Cela fait... au moins que ce livre trainait dans ma bibliothèque, vous me direz qu'il n'est pas à une décennie près. Quel diable me poussa-t-il vers lui alors que d'autres attendent mon bon vouloir. Méphistophélès sans doute, si quelqu'un connût Faust c'est lui !
Goethe mit plus de temps encore à rédiger ces deux textes, drames poétiques ou poésie dramatiques, sommet qui mes progrès laisseront inaccessibles, et je ne puis vendre mon âme, je ne connais personne qu'elle intéresserait, pas même moi.
Avant d'être un personnage Faust fut, dit-on, un être réel, alchimiste et professeur, symbole de la curiosité ''scientifique'' comme on ne disait pas encore à l'époque, cherchant à distinguer entre les dogmes hypnotiques de son époque une vérité qui lui était inaccessible, sinon dans sa faculté de prétendre la discerner, (un aïeul sans doute) vivant entre Heidelberg et Erfut dans un environnement ou l'humanisme faisait ses premiers pas.
De nombreux textes utilisent Faust comme héraut de ''l'humain'' traversant l'obscurantisme, pour se casser la figure souvent, mais celui qui retint l'attention de Goethe fut sans doute Le Docteur Faustus du dramaturge anglais Christopher Marlowe, quel meilleur prétexte à une œuvre ambitieuse à la mesure de Shakespeare qu'il admire. L'auteur et son personnage se ressemblent par leur jeunesse et leur volonté, le premier ignore que le second le poursuivra toute sa vie.
Faust veut savoir mais son génie est prisonnier des contraintes de son époque, la magie n'étant qu'un moyen de (tenter de) les surpasser, sans être celui d'y parvenir, encore que, parfois, elle puisse en donner l'illusion. Jusqu'au pacte faustien, que peut-on gagner si l'on ne mise rien sinon la fadeur d'un bonheur bovin et pitoyable. Faust mise son âme, aujourd'hui nous dirions son esprit, pour traverser sa peur, dépasser les limites de son présent et accéder à un savoir, un pouvoir peut-être, qu'il ne pourrait maîtriser.
L'histoire montre que pouvoir faire amène à faire quel que soit le prix à payer. Lent saignement des erreurs n'aide qu'à en faire de nouvelles.
Il y a bien d'autres choses dans ces textes, l'amour, le crime involontaire, l'infanticide, la damnation si proche... Quel dommage que de si beaux textes perdent par le conventionnel de leurs fins une grande part de leur intérêt.
Alors ''sie ist gerichtet'' ou ''si ist gerettet'' ?
/http%3A%2F%2Fimg28.imageshack.us%2Fimg28%2F622%2Ffaust.jpg)

