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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 07:34

Science et Vie N° 1166 – Novembre 2014

CRISPR/Cas9

La thérapie génique est une promesse faite il y a quelques années mais qui se heurtait à la difficulté de débusquer au cœur du génome d'un individu les gènes défectueux et de pratiquer une ''chirurgie réparatrice'' de l'ADN. C'est bien le meilleur moyen de guérir enfin les maladies génétiques mais aussi certains cancers, des maladies auto-immunes ou cardio-vasculaires, affections encore impossible à soigner par la thérapie génique d'aujourd'hui.

Depuis un an et demi pourtant cela semble possible et certaines réussites sont déjà enregistrées : des chercheurs ont rendu des cellules indestructibles face au sida et purent corriger les mutations en cause dans la mucoviscidose et la bêta-thalassémie, une anémie héréditaire, d'autres purent corriger la myopathie de Duchenne chez des embryons de souris atteints ou une maladie du foie chez le rat !

Tout cela grâce à un seul outil : CRISPR/Cas9. C'est lui qui permet de modifier à l'envi le génome d'un organisme avec précision et facilité.

Emmanuelle Charpentier précise : ''Il faut dire que ce qui freinait la thérapie génique, c'était l'absence de moyen précis et facile d'accès pour modifier le génome''. Il permet de scanner un génome entier pour y repérer une séquences d'ADN pour la sectionner. Il suffit ensuite de la remplacer. ''CRISPR/Cas9 démocratise la manipulation du génome. N'importe quel laboratoire peut l'utiliser et, en quelques jours, cibler ou modifier un nouveau gène'', continue Emmanuelle Charpentier, remarquée par l'Académie Nobel pour cette découverte.

Vous l'avez deviné, CRISPR est l'acronyme de ''clustered regularly interspaced short palindromic repeats'', il désigne de courtes séquences répétées présentes dans le génome de nombreuses bactéries. Découvertes en 1987 par des chercheurs japonais qui ne savent pas quoi en faire elle tombe dans l'oubli. Il faudra attendre qu'une entreprise agro-alimentaire danoise voulant améliorer ses ferments lactique comprenne qu'il s'agit d'un système de défense des bactéries contre les virus. Identiques entre elles les séquences CRISPR sont entrecoupées de morceaux d'ADN variables d'une bactérie à l'autre. En 2011 Emmanuelle Charpentier comprend le mécanisme et ouvre la voie à une véritable révolution. Avec une chercheuse américaine, Jennifer Doudna, elle découvre que les ADN viraux archivés par la bactérie sont recopiés sous forme de petites molécules, des ARN qui sont autant de sentinelles et qui, alliées à une grosse molécule, Cas9, ils forment des attelages efficaces. Quand un virus connu pénètre dans la bactérie l'ARN sentinelle le débusque et s'apparie à l'ADN viral complémentaire. Cas9 se charge de le découper.

''C’était la première fois qu'on observait une molécule 'découpeuse' guidée par un ARN.par la suite nous avons montré qu'il était possible en utilisant un ARN de notre choix de couper de façon précise n'importe quelle séquences d'ADN in vitro'' raconte la microbiologiste dont le travail est publié dans Nature en août 2012.

George Church, généticien à Harvard, sera le premier à utiliser ces ''ciseaux moléculaires'' dans des cellules humaines.

CRISPR/Cas9 offre également la possibilité d'agir simultanément sur plusieurs gènes en injectant différents ARN guides en même temps. Modifiée elle peut se fixer sur l'ADN sans le sectionner, stimuler ou réprimer l'expression du gène cible. Elle peut également rechercher des virus présent à l'état latent dans les cellules, dénicher et sectionner leur ADN. Des chercheurs de l'université de Philadelphie ont ainsi éradiqué le VIH de cellules infectées, CRISPR/Cas9 repèrent l'ADN viral au sein des chromosomes de l'hôte.

Les espoirs représentés par cette découverte sont immenses et si elles doit encore être améliorée, son efficacité et sa précision accrue. Les essais cliniques commenceront dans quelques années, le temps de s'assurer de l'innocuité de la protéine Cas9 mais la thérapie génique a fait un grand pas avec ce banal mécanisme bactérien.

État-unis oblige, il est vite question de transformer une découverte médicale en pognon, des ''investisseurs'' se sont déjà mis sur les rang pour l'exploiter, quitte à ''oublier'' Emmanuelle Charpentier qui en détient pourtant la propriété intellectuelle (un mot qui n'a pas de sens de l'autre côté de l'Atlantique!) et travaille avec l'entreprise CRISPR Therapeutics pour proposer au plus vite des thérapies fiables.

Des malades en profiteront, des financiers aussi, malheureusement !

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Publié par Lee Rony - dans j'ai lu Science
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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 07:24

Jacques Tati – 1949 - 75'

Un village de province prépare sa fête patronale. Les enfants sont fous de joie et les adultes s'affairent alors que les forains montent leurs attractions. François, le facteur, offre à tout le monde son aide mais il a plus de bonne volonté que d'habileté ce qui rend son soutien problématique pour ceux qui en bénéficient.

C'est principalement sa participation à l'élévation du mât de cocagne qui fait sa fierté.

Le jour de la fête il est spectateur dans une baraque d'un documentaire sur la poste aérienne aux États-Unis. Pour lui c'est une révélation et un défi, il va faire sa tournée ''à l'américaine'', sur son vélo en guise d'avion.

C'est dire que malgré toute son énergie il y aura des différences et des difficultés inattendues.

C'est en 1943 que Jacques Tati et son ami et collaborateur Henri Marquet se réfugient dans une ferme de Sainte-Sévère-sur-Indre, où ils passent plusieurs mois. Pour rendre hommage à cette localité qu'il connaît bien Tati y tournera Jour de fête, reprenant son personnage de François le facteur.

 

Ce film aurait dû être le troisième film français en couleur de l'après-guerre, avec Le Mariage de Ramuntcho (1947) de Max de Vaucorbeil et  La Belle Meunière de Marcel Pagnol .

La société Thomson-Houston avait proposé à Tati un nouveau procédé, Thomsoncolor, pour lequel elle fournissait pellicule et assistance technique. À l'époque, le Technicolor n'était pas utilisé en France, le seul laboratoire européen se trouvait en Grande-Bretagne, et son coût était au-delà des possibilités des productions françaises de l'après-guerre.

Tati et son producteur Fred Orain acceptèrent l'offre de Thomson, mais sur les conseils du chef opérateur, Jacques Mercanton, les prises de vue en couleur furent ''doublées'' avec des prises simultanées en noir et blanc, ce qui sauva le film, puisque Thomson s'avéra incapable de tirer des copies couleur d'après le matériel original.

 

En 1988Sophie Tatischeff, monteuse et fille de Jacques Tati, et François Ede, chef opérateur, entament un long et minutieux travail de restauration et de montage à partir du matériel original, heureusement conservé. Le système optique qui permet d'obtenir la restitution des couleurs est reconstitué, et permet, plus de quarante ans après le tournage, de retrouver les couleurs d'origine.

 

Jour de fête existe donc dans trois versions différentes :

la version originale de 1949 disponible en version restaurée 1080p dans le coffret Jacques Tati L'intégrale(Studiocanal) depuis février 2014 (en DVD et Blu Ray) ;

la version de 1964 avec quelques plans nouveaux (présence d'un peintre dans le village), quelques plans coloriés au pochoir, une bande son réenregistrée et plus dynamique. C'est la version noir et blanc la plus connue (disponible en version restaurée 1080p en Blu Ray ainsi qu'en DVD).

la version en couleurs Thomsoncolor, restaurée, de 1995 avec un montage de Sophie Tatisheff, disponible en DVD / Blu Ray dans le coffret Jacques Tati L'intégrale (Studiocanal) en 720p. Elle utilise la bande sonore de 1964.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 07:42

名探偵コナン- Meitantei Konan, est un manga japonais créé en 1994 par Gōshō Aoyama et publié dans le magazine Weekly Shōnen Sunday. Il regroupe 85 volumes au Japon, 77, en France.

Shinichi Kudo est lycéen et détective, il a 17 ans mais collabore souvent avec la police. Alors qu'il se trouve dans un parc avec son amie Ran Mouri il surprend une conversation entre deux hommes habillés en noir et appartenant à une organisation criminelle inconnue. Malheureusement il se fait remarquer et les deux hommes pour le tuer l'empoisonnent avec du APTX 4869. Mais ce produit ne remplie pas son office, au lieu de le tuer il le fait régresser jusqu'à ses 7 ans.

Ayant recouvré sa conscience et ses moyens, Kudo se lance à la poursuite de cette mystérieuse organisation, pour agir discrètement il prend le nom de Conan Edogawa et puisqu'il paraît être un enfant réussi à être placé sous la tutelle de Ran Mouri dont le père, Kogoro Mouri, est détective. Il va à l'école primaire de Teitannote où il fonde un club de détectives juniors avec ses camarades de classe : Genta Kojima, Mitsuhiko Tsuburaya et Ayumi Yoshida. Agissant en tant que Conan il s'occupe des enquêtes de Kogoro Mouri qu'il met en transe avant d'usurper sa voix au moyen d'un noeud papillon électroque que le professeur Agasa inventa pour lui. Ce savant étant un des seuls à connaître sa véritable identité. Mouri étant un détective médiocre et passionné de courses qu'il suit à la télévision en buvant de la bière deviendra célèbre grâce au travail de Conan qui se cache derrière lui. Le fait qu'il ait oublié comment il résolut ses affaires lui fait parfois question, heureusement cela ne dure jamais.

Mais Conan n'est pas le seul à avoir pâti d'un effet inattendu de l'Apotoxine, la créatrice du poison, Shiho Miyano, qui travaillait pour l'Organisation des Hommes en Noir partagea cette conséquence après qu'elle se fut rebellée contre ses employeurs, ceux-ci ayant assassiné sa soeur. Parvenue à s'échapper elle prit le nom de Ai Habara et intégra l'école de Conan dont elle connaît l'identité et qu'elle aide dans son désir de retrouver les responsables de son état.

Ceux-ci ne restent pas inactifs pour autant, pour retrouver Shiho ils lancent à sa poursuite Vermouth, espionne experte dans l'art du déguisement qui lui permet de prendre n'importe quelle apparence jusqu'à s'approcher de Conan sans que celui-ci se doute de rien.

Conan va être enrôlé par le FBI et continuera ses enquêtes en même temps que sa poursuite des Hommes en Noir.

Les ''jeunes'' détectives sont un genre en soi au Japon, l'intérêt ici est la difficulté pour le héros de ne pas montrer des réactions incompatibles avec son âge apparent, surtout quand il se trouve en compagnie de Mouri Ran. Situations humoristique et énigmes parfois violentes, souvent intéressantes avec parfois quelques facilités et raccourcis, mais il en va ainsi dans toutes les séries policières. Le tout est mis en valeur par le graphisme alerte de Gōshō Aoyama. À lire comme on regarde un feuilleton, un à la fois, pour ne pas voir de trop près les ficelles d'écriture.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Manga Japon
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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 07:40

Je me souviens, c'était... il y a si longtemps,

La nuit était glacée mais pas assez pour moi ;

Dans ma chambre l'ennui était toujours présent

Y avait fait son nid, s'y sentait comme un roi.

 

Parfois je le fuyais dans la drogue ou l'alcool,

Mais le sommeil était une piètre protection ;

Alors je m'en allais comme un oiseau s'envole

Sachant qu'il reviendra goûter à l'affliction.

 

J'ai finit par l'aimer puisque mon seul ami,

Le seul à m'écouter, le seul à me comprendre,

S'il me détruisait c'était petit à petit,

Me dévorant autant qu'il m'aidait à apprendre.

 

Je me souviens... mais il y en a plus pour longtemps,

S'endormir dans le froid n'est pas désagréable.

Ne plus pouvoir penser, rejoindre les absents,

Enfin pour chasser tout autant dieux que diables.

 

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 07:33

Zankyou no Teroru (残響のテロル ) - Shinichirō Watanabe – 2014

 

Nine et Twelve ne se ressemblent pas mais pourtant se sont assemblés. Le premier porte des lunettes et affiche un air sérieux en toute circonstance, le second est adepte de la plaisanterie et peu céder à ses pulsions. L'un fait tout pour être discret, l''autre ne semble pas connaître le sens de ce mot. Tous les deux sont lycéens et semble normaux, si ce n'est que leur occupation principale est de poser des bombes en plein Tokyo. Un passe-temps rare chez les adolescents !

