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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 07:27

Dossier Pour la Science N86 – Janvier-Mars 2015

 

Un animal doué de raison ?

Bernard THIERRY

Pensée, esprit, raison, intelligence, états de conscience... autant de mots désignant une réalité cognitive impalpable, autant de concepts qui soulèvent une question essentielle : les [autres] animaux ont-ils des capacités mentales semblables à celles de l'être humain ?

Il n'y a pas si longtemps l'idée qu'il n'existe pas de pensée sans langage dominait. La révolution cognitive a mis à mal ce dogme en indiquant que des animaux, notamment les singes, ont des états mentaux, des pensées ou des croyances, et qu'ils construisent une représentation du monde.

Leurs décisions sont-elles rationnelles, les singes sont-ils capables de résoudre des problèmes autrement que par approximations successives ? Peuvent-ils planifier un événement ou expliquer des effets par leurs causes ? Attribuent-ils des intentions à leurs congénères ?

Aristote définissait l'homme comme un ''animal raisonnable'', c'est donc la nature même de l'être humain qui est en jeu.

À Leipzig, l'Institut Max Planck d'anthropologie s'associe au parc zoologique pour étudier les grands singes, en 2004, sous l’œil du public, Josep Call, chercheur en psychologie, travaille avec des chimpanzés et des gorilles, soumettant ceux-ci à des problèmes afin de déterminer s'ils peuvent faire des déductions à partir d'indice manquant, utilisant le ''raisonnement inférentiel par exclusion''. Les testant sur leur capacité à deviner la position d'objets dissimulés ou encore à utiliser la règle de transitivité (si A implique B et implique C, alors A implique C).

en 2006 l'équipe de Call travaille avec des orangs-outans. Ceux apprennent à utiliser des outils avec un objet pour obtenir une récompense. Puis, isolé, le sujet est remis face à l'objet, mais sans outil, il doit prendre celui-ci auparavant, donc anticiper le besoin futur qu'il en aura. Ces singes apprennent à emporter le bon outil, ils parviennent même à le faire un jour suivant, démontrant leur capacité à se projeter de la veille au lendemain. Qualité longtemps réservée à l'être humain.

D'autres expériences furent conduites par l'équipe de Marc Hauser de l'Université Harvard, travaillant avec des macaques rhésus élevés en liberté sur un îlot des Caraïbes. Ils ont testé la compréhension des singes du rôle causal joué par un outil tel un couteau. Reprenant des tests que David Premack à l'Université de Pennsylvanie avait fait passer, avec succès, à un chimpanzé en 1976. d'autres expériences mirent en évidence la difficulté pour les singes de se représenter le non-observé et l'inobservable, comme comprendre les lois de la physique ou qu'un objet doit être complet pour être utilisé, en kit il ne sera d'aucune utilité.

Des difficultés identiques se rencontrent si l'on veut déterminer si les primates attribuent à autrui des intentions, des désirs ou des croyances. Peuvent-ils prédire ou expliquer le comportement d'autrui parce qu'ils lui prêtent des pensées ? Beaucoup de singes peuvent anticiper les comportements de leurs congénères mais échouent s'ils doivent pour cela lui attribuer des états mentaux. Ils agissent en fonction du comportement de l'autre, pas en supposant ce qu'il pense. Il semble pourtant que les chimpanzés puissent reconnaître l'intentionnalité d'une action ou reconnaître ce qu'un autre peut vouloir ou savoir.

Pour rendre compte des performances des chimpanzés, et leur limites, il faut dépasser l'alternative qui leur prête soit une vision du monde exclusivement fondée sur les actes, soit une théorie de l'esprit semblable à la nôtre. Les grands singes pourraient attribuer un état intentionnel à autrui sans posséder notre faculté de comprendre de multiples dimensions psychologiques. On ne trouve pas chez eux l'intention d'informer, nécessaire à la pratique du langage humain.

Depuis Hume, on définit la rationalité comme l'aptitude à choisir les moyens correct en vue d'une fin, ce qui présume que le sujet reconnaisse ses erreurs. Nous étudions la logique des animaux en les testant dans des situations dont ils doivent tirer le meilleur avantage mais détectent-ils les contradictions ? Révisent-ils leurs croyances ? Nous interprétons leurs réactions, présupposant la rationalité de leurs décisions, leur prêtant des intentions par où se réintroduisent subrepticement les fantômes de notre propre raison. L'approche anthropocentrique est riche d'enseignements, mais elle considère la rationalité des animaux comme une version incomplète de la nôtre.

Il est possible d'échapper à l'anthropocentrisme en prenant la voie de l'évolutionnisme. Considérant les comportement comme le résultat de l'histoire des espèces, participant à la survie et à la reproduction des individus. L'approche évolutionniste se concentre sur le résultat, pas sur le mécanisme de la décision. On juge de la rationalité des animaux à leur aptitude à choisir les solutions qui assurent le plus grand nombre de descendants.

Dans un habitat où les ressources en nourritures sont irrégulières les déplacements au hasards ne sont pas la meilleure tactique. Il paraît évident que les singes sont capable de se questionner sur le comportement à adopter, le chemin à prendre pour éviter des concurrents, la parcelle à exploiter...

La démarche évolutionniste comme la démarche anthropocentrique nous conduit à la notion de rationalité limitée. En dépit de la logique cartésienne qui sépare le mental invisible du matériel visible, l'intelligence ne se réduit pas à une fonction enfermée dans le cerveau ; les comportements résultent des interactions des individus avec leur environnement.

Notre compréhension de la raison des primates a accompli de réelles avancées ces dernières années. Ce n'est que le début d'une lente progression à travers les lianes enchevêtrées de leurs actes et de leurs intentions, dans une jungle hantée qui nous réserve encore de nombreuses surprises.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 07:25

Les contraires s'affrontent comme un individu fait face à son reflet.

Un monothéiste veut une monosociété, un monopeuple...

Repue, la bête s'apaise, rêve, invente et s'amuse, crée une culture divertissante. Jusqu'à ce qu'elle se réveille !

L'avantage des machines c'est que ne mourant pas elle n'ont pas besoin ''d'oublier'' la mort par la création de mythologies rassurantes mais illusoires et finalement mortifères.

Mes blocages ne vous protègent pas de moi, ils ME protègent de moi !

Vous êtes de la poussière et moi un balai !

Même un bourreau finit par se fatiguer.

J'hésite entre les bons défauts et les mauvaises qualités.

La première qualité de l'intelligence est de se cacher.

Certains sont mort-né, moi je suis né-mort ! 

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Publié par Lee Rony - dans Aphorismes
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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 07:15

When Animal Dreams - Jonas Alexander Arnby – 2014 - 84'

Le médecine examine marie, cherche les rougeurs sur sa poitrine, l'observe, l'interroge, regarde ses dents... rien ne paraît anormal et il propose à la jeune fille de revenir dans un mois pour voir de quoi il s'agit. À la maison elle retrouve ses parents et propose d'aller promener sa mère, handicapée en fauteuil roulant, sans que l'on sache de quoi elle souffre exactement.

Le lendemain elle commence son emploi dans une poissonnerie et essaie de domine le malaise qu'elle paraît ressentir. Que faire d'autre de toute façon dans cet endroit ? Petit bizutage, elle est poussée par Esben, un collègue pas très finaud, dans une benne pleine de poisson, après quoi elle fait vraiment partie de l'équipe et de l'usine.

La journée de travail est trop courte et quand elle rentre elle surprend le médecin chez elle, sa mère demande des soins, une surveillance constante. Elle en profite pour subtiliser le dossier médical. Ne lui cache-t-on pas quelque chose ?

Sa curiosité semble s'être accrue depuis quelques temps en espionnant ses parents elle surprend son père en train de raser le dos de sa mère... ce qui l'intrigue et l'angoisse, comme ces rêves étranges qui se font de plus en plus présents.

À l'usine le travail continue mais les hommes la regardent, de travers, comme s'ils voulaient la courtiser mais se l'interdisaient.

Sa vie est sur des rails, la maison, la poissonnerie, les distractions sont rares. Raison pour laquelle sans doute deux autres ouvriers l'agressent un soir alors qu'elle se change avant de rentrer chez elle et font mine de la violer, avant d'enlever leurs cagoules et de rire de la peur qu'ils lui ont fait.

Peur qui grandira quand elle découvrira sur sa poitrine que ce ne sont plus des rougeurs mais des poils, roux et rêches, qui poussent.

Il ne fait pas de doute pour Marie qu'il se passe quelque chose, que sa famille cache un secret. Mais ça ne va pas durer. Son père l'appelle, le médecin est là, il est temps qu'elle sache, les symptômes s'installent, le processus est irrémédiable. Ainsi Marie apprend qu'elle est malade, que des poils vont pousser sur son corps mais que son caractère aussi va se modifier, elle va devenir violente, agressive. Il lui suffit de prendre le traitement que le docteur lui propose pour que cela n'arrive pas.

Mais la jeune fille refuse !

Sur le port elle trouve un bateau abandonné, l'explore, y trouve des poils mais aussi des traces de griffes sur les parois. Pas question de s'arrêter là, le plus simple est encore d'aller voir Félix, un ami plus âgé qui doit en savoir plus. Elle veut savoir en particulier si sa mère est déjà allé sur ce bateau. Félix élude la question mais lui dit que sa mère était très belle mais faisait peur aux hommes, tout comme elle. Lui ne semble pas la craindre puisqu'il lui propose d'aller danser dans la boite de nuit du coin.

Le monde étant petit elle retrouve Daniel et lui murmure à l'oreille qu'elle est sur le point de se transformer et qu'elle a un grand besoin de sexe.

Ensemble ils vont faire un tour sur la plage, boire, dire, trouver une petite maison tranquille... mais Marie lui demande de partir.

Alors qu'elle vient juste de rentrer et de se coucher son père tente de l'immobiliser pendant que le médecin essaie de lui faire une injection. Marie n'a pas la force de résister, elle appelle sa mère au secours...

la disparition du docteur va attirer l'attention, en fait il semble que beaucoup de gens soient au courant de la ''maladie'' de la mère de Marie.

Pas d'effet gore dans ce film mais un climat oppressant né du contraste entre le cadre qui ressemble trop à une carte postale et l'évidence que la ''maladie'' de Marie va prendre le dessus.

Comme la peur chez les villageois. Mais impossible pour eux de résister à une émotion si naturellement ancrée chez les proies.

 

Le Jütland est loin de la Californie et cette production se dispense des effets des films qui nous en arrive régulièrement avec une jeune, et jolie, Sonia Suhl, actrice dont j'espère qu'elle n'aura pas été dévorée par ce rôle.

 

La bête en soi ne devient un ennemi que quand on la renie !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 07:57

Dossier Pour la Science N 86 – Janvier-Mars 2015

Les chimpanzés : des grands singes pétris de culture

Christophe BOESCH

La culture a toujours été un domaine réservé aux humains et serait l'exclusivité de notre espèce, nous différenciant du règne animal. Buffon, après Descartes, plaçait l'homme à distance des autres animaux, s'en différenciant, qualitativement (?) par ses facultés intellectuelles. Montaigne en revanche préférait une approche plus continue, aujourd'hui on dirait : évolutive. L'humain appartenant au règne animal en aurait hérité de beaucoup de ses facultés intellectuelles, lesquelles seraient partagés avec nos plus proches parents biologiques : les grands singes.

L'évolution darwinienne est généralement acceptée pour les aspects liés à nos morphologie et nos capacités physiques et physiologiques. Les opinions sont plus partagées pour nos facultés intellectuelles. D'aucuns virent dans cette réticence l'influence de notre culture judéo-chrétienne.

Difficile aussi, et surtout, pour les humains d'être ''juges et partie''. Impossible d'être impartial. Bertrand Russell écrivait en 1918 : ''Si on propose à un homme un fait allant à l’encontre de ses instincts, il va le scruter de près et, sauf si les preuves sont accablantes, il refusera d'y croire. Si, en revanche, on lui présente quelque chose qui va dans le sens de ses instincts, il l'acceptera avec le minimum de preuve. L'origine des mythes s'explique de cette façon''.

Dans Le Singe Nu, Desmond Morris l'approuve : ''L'histoire de notre parcours évolutif est une histoire de nouveau riche, et comme tel, nous sommes susceptibles quand à nos origines''. Bref, de nombreux scientifiques sont prisonniers d'une logique comparative égoïste plaçant l'homme à part et reniant notre parenté en survalorisant des études défavorables aux autres espèces animales. Beaucoup des réponses données aujourd'hui ne s'appuient pas sur une approche comparative avec nos plus proches parents mais sur un a priori sur nous mêmes.

Les cartésiens [mais que penserait Descartes aujourd'hui?] ont bloqué les progrès qui nous permettraient de révéler la spécificité de la ''culture humaine''. Sans oublier les perceptions différentes, encore une séquelle ''judéo-chrétienne'' qui fait qu'une preuve de culture au Japon est réfuté en oxidant. La véritable question est de savoir quels aspects du phénomène culturel sont particuliers aux humains par rapport aux autres primates en général, et aux chimpanzés, en particulier. Neuf populations de chimpanzés sont suivis, en Afrique de l'Ouest, Centrale, de l'Est, configuration permettant de mettre les observations en commun. Les observateurs furent surpris de comportements n'étant pas induits par l'environnement et qui, par conséquent, ne pouvaient être que culturels. Les chimpanzés les avaient appris en copiant les membres de leur groupe. De nombreux exemples (à découvrir dans le magazine) montrent la flexibilité du comportement des chimpanzés. La question n'est plus aujourd’hui d'attribuer ou non une culture aux chimpanzés mais de comprendre précisément quelles sont leurs capacités culturelles, et en quoi se distinguent-elles des facultés culturelles de l'humain.

Encore une fois l'humain semblait le seul à accumuler des innovations pour améliorer une même technique. Faculté unique fondée sur nos compétence en termes d’imitation, d'enseignements, de conformité et de normes sociales. Pourtant plusieurs chaînes cumulatives de techniques ont été observées chez les chimpanzés qui suivaient un schéma d'accumulation culturelle ou une technique est compliquée par l'accumulation d’éléments en augmentant l'efficacité et la spécialisation.

Autre aspect distinguant la culturelle humaine de celle des chimpanzés : l'importance de la culture symbolique à travers les langues, les mythes, les croyances, l'art... [pour autant qu'il s'agisse là d'avantages ou de preuves de supériorité!].

Une approche intégrative tenant compte des nouvelles observations obtenues auprès de plusieurs populations de chimpanzés a mis en évidence une complexité de la culture chez cette espèce qui était insoupçonnée il y a quelques années. Toute nouvelle population de chimpanzés étudiée nous surprend en montrant des comportements inconnus révélant de nouvelles facettes des capacités des chimpanzés. Cette approche nous oblige à réévaluer nos visions simplistes des animaux. La science a souvent souffert d'approximations, de théories fondées sur des anecdotes ou des faits inexacts. Les statistiques ont pris de l'importance pour éviter la subCjectivité. Parallèlement les expérimentations animales ont aussi gagné en popularité car elles représentent un progrès pour tester les facteurs qui influencent le comportement. D'autre part comment considérer que des études dirigés (dans tous les sens du mot) sur des individus captifs puissent éclairer les capacités de populations libres ? Sans omettre les handicaps générés par la vie en captivité !

Une étude plus complète des chimpanzés sauvages nous aidera à comprendre ce qui nous rapproche d'eux, et ce qui nous en différencie. Eux seuls peuvent nous aider à comprendre ce qu'est le ''propre de l'homme''.

Encore faut-il qu'ils survivent, l'homo sapiens agit comme s'il voulait effacer son propre passé. Espérons qu'il s'efface lui-même plus rapidement encore !

 

Dans le même registre, ne manquez pas de lire l'intervieux passionnante de Shelly Masi : La culture chez les gorilles et les différences qu'elle présente avec celle des chimpanzés.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 07:47

Scénario, Textes, dessins et couleurs

ANNE RENAUD

Scénario

YANNICK BEAUPUIS

Antes, le 6 mars, Piotr Zgorski est mort. Collectionneurs et Musées vont approcher ses rejetons. Le temps est compté pour HEL qui se déshabille totalement, comme toujours avant une intervention. Vêtue de ses seuls tatouages elle doit pénétrer l'appartement du mort et voler un élément de sa collection, un Janus, fœtus prisonnier d'un bocal empli de formol.

Profitant de son pouvoir de planer, elle saute d'un autre immeuble et passe au travers d'une fenêtre pour entrer chez Zgorski. Elle le suppose vide mais une sonnerie retentit et elle constate que ce n'est pas le cas. ''Il est ici, tout le monde n'est pas encore arrivé'', elle approche de la pièce éclairée, une chambre ou une dizaine de personnes entourent le corps de M. Zgorski.

Rien qui puisse entraver sa mission !

Ailleurs dans la ville, Tour Anglelisti, Hel entre par une fenêtre, décidément c'est une habitude, descend un escalier et retrouve ses amies, Cyrrus et Théa, en plein ''travail'' sur un cadavre. Duo, frère et sœur, d'artistes privilégiant le macabre, ce sont eux demandèrent à HEL de leur rapporter Janus, fœtus de siamois recomposés pour en former un seul.

Le vernissage est pour le mois suivant, autant dire que le travail est loin d'être achevé. Janus rejoint quatre autre fœtus ! Cyrrus et Théa se voient annonciatrice d'un nouvel âge, d'une nouvelle société dont les standards ont muté.

 

Théa essaie de convaincre HEL de rester avec elle et son frère, mais la jeune femme aime sa liberté, elle qui se sent incapable de se mêler aux autres et ignore d'où lui viennent ses ''capacités''.

 

Elle retourne chez elle, commande de quoi manger puis prend un bain. Après quoi elle regarde, comme souvent, les photos de vacances de son enfance

L'exposition de Cyrrus et Théa a lieu, présentation d’œuvres qui utilisent le corps humain, le recrée, le manipule, le transforme au gré de leur inspiration. Rejetant la bipolarité de l'hominisation, affirmant qu'en incarnant les deux polarités l'humanité deviendra immanente. À cette manifestation assiste également M. Damanos, venu voir les artistes il propose à ceux-ci de puiser dans sa collection personnelle d'anatomie pathologique, 8928 pièces ayant appartenu à Paré, Maximilien Ier, Licetti... il ne leur demande en échange que leur Janus de 1543. Le duo refuse et alors que Damanos en vient à le menacer profite de la venue de HEL pour la présenter au vieil homme. Cela tombe bien, chacun avait entendu parler de l'autre. Au cours de la discussion le collectionneur en vient à évoquer certains éléments qu'il possède et ressemblent à Janus, en particulier celui qui possédait des tatouages in utero.

HEL sursaute en entendant cela mais ne dit rien. Finalement Damanos semble renoncer, temporairement à son échange. Avant de partir il s'approche de HEL et lui murmure à l'oreille : Hurti Magici Ingressum Hesperius Custodit Draco ! Qu'elle comprend comme : Le dragon des Hespérides garde l'entrée du jardin magique.

 

Pour la jeune femme c'est une indication, ou une invitation. Le Tératologue est aussi riche que discret, mystérieux qu'inquiétant. Néanmoins HEL veut en savoir plus, et la Tour Damanos, le palais le plus haut du monde, semble n'attendre qu'elle. Ses talents l'aident à y pénétrer, à le visiter, jusqu'à ce qu'elle tombe sur une pièce immense pleine de Janus mais gardé par un Minotaure qui se jette sur elle. La créature est forte, rapide, elle fuit dans le palais mais celle-ci finit par la rejoindre et s'en saisir. Alors qu'il va la broyer entre ses bras il s'écroule sur le sol, inanimé.

S'en étant sorti sans comprendre comment elle récupère le minotaure et le ramène à la tour Angelisti où ses amis découvrent qu'il est mort alors que ce n'était pas le cas quand elle le ramena.

Cyrrus et Théa veulent l'examiner, HEL n'est pas trop d'accord, tous les trois pourtant sont d'avis que Damanos ne va pas être content que son garde ait disparu.

C'est l'occasion pour HEL de confier à Théa qu'elle pense ses tatouages mortels, ce sont eux qui auraient vaincu le minotaure. Elle avoue qu'elle ignore leur origine. À la puberté elle découvrit des petites marques sur une jambe qui rapidement s'étendirent, des marques changeant au gré de ses émotions. Solitaire du fait de son étrangeté elle refusait les relations avec les autres, quand un garçon finit par retenir son attention, qu'elle accepta d'être embrassée, les tatouages convergèrent, le jeune homme fut pris de convulsion puis s'effondra, mort. HEL résolut de s'enfuir et gagna sa vie en tuant. Réfugiée au cimetière d'Antès elle découvrit le marché de mort, s'introduisant dans un réseau elle devint pourvoyeuse pour les collectionneurs. Par une annonce elle fit connaissance de Cyrrus et Théa. Ainsi, il apparaît que Damanos pourrait avoir des réponses aux questions qu'elle se pose depuis longtemps.

Pour l'heure Cyrrus va entamer l'autopsie du spécimen alors que dans son palais Damanos doit répondre aux questions des pompiers et des policiers, tout en demandant, discrètement, à ce que les coupables soient retrouvés.

Alors que le scalpel approche du corps HEL se précipite pour l'empêcher, elle est persuadée que la créature est vivante. Ce que celle-ci va confirmer en revenant à elle. Entre deux êtres aussi différents des autres mais aussi proches, la conversation est difficile, le minotaure ne sait rien, ne connaît que ses besoins, ignore son nom, d'où il vient. Symbole d'un labyrinthe que HEL entend bien retrouver et visiter jusqu'en son centre.

Entre temps les envoyés de Damanos ont remonté la piste et HEL doit intervenir pour protéger ses amis. Sans y parvenir puisque Théa sera abattue. HEL doit se rendre pour sauver Cyrrus. Les combats vont continuer, la jeune femme et son nouvel ami à cornes vont pouvoir s'échapper et se cacher. La survie est pourtant difficile.

La solution pourrait être dans l'immeuble haut et fin qui ressemble à une aiguille gigantesque...

 

À suivre dans le tome 2 ''La machine à monstre''.

 

Une réussite que ce premier tombe, j'ai hâte de connaître la suite, en attendant je vous en recommande vivement la lecture.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu BD
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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 07:31

Ossessione Luchino Visconti – 1943 – 140'

Le critique Umberto Barbaro est le premier qui utilise le terme de néo-réaliste pour qualifier un film bien que certains attribuent l'expression à Mario Serandrei, monteur de ce film. Quoi qu'il en soit Ossessione est considéré comme le premier film de ce courant qui devra pourtant attendre, nous comprenons pourquoi, la fin de la guerre, Rome, ville ouverte, de Roberto Rossellini, pour s'imposer.

 

Gino est un beau mécanicien qui voyage au gré de son désir et travaille selon les opportunités et ses besoins. Un jour il s'arrête dans un café faisant office de station service et de garage. Il ne peut pas ne pas remarquer Giovanna, jeune et jolie épouse de Bragana, le patron, qui présente un physique fort différent et peu amène. Entre eux le coup de foudre est immédiat et la jeune femme affirme à son mari que l'arrivant n'a pas payé son repas. Il doit donc rester et travailler au garage pour rembourser ce qu'il doit, ce qui lui permettra de faire mieux connaissance, le soir même, avec Giovanna. Le mécanicien lui propose de fuir avec lui mais retrouver la pauvreté l'effraie aussi préfère-t-elle la sécurité auprès de son époux à une vie moins confortable.

Gino repart pour Ancône où il veut s'embarquer. En ville il croise Giovanna et Bragana, ce dernier le convainc de revenir. Le voyage de retour sera fatal à l'époux... Les amants font passer leur crime pour un accident. L'avenir paraît idéal mais Gino soupçonne sa compagne de l'avoir instrumentalisé pour qu'il tue son mari et lui permette de toucher l'argent de l'assurance aussi la quitte-t-il pour aller retrouver Anita, une prostituée rencontrée à Ferrare. Ils se réconcilieront quand elle lui avouera qu'elle est enceinte.

L'accident pourtant a attiré l'attention de la police qui soupçonne la vérité. Sur le point d'être arrêtés ils s'échappent en voiture.

Mais celle-ci dérape...

Visconti adapte là le célèbre roman de James Cain Le facteur sonne toujours deux fois, sans en avoir les droits, aussi dut-il en changer le titre et ne pas en faire mention. Il en profite pour situer l'action dans l'Italie alors fasciste, dénonçant les contraintes du système, montrant la réalité sociale du moment, dénonçant des tabous comme l'adultère, le crime passionnel, le misère, le climat policier de l'état mussolinien, il évoque aussi la prostitution occasionnelle des femmes qui n'ont pas d'autres moyens de subsistance.

Le film fut censuré par les autorités qui exigèrent la destruction des négatifs, Visconti réussit à en sauvegarder un.

Tant mieux pour une réalisation qui est autant un film qu'un regard, acéré, porté sur une époque.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 07:19
MANHOLE

Tetsuya TSUTSUI – 2006 – 3 volumes – Éditions Ki-oon

7 décembre, 16 h32, le rue marchande principale de Sasahara. Ce sont les soldes, un marchant propose 12 rouleaux de papier toilette pour 248 yens, c'est donné...

Un homme nu, livide, déambule, hagard, mains et pieds ensanglantés, murmurant des mots incompréhensibles. Il vomit du sang sur un passant et s'écroule, mort. À 17 h 14 deux policiers, Shûchi Takimoto et Ken Mizoguchi du bureau d'investigation du commissariat enquêtent et découvrent qu'il est sorti d'une bouche d’égout. Ken est interpelé par sa jeune partenaire, Nao Inoue à laquelle il demande de recueillir un maximum de témoignages.

MANHOLE

19 h 06, salle d'autopsie du commissariat, Tadao Sugano dirige l'analyse du cadavre. Au moment où son aide va planter son scalpel il sent quelque chose bouger et avec une pince extrait de l’œil ressemblant à un vers. Le mort va être identifiée grâce à ses empreintes dentaires, il s'agit du de Yoshito Horkawa, 32 ans, chômeur, vivant au 205 de la résidence Kitahi dans le quartier de Kitamodai. Reste à interroger ses proches, la routine quoi. La résidence Kitahi n'a rien d'engageante et quand ils trouvent la mère de la victime celle-ci n'a pas l'air surprise ni peinée par le décès de son fils. Son appartement est à l'image du quartier, plein de sacs plastiques et de piles de n'importe quoi montrant qu'elle ne se débarrasse jamais de rien. Aux policiers elle montre les cicatrices des sévices que lui infligea son enfant, rien d'étonnant donc à ce qu'elle manifeste peu de peine ! Elle apprend aux policiers que Yoshito était dépendant aux jeux d'argent mais qu'elle l'avait fait entrer, gratuitement, dans un centre soignant les comportements violents et la dépendance aux jeux.

Mais la mère ignore l'adresse du centre, un photographe, ayant récupéré son fils pour l'y conduire. Le téléphone de Mizoguchi sonne, il apprend que la cause du décès est la filariose, maladie due à un parasite. Celui-ci serait source de ses hallucinations mais sa mort aurait été causée par la chute sur le trottoir.

Le 8 décembre, 12 h 12, commissariat de Sasahara. D'un côté la sections des maladies contagieuses du service de santé publique se manifeste, de l'autre, le témoin, Yôchi Amamya, sur qui le mort vomit, s'est présenté pour témoigner. Il raconte ce qui s'est passé, l'homme qu'il a vu venir vers lui, les paroles qu'il marmonnait ''Maman...'' sous le choc il laissa tomber son portable, la police l'ayant récupéré put par ce biais l'identifier. Yôchi a l'air étrange et demande à partir. Après tout il n'y a aucune raison de le retenir. Surtout sans savoir que le pansement sur sa joue cache une plaie faite la veille et par laquelle il fut contaminée par Yoshito.

Épuisé, il se retrouve dans la rue, hagard il ne voit pas venir la voiture qui le renverse. Plus haut Ken apprend que quatre vers ont été découverts dans l’œil droit de la victime, quatre filaire, une maladie qui touche surtout les chiens et les chats ! Il s'agirait d'une nouvelle espèce. Le filaire, s'introduisant dans l’œil de sa victime suit le nerf optique jusqu'au cerveau et se dirige vers l'hypothalamus qu'il dévore avec pour effet d'effacer la faim, le désir sexuel et le sommeil chez son hôte. Cette maladie est transmise par les diptère, ceux-ci peu fréquent en hiver au Japon passent la mauvaise saison au chaud, dans les égouts.

MANHOLE

Le corps de Yôchi est ramassé sur la route, des filaires adultes vont être découvert à l'intérieur comme s'il avait été contaminé par la première victime. Pour compliquer les choses, des taches circulaires sont découvertes sur le cuir chevelu de celle-ci, laissant penser qu'elle fut soumise à diverses expérience. Par conséquent que sa contamination ne doit rien au hasard.

La question centrale est donc de découvrir le centre qui accueillit Yoshita, si quelque chose lui est arrivé ça ne peut qu'être là ! L'enquête s'oriente vers le photographe qui fit office de messager. Le seul indice, fourni par la mère de Yoshita est le lieu où celui-ci avait rendez-vous avec son chauffeur. Un terrain vague !

Les voisins n'ont rien remarqué, mais la bouche d’égout attire leur attention, pourquoi les orifices de la plaque ont-ils été obstrués ? La tentation est forte pour les policiers de la soulever, d'autant qu'un pied de biche semble avoir été opportunément oublié à proximité.

Reste à oser descendre ! Rôle dévolue à Inoue, son partenaire étant trop gros pour cela. Un sac plastique sur la tête, pour la protéger des mouches, une lampe à la main, elle s'engage dans le trou. En bas elle découvre un siège noir entouré de batterie, une table et des appareils bizarres. Fouillant un peu partout elle découvre un livre de photos, de voyage, au Botswana. Elle prend une photo.

Parallèlement Takimoto interroge le père de Yoshita qui lui narre sa rencontre avec le soi-disant ''photographe'' et leur dialogue, portant principalement sur la psychiatrie en général et la lobotomie en particulier, regrettant que cette dernière ait si mauvaise presse qu'elle ne soit plus pratiquée et soulignant qu'il fallait une solution physique pour régler le problèmes des auteurs de crimes atroces. Là il montre le filaire qu'il pense être la solution, parasite capable de pénétrer le cerveau jusqu'à l'hypothalamus pour la ronger jusqu'à gommer les pulsions de son propriétaire. La preuve il la montre en ôtant ses lunettes noires et montrant qu'il n'a plus qu'un œil valide.

En lisant le récit de voyage au Botswana Nao découvre ce que son auteur y apprit en visitant le village des borgnes. Pour les policier il n'y a pas de doute, ce photographe est responsable de ce qui est arrivé et semble sûr d'avoir fait une découverte positive.

Ils ne savent pas encore à quel point !

Il vous faudra lire les deux tomes suivant pour connaître la suite, elle en vaut la peine.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Manga Japon
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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 07:09

Dossier Pour la Science N 86 – Janvier-Mars 2015

L'homme : un singe à un poil près

Nina JABLONSKI

L'orang-outan est doté d'une belle toison cuivrée. Les gorilles, les chimpanzés et les bonobos sont parés d'une fourrure brune ou noire. Et nous ? Des cheveux et quelques régions pileuses bien localisées. L'humain est le seul primate à avoir une peau presque glabre.

Pourquoi ? Le registre fossile n'apporte pas d'explication, il ne recèle aucune trace de peau humaine.

Une découverte récente, dans un fossile, mit à jour les preuves de la transformation de la peau humaine. Glabre, elle favorisa l'évolution d'autres caractéristiques, notamment un cerveau très développé.

Avec l'allaitement les poils, fussent-ils temporaires, définissent les mammifères. Ceux-ci sont de bons isolants thermiques et protègent contre l'abrasion, l'humidité, les rayons du soleil, les parasites et les microbes pathogènes. Ils servent aussi de camouflage et de moyen de communication, sauf pour les plus grands mammifères, les espèces souterraines ou marines. En revanche les animaux semi-aquatiques ont une fourrure dense étanche qui emprisonne l'air pour améliorer la flottaison.

La peau de l'homme n'est pas une adaptation à la vie souterraine ou aquatique, elle n'est pas davantage le résultat d'une grande taille. Elle est devenue glabre parce que l'homme a acquis un système de régulation efficace de sa température corporelle. Chez l'homme l'absence de fourrure améliore l'efficacité de la sueur. Ses glandes eccrines peuvent produire jusqu'à 12 litres de sueur aqueuse par jour et libèrent la sueur à travers de minuscules portes. La combinaison d'une peau presque nue et d'une sueur fluide permet à l'homme d'éliminer la chaleur en excès. Système si performant que lors d'un marathon, un jour de forte chaleur, l'homme gagnerait contre un cheval.

Un changement climatique est à la base de l'apparition de ce système, devant quitter les environnements boisés pour la prairie nos ancêtres durent rechercher de la nourriture, la viande en particulier, et de l'eau en parcourant des trajets de plus en plus longs. Cette augmentation de l'activité causait une élévation de la température corporelle contre laquelle la perte de la pilosité était la meilleure solution.

Reste à élucider le mystère de l'évolution de la chevelure humaine.

L'apparition d'une peau quasi glabre eut des répercussions sociales, le maquillage et les expressions faciales complexes ont peut-être évolué après que l'homme ait perdu la capacité de communiquer au moyen de sa fourrure. Les décorations de la peau existent parce qu'ils véhiculent l'appartenance à un groupe.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 07:02

仮面の告白 (KAMEN NO KOKUHAKU) - Yukio Mishima (1949)

Gallimard 1971 - Traduit de l'anglais par Renée Villoteau

 

Kochan est souffreteux, malingre, impressionnable et hypersensible. Enfant il affirmait se souvenir des premiers mois de sa vie, ce qui n'attirait que moquerie et méfiance d'un entourage réfutant ses allégations par des explications plus ou moins crédibles. D'aucuns se méfiaient, imaginant que ses affirmations n'avaient d'autres buts que de faire parler les adultes.

Mais ce n'était pas le but de Kochan, lui était convaincu de se souvenir de sa propre naissance. Une image le marquait, le cuvier l'ayant accueilli pour son premier bain, cuvier neuf à la surface de bois fraîche et lisse comme de la soie. Confrontant son souvenir à la réalité objective il devait admettre que le premier manquait de crédibilité, ce qui ne l'empêchait pas de s'y accrocher.

Ce qui était avéré en revanche était qu'il était né deux ans après le grand tremblement de terre dans un quartier peu reluisant de Tokyo où se famille avait fini après un scandale ayant réduit son train de vie dans une vieille maison, bâtisse prétentieuse et crasseuse possédant un jardin que protégeait une imposante grille de fer.

Au matin du 4 janvier 1925 Kochan naquit dans cette demeure, il était neuf heures du soir, il pesait deux kilos six cents. À quatre ans il vomit une matière couleur café. Mandé, le médecin émit un doute sur sa capacité à survivre. Ce qui fut pourtant le cas mais cette maladie revint régulièrement, occasionnant des crises plus ou moins graves. Au même âge il rencontra un jeune homme sale qui fit sur lui forte impression malgré sa jeunesse sans qu'il en comprenne la raison. Alors que les autres enfants rêvent de devenir généraux lui se mit à rêver de devenir vidangeur... avant que son attention ne se déplace vers les conducteurs de hana-densha, des tramways, ou les poinçonneurs du métro. Le ''tragique'' de ces professions lui paraissant évident. Plus tard il eut un choc quand il apprit que le personnage sur une image était une femme, Jeanne d'Arc, alors qu'il était persuadé que seul un homme pouvait ainsi monter à cheval, porter une armure, pointer son épée en direction du ciel.

Au fil des années divers personnages le marquèrent, de Cléopâtre à Héliogabale... lecteur de contes de fées il préférait les princes aux princesses, surtout quand ceux-ci étaient assassinés ou promis à un sort funeste.

Pour veiller à sa santé comme lui éviter de mauvaises fréquentations sa grand-mère lui avait interdit de jouer avec les garçons du voisinage. Il n'avait, outre les servantes, pour jouer avec lui que trois fillettes choisies parmi par enfants du quartier.

Quand ses parents sont absents il profite de la liberté que lui laisse sa grand-mère, en particulier celle de fréquenter Sugiko, petite fille robuste et débordante de vie dont il partageait parfois la chambre, dormant dans un petit lit à côté d'elle, la regardant alors qu'il cherchait dans la nuit à comprendre ce qu'il était, ce qu'il voulait. Se forçant à se comporter en garçon, comme on l'attendait de lui. Conscient qu'il portait un déguisement sous lequel son moi véritable suffoquait.

L'enfance pourtant un jour disparaît et il est toujours trop tard quand on en prend conscience. Kochan assiste à une procession, des jeunes gens soudain changent de direction, passent la haute grille et saccage le jardin devant la maison, pour le simple plaisir de détruire et leur regard, pour Kochan, incarna l'expression de l'ivresse la plus obscène et la plus manifeste qui fut au monde.

Son monde va changer, sa famille se scinde et il déménage alors que son père est à l'étranger en mission officielle. Un jour alors qu'il feuillette des livres d'art appartenant à son père il tombe sur une reproduction du Saint Sébastien de Guido Reni. Œuvre ou mort et beauté s'unissent en une vision qui le bouleverse.

Son entrée à l'école secondaire sera un autre changement important. Il va faire la connaissance d'Omi, plus âgé que lui mais qui a redoublé plusieurs fois et portant sur tout et tous un regard méprisant.

Désormais ce garçon va devenir le centre de son attention, de son intérêt mais aussi de ses craintes. Incarnation d'un conflit insoluble. Comment accepter ce désir dans une société ou l'homosexualité est impossible ? Il va se rapprocher de Sonoko, sœur d'un camarade avec laquelle le mariage est envisagé.

 

Kochan est-il un masque pour Mishima ou un miroir dans lequel il regarde son passé, enfance et adolescence, en profitant pour s'observer avec lucidité et se montrer avec cette crudité qui caractérise ses textes ? Lire ce ''roman'' c'est regarder par dessus l'épaule de son auteur en sachant que qu'il le souhaite, découvrir ce qu'il vécut et mieux comprendre le cheminement de Mishima et son martyr, moins ''élégant'' que celui de Saint Sébastien.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Japon
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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 07:52

 

Bucéphale attendait sur le quai de la gare, il piaffa en remuant la tête pour saluer le chat qui s'éloignait. Enfin pensa-t-il, ce minet commençait à le gonfler grave, impossible d'aller au tord-boyaux s'en jeter un derrière la crinière, avant d'inviter à danser la patronne, non qu'elle fut une jument mais ses dents et sa croupe pouvaient faire illusion après une douzaine de calissons épicés avec ces herbes qui font rire les humains sans qu'on eut besoin de les chatouiller. C'était un intermède, comme un mirage en lequel croire le temps de soulager ses frustrations sur le rivage du quotidien. Le persan revenu Bucéphale savait qu'il irait au trou, ça lui ferait une belle jambe, il s'y reposerait, sabots croisés sur le ventre, ou serait contraint de curer les douves. Un jour, c'était sûr, il balancerait une ruade dans le museau du félin et le regarderait valdinguer par la fenêtre en miaulant, alors il regretterait de n'avoir pas de bras pour lui en faire un, d'honneur !

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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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