés, des polémistes, des libraires et des imprimeurs propagent les idées nouvelles. Le sud de l'Europe prend le train en marche.

 

 

C'est la curiosité qui anime alors ces élites européennes. Les savants et les philosophes du XVIIIe veulent tout comprendre, tout savoir, tout inventer. Ils voient dans la philosophie, la physique, l'économie ou l'éducation le chemin du progrès. La Cyclopaedia de Chambers lance la mode des encyclopédies, en France Diderot et d'Alembert envisagent d'en publier une traduction avant de se lancer dans leur propre projet. Il s'agit pour eux de concurrencer le projet de Chambers mais aussi de le compléter, quitte à en profiter pour le piller.

D'autres projets émergeront en Europe, soulignant les divergences entre mouvements nationaux des Lumières. La première est d'ordre religieux. Les Français sont majoritairement anticléricaux, les anglais, antipapiste, les protestants sont, eux, hostiles à l'irréligion. C'est aussi la naissance des identités nationales et du débat sur les langues. Anglais et Français s'affrontent déjà. Malgré ces rivalités, l'Europe est le cadre d'intenses circulations et échanges, botanistes et minéralogistes sillonnent le continent et les colonies à la recherche de nouveaux spécimens, les cartographes vont jusqu'en Sibérie pour fixer les frontières de la civilisation, lettrés et artistes se déplacent en quête de commanditaires et de protecteurs. La mode est au voyage, les jeunes gens aisés partent faire le tour de l'Europe durant des mois.

Les premiers guides touristiques apparaissent, tel Le Guide du voyageur en Europe, publié en allemand puis traduit en français. Les échanges sont aussi épistolaires, tout le monde écrit à tout le monde, souligne Pierre-Yves Beaurepaire. Certaines institutions favorisent la diffusion des savoirs. Cénacles formés d'érudits et d'amateurs. Les loges maçonniques participent au mouvements pour le progrès, celle des Neuf Sœurs, fondées en 1776 à Paris, dont Voltaire et Benjamin Franklin furent membres, contribue au soutien à la révolution américaine et au développement des sciences.

Journaux et livres se diffusent largement, certains libraires et imprimeurs se spécialisent dans les extraits de livres de 10 à 20 pages traduits et annotés, plus faciles à assimiler que des ouvrages originaux !

Les élites de l'Europe des Lumières ont conscience d'appartenir à un même espace. Leur rêve d'une Europe unie et pacifiée préfigure la construction européenne du XXe siècle !

 

Pierre-Yves Beaurepaire. L'Europe au siècle des Lumières. Ellipse 2011

Pierre-Yves Beaurepaire. L'Europe des Lumières. PUF. Que-sais-je ? 2013

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 09:00

Les Cahiers de Science & Vie N 152 – Avril 2015

                                                                          Anne Debroise

Les Lumières portent en elle tant de mythologie qu'il semble incongru de refuser l'éblouissement pour observer de plus près une époque apparemment dévolue à la raison, l'intelligence et le progrès.

Pourtant comme le souligne Isabelle Bourdial (Rédactrice en chef), le siècle de la raison fut également celui de la superstition et de la crédulité, que celui de la tolérance et des droits de l'homme coïncide avec l'âge d'or de l'esclavage, que la liberté d'expression était relative ou que le mouvement philosophique et humaniste fut, au début, restreinte à une petite élite intellectuelle.

Nulle lumière sans ombre, Voltaire lui-même n'était-il pas misogyne et homophobe ?

 

Le XVIIIe siècle, en occident, vit nombre de mutations, plus ou moins importantes, qui concourent à l'émergence d'un homme nouveau, tourné vers l'avenir, capable de penser par lui-même avec la volonté de prendre son destin en main. Évolution animée et soutenue par une élite de penseurs et de philosophes dont les idées s'infiltreront dans toutes les franges de la société.

 

 

 

Kant, dans son essai de 1784 intitulé Was ist Aufklärung ? Décrit les Lumières comme la sortie de l'homme hors de l'état de tutelle dont il est lui-même responsable. L'état de tutelle est l'incapacité de se servir de son entendement sans la tutelle d'un autre. Dès le début de XVIIie les philosophes rêvent d'une société plus prospère et plus juste libérés des dictats et dogmes de la société aristocratique et de l'Église. Les intellectuels du siècle précédant idéalisaient le passé, ceux de celui-ci se tournent vers l'avenir et croient au progrès de l'esprit humain.

Chronologiquement ses prémices s'observent vers 1680 avec les écrits de Pierre Bayle évoquant un ''siècle éclairé''. Les transformations intellectuelles s'opèrent à partir du décès de Louis XIV, en 1715. Les nouveaux dirigeants du pays seront plus faibles et plus sensibles aux idées progressistes.

Tout ça pour aboutir à la Révolution française de 1789 !

 

Le mouvement des Lumières visait le progrès de la connaissance et d'utiliser le raisonnement pour réformer la société en luttant contre les préjugés et l'irrationnel. Les savants l'initièrent, à la suite de Galilée, cherchant à découvrir des lois régissant le comportement de la matière usant de l'expérience et de la déduction logique. Les récits des grands voyageurs contribuèrent à élargir les vues de leurs contemporains en leur faisant connaître la grande variété d'organisations politiques existantes. Les philosophes usèrent de ces récits pour montrer qu'il existait plus d'un modèle social à suivre, et plus d'une religion respectable... [pour autant qu'une méritât ce titre]. Montesquieu s'appliqua à démontrer dans De l'esprit des lois, que les systèmes législatifs s'adaptent à la culture et à la géographie des peuples. Voltaire se battit contre le fanatisme religieux, Diderot avec jean d'Alembert, rassembla le savoir humain dans son Encyclopédie, non sans affronter censure et difficultés financières. Il s'agissait de démocratiser un savoir confisqué par quelques érudits.

Sur ce sujet il fut en opposition avec Voltaire, d'Alembert ou D’Holbach qui affichaient un profond mépris pour le peuple auquel ils ne s'adressaient pas. Diderot et Kant, d'origine modeste, pensaient que l'éducation devait s'ouvrir à tous.

La vision même du rôle du roi évolue qui pense de plus en plus au bien-être du peuple. Les conflits sont moins nombreux, moins pesant sur le quotidien des populations. Les gouvernements aménagent le territoire, créent théâtres, écoles et jardin dans les villes tout en éloignant hôpitaux et cimetières des centres urbains. l'État améliore routes et voies navigables, facilitant ainsi le commerce et la circulation de l'information.

Le climat se met de la partie avec la sortie du Petit Âge glaciaire. L'agriculture bénéficie d'améliorations dont certaines découlent de l'esprit rationnel des Lumières. De nouvelles cultures apparaissent, comme la pomme de terre et le maïs ; l'outillage progresse, la charrue est améliorée, la faucille remplace la faux. Rendements et production grimpent... ainsi, mieux nourrie, la population est plus résistantes aux maladies et épidémies. La population de la France qui stagnait aux environs de 20 millions atteint 28 millions vers 1780. la mortalité infantile régresse, l'avenir est donc moins redoutable. Un état d'esprit rejoignant celui des élites intellectuelles.

L'écrit s'est introduit presque partout. L'imprimerie a évoluée, des livres en petits formats, moins chers, sont diffusés. Les villes de province inaugurent des académies.

L'alphabétisation progresse jusqu'à dépasser 70 % dans certaines villes. Dans les campagne, qui abritent 80 % de la population, les Lumières, la connaissance et la raison n'atteignent qu'une minorité des population européennes.

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 09:00

Science & Vie HS 270 – Mars 2015

Philippe Testard-Vaillant

 

De nombreux grands singes sont entrés dans la maison et l'homme pour vivre en tout intimité à ses côtés. Parfois pour le meilleur... souvent pour le pire.

 

Éliane et Pierre Thivillon, fondateur de l'Espace Zoologique de Saint-Martin-la-Plaine, vivent avec Digit, 15 ans, et 130 kilos. Celle-ci dort dans la même pièce qu'eux, boit de la Contrex et quand Pierre se lève elle se précipite pour prendre sa place auprès d'Éliane dans le lit. Il faut dire que le couple adopta Digit en 1999 parce que la mère de celle-ci refusait de la nourrir. La jeune gorille nourrie au biberon fait désormais partie de la famille même si depuis 2014 elle partage son enclos avec Likalé. Le temps vient pour elle de quitter le foyer familial pour ''faire sa vie''.

Expérience fascinante que l'immersion prolongée de primates anthropoïdes dans notre monde tant leur fonctionnement est proche du nôtre. De Jocko, singe femelle de Buffon qui mangeait à table avec fourchette, couteau, serviette et verre, à Bubbles, chimpanzé mâle de Michael Jackson. La liste est longue de singes entrés dans la maison de l'homme jusqu'à s'y intégrer parfaitement. C'est aussi le moyen de leur apprendre un langage en ayant le temps de le faire. Mais la faculté d'intégration des singes en environnement humain sera une surprise. Certains jouant avec des poupées, se coifferont, feront de la peinture, aimeront boire du vin, fumer... Certains apprendront à sourire en découvrant les dents alors que c'est un geste d'ordinaire signe de peur ou d'agressivité ; d'autres se montreront aptes à nager sous l'eau, ce qui n'arrive jamais dans la ''nature''.

L'évidence est là que les grands singes sont éminemment adaptable. Il apprend par imitation et montre une plasticité comportementale tout à fait singulière explique Florence Burgat. Plongé dans un environnement humain, un primate s'engage dans une procédure d'imitation de ses partenaires sociaux et développer une manière d'être au monde très proche des hommes et très éloignée des habitudes de son espèce. Cela va au-delà d'une reproduction servile ou mécanique, précise Chris Herzfeld : un grand singe élevé par des humaine ne se contente pas de singer nos gestes et comportements. Il scrute nos activités qui l'intéressent et tente de se les approprier. Il ne s'agit en aucun cas de dressage mais d'une forme d'échange.*

Et d'attachement, un petit dans une famille humaine va chercher l'être capable de le nourrir, de le protéger, de le rassurer en lui expliquant le reste du monde afin qu'il y soit autonome. Coupé de leur milieu des chimpanzés se classèrent parmi les hommes, rangeant leurs parents biologiques parmi les autres animaux.

Reste, comme le dit le primatologue néerlandais Frans de Waal : Si le singe peut sortir de la jungle, la jungle peut-elle sortir du singe ? Les grands singes ne sont pas nous, et nous ne sommes pas eux, ajoute Chris Herzfeld. L'important est de dépasser l'opposition simple ''humain/non humain''. La possibilité d'interpénétration entre nos sociétés témoigne d'une ouverture commune au monde, d'une sensibilité partagée, d'une proximité essentielle.

 

À lire :

Petite Histoire des grands singes Chris Herzfel, éditons Le Seuil 2012

Au risque d'aimer Claude Béata, éditions Odile Jacob 2013

Une autre existence, la condition animale Florence Burgat, Albin Michel 2012

L'Animal singulier, Dominique Lestel, Le Seuil 2004

 

Dans ce numéro exceptionnel vous pourrez lire bien d'autres articles sur des cousins qui, s'ils savaient quels liens nous unissent, le regretteraient probablement.

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 09:00

Science &Vie – HS 270 – Mars 2015

 

                                Les mêmes microbes

 

L'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest amène la question de la responsailité des singes. En 1967 le virus de Marburg, proche d'Ebola, découvert en Allemagne sur des singes verts avait tuée 7 laborantins. En réalité Ebola viendrait des chauves-souris. Reste le risque que des maladies simiesques soient transmissibles à l'homo sapiens comme le furent le sida, passé chez l'homme au début du XXe et le paludisme, transmis par l'intermédiaire des moustiques.

Une nouvelle forme de cette maladie vient d'être mise en évidence en Asie. Cette fois des macaques sont impliqués, à la faveur de la déforestation les cas humains se font de plus en plus nombreux. Le plus inquiétant étant que le pathogène pourrait avoir évolué pour se reproduire chez l'homme, celui-ci devenant vecteur de contagion.

Les exemples sont pourtant rares de passages d'un virus du singe à l'homme tant les pathogènes doivent surmonter d'obstacles adaptatifs avant de s'établir dans une population humaine. L'inverse est bien plus facile. Des virus respiratoires bénins chez l'homme font des ravages chez les grands singes.

Il est plus judicieux de considérer les grands singes comme des sentinelles nous signalant les pathogènes des forêts tropicales qui pourraient s'approcher de nous. Q'ils infectent les grands singes montrent la menace qu'ils représentent pour nous. Le décès de nombreux gorilles par l'Ebola était indicatif que celui-ci se modifiait pour s'adapter à l'homme. Si un vaccin contre Ebola était mis au point il serait judicieux de vacciner les grands singes. Les vaccins humains se sont toujours montrés efficaces chez le chimpanzés.

 

        Le modèle chimpanzé 

Yves Sciama

 

le 29 novembre 1961, Enos est expédié dans l'espace par la NASA pour préparer le premier vol habité. Malgré un voyage difficile et très douloureux il put revenir sur Terre où il retrouva ses soigneurs avec joie. La chienne Leika n'eut pas cette chance et connut une pénible agonie. Le voyage d'Enos se révéla superflu, le vol de Youri Gagarine ayant déjà démontré que le vol spatial était permis.

Aujourd'hui l'expérimentation sur les grands singes est interdit, sauf rares dérogations. La communauté scientifique est majoritairement hostile aux expériences ''invasives'' su ces primates.

Notre proximité génétique avec le chimpanzé amène une alternative contradictoire. S'ils sont si proches de nous, des ''quasi-hommes'' l'éthique exige la suppression des expérimentations, à l'inverse, cette proximité rendrait ces tests plus efficaces.

Longtemps les recherches conduites le furent par des émules de Mengele tant certains firent preuve d'un véritable sadisme et d'un goût marqué pour la torture gratuite.

Un suivi est pourtant utile, ne serait-ce que pour anticiper une évolution de pathogènes trouvant chez les grands singes un pont vers l'homo sapiens. Sans parler de vaccins possibles dont ils pourraient profiter. Ce qui serait un juste, mais tardif, remerciement.

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 09:00

Science & Vie - HS 270 – Mars 2015

 

''Notre esprit est très semblable à celui des primates.''

Propos reueillis par Yves Sciama

 

Pour Frans de Waal la primatologie perce des trous dans le mur étanche que l'humanité a érigé entre elle-même et le reste du monde animal, depuis que Wolfgang Köhler a, le premier, proposait que les chimpanzés fussent perspicaces dans la résolution de problèmes. Ce mur a fini par s'écrouler car aucune des affirmations des tenants d'une essence humaine différente n'a pu résister aux faits. Exception faite peut-être du langage. Cette capacité à communiquer par des systèmes symboliques à propos du passé, de l'avenir, d'autres lieux, et le maniement de concepts.

Voilà les domaines où nous sommes vraiment spéciaux.

Encore qu'en décomposant cette aptitude en ses différents éléments certains sont présentes chez les grands singes. Mais la totalité n'est présente que dans l'espèce humaine. La continuité homme/animal est devenue le point de vue dominant de toutes les réunions de scientifiques. Les capacités cognitives impressionnantes que la primatologie a mises en évidences chez les singes y ont énormément contribué ainsi que les neurosciences. Au début les primatologues étaient réticents à parler de cognition et d'émotions chez l'animal, ils étaient soupçonnés d'anthropomorphisme [l'animalocentrisme est à conceptualiser], les neuroscientifiques n'avaient pas ces barrières. Étudiant les manifestations de la peur dans l'amygdale du rat et de l'homo sapiens, constatant leurs similitudes, ils en déduisaient que ce sont des processus homologues, postulant que c'est probablement vrai pour d'autres émotions. De même pour la reconnaissance facile, c'est la même zone particulière du cerveau, l'aire fusiforme des visages (FFA), qui est mise en chez chez l'homo sapiens comme chez les singes.

L'étude des possibilités cognitives des primates reste superficielle. 2 millions de chercheurs se penchent sur la psychologie humaine, il n'y a que 2000 primatologues, pour 200 espèces. D'autres groupes animaux suscitent des travaux : les corvidés, les dauphins, les éléphants, dont les capacités n'ont rien à envier aux singes anthropoïdes, sans parler des chiens.

L'homo sapiens séparé de la nature est une vision s'expliquant par le contact tardif avec les singes. Les monothéismes sont nés dans le désert, au contrat de chèvres, chameaux, serpents... Lorsqu'au début du XIXe les premiers singes hominoïdes ont été montrés à Londres et Paris ce fut un choc ; la reine Victoria exprima publiquement son malaise face à ces animaux si humains. Cette absence d'exposition aux primates explique les résistances de notre civilisation à la notion d'évolution. En Asie c'est différent, au Japon il y a une forte tradition primatologie. Les pays bouddhistes ou hindouistes n'ont pas eux les résistances des monothéistes aux idées darwiniennes. L'âme est vue comme pouvant circuler entre l'humain et l'animal dans un contexte où tout est fluide et interconnecté. Le folklore chinois ou indien est plein de primates, les primatologues de ces pays n'ont jamais hésité à donner des noms aux animaux, à parler de leur caractère et de leur culture.

Les philosophies et science sociales occidentales n'admettent l'évolution que jusqu'au cou. Les primatologues pensent que notre esprit est semblable à celui des primates et que les idées évolutionnistes s'appliquent aussi à la cognition humaine. L'école kantienne sépare émotions et morale, excluant les émotions pour se consacrer à la rationalité et à la logique.

Frans de Waal adopte le point de vue de David Hume, très populaire chez les neuroscientifiques, qui sans nier la rationalité mettait l'accent sur les émotions, affirmant que ''la raison est l'esclave des émotions''. La psychologie expérimentale confirme que l'on effectue d'abord un jugement émotionnel, instinctif, et par la suite on en trouve les justifications et les rationalisations, qui sont secondaires.

Son travail sur les primates indique que nombre des tendances morales élémentaires que nous avons intégrées dans nos systèmes moraux peuvent être trouvées, dans une certaine mesure, chez d'autres primates. L'empathie, le sens de l'équité, le sens des règles sociales... capacités plus vieilles que notre espèce, laquelle ne les as pas inventé mais en a hérité.

L'empathie par exemple n'est pas le produit d'une décision, de la représentation mentale de la situation de quelqu'un d'autre. C'est un processus automatique difficile à contrôler et qui se retrouve chez tous les mammifères [neurones miroirs!]. Elle n'est pas positive pour autant. La capacité à ressentir et comprendre émotions et sentiments peut être utilisée à toutes sortes de fins. Par les vendeurs par exemple. Un bourreau pourrait ainsi comprendre ce qui fait souffrir sa victime... [sympa!]

Aujourd'hui, conclut de Waal, l'intérêt pour la primatologie vient plus des sciences humaines, et du public, que de la biologie. Une chance pour l'avenir de cette science alors que les singes se raréfient plus vite que leur habitat naturel.

 

À lire :

Primates et philosophes, éditions Le Pommier, 2008

L'Âge de l'empathie, éditions Les Liens qui libèrent, 2010

Le Bonobo, dieu et nous, éditions Les Liens qui libèrent, 2013

 

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 09:00

Science & Vie – HS270 – mars 2015

Cécile Bonneau

 

Julie a 16 ans, en 2011, quand elle arbore un brin de paille coincé dans son oreille, pour continuer ses occupations quotidiennes. Que le brin tombe et elle en prend un autre qu'elle met à la même place. Malheureusement Julie décédera en 2013 mais ce comportement, inédit dans son groupe de chimpanzés orphelins de Chimfunshi, en Zambie, va perdurer, sans qu'aucun autre groupe n'en présente un similaire.

 

Il y a quelques années l'anthropocentrisme mettant des œillères devant certains esprits, l'idée de culture ne pouvait correspondre à une autre espèce que l'homo sapiens. La culture n'est-ce pas justement ce qui extrait celui-ci de la nature ? [s'imagine-t-il]. Tout est question de définition, précise Shelly Masi.

Les anthropologues sociaux fondent la notion de culture sur des éléments (art, écriture, politique, croyance...) excluant les [autres] animaux. Nous, primatologues et zoologues, parlons de culture lorsque l'on note des différences de comportements entre des populations au seins de la même espèce, et que ces différences, transmises par apprentissage social, ne sont déterminées ni par lé génétique ni par l'écologie. Un trait comportemental doit donc être spécifique à un groupe au sein d'une espèce sans dépendre d'une particularité de l'environnement et doit se maintenir au fil des générations.

Dès 1970 Jane Goodall eut l'intuition de pratiques culturelles chez les chimpanzés. Ainsi nota-t-elle pas moins de treize différences dans l'utilisation d'outils et huit différences de comportements social entre les chimpanzés de Gombe et les autres. Comment l'expliquer autrement que par une forme de culture, d'apprentissage social ?

Par la suite, les primatologues enrichirent la palette de ces comportements distinctifs chez les groupes de chimpanzés. Par exemple : deux populations de chimpanzés ougandaises avaient des pratiques différentes d'automédication : tandis qu'à Kanyawara ce sont les tiges de l'Acanthus qui sont consommés, à Budongo, ce sont les fleurs. Sabrina Krief s'est beaucoup intéressée à l'automédication chez les chimpanzés, l'Acanthus présentant des qualités antibiotiques. Des comportements liés à la toilette existent dans un groupe, pas dans d'autres, et réciproquement. Ces primates ont développé des cultures purement symboliques : le leaf-clip, action de déchirer des feuilles entre les dents (sans les manger), qui correspond à Taï à un avertissement avant une charge, à Mahale et Kibale, à une incitation à la copulation, alors qu'à Bossou (Guinée) il exprime une invitation au jeu !

Encore faut-il prendre le temps de l'observation afin de s'assurer qu'un comportement existe dans un groupe sans avoir été remarqué auparavant. Ces dernières années, les orangs-outans ont également révélé sans ambiguïté nombre de comportements culturels. Dans l'utilisation d'outils mais aussi dans leur répertoire de vocalisations.

Désormais cependant c'est vers les gorilles de l'Ouest que les regards se tournent, moins connus d'avoir été moins étudiés. Leur agressivité et la densité de la forêt rendant l'approche difficile. Shelly Masi a réussi pourtant à distinguer des habitudes chez quatre groupes géographiquement proches. Elle est convaincue d'y déceler des différences culturelles.

Comme le soutenait Kevin Laland ''beaucoup de ceux qui étudient les cultures animales, notamment les primatologues, le font en pensant que leur travail éclairera l'évolution de la cognition humaine. Mais la culture animale est bien plus qu'une fenêtre sur l'humanité, elle est un acteur de l'évolution''.

 

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 09:00

Science & Vie – HS270 – mars 2015

Anne Lefèvre-Balleydier

 

Les grands singes manient les outils, ils disposent d'une forme de langage et sont doté d'une mémoire qui ressemble à la nôtre, et, parfois, la surpasse. Que reste-t-il à l'homo sapiens se prétendant ''humain'' ? Le sens moral répondent philosophes et biologistes.

Certains primatologues distinguent chez les grands singes, dans leurs interactions sociales, des comportements qui pourraient être de l’altruisme, de l'empathie. Si le sens moral plonge dans notre sous-sol généalogique il pourrait exister dans le tronc commun des primates et pouvoir s'exprimer dans les diverses branches qui en émanent.

Reste à en faire la démonstration. La captivité rend la chose difficile, éthiquement et pratiquement, et l'observation in situ est ardue.

Depuis vingt ans David Watts et John Mitani étudient les chimpanzés dans le parc de Kibale, en Ouganda et assistent à cette scène. Après chassé ensemble ils se rassemblent pour partager le repas. Banal direz-vous ! Non, car ici il s'agit d'individus appartenant rarement à la même famille (déterminée par analyse ADN). Les chimpanzés volent rarement de la nourriture, le chasseur partage lui-même sa proie, parfois en enlève les os avant de l'offrir. Celui qui partage n'attend pas d'avoir le ventre plein, il répond rarement à des pressions et conserve son libre arbitre et le partage pourrait être motivé par un soucis de réciprocité indirecte élaborée.

Outre leur tendance au partage les grands singent s'avèrent capable de s'entraider sans attendre une contrepartie immédiate. Fréquemment en cas de confrontation entre deux mâles, un troisième réconforte le perdant, souvent les grands singes se réconcilient, évitant ainsi un nouveau risque d'attaque. Est-ce de l'altruisme ou la volonté pour le consolateur de se protéger ? Difficile à dire, mais les motivations de l'homo sapiens sont-elles toujours exemptes d'arrière-pensées ?

Il arrive qu'un jeune se retrouve orphelin, dans le parc de Taï, en Côte d'Ivoire plusieurs furent adoptés par des mâles, attitudes rares, les mâles étant rarement intéressés par les petits et allant parfois jusqu'à l'infanticide. Dans la moitié des cas il n'y avait aucun lien génétique entre les intervenants.

Des expériences menées à Kyoto ont démontré une vraie collaboration, une entraide faisant qu'un singe donnait à un autre un outil qu'il ne pouvait atteindre afin d'atteindre une récompense.

Alors, sens moral, empathie, ou comportements nés de l'évidence que l'entraide était nécessaire à la survie du groupe en général, à la sienne en particulier ?

[L'homo sapiens est-il jamais désintéressé lors d'action semblant l'être, n'est-ce pas un moyen de flatter son égo, de dominer celui qui au final est son débiteur ? L'instinct grégaire peut inciter à aider quelqu'un que l'on pense être de son troupeau, pour la survie de celui-ci, et, par conséquent, la sienne.]

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 09:00

Science & Vie – HS270 – Mars 2015

                                                                Pierre-Yves Bocquet

L'homme est-il comme le soutenait Aristote ''le seul animal qui possède le langage'' ? Le débat se poursuit depuis deux mille ans chez les scientifiques. Question difficile pour les spécialistes des grands singes. Des expériences furent conduites visant à élever un chimpanzé dans un environnement ''humain'' afin de vérifier s'il accéderait ainsi au langage articulé. Ce ne fut pas le cas. Échec prévisible : les grands singes sont anatomiquement incapables de parler, leur bouche et leur larynx leur interdisent d'articuler des sons comme nous.

En fait, précise Adrien Meguerditchian, le langage peut se manifester par des gestes ou des signes mettant en œuvre les mêmes capacités cognitives que la parole. L'essai de l'apprentissage de la langue des signes, s'il paru pertinent au début, s'avéra une déception.

Une nouvelle méthode fut donc établie : l'usage de lexigrammes, formes géométriques de couleur correspondant chacune à un mot. Celle-ci s'avère riche de promesses. En outre une attention plus grande portée aux vocalises des grands singes tend à réhabiliter celles-ci. ''L'intentionnalité du langage semble désormais établie chez le chimpanzé, l’orang-outan et le bonobo'' résume Zanna Clay qui vient de découvrir que les cris des bonobos respectaient une forme élémentaire de syntaxe. Système complexe et subtil dont le sens reste à décoder clairement.

Une nouvelle question se pose donc : homme et primates utilisent-ils les mêmes zones cérébrales quand ils communiquent ? Il semblerait que ce soit le cas : l'aire de Broca (qui gouverne la production des mots parlés) et l'aire de Wernicke (dédiée à la compréhension des mots), toutes deux situées dans l'hémisphère gauche sont mises à contribution chez les uns et les autres. L'IRM a montré qu'un chimpanzé qui frappe dans ses mains active une zone correspondante aux aires de Broca et Wernicke, ce n'est pas le cas quand il manipule un objet.

Une étude comparative des boîtes crâniennes d'hommes actuels, de grands singes africains actuels et d'hommes fossiles est venue renforcer cette idée. Révélées par imagerie, les empreintes laissées par les différentes parties du cerveau montrent le même type d'asymétrie d'une zone impliquée dans le langage chez les bonobos, les hommes et les hominidés fossiles. Les zones du langage existaient déjà avant la séparation entre l'homme et les paninés il y a 8 millions d'années. Le même terreau cérébral favorable au développement d'une forme de langage existait donc.

Les recherches sont difficiles sur l'emploi des zones cérébrales pour communiquer, un appareil IRM n'a rien de pratique pour cela. Reste l'usage de la spectroscopie proche infrarouge qui mesure la quantité d'oxygène dans le sang pour traduire le degré d'activité de telle ou telle zone du cerveau, celle-ci peut être intégrée dans un bandeau porté en permanence.

Comptons sur l'avenir pour nous en dire davantage.

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 09:00

Science & Vie – HS270 – Mars 2015

                                        Primates

 

Six espèces représentent les grands singes : les chimpanzés, les bonobos, les gorilles de l'Est et de l'Ouest, les orangs-outans de Bornéo et de Sumatra.

Pourtant la famille des primates compte de nombreux autres membres, à commencer par les gibbons qui sont comme nous des hominoïdes. Au-delà les primates se divisent en deux grands groupes : les simiens, dont nous faisons partie avec 200 autres espèces, et les prosimiens, regroupant une centaine de lémuriens et de loriformes. Les premiers vivent seulement sur l’île de Madagascar, et sont arboricoles. Anthropoïdes ils ont des doigts opposables aux mains et aux pieds. Les loriformes sont de petits primates nocturnes dotés d'une truffe (rhinarium) et d'une griffe en guise d'ongle aux deuxièmes doigts. Ils vivent en Asie ou en Afrique.

Les gibbons vivent de l'Inde à l'Indonésie, pays où ils sont en danger d'extinction avec les siamangs ils composent la famille des hylobatidés. Avec les grands singes, et les sapiens, ils forment la superfamille des hominoïdes.

Les simiens contiennent, outre les hominoïdes, les cercopithécidès, les platyrrhiniens et les tarsiers.

 

Notre patrimoine génétique est identique à celui du chimpanzé à hauteur de 98,79 %, avec celui du gorille, à 98,47 %, et à celui de l'orang-outan à 96,96 %. L'homme partage aussi 35 % de son génome avec la jonquille.

La génétique confirme ce que la morphologie laissait supposer : l'homme, le chimpanzé, le bonobo, le gorille, l'orang-outan et même le gibbon sont si proches que les phylogénistes les classent dans la même superfamille des primates sans queue : les hominoïdes. Eux même scindés en trois familles : les hylobatidés (gibbons), les pongidés (orangs-outans)et les hominidés. Ces derniers étant à leur tour subdivisé en trois sous-famille : les homininés (homme), les paninés (chimpanzés et bonobos)et les gorillinés (gorilles).

 

Contrairement à une idée reçue, l'homme ne descend pas du singe. Le chimpanzé est le fruit d'une évolution aussi longue que la nôtre. Pour conserver les liens familiaux nous pouvons dire que le chimpanzé est notre frère, le gorille, notre cousin germain à tous les deux alors que l'orang-outan serait un cousin au second degré, propose Véronique Barriel, phylogénéticienne au Muséum national d'histoire naturelle. Reste la question du père de l'homme et du chimpanzé, du grand-père de l'homme, du chimpanzé et du gorille. Et à quelles époques sont apparues ces différentes espèces ? Le génome ne se transmet pas à l'identique, il subit des mutations qui sont, par ailleurs, le moteur de l'évolution, à un rythme constant. Le nombre de mutations séparant deux individus vivants est donc proportionnel au nombre de générations les séparant de leur ancêtre commun. C'est ''l'horloge moléculaire''. L'homme et le chimpanzé auraient divergé il y a environ 7 millions d'années. L'homme et le gorille il y a entre 8 et 10 millions d'années, l'homme et l'orang-outan entre 10 et 15 millions d'années.

Quels étaient les ancêtres de ces parents après qu'ils se fussent séparés ? Les indices sont minces et les fossiles montrent qu'entre 22 et 5,5 millions d'années, plus d'une centaine d'espèces d'hominoïdes peuplaient l'Ancien Monde, c'est-à-dire, principalement l'Afrique tropicale mais également l'Europe et l'Asie. Originaires d'Afrique ils auraient conquis l'Eurasie autour de -15 millions d'années, époque de la naissance du rameau dont descend l'orang-outan.

S'il existe nombre de fossiles trouvés en Asie, en Afrique il n'en va pas de même. Les paléontologues sont face à un trou noir entre 7 et 13 millions d'années, l'époque où sont apparus les ancêtres directs des gorilles et des chimpanzés. Première cause de cette absence, le manque de crédits, chercher l'ancêtre de l'homme, oui, l'ancêtre des singes est moins vendeur.

Un point fait l’unanimité chez les découvreurs de fossiles : il faut chercher ailleurs que dans la vallée du Rift. Des pistes sont possibles dans de nombreux pays africains. Demain, à la faveur de nouvelles découvertes, notre longue histoire de famille pourrait être moins parcellaire qu'elle l'est aujourd'hui.

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