Elle veut directement
Ce qu'elle sait
Des gens comme eux
rien que joyeux
Une vie
quelque temps
Reste avec nous
Donne moi de l'espoir
Une histoire importante
Je voudrais y croire
Laisse Poire
La Fringale, ayant été apaisée
Durant l'été,
Se sentit moins repue
Quand l'hiver fut venu :
Pas un seul petit boulot
Fut-il digne d'un bourricot.
Elle alla faire un dossier
À la CAF du quartier,
Demandant que lui soit alloué
Une alloc pour pouvoir manger
Jusqu'au stage de Noël.
''Je bosserai en maternelle,
C'est nul et trop banal,
Mais c'est ça ou le canal.''
Le RMI sortit son questionnaire :
Calcula les droits précisément.
Qu'avez-vous fait depuis deux ans ?
Dit-il, patibulaire.
- J'ai voyagé, suivi le vent
Quêtant, vivant à l'aise.
Vous quêtiez ? C'était balèze.
Allez aux Restos maintenant.
Il m'est toujours difficile de trouver un nouveau mode d'expression, depuis le temps que je pratique mon activité je reconnais avoir du mal à innover, à me remettre en cause, comme on dit. Ce n'est pas que je manque d'imagination, au contraire,et ma carrière le démontre. Reste que parfois je me retrouve face à l'appréhension de marcher dans mes propres traces, de refaire des gestes déjà exécutés il y a quelques mois, quelques années, et de garder dans l'esprit la sensation de l'échec. Bien sûr nul ne m'oblige à innover, nul ne me contraint à être inventif, nul ne m'astreint à forcer les limites de mon imagination. Nul, hormis moi-même et la certitude que refaire serait reculer, que répéter serait régresser, que recommencer serait m'avouer qu'aller plus loin m'est impossible. C'est ce point qui est le plus important, cette malédiction qui occupe ma vie et m'anime, sans cela le poids de la banalité serait insupportable.
Quand j'ai commencé, jeune, l'énergie qui me poussait semblait illimitée, le besoin de m'exprimer impérieux, exigeant, venant d'ailleurs, tirant les fils de besoins qui m'animaient avec tant de force que pas un instant je n'ai pensé les rejeter.
Avec le temps ma palette s'élargit, j'appris à combiner mes idées, à structurer les mises en scènes et dispositions de mes partenaires en fonction de ce que je voulais dire. J'explorai tant et tant de modes, de techniques, d'envies ou d'opportunités qu'aujourd'hui il est normal que je connaisse des difficultés, comme au milieu d'une course avant que le tonus et la motivation reviennent.
Pour passer ce creux je regarde par-dessus l'épaule du passé, mettant dans une boite les réalisations faites par d'autres, à travers le temps, les pays et civilisations, l'Histoire n'en manque pas, remue l'ensemble et laisse le hasard choisir dans quelle ombre plonger mon inspiration en m'imposant de trouver ma propre interprétation cherchant à travers celle-ci à m'emparer d'une âme pour mieux comprendre la mienne.
S'il y a quelque chose à comprendre ! Que puis-je décrypter de mystères qui me dépassent, moi qui voit l'univers au travers du prisme de mes délires, dirigé non par des fils mais par des chaînes, mû non par mon désir mais par des injonctions basiques venues de si loin que je ne sais pas, que je ne veux pas savoir. Esclave ? L'être est plus facile. Je ne peux tirer sur mes chaînes pour les arracher, qui possède cette force ? Je pourrais m'en saisir, les suivre, m'enfoncer dans une nuit dont je ne reviendrais jamais.
Je n'aurais jamais cette volonté, ce courage, ou les deux, tout juste feins-je de croire en mon destin pour ne pas tenter de trouver un autre chemin.
Les mots m'ont entraînés plus loin que je l'attendais. Ils ne sont pourtant pas mon instrument de prédilection.
Cette urne est une bouche murmurant des propositions si obscènes et tentantes que je ne peux refuser.
Ma main hésite, saisis un papier, l'extrait, le déplie, lis un nom.
Je l'attendais depuis le début : JACK
Mary Dinkle à huit ans, elle se sent isolée dans sa famille entre un père qui travaille pour une entreprise de thé et passe le reste de son temps dans un appentis pour naturaliser des oiseaux morts et une mère qui apprécie beaucoup le cherry.
Elle se sent difforme à cause de ses grosses lunettes, de ses kilos en trop et d'une tache de naissance sur le front.
Alors qu'elle se trouve à la poste pour accompagner sa génitrice elle a l'idée d'ouvrir un annuaire et de prendre un nom au hasard dans le but d'avoir un correspondant, et un ami. Son doigt hésite mais le destin lui fait choisir Max Horovitz.
Pour corser le tout précisons qu'elle réside à Melbourne et lui à New York, c'est dire qu'il va falloir du temps pour que sa lettre parvienne à son destinataire, encore plus pour que celui-ci la lise et lui réponde. En effet Max, 44 ans, souffre d'une surcharge pondérale et du syndrome d'Asperger, affection qui le contraint à vivre isolé, à craindre le monde, à avoir du mal à exposer ses émotions et se lier aux autres... Passé la surprise celui-ci prend son courage à deux mains et s'installe devant sa machine à écrire, manuellement il se sait incapable d'être lisible ; il se décrit, Juif mais athée, amateur de hamburger au chocolat, ramasseur de mégots, expose les divers métiers qu'il fit, ses ambitions, dont, heureusement, d'avoir un ami, pourquoi pas Mary puisque le destin semble l'y inciter.
Ainsi au long des 92 minutes du film allons-nous suivre l'évolution de cette relation ainsi que celle des protagonistes, Mary va grandir, demander des conseils à son ami, exposer ses sentiments pour un voisin, sa complicité avec le vieil homme d'en face qui, en fauteuil roulant, n'ose plus sortir de chez lui et sa vie familiale entre des parents qui sont absents même, et surtout, quand ils sont là. Max raconte son quotidien, sa voisine presque aveugle, sa peur du dehors, ses visites chez son psy, son ami invisible assis dans un coin, ses expériences culinaires, ils ont une passion commune pour le chocolat et s'en expédient régulièrement.
Leur relation connaîtra des hauts et des bas, Mary curieuse de l'affection de son correspondant fait des études de psychologie et choisit Max comme sujet de thèse... La suite vous la découvrirez vous-même, jusqu'à la conclusion
J'ai omis de préciser qu'il s'agit d'un film d'animation, sombre (le film n'a de couleurs que quelques objets rouges) et sensible, poétique et cruel, sur deux êtres ''à part'' qui forment une espèce de diapason donnant le là d'existences qui l'une sans l'autre auraient été banales sinon lamentables. La pâte à modeler est plus expressives que bien des comédien(ne)s botoxés, du reste cette histoire avec de véritables comédiens serait pénible alors que la pâte à modeler permet l'émotion, la complicité mais évite la gêne coupable de se sentir voyeur.
Un film australien écrit et réalisé Adam Elliot.
Le premier coup fut un plaisir,
Les autres ont bu mon sang,
Rongé ma chair à loisir,
Alors qu'ils me savaient innocent.
Est-ce l'être que de goûter,
La saveur de la peur,
De renier la piété,
Et d'aimer la douleur ?
Combien pourrais-je en supporter,
Avant que ma conscience atteinte,
Accepte d'abdiquer,
D'oublier ruses et feintes.
Une vie vaut-elle par sa longueur,
Quand un instant semble éternel,
Une seconde vaut mille heures,
Chaque cri du fouet est un appel.
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |