Posez votre tête sur le billot,
Fermez les yeux et laissez les pensées
Venir en vous, des images et des mots
Qui vous apprendront comment accepter.
Aviez vous entrevu ce qu'est le temps,
Perçu sa vérité la plus secrète ?
Vous étiez-vous interrogé, avant,
Sur ce qu'il exige et ce qu'il décrète ?
Le meilleur moyen reste celui-la,
S'approcher au maximum de la mort,
Rester à un soupir de l'au-delà,
Glisser un œil sur ce qui est dehors.
C'est comme si le temps n'existait plus,
L'éternité dans l'ambre de l'instant ;
Découvrir ce qu'on aurait jamais cru,
imprimant l'émotion pour oublier le sang.
Un coup, un choc, un monde de silence,
L'ailleurs ouvert, votre curiosité
Parcourra désormais ce monde immense,
Associant néant et éternité.
Belfast 1973
C'est à collette que son père demande d'aller lui acheter ses cigarettes, seulement voilà, elle n'en a pas envie, elle est occupée à trier des perles pour faire un collier, aussi convint-elle son frère Sean de le faire à sa place.
En Irlande du Nord le climat de guerre civile dû à l'occupation anglaise est lourd, le danger toujours présent, ce n'est donc pas une surprise quand le corps du frère est ramené.
Londres 1993
Dans le métro Collette veille sur son sac, observe les gens autour d'elle, quelqu'un la suivrait-elle ? Elle doit penser que oui puisqu'elle abandonne son sac dans un escalier et se faufile dans les souterrains jusqu'à trouver une sortie discrète.
Mais pas tant que ça puisque deux homme l'interceptent et la font monter dans une voiture avant de la conduire dans un appartement où elle rencontre un autre homme qui va lui mettre en main un marché. Il y avait une bombe dans son sac, pour cela elle encoure 25 ans de prison, ça risque de faire long, pour elle et pour son fils, ce dernier n'a plus qu'elle depuis la mort de son mari, ne souhaiterait-elle pas rester avec lui ?
En échange il lui suffit d'espionner sa famille qui passe pour un nid d'activistes de l'IRA !
Simple, non ?
Le refus est sa première réaction mais à la réflexion la perspective de passer un quart de siècle dans une geôle anglaise n'a rien d'attrayant aussi accepte-t-elle la proposition faites par Mac.
Une situation inconfortable, dangereuse, n'est-il pas étrange qu'arrêtée elle ait finalement été libérée, qu'étant arrêtée une seconde fois par la police royaliste venue chez elle elle soit relâchée de nouveau ? Elle doit faire ses preuves et participer à un attentat, mais elle en avait entendu parler et dans les locaux de la police en avait parlé à Mac pour éviter la prison. L'attentat échoue, son partenaire est abattu mais elle parvient à s'échapper.
Mais c'est un jeu de dupe, Mac sent l'entourloupe, Collette paraît avoir été recrutée pour se faire prendre et ainsi protéger un autre espion dont le nom de code est Shadow Dancer, en place depuis longtemps.
Où est la vérité, qui est Shadow, que va-t-il arriver ? Je ne vais pas vous donner la solution d'un film aussi pesant que l'époque, brutal et dangereux, où l'ami peut être un traître et le vrai traître paraître amical. Il tient sur les larges épaules de Clive Owen mais surtout sur celles, plus agréables, de Andrea Riseborough vivante incarnation d'une Némésis implacable.
Un scénario habile, une mise en scène sobre, une reconstitution impeccable, une réalisation captivante centrée sur un duo d'acteurs, peut-être au détriment des autres rôles mais alors il se fut perdu en inutiles digressions. Collette est dans la lumière et c'est bien ainsi.
Vous aurez compris que j'ai beaucoup aimé ce film et sa vedette féminine.
Le cirque Tetrallina est en tournée à travers les USA en cette époque post-krach de 1929. C'est un petit cirque composé en majorité de phénomènes, individus ''difformes'' qui trouvent là une vraie famille. En majorité mais pas en totalité puisque la trapéziste Cléopâtre et Hercule sont normaux, du moins en apparences. Ils forment un couple jusqu'à ce que Hans, lilliputien et illusionniste, tombent amoureux de Cléopâtre. Celle-ci et son amant comprennent l'avantage pécuniaire qu'ils peuvent tirer de cet attachement surtout après que Frieda, ancienne compagne de Hans, révèle que ce dernier vient de faire un bel héritage. Une petite formalité à remplir : le mariage, après quoi le petit homme pourrait tomber malade et laisser à son épouse éplorée la totalité d'un argent dont il n'aurait su que faire n'est-ce pas.
Un repas est organisé, la trapéziste en profitera pour faire boire à son époux un champagne additionné de promaïne. Quand à son tour elle devra partager une coupe avec tous les autres membres de la troupe elle ne pourra plus taire le dégoût que lui inspire Hans et ses camarades. Quand le diagnostic s'imposera, Hans ayant survécu, l'heure de la vengeance sonnera au beffroi d'un implacable destin !
Le film commence après cette soirée, ainsi nous découvrons le défilé des ''monstres'' dont Cléopâtre fait partie, le bonimenteur raconte l'histoire que je viens de, rapidement, vous résumer. Elle ne ressemble plus à la belle femme que je vous ai présenter
Qu'est-ce qu'un ''monstre'' ? Littéralement c'est la créature que l'on exhibe, pas celle qui se montre elle-même, beaucoup devant pourtant le faire, à l'invitation d'autrui, afin de simplement subvenir à leurs besoins en compagnie de gens qui ne les repousseront pas. La question se pose aussi de ce qu'est la ''monstruosité'', Cléopâtre est belle mais c'est une apparence, chacun sait que la vraie beauté est intérieure. Encore que, sans l'autre, suffit-elle ? Mais là n'est pas la question dans ce film qui nous montre des individus dont l'apparence ne trahit pas la qualité d'âme.
Regardez-moi !
Pour la petite histoire il convient de rapporter que durant le tournage les acteurs, authentiques artistes de cirques alors quand les autres ne sont que des haut en toc artristes de circonstances, de Freaks furent rejetés de la cantine des studios suite à une pétition des techniciens. Fiction et réalité se rejoignent donc. Vous pensez probablement qu'une chose pareille n'arriverait plus aujourd'hui, je suis sûr du contraire, bien des gens m'inciteraient à quitter la table s'ils s'y présentaient.
Suite à une série de projections tests Browning modifia le montagne du film, y insérant le bonimenteur, et changea la fin pour gommer un peu de la brutalité de sa réalisation en offrant un Happy End sympathique mais convenu. Bien d'autres films auront ce travers, de nos jours encore...
Suivant Dracula d'un an ce film eut nettement moins de succès et ne couvrit pas son budget, il connut ensuite bien des difficultés avant de passer de film maudit à film culte, un titre qu'il mérite pourtant pour la vérité de ses personnages et la maîtrise de sa mise en scène.
Vous savez bien que nous avons tous du monstre au fond de nous.
La nuit abrite les événements les plus curieux. Autour de nous se passent des choses que nos références rendent difficiles à accepter.
Un homme marche, seul, il vit dans un village résistant mal à l'évolution, au désir des jeunes d'une vie facile qu'ils croient accessible à la ville.
Rien n'est fait pour les retenir, la population se regroupe dans des centres urbains vastes où la vie se complexifie alors que la plus grande partie du sol national n'est plus arpenté que par les pattes tranquilles d'animaux sereins depuis que l'homme est parti.
Il y aurait… Il y aura, beaucoup à dire sur les villes, ce qui s'y passe, là, tout près, de vous, de moi. Un incident aurait dû attirer votre attention, vous regardiez ailleurs, n'avez pas osé comprendre. Ne pas voir, ne pas savoir, éluder les questions pour éviter les réponses.
Et pourtant…
Il marche. Vivre en dehors du village à l'avantage de la tranquillité, si difficile à trouver en ville, mais le défaut de l'éloignement. Dur dur d'y retourner après un dernier verre dans l'ultime bistrot encore ouvert. Jadis, les cafés étaient partout, on s'y parlait, s'y retrouvait, maintenant où est la vie sociale, la vraie, faite d'échanges et de rencontres, où sinon dans ces lieux puants et sales ?
Il ne s'interroge pas, ça fatigue la tête, la sienne n'est pas si dure que cela, ne le croyez pas, seulement il a ses habitudes, et puis la vie est tranquille quand on sait voir ce qui est important, quand on ne la gaspille pas en désirs conduisent à une insatisfaction continuelle.
Quand on va la perdre.
Il sait qu'en passant par ce raccourci, il sera plus vite chez lui, c'est fait pour, non ? Sauf s'il assiste à... Il passe par le cimetière mais quelle importance, il n'est pas superstitieux, enfin il l'affirme, trop pour que ce soit vrai. Cette nuit pourtant il est pressé, qu'importe la mauvaise réputation du lieu. Rumeurs ! Qu'on y ait retrouvé des cadavres c'est logique ! Du moins s'ils sont sous la terre, pas au-dessus, pas le cadavre d'un vivant, si j'ose dire, de quelqu'un vu peu avant qu'il n'ait l'idée saugrenue de s'aventurer, de nuit, dans le cimetière.
Il sourit, l'alcool va lui permettre de trouver le courage de gagner du temps.
Quoiqu'il ne sache pas à quel point !
La vieille grille grince, avertissant les morts qu'ils ont une visite et ont intérêt à ne plus se manifester. Est-ce un curieux, un emmerdeur, de ces gens qui croient malin de visiter un cimetière la nuit, et pourquoi, pourquoi ?
L'amusant serait que les morts se lèvent, arborent leurs corps ravagés et corrompus à des importuns dont ensuite nul n'entendrait plus parler.
Mais non, on peut être mort et discret ; question de savoir--vivre !
Il serait temps.
Il referme derrière lui, sourit, s'imagine dans une prison, à cause des barreaux alors qu'une comparaison avec une cage serait plus appropriée.
Et qu'il vient d'y entrer.
Tranquillement il avance, pas de bruit, il ne se gênerait pas d'en faire pour importuner les vivants, les morts ça se respecte, on ne sait jamais.
Lui va savoir.
Il regarde les noms, certains lui sont connus, d'autres ne lui disent rien, une tombe l'attire, elle semble incroyablement ancienne et pourtant elle est en bon état, une pierre sombre, l n'a pas besoin de la toucher pour savoir qu'elle est glacée. Il s'arrête, regarde le nom, gravé, en creux, la lune, bonne fille, ou complice, sort des nuages pour le lui montrer, c'est curieux mais elle est placée où il faut afin que sa lumière creuse plus encore l'inscription dans la pierre.
Hasard ! hasard ?
Est-ce le vin qui lui montant à la tête lui donne des hallucinations, il lui semble distinguer quelque chose dans ces creux, comme un liquide rouge, un souvenir ou un appel.
Il sourit, l'alcool brouille sa vue, la gnôle faite maison est un peu forte.
Les lettres gagnent en précision il sursaute, il connaît ce nom, c'est le sien !
Une blague, bien sûr, on se moque de lui, mais non, il n'y a personne, il l'aurait vu, su, entendu, personne dans le village ne pourrait rester discret aussi longtemps. Son nom, deux dates, sa naissance et... demain ! non, il est minuit passé, on est demain, alors…
La folie est parfois magnanime,
Une amie murmurant la promesse
Qu'ailleurs existe un endroit sans crime,
Où le temps est une simple ivresse.
La quiétude et la sérénité,
Me sont, je le sais bien, interdites
Je l'ai cru, voulu, halluciné,
Oùbliant que mon âme est maudite.
Pourquoi ? Je peux relever la tête,
Apercevoir les fils qui me tiennent
Autant qu'ils me manipulent en fait,
Sans qu'aucune ambition ne fut mienne.
Les mots ne m'apprendront jamais rien,
Dans quelque sens que je les aligne,
Je cherche en eux l'indicible lien,
Le moyen de décrypter les signes.
Être un pantin est le lot commun,
Mais le flou ne me gênera plus,
Pourquoi être tous si être un
M'apprend à fuir celui que je fus ?
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |