Dojoji & Autres Nouvelles (extraites de La Mort en été)
4 nouvelles comme les 4 points cardinaux (Dojoji, Les 7 Ponts, Patriotisme, La Perle) décrivant une société japonaise en quelques pages.
Pour commencer Dojoji n'est pas une nouvelle mais une pièce de théâtre mettant en scène Kiyoko la danseuse, l'antiquaire, un gérant d'immeuble, trois hommes et deux femmes. Elle s'inspire d'un classique du Nô sur la jalousie mais en diffère par le traitement qu'en fait l'auteur. Kiyoko n'est pas la méchante, au contraire, quittée par Yasushi, devenu par intérêt l'amant de Mme Sakurayama, elle apprend que celui-ci a été tué dans une armoire, classique pour un amant n'est-ce pas ? Impossible donc de le récupérer, sa beauté lui semble désormais inutile.
Le vitriol qu'elle vole dans une pharmacie est une gomme on ne peut plus efficace mais voilà qu'ouvrant une armoire elle voit son visage dans les miroirs que celle-ci contient multiplié comme à l'infini, l'imaginer rongé par l'acide lui est insupportable, et elle rebouche le flacon. Voyant l'heure elle se saisit de son rouge à lèvres et quitte la scène, ne vient-elle pas de se souvenir qu'elle avait un rendez-vous ?
Trois geishas de la Maisons des Lauriers et Masako, la fille de la tenancière, décident pour la réalisation de leur vœu de passer 7 ponts de la ville en s'arrêtant sur chacun pour prier. Une condition toutefois : au long de leur pérégrination elle ne peuvent adresser la parole à quiconque. De quatre au départ elles se retrouvent cinq, la patronne leur ayant adjoint Mina, nouvelle venue chargée de surveiller sa fille. Finalement cette dernière sera la seule à parvenir au but, toutes les autres ayant failli à un moment ou à un autre.
Quel aura été son vœu, cela nous n'en saurons rien !
En 1936 nous rencontrons un jeune officier japonais, qui vient de se marier. Il apprend que la plupart de ses compagnons d'armes sont mélés à l'Incident de 26 février 二・二六事件 Ni-niroku jiken, une tentative de coup d'état menée par une faction ultra-nationaliste, peut être dirigée par un frère cadet de Hiro Hito, voire par l'Empereur lui-même histoire de s'autoriser une petite répression, tint le centre de Tokyo avant d'être réprimée. Il sait qu'il sera commis à l'exécution de ses camarades et dans l'incapacité de refuser, ne voulant pas trahir son amitié ni son pays et conserver son honneur il décide de faire seppuku, son épouse lui servira de témoin avant de se faire jigai (seppuku c'est pour les hommes). Une histoire tragique et magnifique sur l'amour et l'honneur. Vivre c'est souvent être déçu par le premier et décevoir la seconde, si on peut conserver les deux... l'emballage de souffrance est vite ouvert. Ne vous en faites pas, pour vous il est trop tard.
Autant finir sur une note humoristique, ce qui n'est pas ce que l'on attend de l'auteur, reconnaissons-le. Ou comment la disparition d'une perle lors d'un goûter entre amies, Mmes Kasuga, Matsumara, Azuma et Sasaki (propriétaire de la perle) est prétexte à se dire ses 4 vérités avec verve et drôlerie.
A-t-elle été volée, par qui, aurait-elle roulé quelque part, le mystère est angoissant...
Rune Balot a 15 ans et se prostitue, ce qui ne va pas lui porter chance puisqu'elle est brûlée vive par Shell, mercenaire et psychopathe, ce n'est pas incompatible !
Sa chance c'est de bénéficier de l'Amendement extraordinaire Mardock Scramble 09 qui permet de ramener à la vie une victime en utilisant une technologie militaire de pointe, encore faut-il démontrer la validité de cette action en parvenant à confondre le criminel, faute de quoi Rune sera détruite comme un simple objet. Heureusement elle n'est pas seule, une souris va l'aider.
Une ancienne souris dois-je préciser, du laboratoire du docteur Easter, qui en fit une créature métamorphe nommée Œufcoque capable de se transformer en n'importe quel objet, principalement en arme, armée oblige ! Mais Rune n'est pas ranimée pour rien, elle doit trouver son meurtrier dans les bas-fonds de Mardock City, lesquels ne sont pas accueillants, on s'en doute. Parallèlement un procès est conduit, Shell a des avocats qui tenteront de démontrer que la jeune fille cherchait ce qui lui est arrivé en dévoilant son enfance et ce qu'elle connût avant d'arriver sur le trottoir.
La ville a un petit quelque chose de Las Vegas vue au niveau du sol, ses sous-sols sont moins lumineux.
Frustrant de n'avoir que 66 minutes pour connaître les personnages, le temps manque pour suivre Rune dans ses interrogations sur sa nouvelle nature, sur ce qu'elle vécut et l'avenir qui lui semble promis. Il est vrai qu'il s'agit du premier volet d'un triptyque lui-même arraché à une trilogie romanesque non traduite en français déjà adaptée en manga, il semble que l'anime soit plus proche des romans et déconseillé aux personnes sensibles, lesquelles ne viennent plus sur ce blog depuis longtemps je suppose, sauf par erreur... à moins d'y prendre goût, ça tombe bien il est fait pour ça.
La conclusion de ce premier volet est que les suivants devront être plus longs pour que l'action se développe et les héros se présentent, les bons et les mauvais... La petite Balot est pleine de promesses j'espère qu'elle en tiendra quelques-unes. Le second volet est prévu pour bientôt.
Cela va sans dire mais je le précise malgré tout : à regarder en VOST.
Pourquoi moi ? S'interroge la jeune fille avant de mourir.
Parce que !
L'œuvre originale est de Ubakata Tou (冲方丁), à lire si un éditeur le veut bien.
D'une chienne à un cochon, logique, non ?
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