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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 07:12

Le vent disperse mes cendres

Jusqu'au cœur de l'obscurité,

J'y pourrais bientôt m'étendre

Sans avoir rien à redouter.

 

Je ne sais ce que je suis,

Un souvenir pris par le vent,

L'illusion que je m'enfuis,

Ou à la porte du néant ?

 

Des lambeaux éparpillés,

Le refus de l'inéluctable.

Cet abîme où m'enfoncer,

Est-il un dieu, est-il un diable ?

 

Et puis l'oubli, un espoir,

Disperser l'hallucination,

Attendre quand vient le soir,

De renoncer à ma passion.

 

Le vent disperse mes cris,

J'oublie avoir jamais vécu ;

Le dernier qui aura rit,

Sera celui qui a vaincu.

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 07:04

Vittorio de Sica – 1946 – 93'

La (sur)vie dans les rues de Rome en ces années de l'immédiat après-guerre est difficile aussi les enfants des quartiers pauvres se livrent-ils à toutes sortes de commerces, de trafics, certains à la limite de la légalité.

Pasquale et Giuseppe sont cireurs de chaussures et se débrouillent comme ils peuvent. Leur ambition est d’acheter le cheval blanc Bersagliere mais pour cela ils ont besoin de davantage d'argent que leur petit métier ne peut leur en procurer. Dans le but de gagner ce dont ils ont besoin ils participent à un trafic de couvertures américaines au marché noir, contrôlé par le frère de Giuseppe. Alors qu'ils essaient de vendre des couvertures à une cartomancienne la police les prend sur le fait. Mais ce sont de faux policiers qui ne font qu'escroquer la diseuse de bonne aventure avec la complicité des enfants qui en guise de paiement conservent l'argent des couvertures.

Enfin ils ont les moyens d'acheter Bersagliere, le cheval blanc.

Mais tous les policiers ne sont pas faux, il en est de véritables, aussi vont-ils être arrêtés et transférés dans une prison pour mineurs où la vie sera bien plus difficile que celle qu'ils connaissaient. Violence et cruauté vont les accompagner, promiscuité et misères seront leurs ombres où gardiens et autres prisonniers se font concurrence en matière de brimades à faire subir à de jeunes garçons incapables de se défendre.

Pasquale avoue sa culpabilité pour éviter une punition à son ami mais celui-ci considère cet aveu comme une lâcheté insupportable.

Eux qui s'entendaient si bien vont désormais se détester. Giuseppe va participer à une tentative d'évasion, contre toute attente celle-ci réussit.

Mais Pasquale se doute que ancien ami va retrouver le cheval blanc, il va donc mener la police sur la piste des évadés. Les ayant attrapés il se précipite sur Giuseppe, fou de rage il frappe, frappe, frappe... réalisant trop tard l'acte qu'il vient de commettre, alors que Bersagliere s'enfuit.

Comme la majorité des films appartenant au ''néo-réalisme'', Sciuscia associe cinéma et documentaire, présentant des personnages, ici incarnés par des acteurs non professionnels, en prise directe avec la réalité de l'Italie après Mussolini. Heureusement l'ambiance sombre et désespérante est parfois brisée par des moments presque comiques. Seuls des enfants peuvent, dans ces circonstances, trouver des moments ludiques. Avant que les circonstances ne soient plus fortes qu'eux.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 07:49

Marjane Satrapi – 2014 - 103'

Milton est une petite ville industrielle et industrieuse où tout va bien pour tout le monde. La vie y est simple et les difficultés rares. Le bonheur est la règle de conduite de chacun.

Jerry Hickfang est employé dans une entreprise de baignoires, il s'occupe des expéditions, il fait tous les jours la même chose, dans sa belle tenue rose, avec son diable de la même couleur, collant les étiquettes, scotchant les cartons, les empilant avant de les transporter dans un camion.

Il parle peu et semble mystérieux pour ses collègues.

Tu m'étonnes !

Un jour son chef de service lui annonce que chaque année l'entreprise organise un barbecue et que chaque secteur mandate un représentant qui y participe. Jerry hérite de la sonorisation ! C'est aussi, et surtout, pour lui l'occasion de rencontrer la belle Fiona, anglaise égarée dans la ville et qui travaille à la comptabilité. Il va profiter de l'occasion pour l'inviter dans son restaurant asiatique préféré. Invitation que Fiona n'ose pas refuser, pourtant ce soir-là elle préférera sortir avec ses copines pour aller au karaoké.

Si elle avait su !

Jerry quand il ne travaille pas rend visite régulièrement à un psychiatre qui lui pose régulièrement les mêmes questions, auxquelles il répond la même chose : tout va bien, il ne pleure plus autant, non il n'entend pas de voix venant de nulle part, oui, il prend ses médicaments, presque, régulièrement. Mais il ment. Il ne prend jamais ses pilules, et si les voix qu'il entend ne viennent pas de nulle part c'est parce qu'il voit bien que ce sont ses animaux domestiques qui communiquent avec lui : un chat, M. Wiskers (M. Moustaches) et un chien, Bosco.

Il faut dire que Jerry est psychotique, et a de qui tenir, puisque sa mère l'était aussi et que celle-ci mourut dans des circonstances difficiles, bien qu'il fut le seul à en avoir pâti, forcément ! Son médecin lui rappelle que respecter son traitement fait partie de l'accord passé pour qu'il soit libéré de l'asile où il croupissait depuis.

Outre ces voix Jerry a une perception de la réalité particulière, il voit ce qu'il imagine, par exemple qu'il vit dans un bel appartement, propre et bien tenu, alors que c'est un lieu sale, semé des crottes de ses compagnons et où s'entassent des déchets, dans des boîtes ou des sacs plastiques.

Ceci posé revenons à cette soirée, quand Fiona lui posa un lapin. Il attendit jusqu'à la fermeture de l'établissement puis dû se rendre à l'évidence, ce n'est jamais loin, qu'elle ne viendrait pas. Au karaoké la soirée vient de finir, il pleut, aussi une des collègues de Fiona ramène celle-ci à sa voiture. Manque de chance, celle-ci ne démarre pas. Fiona fais donc du stop, et, le hasard est malicieux parfois, tombe sur Jerry qui la prend dans son véhicule. Histoire de se faire pardonner elle lui propose d'aller boire un coup dans un bar hors de la ville qui est ouvert toute la nuit.

Sur la route un cerf, pris dans les phares, est heurté par le véhicule et s'encastre dans le pare-brise, Jerry l'entend le supplier de mettre fin à ses souffrances. Ce que le jeune homme ne peut qu'accepter, n'importe qui à sa place en eut fait autant. Fiona le voyant égorger l'animal avec un grand couteau prend peur, sort de la voiture, et s'enfuit dans les bois. Jerry se lance à sa poursuite, sans avoir lâché son arme, la rejoint alors qu'elle est tombé, malheureusement il va connaître le même sort, et puisqu'il tient toujours son poignard celui-ci va pénétrer le ventre de la jeune femme. Sous le choc mais la voyant agoniser, comme le cerf il ne peut la laisser souffrir.

Une fois morte, et maudissant le sort qui vient de lui jouer ce tour il la poignarde encore et encore.

Il faut bien se soulager.

Une fois rentré il fait part des événements à ses amis, le chien lui dit qu'il doit aller se livrer, il n'a pas fait exprès, elle comprendra, le chat lui affirme qu'il va finir en prison, ce serait dommage. Jerry est bien d'accord, il va donc aller récupérer le cadavre, le ramener puis le découper.

À part la tête qu'il va conserver dans son frigo, et qui va, elle aussi se mettre à lui parler, lui en voulant presque de ce qui est arrivé et lui demandant une amie pour ne plus être seule. N'a-t-elle pas une collègue qui le trouve charmant et avec laquelle elle s'entend bien ?

Il hésite, refuse, puis accepte. C'est qu'il ne sait pas dire non. Mais la collègue en question va se montrer séduisante et plutôt que de l'assassiner Jerry va passer la nuit avec elle, non sans l'avoir auparavant emmené dans la maison de son enfance où il vécut des moments forts difficiles...

Pas question de vous révéler davantage de ce film de Marjane Satrapi, sur un scenario de Michael R. Perry, qui utilise une trame horrifique avec un style proche du burlesque. Un mélange qui peut surprendre mais qui est bien dosé et réalisé pour donner un spectacle divertissant.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 07:21

Dossier Pour la Science N 86 Janvier – Mars 2015

Tous bipèdes !

François DRUELLEGilles BERILLON

 

Quel est le point commun entre un moineau, un tyrannosaure et vous, ou moi ? Plusieurs réponses sont possibles bien sûr, l'une d'entre elles est la bipédie, cette posture permettant de se déplacer debout sur ses pieds pour lutter contre la vérité. L'animal bipède le plus connu est l'être humain mais ses parents les plus proches, les grands singes, le sont aussi.

Des générations de paléontologues, anthropologues et anatomomorphologistes ont recensé et analysé ces bipédies. La preuve fut apporté que tous les primates de l'Ancien Monde (les catarhiniens) la pratiquaient, au moins occasionnellement indiquant que l'ancêtre commun des grands singes et des humains l'était. Les grands singes disposent d'une grande variété locomotrices suivant la niche écologique où ils se trouvent, peu sont vraiment spécialisés. L'homme moderne lui aussi, bipède principalement, peut néanmoins pratiquer l'escalade, le saut ou la suspension, la composante quadrupède semble pourtant avoir disparu.

La bipédie habituelle est donc une spécificité humaine, mais elle est répandue, occasionnellement chez les primates. Elle permet de libérer les membres antérieurs utilisables pour d'autres tâches. Posturale, on la retrouve dans des activités liées à l'alimentation, pour accéder plus facilement à des fruits et des baies. Elle permet également le transports des denrées, elle est aussi utilisée en cas de signal d'alerte pour repérer un prédateur, pour choisir la bonne direction, mais aussi pour s'orienter dans un milieu comme la savane. Elle s'observe durant les jeux, les interactions sociales, combat ou démonstration de force, elle est aussi une position typique pendant la copulation.

La bipédie confère donc un avantage, cependant elle implique un équilibre délicats sur les membres postérieurs conduisant à rechercher ses bases biomécaniques. Techniquement la bipédie est un déplacement fait d'une succession de la phase d'appui et de celle de vol des extrémités, avec des phases de double appui, sans cette dernière il s'agit d'une course. Chez l'homme la phase d'appui représente environ 60 % du cycle, celle du vol, 40 %. chez les autres primates la première phase est un peu plus longue.

Chez l'homme, l'anatomie est en rapport avec la posture et l'équilibre, par exemple avec un positionnement vers le haut et un raccourcissement du pelvis, une succession de courbures de la colonne vertébrale, des membres inférieurs en extension et pieds voûtés relativement peu flexibles. Les autres primates ne disposent d'aucun de ces arrangements anatomiques.

Récemment fut mis en évidence l'importance de l'apprentissage de la marche bipède chez le petit d'homme. Il passe par une expérience contribuant à son affinage alors que chez les autres primates elle est bien inférieure. Dans une perspective paléoanthropologique ce sont les valeurs adaptatives des mécanismes de transition et d'équilibre qu'il faut étudier pour comprendre comment la quantité de marche bipède non assistée augmenta graduellement chez nos ancêtres homininés. C'est la nature habituelle de cette locomotion qui caractérise l'homme moderne et non la bipédie qui est partagée par tous ses plus proches parents.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 07:47

シュタインズ ゲート - 2011 - [WHITE FOX] [FRONTIER WORKS] – 24 épisodes

Le voyage dans le temps permet bien des situations à condition de rester maître de son scénario et de faire attention aux incohérences qui pourraient s'y glisser. Et le temps est aussi nécessaire pour faire connaissance avec les personnages et leur situation. Ici l'idée est qu'un cataclysme s'est produit en 2030 imposant le retour en arrière d'un envoyé qui a besoin d'un vieil ordinateur des année 1970 pour lire un programme. Il y est également question des posts de John Titor, personne véritable dont le véritable nom est inconnu, qui d'octobre 2000 à mars 2001 sur différents forums s'intéressant aux voyages dans le temps se présenta comme venant de 2036, affirmant qu'au début du vingt-et-unième siècle une troisième guerre mondiale allait éclater qui décimerait (?) la moitié de la population. Il évoquait lui aussi un IBM 5100 et un bug UNIX...

