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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 08:00

Le Double lovecraftien – William SchnabelLa Clef d'Argent

2002

 

Les qualificatifs associés à Lovecraft sont nombreux, solitaire, asexué, pathologique, raciste, fasciste, névrosé, étrange... certains évoquèrent son homosexualité latente. Ceux qui le connaissaient le décrivent comme un ''gentleman'', un ''ami fascinant'', non pas bizarre mais ''différent''. Ambiguïté pimentant la lecture de Lovecraft et invitant le lecteur à éclaircir certains aspects de ses récits.

Impossible d'évoquer Lovecraft sans parler de sa ville natale ''Je suis Providence'' aimait-il à répéter. Sa famille eut une grosse influence sur lui, son père d'abord, mort des suites de la syphilis dans l'hôpital psychiatrique où il résidait depuis plusieurs années. Une source de honte pour la famille Phillips, de vieille souche du Rhode Island dont certains membres semblent s'être mariés entre eux. Évoquant ses recherches généalogiques Howard parle souvent de pureté raciale. Un motif qui reviendra dans ses contes, associé à celui de la dégénérescence héréditaire et de l'inceste.

Lovecraft préférait son grand-père maternel, Whipple Van Buren Phillips. Inutile de résumer ici la biographie de Howard, l'auteur ne peut y renoncer puisque justement c'est cette vie qui l'amène à imaginer le besoin de l'auteur d'avancer masqué, aussi bien dans son œuvre que dans sa vie. Chez un auteur la création s'appuie, plus ou moins, sur sa vie, celle-ci pouvant expliquer ses choix, ses orientations, les chemins suivis. Il est patent que les personnages de Lovecraft sont ses incarnations, ceux qui sont confrontés à une pénible réalité, chez eux ce sont des créatures cosmiques et implacables, chez HPL c'était... autre chose, mais déjà, encore, toujours, une menace. Comment ne pas voir dans ses contes l'expression d'angoisses, de fantasmes, de frustrations, comme chez la plupart, sinon tous, les écrivains. Pour autant ceux-ci ne suffisent pas à expliquer une énergie créatrice si puissante bien que cette dernière s'en nourrît.

Oscar Wilde, Stevenson, et combien d'autres, exploitèrent ce thème en rédigeant des textes remarquables par le fond comme par la forme. N'est-il pas possible de regarder plus loin que ses géniteurs pour trouver dans un passé plus ancien des visages, des ombres, des formes fascinantes et inquiétantes dont il peut être dangereux de s'approcher mais plus encore de les reconnaître.

Pourquoi ne pas souligner ce que recherche de lui-même le lecteur de Lovecraft, ce que l'un et l'autre partagent d'expériences communes faisant que le premier se retrouve dans les expressions du second, qu'il cherche également à distinguer une forme dans un miroir ? Mais la première reste flou alors que le second demeure obscur. L'homme-œuvre est un Janus dont il est impossible d'arracher un visage sans le décapiter.

Si je vous parlais de moi, de ce que je peux comprendre au travers des personnages de Lovecraft... le problème, mais en est-ce vraiment un, étant que je me sens plus proche de Nyarlatothep, et autres, que des pauvres sapiens cherchant à intégrer une réalité qui les dépasse.

Si je... mais ce n'est pas le sujet. Lisez donc ce livre, qui sait si au travers des pages vous ne distinguerait pas quelqu'un, ou quelque chose, qui vous ressemble.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Lovecraft
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