Vers 1645 Miyamoto Musashi, samouraï invaincu par une vie de combats, maître ès armes et maître de nombreux disciples, se retire dans une grotte et rédige ce classique de la littérature universelle: le traité des cinq rouesou traité des cinq anneaux, le caractère rinpouvant dire l'un ou l'autre où il livre son expérience et ses réflexion sur l'art du sabre dépassant le simple traité d'entrainement pour en faire un document philosophiques dont les enseignements, à l'instar de l'Art de la guerrede Sun Tsu, peuvent s'appliquer en dehors du maniement du sabre, pour le guerrier ou le sportif, et s'appliquer à la vie quotidienne, professionnelle ou personnelle. Se battre peut se faire sans arme et même sans violence, apparente !
En fait de cinq roues il s'agit d'un ensemble en cinq parties impliquant la terre, l'eau, le feu, le vent et le vide.
Le Chapitre de la terreest une présentation de la tactique et de l'entraînement, Musashi incite autant à la réflexion qu'à l'exercice, indique l'importance du rythme, trouver le sien pour triompher des autres peu importe leur nombre, savoir attendre, voir, comprendre pour attaquer au moment opportun. C'est presque musical, être cohérent, synchrone ; pleinement présent pour savoir quoi faire et quand le faire.
Le Chapitre de l'eaunous montre les techniques propres de Musashi mais dépasse le cadre purement martial pour emprunter à la spiritualité. L'eau prend la forme de son contenant, elle est un simple filet ou une vague destructrice. Bouddhiste Musashi incite au calme, pourquoi gaspiller son énergie, autant utiliser celle de son (ou ses) adversaire(s).
Observer sans bouger, le proche et le lointain, être le cœur du combat pour en conserver la maîtrise.
Le Chapitre du feuconcerne le comportement à suivre en duel ou sur le champ de bataille. Choisir le meilleur emplacement, n'être gêné ni par un obstacle ni par le soleil, connaître son adversaire, le droitier aura un côté gauche faible, et inversement, utiliser le terrain pour tenir l'emplacement stable et pousser ses adversaires dans la boue, la vase, le sol le moins apte à le supporter.
Devancer l'ennemi, garder l'initiative, être opportuniste, feindre la faiblesse pour piéger l'ennemi. L'idéal étant de viser le général adverse, sa mort marquant la fin de la bataille, sans chef un orchestre ne peut plus jouer.
Le Chapitre du vent souligne les failles des autres techniques, les connaître, les utiliser, d'où la nécessité de ne pas se contenter de maîtriser une technique, trop se fier à une arme amène à s'affaiblir face à une autre.
Le Chapitre du vide est l'idéal du samouraï selon Musashi, mais pas seulement. Percevoir, entendre, accepter de ne pas comprendre ce qui nous dépasse mais avec quoi nous devons composer.
"Dans le vide est la vertu, et non le mal. La sagesse a une existence, le principe a une existence, la Voie a une existence, l'esprit est le néant."
Dès l'âge de trente ans l'auteur se pencha sur sa vie, considérant qu'il était avantagé non seulement par sa maîtrise mais par la possession de qualités qu'il exploitait sans avoir rien fait pour les obtenir. À 4 heures et demie du main, à l'autre du 10 octobre il se mit à écrire pour conclure :
''Tant que l’on ne connaît pas la Voie véritable, chacun croit avancer sur le bon chemin et se crôit dans le vrai sans s'appuyer sur les lois du Bouddha ni les lois de la terre. Mais lorsque nous les regardons avec les yeux de la Voie véritable de l'esprit et selon les grandes règles du monde humain, on les voit trahir la Voie véritable à cause de leur propre égoïste et de leur mauvaise vue. Connaissez l'Esprit ! Reposez-vous sur le domaine franchement juste ! Faites de l'Esprit réel la Voie ! Pratiquez largement la tactique ! Ne songez qu'à la justice, à la clarté et à la grandeur ! Faites du vide la Voie ! Et considérez la Voie comme ''vide'' !
Dans le ''Vide'', il y a le bien et non le mal, L'intelligence est ''être. Les principes sont ''être''. Les voies sont ''être''. Mais l'esprit est ''Vide''.
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