Nos héros forment un club en marge de la société, installé dans un laboratoire réduit à sa plus simple expression. Rintarû Okabe le ''savant fou'' en est le chef, il est accompagné de Mayuri Shiina, amie d'enfance du précédent, et Itaru Hashida, appelé Daru, incarnation du geek et du hacker, ensemble ils inventent des gadgets à l'utilité discutable. Un jour Okabe et Mayuri vont à une conférence sur le voyage temporel. Rintarû reconnaît dans le discours un texte déjà lu. Il se lève et fait un scandale pour le dénoncer. Auparavant, une jeune femme, Kurisu Makise, rencontré sur place, avait affirmé lui avoir parlé quinze minutes plus tôt. Sortant de la salle principale il entend hurler, il se précipite et découvre Makise baignant dans son sang. Sous le choc il envoie un message avec son téléphone spécial, relié au micro-onde (!), à Daru pour lui raconter ce qu'il vient de vivre.

Rintarû se retrouve dans une ville vide sans comprendre ce qui vient d'arriver, quand il reviendra à la réalité, mais laquelle, ce sera pour apprendre qu'une capsule s'est encastrée dans leur immeuble sans que sa provenance en soit connue, il revoit Kurisu, vivante... Bref les événements se superposent avec à chaque fois une différence dans la nouvelle couche. À la façon d'un jour sans fin où vouloir corriger ce qui est arrivé le modifie au point que la correction doit être modifiée à son tour, et ainsi de suite.

Bref un anime qui demande à être regardé attentivement, mais ce n'est pas difficile tant la réalisation est impeccable et les personnages intéressants, même s'ils sont un peu caricaturaux. Ils composent un ensemble cohérent avec les temps comme toile de fond et ce qui est arrivé qui n'est jamais arrivé mais dont les héros gardent des souvenirs comme des rêves d'un ailleurs qu'ils entrevirent sans pouvoir y accéder.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Animation
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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 07:07

Or The Unexpected Virtus of Ignorance – Alejandro González Iñárritu – 2014 – 119'

Peut on être après avoir été ? Pour Riggan Thomson la question se pose ? Lui qui fut une grande, et rentable, vedette du cinéma vingt ans plus tôt pour avoir incarné trois fois Birdman, un super héros ailé, est aujourd’hui une célébrité conjuguée au passé. Il est connu, reconnu, on lui demande des autographes, de poser avec lui mais pour ce rôle qu'il tint deux décennies plus tôt. Il reste un nom, il est une célébrité, pas un acteur reconnu pour son talent. Or il souhaite changer cela, ambition louable mais difficile.

Pour cela il risque ses économies, le (peu de) crédit qui lui reste afin de monter, à Broadway, une pièce, exigeante, de Raymond Carver. Les répétitions avancent, difficilement, et la première s'approche. Malencontreusement un spot tombe, fort à propos, sur la tête d'un autre comédien, que Riggan trouvait médiocre. Il va donc falloir le remplacer, il se trouve que Mike Shiner est disponible, reconnu pour son talent, son exigence, et un comportement difficile.

Pour Riggan la pression augmente à mesure que les générales approchent, il faut aller vite mais Shiner connaît déjà son rôle, en fait il connaît même toute la pièce. C'est autant de temps gagné.

À cela s'ajoute son producteur, avocat et meilleur ami, qui s'occupe de tout, sa maîtresse, Laura, qui est également actrice dans la pièce et lui annonce qu'elle est enceinte, et sa fille qui sort de désintoxication et lutte contre l'envie de rechuter.

De plus, mais cela Riggan n'en parle pas, il entend une voix qui pourrait être celle de Birdman, qui lui parle de sa vraie nature, de son vrai talent, de ce qu'il mérite, bien loin de ce qu'il a, de ce que les autres voient de lui. Une voix de plus en plus présente. Pour couronner le tout il croit avoir des pouvoirs extraordinaire, pouvoir déplacer les objets à distance, même voler...

Bref, il n'est pas dans les conditions idéales pour monter sa pièce.

Difficile pour un acteur de cinéma de s'imposer sur les planches, la plus importante des critiques ne pense qu'à le descendre, méprisant par principe ce qu'il représente, elle qui sait ce qu'est le Théâtre.

