Le convoi s'approchait, halètement porteur de promesses plus sombres qu'il n'y paraissait. Ils étaient nombreux sur le quai, blottis les uns contre les autres pour se réchauffer, un peu ; pour se rassurer, beaucoup. Les places assises seraient rares, les hommes tirèrent à la courte paille qui en profiteraient.
Un grincement moqueur marqua le début du freinage, tous, de quelque côté qu'ils fussent, frémirent tant il semblait celui de la porte donnant sur l'ailleurs qu'ils devinaient, qu'ils redoutaient. Les échanges de regards remplacèrent les murmures. Bonjour est simple, dit-on, mais adieu, à l'inverse, est plus compliqué...
Les enfants saisirent leurs maigres bagages, je regrettai d'être là, si médiocrement vêtu...
Un poids sur mon épaule, j'ouvre les yeux. J'aurais mis ma main au feu que c'était la réalité, mais non, seulement un souvenir, lointain : la même gare, le même quai, mais, devant moi, le TGV patientait, ronronnant comme un chat.
M'installant sur mon siège je soupirais, l'angoisse et le soulagement si imbriqués que les séparer aurait été impossible.
Je n'avais pas pris le train depuis 60 ans, aujourd'hui c'était en première, l'autre fois j'avais bien cru que c'était en dernière !
Classique des documents (書經, 书经, Shūjīng) ou, plus simplement : "Shu" 書
Ce classique Chinois regroupe des textes documentset discours écrits par les dirigeants, nobles et officiels, des Yu - 虞書(les 5 premiers chapitres) Xia - 夏書(de 6 à 9), Shang - 商書(de 10 à26) et Zhou - 周書(27 à 58). les premiers remontant au troisième millénaire avant JC, une époque ou histoire et mythologie se superposent, les royaumes dont il est question étant plus proche de l'Asie Centrale que de la Chine que nous connaissons, période sans état constitué habités par des peuples nomades qui se fixèrent au cours de la Dynastie Shang qui vit naître les premiers sinogrammes. Xia, Shang et Zhou formant le triptique dynastique fondateur de la Chine. Des travaux furent conduit dès 1995 pour leur donner une chronologie historiquement fiable, il semble que le travail fourni soit perfectible.
58 chapitres divisés en Nouveaux et Anciens textes. Il semble que les Anciens aient été ''mis en forme'' aux 2èmeet 3èmesiècle de notre ère, les Nouveaux allant du 11èmeau 4ème avant.
L'ensemble débutant par une introduction attribué à Confucius est classé chronologiquement
Fusheng (伏生)passe pour avoir reformé ce Classique qui lui aussi souffrit de la censure de Qin. Nul ne peut dire combien des textes subsistant étaient à la table des matières de l'original. Le plus ''authentique'' étant le dernier.
(je sais, c'est court mais ça mérite pas plus. J'arrive au bout des Classiques !)
Le monde est fasciné, captivé par l'horloge,
Un enfant intrigué observe ses parents,
Sa poupée près de lui au regard transparent,
Rêve à ce qu'il n'est pas, craignant qu'on le déloge.
Les aiguilles tendues vers le douze attentif,
Tricotent le présent vers le demain venant ;
Tissent sans se lasser l'ombre des revenants,
Empreintes d'un passé porté en pendentif.
Muet est le fusil mais sa gueule entrouverte,
Laisse voir le danger, que le péril renaisse.
Le repos le rassure et tient le risque en laisse,
Tel un fauve apaisé marchant sur l'herbe verte.
Tant d'hôpitaux gorgés d'alités presque morts,
Écoutent la radio et son compte à rebours,
Imaginent un espoir, qu'ils reverront le jour,
Que le siècle à venir modifiera leur sort.
Jusqu'au cœur du désert, au sein des favelas,
Le souffle se répand et les yeux s'agrandissent
La faim, la pauvreté redoutent que finisse
Leur pouvoir absolu puisque l'espoir est là.
Les démons et les dieux eux-mêmes s’interrogent,
Se regardent inquiets, voici qu'ils se rapprochent
Oublient l’hostilité, la haine, les reproches,
Se découvrent cousins, en sont presque aux éloges.
Les secondes passèrent,
La vie se contracta,
Les zéros approchèrent,
Et le temps s'arrêta !
Des heures que je tournais dans le vieux quartier de Banthe et je craignais de m'être égaré d'autant plus qu'il me semblait n'être jamais repassé au même endroit.
La journée avait pourtant bien commencé, j'étais parti tôt de chez moi pour assister au mariage de ma sœur. Le soleil était au rendez-vous. Étant parti en avance, je passai par les vieux
quartiers où je n’avais jamais mis les pieds mais qui m'attiraient sans que je sache pourquoi.
Ainsi je roulai rapidement à travers les rues désertes, quand, passant devant une église, s'imposa l'évidence que j'étais fils unique ! Sans sœur, comment aller à son
mariage ?
Le fait, sur le moment me laissa sans voix, ce qui, au volant est inoffensif, mais aussi sans réaction, ce qui est plus périlleux. Je sacrifiai mon aile avant-gauche (celle de la voiture) à un
réverbère qui voulait se venger des souillures sur lui commises par les chiens du voisinage. Quoi qu'il en fut je décidai de continuai ma promenade.
Après moults virages et autant (au moins) de lignes droites je m'étonnai de n'avoir croisé personne, ce qui ne me dérangeât point, étant d'un naturel casanier, mais surtout de n'être pas sorti de
la ville, ce qui me troubla. Autant rentrer chez moi.
En fait je ne pus retourner nulle part.
La nuit tomba, un peu brusquement, accompagnée de gouttes de pluie dont la chute ne fit que s'accélérer. La vue d'une grande vitrine sale sur laquelle était inscrit le mot CAFÉ me rassura ! Je
poussai d'abord un soupir de soulagement et ensuite, après avoir arrêté puis garé mon véhicule, l'huis de l'estaminet. En s'ouvrant la porte fit tinter quelques tuyaux de fer qui tenaient lieu de
sonnette, l'un d'eux se décrocha et me manqua le visage de peu.
L'établissement était sombre ; seules brillaient par-ci par-là quelques antiques lampes à pétroles.
Après maints appels, un vieillard qui devait être le tenancier de l'établissement arriva.
- Que désirez-vous ? me demanda-t-il d'une voix aussi faible que ses lumignons.
Après lui avoir soumis ma requête qu'il agréa, j'allai m'asseoir à la table la plus près de la vitrine afin que je puisse voir quand la pluie s'arrêterait si toutefois elle décidait de s'arrêter
un jour, ce dont j'étais de moins en moins sûr.
Je m'aperçus que le proprio m'observait ; ses yeux exprimant une supplique muette, je lui fis signe de s'asseoir.
Je dus me décider à engager moi-même la conversation, j'en profitai pour lui poser la question qui commençait à me tarabuster l'esprit.
Il n'y a pas grand monde, lui dis-je.
En effet, mais il vient quand même quelques personnes de temps à autre.
Le quartier n'est pas inhabité.
- Oui et non, fut sa réponse laconique, après quoi il m'expliqua : le quartier est animé, pas cet établissement, ce qui ne me gêne pas car je n'existe pas non plus.
- Pourtant je vous vois.
Sa réponse ne me surpris pas :
- Vous n'existez pas non plus !
Je me dis en aparté et en français pour me comprendre :
- En effet, cela explique tout !
À dire la vérité j'étais soulagé. Nous continuâmes à discuter, de rien, du reste, nous continuons encore, et ce n'est pas fini. Nous attendons que vous veniez nous rejoindre, vous ne pourrez pas
rater cet endroit. Nul ne le peut.
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |