Spéciale Amy Ying (甄秀儀) - Chine, années 60-70
Spéciale Amy Ying (甄秀儀) - Chine, années 60-70
- Vous pensiez que ça allait fonctionner ?
- Non, bien sûr que non, on s'amusait.
- Encore l'influence de vos jeux vidéo et autres séries.
- C'est de notre âge, j'reconnais que c'est con mais on a rien fait de mal. Pour vous dire la vérité on pensait que la maison était vide, la porte n'était même pas fermée à clé.
- C'était une raison pour entrer ?
- Ça en était une pour penser que nous pouvions le faire.
- Tout ça pour invoquer le Diable ?
- Pour faire semblant, on sait bien que ça pouvait pas marcher. Bon on est désolé d'avoir fait intrusion chez vous, la porte c'est bien par là...
- Je vous en prie.
- Bizarre, je voyais pas la maison si grande, on a juste suivi le couloir jusqu'au salon, c'est tout. Où est la sortie ?
- Ailleurs !
- Ailleurs... Vous êtes qui vous ?
- Celui que vous vouliez voir, vous voyez, y croire ne fait pas que ça marche mais ne pas y croire ne fait pas que ça échoue...
銃夢, Ganmu, « rêve d'une arme » - Yukito Kishiro - 1990

Une catastrophe écologique due à la rencontre de la Terre avec une météorite a conduit l'espèce humaine à la limite de l'extinction - heureusement celle qui nous guette ne fera pas de quartier, mais là n'est pas la question - et conduisit celle-ci à se scinder. D'une part Zalem, une ville suspendue où vit l'élite, et Kuzutetsu, la surface de la planète où survit le reste de l'humanité en profitant des déchets produits par la ville.

Ido explore la décharge en quête de quelque chose qu'il pourrait utiliser pour son métier de réparateur de cyborgs, justement il découvre une tête qui semble intacte. Pourquoi ne pas tenter quelque chose se dit-il, s'il l'avait rejetée le manga s'arrêtait là, ce qui eut été dommage. Bref ! Il réussit dans son entreprise, il adjoint un ''corps'' convenable à la tête, donne à la nouvelle venue, dont la zone mémoire semble inaccessible, le nom de Gally et la considère comme sa fille. Mais l'éducation coûte cher dans ce monde ''d'en-bas'' et pour gagner l'argent nécessaire Ido doit reprendre son métier de chasseur de primes, aidé de Gally qui va révéler une stupéfiante aptitude au combat...
Ce manga, loin de Quartier lointain, plonge le lecteur dans un univers cyberpunk où se confronte la nature humaine dans ce qu'elle a de plus primaire, instinctive, de plus ''nature'' donc et l'Humanité, au sens mythique du mot, incarnée, ou révélée, par Gally.

Gunnm présente la particularité d'être plus populaire en dehors du Japon quand dans le pays qui la vit naître. La plupart des lecteurs de ce pays ayant l'habitude de séries répondant à des codes particuliers.
Gally pour cyborg qu'elle soit, à l'instar de Motoko Kusanagi mais dans un style différent, est attachante, attirante, séduisante, dans un monde où l'humain est flou dans son être. Beaucoup des habitants de Kuzutetsu se sont cybernétisés pour améliorer leur aptitude à la survie, celle-ci dépendant de leurs forces et endurances mais aussi de leur capacité à faire ce qu'il faut, fusse au détriment des autres, et il le faut souvent, la vraie vie étant là plus que dans une Zalem vue, de loin, comme paradisiaque. Considérons que le Paradis, s'il existe, ne saurait être que d'un ennui qui ne serait même plus mortel, somme toute la pire des malédictions !

La chimie du carbone nous a produits, pas de quoi s'en vanter ! Celle du silicium peut générer une forme de vie différente mais tout aussi, sinon davantage, digne de ce nom, ou digne tout court !
Gunnm parue au Japon entre 1990 et 1995, en France elle fut éditée par Glénat de 1995 à 1998. À noter qu'à partir de 2001 Yukito Kishiro reprit l'histoire avant la fin pour la prolonger sous le nom de Gunnm Last Order, dans un cadre différent nous pouvons mieux connaître Gally et son passé tout en trouvant sur son chemin bien des questions que nous nous posons tous, surtout moi !

Un manga est peu onéreux, il tient dans la poche, alors laissez de côté les Aventures de Martine ou celles du Petit Nicolas (ras-le-bol!) et découvrez un univers effrayant mais enchanteur, sinon il serait trop ch... mais si vous préfériez ceux-ci vous ne seriez pas là.
N'est-ce pas ?
La vengeance est un plat qui se mange froid, chacun le sait, mais elle est encore meilleure quand elle est réchauffée, et réchauffée encore, alors là oui, elle est savoureuse et laisse dans l'âme un dégoût de soi que, probablement et heureusement, vous ignorez.
Soo-hyun est agent secret, ce qui suppose des qualités mais aussi ce que l'on pourrait appeler des défauts. À tout prendre mieux vaut avoir les deux que rien du tout, mais la question n'est pas là. Malheureusement, pour elle, sa fiancée croise la route d'un tueur en série sadique (pléonasme?) et inventif. D'elle la police ne retrouvera que la tête (c'est dommage !), l'enquête mène à plusieurs suspects sans que rien ne soit décisif pour en désigner un. Qu'à cela ne tienne se dit Soo-hyun qui décide de régler leur compte à tous, pourquoi tourner autour du pot ! Ici pas question de ''présomption d'innocence'', de temps perdu à chercher des excuses aux pires tueurs, les habitués de ce blog savent que si j'avais à choisir entre le loup et l'agneau je n'hésiterais pas même une nanoseconde.
Le dernier sera le bon, façon de parler, et Soo-hyun va découvrir une folie criminelle que même lui n'imaginait pas, le monde des agents secrets est feutré, propre serait trop dire, celui qu'il va fréquenter est primaire, sanguinaire, sale et sans remord.
Une histoire de vengeance comme nous en avons vu des caisses ? Bien plus que cela, et bien pire.
''Que celui qui lutte avec des monstres veille à ce que cela ne le transforme pas en monstre. Si tu regardes longtemps au fond de l'abîme, l'abîme aussi regarde au fond de toi.''
Ainsi parlait Nietzsche dans Par delà bien et mal ! Ainsi Soo-hyun en observant Kyung-chul va-t-il apprendre qu'il lui ressemble plus qu'il le pensait.
Vous pensez sans doute que nul n'a le droit de se faire justice, que la loi du talion est indigne d'une société civilisée, mais soyez rassuré, la société dans laquelle nous vivons ne l'est pas, ce n'est qu'une cage faite de trois parois seulement, c'est dire si en sortir est aisé, pour qui accepte d'y laisser les illusions que la ''culture'' nous a appris. Si les serial-killers ont tant de succès c'est bien qu'ils incarnent ce désir que tant ont de se débarrasser des chaînes sociales. Le problème étant que sans elles le territoire qui s'ouvre est effrayant, obscur et propices à rencontrer ces monstres dont parle Nietzsche, à ce détail près que ce sont eux qui regrettent cette confrontation !
Lee Byung-hun et Choi Min-sik incarnent, c'est le cas de le dire, ces deux personnages, le premier a tout du jeune premier, le second en est l'antithèse, mais les apparences sont trompeuses et quand l'occasion se présente de gratter le vernis ce qui apparaît est... différent. Horrible direz-vous, et alors ?
Kim Jee-woon signe là un film éprouvant, ultra violent dans ses images, dérangeant par son scénario mais sublimé par une réalisation
spectaculaire, esthétique, outrancière parfois mais le sujet s'y prête. 2H20 dont on sort soulagé que ce ne soit qu'un film mais accompagné de quelques questions. Vous en dire davantage gâcherait votre plaisir et l'affrontement final semble une chute en enfer... à vous de voir si le saut vous tente.
La Corée est le pays du matin calme dit-on, sans doute, mais pas des nuits douces, et c'est tant mieux !
À quoi sert de vouloir dormir tranquillement s'il faut être dérangé après vingt siècles par n'importe qui ? Bien fait, pourrait-on dire, t'avais qu'à pas te faire embaumer !
Cela aurait été dommage, le 4 novembre 1922 Howard Carter n'aurait rien trouvé et cette exposition n'aurait pas lieu, par voie de conséquence cet article n'existerait pas et je devrais me creuser la tête pour avoir quelque chose à écrire.
Heureusement Toutânkhamon fut inhumé avec les honneurs dus à son rang et les pillards ne mirent pas à sac son tombeau. Tout cela permet à l'esprit curieux de découvrir les merveilles que Carter mit à jour. Il lui fallut, à lui et à son équipe, des mois pour parvenir à tout dégager, pour le visiteur du Palais 2 de Brussels Expo deux à trois heures suffisent.
Bien sûr il ne s'agit là que de copies ''à l'identique'', où tout, je dis bien tout ce qui se trouvait dans la tombe est présenté, mis en valeur et commenté. Ni vous ni moi n'étions là pour sentir notre cœur battre à l'idée de ce qui nous attendait, pour sentir cet air emprisonné depuis des millénaires, pour tenter de découvrir à l'aide d'un minable lumignon ce que l'obscurité emprisonnait.
Raison de plus pour regarder par-dessus l'épaule de HC pour finir par plonger les yeux dans ceux du célèbre masque funéraire. Pharaon arpente-t-il le Paradis qu'il espérait ? Impossible de le savoir bien sûr, encore que...
Si vous pouvez y aller un lundi, faites-le, c'est le jour le moins cher !
Spéciale Li Li Hua (李麗華)
Chine - années 40-60
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |