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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 07:37

Pour la science 445 - 8

L'outil a-t-il forgé l'homme ?

Le passage de nos ancêtres arboricoles à Homo sapiens fut rapide grâce à la combinaison d'innovations culturelles et d'aléas climatiques.

Nous sommes d'étranges primates, note Ian Tattersall. Nous marchons debout, en équilibre instable, balançant notre corps pesant sur deux pieds courts. Notre tête est grosse avec un visage minuscule, de petites mâchoires et une boîte crânienne en forme de ballon. Nous déconstruisons mentalement notre environnement et nos expériences intérieures en symboles abstraits avec lesquels nous produisons de nouvelles versions de la réalité : nous sommes capables de décrire ce qui est et d'envisager ce qui pourrait être. Il semble que nous soyons les seuls capables de le faire.

(Pour autant que ce soit une qualité !)

Il y a 7 millions d'années notre précurseur ressemblait aux grands singes, était arboricole, portait son poids sur quatre membres et présentait une grande face prognathe avec de puissantes mâchoires et une petite boîte crânienne. Ses capacités cognitives devaient être celles d'un chimpanzé moderne. Intelligents, capables de s'adapter à leur environnement, de reconnaître et de combiner les symboles, les grands singes modernes ne paraissent pas capable de construire de nouvelles réalités.

(voir plus haut ! C'est un trait de Homo Sapiens de se regarder en prenant ce qu'il est pour le mieux possible.)

7 millions d'années semblent une longue durée, mais pas pour ce type de transformation. Pourquoi l'évolution au sein de notre famille a-t-elle été si rapide ? Quel est le mécanisme à l'origine de cette accélération ? La réponse ne peut se trouver que dans la capacité de nos ancêtres à relever les défis en produisant des outils, des vêtements, des abris, du feu... Au fil des découvertes le scénario de notre évolution s'affine. Celle-ci se serait accélérée sous l'action conjointe d'importantes fluctuations climatiques et de la culture matérielle. L'usage d'outils et d'autres techniques permit aux premiers hominines d'occuper de nouveaux milieux, d'éclater en de nombreuses populations. Certaines survécurent, jusqu'à ce qu'une s'impose dont nous sommes les représentants actuels.

L'abandon des arbres modifia notre anatomie et ouvrit la voie à d'ultérieures adaptations mais sans accélérer les événements. Pendant les premiers millions d'années de son existence les hominines ont évolué comme tout groupe de primates. L'arbre de parentés était touffu, toutes n'adoptaient pas le même comportement. Le plus adapté aux circonstances survécut.

Le débat continu pour déterminer qui représenterait la plus ancienne incarnation du genre Homo, tous les scientifiques sont cependant d'accord sur le fait que les premiers hominines présentaient des proportions équivalentes aux nôtres et apparurent il y a moins de deux millions d'années. Ils marchaient debout, vivaient dans la savane dégagée et avaient probablement une alimentation riche en ressources animales. Si à cette époque leurs cerveaux étaient équivalent à ceux des premiers bipèdes, il doubla de volume en un million d'année seulement. Il y a 200 000 ans, il avait de nouveau presque doublé. Accroissement noté chez Homo neanderthalensis, en Europe, Homo erectus, en Asie, et Homo sapiens, en Afrique. À mesure que des individus dotés de cerveaux plus gros prospéraient, la population devint plus intelligente et produisit outils et autres innovations qui contribuaient à une adaptation plus efficace à l'environnement.

D'autres facteurs que la pression environnementales et la culture matérielles durent intervenir, notamment la taille des populations. Trop vaste et dense elle a trop d'inertie génétique, de petites populations isolées se différencient les unes des autres. Il doit exister une taille intermédiaire favorisant l’incorporation durable d'innovations génétiques et culturelles.

Durant les périodes clémentes les groupes acquirent diverses techniques, exploitèrent leur environnement, s'étendirent, quand les conditions se détérioraient de nombreuses populations auraient diminuées et se seraient fragmentées. Les groupes isolés auraient eus les caractéristiques idéals pour fixer des nouveautés génétiques et culturelles et connaître une spéciation subséquentes. Le contexte s'améliorant les populations survivantes, constituées des individus les plus adaptés, se seraient retrouvées.

Les autres avaient disparus. L'association des progrès cognitifs, des innovations culturelles et des changements climatiques permit à nos ancêtres de survivre et de s'imposer. Homo sapiens bénéficiant d'un stimulus culturel décisif : l'invention du langage.

L'idée d'une évolution voyant notre espèce apparaître au cours d'une séquence rapide d'événements aléatoires, indépendants des qualités spécifiques de nos ancêtres, est moins spectaculaire que l'idée d'un perfectionnement graduel au fil du temps, mais elle est plausible : malgré ses qualités, Homo sapiens est une espèce imparfaite.

Notre composante culturelle nous permit d'être moins modelés que d'autres espèces animales par l'évolution, ainsi ne sommes nous pas parfaitement adapté à notre environnement et à des tâches précises, en revanche nous disposons d'un libre arbitre (une conscience?) dont manquent les autres espèces. Nous pouvons faire des choix concernant notre comportement et il est de notre devoir d'en assumer la responsabilité.

(Encore qu'à mon avis ce ne soit pas toujours vrai, loin de là, peut-être, plutôt que de chercher ce que nous avons de plus, de mieux, devrions-nous chercher ce qui nous reste de nos ancêtres, quel legs nous dirige sans que nous le réalisions toujours. Nous sommes plus animaux que d'aucuns veulent, ou peuvent, le reconnaître. Mais cela est une autre histoire.)

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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