Une vraie c... ritique !

Devenir un artiste après avoir été un acteur, pire : une star, c'est la transformation que souhaite Riggan alors que les années passent et marquent son visage, son corps et son esprit.

Ou ce qui en reste.

Birdman est un film sur cette renaissance désirée comme la transformation illusoire d'une chenille devenant papillon pour briller dans le ciel de la culture !

 

Pour porter ce scénario il fallait un acteur proche du personnage, le choix de Michael Keaton s'imposait donc, lui qui fut Batman, deux fois seulement, avant que sa gloire ne s'estompe bien qu'il ait toujours eu du succès. Et il est à la hauteur des attentes, apportant à Riggan son expérience, son vécu, et son talent.

La question posée est la valeur d'une forme de culture contre une autre, un théâtre élitiste porteur des vraies ''valeurs'', et le cinéma populaire, ogre dévorant des stars pour recracher des célébrités condamnées à se copier jusqu'à la caricature, concurrencé par un autre dévoreur de vie : Internet, et son insatiable appétit d'images et de nouvelles, quelles qu'elles soient.

Les pires étant les plus intéressantes bien sûr !

AGI a obtenu des Oscar mérités pour ton travail, dommage que Keaton n'ait pas eu le sien, il est vrai qu'il avait fort à faire cette année, je pense pourtant que son travail était plus méritoire que celui du vainqueur. Le voir se promener en slip au milieu de New York reste un grand moment de cinéma, populaire et intelligent, les deux ne sont pas incompatibles.

 

Cela dit je suis conscient de n'être qu'une des innombrables bouches de ce vampire ! Dévoré, digéré, oublié !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 07:57

Dossier Pour la Science N 86 – Janvier – Mars 2015

Pour quelques gènes de différence

Katherine POLLARD

 

La comparaison du génome humain à celui du chimpanzé, et d'autres grands singes, a révélé des détails des histoires évolutives de ces espèces. Le ''propre de l'homme'' est de plus en plus difficile à cerner.

Sur les trois milliards de lettres le composant l'homme et le chimpanzé ont 99 % de leur ADN en commun. Dans cette infime différence se cache la clé de ce qui distingue les humains et les chimpanzés. Les recherches furent conduites sur les fragments qui changèrent sur la lignée menant à l'homme alors qu'ils furent conservés chez les autres espèces, ciblant une section d'ADN de 118 bases appelée HAR1 (Humain accelerated region 1) où fut découvert une région particulièrement modifiée chez l'homme et pouvant participer à une fonction nouvelle dans un gène exprimé au niveau du cerveau.

Cerveaux humain et chimpanzé différent par la taille, l’organisation et la complexité, les mécanismes de l'évolution et du développement responsables de ces variations sont mal connus. HAR1 pouvait apporter des éléments de réponse. Jusqu'à l'apparition de l'homme HAR1 évolua lentement, elle est restée ''gelée'' pendant des centaines de millions d'années. Un marquage moléculaire fluorescent permit de montrer que HAR1 est actif dans un type de neurones participant à l'organisation du cortex cérébral. Un dysfonctionnement de ces neurones peut engendrer une maladie congénitale souvent fatale, nommée lissencéphalie. Des anomalies de ces neurones sont aussi liées à l'apparition de la schizophrénie chez l'adulte. Elle est donc active au bon moment et au bon endroit pour participer à la formation d'un cortex sain. En fait la région HAR1 humaine consiste en deux gènes qui se chevauchent. Séquences commune conduisant à une nouvelle structure d'ARN s'ajoutant aux classes déjà connues codant des ARN. Ces groupes, plus d'une dizaine identifiée aujourd'hui, contiennent plus de 1000 familles différentes de gènes codeurs d'ARN. HAR1 fut le premier exemple d'une séquences codeuse semblant avoir été soumise à une sélection permettant aux individus la portant de mieux survivre et de se reproduire.

Comparer des génomes d'espèces différentes révéla pourquoi humains et chimpanzés peuvent autant différer avec des ADN si proches. Une différence réduite dans une zone précise produit de grandes différences. Le secret réside en des modifications rapides entraînant des différences importantes dans le fonctionnement d'un organisme. La séquence HAR1 serait une de ces zones, avec le gène FOXP2 qui interviendrait dans la formation des structures cérébrales permettant la parole. Des personnes portant des mutations dans ce gène sont incapables de produire certains mouvements rapides du visage nécessaires à la parole. Ce gène a été extrait d'un fossile néandertalien, prouvant que cette espèce éteinte portait la version moderne du gène qui aurait pu lui permettre d'articuler comme le fait l'homo sapiens. Elle remonterait à, au moins, 500 000 ans.

La plupart des différences entre langage humain et communication vocale chez d'autres espèces résultent des capacités cognitives liées notamment à la taille du cerveau. Le volume de celui-ci a triplé depuis l'ancêtre commun de l'homme et du chimpanzé.

201 HAR ont été mises en évidence, des modifications dans ces régions ont pu changer profondément le cerveau humain en influant sur l'activité de réseaux de gènes mais aussi modifier d'autres parties du corps. Nos ancêtres ont ainsi connu des évolutions comportementales et physiologiques qui leur permirent de s'adapter et de coloniser de nouveaux environnements. La conquête du feu il y a plus d'un million d'années et la révolution agricole il y a environ 10 000 ans ont facilité l'utilisation d'aliments riches en amidon amenant d'autres modifications génétiques pour assimiler ces nutriments. Les infections rencontrées au fil du temps ont elles aussi laissé des traces, l'ADN humain est parsemé de copies de génomes rétroviraux provenant de virus ayant causé des maladies il y a des millions d'années mais disparus désormais. Les ''cicatrices'' de ces anciennes infections sont aussi visibles dans les gènes du système immunitaire de l'hôte. Pourtant un changement intervenu chez nos ancêtres directs pour vaincre un virus peuvent nous affaiblir contre un autre, le VIH engendre le SIDA chez nous, pas chez les autres primates. L'évolution fait un pas en avant, deux en arrière, valse hésitation dont nous sommes le résultat.

 

1 % de différence semble donc peu mais son action intervient aussi dans son environnement, sur les gènes qui l'entourent, augmentant d'autant ses effets. Il y a beaucoup encore à découvrir et à comprendre.

 

Encore faut-il ne pas oublier que cette différente n'induit pas une supériorité, contrairement à ce que certains sapiens s'imaginent. Avec ceux-là j'espère avoir plus de 1 % de différence.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 07:30

(Hangul 49일hanja 49日) Jo Young-kwang – 16 03 – 19 05 2011 – 20 épisodes

Shin Ji-hyun (Nam Gyu-ri) a des amis, elle est jeune, adorable, belle et riche, de plus elle est sur le point d'épouser son fiancé, qui lui aussi cumule les qualités, Kang Min-ho (Bae Soo-bin). Une situation qui ne peut pas durer.

Alors que Ji-hyun est en voiture elle a un accident qui la laisse dans le coma. La Mort s'approche et lui fait une offre si elle souhaite retrouver sa vie. Il faut qu'elle trouve trois personnes, hors du cadre familial, qui pleureront, sincèrement, pour elle. Pour cela, elle dispose de 49 jours. Passé ce délai il serait trop tard.

Parallèlement Song Yi-kyung (Lee Yo-won) connaît un moment de grande détresse suite au décès de son fiancé. Elle travaille dans une supérette, mange et dort, voilà ce à quoi se résume son existence.

Ji-hyun rouvre les yeux après son accident mais se retrouve dans un monde avec la sensation de ne plus lui appartenir puisqu'elle ne peut ni toucher quiconque, ni être entendue de quiconque malgré ses cris et appels. Elle voit son corps partir dans une ambulance et seul un cycliste sur le bord de la route semble capable de la voir. Il lui dira qu'il est une espèce d'ange censé guider les âmes vers leur nouvelle destination mais il lui explique la possibilité que lui laisse la Mort. Mais trouver trois personnes capable d'une émotion sincère ne va pas être chose aisée. Elle pense tout de suite à son fiancé et à ses deux meilleures amies. Pour réussir il lui faut pouvoir retrouver la réalité, pour cela son âme pourra utiliser le corps de Yi-kyung quand celle-ci dormira.

Sa quête sera difficile et il lui faudra faire face à des révélations qui lui démontreront que la vie qu'elle voyait parfaite ne l'était pas, que le regard des autres était moins amical qu'elle l'imaginait. Frôler la mort pour comprendre la vie, difficile mais efficace.

Pourquoi est-ce dans le corps de Song que Shin put s'incarner, y aurait-il un lien inconnu entre elles ? Le fiancé de la dernière devine que quelque chose d'étrange se passe et quand finalement les 49 jours se sont écoulés et que...

Mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire davantage ! Si vous connaissez les règles des dramas vous ne sera pas dépaysés, tout y est, l'émotion, la déception, l'échec qui menace mais l'espoir qui ne veut pas reculer. Une mise en scène réussie, des personnages avec une vraie densité (ce n'est pas toujours le cas). Plus le plaisir de la langue coréenne et la beauté de Lee Yoo-won qui semble pouvoir affronter toutes les tragédies du monde et de Nam Gyu-ri qui ici ne chante pas. Qui a dit : ouf !

Drame et beauté, tout ce que j'aime !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Drama Corée
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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 07:46

Roma, citta aperta – Roberto Rossellini – 1945 – 104'

Les Allemands perquisitionnent un immeuble où habite Giorgio Manfredi, un chef du Comité de libération Nationale. Rapide il peut s'échapper par les toits puis se rend chez Francesco, typographe sur le point de se marier avec sa voisine, une veuve, mère d'un petit Marcello. Une fois arrivé il envoie l'enfant chez l'abbé Don Pietro Pellegrini afin que celui-ci aille récupérer de l'argent dans une imprimerie clandestine et puisse la transmettre.

Le soir Manfredi retrouve Francesco alors que dans une gare voisine une explosion a lieu provoquée par des enfants, dont Marcello. La mère de celui-ci épuisée et effrayée font en larmes devant son futur époux qui la soutient en lui rappelant la justesse de leur cause. Malheureusement pour eux la maîtresse de Manfredi, danseuse dans un music-hall, se drogue et se fournit auprès d'Ingrid, laquelle travaille pour la Gestapo, justement le major Bergmann a pour mission de retrouver Manfredi.

Le lendemain c'est le jour des noces de Francesco et Pina mais dès le matin les Allemands encerclent l'immeuble. Francesco est arrêté et alors que Pina veut se précipiter vers lui, elle est abattue. Plus tard des résistants attaquent le convoi transportant les prisonniers et les libèrent. Mais la Gestapo ne relâche pas son enquête et retrouve Manfredi alors en compagnie de Don Pietro et d'un déserteur allemand réfugié chez le prêtre.

Emprisonné Manfredi sera torturé mais mourra sans livrer ses amis alors que Don Pietro sera abattu devant les enfants du quartier dont il s'occupait.

Comme Ossessione, de Visconti, Le film de Rossellini associe le cinéma et le reportage, la vraisemblance de celui-ci devant renforcer le message du premier. Montrant la réalité sans apporter de jugement, remplaçant le microscope par la caméra pour être au plus près d'une situation réellement vécue afin que le spectateur imagine en faire l'expérience à son tour. Le rêve permet de supporter le présent, de ne voir qu'une partie du réel pour s'auto-illusionner et la mort est peut-être le moyen d'éviter une insupportable banalité. Le martyr comme porte de sortie...

 

Les amoureux parlent de leur avenir, celui-ci ne peut qu'être à la hauteur d'attentes si longtemps différées pour cause de conflit, l'humain vit dans ses illusions comme dans un nid que l'angoisse du quotidien ne fait que renforcer.

 

Le tragique est la forme la plus vraisemblable du destin !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 07:36

Scénario Mathieu Lauffray

Xavier Dorison (tome 1)

Dessin et couleurs : Mathieu Lauffray.

Éditeur : Les Humanoïdes associés (tomes 1 -3)

Soleil Productions (tome 4)

Jack Stanton est professeur à la Miskatonic University et dédie son nouveau livre ANTE GENESEM au professeur Alexander Kandel, son mentor et collègue qu'il suivit dans une extraordinaire expédition que celui-ci préparait, et espérait, depuis des dizaines d'années. Après la mort des autres membres de l'expédition, les professeurs Goldsmith et Lenoir, et la fuite de leurs sherpas terrorisés par la zone interdite que les occidentaux visitaient.

Au cœur de l'Hymalaya ils trouvent un sanctuaire de 800 mètres de haut, impensable à cette altitude. Soudain le professeur Kandel veut reculer, affirmant qu'ils ont fait une terrible erreur et n'auraient jamais dus venir en ce lieu, et qu'il ne faut jamais en faire mention, jamais.

Mais son cœur le lâche, il s'effondre, Stanton le traîne jusqu'au milieu des colonnes colossales de l'édifice qu'ils viennent de découvrir. Le vieil homme murmure en guise de derniers mots à son jeune ami que celui-ci devra oublier ce qu'il a vu.

Jack est effrayé mais sa curiosité est la plus forte. Après tant d'efforts, de sacrifices, pas question de reculer. Des idéogrammes répugnants succédaient à des bas-reliefs macabres. Et Stanton s'interrogeait sur les déments qui avaient engendré d'aussi révulsant es obscénités. Il arrive jusqu'à une salle immense où trois statues immenses soutiennent une espèce de...

Jack se réveille chez lui, le café est prêt, son amie Loreen, lui demande s'il a encore fait le même cauchemar. Elle ne comprend pas l'intérêt de telles recherches et supporte si peu le changement qu'elles provoquèrent chez Stanton qu'elle décide de le quitter. La journée commence bien ! Elle continue par l'inhumation du Pr Kandel. L'occasion pour Stanton de discuter avec un vieil ami de celui-ci qui parle de ses dons de visionnaires, de son ambition l'ayant conduit sur des chemins que la connaissance humaine ne devrait pas fréquenter, sinon le prix sera à la hauteur du risque.

 

Plus tard le scientifique participe à l'émission de télévision de Mlle Nash de vulgarisation scientifique et grand public où il présente son œuvre et la découverte d'un site incroyable suscitant la polémique, la contradiction, la méfiance et la jalousie. Le livre ne peut-il pas bousculer la vision de l'Histoire ? Il explique qu'aujourd'hui encore une telle construction serait improbable, or elle daterait de plusieurs milliers d'années. Il s'agit d'une civilisation avancée techniquement mais ayant disparu brusquement.

Il aperçoit une femme étrange debout sur une sculpture en haut d'un building. Il s'approche, lui tend la main celle-ci recule et tombe... alors qu'il retrouve le monde réel. Cette vision n'était qu'une hallucination. Il était en train d'attendre l'ascenseur, c'est en bas qu'un mormon, Isaïe Ingleman de la communauté de Salt Lake City, se jettera sur lui pour le tuer, lui hurlant qu'il avait pas la moindre idée de ce qu'il a fait. Le couteau se lève mais la balle du garde sera plus rapide !

 

Stanton doit répondre aux interrogations de la police, alors qu'il veut s'en aller un bruit immense parcourt New York. En voiture il appelle son agent pour le prévenir qu'il sera en retard pour la suite du lancement du livre. Celui-ci en profite pour lui affirmer que toute la pointe sud de Manhattan est en feu... Le supertanker vietnamien en provenance de Turquie ''San Gabriel'' est venu s'écraser sur la ville. Alors qu'il emprunte un pont celui-ci semble disparaître et sa voiture entame une chute qui lui fait perdre conscience.

 

Au réveil il va se retrouver dans un monde étrange et terrifiant qui n'est pas sans lui rappeler le sanctuaire découvert quelques temps plus tôt, les ruines de New York, celle de son monde, et dans ce nouvel espace il sera un prophète, celui qui trouvera le Messie, le seul capable de repousser les démons qui désormais gouvernent le monde...

 

Lovecraft n'est pas loin, Sa Miskatonic University est vraiment celle de tous les savoirs, y compris ceux qui ne devraient pas être enseignés. Les plus intéressants ; son architecture cyclopéenne, son goût des adjectifs montrent également son influence, quand au sanctuaire il pourrait être cette porte derrière laquelle les Grands Anciens et leurs affidés attendent.

 

Mais pour combien de temps encore ?

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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