Pour l'instant.

Ils sont également les personnages principaux, difficile de parler de héros ici, de la nouvelle série de Shin'ichirō Watanabe, connu pour ses réalisations précédentes, Cowboy Bebop et Space Dandy.

Histoire d'épicer la partie ils postent sur le net des messages où ils annoncent leur prochaine action. Le premier ne fut prit au sérieux qu'une fois l'attentat réalisé et la tour visée détruite.

Terror in resonance

Shibazaki est policier, affecté depuis une affaire difficile aux archives il reste intéressé par les derniers événements et il voit le film laissé par les néoterroristes. lui comprend l'énigme des sphinges : qu''est-ce qui a quatre pattes le matin, deux à midi et trois le soir, il sait qu'il existe une autre réponse que celle habituelle voyant pour solution un être humain. Il appelle son supérieur, lui donne son avis, mais il est trop tard, l’explosion a lieu et détruit un commissariat alors qu'ils sont en communication. Shibazaki est réintégré et rejoint les policiers chargés de l'enquête en cours.

Il vient Hiroshima, il aime à réfléchir allongé sur un divan ! Pour tenter de prendre la main il profite d'un nouveau défi pour affronter et provoquer les terroristes. Il s'adresse à eux par télévision interposée, démontant la nouvelle énigme et permettant aux démineurs de trouver à temps la bombe et de la désamorcer. L'énigme, comme la précédente, fait appel à la légende d’Œdipe, sa vie, ses origines, sa fin. Après quoi il s'en prend à Nine et Twelve, les sommant de ne pas utiliser le plutonium qu'ils ont volé sans quoi ils le paieront cher.

Cette production se démarque par une représentation crédible de Tokyo, histoire d'en renforcer l'impact, elle est en prise directe avec le monde d'aujourd'hui, l’électronique, les réseaux sociaux, le net, on y parle de Tor, réseau permettant de surfer en toute anonymat, de drones et de bitcoins. Les policiers tweetent, regardent des vidéos. Toute l'histoire est liée au nouveau monde qui est le nôtre. Ou qui est censé l'être !

Nine et Twelve vont trouver une adversaire digne d'eux, Five, américaine et membre de l'I.S.A, un peu comme Raito et L dans Death Note. Duel d'intelligences, de capacité à se dissimuler avant de frapper. Jouer seul est sans intérêt. Une partie d'échec commencée il y a longtemps peut donc se poursuivre.

Mais Nine et Twelve ne sont pas seuls, au hasard d'une rencontre ils ont fait connaissance de Lisa, lycéenne martyrisée par les filles de sa classe, et lui ont mis le marché en main alors qu'elle se trouvait en situation difficile au moment du premier attentat : devenir leur complice ou mourir.

Elle a préféré la vie sauve, n'importe qui en eut fait autant.

Quelle est la motivation de ces deux adolescents, quel est leur but, pour autant qu'ils en aient un réel ? Des souvenirs les montrent dans un orphelinat, lieu où ils firent connaissance, et dont ils semblent les seuls à avoir survécus. S'agit-il d'une vengeance, du désir de réveiller un monde qui ne sait plus où il va, mais le sut-il jamais ?

Solitudes au pluriel d'individus jeunes et trop matures et lucides pour leur âge et qui s'associent pour survivre, trouvant dans la violence un moyen de survivre à celle qu'ils connurent.

Un conte sur la modernité, violent et cruel, sur une jeunesse qui ne semble pas, je n'ai pas vu tous les épisodes, concerné par je ne sais quelle revendication religieuse, encore que ce mot puisse recouvrir bien des significations.

Une très belle réalisation, des personnages intéressants bien qu'un peu schématique à la longue mais la présence de Lisa fait contrepoint à une volonté de secouer un monde qui peut n'être que l'expression de l'envie de s'éveiller en laissant derrière soi les cauchemars du passé.

Nine et Twelve sont-ils les seuls à poser des bombes, d'où viennent-ils et que vécurent-ils dans la ''colonie'' qui les poussa à un tel comportement ?

Quel était le but du projet Athena ? Quel est le but réel de Five ? Tout cela, et le reste, est à découvrir dans une série moins simple qu'on pourrait le croire.

Une fois de plus Watanabe fait appel, et s'en trouve bien, à sa compositrice habituelle : Yoko Kannoa.

Terror in Resonance est disponible en téléchargement et streaming légal sur Wakanim.tv.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Animation Japon
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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 08:28

Quelqu'un passe devant ma porte, j'entends grincer le parquet...

Un bruit de pas qui s'arrête un moment puis continu en direction de la chambre de mes parents. Je voudrais ne pas écouter mais je peux m'en empêcher, ce bruit à peine audible résonne dans ma tête sans que je sache s'il est une promesse ou une menace.

Il cesse, devant la pièce où dorment mon père et ma mère, j'en suis sûr. C'est comme si je pouvais voir le son, s'il se transformait dans mon cerveau en images. Je vois une main sur la poignée qui lentement pèse sur elle pour ne pas faire de bruit, mais il est trop tard, moi j'ai entendu, moi je sais, moi je comprends.

C'est une ombre qui entre dans la pièce, ne disposant que de la lumière, faible, qui passe au travers des persiennes. Elle attend d'optimiser sa vue à cet environnement et avance.

Deux corps dans le lit et dans les mains de l'ombre deux seringues pleines d'un liquide incolore. Il s'approche de l'homme d'abord, quelques secondes pour préparer son geste, l'aiguille d'acier se fraie sans difficulté un chemin à travers la peau, le pouce appuie en même temps, le liquide se répand alors que la victime a tout juste le temps d'ouvrir les yeux, encore prisonnier du sommeil et déjà sous l'effet du produit chimique il n'a pas même le temps de comprendre ce qui lui arrive.

Encore moins celui de réveiller son épouse, laquelle subit trente secondes plus tard le même sort sans plus de capacité à réagir.

 

L'ombre s'assure que sa mission est remplie, n'a-t-elle pas été payée pour cela, pour éliminer, discrètement mes parents et me permettre d'hériter. Un placement pour elle qui pense sûrement à me faire chanter par la suite imaginant avoir un moyen de pression sur moi.

 

Mais la chimie n'a pas de secret pour moi. La seringue dans son cou contient le produit que les siennes recelaient, et pour cause, c'est moi qui les lui fournît. Il peut comprendre ce qui vient de se passer, imaginer ce qui va se produire, pas l'empêcher.

 

Nul ne retrouvera son corps, la terre absorbera ses restes, qui songerait à le chercher où je vais le mettre ? Me reste à retourner me coucher. Demain matin, ne voyant personne descendre j'irai réveiller mes parents et découvrirai leurs corps. Leurs décès sembleront naturels bien que sans explication. À vouloir trop bien faire les choses on ne peut que commettre des erreurs. Inutile de vouloir imaginer d'avance des réponses à des questions qui ne sont pas encore posées.

 

Étrange... quelque chose m'a réveillé, un bruit, comme un plancher qui grince, juste devant ma porte.

 

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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 08:15

Kingsman : The Secret Service – Matthew Vaughn – 2015 - 129'

Durant une mission au Moyen-Orient, l'espion britannique Harry Hart fait une erreur en ne voyant pas la grenade qu'un prisonnier dissimule, pour protéger l'équipe, Unwin, un de ses agents se jette sur elle, encaisse l'explosion et sauve ses partenaires.

Lorsqu'il rentre en Angleterre il rend visite à la veuve de son collègue mais ne peut lui révéler ce qui s'est réellement passé, ni où, ni quel était le métier de son mari. Tout est classifié !

Il confie une médaille à la jeune femme, qui la refuse, finalement il la confie à Gary, surnommé ''Eggsy'', le fils de son ami, lui précisant qu'au dos de celle-ci il y a un numéro qu'un jour il pourra appeler s'il a vraiment besoin de quelque chose, en donnant le code afin d'être reconnu.

Les années vont passer, Hart continue ses missions régulièrement, avec succès puisqu'il est toujours vivant. Un jour pourtant un autre de ses partenaires est tué, littéralement coupé en deux, dans le sens de la hauteur. Celui-ci intervenait pour libérer James Arnold, un savant spécialiste du changement climatique, enlevé dans un but encore inconnu par un milliardaire de l'Internet.

Eggsy est devenu un jeune homme, il a maintenant 17 ans, mais sa vie ne s'est pas réellement amélioré, sa mère vit avec une espèce de vieux chef de gang qui n'hésite pas à la frapper et à tyranniser la famille. Le jeune homme supporte la situation comme il peut mais un jour il n'en peut plus et emprunte la voiture d'un des membres du gang, s'amuse avec, fini par faire la course avec la police avec pour conséquence qu'il a un accident et qu'il se retrouve en prison. Non sans avoir demandé à ses amis de filer pour qu'ils ne soient pas pris eux aussi.

Dans la salle d'interrogatoire le flic qui l'interroge le menace de 18 mois d'emprisonnement, mais Eggsy a une autre idée, et puisqu'il a droit à un coup de fil, et qu'il porte en médaillon la médaille autrefois donné par cet homme qu'il n'a jamais revu, il décide de l'utiliser.

Ce qui lui permet de se retrouver libre quelques minutes plus tard.

C'est toujours bien d'avoir des relations !

Quand il sort c'est le même homme qu'il rencontre, lequel lui demande s'il veut faire quelque chose de sa vie, quelque chose de bien, l'important n'est pas le milieu d'où il vient mais sa volonté de s'en sortir.

Après tout Eggsy n'a rien à perdre n'est-ce pas ?

Il va découvrir quel était le véritable métier de son père. Il était un Kingsman ! Au début du XIXè siècle fut décidé la fondation d'une organisation luttant contre le mal mais indépendante des états et de leur bureaucratie, elle naquit des premiers Kingsmen, tailleurs des rois, présidents et autre puissants de l'époque, dont le centre est situé, justement, dans une boutique.

Eggsy va avoir du mal à comprendre et admettre ce qui se passe, mais finalement il s'y fera et sera intégré à un groupe d'aspirants agents. En effet quand un membre meurt, chacun portant le nom d'un des chevaliers de la Table Ronde, il importe de le remplacer. Une sélection est donc lancée, un seul sera choisi, les autres devront rentrer chez eux...

le chemin ne sera pas simple pour Eggsy, l'adversaire est de taille, néanmoins puisque nous sommes dans une parodie de James Bond la fin ne fait pas de doute. Du reste les principaux adversaires aiment les vieux films d'espions aux scenarii improbables.

Ce nouveau héros aura-t-il une postérité à la hauteur de son illustre devancier ? L'avenir et le succès le diront !

Amusant de retrouver Colin Firth dans un rôle loin de ceux qu'il tenu jusque-là, toujours chic mais plus physique. Comme quoi, l'un peut aller avec l'autre.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu cinéma
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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 07:14

Science & Vie 1167

Vie extraterreste L'ESPOIR

(Mathieu Grousson et Mathilde Fontez)

La vie existe sur Terre, nous le savons ! Elle pourrait exister ailleurs, bien que rien ne vienne le démontrer encore, auquel cas ce pourrait être à de telles distances que s'en approcher serait impossible. Une nouvelle hypothèse se présente qui la rapprocherait de nous. En effet un des satellite de Jupiter, Europe, possède tous les ingrédients de la vie : un immense océan d'eau liquide coule sous sa surface et son cœur est vivant. Située à ''seulement'' 600 millions de kilomètres cette petite lune pourrait tenir les promesses que Mars ne put tenir.

Observé pour la première en 1610 par Galilée et ainsi baptisée en l'honneur de la mère de Minos, Europe apparut le 5 décembre 1973 aux astronomes de la NASA, photographiée par la sonde Pioneer 10 qui traversait notre système solaire pour s'en extraire et continuer son voyage vers l'infini. Elle n'était qu'un point lumineux riche de mystères que Voyager 2 put éclaircir en partie. Les photos de cette sonde révélèrent une surface gelée semblable à la banquise terrestre. Se posa aussitôt la question d savoir si sous la couche de glace existait un océan liquide.

En août 2000 la preuve fut apporté qu'Europe abritait un océan par observation de son champ magnétique par la sonde Galileo. Mieux, cet océan pouvait être constitué d'eau salée à l'instar des océans terrestres. Des observation à l'aide du télescope Keck révélèrent la présence de sulfate de magnésium à sa surface.

De nouvelles observations en novembre 2011 conclurent que certaines zones hérissées de blocs de glace à la surface d'Europe résultant de l'action de courants chauds qui auraient fait fondre de la glace souterraine riche en sel, donnant naissance à des poches d'eau liquide. Il pourrait y avoir de nombreux lacs souterrains sous la surface du satellite jovien. La chaleur interne de l'astre causerait également de vastes mouvements convectifs dans l'océan sous-glaciaire. Les glaces ainsi ne cesseraient de fondre et de regeler au niveau de son équateur.

Après la Terre, Io  (satellite de Jupiter) et Encelade  (de Saturne)

Europe fait partie des astres porteurs de geysers dont les panaches de vapeur s'élèvent à 200 km au-dessus du pôle Sud d'Europe preuve directe d'une activité géologique sur Europe.

La vie existe-t-elle pour autant sur Europe ? Trois raisons permettent de l'espérer :

Sa surface serait jonchée de molécules organiques apportées par des météorites ou des comètes qui auraient pu déposer des acides aminées et de nombres sortes de molécules organiques.

La glace pourrait transmettre la matière dans l'océan. Loin d'être impénétrable celle-ci pourrait ensemencer l'océan. Les mouvements tectoniques feraient plonger des plaques de glaces dans la croûte tandis que des courants animeraient la partie la plus profonde de la gangue de glace.

Le fond de l'océan libérerait des minéraux qui réagiraient avec le CO2 qui produirait les molécules carbonée indispensables à la chimie prébiotique.

Bref, Europe possède les conditions nécessaires à la constitution d'un habitat : de l'eau liquide, des éléments chimiques (carbones, hydrogène...) et de l'énergie. Ainsi peuvent apparaître des micro-organismes capables de synthétiser les molécules organiques nécessaires à leur métabolisme.

D'autres corps du système solaire présentent un océan sous leur surface. Ganymède et Callisto par exemple, mais chez eux il serait prisonnier entre deux couches de glace ; Encelade également mais il ne dégèlerait que par intermittence. Titan possède une atmosphère ressemblant à un gigantesque réacteur capable de synthétiser des molécules organiques complexes mais ne présente aucune trace d'eau.

Europe reste donc notre meilleure chance de découvrir une trace de vie dans notre système solaire. Reste à le vérifier, pour cela l'Europe et la NASA s'organisent pour envoyer une première sonde dès 2022, d'autres devraient suivre. La course est lancée, que donnera-t-elle ? J'espère être là pour vous faire part des résultats le moment venu !

Mais rien n'est moins sûr.

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 07:52

Rope - 1948 premier film tourné en couleur par Alfred Hitchcock

La caméra survole une rue, s'approche d'un immeuble, remonte, s'arrête sur une fenêtre aux rideaux tirés, un moment elle balaie le balcon, vide. La musique cesse et un cri retenti. Nous entrons et découvrons deux hommes en train d'en étrangler un troisième.

Brandon Shaw et Philip Morgan sont étudiants. Pour mettre en pratique l'enseignement de leur professeur, Rupert Cadell. Selon lui une théorie nietzschéenne reconnaîtrait le droit aux êtres inférieurs de tuer ceux qui leur sont inférieurs. Ah si c'était vrai...

histoire d'apporter du piquant à la situation ils invitent après cela, la famille de la victime, sa petite amie et leur professeur qui au cours du repas les observe, ayant noté une différence dans leur comportement.

Brandon est calme, sûr de lui ; il n'en va pas de même de son partenaire qui est nerveux, inquiet et doute de leur impunité. Cadell qui analyse leur comportement finit par s'interroger sur ce qui put se passer et soupçonner la réalité.

Basé sur la pièce Rope's End de Patrick Hamilton, elle même inspirée du meurtre commis en 1924 par Nathan Leopold et Richard Loeb, le film est un huis-clos dans un appartement bourgeois, tourné à la manière d'un unique plan séquence, ce qui favorise le rapprochement avec le théâtre. Pour cela Hitchcock filma huit séquences de dix minutes, longueur maximale des bobines de pellicule de l'époque, si bien raccordées qu'elles semblent ne former une prise unique.

Ce film souffre de ce parti pris technique de son réalisateur et l'attention des critiques et cinéphiles, ce ne sont pas toujours les mêmes, s'est souvent limitée à sa construction plutôt qu'à son scénario. Dommage car le scénario est digne d'intérêt. La culture donnant le droit de vie et de mort, en une époque où il en est, mais méritent-elles ce nom, qui voudrait la résumer à une kyrielle d'obligations semblables aux lignes d'un programme, qui autorise disais-je à se défaire des contraintes morales qu'elle-même professe pour se maintenir. La définition des personnages, celui qui tue sans remord, l'autre qui suit, dominé, mais ne parvient pas à assumer ce qu'il vient de faire. Mais l'important est-il là et pas dans la relation entre les deux hommes, pas question de parler ouvertement d'homosexualité dans un film de Sir Alfred, elle est pourtant là. Nous sommes aux états-unis, en 1948, le puritanisme sot domine.

Le professeur est affligé des effets de ses leçons, peut-être lui-même n'avait-il pas compris Nietzsche. D'autres, peu d'années plus tôt, étaient dans le même cas.

Il est permis d'enseigner un savoir sans le comprendre. Le problème vient des cerveaux qui le reçoivent.

Heureusement je ne professe pas !

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 07:59

Science & Vie 1167 – Laure Blancard

Vous connaissez le miroir, cette surface qui réfléchit, à la différence de ceux qui s'y contemplent ! ce qui se trouve devant elle. Mais savez vous que toute surface non réfléchissante conserve une trace virtuelle des objets ? Je suis sûr que non, mais c'était aussi mon cas.

Regardant les séries policières à la télé vous avez vu cette séquence où des policiers utilisent un miroir pour découvrir ce qui se cache derrière un angle ou une porte close. Ceux-ci pourraient bientôt profiter de la technologie mise au point par les physiciens du laboratoire Kastler Brossel (Paris) en collaboration avec l'Institut Langevin ! Ceux-ci viennent de démontrer qu'une surface non réfléchissante pouvait se comporter comme un miroir à condition de disposer de la caméra, et de l'algorithme, idoine. Le policier photographie le mur et sur l'écran de son smartphone celui-ci se comporterait comme un miroir et ceci avec un système simple et de petite taille.

Prenez un objet, éclairez-le, disposez-le près d'un mur blanc, prenez-le en photo ! Après traitement l'image apparaît comme si elle se reflétait sur le mur.

Bien sûr si le principe fonctionne la technologie est encore trop exigeante pour être employée par n'importe qui dans n'importe quelle circonstance. Pour l'heure elle ne fonctionne que pour des objets de très petite taille et avec une source de lumière convenable. Il est évident que les progrès rendront bientôt cela possible.

Si nous observant dans un mur nous ne voyons rien c'est que notre cerveau ne sait pas identifier dans la lumière qu'il réfléchit la trace des objets environnants. Cette trace existe pourtant. L'appareil photo perçoit les photos issus des objets qui rebondissent contre le mur. Ceux-ci suivant des trajectoires erratiques le résultat est une tache de diffusion sans rapport avec l'objet d'origine. Pourtant l'information sur la forme de l'objet est cachée dans cette tache, comme un code attendant d'être décrypté. L'algorithme génère un traitement appelé autocorrélation analysant l'intensité des points et la présence de motifs répétés aboutissant à la production d'une nouvelle image. En 2012 Jacopo Bertolotti avait montré qu'il était possible de retrouver à partir d'une tache de diffusion l'image d'un objet à condition d'éclairer l'objet avec un laser selon des angles différents. L'opération prenait plusieurs heures. Ori Katz, du laboratoire parisien, eut l'idée de capturer une seule image éclairée par une lumière monochromatique dans laquelle, à l'inverse du laser, les photos se propagent de manière désordonnée. L'image obtenue est légèrement dégradée mais les détails sont assez fins pour identifier l'objet.

Nous n'en sommes pas encore à repérer un malfaiteur tapi dans un coin mais voir des objets ou des organes sous la peau est imaginable. Le halo à ''lire'' est identique qu'il vienne d'un mur ou soit à la surface d'une fine couche de matière translucide, tels les tissus biologiques. ''On pourrait observer des neurones in vivo dans le cerveau de souris ou même suivre le développement embryonnaire chez une drosophile'' anticipe Sylvain Gigan.

Aidés des mathématiques nos yeux gagnent en capacité à percevoir le monde. Petit à petit l'invisible s'estompe.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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