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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 09:00

The Yakuza - Sydney Pollack – 1974 – 112'

 

Harry Kilmer (Robert Mitchum) est un détective à la retraite. Il espérait que celle-ci se déroule tranquillement. C'était sans compter avec son vieil ami, George Tanner (Brian Keith) qui prend contact avec lui après que sa fille eut été enlevée par un chef yakuza, Tono Toshiro qui entend par ce moyen le forcer à lui remettre des armes en respectant un contrat passé.

Tanner compte sur les relations de Kilmer avec la mafia japonaise.

À l'époque le Japon et sa culture était mal connue, et sa mafia plus encore, ce film profite de la connaissance du pays de Leonard Schrader qui collabore étroitement au scénario rédigé par son frère, Paul, l'ensemble contrôlé par Robert Towne, maître de l'écriture hollywoodienne, le résultat associant véracité et efficacité, ce qui est, quand il s'agit d'organiser la rencontre d'univers si différents.

Kilmer revient donc au pays du soleil levant, il revoit sans ancienne fiancée et surtout le frère de celle-ci, lui-même ancien mafieux, sur lequel il compte pour mener son enquête jusqu'à son terme. Ce qui lui serait impossible s'il était seul.

Kilmer doit revenir au Japon, pays qu'il quitta bien des années plus tôt, et ce retour lui fait comprendre que les choses ont changé, ce n'est plus un pays en ruine mais une nation qui se métamorphose. sa recherche nous dévoile les interrogations d'un pays en pleine reconstruction, la guerre n'est pas finie depuis longtemps et ses séquelles, sociales, cultures et psychologiques, si elles se voient mal n'en sont pas moins importantes. Le pays s'occidentalise, s'éloigne de valeurs dont les yakuzas sont aussi l'incarnation. L'occupation américaine est terminée, ou du moins change-t-elle de forme pour en étant moins voyante être plus efficace, ou plus pernicieuse.

Nous sommes donc là devant une film hybride, mi-yakuza, mi polar, dont il importe de garder la date de réalisation en tête pour ne pas s'étonner de démonstration qui semblent pesantes, mais qui devaient l'être en ce début des années 70.

Le scénario, nous l'avons vu, est solide, la réalisation ne l'est pas moins, Sydney Pollack sait utiliser une caméra et mettre en scène ses acteurs pour en tirer le meilleur. Mitchum est égal à lui-même, aussi implacable avec son fusil, que Tanaka Ken, le frère de son ex, avec son sabre. Le contraire eut pourtant été amusant. Celui-ci se sent obligé d'aider Kilmer qui sauva sa sœur et lui permit de vivre dans l'immédiat après-guerre où les difficultés étaient immense même s'il lui en veut de l'avoir séduite.

Takakura Ken, Tanaka, était une immense vedette à l'époque, incarnation du yakuza fidèle à son chef comme au Jingi, le code d'honneur inspiré du Bushido des samouraïs.

Kilmer sait ce qu'il doit à Tanaka, lui aussi respecte un code d'honneur, même s'il est différent. Il le montrera à son partenaire en commettant un yubitsume.

Un film moins connu que d'autre de Pollack, il ne rencontra pas le succès qu'il méritait à l'époque. Heureusement il est aisément accessible, alors ne vous en privez pas.

 

Sinon vous savez ce qui vous attend...

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 09:09

Pourquoi se faire des amis est-il si difficile ? C'est la question que me posent mes parents, presque chaque jour, comment leur dire que c'est parce que je n'en veux pas, pas eux, pas ceux que je connais, ni même d'autres, qu'ai-je à faire d'eux, de leurs jeux, ambitions et intérêts ? Pourtant je fais comme si, je fais semblant, je copie les autres, parce que je sais devoir le faire, que leur ressembler me protège sans que je sache le comment, ni le pourquoi.

Instinct ? Intelligence ? La vanité me pousserait à choisir la seconde, la lucidité me murmure que le premier est prépondérant, jamais je n'ai réfléchi, avant, je ne fais que tenter de comprendre, après.

Je préfère rester seul, me promener dans une nature heureusement aisément accessible de chez moi, quelques minutes de marches et je laisse derrière moi une ville, une impression, un costume de mensonges qui m'enferme.

Je n'ai pas besoin d'aller trop loin, seulement sortir des sentiers balisés, certain que je ne pourrai pas me perdre, et puis, le cas échéant, quelle importance. J'avance en imaginant où je me trouve plus qu'en le regardant, le décor n'est pas plus que cela, le support de mon imagination, ici comme ailleurs, ailleurs comme partout. De là à m'interroger sur ma place, sur ce que je fais là, sur ce que je suis, réellement, derrière celui que je montre, exhibe comme un monstre de foire autant que comme un masque.

En me promenant ainsi j'ai trouvé cet endroit, comme une entaille dans la montagne. Oui, je sais, je fais dans le littéraire, mais les mots me nourrissent et me permettent de m'exprimer en ayant l’illusion que celui dont je parle ne m'est pas totalement étranger. Une espèce de lac obscur devant lequel je me suis arrêté, attendant presque qu'une main en jaillisse... mais non, il n'y avait qu'une surface lisse et fascinante, un miroir devant lequel je me suis arrêté.

La première fois je suis resté des heures ainsi, oiseau immobile face au serpent qui va le dévorer, avec l'impression d'être l'un, d'être l'autre, d'être à la fois proie et prédateur.

J'ai mis du temps à comprendre ce que je faisais là, ce que cet endroit pouvait m'apporter, du temps à trouver notre ressemblance et combien cette obscurité pouvait faire miroir à la mienne.

Imagination d'ado qui se cherche et ''fait'' dans le littéraire pour se sentir, sinon vivant, du moins, quelque chose ? D'être seul, avec des difficultés de communication, euphémisme, devait me mener vers un semblant de partenaire. Faute de quelqu'un c'est quelque chose qui en tienne lieu. Une réflexion que je peux faire maintenant, du reste c'est pour cela que j'ai pris, non pas la plume comme nos ancêtre, mais le clavier, pour jeter un regard en arrière, l'écran faisant office de rétroviseur, avant de regarder devant moi.

Les après-midi passé à cet endroit m'aidèrent à supporter le reste du temps, à maîtriser mon comportement, à passer un cap impératif pour m'intégrer dans la société. Du moins pour paraître le faire ! Un dialogue fructueux pour qu'ici s'exprime celui que j'étais alors qu'en dehors ne pouvait exister, à cette époque, que celui que je devais être.

Au fil des années je vins de moins en moins souvent, ce n'était plus vraiment utile puisque penser suffisait mais que j'avais surmonté l'envie de m'enfoncer dans l'imaginaire comme en des sables mouvants.

J'y suis revenu plus tard. Une visite à un vieil ami, le seul de mon enfance, le seul qui ne pouvait me trahir, sinon par ma faute, le seul à qui je pouvais confier... plus que des mots et des impressions !

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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 08:30

여행자 - Ounie Lecomte - 2009 - 92'

Ounie Lecomte réalise là un premier film autobiographique où elle utilise son expérience d'enfance coréenne adoptée par une famille française. Son prénom original étant Eun Hee ayant été francisé.

Je me demande bien pourquoi !

Dans les premières minutes du film, une production FranCoréenne, Jinhee et son père sont encore ensemble, la petite fille aime être sur le vélo paternel roulant dans les petites rues, elle est heureuse et la perspective d'aller acheter un gâteau la remplie d'aise. N'est-il pas question d'un voyage ?

Quand ils arrivent, sans qu'on ait encore aperçu le visage du géniteur mais seulement des parties de son corps, une ombre, une silhouette, déjà fantôme avant que d'être parti, dans l'institution Jinhee ne se doute pas de ce qui l'attend, elle ne comprend pas où elle arrive, qui sont ces enfants qui courent entre les bâtiments, et cette grille semblable à celle d'une prison qui la domine pour l'écraser.

Jinhee ne comprend pas ce qui se passe, ou du moins elle ne le veut pas. Comment son père pourrait-il la laisser derrière lui comme ça, comme on se débarrasse d'un objet encombrant dont on n'a plus l'usage ? L'institution catholique fait ce qu'elle peut pour l'accueillir, ses camarades ne sont pas hostiles, chacun étant passé par là, pourtant elle se recule, se bloque, refuse de manger, va se percher au sommet du poteau maintenant la grille, encore, une sœur viendra l'ouvrir pour qu'elle ne saute pas et lui montrera qu'elle peut partir si elle le souhaite.

Mais pour aller où ? Que ferait-elle seule, elle a besoin d'un toit, de pouvoir manger, et nul endroit ne l'hébergera hors l'orphelinat.

Finalement l'évidence va s'imposer, contre son espoir, son rêve que son père revienne la chercher, bien qu'il ait quitté leur domicile sans laisser d'adresse. Elle doit admettre que le passé ne reviendra pas mais que l'avenir peut valoir la peine de le connaître.

Elle a une meilleure amie, Sookee, quand la première boude, se renfrogne et communique difficillement, la seconde sourit, apprend l'anglais parce qu'elle pense qu'un couple étranger peut venir pour elle, comme ce fut souvent le cas en Corée. Jinhee nie sa condition, l'autre veut s'en sortir, et ce sont des positions contraires.

Ce sera un abandon de plus, qu'il soit compréhensible ne le rend pas moins douloureux pour la petite fille.

Le temps est implacable et l'instinct de vie doit s'imposer. Jinhee va s'enterrer, seul son visage sort du sol, des feuilles, elle reste ainsi un moment alors qu'elle entend les cris des autres pensionnaires. C'est qu'il est temps pour elle de renaître, l'enfant qu'elle fut n'existe plus.

Elle s'extrait de sa position, rejoint les autres, ses semblables. Quand une famille vient pour elle refuser sera impossible et si elle baissait la tête en arrivant elle la lève en prenant l'avion pour reprendre le cours de sa vie.

Un film sur l'abandon autant que sur l'adoption qui évite la dramatisation avec une mise en scène discrète d'une réalisatrice qui connaît le sujet, et, surtout, l'interprétation de Kim Sae-ron, déjà vu dans ''A Girl at my Door'' et ''The Man from Nowhere''. Je piste ses autres films.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 09:00

イヴの時間 劇場版Eva no Jikan – Yasuhiro Yoshiura – 2010 - 106'

Résultat de recherche d'images pour "time of eve"

Dans un avenir que nous pourrions connaître, robots et androïdes font parties de la vie quotidienne de presque toutes les familles. Comme des objets, des choses sans âme ni esprit, capables de bien des choses mais sans plus de valeur qu'un meuble.

La ressemblance est telle qu'il serait permis de s'y tromper s'il n'y avait un anneau tournant au-dessus de la tête des robots.

Rikuo est un lycéen dans une famille bourgeoise qui possède un robot, Sammi, dont il jour il s'étonne du comportement. Celle-ci s'est en effet rendu dans un endroit où elle n'avait rien à faire en considérant le reste de ses activités. Le GPS permet au jeune homme, accompagné de son meilleur ami, Masaki, de mener sa petite enquête. Les deux complices se retrouvent devant une porte nue, aucune plaque, pas une indication, un grand mystère. Hésitation, l'un veut partir, il n'y a rien à voir, l'autre se dit que puisqu'il y a une porte c'est qu'il y a quelque chose à voir derrière.

Ils poussent la porte, descendent un escalier et trouvent un vaste local abritant un café qui serait banal s'il n'y avait à l'entrée un panneau indiquant qu'en ce lieu humains et robots sont traités de la même façon.

Les jeunes gens sont surpris, le Comité d'Éthique Robotique exige que les robots soient traités comme un frigo ou une machine à laver, leur accorder plus d'importance, chercher à entretenir avec eux des relations amicales, et plus si affinités, est fort mal vu.

Jusque-là Rikuo ne s'était jamais interrogé sur ces ''machines'' qui l'entouraient, agissaient pour lui, mais dans ce café la règle est nette et la serveuse ne cesse de la leur rappeler : il ne faut pas faire de différence entre les uns et les autres. Aussi, avec son ami, va-t-il aller de découverte en découverte, apprendre que les règles imposées sont archaïques et seulement basées sur l'ignorance, et, peut-être, la crainte. Ce sera difficile tant l'apparence de certains des clients est variée. De la plus parfaite identité au point de s'y tromper, surtout si leur ''auréole'' est absente, à l'aspect du robot tel qu'on se l'imagine. C'est toute une (ré)éducation, bien loin de la norme imposée par la société, les habitudes, la famille. Autant de remise en cause face aux conventions, ce synonyme hypocrite de ''contraintes imbéciles''.

Résultat de recherche d'images pour "time of eve"

 

Le film, rassemblant les épisodes d'une net-série, est tout en finesse, subtilité et humour, aidé par une réalisation qui rend humain les machines et mécanique les humains quand ceux-ci ne sont mus que par une éducation finalement pas si différente d'une programmation.

Ce qui suffit à la majorité des individus.

À vous de voir si vous pourriez boire un café au Time of Eve. Personnellement j'aimerais y aller.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 08:36
Espérons-le bref !
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Publié par Lee Rony - dans Des fakes
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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 09:00

       L'ÉNERGIE STELLAIRE

 

L'âge de la Terre à la fin du XIXs était évalué, avec une certitude qui se voulait ''absolue'' à quelques dizaines de millions d'années. Estimation basée sur les calculs de Hermann von Helmholtz et de William Thomson, plus connu comme Lord kelvin. Leur idée étant que la température du globe décroissait depuis sa formation âge compatible avec le mécanisme que ces physiciens considéraient être cause de l'émission d'énergie par le Soleil. Notre étoile se contractant, l'énergie gravitationnelle était convertie en chaleur. Cette estimation entrait en contradiction avec celle des naturalistes dont les études portaient sur les roches, la salinité des mers, les fossiles, l'anatomie comparée dans le cadre de la théorie de l'Évolution, les érosions... celle-ci indiquait une ancienneté de un à deux milliards d'années.

2 événements vinrent relancer le débat relatif à l'origine de l'énergie des étoiles.

John Perry prouva par le calcul qu'en remettant en cause les idées de Kelvin l'âge de la Terre dépassait deux milliards d'années. D'autre part la découverte de la radioactivité va permettre de dater des roches. Le Néo-Zélandais Ernest Rutherford estime ainsi l'âge d'un minerai d'uranium grâce à la quantité d'hélium qu'il contient. Dans le même temps une autre méthode basée sur la mesure de la proportion de plomb par rapport à celle de l'uranium est développée et permet d'en dater certains à deux milliards d'années.

William Edward Wilson calculera que la présence de 3 grammes de radium par m3 du Soleil rendrait compte des 1026 joules qu'il rayonne chaque seconde. Problème, aucune trace ne sera détectée de cet élément dans le Soleil.

Les connaissances progressant, Jean Perrin et Arthur Eddington suggèrent que l'énergie du Soleil pourrait provenir de réactions nucléaires voyant des noyaux d'hydrogène (protons) fusionner en hélium. Il faudra attendre George Gamow pour imaginer un effet quantique baptisé effet tunnel autorisant les réactions de fusions possibles, même si les protons ne possèdent pas l'énergie suffisante. La source de l'énergie des étoiles est là, reste à l'expliciter.

Je ne vais pas ici recopier la démonstration que présente le magazine, elle est claire, détaillée, mais trop longue pour cela. Le fait est établi, l'hypothèse confirmée : les réactions nucléaires dans le Soleil empêchent qu'il s'effondre sur lui-même, sinon vers sa ''mort'', ce qui élèverait sa température.

Pour conclure, suivant Kamil Fadel, s'il est vrai que l'énergie que nous recevons résulte de réactions nucléaires ; pour répondre à la question posée par Isaac Newton : qu'est-ce qui maintient le Soleil chaud ? C'est la gravitation, pas les réactions nucléaires !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 09:00
Fais moi un... et même deux !
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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 09:00

Home from the Hill – Vincente Minnelli – 1960 – 150'  Résultat de recherche d'images pour "home from the hill"

Nous sommes au Texas. Wade Hunnicutt est un grand chasseur, cette fois il s'agit de gibier. Opportunité pour un mari jaloux des autres proies que cible Wade pour tirer sur celui-ci afin de se venger de son infortune. Du reste personne n'est surpris par cet incident. Son épouse, Hannah (Eleanor Parker) encore moins puisqu'elle se refuse à lui depuis qu'il a eu un fils, Rafe (George Peppard) avec une de ses maîtresses. Ensemble ils ont pourtant un enfant, Theron (George Hamilton) qui grandit dans cette ambiance oppressante et peu favorable à son épanouissement, à l'écart du monde, entre la domination de son père et la protection exagérée de sa mère contre laquelle Wade lutte, désireux de faire de cet enfant, un homme, un vrai ! Quitte à demander l'aide de Rafe pour cela alors que jamais il ne reconnu celui-ci comme son enfant.

 

 

 

 

 

 

La vie aurait pu s'écouler ainsi, entre apparences et non-dit, Hunnicutt trônant dans son salon, menant son petit monde sous le regard de ses trophées de chasse et de ses chiens. Sa femme cohabitant avec un mari qui la répugne et des névroses qui l'occupe, près d'un fils enfermé dans son enfance et d'un bâtard, métayer, habitant dans une cabane qui ressemble à une niche.

Theron pourtant est conscient de sa situation aussi demande-t-il à son père de l'aider à échapper à l'emprise de sa mère, las qu'il est d'être considéré comme un ''fils à maman''. C'est peut-être la chance pour eux de se (re)trouver, de se (re)connaître, de (re)construire une famille.

Quel meilleur environnement pour se découvrir, et faire ses preuves, que cette forêt immense et dangereuse ? Theron est seul, avec un fusil, avec pour cible ce sanglier qui ravage tout sur son passage, ce symbole d'une masculinité qu'il peut atteindre, dominer et s'approprier. Décor magnifique que ces marécage où le souffre génère un brouillard jaune, nature miroir de l'être primordial qui ne demande qu'à s'exprimer.

Theron vaincra l'animal, trop facilement à mon goût, mais le gain qu'il en retire sera un poids plus lourd que celui qu'il abandonne. Il découvre le véritable monde, ses difficultés, ses injustices, en l’occurrence celle faite à ce (demi) frère qui l'a accompagné, aidé, soutenu, sans jamais se plaindre ni rien demander. Il comprend d'où il vient, ce que sont ses parents, et, pire, où il va, porteur d'un modèle qu'il ne pourra que reproduire.

Difficile de se débattre face à son destin, dans les liens que le destin nous impose, mais la mort peut être une délivrance pour ceux qui restent.

Vincente Minelli sait jouer des symboles en les intégrant à la réalité, à moins que ce ne soit l'inverse, sa distribution est à la hauteur, dominée par une Eleanor Parker magnifique dans la froideur comme dans l'émotion. Mitchum sait donner de la sensibilité à un personnage qui pourrait n'être qu'un salaud monolithique. George Hamilton démontre des qualités qu'il aura peu l'occasion d'exposer par la suite, quand à George Peppard, s'il n'avait pas croisé l'alcool sur son chemin il aurait fait une plus grande carrière.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 09:00

                     TECTONIQUE

L'image est emblématique d'une certaine forme de sclérose scientifique. Alfred Wegener est seul face à une foule moqueuse, il expose une idée révolutionnaire : La théorie de la dérive des continents.

Cette hypothèse ne fut jamais admise du vivant de son découvreur. Il lui fallut une reformulation : la tectonique des plaque, une manière de dire la même chose avec d'autres mots. Ainsi se forma le cadre expliquant la dynamique de notre planète.

Bel exemple de la difficulté pour une idée nouvelle de s'imposer face à une communauté aimant à se nourrir de l'illusion de tout savoir. À la vérité il faut souligner que la présentation de Wegener était incomplète, il lui manquait des connaissance sur la dynamique de l'intérieur de la Terre et la forme mouvant les continents.

Mais qu'est-ce que la tectonique ? Du grec Tekton ''charpentier'', elle est l'étude de la ''charpente'' de la Terre, de ses structures géologiques et de leurs formations.

Depuis l'antiquité philosophes et scientifiques s'interrogeaient sur la constitution de notre planète. Jusqu'à l'apparition de la géologie moderne leurs questions trouvent de nombreuses réponses sans qu'aucune ne les satisfasse. Est-ce le gonflement de la terre humidifiée qui explique collines et montagnes, l'attraction des étoiles, la puissance élévatrice de l'air ou la force des séismes, ainsi que l'imaginaient déjà au XI s des savants Chinois, tel Shen Kuo ? La découverte de fossiles marins dans les montagnes complique les choses qui fera penser que la Terre fut initialement plongée sous un océan global.

Les progrès commencent à partir du XVIIeme siècle avec les travaux de Nicolas Sténon, observateur des couches de roches superposées, pionnier de la stratigraphie. Il initie la lecture chronologique des archives de la Terre.

Vont s'affronter les neptunistes, tenant de l'idée que les bassins océaniques sont des affaissements, et les plutonistes, privilégiant le rôle du ''feu interne''. Ils proposent que les montagnes résultent de bombements volcaniques dus à la remontée de matériel chaud des entrailles de la Terre. Les planchers marins d'hier font les montagnes de demain.

L'observation de plissements dans des couches de roches pousse à imaginer un type de mouvement horizontal qui fait pencher la balance du côté des plutonistes avant que d'autres idées ne soient apportées.

Synthétisant les découvertes, Léonce Élie de Beaumont, et ses successeurs, imagineront une théorie réunissant neptunistes et plutonistes. Cette vision sera précisée au long des décennies suivantes.

Eduard Suess imaginera que plusieurs continents étaient reliés à une époque très ancienne.

Bref de nombreuses hypothèses existent quand Wegener publie sa thèse sur les translations continentales. En fait son idée n'est pas originale, lui-même citera dans une édition postérieure une dizaine d'auteurs ayant pensé à des déplacement continentaux. Son avantage est de dépasser cette action pour en comprendre les conséquences. Il prend en compte l'isostasie : les continents ''flottent'', la formation des montagnes vient des collisions et chevauchements des blocs. Il prend en compte les travaux de Suess pour expliquer comment la même espèce peut se retrouver en des endroits très éloignés.

Pourtant, malgré le solidité de ses arguments, la thèse de Wegener est rejetée. Vous en lirez les raisons, clairement expliquées dans l'article, passionnant, de Vincent Pasquero, dont je vous donne ici qu'un vague aperçu. Reste qu'il vaut mieux avoir raison tout seul que tort avec les autres. La sciencereconnaîtra les siens.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 09:00

J'adore faire des photos. Sortir, seul, prendre ma voiture, m'éloigner de la ville, je réside dans une ville où c'est facile, en une demi-heure je peux oublier le monde, prendre un chemin, m'enfoncer dans les bois sans autre but que regarder, observer les animaux, l'évolution des saisons et le changement de couleur qu'il provoque.

Partir quelques jours ne m'effraie pas, c'est me retrouver, me rapprocher de moi-même, termes éculés s'il en est mais qui ont une part de vérité.

J'emporte du matériel d'escalade, non que je sois expert dans ce domaine ni passionné de haute montagne, mais prendre de la hauteur m'offre un point de vue unique et la sensation de dominer ma propre vie, brièvement, faussement, le temps de fermer les yeux, de prendre une grande inspiration pour redescendre.

Aujourd'hui il est facile de prendre des centaines de clichés, ce n'est pas mon école et j'ai conservé de l'argentique le besoin de prendre le temps, de savoir quelle photo je prends plutôt que de regarder après-coup si une est réussie avant d'effacer les autres.

J'ai appris à reconnaître la piste des animaux, de toutes les sortes, à les suivre, à faire montre de patience, de persévérance, ce sont mes meilleurs qualités, les seules peut-être, vous diraient mes amis.

Si j'en avais.

L'endroit que je préfère se trouve dans une zone difficile d'accès pour les promeneurs mais sans intérêt pour les adeptes d'escalade. Plus précisément une corniche surplombant un ravin sans grande profondeur mais dont l'orientation est telle que le soleil en atteint rarement le fond. Je l'ai découvert enfant, à cette même place je restais des heures, face à l'obscurité, m'imaginant devant une porte donnant sur des ailleurs plus intéressants que mon quotidien. Il devint un confident, un secret et un défi. Oserais-je y descendre ?

Je l'ai fait plus tard, et bien sûr ne découvris rien de plus que ce qui pouvait s'y trouver, banal et décevant.

Mais pas inutile pour autant. Il suffisait de connaître les lieux, d'avoir le matériel.

Le soleil y entre en hiver, tôt le matin, rasant, donnant aux ombres une importance fascinante. Je le regarde s'approcher à pas de loup, soulever le masque de ténèbres, moi je reste en haut, observant au moyen du téléobjectif ce qu'il dévoile, les formes et les volumes.

D'en haut beaucoup ressemblent à des corps, à des crânes.

 

Je ne prend jamais de photo, les images sont dans ma tête, toutes !

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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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