Stenhuggaren – 2005
Traductrices : Lena Grumbach & Catherine Marcus.
Actes Sud (2009)
La pêche au homard avait connu des jours meilleurs. Ainsi commence ce roman de Camilla Läckberg, à croire que l'halieutique est sans secret pour elle et l'eau, ou sa proximité, une porte sur la mort après avoir été celle sur la vie. Mais peut-on différencier l'une de l'autre ?
Pour Frans Bengtsson cette affirmation semble fausse tant ses casiers étaient emplis de crustacés. Lui préférait le hareng mais si le homard valait si cher il n'allait pas s'en plaindre n'est-ce pas ?
Cette dernière nasse est bien lourde, il fait effort pour la sortir des profondeurs. Lui est surpris de sa découverte, pas nous ! S'il avait trouvé encore une bestiole le roman se fut arrêté là.
Le polar m'a tué ! aurait pu dire Sara, 7 ans, que Frans vient de sortir de l'eau. De fait c'est plutôt le goût du macabre des lecteurs.
Non ?
Et le mien ?
Vous avez raison, encore que vous soyez bien en dessous de la réalité en ce qui me concerne...
Patrik Hedström, le héros des romans de Camilla, est chargé de l'enquête. Entre la dépression post-partum de sa compagne, sa joie d'être papa, et l'enquête, il aura fort à faire.
Ses collègues s'intéressent plus à leurs vies et carrières qu'à découvrir le criminel, d'autant qu'à Fjällbacka tout le monde semble cacher un horrible secret, des perversions inavouables et des crimes odieux.
Les souffrances subies dans l'enfance façonnent la personnalité, heureusement toutes les victimes ne deviennent pas bourreaux à leur tour, sauf pour donner son argument à une enquête. Une belle galerie de personnages, une écriture alerte entremêlant le présent et le passé qui l'explique, l'enquête et la vie personnelle des héros, Patrik et Erica. Dur dur d'être parents et la nouvelle mère a du mal à supporter les charges qui l'accablent. Les souvenirs de l'auteur peut-être ! Un puzzle d'où l'image d'Agnès, épouse du tailleur de pierre, ressort, comme souvent dans une intrigue policière la ''méchante'' est l'élément moteur et les autres interagissent avec elle pour en révéler les multiples facettes dans lesquelles ils se reflètent.
Rien de novateur dans ce roman, Läckberg réutilise le mélange des époques, des racines et des branches, pour concocter un récit qui vaut plus par la forme que par le fond. L'enfance violée fait écho à la nouvelle maternité d'Erica comme si elle était forcément la matrice des crimes à venir.
Ce qui est peut-être vrai.


