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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 07:45

88

April Mullen - 2015 - 88'

Bizarre de se retrouver comme au sortir du sommeil dans un fast-food alors qu'une service pose devant soi une assiette pleine de saloperies grasses et caloriques en vous disant ''ça fait beaucoup à manger, hein !''

décontenancée elle cherche à comprendre ce qui lui arrive et farfouille dans le sac qu'elle tenait. Tirant trop fort dessus elle le fait tomber, libérant son contenu sur le sol, des billes, beaucoup, mais aussi un pistolet mitrailleur qu'elle prend en affirmant à la serveuse que ce n'est pas à elle. Celle-ci ne la croit pas, recule, se tourne en direction d'une table où trois policiers mangent, veut donner l'alerte. La jeune femme lève les mains, veut prouver sa bonne foi, mais par maladresse tire sur la serveuse. Après quoi elle s'enfuit, vole une voiture et échappe aux forces de l'ordre. C'est comme si elle avait fait ça toute sa vie.

Parallèlement des lambeau de mémoire lui reviennent, scènes qu'elle ne comprend pas où elle se revoit quittant sa ville. Dans le sac elle a aussi trouvé la clé d'un motel. Espérant, peut-être, en apprendre davantage elle s'y rend mais ne découvre qu'un cadavre dans la baignoire, ce qui ne l'aide pas beaucoup. Cela s'aggrave quand un homme survient, la menace en lui disant qu'elle a trop déconné. Alors qu'il s'apprête à la descendre c'est lui qui reçoit une balle dans la tête de la part d'un homme que la jeune femme ne reconnaît pas davantage.

Du moins apprends-t-elle son nom quand l'arrivant l'appelle Flamingo.

Dans le présent elle est effrayé, dans un passé récent elle est bien différente, sûre d'elle, maîtrisant les armes et ne s'en laissant pas compter quand un homme viens la voir, l'appelant Gwen, et, lui aussi, lui disant qu'elle devrait arrêter les conneries.

La première essaie de comprendre ce que lui dit son sauveur, il est question de tuer Cyrus parce qu'il a abattu l'amour de sa vie, un marché est un marché ; la seconde est celle qui arrive au motel et prend la chambre 88. Un journal lui en apprend plus, et lui donne une autre adresse, encore un 88, Wilmont Lane, où a eu lieu une fusillade dans une salle de bowling ! Pourquoi ne pas aller y faire un tour ?

L'amnésie est un truc déjà utilisé par le cinéma, elle permet de superposer les époques, ici à chaque époque correspond une personnalité différente d'un unique individu.dédoublement temporel et schisme mental, pas mal !

Coups de flingues, poursuites, meurtres, vengeance, mystères... Ajoutez à cela une belle actrice, Katharine Isabelle, habituée de ce genre de production, et vous avez 88' de spectacle auquel vous pouvez prendre goût si vous ne cherchez pas la vraisemblance. Il vous faudrait beaucoup plus de temps pour la trouver !

Gwen et Flamingo veulent se retrouver, ça va forcément arriver mais les retrouvailles seront dévastatrices. Heureusement sinon quel intérêt de regarder ce genre de film ?

 

Histoire de trouver une morale à ce film ce pourrait être que se souvenir est bien pire que d'avoir oublié ! Je me demande combien de temps je vais me souvenir de ce film...

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 07:15
Bleu vénitien
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 07:39

Jacques Tati – 1967 - 124'

À sa sortie Playtime reçut des critiques mitigées, il faut dire que pour son quatrième film Jacques Tati avait vu grand, et même trop grand. Construisant des décors sur un terrain vague de 15 000 M² à Joinville-le-Pont. Une véritable ville sorti de terre en cinq mois censé représenter le quartier, alors en gestation, de la Défense, avec ses immeubles, ses magasins... Ce qui était nécessaire pour accueillir les 1000, et quelques, personnes travaillant avec Tati.

Le tournage fut dantesque, les difficultés s'enchaînèrent et le budget doubla rapidement amenant le réalisateur à hypothéquer sa maison et à vendre les droits des Vacances de M. Hulot et de Mon oncle.

Il fallut trois ans d'efforts pour que Playtime arrive enfin à terme.

Curieuse mise en abyme que ces difficultés, le sujet du film n'est-il pas excès du monde moderne et une déshumanisation démontrant combien l'homme crée un monde dans lequel il finit par se perdre. Ainsi M. Hulot est-il encore là, individu isolé venu passé un entretien dans un bâtiment qui ressemblant à un labyrinthe sans sortie alors qu'un jeune touriste erre en quête d'un Paris qui n'est plus qu'un souvenir.

Pour couronner le tout Tati filma en 70 mm, un format qu'il était le troisième à utiliser en France et qui souffrait d'un faible réseau de distribution.

Tati critique le monde à venir, et s'il avait pu porter son regard sur notre présent, sans doute aurait-il été affligé de ce qu'il est devenu. Il décrit un monde qu'il ne comprend pas et pour lequel il n'est pas fait. Prisonnier d'une époque qui, à l'image du Paris du film, ne peut que disparaître en laissant, au mieux, quelques souvenirs, fossiles qui donneront à mesure que le temps passera une image toujours plus fausse de la réalité dont ils viennent.

Tati a veillé à chaque détail, à chaque image, à chaque centimètre carré, à ce que rien ne soit là qu'il n'ait voulu ainsi. Une somme de détails contribuant à la difficulté de construire son film. Le monde que nous voyons ouvre des fenêtres sur l'autre, le vrai, celui qui déjà s'estompe, mais d'une façon telle que jamais celui-ci n'est accessible, ce ne sont que des images, des reflets, des impressions, vouloir les atteindre, bouger, c'est les perdre de vue avec la certitude de ne jamais les revoir.

Autant Tati voulut maîtriser son œuvre, autant Hulot est-il perdu dans un monde qu'il ne comprend pas. Peut-être le réalisateur sent-il venir un monde qu'il ne pourra jamais faire sien. Heureusement il ne le connaîtra pas. Il projette ses espoirs d'un avenir restant humain, du moins, qui colle à l'idée qu'il se fait de ce que doit être un humain, une illusion loin de la réalité !

Celle-ci a fini par l'emporter, comme avant, comme toujours.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 07:17

Ses propres cris la tirèrent de son rêve, elle se dressa, hagarde, luisante de transpiration, les yeux fous, incapable de revenir dans le présent. En elle deux désirs s’opposaient : se rendormir, replonger dans l’océan de sensations qui la bouleversèrent au point de l’éveiller, l’autre lui murmurant de refuser un piège aussi grossier, de revenir vers la réalité.

Quelle était la nature du piège ? La voix ne le disait pas.

La frustration et la déception se promenaient dans ses rêves quand son corps lui rappelait que le plaisir existait, qu'elle en avait besoin bien qu'elle feigne de l'ignorer.

Elle se leva en soupirant, fit quelques pas vers la fenêtre, sur fond de nuit la vitre était un miroir implacable. Elle regarda l'étrange visage qu'elle y découvrait, plus ressemblant que celui qu'elle montrait aux autres après une heure dans sa salle de bains.

Une douche lui ferait du bien, du moins pourrait-elle penser que les gouttes sur son visage n'étaient que de l'eau.

Le jet tiède lui fit du bien, elle en aurait presque oublié son rêve, si ce n'était que cela. Revenue à son lit elle aperçut les draps jetés dans un coin qui paraissaient deux suaires oubliés là par des fantômes.

Mais qui était l'autre ?

Elle s'endormit sur l'alèse plastifiée

le réveil fut normal, comme la suite de la journée, à croire que le soleil dissolvait ses peurs quand la nuit réveillait ses espoirs. Mais elle ne pouvait éviter le soir, le sommeil venant, les médicaments qui la narguait mais qu'elle refusait, sachant qu'ils ne l'aideraient pas.

Comme il était loin le temps des soirées passées au téléphone, à parler, peu, à écouter, beaucoup, maintenant...

le sommeil la prit doucement, depuis longtemps il était le seul à être doux avec elle !

Elle sentit quelque chose arriver, prémisses de sensations violentes. Elle voulut fuir, s'éveiller, cria... le sommeil n'en fut pas brisé. Elle voulut courir mais elle n'avait pas de corps. Elle était... nulle part ! Tout était sombre, silencieux, le danger venait d'elle, passait par elle, suintant au-travers de cette muraille d'obscurité, cette façade de peur se déformant sous la pression de... quelque chose.

 

Pourquoi donc, revenant du cimetière avait-elle dit qu’elle ne serait jamais dans le sien ?

 

Cette nuit la peur était présente, douce comme une bouche qui sourit ; en partie, découvrant la naissance de jolies dents nacrées, mais qu’il s’élargisse et se révéleraient ses crocs, ceux qui procurent du plaisir, au début, jusqu'au moment où reculer est impossible, la proie est prisonnière, elle se débat, refuse, mais l’heure est passée, la sortie s’est refermée, elle seule désormais entendra ses propres hurlements.

 

 

L’embryon était plus fort, ses gestes tendaient les ténèbres, elle frissonna, eut l’idée qu’elle pourrait s’échapper, mais ce n’était pas la solution, elle ne pouvait fuir ce qui était en elle, ce qui était elle, à moins de le faire avec le rasoir du grand-père. Le coupe-chou avait déjà servi, pourquoi ne pas lui laisser le pouvoir, il saurait la guider, sa morsure serait brûlante mais le froid, libérateur, viendrait vite, là se trouvait une solution, mais devant cette issue se trouvait le corps qu’elle y avait jeté et se refusait à enjamber, il serait mort en vain.

 

Elle laissa venir de son ventre l’étrange sensation qui annonçait la terreur, la brûlure avant le chaos de perceptions contradictoires, le plaisir et l’envie de le rejeter, la certitude que l’accepter serait se perdre. Elle lutta, condamnée à l’écartèlement, désir d’un côté, refus de l’autre. Où était la vérité, ce désir était-il sien ?

Non !

 

La forme derrière les ténèbres rua plus fort, plus fort… Elle allait jaillir, exploser en elle, elle qui avait accueilli. C’était sa faute, elle n’avait rien dit, pas de cri, pas de bras qui repoussent, elle était restée là, et la voix lui avait dit combien elle était une petite fille adorable qui savait se tenir, déjà une petite femme, une petite femme…

Le cri de l’enfant l’éveille, ce cri tenu par l'oubli depuis vingt ans, il résonne en elle, se mêlant à celui d’un plaisir cannibalisé par une grande ombre disparaissant quand elle rouvre les yeux.

Elle se souvient de ce geste rapide, presque malgré elle, une main entre ses jambes qui revient souillée d’un liquide blanchâtre et de sang, de sang…

 

Le rasoir sourit, il sait qu’à nouveau il va boire une vie..

 

Elle se rendort tranquillement, heureuse de connaître le chemin que sa vie va emprunter, rêvant sans ombre ni peur, seulement baignée par l’émotion émergeant du passé.

 

Enfin elle peut répondre. Par-delà l’effroi c’est par la mort que l’amour triomphe !

 

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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 07:18

Dossier pour la science N 86 – Janvier – Mars 2015

Après avoir économisé, Jane Goodall s'embarqua pour l'Afrique et y rencontra le paléo-primatologue Louis Leakey qui lui proposa d'étudier les chimpanzés dans le parc national de Gombe, en Tanzanie. Par la suite, et soutenu par son mentor, Jane s'inscrivit en doctorat à Cambridge alors qu'elle ne disposait pas de l'équivalent du baccalauréat.

Au début des années 1960 le comportement des animaux, sauf ''l'animal humain'' n'était qu'un ensemble de réactions codées génétiquement, aux stimulus sensoriels. Toute velléités de sortir de ce raisonnement relevait de l'anthropomorphisme. Pas question d'évoquer personnalité, esprit ou émotion, caractéristiques réservées à l'humain [si ça ce n'est pas de l'anthropomorphisme!]. Elle était convaincue du contraire, grâce à l'enseignement de son maître d'école, celui de son chien Rusty et refusait les explications réductionnistes des comportements complexes. Son professeur de thèse, Robert Hinde, lui appris à exprimer ses idées révolutionnaires. Elle fut, par exemple la première à donner un nom plutôt qu'un numéro aux chimpanzés.

Malgré l'hostilité [des vieux c...] elle obtint son diplôme et mit en place un centre de recherche à Gombe. Ces travaux en sont à leur 55e années, la plus longue étude jamais conduite sur un animal vivant. Les chimpanzés vivant plus de 60 ans il était important de mener des observations sur le long terme.

