Si j'étais loup... j'aimerais te mordre,
Goûter ta chair et n'en rien laisser ;
Si j'étais chien... je te lécherais
Sans nul besoin d'en recevoir l'ordre.
Si j'étais tigre enfermé, en cage,
J'attendrais pour te broyer la main.
Et roi des animaux ? Mon terrain,
T'y risquer serait-ce vraiment sage ?
Ce que je suis ne peut t'importer,
Tu n'es pas au nombre de mes proies ;
À mon menu l'animal qui croie,
Fade, ne sera pas invité.
Le mouton garde ta préférence,
Le poulet qui ne te coûte rien ;
Le bœuf n'a-t-il pas ton apparence,
C'est pour toi, puisque tu le veau bien !
Vers 1645 Miyamoto Musashi, samouraï invaincu par une vie de combats, maître ès armes et maître de nombreux disciples, se retire dans une grotte et rédige ce classique de la littérature universelle: le traité des cinq rouesou traité des cinq anneaux, le caractère rinpouvant dire l'un ou l'autre où il livre son expérience et ses réflexion sur l'art du sabre dépassant le simple traité d'entrainement pour en faire un document philosophiques dont les enseignements, à l'instar de l'Art de la guerrede Sun Tsu, peuvent s'appliquer en dehors du maniement du sabre, pour le guerrier ou le sportif, et s'appliquer à la vie quotidienne, professionnelle ou personnelle. Se battre peut se faire sans arme et même sans violence, apparente !
En fait de cinq roues il s'agit d'un ensemble en cinq parties impliquant la terre, l'eau, le feu, le vent et le vide.
Le Chapitre de la terreest une présentation de la tactique et de l'entraînement, Musashi incite autant à la réflexion qu'à l'exercice, indique l'importance du rythme, trouver le sien pour triompher des autres peu importe leur nombre, savoir attendre, voir, comprendre pour attaquer au moment opportun. C'est presque musical, être cohérent, synchrone ; pleinement présent pour savoir quoi faire et quand le faire.
Le Chapitre de l'eaunous montre les techniques propres de Musashi mais dépasse le cadre purement martial pour emprunter à la spiritualité. L'eau prend la forme de son contenant, elle est un simple filet ou une vague destructrice. Bouddhiste Musashi incite au calme, pourquoi gaspiller son énergie, autant utiliser celle de son (ou ses) adversaire(s).
Observer sans bouger, le proche et le lointain, être le cœur du combat pour en conserver la maîtrise.
Le Chapitre du feuconcerne le comportement à suivre en duel ou sur le champ de bataille. Choisir le meilleur emplacement, n'être gêné ni par un obstacle ni par le soleil, connaître son adversaire, le droitier aura un côté gauche faible, et inversement, utiliser le terrain pour tenir l'emplacement stable et pousser ses adversaires dans la boue, la vase, le sol le moins apte à le supporter.
Devancer l'ennemi, garder l'initiative, être opportuniste, feindre la faiblesse pour piéger l'ennemi. L'idéal étant de viser le général adverse, sa mort marquant la fin de la bataille, sans chef un orchestre ne peut plus jouer.
Le Chapitre du vent souligne les failles des autres techniques, les connaître, les utiliser, d'où la nécessité de ne pas se contenter de maîtriser une technique, trop se fier à une arme amène à s'affaiblir face à une autre.
Le Chapitre du vide est l'idéal du samouraï selon Musashi, mais pas seulement. Percevoir, entendre, accepter de ne pas comprendre ce qui nous dépasse mais avec quoi nous devons composer.
"Dans le vide est la vertu, et non le mal. La sagesse a une existence, le principe a une existence, la Voie a une existence, l'esprit est le néant."
Dès l'âge de trente ans l'auteur se pencha sur sa vie, considérant qu'il était avantagé non seulement par sa maîtrise mais par la possession de qualités qu'il exploitait sans avoir rien fait pour les obtenir. À 4 heures et demie du main, à l'autre du 10 octobre il se mit à écrire pour conclure :
''Tant que l’on ne connaît pas la Voie véritable, chacun croit avancer sur le bon chemin et se crôit dans le vrai sans s'appuyer sur les lois du Bouddha ni les lois de la terre. Mais lorsque nous les regardons avec les yeux de la Voie véritable de l'esprit et selon les grandes règles du monde humain, on les voit trahir la Voie véritable à cause de leur propre égoïste et de leur mauvaise vue. Connaissez l'Esprit ! Reposez-vous sur le domaine franchement juste ! Faites de l'Esprit réel la Voie ! Pratiquez largement la tactique ! Ne songez qu'à la justice, à la clarté et à la grandeur ! Faites du vide la Voie ! Et considérez la Voie comme ''vide'' !
Dans le ''Vide'', il y a le bien et non le mal, L'intelligence est ''être. Les principes sont ''être''. Les voies sont ''être''. Mais l'esprit est ''Vide''.
Né à Libourne le 12 février 1857 il devint orphelin à cinq ans et fut élevé par ses grands-parents. Peu attiré par les études il devient matelot à 18 ans dans la Marine marchande mais sans plus de réussite. À 20 ans, revenu à Paris, il passe le concours du conservatoire, sans être accepté. Il retentera sa chance en 1879 après son service militaire, cette fois il sera reçu et entamera une carrière d'artiste dramatique, sans doute plus dramatique qu'artistique !
En 1890, après avoir abandonné le théâtre pour raison de santé il se tourne vers la peinture, le dessin et la photographie. C'est dans ce dernier domaine qu'il trouvera matière à s'exprimer. Puisque les peintres et les architectes ont besoin d'images, il va les leur fournir. Ainsi va-t-il devenir le photographe de Paris, s'intéressant à tout, des métiers qui vont disparaître, des quartiers qui sont démolis, des monuments jusqu'à chercher inlassablement ce qui est digne d'intérêt.
La Bibliothèque nationale ou le musée Carnavalet vont acheter ses images, les commerçants dont il photographie les boutiques feront de même sans que ses finances s'en portent beaucoup mieux.
Il meurt le 4 août 1927, sa tombe est dans la cimetière de Bagneux.
À la différence de la plupart des photographes de son temps il ne se soucie pas du modernisme et utilisera toute sa vie un appareil en bois, une chambre à soufflet exigeant un long temps de pause pour marquer les plaques en gélatino-bromure d'argent. Pas d'effet mais un regard qui ne veut rien rater de ce qu'il contemple et tout reporter sur sa plaque. Il ne fige pas, il capture, les gens, les lieux, une époque de transformation dont il est le meilleur témoin, en cela il peut être considéré comme le père de la photo moderne, la réalité est encore là et ses œuvres sont autant de fenêtres traversant le temps venant d'une époque où l'avenir seul était important et le passé une masse dont il convenait de se débarrasser.
Ainsi que l'a écrit Walter Benjamin : ''Avec raison, on a dit qu'il les [rue de Paris] photographiait comme le lieu d'un crime. Dans le procès de l'histoire, les photographies d'Atget prennent la valeur de pièces à conviction. C'est ce qui leur donne une signification politique cachée.''
À l'heure du numérique retrouver l’œuvre d'Atget prend davantage de sens.
J'ai forgé mon âme en enfer,
Du moins lui donneriez-vous ce nom.
Pour moi il fut père et mère,
Un univers, un compagnon.
J'y fit rimer la souffrance
Et son cortège de douleurs,
Avec... je crois qu'on dit enfance
Cette époque sans temps ni heure.
Dans le feu et les vapeurs sulfuriques,
Ne survit que l'indispensable,
L'illusoire, le féérique,
Est un monument bâti sur le sable.
Survécut le principal,
Indifférent au culturel,
Ce masque qu'arbore l'animal,
Pour se croire moins cruel !
Ne garder que le minéral
Permet de voir qu'il est le chemin,
Qu'il serait pour vous fatal
D'emprunter par vos propres moyens.
Lisez par dessus mon épaule,
Comprenez ce que vous pouvez,
Mais ne dépassez pas le hall
Si vous avez peur de vous rencontrer !
Âme sans cible s'abstenir.
Mon fils m’atterre du crétin qu'il me rappelle, je l'afflige du connard que je lui annonce.
Mes crocs mâchent le vide plutôt que votre chair.
Par la laine de vers mes pensées sont tissées.
Le quotidien perfuse du formol.
Cro-Magnon vit-il la peur dans les yeux du dernier Neandertal, l'acceptation ou le soulagement ?
Les sots dominent.
Ce n'est pas parce que je profite du système qu'il me faut le valider.
Dans science il y a si, scie...
quand mon cœur s'arrêta de battre que j'en compris l'inutilité.
Le cartel de mes délires ne vend pas de drogue, il en est une !
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |