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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 07:19

Maxime Chattam

Paris, 1900, Guy de Timée est écrivain, célèbre, populaire, riches, marié et père d'une petite fille. Bref il a une vie dont tout un chacun pourrait rêver. Un jour pourtant cette existence lui devient insupportable, il en perçoit la vacuité, le mensonge. Ce qu'il est devenu, par facilité, n'est pas, loin de là, ce qu'il voulait être. Le milieu bourgeois dans lequel il évolue ne lui convient pas, et la férule du père de son épouse lui devient insupportable. Mais il est faible et lâche aussi profite-t-il de la nuit pour s’enfuir. Pendant quelques temps il va errer dans les rues de Paris avant d'arriver dans une maison close où il était client avant de demander à y loger. Il y fut autorisé à condition d'en observer le règlement, à savoir qu'il ne pourrait plus fréquenter ''professionnellement'' le personnel féminin qui y résidait.

Il finit par accepter et s'installe dans le grenier dont il fait son logement et participe à la vie de la maison en rendant de menus services aux unes et aux autres. Ce qu'il veut désormais c'est explorer la profondeur de l'âme humaine, la sienne également, utilisant le principe du roman policier magnifié par Conan Doyle.

Nous sommes en pleine préparation de l'exposition universelle, la ville change sous les yeux de ses habitants, c'est une époque où tout semble possible, tout, y compris le pire.

Un soir Guy découvre le corps de Milaine, pensionnaire du Boudoir de soi la maison où il réside sous le nom de Guy Thoudrac-Matto. La jeune femme est affalée dans la rue, dans une position étrange, couverte de sang comme si celui-ci avait fui son corps par tout ses pores et sur le visage une expression d'horreur absolue renforcée par des yeux devenus noirs.

Il est choqué, écœuré par un spectacle plus terrifiant que tout ce qu'il aurait pu imaginer. Lui qui voulait explorer le pire en l'homme se voit offrir un ticket pour un voyage périlleux dont rien ne dit qu'il reviendra indemne, physiquement et moralement.

Milaine était son amie, mourir si jeune, si belle est inacceptable et Guy entend que l'auteur de ce forfait soit arrêté et condamné, malheureusement les policiers qui mènent l'enquête ne semblent pas désireux que cela arrive, ils interrogent, notent, font semblant avec tant d'évidence que l'écrivain décide de conduire ses investigations de son côté. Celles-ci seront difficiles, il devra visiter la rue Monjol, celle où finissent ceux qui ne savent plus où aller, où tout est permis, surtout ce qui est interdit ailleurs, celle où la police même se méfie. Guy fera connaissance avec le roi des voleurs, sera aidé par un jeune policier amoureux de la prostituée qu'il espérait sortir de son milieu et par quelques personnes du Boudoir. Il redoutait le pire, et c'était en-dessous de la vérité ! Il va explorer les égouts de Paris moins répugnants que ceux de certains de ses habitants.

C'est le premier roman de Maxime Chattam que j'ai lu, avant de continuer avec la suite du diptyque : Le Requiem des abysses. La reconstitution du Paris en cette année d'exposition est bien rendue, les personnages sont attachants, j'ai trouvé certains passages d'une écriture assez banale, les lieux communs parfois abondants et des chapitres trop longs qui alourdissent un texte qui aurait gagné à plus de rythme et de concision.

Le résultat est pourtant agréable, il suffit de sauter les passages pesants.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 07:06

Science & Vie 1166

ROBOTS – Leur intelligence dépasse déjà la nôtre

Emmanuel MonnierGabriel SiméonFrançois Lassagne

il fut un temps où l'homo sapiens se voyait au centre de l'univers, ou faut-il dire : se croyait le centre de la Création ! Depuis Copernic il est patent que c'est la Terre qui tourne autour du Soleil, et pas le contraire. Pire : notre Soleil tourne autour d'autres étoiles plus massives, cela dans la périphérie de notre galaxie, elle même semblable à des milliards d'autres. Après cela il dut après la publication de De l'origine des espèces admettre qu'il avait pris le même chemin que beaucoup d'autres animaux et partageait avec eux nombre de ses ancêtres, un deuxième coup pour son ego.

Finalement lui resta, justement, cet ego, et l'idée qu'il l'extrayait du monde animal, même s'il en était issu. La psychanalyse démontra que la conscience n'était qu'une partie de la psyché humaine et que des mécanismes inconscient intervenaient dans ses processus cognitifs. Suivit au milieu du XXème siècle la découverte de l'ADN où sont écrit, un peu comme le livre du Destin, nos talents, aptitudes et fragilités. Liberté et conscience reculèrent dans la vitrine des illusions.

Reste, outre la vanité bien sûr, l'intelligence dont il se targue d'être le seul dépositaire et qui lui permet de réaliser tant de merveilles...

Une fois encore la réalité vient mettre à mal cette prétention, l'intelligence des robots commence à rivaliser avec la sienne !

En 1956 quelques pionniers, dont John McCarthy et Marvin Minsky fondent un nouveau domaine de recherche : l'Intelligence Artificielle avec pour but de reproduire l'intelligence grâce aux ordinateurs. Longtemps freinée par les limites de l’informatique, la progression de la puissance de calcul des années 90 verront les performances décoller. Les nouveaux robots sont plus fiables, plus experts, capables de décider seuls. Certains ont une voix, une apparence, un humour ou un caractère qui nous ressemblent mais ils possèdent ce qui nous manque : un sens de l'observation hors du commun, une connaissance colossale et, une capacité de calcul démesurée qui permettent à ces robots de nous surclasser dans les activités financières, économiques, médicales ou littéraires. Exemple : Ellie, psychologue virtuelle née à l'Institut des technologies créatives de l'université de Californie du Sud en 2011 repère des signes infimes d'anxiété ou de dépression dans les mimiques et expressions de ses ''patients'', elle observe la position de la tête, le regard, la posture corporelle et peut scruter 68 points sur le visage pour ''comprendre'' son patient. Watson, le superanalyste d'IBM comprend les questions des experts les plus pointus et résout leurs problèmes. Il s'est fait connaître en battant les champions du jeu Jeopardy. Non seulement il a accès à une culture générale immense mais perçoit les subtilités du langage pour comprendre le sens de la question posée. Une partie de son code interne sert à améliorer ses algorithmes de recherches, les plus pertinents sont renforcés, les autres sont modifiés. Sa capacité de recherche lui permet de parcourir des millions de dossiers médicaux et d'articles pour analyser le cas qui lui est soumis et proposer des diagnostics suivant leur probabilité.

Sans oublier Marlowe, blogueur tenant une cyberchronique quotidienne ; The Paintig Fool, peintre virtuel dont les algorithmes mêlent choix aléatoires et transformations mathématiques pour donner des formes, des couleurs et des matières.

Et beaucoup d'autres.

Aujourd'hui les capacités des robots à percevoir, apprendre et maîtriser le langage sont enfin rassemblées au cœurs de processeurs suffisamment puissant pour les faire travailler de concert et interagir avec nous de manière approfondie.

En 1997 un supercalculateur effectuait 1800 milliards d'opérations par seconde en occupant la surface d'un terrain de tennis, neuf ans plus tard le processeur de la PS3 atteignait la même puissance. Aujourd'hui le calculateur le plus performant est 15 000 fois plus puissant, les nouveaux robots intelligents n'ont pas besoin d'autant.

Capacités de calculs surhumaines, aptitudes à fouiller et analyser des pétaoctets d'informations, compréhension du langage, le robot qui réunira le meilleur de ces compétences n'est pas, encore, né.

Officiellement !

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 07:55

Notorious - Alfred Hitchcock 1946

Alicia Hubeman est la fille d'un homme considéré comme un espion nazi, elle mène une vie dissipée jusqu'à ce qu'un jour un homme, l'agent T.R. Devlin, vienne la voir et lui propose de travailler avec lui pour laver la mémoire de son père qui fut condamné à vingt ans de prison à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. La mission de la jeune femme est d'infiltrer un groupe d'anciens nazis dirigée par Alexander Sebastian. Celui-ci sera sensible au charme d'Alicia et lui demandera de l'épouser, la jeune femme hésite puis accepte en pensant que Devlin interviendra pour empêcher ce mariage.

Ce qui ne sera pas le cas, quel que soit le sentiment existant le plus important est la mission.

Au cours d'une réception donnée au retour du voyage de noces, Alicia et Devlin découvrent dans la cave de l'uranium caché dans des bouteilles de vin. De son côté Sebastian réalise que sa femme est une espionne américaine, poussé et aidé par sa mère il décide de la tuer mais sans qu'il semble s'agir d'un assassinat. Devlin parvient finalement à délivrer Alicia de cet enfer, tandis que l'étau se referme sur Sebastian qui va devoir rendre des comptes à ses complices.

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 07:54

J'ai fait un nid de mes rancœurs,

Les aies placées comme une croix,

Mur de passé contre mes peurs,

Tas de regrets plus que de joies.

 

Des mots venus, que des rumeurs,

Que la vie vaut, manant ou roi,

D'être vécue, et les erreurs,

Supportées, par vœu ou par foi.

 

Je me complais de ces saveurs,

Goût d'aujourd'hui ou d'autrefois,

Poison amer mais sans odeur

Sinon un rien de je n'sais quoi !

 

Les photos ne sont pas de moi,

À demi floues comme par erreur,

Montrant que je n'ai pas le choix

Sinon vouloir mais sans ardeur.

 

Dormir, rêver, la simple loi

Qui de ma vie fit le malheur.

M'imaginant plus haut qu'un roi,

Je ne connus que déshonneur.

 

Fermer les yeux, pour seul émoi,

Sentir le temps filer les heures ;

Pour un linceul fragile en soi,

Un drap d'oubli tout en douceur.

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 07:52
Je dors !
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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 07:48

Science & Vie 1167 – Elsa Abdoun

Votre voisin d'en face peut être porteur du VIH, celui du dessus peut porter une mutation délétère, pourtant l'un et l'autre ne sont pas affectés par ces maladies. Leur résistance génétique pourrait inspirer de nouveaux traitements à condition de repérer ces individus fort peu nombreux.

Bien que contaminées certains personnes, une sur cent, ne seront jamais affectées par le VIH parce que leur organisme est naturellement résistant au virus. Il est probable que cette résistance existe pour d'autres maladies, infectieuses, génétiques ou autres. En mars 2014 Eric Schadt, Stephen Friend et leur équipe sont partis à la recherche de ces ''résistants'' dont l'ADN pourrait receler la clé de traitements inédits.

Le ''Resilience Project'' ambitionne d'analyser le génome d'un million de volontaires, tous en bonnes santé, sur trois ans en s'intéressant prioritairement aux porteurs de mutations associés à une maladie génétique sévère : mucoviscidose, myopathie... qui n'en présentent aucun symptôme. L'étude des mécanisme de protection à l’œuvre chez ces personnes est une source d'inspiration originale. À l'inverse de la méthode classique qui consiste à étudier les malades pour détecter les mécanismes défectueux chez eux les personnes étudiées apporteraient une piste d'antidote contre la maladie que les chercheurs devraient reproduire artificiellement.

Si ces individus n'ont pas été étudiés jusqu'ici c'est que les repérer est difficile. Comment dans une population en bonne santé détecter celle qui porte une maladie mais ne la développe pas, d'autant qu'ils peuvent tomber malades. Être protégé d'une maladie n'implique pas de l'être de toutes. C'est souvent à l'occasion d'un événement particulier que certains découvrent leur spécificité, particulièrement du sida. Au début de l'épidémie ses ravages dans certaines populations révélèrent des individus qui, bien qu'ayant de fortes probabilités d'exposition au virus, ne tombaient jamais malades. Ces ''mutants'' représentent 1 % de la population blanche et moins encore dans les autres populations. De même en 2004 le suivi de milliers d'américains visant à étudier les facteurs de risques cardio-vasculaire révéla l'existence de personnes ayant un faible taux de cholestérol LDL (le mauvais). Particularité divisant par dix le risque d'infarctus. D'autres cas de porteurs de maladies qui ne la développaient pas furent repérés par la suite. Le Resilience Project vise à les repérer, grâce au faible coût désormais du séquençage des génomes. Particulièrement ciblées, 697 maladies pédiatriques dites monogéniques.

Et s'ils ne trouvaient personnes ? Le risque est faible, pour valider la pertinence de sa stratégie l'équipe a conduit un premier test en recherchant des mutations parmi quelques centaines de milliers de génomes fournis par différents laboratoires.

Partant de ce tests les chercheurs estiment qu'il y aurait un ''invulnérable'' pour vingt mille individus. Séquencer un million de génomes devrait en révéler une cinquantaine.

Pour la plupart des maladies il doit y avoir une personne protégée souligne Kari Stefansson ; à chaque épidémie il y eut toujours des résistants confirme Amalio Telenti, logique si l'on considère que chaque enfant nait avec en moyenne une cinquantaine de mutations nouvelles par rapport à ses parents. Tirer des enseignements de cas si rares sera-t-il pertinents ? L'avenir le dira. Comprendre la biologie humaine passe par l'étude de ses faiblesses mais aussi de ses forces, résume Kari Stefansson.

Reste à savoir si vous ou moi faisons partie de ces mutants !

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 07:36

The Theory of Everything - James Marsh – 2014

Si le titre original fait référence au Graal des physiciens, une théorie qui unifierait les théories de l'infiniment grand avec celles de l'infiniment petit, le titre français est un rappel du titre de l'oeuvre la plus connue de Stephen Hawking : Une brève histoire du temps.

À Cambridge en 1963 Stephen est un étudiant parmi les autres mais pas comme les autres, il est bien meilleur et son avenir semble des plus brillant bien qu'il hésite encore sur le sujet de sa thèse, celui auquel il consacrera son existence de scientifique. Assistant à une conférence de Roger Penrose il en vient à décider de se pencher sur les trous noirs et l'origine de l'Univers. Une ambition à la hauteur de ses capacités intellectuelles.

Il fait la connaissance de Jane Wilde, étudiante en art avec laquelle il va se découvrir de nombreuses affinités avant de devoir admettre qu'il est amoureux d'elle et que ce sentiment pourrait être réciproque malgré sa maladresse et sa façon de voir le monde. Lui croit en la science, elle, dieu. Ce qui n'empêche pas de s'apprécier.

Dans la cour de l'université Stephen tombe lourdement, le bilan de santé fait à la suite de cet incident donne un diagnostic sans appel : Stephen souffre de dystrophie musculaire, la maladie de Charcot, qui va lentement réduire ses capacités musculaires jusqu'à ce qu'il ne puisse plus respirer. Les médecins lui donnent deux ans à vivre !

Le jeune homme doit repenser son avenir, ses ambitions, et sa relation avec Jane devient problématique. Il fait tout pour l'éloigner mais elle ne l'entend pas de cette oreille, décidée et volontaire elle ne va pas laisser la maladie se dresser entre eux et encore moins accepter que leur avenir soit aussi réduit qu'annoncé.

De l'avantage d'être un génie, d'avoir un but vers lequel aller et une aide sur laquelle compter, chaque jour, chaque heure, chaque minute ! Jane va être là quand tout ira encore bien, puis quand ça ira moins bien, puis quand ça ira de plus en plus mal. Heureusment la maladie de Charcot n'empêche pas de faire des enfants, 3 en l'occurence, preuve que la vie trouve toujours un moyen de se perpétuer.

Le corps de Stephen se dégrade, ses jambes le lâchent, et après avoir pu utiliser des béquilles il doit employer un fauteuil roulant, il doit être nourri, puis, finalement, intubé pour pouvoir respirer, ce qui lui interdit de parler. Heureusement il existe des technique pour palier ce problème. Par des codes couleurs associés à des lettres qui formeront des mots, système plus efficient qu'il y paraît, ensuite l'informatique interviendra et lui permettra de parler, avec une voix particulière, mais ce n'est pas le plus important. Ce qui compte est qu'il poursuivre les recherches qui lui donnent la force de repousser la maladie. Le trou noir semble idéal comme point de départ pour unifier des théories semblant contraires, leurs secrets restent encore à découvrir, comme les mystères du temps sur lesquels Hawking se penche comme sur un miroir, en quête d'une vérité inaccessible. Peut-être est-ce lui qui est la clé de cette équation introuvable.

La vie du couple ne sera pourtant pas idéale, Jane est jeune et résiste mal au charme du chef de la chorale de son église. Pour elle aussi la vie continue, elle se poursuivra avec cette homme après qu'elle eut divorcée de son génie de mari, après lui avoir consacré tant d'années elle avait droit à ce que quelqu'un d'autre s'occupe d'elle. Stephen se remariera avec l'infirmière venue s'occuper de lui.

Le principe du biopic est de montrer ce que furent la vie et l'oeuvre d'un individu, ici la première domine d'autant que la seconde est trop complexe pour être montrée dans un film. Pour l'approcher le mieux est encore de lire l'oeuvre principale de Stephen Hawking, et pour aller plus loin de vous pencher sur ses recherches.

Bonne chance !

Génie et humour peuvent cohabiter, sans eux stéphen Hawking n'aurait peut-être pas supporté sa maladie, l'amour en plus, comme un triptyque faisant barrage à la mort.

 

Les acteurs sont parfait, Eddy Redmayne est un S.H plus vrai que nature et Felicity Jones est une Jane qui donnerait presque envie d'avoir la maladie de Charcot.

Mais presque seulement !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 07:34

Pour la science 445

L'homme : une évolution en marche.

Les sociétés humaines connurent de nombreux changements durant leurs parcours, ceux-ci s'accélérèrent ces 30 000 dernières années en même temps que l'évolution génétique de l'homme. Tout indique que celle-ci doive continuer.

 

L'espèce humaine neutralisa d’innombrables dangers, apprit à se protéger des éléments et des prédateurs, développa des traitements contre de nombreuses maladies mortelles, transforma les petits jardins de ses ancêtres en vastes champs agricoles et augmenta ses chances de mettre au monde des enfants en bonne santé.

Nombreux sont ceux qui pensent que le progrès permet d'échapper à la sélection naturelle et que l'évolution est arrivée à son terme. Il n'y a plus de ''survie du plus apte'' si presque tout le monde survit jusqu'à un âge avancé. Idée répandue dans le grand public mais aussi chez des scientifiques.

Ce n'est pas le cas. Nous avons évolué, évoluons et évoluerons tant que nous existerons. Rapporté à une journée de 24 H les 7 millions d'années qui nous séparent de notre ancêtre commun avec le chimpanzé, les 30 000 années qui viennent de s'écouler ne représentent que six minutes ! Pourtant durant cette période d'importants changements se produisirent, de vastes groupes migrèrent vers de nouveaux environnements, notre alimentation s'est modifiée et la population mondiale a été multipliée par plus de mille. En conséquence le nombre de mutation génétiques s'est accru, alimentant une sélection naturelle rapide. L'évolution humaine ne stagne pas, au contraire, elle semble s'accélérer.

Il y a 11 000 ans l'homme est passé de chasseur-cueilleur à agriculteur et s'est mis à cuire ses aliments induisant des modifications anatomiques. Il y a 10 000 ans ses dents étaient en moyenne 10 % plus grosses en Europe, Asie et Afrique du Nord. Les nourritures cuites, molles, demandent moins de mastication, les dents et les mâchoires diminua au fil des générations.

Les anthropologues n'ont compris la proximité de l'évolution de ces caractères que depuis une dizaine d'années, en outre l'analyse de génomes a précisé les traits sélectionnés. La tolérance au lactose chez l'adulte est récente et fut acquises séparément chez les populations pastorales d'Afrique subsahariennes, dans la péninsule arabique chez les populations de chameliers et de chevriers, plus récemment de l'Irlande à l'Inde et plus généralement en Europe du Nord. Les ADN séquencés de squelettes de fermiers européens d'il y a 5000 ans montrent l'absence de la mutation génétique idoine pourtant présente chez plus de 75 % des européens. Quand une mutation apparaît, pour qu'elle s'impose il lui faut d'abord acquérir une certaine fréquence, sa croissance s'accélère ensuite jusqu'à sa domination.

L'épaisse chevelure noire et lisse de presque tous les Asiatiques de l'Est est apparue il y a moins de 30000 ans, à la faveur d'une mutation du gène EDAR, primordial dans le développement de la peau, des cheveux, des dents et des ongles. Ce variant génétique a été exporté en Amérique par les premières vagues de colonisateurs, venues de l'Est asiatique. L'histoire évolutive de la pigmentation de la peau, des cheveux et des yeux a été simple et rapide. Chez nos ancêtres ils étaient noirs, depuis des dizaines de modifications génétiques les ont éclaircis. Une, sur HERC2 donne des yeux bleus, sur MC1R elle donne des cheveux roux... L'ADN renseigne sur l'apparition de ces mutations. Les yeux bleus semblent remonter à plus de 9000 ans. Mais les modifications des caractères physiques visibles ne sont pas seuls étudiés. Ainsi la plupart des gens ont du cérumen collant alors que nombreux habitants de l'Est asiatique ont un cérumen sec qui s'écaille et ne colle pas. Celui-ci résulte d'une mutation récente du gène ABCC11, mutation touchant également les glandes sudoripares. Si vous avez des aisselles qui sentent la transpiration et du cérumen collant vous êtes probablement porteur de la version originale d' ABCC11, s'il est sec et que vous n'avez pas besoin de déodorant, vous portez le nouveau variant génétique. Une autre mutation est intervenue pour sauver des millions d'Africains. Celle du gène DARC qui conféra une résistance plus grande à Plasmodium vivax, un des deux principaux parasites du paludisme. 95 % des populations subsahariennes en sont porteuses contre 5 % des Européens et des Asiatiques.

Nous nous représentons l'évolution comme un processus où les ''bons'' gènes remplacent inexorablement les ''mauvais'' mais les adaptations humaines les plus récentes attestent de la part essentielle du hasard.

L'évolution humaine se poursuit. Les chercheurs l'observent ''en direct'', en étudiant les tendances sanitaires et la natalité. Le projet britannique UK Biobank va analyser les génotypes de centaines de milliers de personnes et suivre leur santé tout au long de leur vie. Il faut analyser des milliers de cas pour comprendre quels changements génétiques influent sur la santé humaine. Retracer la généalogie des mutations nous permet de remarquer les gagnants sur le long terme. Les populations humaines sont sur le point de devenir la plus grande expérience de biologie évolutive jamais réalisée.

John Hawks conclue son article en s'interrogeant sur l'avenir. Les versions ancestrales des gènes cohabitent avec leurs versions modernes, les déplacements de populations permet un brassage génétique sans précédent. Pour autant les caractères se mélangeant vont-ils s'uniformiser sur la planète ? Il répond clairement non. Les variants ne sont pas additifs. Les populations métisses ne sont pas constituées d'une masse indistincte de clones. Et il conclut : Chacun de nos descendants sera une mosaïque vivante de l'histoire humaine.

 

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 07:50

La police scientifique est à la mode, il suffit de regarder les séries policières à la télévision pour le constater. Raison de plus pour en chercher les origines et découvrir qu'elles sont plus anciennes que nous l'imaginions.

Il est clair pourtant qu'en tant que discipline enseignée dans une structure policière ou académique elle est apparue à la fin du XIXe siècle. Dès 1880 Alphonse Bertillon, commis à la préfecture de police de Paris met au point l'anthropométrie afin d'identifier les récidivistes en se fondant sur les mensurations de certaines parties du corps. En suisse, au début du siècle suivant, Rodolphe Reiss monte un cours de photographie judiciaire qui débouche en 1909 sur la fondation d'un institut de police scientifique à l'Université de Lausanne. Un cours de police scientifique existait à Sienne depuis 1896 donné par Salvatore Ottolenghi.

La recherche d'indices dans les traces et empreintes est une pratique héritée des chasseurs médiévaux. Observer, identifier, puis dresser le signalement le plus précis. Edmond Locard, fondateur du laboratoire de police technique de Lyon, rendit en 1937 un hommage mérité à ses devanciers. Les traités de chasse se multiplièrent à partir du XIIe siècle, consacrant d'importants chapitres à l'analyse des traces de pattes. Au XIV apparaissent des analyses comparatives des traces et les procédures pour développer le sens de l'observation et de l'induction.

Des traces de pattes aux empreintes digitales il n'y a qu'un pas.

C'est en Asie, dès le VIIe siècle, qu'apparait l'utilisation de ces empreintes, en Chine, contrats de divorce ou reconnaissances de dettes portent celles des personnes incapables de signer. En Europe elles apparaissent au milieu du XIIe, au revers de certains sceaux en cire. Ces pratiques existaient déjà à Babylone il y a cinq mille ans. C'est pourtant en Europe que paraissent les premières études scientifiques consacrées aux empreintes digitales. Le médecin et anatomiste italien Marcello Malpighi publie en 1686 une étude sur ces dessins sans pourtant envisager la moindre application policière.

Il faut attendre les années 1820 pour que le toxicologue Mathieu Orfila propose de les utiliser dans les cas d'infanticide. Il incite ses collègues à regarder avec soin les traces sur le cou du nouveau-né pour déterminer s'il s'agit d'une mort accidentelle ou criminelle. Dès 1857 en Inde, un fonctionnaire chargé du versement des pensions, William Herschel, utilise les empreintes pour identifier les fraudeurs qui tentent de percevoir leur pension à plusieurs reprises. Au Japon, le médecin écossais Henry Faulds tombe par hasard sur des poteries portant des empreintes digitales, il se met à les étudier. Ses travaux donneront en 1880 un article fondateur dans la revue Nature où il suggère d'utiliser les traces digitales sur une scène de crime. D'autres, à la même époque arrivèrent à la même conclusion. Une lettre retrouvée récemment, écrite en 1840 par le Dr Robert Blake Overton, à la suite de l'assassinat du politicien William Russel. Son auteur y suggère clairement d'utiliser les empreintes des suspects pour les comparer avec les traces relevées sur les draps et l'oreille de la scène de crime. En 1863 des travaux conduits par Paul-Jean Coulier et publié dans L'année scientifique et industrielle évoquent l'emploi des empreintes et donne un moyen de les faire apparaître. Coulier précise ''qu'il ne serait pas impossible de reconnaître à ces vestiges l'individu qui aurait touché le papier''.

Malheureusement cet article fut ignoré par les services de police et de justice.

Depuis les experts, et leurs tenues blanches, sont présents sur bien des scènes de crimes. Des progrès ont été fait et les techniques se sont améliorées. N'oublions pas d'où elles viennent et remercions Nicolas QUINCHE pour son passionnant article.

 

Et je pourrais continuer à exploiter ce magazine tant il est riche et varié. Les articles sur les yeux, sur les graphes où comment donner à voir le vide quantique, sont aussi passionnant. J'ai privilégié celui qui nous concernait et faisait le point sur le chemin probablement parcouru par nos ancêtres.

 

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 07:31

Suspicion – Alfred Hitchcock – 1941 – 99'

Johnny Aysgarth est un joueur dont le charme et la désinvolture sont les principaux moyens de subsistance. Dans un train il rencontre la jeune, et coincée, aristocrate Lina McLaidlaw. Celle-ci ne peut résister à la séduction, et au savoir faire, de Johnny. Lui-même reconnaître être épris de sa ''bouille de singe''. Les choses allant leur cours ils se marient et partent en voyage de noce. De retour le jeune marié loue une grande maison mais doit avouer à son épouse l'importance de dettes de jeu qu'il avait jugé bon de passer sous silence auparavant. La jeune femme finit par se poser des questions sur les sentiments de son mari, elle l'observe et finit par se demander si celui-ci n'en a pas pour son argent, auquel cas la tuer serait le mieux pour s'emparer de l'héritage. Le meilleur ami, et associé, de Johnny ne vient-il pas de mourir dans des conditions suspectes ?

Et si Aysgarth l'avait assassiné pour récupérer de l'argent ?

Tout le film repose sur la paranoïa que développe Lina, comment elle observe son mari, surprend un geste, interprète une parole, un silence, au point de sembler proche de basculer dans la folie. Il faut dire que la jeune femme n'est pas si jeune que ça, qu'elle semblait promise, et son entourage s'y attendait, à un destin de vieille fille. Se marier pour elle était le moyen de prouver à tous qu'ils avaient tort, sauf que l'émoi de la rencontre et de l'abandon dans les bras de Johnny, finissent par s'estomper et le caractère suspicieux de Lina reprend le dessus. Il faut dire qu'elle vécu toute son enfance sous la férule paternelle et que celle-ci se fait encore sentir par tableau interposé. Difficile ensuite d'avoir une attitude naturelle avec un homme, surtout pour elle dont le besoin de lunettes fait qu'elle perçoit un monde flou.

Difficile de savoir où est la réalité, si la mariée fantasme ou si son mari est vraiment un tueur, il faut dire que dans le roman original c'est bien le cas, mais Hitchcock, à la demande du studio producteur choisit une fin différente, Cary Grant était la grande vedette de la comédie de l'époque. Tout au long du film Sir Alfred distille des indices qui peuvent (dés)orienter le spectateur. Ainsi quand elle forme le mot murder en jouant au scrabble ou quand elle a l'impression que son mari va la pousser hors de la voiture.

Sans parler du verre de lait qui semble contenir autre chose. Pour cette scène le réalisateur fit placer une lumière dans le verre alors que Johnny le monte à Lina. ''il fallait que l'on ne regardât que le verre''.

Grant est parfait pour laisser planer le doute, drôle et innocent mais capable en un regard de laisser planer le doute sur ses pensées et désirs, il aura ensuite l'occasion d'aller plus loin dans des personnages plus sombres. Joan Fontaine ne l'est pas moins, du reste elle décrochera l'Oscar de la meilleure actrice pour ce rôle.

 

Hitchcock confia à Peter Bogdanovich la fin qu'il souhaitait, et qui respectait le livre : ''Joan Fontaine écrit à sa mère, indiquant qu'elle aime son mari mais qu'elle a l'impression qu'il est un assassin. Elle est prête à mourir mais pense que la société doit être protégée d'un tel homme. Grant pose le verre de lait, Joan donne lui donne la lettre en lui demandant de l'envoyer à sa mère. Elle boit, meurt, alors que son mari s'éloigne en sifflotant pour aller poster le courrier.

 

Un Hitchcock se regarde toujours avec plaisir, et un peu de perversité. Dans quelle proportion, cela dépend de vous.

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