Cette persévérance lui permit d'apprendre beaucoup sur nos plus proche cousin, les chimpanzés et nous avons plus de 98 % d'ADN en commun et des similitudes dans la composition du sang, le fonctionnement du système immunitaire et l'anatomie du cerveau. Ils disposent d'un répertoire complexe d'appels, de postures et de gestes leur permettant de communiquer des informations sur ce qu'ils ressentent ou leur environnement. Ils s'embrassent, s'enlacent, se tiennent la main, rient... comme des humains et souvent dans des contextes comparables. Ils élaborent même des outils, capacité longtemps réservée aux être humains amenant Leakey à conclure ''Nous devons redéfinir l'homme, l'idée d'outil, ou accepter que les chimpanzés soient des êtres humains.''

selon les régions ils montrent des comportements et des usages qu'ils transmettent de génération en génération via un processus d'observation, d'imitation et de mise en pratique. En outre ils font preuve de compassion, d'altruisme et, parfois, de violence ; ils comprennent et utilisent des symboles abstraits pour communiquer. Ils peuvent apprendre la langue des signes et mémoriser 400 mots et phrases. S'ils pouvaient développer ce genre de communication à l'état sauvage Janes GOODALL est sûre qu'ils nous demanderaient de les respecter, de ne pas en faire des sujets de divertissements ni d'expérimentation, et de les protéger. Malheureusement, poursuit-elle, notre arrogance nous conduit à mettre l'homme au-dessus de tout, d'en faire une espèce à part alors que les chimpanzés pourraient nous apprendre que nous ne sommes qu'une partie du règne animal.

Des études ont été engagées concernant les différentes populations de chimpanzés dans d'autres régions d'Afrique mais également sur les gorilles et les bonobos, ainsi que, en Asie, sur les orangs-outans. Il est clair que nous ne sommes pas les seuls êtres capables d'amour et de haine, de joie et de tristesse, de peur et de désespoir. Ni les seuls dotés d'un esprit apte à résoudre des problèmes ou à ressentir douleur et souffrance. La frontière entre nous et le reste du règne animal devient de plus en plus floue.

Malheureusement alors que la science nous en apprend toujours davantage sur le comportement des grands singes ceux-ci sont menacés de disparition [pour éviter une remise en cause?]. D'un million d'individus en 1960 la population de chimpanzés est probablement inférieure à 300 000 aujourd'hui. La prolifération humaine, ses besoins grandissant rongent leur habitat, sans oublier les diverses maladies [comme ce fut le cas en Amérique du Sud, quand les envahisseurs européens apportèrent des virus contre lesquels ils étaient immunisés, ce qui n'était pas le cas des populations indigènes] se répandent. Ebola ne se contente pas de frapper les humains, il touche également les gorilles.

Vu du ciel le parc national de Gombe semble une oasis tant la déforestation a fait des ravages autour, les populations humaines tentant de survivre en tentant de cultiver des pentes érodées. Petit à petit cependant les populations locales comprennent que la forêt est leur amie et la déforestation une mise en cause de leur propre survie. Ils participent également à la lutte contre le braconnage alors que les gardes forestiers alimentent un programme de surveillance en direct des forêts.

L'auteur conclue en citant [elle n'est pas la première] le célèbre proverbe indien ''Nous n'avons pas hérité la Terre de nos ancêtres mais nous l'empruntons à nos enfants.'' À regarder ce que nous avons fait de cette Terre, je dirais plutôt que nous l'avons volée...

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 07:16

Motllusque : Vocabulaire simpliste, constitué de mots courts au sens limité convenant aux esprits lents.

Narcistique : Art de vivre en multiplisant les apparences pour feindre de ne pas s'apercevoir que c'est toujours soi que l'on observe.

Nerdivore : Sujet complexe aspirant la curiosité des esprits curieux quand les autres se satisfont de spectacles sans questionnement.

Obscuranthéisme : Doctrine visant à limiter les pensées par le nombre de mots existant et le sens de chacun ! Vision en négatif de la réalité qui fait prendre l'obscurité pour la clarté.

Olympeacsme : Période du passé, lointain, au cours de laquelle les conflits cessaient pendant les Jeux Olympiques.

Origamine : Petite fille virtuelle qui se plaie à toutes les volontés de son acheteur. Finit par supplanter les vraies avant la moitié du vingt-et-unième siècle.

Paix : Évidence qui existera quand il n'y aura plus personne pour la chercher puisque cela implique de la définir et de désirer imposer cette définition à tous.

Patienthé : Boisson chaude aux goûts variés qui se boit dans des tasse comme pour digérer le passage du temps.

Péperfectionniste : C'était mieux avant, j'vous le dis ! De nos jours il n'y a plus rien de bien, alors qu'à mon époque...

Prostitution : Love me tant d'heures.

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Publié par Lee Rony - dans Mon dictionnaire
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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 07:03

Paul Thomas Anderson – 2014 – 148' (tiré du roman de Thomas Pynchon)

''Doc'' Sportello vit à Los Angeles, il passe son temps à fumer des pétards sur la plage, ou chez lui, ou n'importe où, à boire une bière, ou plusieurs, ou autre chose, bref il ne fait pas grand chose de ses journées. Pour gagner sa vie, et ses produits de consommations courantes, il fait office de détective privé sans que l'on sache s'il a vraiment une licence ou s'il fait semblant.

Ce qui ne changerait rien.

Shasta Fay était sa petite amie, ici elle joue le rôle de la ''femme fatale'' celle qui génère l'action. Elle lui signale un jour la disparition de Mickey Wolfman, promoteur immobilier et milliardaire, c'est dire que l’honnêteté n'est pas son fort, qui vient de disparaître. Mickey se laisse tenter par l'affaire qui le met en contact avec un mystérieux salon de massage asiatique où il se fait assommer. Il se réveille dans un champ près d'un cadavre et entouré de policiers qui, armes pointées sur lui, l'observent en semblant espérer qu'il fasse un geste brusque pour pouvoir le flinguer. Dirigeant ces homme le détective Christian ''Bigffot'' Bjornsen, qui connaît (trop) bien Sportello. Ne sont-ils pas originaires tous les deux du même quartier où ils firent les quatre cent coups ? ''Doc'' ne s'arrêtant pas à ce score !

Ses investigations vont le conduire vers une organisation chinoise s'occupant du trafic de drogue, depuis le triangle d'or jusqu'à la vente dans les rues de Los Angeles puis vers une espèce de secte comme il y en avait beaucoup à l'époque, sans oublier le FBI, qui n'est pas le moins pire, quelques nazis qui se promènent et un vieil ami, saxophoniste et indic, infiltré pour le compte du FBI dans une bande

L'affaire n'est pas claire et Anderson ne la simplifie pas, s'approchant parfois du film ''noir'' dont nous retrouvons quelques codes mais avec une mise en scène qui n'appartient qu'à lui.

C'est une époque frontière qui nous est présentée sous prétexte d'une intrigue policière, les années soixante et leurs idéaux meurent en même temps que ceux qui y croyaient. Comme s'il pouvait en être autrement ! Le pouvoir des fleurs est àl'image de celles-ci, fané, il va être remplacé par une société plus réaliste, plus lucide, plus cruelle. Ronald Reagan est gouverneur de Californie.

Ce qui ne mettra pas un terme aux trafics de drogues, bien au contraire. Il n'est plus vraiment question de rêves désormais, seulement d'oublier ce cauchemar qu'est la réalité.

''Doc'' incarne cet esprit de résistance d'une époque qui n'est déjà plus qu'un souvenir et il veut démontrer que l'argent n'est pas le plus important, pour lui.

Bien sûr PTA reste égal à lui-même, sa mise en scène est inventive disent certains, baroques disent d'autres, pour ne pas avouer qu'elle est parfois difficile à suivre. Sujet oblige peut-être. J'avoue que j'ai eu du mal à vaincre ma somnolence au début de la projection, coup de barre postprandial probablement. La longueur de la projection n'aidant pas.

Joaquin Phoenix s'est fait une tête ''d'époque'', il s'en sort bien, comme Josh Brolin, sans oublier Katherine Waterston dont le passage en (très) petite tenue m'aida à rouvrir les yeux.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 07:40

연애를 기대해 (Yeonaereul Gidaehae) - Lee Eun-jin – 2013 – 2 X 66'

Imaginez un restaurant, plutôt chic, le ''Beau Danube bleu'' résonne dans la salle, une femme entre, habillée d'un ciré dont la capuche lui couvre la tête et portant un seau métallique plein de poulpes. Elle s'approche d'une table, s'arrête, enlève sa capuche. L'homme la reconnaît ! Elle l'interpelle : ''Avec moi tu mangeais des poulpes, avec elle, c'est du homard !'', pour l'éloigner il lui propose de sortir, elle refuse et jette les octopodes et les jette sur l'homme, accompagnant son geste d'un ''Manges-les sale con'' explicite.

Elle regarde la femme, demande : qu'est-ce que tu aimes chez ce salaud. Son style ? C'est moi qui lui aies acheté ses vêtements.

En fait l'image était projetée sur un écran. Un conférencier arrête la scène et interroge l'auditoire sur ce qu'il vient de voir pour en tirer des leçons. Le professeur est du côté de l'homme, mais une femme prend le parti de sa consœur mise à mal par l'interprétation faite. N'a-t-elle pas agit par amour, mangeant des poulpes sans les aimer ? Elle semble seule de son avis, quand un homme l'approuve. Finalement le ''professeur'' conclue sa prestation en proposant de s'inscrire à ses cours ''Comment créer une relation à long terme''. En partant il discute avec un ami, Cha Gi-dae, l'homme qui était intervenu, par ailleurs spécialiste des relations amoureuses et pourvoyeur de conseils sur un réseau social, alors que lui-même ne parvient pas à les suivre.

L'intervenante, Ju Yeon-ae, était ''la femme au poulpe'', et l'amie avec qui elle était venue, qui l'a reconnue, l'inscrit sur le réseau en question, certaine que ça lui sera profitable.

Le hasard va les faire se retrouver dans le métro. Tout le monde semble regarder la même scène, avoir reconnu Yeon-ae, et rire d'elle. La rame s'arrête, Yeon-ae perd son téléphone en voulant sortir trop vite, un jeune homme le ramasse, la rattrape, le lui rend. Il la connaît, ce n'est pas réciproque. Il est dans sa classe mais son apparence explique qu'il n'ait pu attirer son attention.

Le hasard est malicieux, Ju et Cha vont se retrouver sur le réseau sans se reconnaître, au début, jusqu'à ce qu'il lui demande si elle est ''la femme au poulpe'' ? Elle l'admet indirectement en lui demandant de l'aider.

Il ne peut pas refuser. Ainsi voyons nous sur l'écran les conseils de l'un et ce qu'en fait l'autre. Cha explique, Ju tente d'appliquer ses recommandations mais n'est pas douée pour cela. Pourtant elle fait ce qu'elle peut, ayant jeté son dévolu sur son camarade de classe, malgré sa banalité. Elle croit que ce n'est pas réciproque. Elle se trompe, il ne demande que cela.

Ainsi commencent-ils une relation... calme. Ce qui n'empêche pas Gi-dae de ''diriger'' son élève de loin. Avec toujours aussi peu d'obéissance de sa part, alors que de son côté il gère sa relation avec sa petite amie en se laissant mener par le bout du nez. Celle-ci attend qu'il la demande en mariage, fait preuve de patience, de compréhension, mais finit par trouver le temps long.

Deux épisodes pour un drama mené avec humour et sensibilité qui revisite le quatuor amoureux, la difficulté de mener une relation en dominant son caractère, en attendant que l'autre comprenne, jusqu'à le contraindre à faire face à ses propres sentiments, à regarder s'ouvrir un chemin qu'il ne souhaite pas sincèrement emprunter.

Être honnête avec l'autre est difficile, l'être avec soi n'est pas plus simple.

Vous avez déjà essayé ?

Il y a parfois un BoA dans les anneaux duquel être pris serait agréable.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Drama Corée
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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 07:54

Dossier pour la Science N 86 – Janvier-Mars 2015

Anne-Marie BACON

Il y a 2 millions d'années plusieurs espèces de grands singes vivaient en Chine, dont la plus grande ayant jamais vécu. Il est probable que les premiers humains arrivés en Asie les aient rencontrés.

Moult contes, légendes et mythologies évoquent des créatures ni homme, ni singe, mais mélangeant les deux : le Yéti, Big Foot, Sasquatch en sont quelques exemples. Jusqu'au début du vingtième siècle ces récits passaient pour de totales élucubrations, depuis a été découvert la trace du Gigantopithecus blacki, ce singe pouvait mesurer jusqu'à 2,50 m et pesait 300 kgs. Il peuplait le Sud de la Chine jusqu'au Viêt Nam. À cette époque la région est couverte d'une forêt tropicale. Y vivent les ancêtres de grands carnivores, hyènes, panthères, chiens, sauvages, pandas et félins à dents de sabre mais également des ongulés, des bovidés... les fouilles mirent au jour des restes d'animaux dont nul descendant n'est arrivé jusqu'à nous. Les primates étaient nombreux, gibbons, macaques, rhinopithèques et autres. De cette diversité seul le premier est encore présent.

Blacki n'est pas le seul gigantophithèque ayant vécu, nous lui connaissons deux cousins, bilaspuresis qui l'aurait précédé et giganteus, découvert dans le Nord de l'Inde et en Chine. Mais c'est Gb qui retient notre attention.

Au pléistocène inférieur l'habitat des gigantopithèques s'étalait entre le Yangtsé et les montagnes du Chongzuo. Suite à une modification climatique ils durent descendre plus au sud.

Les sédiments conservèrent des dents de mammifères et quelques restes osseux d'amphibiens et de reptiles. C'est ce qui nous est parvenu du Gigantophithecus blacki dans une douzaine de sites connus. Trois mandibules furent également retrouvés qui permirent d'estimer la stature des individus, leur différence est interprétée comme preuve d'un fort dimorphisme sexuel.

Tout concorde pour indiquer qu'il était frugivore, se nourrissait aussi de graines, de noix et de bambou. L'étude des phytolithes (particules siliceuses présentes dans les plantes et retrouvés sur la surface des dents) permet d'identifier les végétaux consommés. Depuis dix ans, grâce à de nouvelles fouilles menées à Longgupo, une industrie faite d'artefacts rudimentaires en os et en pierre a mise en évidence, attestant de la coexistence des hommes et des gigantopithèques entre 1,8 et 1,4 million d'années à proximité du Yangtsé. La présence dans cette région d'Homo ergaster ou Homo erectus africain est possible, ceux ci ayant quitté l'Afrique il y a 2 millions d'années. Ceux-ci seraient donc retourné vivre en forêt.

Problème : survivre dans ce milieu nécessite des techniques de chasse que n'auraient pu pratiquer ces premiers hommes.

Cette rencontre advint-elle, put-elle générer des mythes qui seraient arrivés jusqu'à nous. C'est peu probable, ceux-ci perdurent pourtant et indiquent que des rencontres purent avoir lieu plus récemment engendrant un effet de mimétisme qui pourrait expliquer que de nombreuses régions possèdent ces légendes.

Les questions sont posées, manquer des réponses n'empêche pas de les imaginer.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 07:48

Jacques Tati – 1958 – 110'

M Arpel est un riche industriel qui se vante d'être à la pointe du progrès et de posséder une maison ultra-moderne, domotique avant l'heure mais à l'utilité discutable. Son soucis principal dans la vie est de contrer l'influence de de son beau-frère, M. Hulot, personnage pour qui le modernisme est un mot superflu comme les gadgets de Arpel. Il vit suivant son inspiration, son imagination, son désir du moment.

M. Hulot, si proche de Jacques Tati, est un rêver qui aime la vie plus que toute chose et vit dans un petit appartement dans un quartier populaire de Saint-Maur. Pas une seconde il n'envie sa sœur, épouse de Charles Arpel, qui réside dans une villa ultra-moderne. Pourtant il semble s'amuser de passer d'un monde à l'autre, comme on visite un monde étranger puis prenons plaisir à rentrer chez nous. Il n'a pas d'effort à fournir pour résister aux efforts de sa sœur qui veut lui faire épouser une voisine, qui lui ressemble, alors que son époux souhaiterait que M. Hulot intègre son usine pour découvrir le monde contemporain et les gadgets qu'il propose.

Et voudrait imposer. Il n'est que de regarder notre monde pour comprendre qu'il y a de moins en moins de M. Hulot et que les jeunes semblent se bous(e)culer pour devenir des Arpel !

Jacques Tati n'avait de meilleur poste d'observation du monde que la terrasse des cafés qu'il fréquentait ou en se baladant au hasard des rues et de son inspiration. C'est ainsi qu'il réalise combien le monde populaire qui est le sien disparaît, lentement mais sûrement. Les vieux immeubles disparaissent, les trottoirs s'étrécissent alors que la chaussée s'élargit d'autant, l'automobile domine et les bouchons sont aussi présent sur les routes que sur les tables. Mon oncle est comme une pièce lancée en l'air dont une face est l'ancien monde, le passé, et l'autre, le nouveau, le futur.

Travailleur inlassable, surnommé ''Tatillon'', Tati ignorait les contraintes du temps et cherchait la perfection du geste, du gag, de l'image.

Mon Oncle sera tournée à Saint-Maur,sur un terrain vague proche de Nanterre, dans les grands ensembles de Créteil et les studios de la Victorine, à Nice. Il connaîtra un grand succès public, obtiendra le Prix spécial du Jury de Cannes et l'Oscar du meilleur film étranger.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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