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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 07:00

Traduction de Marie Laureillard.

Après Tuer son mari, Li Ang remonte le temps, après avoir visité le Taïwan de l'après guerre voilà qu'elle nous donne de cette île une vision plus moderne, plus clinquante et ''civilisée'', mais pas meilleure pour autant. Le scandale fait vendre n'est-ce pas, pourquoi s'en priver. Nous quittons la campagne rétrograde pour pénétrer la jungle urbaine et moderne où rodent des prédateurs qui pour être en costume trois-pièces n'en sont pas moins cruels et plus avides de pognons que de sang. La différence n'est pas si grande qu'elle le paraît.

Huang Chengde dirige une entreprise d'électronique mais joue en bourse pour améliorer ses revenus. S'il réussit ce n'est pas qu'il soit meilleur que les autres mais parce que Yu Yuan son meilleur ami dispose des bons renseignements qu'il lui communique. Il fréquente aussi Chen Tian Rui, étudiant en philosophie, confucéen d'apparence, qui tente de lui ouvrir les yeux sur son comportement immoral et le comportement de son ami, le Yu Yuan sus-nommé qui est l'amant de sa femme, laquelle dut déjà subir un avortement pour effacer les conséquences de son inconduite. Le dit Yu Yuan fut lui aussi éduqué sous l'fégide de Confucius par son père, encadré

la romancière ajoute une histoire d'adultère assez croustillante, en mêlant magouilles financières et intrigues amoureuses au fil d'un scénario où elle évoque toutes les dérives dont son île natale est le théâtre: les affaires de fric et de sexe, la dégradation de la presse, les délits d'initiés, le triomphe de l'esbroufe, l'imposture des pseudo-moralistes, l'agonie d'une tradition religieuse désormais réduite à de grotesques superstitions. Yu Yuan n'en est pas moins marié et pétri de culture confucéenne ce qui ne l'empêche pas d'avoir une autre maîtresse, Ding Xinxin, jeune femme à la sensualité irrésistible qui se servira de son corps pour atteindre la position, sociale, qu'elle vise.

Nuit obscure dessine avec un style clair, dénué de fioritures et d'effets une société calque d'une nature incontournable où s'affrontent, sinon se complètent, prédateurs et gibiers, où le port d'un masque est obligatoire mais sans éteindre les ambitions personnelles. Et pourquoi le seraient-elles ? Du conflit intérieur entre ce que je veux et ce que je dois naissent des réactions qui doivent trouver moyen de s'exprimer.

Taïwan est ainsi, tiraillée entre son histoire, sa culture, d'autant plus pregnantes qu'elles semblent menacées et un présent technologique et compétiteur ; entre le groupe rassurant et l'individualisme motivant ; le tout dans un brouillard où rodent fantômes et superstitions du passé.

L'argent et la réussite valent-ils d'y laisser son honneur ? Celui qui se présente comme ceci n'est-il pas l'inverse en réalité ? Tous avancent masqués, autant pour les autres que pour soi. Prenez le temps de regarder les apparences s'effacer pour découvrir la crudité de personnages se fuyant comme pour mieux se trouver.

Ensuite allez vous observer dans un miroir.

Hmmm ou beurk ?

L'un va rarement sans l'autre...

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 07:00

2001, réalisé par Gwak Jae-yong, avec Jun Ji-hyeon. (2h 17)

Gyeon-woo a cru être une fille jusqu'à 7 ans ! Ce qui n'a aucun rapport avec le fait qu'il rencontre une jeune fille saoule sur le quai du métro. Celle-ci a tellement bue qu'elle vomie sur la perruque d'un vieil homme avant de s'évanouir en murmurant ''mon chéri'' à l'adresse du jeune homme.

Que peut faire Gyeon-woo sinon l'emmener dans un hôtel pour l'empêcher de connaître un sort funeste ? Par manque de chance la police se méprend et le conduit dans la cellule du commissariat dont il sera libéré quelques heures plus tard.

Rentré chez lui il croit en être débarrassé, jusqu'à ce qu'un coup de fil le ramène à la réalité puis à revoir cette jeune fille d'autant plus jolie qu'elle n'est plus bourrée.

Jolie mais super chi... Mais comment ne pas pardonner Ji-hyeon ? Le hasard étant malicieux, comme le scénariste, ils se retrouvent dans la même classe, dont elle le fera sortir avec l'accord du professeur en prétextant devoir se faire avorter et qu'il est le (futur non) père. Il est vrai que des manèges, violents, sont plus amusants.

Non ?

Autant dire qu'elle sait ce qu'elle veut, et veut toujours quelque chose, même si elle ne sait pas tout de suite quoi !

My Sassy Girl est l'exemple de la comédie romantique à la coréenne où le héros doit faire preuve d'endurance physique et psychologique pour tenir jusqu'au générique de fin.

Le véritable argument du film est la motivation de la jeune fille (encore que, 24 ans ça ne soit pas si jeune... ) et dont je ne vous direz rien, c'est ce que nous apprenons dans la deuxième partie du film. Ce n'est pas difficile d'être patient pour connaître le fin mot de l'histoire, la mise en scène est efficace et revisite divers types de films, la jeune fille s'essayant au scénario nous voyons la réalisation de plusieurs de ses idées, d'une terminatrice à une reine du sabre, Jeon est toujours parfaite.

Comment ? Je suis de parti pris ? Je subirais bien dix fois plus pour elle, malheureusement je crains de ne pas faire partie d'un de ses scripts.

Lorsque je suis avec elle je ne sais jamais ce qui va se passer dit le héros, quelqu'un comme ça ne se laisse pas passer, vous le sauriez si vous en aviez rencontré un(e).

Et en plus elle ne porte pas de culotte les jours d'examen !

Pour ce qui est de la version américaine je ne l'ai pas vue, et ce n'est pas près d'arriver.

 

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 07:13

25122012_Noellande.jpg

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 07:10

Mon beau sapin,

Des décédés,

Ton bois est de ceux qui dure !

En toi mes père,

Cousins et ainés

Sont enfermés

Pour l'éternité.

Mon beau sapin

Des décédés,

Une boîte à ordures.

 

J'use ma pelle

Et mes genoux

Au fond de l'enfer !

Joli sapin,

Comme chez les fous

Et les démons

Au fond du trou.

 

Moi qui sans elle

Mourrai debout

Prisonnier des frontières.

Mon beau sapin,

Ce que tu promets

n'est pas un outrage,

C'est un abri

Où me reposer,

Sans assistance

Ni regret,

Mon beau sapin,

Ce que tu promets

Est le plus beau des rivages.

 

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 07:24

Spéciale Studio Ghibli (株式会社スタジオジブリ)

23122012_Ghibli.jpg

 

Le Voyage de Chihiro (千と千尋の神隠し) - 2001

 

Souvenirs goutte à goutte (おもひでぽろぽろ) - 1991

 

Princesse Mononoke (もののけ姫) - 1997

 

Les Contes de Terremer (ゲド戦記) - 2006

 

La Colline aux coquelicots (コクリコ坂から) - 2011

 

 


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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 07:01

L'âge a ses inconvénients. Je voulais les éviter. Les années passant, j'ai feint de ne pas voir ce qui se passait, ces changements qui me transformaient en vieillard.

Brusquement placé face à la réalité du déclin j'aurais agit afin que ma vie ne s'achevât pas ainsi. Mais la sénescence ne s'annonce pas, elle n'apparaît brusquement que chez les autres. Pour soi on a toutes les complaisances.

N'est-ce pas ?

Qu'importe, j'ai adapté ma vie, trouvé un appartement en rez-de-chaussée, me suis entretenu et gardé mon autonomie. À l'inverse d'un vin, l'humain ne se bonifie pas… sauf exception, rares ! J'ai su me conserver en forme, surtout intellectuellement. Le cerveau est fait pour travailler, comme le cœur, ni l'un ni l'autre ne peuvent ou ne doivent s'arrêter.

L'avenir, la vie après la mort, je verrai, bien, ou mal, ou rien !

Dans le quartier les vieux sont mal vus, tous disent qu'il faut les conserver dans leur milieu naturel, des animaux dans un zoo. La différence n'est pas si grande ! Nous ne sommes que des animaux à peine conscient des regards se posant sur nous, accompagné d'un geste, d'une caresse ou d'une pierre. Interprétant les événements en fonction de notre savoir, de nos références, du passé ; nous bafouillons. Moi le passé je le connais, j'en viens.

Ils m'observent, derrière mon dos je devine les murmures, leurs lèvres s'écartent et coule le fil de leur médisance. Rien ne m'atteint, je suis plus loin d'eux qu'en me trouvant sur une autre planète. Les jeunes se cherchent dans leurs ordinateurs.

Qu'y trouveront-ils !

Moi j'ai encore à vivre, je le fais depuis un siècle, c'est beaucoup, trop, mais je ne coûte pas cher en retraite et ne m'autorise pas à être malade, je ne suis pas seul au point d'en avoir besoin pour avoir une compagnie. Je ne veux pas puer le médicament à dix mètres, momifié vivant, simulant être encore.

Je n'ai pas eu d'enfant, je n'ai rien eu, sinon devant moi, grande ouverte, la porte sur le rêve. Mais l'idéal est près de moi depuis longtemps, c'est un secret, mon secret. Je lis ses pensées, sais ce que disent ses yeux, de verres, les vrais je n'ai pas su les conserver, leur rendre la vie, la vie… Mais elle, si belle, est restée là.

Je me souviens de ma jeunesse, de cet autre temps où le temps existait encore, de ce métier qui fut tout pour moi.


Naturaliste !

 

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 06:52

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 07:48

Tuer son Mari – Li Ang (Shih Shu-tuan) – Denoel

Publier en 1980 au Seuil sous le titre La femme du boucher.

Traduit par Alain Peyraube et Hua-FAng Vizcarra

Ce challenge est le parfait prétexte pour découvrir des artistes hors de Chine, du Japon et de Corée du Sud.

Une histoire pareille était faite pour moi.

Nous sommes à Lucheng, une ville de Taïwan que la pauvreté et la famine ravagent après la guerre. Lin Shi, après le meurtre de sa mère par sa propre famille pour s'être prostituée afin d'obtenir de la nourriture, est recueillie par son oncle qui la vendra à Chen-le-tueur-de-porcs, le boucher du coin dont l'alcoolisme ne fait qu'amplifier la brutalité. Viande contre viande !

C'est peu de dire que sa condition n'est pas enviable dans ce village où une femme vaut à peine plus qu'un animal domestique, le plus étant son usage voire son utilité. Les voisins la détestent, elle qui vient d'ailleurs, et son environnement est empli d'esprits qui dans cette campagne reculée et ignare influencent la vie de tout un chacun. Les traditions sont un carcan emprisonnant l'esprit posé par ceux qui savent que même vivants ils ne sont que poussière.

Dans l’impossibilité de communiquer elle se renferme sur elle-même jusqu'à ce que l'excès de coups vienne briser sa protection. Son mari égorge les cochons, il va connaître le même sort !

C'est presque un reportage que nous propose Li Ang, relatant calmement mais sans froideur un fait divers révélateur d'une époque sans doute dépassée, à Taïwan. Pas d'effets littéraires et faciles ni de faux suspens, nous savons ce qui vient, le titre est clair.

Pas d'ambition psychologiques à la petite semaine qui diluerait cette histoire dans un fatras verbeux dont beaucoup se délecteraient mais un enchaînement de circonstances dans un cadre rural non dénué de charme qui renforce la violence d'une réalité fatale.

L'homo-sapiens est bien une forme dégénérée de primates, à quelques exceptions près dont Li Ang fait partie, moi j'en suis pas si sûr.

Un livre court, aiguisé comme un scalpel incisant le destin pour nous en montrer les rouages. C'est lui le pire des bourreaux.

 

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 07:17

L'un est effrayant de par son apparence,

L'autre est inquiétant, par son intelligence.

Tous les deux montrés pour trop de différences.

 

Heureusement vous, en cette circonstance,

N'êtes concerné par aucune occurrence,

Par défaut, j'avoue, de la moindre excellence.

 

Je me suis cru le second dans mon enfance,

Esprit halluciné par l'omnipotence,

Cherchant la trace de sa propre existence.

 

C'est le premier qui me fit la confidence,

Qu'il est vain de vouloir de l'importance,

Que l'illusion est indigne de confiance.

 

Chacun à son tour proposa une alliance,

De m'entraîner pour une savoureuse errance,

Attendant qu'en fin vienne la délivrance.

 

Je suis aucun des deux, pure invraisemblance,

Chimère fuyant sa curieuse ascendance.

Aucun mot ne peut donner vie à l'absence.

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 07:14

''Tu es mon animal de compagnie'' est un manga de Yayoi Ogawa sorti au Japon de 2000 à 2005, adapté en 2003 sur la chaîne japonaise TBS.

Iwaya Sumire (巌谷 澄麗) est une femme qui privilégie sa carrière, ce qui ne correspond pas à la norme ; elle est grande et ses goûts la porte vers des activités masculines. Quittée par son fiancé elle s'emporte sur son lieu de travail et frappe son supérieur, ce qui est mal vu même si c'est mérité. Elle se retrouve rétrogradé au service des faits divers où elle est regardé d'un drôle d’œil. Un soir, alors qu'il pleut, elle trouve devant l'immeuble où elle réside un grand carton, voulant le déplacer elle trouve un jeune homme blessé à l'intérieur, si mince et souple qu'il peut y tenir. Ne sachant que faire elle opte pour le ramener chez elle, le soigne et le laisse passer la nuit. Le lendemain elle part au travail pensant qu'il sera parti à son retour.

Il n'en sera rien, au contraire, il va tout faire pour rester. Alors qu'elle dit qu'il ne pourrait le faire qu'en devenant son animal de compagnie il accepte de jouer ce rôle et d'être renommé Momo (モモ)comme le chien qu'elle avait dans son enfance et qu'elle n'a jamais pu oublier.

En fait Takeshi Gouda (合田 武志)est danseur, doué mais pas travailleur et SDF par facilité. Elle va le nourrir, le baigner, lui caresser la tête, exactement comme s'il s'agissait d'un chien, ce qui ne l'empêchera pas de sortir tout seul et d'avoir sa clé, ce qui est pratique pour sa maîtresse.

Sumire va croiser la route de Shigehito Hasumi, un homme qu'elle aime et qui correspond à ses critères d'éducation, de taille et de salaire ; Gouda n'en remplissant aucun. Les choses ne vont pas être simple pour ce triangle amoureux d'un nouveau genre ; un homme peut-il être un chien, aimer ce rôle, et combien de temps ? Un autre ne peut-il finalement être jaloux d'un animal même s'il en ignore la véritable nature ? Et iwaya, entre les deux reflets que renvoient ces hommes autour d'elle, va-t-elle finalement reconnaître sa véritable image ?

Dix épisodes seulement, les dramas nippons s'étalent rarement ; une galerie de personnages intéressant et un manga que je devrais lire pour en savoir davantage.

 

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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