Qui es-tu petit Lee qui veut me ressembler !
Tes mots seraient des crocs, tes idées, rugissements ?
Les premiers sont usés, et tes ronronnements,
Ne feraient frissonner ni les gens, ni les blés
Je l'admets, répondis-je, je ne suis qu'un chaton,
Mes griffes sont de vers, je geins plus que je feule,
Voudrais être chasseur... Mais j'ai beau être veule,
Il m'arrive, parfois, d'accepter le bâton.
Quelle est la part en soi qui se rêve animale,
Espérant dans l'instinct noyer lucidité,
Intelligence, espoir, haine et nocivité,
Cherchant ce paradis : conscience minimale.
N'est pas tigre qui veut ! Te sentir différent,
T'autorise-t-il à nier ta part d'humanité ?
Par l'imagination tu essaies d'exister,
Rêveur plus que tueur. Aliéné ? Non, enfant !
Je... Ai-je voulu dire, mais c'était trop facile.
Se vouloir, se croire, se... Comment faire autrement,
Pour ne pas voir le vide, en dehors, en dedans ?
Folie et cruauté sont les joujoux dociles,
De l'esprit prisonnier d'un monde indifférent,
Voyant, en l'animal, un sursis à l'asile.
Savoir différencier le réel du dément,
Ne fait pas pour autant de toi un inhumain,
Que pourrais-tu écrire si tu étais sans main ?
Ainsi ai-je entamé ce pseudo testament,
Espérant "dialoguer" avec ce moi bestial,
Par les mots pouvoir être, mi humain, mi Belial...