C'est le silence que je voulais, ici je suis servi.
Le bruit est l'ennemi numéro un des écrivains, du moins est-ce le mien ! Le moindre son était un ennemi qui riait dans ma tête pendant des heures alors j'ai cherché près partout, même à proximité des cimetières, mais la place est chère alors là aussi poussèrent des clapiers. La mort n'effraie plus, logique, elle est mon gagne pain, que j'y glisse une tranche de viande, froide, n'est pas gênant.
À force de recherches j'ai déniché une petite maison tranquille au fond d'une banlieue oubliée des promoteurs et autres bétonneurs !
Tranquille ? Abandonnée serait plus juste, et pour une raison qui fut attractive pour moi : un père de famille ayant une profession indéterminée avait, une nuit, massacré sa famille dans un moment de folie furieuse qu'il ne put expliquer. Cette histoire ressemblant à certains des contes que j'ai rédigé me plut sur-le-champ, son côté lovecraftien me semblait un clin d’œil du destin, une invite...
Cet homme depuis est en asile et répète son histoire comme par peur de la savoir fausse s'il cessait. La maison a été remise en location mais personne ne put y rester longtemps.
Quand je visitais l'édifice j'eus l'impression d'être dans le décor familier de mes nouvelles, l'air avait cette densité faisant frontière avec l'extérieur que je cherchais. J'étais chez moi ! Le déménagement fut rapide même si ma femme et mes enfants semblaient rétifs.
Qu'importe je suis tranquille, parfois j'entrevois des ombres blanches sur le fond sombre de l'improbable, quelle importance du moment que je n'entends plus de cris, plus de cris !
Saviez-vous (non, n'est-ce pas ?) qu'avant de publier L'Origine des espèces (1859) Darwin avait réfléchi sur les questions mentales (mémoire, intelligence, conscience, émotions...) en comparant les facultés psychologiques de l'homme avec celles de nombreux animaux et s'interrogeait sur leur origine.
Ensuite la psychologie et la théorie darwinienne de l'évolution ont entretenus des rapports difficiles, certains psychologues cherchant à la rectifier, d'autres la contestant.
Konrad Lorenz pensait que les catégories de l'entendement sont le résultat d'une évolution adaptative répondant à des circonstances environnementales spécifiques. Il chercha les structures innées des comportements s'efforçant de comprendre la transmission et la modification de ces schémas.
Plus tard la science du comportement se scinda (principe même de la schizophrénie) : psychologie d'un côté, étudiant les mécanismes ; éthologie d'un autre, étudiant les structures innées. La psychologie expérimentale s'appuyant sur des modèles animaux, l'éthologie considérant qu'elle avait son mot à dire sur les attitudes humaines.
Ainsi naquit la psychologie évolutionniste ! Le mot paraît avoir été utilisé pour la première fois en 1973 par le biologiste et philosophe américain Michael Ghiselin. Il se répandit dans les années 1990.
David Buller définit le domaine de la psychologie ainsi :
Un champ de recherche caractérisé par des travaux « adoptant une perspective évolutionniste sur le comportement et la psychologie » et un ensemble de doctrines fonctionnant comme un paradigme et défendant « une perspective sur la psychologie humaine se traduisant par un ensemble de théories et méthodologies spécifiques ».
Ainsi trois postulats peuvent-ils définir la psychologie évolutionniste.
1 - Les adaptations psychologiques caractéristiques de l'espèce humaine sont des traits complexes ayant demandé des centaines de milliers d'années de sélection cumulatives répondant à des contraintes environnementales. La survie ne dépendait pas seulement d'aptitudes physiques mais aussi de comportements générés par des réflexes psychologiques tels que : identifier les plantes comestibles, reconnaître les cris d'alarmes, être attentif aux enfants...
2 - L'esprit a une structure modulaire composée d'organes mentaux qui sont autant d'algorithmes darwiniens préstructurant l'expérience selon des dimensions adaptatives variées telles des fenêtres sur l'environnement présentant non une image mais des informations physiquement et biologiquement pertinentes. Il existerait plusieurs centaines de modules mentaux caractéristiques de l'espèce humaine reposant sur l'action conjuguée de nombreux gènes ayant requis un processus sélectif de longue durée.
3 - Ces modules ont évolué dans l'environnement écologique et social du Pléistocène et refléteraient « des universaux psychologiques constitutifs de la nature humaine ». Ce dernier postulat relativise l'importance de la diversité culturelle. Celle-ci masquant une uniformité psychologique sous-jacente.
Pour résumer (!), la psychologie évolutionniste applique le principe darwinien de la sélection naturelle à l'étude de l'esprit humain, le cerveau ayant évolué pour résoudre les problèmes rencontrés par nos ancêtres. De là à supposer que pour faire face au contexte actuel l'évolution n'écrive un nouveau chapitre il n'y a qu'un pas que j'imagine sans l'espoir d'en voir un jour les effets. Il y a peu j'évoquais le film AO, le dernier néandertalien, j'imaginais le dernier sapiens...
Quelle évolution dans l'avenir ? Deux points suffisent pour tracer une droite, et la continuer au delà du second !
Ce livre n'est qu'une introduction à la psychologie évolutionniste, les thèses qu'il présente sont multiples et complexes, je serais incapable de vous les résumer ici sinon à recopier des pages entières ce qui serait long et emm... n'est-ce pas ? Il ne s'agit pas d'un best-seller à la mode aux histoires prévisibles mais d'un rayon lumineux essayant d'éclairer les profondeurs de notre passé, je ne regrette pas le temps mis à le lire et à tenter, partiellement j'en conviens, à le comprendre.
À vous de prendre le relais !
Blanquette était heureuse d'être enfin libre, loin de la maison de son propriétaire, depuis trop longtemps elle rêvait de la montagne et de pouvoir courir libre sans cette corde la retenant, sans cette barrière lui interdisant de s'éloigner, sans l'étable dans laquelle son maître la retenait, pour la protéger disait-il du loup qui hantait les collines et avait dévoré déjà plusieurs de ses biquettes.
Heureusement elle avait eut la présence d'esprit de pousser un banc et ainsi pouvoir passer au travers de la fenêtre. La nature lui tendait les bras, ses odeurs, le vent, tout ressemblait à l'image qu'elle s'en f faisait.
De loin elle vit la ferme d'où elle venait, un ressentit un léger pincement au cœur, sa vie y était facile mais il est des appels auxquels il est difficile de résister et son âme se sentait, enfin, en accord avec elle-même.
Quand la nuit s'avança les mots de son propriétaire lui revinrent, s'il la retenait c'était pour son bien, dehors le loup l'attendrait, lui sauterait dessus, la...
Elle eut un sourire.
La nuit se fit plus sombre, de son ancienne résidence elle ne voyait qu'une lumière lointaine, elle imagina M. Seguin cherchant à voir au travers des ténèbres, une trompe résonna, il l'appelait, il... trop tard, son destin était tracé et son choix définitif.
Quand elle se retourna deux yeux rouges étaient braqués sur elle, le loup l'observait, la langue pendante.
Il s'approcha lentement...
M. Seguin sursauta quand il entendit gratter à la porte. Elle était revenu ! Il se précipita, tira les verrous, ouvrit en grand l'huis. Il allait la prendre dans ses bras quand Blanquette recula.
Le loup se précipita et poussa M. Seguin dans la maison...
Longtemps dans la nuit résonnèrent des cris mêles à des hurlements et bêlements satisfaits.
naquit à Sakata le 25 octobre 1909 et décédé à Yamagata le 15 septembre 1990.
Il étudia le droit à la Nihon University de Tokyo dont il fut exclu en 1932 en raison de son implication dans les mouvements contestataires paysan.
L'année suivante il devint assistant photographe de studio et en 1935 il intégra l'agence Nippon-kobo qu'il quitta en 1939.
Préoccupé d'être un témoin de son temps il s'appliqua à montrer la réalité qui l'entourait, des enfants de mineurs au chômage aux survivants de la bombe d'Hiroshima, parallélement il photographia nombre de temples et sanctuaires bouddhistes.
En 1958 il obtint le prix du photographe de l'année au japon. De graves problèmes de santé ralentirent sa production en le contraignant dans un fauteuil roulant jusqu'en 1976 où une nouvelle attaque le rendit incapable de poursuivre son métier.
Depuis 1981 un prix portant son nom est décerné annuellement.
En 1983 un musée consacré à son œuvre fut ouvert à Sakata.
La Bête n’est pas un nom, c’est un NON !
L’appétit revient, la prochaine fois je mangerai l’assiette.
Une goutte de lumière dans l’épouvante suffit à en faire un océan de vie.
L’acier ne veut rien, il propose, c’est tout.
Une machine ne ferait pas mieux, encore moins pire !
La guerre est utile, c'est une contraction !
L’intégriste est une goutte de néant cherchant sa source.
Je me voulus intellect et me découvre émotion.
L’épouvante peut être belle… ou alors… Si c’était l’inverse ?
Cet homme se dit que puisqu’il n’a aucune chance avec une femme vivante il en aurait avec une morte, encore tiède, le rictus figé de l’agonie passerait pour un sourire complice.
Il fait froid, deux hommes marchent dans la neige à la poursuite d'un renne, ils le tuent et le ramènent dans la caverne où ils vivent avec les quelques autres individus qui forment leur clan, ou ce qu'il en reste.
Le hasard, et la volonté du scénariste sans doute, font qu'un des deux chasseurs, le Ao du titre, est là pour assister à la naissance de sa fille, nous sommes loin des méthodes modernes d'accouchement...
Il fait nuit, nous entendons un pas lourd dans la neige et voyons un homme, de dos, assis dans la neige, visiblement une sentinelle endormie, un rugissement, des cris, du sang. Dans la caverne tout le monde se réveille, les hommes se ruent à l'extérieur, pour découvrir le cadavre de la sentinelle baignant dans son sang. L'identité du coupable ne fait aucun doute et un des chasseurs présent porte sur son visage la marque d'une précédente rencontre avec le grand ours blanc que nous voyons sur l'affiche.
Les hommes du clan sont peu nombreux, la mort d'un d'entre eux est une grande perte, Ao et son camarade borgne décident de partir à la poursuite du prédateur. Inutile de faire durer le suspens, la rencontre aura lieu et se finira par la mort de l'ours et celle du compagnon d'Ao. Celui-ci en prélèvera la peau autant comme trophée que comme moyen de se préserver du froid.
Retour difficile, et dramatique, puisqu'en retrouvant la caverne il trouve tous les membres de son clans tués, y compris sa fille... Il n'a pas d'effort à faire pour comprendre qu'ils furent massacrés par des tueurs bien pires que celui qu'il pourchassa, des tueurs qui lui ressemblent, un peu, mais qui sont bien plus loin de la Nature qu'il l'est. Du reste quand deux sapiens tenteront de le tuer lui aussi, alors qu'il aura pris le dessus, il les épargnera... C'est dire qu'il était mal barré pour survivre !
Ao sait que maintenant il est plus que seul, il est unique, il est le dernier de son espèce. Savoir est un terme impropre bien sûr mais il est des évidences qui se ressentent quand bien même pouvoir les expliciter est impossible, et inutile. Lui et les membres de son clan pour survivre durent suivre le gibier et s'adapter au climat, désormais Ao éprouve le besoin de faire marche arrière, au sens propre, pour retrouver le lieu de sa naissance et des premières années de sa vie, quand il vivait avec son frère Oa.
Film d'aventures, historique, d'amour même puisque Ao rencontrera une belle sapiens, Aki, capturée, enceinte et dont il protégera l'enfant, une petite fille si proche de celle qu'il perdit, après avoir tenté de se l'approprier, et avec laquelle il... attendra que vous alliez le voir pour connaître la suite.
Ce film avait tout pour me plaire, combinant de beaux paysage et un portrait peu flatteur de l'homo sapiens (pseudo) sapiens, une espèce de mammifères qui n'est pas ma préférée bien que j'en fasse partie et me sois, parfois, pris à penser que j'aurais plaisir à me réveiller avec conscience d'être le Ao des C(ro-Magn)ons !
Regardant en arrière sur la vision, négative, que nous avions du néandertal, j'en viens à me demander si je n'ai pas la même du sapiens, en faisant une espèce de crétins inventifs et destructeurs, ce qu'il est, aussi.
Ao n'était pas une brute épaisse, loin de là, et les raisons de sa disparition sont sans doute multiples, lui aussi était apparu, qu'il s'éteigne n'est pas une incongruité, de là à supposer qu'un destin identique nous attende est logique et l'invention d'une mythologie tendant à prolonger notre existence "au-delà" de la vie compréhensible.
Il semble que nous ayons 4% d'ADN en commun, est-ce un partage que nous devrions à une fusion ou un héritage d'un ancêtre commun ayant laissé en nous une portion chromosomique vestigiale ? Beaucoup de questions sont posées et regarder en arrière n'est pas tourner le dos à l'avenir mais apprendre ce qu'il peut nous réserver. Pour en savoir (beaucoup) plus vous pouvez aller là(scaux) ! Seraient-ce eux qui s'expriment dans les tréfonds du génome des spectateur de Koh-lanta...
Pour conclure : un film court mais passionnant, pas d'effet spéciaux, ni spécieux, une interprétation remarquable, une plongée dans le temps qui ouvre l'esprit des vrais sapiens, les faux, eux, ne peuvent être que de passage sur ce blog. Je prends plaisir à imaginer ce qu'était la vie d'Ao, sachant que je ne la supporterai pas !
Mais qu'en fut-il du premier sapiens ?
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |