Cette musique qui s'éloigne, ce rythme qui ralentit, un...
Souvenir d'un battement, celui de mon cœur il me semble. Il résonne dans ma tête comme un écho qui s'efface et que je ne regrette pas. Le devrais-je ? Une petite voix me dit que oui mais ce n'est
pas le cas. Je sais ce que je laisse derrière moi de tristesse, de sincère affliction comme de larmes de crocodiles cachant des sourires, odontologiquement parfaits, à la pensée de l'argent fait
sur mon dos. J'ai suivi aussi longtemps que je pus un chemin que je n'avais pas...
Choisir est-il seulement possible ? L'on me poussa sur cette voie devant les projecteurs et les objectifs afin que je m'y agite mais si j'ai vieilli je n'ai pas grandi et n'eus pour reflet que ce que les autres voulaient que je sois, dès lors je ne fis que me chercher, une quête impossible, c'est le vide qui me servait de scène. Enfant, adulte, écartelé entre l'envie et la peur, l'instinct et la réflexion. Je voulais être moi et rester celui que je devais être... Il n'y a pas si loin de King à Thing !
La cime de la gloire est si haute que le vertige ressenti ne peut être compris que par qui l'atteignit également, la peur d'en descendre et cette étrange pulsion de céder à l'appel des abysses. Qui peut mieux admirer le gouffre que celui qui a atteint le sommet de la montagne et y découvrit qu'il n'y a plus d'ambition possible et que la compagne souriante attendant qui y parvient est l'angoisse de devoir en redescendre.
Il n'est plus temps d'en vouloir à qui que ce soit. Savaient-ils ce qu'ils faisaient ? Aujourd'hui oui, ceux qui sont prêt à vendre mes os un par un afin de transmuter la charogne, leur digestion sera difficile.
Un jour chacun se trouvera cette place et devra faire le bilan de son existence, la mienne
fut aussi loin que possible de la normalité et sans doute ne fis-je pas que de bonnes choses, poussé que je fus par une force de vie qui me tint plus longtemps que j'aurais pu le penser si
j'avais été capable de comprendre mon existence, il n'est plus question de cela désormais et si je peux avoir la vision de mon passé c'est qu'il est trop tard, j'aurais voulu garder ma vie
d'enfant en devenant adulte, mais le temps est implacable et quelque place que l'on occupe dans la société humaine pour lui nous ne sommes que des pantins, plus ou moins distrayants
!

Et maintenant, ces derniers mots enfuis vers quoi vais-je aller ? Nulle part peut-être, la crainte incite à croire mais ici tout est différent, je vais avancer, d'un seul pas peut-être. Qui sait ce qui m'attend désormais, quelle balance estimera mes actes et de quel côté elle penchera, je le découvrirai alors qu'il me sera impossible de l'exprimer, et ce sera mieux ainsi.
Je voulais dormir pour rêver, peut-être pour oublier que je faisais semblant de vivre depuis longtemps. À moins que ce que je crus réel n'ait été qu'hallucination et que vais-je m'éveiller à la vie ? Si j'avais un regret ce serait de ne pouvoir faire une chanson de cet instant. Mais je sais qui en percevrait les droits alors...

Ni rumeur, ni bruit, ce silence me fait du bien maintenant que je sais ce qu'il est ; si j'abandonne une vie
dans la lumière c'est vers une autre clarté que je me dirige, j'y retrouverais mes parents et ce frère dont je ressentis tant l'absence que j'en cherchai un simulacre dans des centaines de
regards. Je lui parlai tant ces dernières années, les vivants qui m'entouraient, qui m'assiégeaient devrais-je dire, étaient bien moins proches. Non que je leur en fasse reproche, ils n'eurent
sur moi que le pouvoir que je leur laissai. De même que ces compagnes multicolores que j'absorbai quotidiennement connaissant leurs effets, après tout vivre est-il si important quand on ne
parvient plus à savoir qui l'on est ?




Ainsi c'était bien le destin qui frappait à ma porte dans ces notes qui
résonnèrent si fort en moi que le monde entier s'en fit l'écho. Enfin je connais la paix mais sans doute ma vie fut-elle le prix de ce génie qui m'habitait sinon comment expliquer que ma tête fut
emplie de tant de notes alors que mes oreilles se refusaient à les accepter. Ce destin fut ironique mais de là où je suis maintenant je suis heureux qu'il ait été ainsi, d'avoir su puiser en lui
une force dont la normalité m'eut privé en m'indiquant le chemin de la facilité. Je la laisse volontiers à tant qui s'en satisfont. Je sais de quelle ombre je viens et quelle lumière m'attend, ce
sont là mes derniers mots à un monde qui, je le sais, me donnera la place qui me fut assignée. Je ne sais quelle est la vraie nature de l'éternité qui m'attend, mais qu'importe, nulle bagatelle,
nulle variation, une continuité sans fin d'harmonies, voilà, j'en suis convaincu ce vers quoi je vais.
durablement mais je
puis dire que nous, êtres limités à l’esprit infini, sommes uniquement nés pour la joie et pour la souffrance. Et on pourrait presque dire que les plus éminents s'emparent de la joie par la
souffrance ! 
Comme cette maison est étrange, l'odeur qui y règne m'évoque tant de choses, de
souvenirs pourtant différents de ce cadre sombre et putride. Je sais ce qu'elle est, qui y vit et quelle sera sa fin, celle de chaque chose, lente et inexorable à l'image de la famille qui y
vécut et qui disparaîtra avec elle.

eux qui furent pourtant les amis de ma jeunesse et m'aidèrent à la supporter plus qu'à la surmonter. Mon âme était emportée, charriée, brinqueballée et à chaque embardé de mon
imaginaire je ressentais une douleur telle que je devais l'exprimer, l'expulser, que ne me suis-je exorcisé plus tôt j'aurais pris une voie différente et peut-être... Mais de ce qui n'advint pas
et seulement l'aurait pu il est vain de parler puisque cela revient à évoquer le néant.
C'est donc cela mourir, seulement, s'il me reste la capacité de penser c'est que
je ne suis pas mort encore mais en phase d'agonie, celle qui me permet de garder des souvenirs de ce que je vécus mais aussi d'ouvrir les yeux sur ce qui va advenir de moi. Un pied en arrière,
l'autre en suspens pour une rencontre entre fin et commencement.


- Si tu te fais ver de terre, ne te surprend pas si on t'écrase du pied.

autopsies pour découvrir le fonctionnement du corps humain !
J'étais un pionnier et si je fis des erreurs au moins aurais-je permis que d'autres perdent du temps à les refaire.
Oui, je vois leurs silhouettes, et derrière elles... Combien d'autres qui viennent
vers moi, oui, je comprends maintenant, mais je ne céderai pas, je les écouterai tous et toutes, enfants comme adultes, je sais qu'il me faudra écrire leurs vies, leurs souffrances dont je fus la
cause, je tiendrai jusqu'au dernier, j'en suis sûr, j'en suis...



