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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 05:57

 

01

Le vide le fait sourire, son escorte de spectres en uniformes noir parés d'argent ressent ce froid inexplicable dont elle a pourtant l'habitude.

Lui sait ce qui se dressera là, devine le maelström de sauvagerie qui s'approche. Murs, clôtures, barbelés, miradors et routes à tracer seront un jeu d'enfant, réalisé. l'imagination vampirisant la réalité. Un projet démentiel, une morsure dans l'histoire, s'accrocher au pire, incarner la haine et la peur en une œuvre inoubliable. Un nom, un lieu, un puits infernal imposé à un monde qui l'attend en secret, un puits d'encre dans lequel une plume plongerait avec délices pour tracer ces mots qui ne sont vrais que dans l'ombre.

Le nid ressemblera à un camp immense, patient, aveugle et cherchant à le rester, macabre et égoïste. La source du pouvoir où il s'abreuvera jusqu'à froisser le temps, une bulle de gaz explosant sans vraiment d'importance.

Aucun élément ne lui est inconnu, rien ne peut ou ne doit lui être dissimulé, le plus infime détail est important, l'épaisseur des murs, les tailles des gonds, le nombre de lattes de parquet, le bois dont elles seront faites, une infinité de chiffres comme un chant implacable.

Est-il le vrai maître ?

Pourquoi lever les yeux vers un ciel gris, bas, inquiétant, une sensation inconnue l'y inciterait-elle ? Coïncidence, envie de défier l'univers, de penser que sa volonté est si forte que rien ne pourrait lui résister, rien.

Sa maison sera là, au cœur du toxique pour s'en abreuver.

 

Prendre sur soi est un art qu'il maîtrise, mal, respirer, feuilleter le passé, contenir l'agitation. L'inéluctable est lent, puissant, la précipitation amènerait désastres et erreurs. Il bouillonne d'énergie, désireux de l'épandre sur le monde. Quel est sa quête ? Un Graal dégouttant d'un sang noir qui noiera le monde, utilisant le vivant pour revenir à la surface d'une réalité temporaire. Bientôt l'aspect de l'univers sera changé, la peur l'emplira, lui qui se croit vide mais n'est qu' attente.

Il a besoin de sortir, de marcher, envie du vent dans ses cheveux, sur sa peau. Où les autres luttent contre un froid acéré lui ne se soucie pas du souffle qui glisse sur lui. L'hiver polonais est un écrin idéal.

Ses subordonnés se demandent quel pouvoir l'habite, le Führer a fait le bon choix, en douter est passible de mort.

L'escalier de bois ne craque pas sous ses pieds, pourtant un chat le fait trembler, ses oreilles perçoivent chaque bruit, reconnaissent chaque voix, des dons qu'il utilise sans savoir ce qu'ils sont. Il n'impose rien, ne crie pas, suggère d'une voix douce, les autres feront silence, leur attention ainsi sollicitée les tiendra plus solidement. c'est leur désir, éteindre leur volonté dans le minéral, excités par ce qui va sortir du sol, une porte dont ils ne savent rien, ils n'y survivraient pas.

 

Il ne peut pas sortir par une nuit pareille, un ours refuserait, mais si, laissant ouverte la porte quelques secondes pour que le froid fasse trembler la maison et ceux qui l’habitent.

En quête de solitude la forêt est idéale, loin de ces esclaves, de ces instruments impersonnels rassemblés en une masse animée par un souffle démoniaque.

Le froid n'étouffe pas toutes les senteurs, la vie est protéiforme à sembler son contraire !

Mourir, lui ? Au contraire, il est le bras de la camarde, sa faux, le chuintement du métal tranchant des vies par milliers, par millions.

Une clairière, œil au cœur d'un cyclone, le ciel est d'une beauté incomparable. Les étoiles lointaines, l'espace immense, quel mystère s'y cache-t-il dont il sent le poids sur son dos ?

Commencerait-il à se poser des questions ?

Il ne faut pas, ce n'est qu'un moment de flou, il faut passer la nuit, les autres dorment, lui ne peut pas fuir dans les bras de Morphée, et pour cause, le temps ne lui est pas hostile, au contraire, ils vont ensemble depuis si longtemps, l'un étant le chemin, l'autre celui qui chemine.

Et inversement ?

Interrogation dénués d'intérêt, fermer les yeux lui fait du bien, l'oubli ne vient pas.

 

  02

Étrange sensation d'une souffrance dépassant le plaisir, de son corps habité par une force cherchant à sortir. L'air se fige en murs infranchissables. Une impression qu'il ne comprend pas s'évacue alors que son esprit est envahi d'images, de couleurs qui dansent, il voudrait que tout soit déjà terminé, que l'attente se termine pour qu'enfin le destin s'accomplisse.

Quel destin ?

Pourquoi connaître son devoir pour agir ? Seules valent ces millions d'ombres qui alimenteront un pouvoir constricteur, manipulateur, qui lui montre un destin incompréhensible. La délivrance est-elle possible après un si long voyage ?

Ses doigts sans griffes ont déchirés des corps, pulvérisés des os, broyés des crânes d'enfants en savourant larmes et cris, suppliques et craquements, faisant rimer souffrance avec jouvence. Entrant dans l'esprit qui s'éteint, victime et coupable, ses sensations dépassent celui qu'un être humain put connaître.

Humain ?

Il découvre un ailleurs, pressent un pourquoi. Quel intérêt de connaître nos motivations, les fils qui nous agitent ? Caresser, mordre avec délectation une chair fraîche épicée par une souffrance incompréhensible n'est-ce plus assez ? Assis dans une trouée d'une forêt quelconque il explore ses souvenirs, anticipe les désirs à venir. La porte s'ouvrira, sombre, sur fond nocturne, un souffle glacé envahira les esprits et un rire immense secouera ceux qui comprendront à quel point la vie fut une illusion dissipée par un supplice salvateur.

Il se dresse, dents serrées. L'ordre vient d'avant sa mémoire sans qu'il le comprenne.

L'onde se dilue. Rouvrant les yeux il plonge son regard dans les étoiles, yeux morts du mystère dont il est prisonnier. Sa laisse se relâche qui lui donne, lui impose, le temps de s'interroger. Une cicatrice mal fermée est un chemin, un torrent de douleurs à remonter...

Les yeux du ciel brillent de plaisir.

Des mots ? Quelle est l'attente au bout du chemin sinon le miroir dans lequel il se découvrira.

Quand se terrent les proies les chasseurs restent chez eux. Qu'importe ce froid, la réalité trahit les capacités de ceux qui veulent la définir. Bientôt ces frontières seront disloquées, l'éternité vaincra. Un virage offre une perspective, brève, un autre attend ; passé il dévoilera un peu du futur, jusqu'au suivant. Il avance ainsi, incapable de regarder au loin, en avant ou en arrière.

À l'auberge la conversation s'est éteinte, le feu va en faire autant, chacun à retrouvé sa chambre, pris dans des pensées, autant de pièces d'un puzzle dont ils ne peuvent entrevoir l'image finale, les ordres sont des chaînes douces à porter quand ils permettent de regarder l'avenir sans le comprendre.

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 05:53

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 05:57

Cela fait... au moins que ce livre trainait dans ma bibliothèque, vous me direz qu'il n'est pas à une décennie près. Quel diable me poussa-t-il vers lui alors que d'autres attendent mon bon vouloir. Méphistophélès sans doute, si quelqu'un connût Faust c'est lui !

Goethe mit plus de temps encore à rédiger ces deux textes, drames poétiques ou poésie dramatiques, sommet qui mes progrès laisseront inaccessibles, et je ne puis vendre mon âme, je ne connais personne qu'elle intéresserait, pas même moi.

Avant d'être un personnage Faust fut, dit-on, un être réel, alchimiste et professeur, symbole de la curiosité ''scientifique'' comme on ne disait pas encore à l'époque, cherchant à distinguer entre les dogmes hypnotiques de son époque une vérité qui lui était inaccessible, sinon dans sa faculté de prétendre la discerner, (un aïeul sans doute) vivant entre Heidelberg et Erfut dans un environnement ou l'humanisme faisait ses premiers pas.

De nombreux textes utilisent Faust comme héraut de ''l'humain'' traversant l'obscurantisme, pour se casser la figure souvent, mais celui qui retint l'attention de Goethe fut sans doute Le Docteur Faustus du dramaturge anglais Christopher Marlowe, quel meilleur prétexte à une œuvre ambitieuse à la mesure de Shakespeare qu'il admire. L'auteur et son personnage se ressemblent par leur jeunesse et leur volonté, le premier ignore que le second le poursuivra toute sa vie.

Faust veut savoir mais son génie est prisonnier des contraintes de son époque, la magie n'étant qu'un moyen de (tenter de) les surpasser, sans être celui d'y parvenir, encore que, parfois, elle puisse en donner l'illusion. Jusqu'au pacte faustien, que peut-on gagner si l'on ne mise rien sinon la fadeur d'un bonheur bovin et pitoyable. Faust mise son âme, aujourd'hui nous dirions son esprit, pour traverser sa peur, dépasser les limites de son présent et accéder à un savoir, un pouvoir peut-être, qu'il ne pourrait maîtriser.

L'histoire montre que pouvoir faire amène à faire quel que soit le prix à payer. Lent saignement des erreurs n'aide qu'à en faire de nouvelles.

Il y a bien d'autres choses dans ces textes, l'amour, le crime involontaire, l'infanticide, la damnation si proche... Quel dommage que de si beaux textes perdent par le conventionnel de leurs fins une grande part de leur intérêt.

Alors ''sie ist gerichtet'' ou ''si ist gerettet'' ?

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 06:53

17072012_Bien-mal.gif

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 05:40

Le rouge sent la colère,

Coule le Rimbaud.

Des lys de votre guerre,

Naîtront de laids échos.

 

La rage était sa mère,

Qui me voulut robot.

Innocence et misère

Sont de froids collabos.

 

La victime est amère

Stagnant entre deux eaux,

Soi-disant prisonnière

D'un destin sans cadeaux.

 

Coincée dans la galère,

Primate dans un zoo.

De quoi l'aigle est-il fier ?

Tuer, est-ce un fardeaux ?

 

Ton esprit est de pierre,

Broyée entre mes mots.

Demain sera comme hier

Pour les fils du troupeau.

 

Tu resteras poussière,

Moi, le maître des mots,

Dieu dans mon univers...

Prouve-moi que c'est faux !

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 08:51

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 06:00

Spéciale animation japonaise 2/2


 

 

 

 

 

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 06:21

Le Livre des rites (禮記, 礼记Lǐjì) est une restauration du Lǐjīng perdu au iiie siècle av. J.-C. qui décrit les rites anciens et les cérémonies de cour de l'époque Zhou rassemblés par Confucius et ses disciples agrémentés d'anecdotes et dialogues les illustrant.

Par l'idéalisation qu'il fait d'une époque disparue il se rapproche d'une Atlantide, lieu où tout est équilibré et paisible, chacun sait que cela ne peut, heureusement, exister. Le paradis est bien pire que l'enfer !

Il décrit l'administration, les cérémonies et étiquettes au point d'en ressembler à un logiciel rassurant d'avoir tout prévu. Peut-être faudrait-il changer l'appellation du système politique chinois en Kǒngmunisme. Ce qui semble rassurant avant d'y être devient terrifiant une fois entré.

Si je n'avais participé à ce chat l'ange jamais je n'aurais découvert ce texte, ce fut une bonne chose, au moins me fut-il matière à réflexions. Que penserait Confucius s'il revenait et découvrait comment il est perçut, peut-être l'écart entre ce qu'il ambitionnait et ce qu'il exprima l'affligerait-il. Cela ne me coûte rien de l'écrire, il y a peu de risques qu'il revienne me taper sur l'épaule, je le regrette, quand bien même m'eut-il démontré l'inanité de mes remarques.

 

Le principe confucéen de la paix naissant dans l'individu, se continuant dans la famille pour aboutir dans la nation est-il un mythe exprimant l'envie de maîtriser là, et sa, nature ? Les rites, quels qu'ils fussent sont-ils mieux que des barreaux faussement rassurant mais incapables de tenir la Nature à l'extérieur, puisqu'elle est aussi, et déjà, à l'intérieur ? Le triptyque de Maître Kǒng est composé des hommes parfaits, des hommes supérieurs puis des hommes communs, castes gigognes censées parfaitement s'imbriquer, avec pour but ultime, et individuel, la noblesse spirituelle, le li (), (d'où li ji vous l'aviez noté) l'harmonie parfaite permettant de se maintenir en équilibre entre les autres et les êtres spirituels...Ce pourquoi il ne faut pas confondre ce li, où l'on dors sans pouvoir bouger, du Lee qui lui vous guide où le bons sens vous murmure de ne pas aller.

Lee Rony vs Kǒng fu tzi ?

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 06:02

 

Triste aveu, je ne connaissais pas Tatsumi Yoshihiro, pas même pour avoir vu son nom sur une de ses œuvres. Ce film me permit de combler ces lacunes puisqu'il est l'adaptation de son manga autobiographique Une vie dans les marges combinée à l'adaptation de cinq de ses créations.

Un film singapourien sur la vie d'un mangaka, c'est déjà une curiosité, il fut diffusé en avant-première au Festival de Cannes 2011 dans la catégorie Un Certain Regard.

 

Né en 1935 à Ōsaka, Tatsumi Yoshihiro se mit au dessin très jeune et eut la chance, en 1949, de rencontrer Osamu Tezuka qui habitait la même ville avant de la quitter pour Tokyo. Sa première publication sera L'île aux enfants (rien à voir avec Casimir) en 195. Mal à l'aise de devoir travailler pour les enfants, il invente le terme 'gekiga' puis fonde en 1959 l'atelir du gekiga avec quelques confrères. Son mentor désapprouvera cette démarche, ce qui n'empêchera pas les deux artistes de se retrouver, ni Tatsumi d'obtenir le prix Osamu Tezuka en 2009 pour la publication d'Une vie dans les marges, (le titre original : Un rescapté du gekiga aurait été incompréhensible par les Français, sauf exception). En 2005 il avait reçu le prix spécial du Festival d'Angoulême.

 

 

Réalisé par Eric Khoo ce film, d'animation dois-je préciser, utilise également : L'Enfer, Monkey mon amour, Juste un homme occupé et Goodbye. L'association tente d'illustrer la vie de Tatsumi, son vécu, la pauvreté, la guerre, la bombe atomique, la défaite et l'obligation de trouver sa voie jusqu'au boum, économique, des années soixante et soixante-dix. Une existence inscrite dans son siècle, l'expression est souvent utilisée, en l'occurence elle convient par le changement brutal que connut le Japon et l'aptitude qu'eut Tatsumi de la jeter sur le papier. Le début du film commence par la découverte par un soldat, à Hiroshima, d'ombres sur un mur semblant celles d'un adolescent massant sa mère, semblant seulement... Parfois le dessin semble être le fruit d'une explosion intérieure devant se projeter sur le papier, il ne m'étonnerait pas que cela put se dire pour les mots...

Le film est sorti à la fin de l'hiver sans bénéficier d'une large diffusion, je doute que vous ayez les moyens de le voir, attendez, et guettez, sa sortie en DVD ou Blu-ray.

 

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 06:00

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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