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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 07:35
 

Monsieur, (je n'ose vous appeler par votre prénom)


Bien sûr vous êtes un homme, j'imagine mal une femme porter les mains sur moi, me caresser, ce serait une sorte de saphisme... Mais je me moque, après tout ce que j'ai vu depuis plus d'un siècle j'ai appris que l'humour était le moyen de supporter à la fois l'atroce et le temps.

Frappé d'obsolescence, objet de collection, rangée dans un tiroir, une vitrine, oubliée souvent, mais pas toujours, il y a des amateurs, comme vous à qui je voudrais transmettre mon expérience, vous, capable de comprendre puisque je viens de votre grand-père qui lui se servit de moi, qui vécut avec moi...

Je me souviens de lui, de sa rage pour échapper à une peur envahissante quand il fallait survivre et pour cela, faute d'autre moyen, m'utiliser de la meilleure façon possible. Combien de temps avons-nous passé ensemble ? Quelques mois mais de ceux laissant une marque pour une vie ; des mois de violence, de bruits et de fureurs, de terreur et de sauvagerie. Cette dernière est l'unique moyen d'échapper à la panique quand la mort met ses pas dans les vôtres.

Du reste je suis née ainsi, dans une fournaise semblant l'enfer. Je viens du sol, j'en fus arrachée brutalement et la technique humaine me donna ma forme finale, celle qui fascine tant quelques personnes qui aiment me prendre en main, fermer les yeux et chercher un lien magique permettant de vivre les situations qui marquèrent mon existence.

C'est ce que vous cherchez. Je me souviens, notre première rencontre, était-ce un hasard ? Vous farfouilliez dans les affaires de votre grand-père laissées au grenier depuis des décennies, c'était pour y faire une découverte d'importance autant que personnelle ? Aucun étonnement n'apparut dans vos yeux à ma découverte. Vous m'avez prise dans vos mains avec beaucoup de respect, restant immobile un long moment, me laissant dans mon cercueil de papier plusieurs jours avant de vous résoudre à m'en extraire et à me tenir en main. L'émotion que vous avez ressenti fut perceptible même par moi qui en fus gavée pendant des années, qui connus divers maîtres jusqu'au dernier qui me vola, comme d'autre, probablement pour garder un souvenir, et quel ! Réceptacle de saisons terrifiantes pour imaginer les conserver hors de sa mémoire. Jamais il ne revint me voir mais ses pensées tendaient vers moi, sans parler de ses cauchemars, quand il se souvenait, quand il revoyait, revivait...

Mais était-ce des cauchemars, finalement la graine de l'horreur ne grandit-elle pas pour devenir un arbre de plaisir plongeant ses racines dans une terre gorgée de sang et portant des fruits qu'il donna à consommer à ses enfants et plus particulièrement à son petit-fils, vous, qui finîtes par en apprécier l'étrange saveur faute d'avoir autre chose à déguster... Mais ce n'est pas à moi d'évoquer cela, vous le ferez le moment venu, n'est-ce pas, et vous et moi savons qu'il ne tardera plus, la preuve en est cette missive.

Vous savez tout cela, aucun de mes mots ne vous surprend, tel n'était pas mon but, je ne suis qu'un objet d'acier posé sur un autre pour le prolonger et lui permettre de tuer encore quand les munitions manquent.

Je ne fus qu'un moment court mais brûlant. J'ai percé des corps par milliers, autant les âmes de qui me mania ; les sangs et cris des premiers s'associant à la rage des seconds.

Dois-je en dire plus, évoquer plus précisément ce moment-ci, cet instant-là, cette vie prise plutôt que cette autre ? Cela serait vain et mon rôle est différent : je suis la plume sergent-malheur plongeant dans l'encrier de l'animalité pour dessiner le portrait d'une vie qui n'a pas su, pas encore, s'en extraire.

Tel est votre but, je le sais puisque vous m'utilisez depuis longtemps, avant même d'écrire, quand votre imaginaire était papier et encre votre esprit.

          A bientôt donc.

                                             Votre...

                                                                                  Rosalie




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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 07:28


Je me souviens du temps passé face au miroir,

Souriant, encouragé par cette belle image,

Heureux de la vision de l'être devant moi,

J'ignorais alors où me menait ce chemin.


Enfant j'imaginais ce que serait demain,

Mon métier passionnant, pompier, chanteur, marin,

En arpentant le monde et m'illustrant en tout,

Devenant du présent le principal atout.


Mes ambitions connurent un indécent déclin,

Pas une fois mon talent ne put vivre à sa faim.

Quand les rêves s'estompent le réel devient flou,

L'habit illuminé s'empoussiérant au clou.


Les amis, le travail, les crédits, la famille,

Ce qui ponctue les mois. Le temps que l'on gaspille,

Jeté ici ou là, faute de savoir qu'en faire,

Oubliant que demain sera reflet d'hier !


Des enfants surviendront, deux garçons une fille,

Trop vite ils grandiront, et la joie qu'on grappille,

Diluée dans jadis derrière nos paupières,

Sera le fruit gâté d'une vie ordinaire.


Dans le flot des années j'ai été englouti,

Un courant trop violent, et je suis si petit,

J'aurais voulu... J'aurais... J'ai agi de mon mieux

Profitant de l'instant, aussi gai que sérieux.


Désormais je suis seul, mon épouse est partie,

Je serai dans six mois arrière-arrière-papy.

Ainsi la nature est le désir impérieux,

A ses pieds nous restons des nabots obséquieux.


La mort est maintenant seule à prendre ma main,

J'espérais ressentir un tout dernier émoi,

Trop tard pour exprimer les joies du cinquième âge,

Maintenant j'ai compris, la vie est un mouroir.


Le manège est parti on ne peut en descendre,

Que le corps devenu un petit tas de cendres,

Je sais enfin quelle rime est idéale à dieu,

Tenant toute entière en un aussi court mot : Vieux !

 

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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 07:30




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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 07:58





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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 07:25
 



 

Il faut s'étudier soi-même et tout apprendre par soi-même.



le Logos, ce qui est toujours, les hommes sont incapables de le comprendre.



À ceux qui descendent dans les mêmes fleuves surviennent toujours d’autres et d’autres eaux.

 

Si les hommes veulent se donner la peine de creuser pour avoir de l'or, ils peuvent le trouver ; sinon il faut qu'ils se contentent de paille.


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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 07:12
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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 07:17
 

J'apporte la clarté, le réconfort souvent,

A l'occasion je sais mordre cruellement,

L'impudent me voyant en animal dormant,

Docile dans mon coin et ronflant gentiment.


On me laisse le choix et soudain je rugis,

Mes crocs sont sans pitié et ma faim sans limite,

Partout je m'insinue et je cherche la vie,

Dévorant à loisir ce décor qui t'abrite.


Ce qui est amusant ? Je te suis nécessaire,

Sans moi tu serais mort depuis des millénaires,

Dévoré par le froid, qui lui est mon contraire,

Ou par des animaux explorant ton repaire.


Je suis d'enfer, de joie, mais aussi de Bengale,

L'été je cours les bois, qui peut dire qu'il m'égale ?

Du rasoir ou follet, sacré ou bien roulant,

De l'action ou petit, de tous bords ou à sang.


J'ai mille aspects et noms, en héros, dessiné,

Des représentations, je fus divinisé.

Connais-tu le premier qui osa me dompter,

S'approchant lentement, me montrant du respect.


Je suis doux, je suis fort, pourtant je peux mourir,

Je m'éteins lentement, pousse un dernier soupir.

Tu viens souffler sur moi, tu ne peux plus rien faire,

Le gel saisit tes doigts, la nuit te désespère.


Mais le pire est ailleurs, je suis élémentaire.

Je vis dans l'univers, venant parfois du ciel,

Souvent des profondeurs, du sous-sol je suis fiel.

Pour effacer tes traces je serai nucléaire.


Ton univers me va, j'y ai posé ma marque,

J'ai tout appris de toi en l'art de la cuisine,

Pour apprécier les plats d'une façon plus fine,

Ami de Désiré, j'ai dégusté Jeanne d'Arc !



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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 07:01

 




Ou comment une simple famille lutte contre un monstre généré par le mépris d'un chiantifique étasunien alors que la bureaucratie se perd en bavardage et actions inutiles ! Plus qu'un simple film de monstre une critique sociale mordante et intelligente.
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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 06:51

BJH

 

Bong Jun-ho 봉준호 né le 14 09 69 grandit dans un milieu artistique, son père est designer et son grand père un auteur reconnu. Il étudie la sociologie à l'université Yonsei à la fin des années 80 époque à laquelle il est membre du film club de la dite université. Il apprécie particulièrement Edward Yang, Hou Hsiao-hsien et Imamura Shohei. Au début des années 90 il suit un cursus de 2 ans à la Korean Academy of Film Arts, durant cette période il réalise ses premiers courts métrages en 16 mm : Memory in the frame et Incoherence.







En 1994 il réalise d'abord White People, puis son premier film Barking Dogs never Bite, comédie satyrique sociale. Ce film n'aura pas un grand succès public mais lui permet de se faire connaître au niveau national.


                                                           







Son film suivant Memories of Murder (살인의 추억) est basé sur l'histoire vraie du premier serial-killer en Corée. Nous retrouverons dans ce film l'excellent Song Kang-ho qui sera présent également dans le film suivant du réalisateur comme dans d'autres de Park Chan-wook (allez donc faire Un tour au Park ), un de mes acteurs préférés.

 





 

C'est en 2006 qu'il connaît un triomphe avec The Host (괴물) qui établit un record dans son pays en dépassant les 10 millions de spectateurs. L'idée de ce film lui serait venue alors que lycéen il aurait vu une créature bizarre plonger du pont Han River. Malheureusement ce film sortit de manière confidentielle en France.

 



En 2008 il participe au film Tokyo ! avec Michel Gondry et Leos Carax. Actuellement il dirige Mother, histoire d'une femme luttant pour sauver son fils victime d'une fausse accusation.



Il préparerait l'adaptation de Le Transperceneige, adaptation de la BD de Jean-Marc Rochette et Jacques Loeb.

         Filmographie :

2010 Le transperceneige

2009 Mother

2008 Tokyo !

2006 The Host

2004 Twentidentity

2003 Memories of Murder

2000 Barking Dogs Never Bite

         Courts métrages :

1997 Motel Cactus

1996 7 reasons Why Beer is Better Than Lover

1994 Incoherence

1994 White Man


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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 06:09
 






La respiration devient difficile,
Chaque instant est un combat à mener,

Ni l'un ni l'autre n'ont envie de gagner,

Ils voudraient ensemble quitter leur asile.


Mais vouloir n'est pas dans leurs aptitudes,

Ressentir est le maxi des limites,

Qui, imposé par la situation,

Massacre pensées, rêve et ambition.

Reste cet instinct que le corps abrite,

Optant pour le champion es solitude.


C'est un duel à mort, un seul doit subsister,

Le sentiment n'est pas un terme que la vie,

Emploi journellement, elle ne connaît que l'envie,

Son choix sera celui qui saura résister.


Caïn ne voulut pas devenir un tueur,

Mais le choix ne fut pas proposé à son âme,

Il ne pouvait agir. Sans bouclier ni lame,

Un seul pourrait du matin goûter la lueur.


Mais le survivant devra pour toujours,

Porter en son sein culpabilité,

Empreinte de la mort et cet abîme

Qu'il voudra combler, mais son moi intime,

Saura que jamais sur la vérité,

Son regard pourra se porter un jour !


Abel en veut-il à celui qui vit ?

Je suis sûr que non, par mon expérience,

En paix il aurait murmuré "Vas-y !"

Mais il n'eut jamais ce poids : la conscience !



Dans le rêve parfois vient nous rendre visite,

La silhouette étrange que nous pensons connaître.

Notre seul compagnon, en notre esprit habite.

La partie est jouée, c'est moi qui devais naître.


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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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