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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 09:03

Suivre les traces de Gilles de Rais prit assez de temps, et de mots, pour qu'il me faille revenir à ce numéro de Science & Vie .

Après la Vendée pourquoi ne pas prendre la direction de la Dordogne en nous dirigeant vers le Château de l'Herm. Jean

de Calvimont avait amassé une fortune considérable en cette fin du XVe siècle. C'est lui qui, sur le site d'une ancienne fortification, fit érigé ce château de style gothique flamboyant. Son arrière-petite fille eut la mauvaise idée d'épouser un coureur de dot qui profita de son argent, d'abord, puis la fit assassiner histoire d'en disposer sans avoir de compte à rendre, il profite de sa nouvelle liberté pour épouser Marie de Hautefort. Après avoir échappé à la justice pendant plusieurs années il finit par être capturé puis enfermé au Châtelet où il mourut après un interrogatoire que l'on devine ''musclé''. Les cousins de sa victime voulurent récupérer le bien familial mais Marie de Hautefort n'était pas de cet avis et en tua deux dans une embuscade. Au fil des successions une dizaine de cadavres est hanter une château désormais en ruine. En 1899 Eugène Le Roy s'inspira de cette histoire pour son roman Jacquou le croquant.

Nous avons déjà croisé Mélusine et ses compétences en matière de constructions, outre la forteresse de Tiffauges elle usa de ses talents pour le château de Lusignan où elle vécu avec un mortel jusqu'à ce que celui-ci, découvrant son secret, la rejette, elle aurait érigé aussi Parthenay, Vouvant, Mervent, Niort, Talmont ? La Rochelle... Autant de destinations de voyages où, peut-être, un samedi, il serait possible d'apercevoir la fée sous sa forme serpente...

Outre les châteaux les ponts ont aussi, parfois, mauvaise réputation. Celui de Cahors par exemple, dont la construction entamée en 1308, durait depuis si longtemps que l'architecte désespéré d'arriver au terme de son labeur accepta l'aide du Malin. Dans toute l'Europe des ponts semblables sont censés avoir été construit avec l'aide du Diable, la France en abriterait plusieurs dizaines. Au Moyen Âge ce type d'édifice représentait une transgression, le désir de relier deux rives que la nature avait séparées. Cette prouesse technique va contre l'ordre du monde explique Chantal Connochie-Bourgne. D'autant que ces constructions sont difficiles et les accidents mortels fréquents et considérés comme des punitions divines. Réaliser de tels édifices semblant à l'époque relever de la magie et dont demander l'aider du Diable. Ils sont merveilleux, c'est-à-dire suscitant l'étonnement. Bien sûr demander la participation du Malin n'est pas sans risque et, souvent, le premier vivant passant le pont devait être sacrifié, celui-ci était donc choisi parmi les animaux familiers, le plus souvent un chat, noir de préférence. Il faut voir là l'influence de croyances anciennes qui voyaient les eaux peuplées de créatures étranges alors que les terres étaient christianisées. Passer un gué demandait l’acquittement d'un péage. Des animaux étaient emmurés dans les piles des ponts pour s'assurer de la bienveillance des habitants des fleuves et rivières. Au Moyen Âge les sacrifices humains n'avaient plus court s'ils ont pu exister en des temps plus anciens.

Impossible d'évoquer ces constructions hantées, par des souvenirs plus que par des fantômes, sans évoquer Montségur !

De fait, alors que surgit le pog (appellation médiévale de la montagne) ce que voit le touriste n'est pas la véritable forteresse des Cathares mais l’œuvre des vainqueurs construite sur les restes de celle-ci ! Les premiers cathares s'installèrent là au début du XIIIè siècle, construisant un castrum, ensemble comprenant la maison du seigneur, d'autres habitations, le tout entouré de murailles alors que l'Église catholique lance sa croisade contre les albigeois. En 1242 des chevaliers quittent le castrum et vont assassiner 11 inquisiteurs dans leur sommeil. Prétexte idéal pour lancer une offensive de grande envergure contre les hérétiques, et, au passage, contre les seigneurs occitans rétifs au pouvoir royal.

Le siège durera de mai 1244 à mars 1245, les 225 cathares qui refuseront d'abjurer seront condamnés au bûcher. Le dernier sera exécuté en 1321, le catharisme a été éradiqué !

Depuis le catharisme a été récupéré, utilisé, transformé selon les goûts et intérêts des uns et des autres sans respect d'une vérité historique souvent mal connue. Quid de la réalité de leur culte ? Le mystère laisse ouvertes interprétations et légendes.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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