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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 07:04

En 1973 Hergé visite Taïwan, quelques mois plus tard Li-Chin Lin voit le jour. Il semble qu'il n'y ait aucun lien de cause à effet !

Ainsi la petite Li-chin grandit-elle à Linbian 林邊avant de rejoindre Taipei pour des études d'histoire.Finalement elle s'oriente vers des études artistiques en France depuis 1999, d'abord à l'École Supérieure de l’image d'Angoulême puis à l'école d'animation La Poudrière à Valence. Réalisant plusieurs courts métrages d'animation elle passe à la bande dessinée, pour enfants d'abord, pour adulte ensuite, avec :

Que savons-nous de Taïwan ? Pour la plupart des gens la réponse serait : pas grand chose ! Voila l'opportunité d'en apprendre davantage sur cette île, si petite face à la Chine, si grande, si menaçante, que le régime utilise pour souder sa population. Quoi de mieux qu'un ennemi pour renforcer la cohésion du peuple ? Petite on lui apprend à haïr le méchant communiste (pléonasme) ainsi que le japonais qui colonisa l'île un demi siècle durant. Déjà la petite Li-chin se voit parler le mandarin à la perfection, l'idéal ! puis partir pour glaner moult diplômes dans les plus grandes universités américaines. Mais elle a un défaut, ses parents sont originaires de Taïwan comme leurs parents avant eux. Le mieux c'est de faire partie des Wai-Shen-Ren, chinois venu avec Chiang Kaï-chek. L'élite de la nation ! Elle vient du sud, région mal vue, et sa mère parle le Hakka, langue des iliens, alors que ses grands parents s'exprimaient en japonais, occupation oblige. Des handicaps difficiles à surmonter. L'amusant étant, page 165, la représentation du grand homme et ses initiales...

Je ne vais pas vous résumer cet ouvrage, roman graphique comme on dit maintenant, retraçant le début d'une existence que j'eus la chance de croiser, brièvement, lors d'une dédicace. Parfait pour illustrer le challenge du Dragon de feu.

Dans sa postface l'auteur s'interroge sur l'avenir de son pays natal, faisons-le avec elle, sans illusion mais en gardant un brin d'espoir. Planté dans le sol du réel il aura du mal à survivre, mais qui sait.

05022013_Li-chin-Lin.jpg

L'auteur en pleine dédicace pour l'auteur de cet article. Un grand merci à P9 pour cette superbe photo.

L'amusant, pour ne pas dire l'ironique, est qu'usant du correcteur intégré, il me proposa à la place de Wai-Shen-Ren : maître-chien. Inutile d'en dire davantage.

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 07:14

Monsieur,

 

Médecin traitant de M. Lee depuis longtemps je vous l'envoie afin que vous l'examiniez attentivement, je ne doute pas que vos conclusions rejoignent les miennes et que vous décidiez de le garder dans votre établissement, pour sa sécurité. Son inconscient semble prendre plus souvent qu'à son tour. Le fatras d'idées perceptions et émotions n'est pas contenu ainsi qu'il le devrait et souvent déborde et influe négativement sur son comportement. Quelques minutes d'observation suffiront pour corroborer ce que je viens de vous dire. Le refoulement chez lui n'existe quasiment pas, vous savez que dans notre société dire ce que l'on pense n'est plus possible et nous ramènerait au niveau de la bête que M. Lee avoue lui-même préférer, séquelle de sa jeunesse et d'une trop grande proximité avec des animaux, les humains s'étant éloignés pour des raisons qu'il ne m'appartient pas de vous révéler ici.

Le désir non maîtrisé ouvre la porte à la perversité et ce patient se complait à afficher une attitude choquante où le narcissisme domine un Moi fantomatique, restes d'une sexualité infantile qui jamais ne put, ne sut, atteindre l'âge adulte. Son idéal du Moi est un jouet qui le satisfait.

Jusque-là rien ne semble nécessiter un internement, pourtant mon expérience avec lui laisse entrevoir un psychisme dévoré de pulsions inquiétantes, de rêves de grandeurs, de croyances en une intelligence surhumaine, proche de la mienne, c'est vous dire son délabrement ! Il en vint même à affirmer que c'était mon Œdipe qui n'était pas résolu plutôt que le sien, vous comprenez à quel niveau il en est rendu ! Comme si moi je ressentais quelque angoisse de castration, régulièrement je vérifie que chaque chose est à sa place

Mais le pire c'est qu'il soutienne les thèses de Jung contre les miennes, proclamant que je ne vois que mon nombril et le minable appendice se trouvant en dessous. Comme si l'âme était mieux qu'une invention de mystiques ignorant les réalités de la science ; que nous disposions de capacités de compréhension dont MOI je n'aurais pas l'usage ! Le philosophe doit fléchir devant le savant, abdiquer ses illusions faute de finir comme Nietzsche, où ce patient qui en est la pale copie. L'esprit se penchant sur lui-même ignorant des avancées que nous proposons ne peut qu'avoir une perception erronée de sa nature. Au moins partagera-t-il avec son devancier une fin misérable, sinon pitoyable, mais logique au vu des élucubrations qu'il aura produit au long d'une existence qui eu au moins le mérite de nous aider à mieux comprendre les dévoiements engendré par l'ignorance. Heureusement nous sommes là pour remettre sur le droit chemin de la conscience les psychés risquant de s'en égarer. Ne pensons pas que toutes soient récupérables, à notre tour nous céderions au délire de grandeur dont, heureusement, je n'ai jamais eu à souffrir.

Méfiez-vous pourtant de sa faculté à embrouiller son interlocuteur par des raisonnements semblant sensés, sinon fondés, mais qui, à l'analyse, ne révèle que le puzzle d'une conscience soumise en son jeune temps à des contraintes qui la lézardèrent définitivement. Malheureusement il est la démonstration de nos limites. L'autopsie de son cerveau nous en apprendra beaucoup, veillez à le préserver.

Je ne doute pas, cher collègue, de votre accord plein et entier, je confie sur le champ ce courrier à l'homme en blanc qui vient me voir chaque soir.

 

Excellents articles également de Catherine et Denis, en plus de celui de Heide bien sûr, à découvrir en cliquant sur le harfang.


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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 07:07

Japon, 1998 Réalisation : Hideo Nakata

Scénario : Hiroshi Takahashi (d'après le livre de Koji Suzuki - 1991)

Avec Nanako Matsushima, Miki Nakatami, Hiroyuki Sanada, Yuko Takeuchi, Hitomi Sato

Photo : Junuchiro Hayash - Musique : Kenji Kawaï - Durée : 1h36

Rien de plus anodin, de nos jours, qu'une télévision, un regard sur le monde. Le monde, mais lequel ? Le nôtre ? L'autre ?

Deux adolescentes, Tomoko et Masami, cherchent à se donner des émotions, elles en viennent à évoquer une cassette maléfique, qui la voit meurt sept jours plus tard.

C'est pas de chance pour Tomoko qui pourrait l'avoir vue une semaine plus tôt en compagnie de trois camarades.

Reiko Asakawa est journaliste, après le décès de sa cousine, Tomoko, elle va tenter de comprendre et de mener l'enquête sur cette histoire improbable de cassette maudite.

 

RING marque une date dans l'histoire des films de fantômes, les Yūrei eiga, je crains de parler de résurrection d'un genre qui semblait épuisé, voire moribond, ce qui est un comble. Nakata reprend les codes du No où le spectre est habillé de blanc et dont la chevelure, quand il s'agit d'une femme, longue, couvre le visage. Par la suite cette seule représentation hantera, juste retour des choses, nombre de films d'épouvantes, bien moins réussis que celui-ci.

Aucun effet grand-guignolesque dans ce film mais une ambiance pesante et une menace tranchante toujours proche. L'écran est une fenêtre mais aussi un point de passage possible qu'utilisera Sadako pour accomplir sa vengeance. C'est elle l'héroine, elle qui, par la haine animée, revient de l'au-delà sans que nous voyons explicitement la façon dont elle s'y prend, non, ce que nous voyons c'est le visage déformé par la peur et les yeux gorgés de panique de ses victimes.

Difficile en une semaine de mener l'enquête pour comprendre et tenter de contrer le sort funeste et inévitable qui vient.

 

 

Il serait dommage de vous satisfaire du remake étasunien, le charme n'agit pas et la lenteur a fait place à la lourdeur, dommage.

Que s'est-il passé, quel est ce puits que nous apercevons à plusieurs reprise ? La vérité risque d'en sortir nue et affamée.

La musique de Kenji Kawaï donne une force inquiétante à Sadako dont l'impact serait moins grand sans elle.

Un film culte que vous pouvez regarder en DVD, à moins que vous ayez une vieille cassette dans un coin, et un magnétoscope dormant sous la poussière, qui sait si de l'écran Sadako ne va pas venir vous chercher.

Il est vrai qu'aujourd'hui ce qui sort de la télévision pour pénétrer nos esprits est bien pire, c'est pourquoi je ne la regarde plus, on ne sait jamais.

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 07:07

Ai-je lu trop souvent des histoires d'Edgar Poe,

Que j'en sois venu à croire qu'une vampire,

Serait muse et amante, celle qui inspire

Terreur et passion en un curieux duo ?

 

Une famille étrange aux relations malsaines

Au sein d'une maison semblant une araignée,

Le destin n'est-il pas pour l'artiste une scène

Où costumé d'obscur il aime à s'imprégner

 

De délire et de sang quand pour tant c'est l'ennui,

Qui se fait compagnon d'un quotidien atone,

S'y confondent en bouillie et le jour et la nuit,

La banalité n'est jamais qu'une gorgone.

 

Quand à moi pour varier j'aurais un masque noir,

Il serait idéal avec mon uniforme !

Un joli scarabé à porter en sautoir,

Pour couronner le tout ma belle canne en orme.

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 07:07

Vous connaissez le Grimja nori ? Non ? C'est un jeu où quelqu'un est un loup, s'il marche sur votre ombre vous êtes pris, si vous trouvez un abri, il n'y a plus d'ombre mais vous sortez du jeu. Jouer, vivre, c'est prendre des risques, les éviter ce n'est plus vivre.

Un livre trop pourri interdit d'être accepté dans un restaurant ! Si cela arrivait dans la réalité peu d'auteurs auraient droit de s'asseoir à une grande table ! Pousser une porte, ouvrir un tiroir, ainsi entrer dans un autre monde, sans pouvoir en sortir ! Se retrouver avec d'autres femmes, apparemment toutes enlevées dans un but inquiétant ! Rêver de papillons, jouer du piano avant d'être attaquée à coups de fléches, porter une peau de loup blanc pour échapper à un loup noir dans le désert... D'où le titre du livre.

Ce ne sont là que quelqu'unes des pièces formant ce puzzle étonnant qu'est Sous la peau d'un loup de Choi Juhyun, composition mixant rêves et souvenirs dans des pièces déjà publiées, pour certaines, et rassemblées pour former un tout dans lequel il faut s'immerger sans chercher une vraie logique dans un livre bien différent de l'idée que l'on se fait d'un manhwa, Choi Juhyun étant coréenne. Les habitués de ce blog, s'il y en a, savent que c'est une qualité. Elle nous sert un cocktail qu'il faut savourer, auquel il faut regoûter pour en apprécier les saveurs les moins évidentes.

Choi-Juhyun.jpg

J'ai eu la grande chance de rencontrer Juhyun lors d'une séance de dédicace, si vous êtes sages je vous montrerais celle qu'elle voulut bien me faire, merci à P9 de la photo (je suis à gauche, une fois n'est pas coutume !).

Que ne suis-je un loup sur sa trace...

      

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 07:07

Takashi Miike est un réalisateur on ne peut plus productif dans de multiples domaines. Quel meilleur choix pour approcher son œuvre que vous présenter ce film, tourné dans le cadre d'une série ''Love Cinema'' produite par CineRocket Company, qui proposait à de jeunes réalisateurs, la nouvelle vague nipponne, le défi de réaliser un long métrage en vidéo et en cinq jours. Takashi va ''rendre'' hommage à Pasolini, à sa façon.

La famille japonaise type n'a rien à voir avec celle-ci, encore que, ça reste à prouver. Le père est un journaliste raté, y en a-t-il de réussi ? dont plus personne ne veut à la télévision, il est occasionnellement client de sa fille, prostituée comme sa mère qui ainsi paye l'héroïne qu'elle consomme pour oublier que son fils la bat pour se soulager des humiliations qu'il subit en classe. Liste d'activités à laquelle il faut rajouter la nécrophilie histoire d'être (presque) complet.

Tout pourrait continuer dans le meilleur des mondes impossibles, mais voilà que le père a l'idée saugrenue de réaliser un film sur son fils histoire de retrouver un statut social, sans cela un japonais n'est rien, avec il n'est pas grand chose non plus. Il faut dire que sa réalisation précédente avait connu une fin douloureuse, pour lui et son micro...

Mais un visiteur, Q, arrive...

Ainsi présenté ce film peut sembler rébarbatif à certains ou excitant pour d'autres (inutile que je vous dise dans quelle catégorie je me place !), derrière les apparences et la provocation dont fait preuve Miike voyons une critique de la famille japonaise telle qu'elle est présentée, ce qui est loin de la réalité, de l'hypocrisie dans les relations professionnelles, il nous montre les désirs (heureusement direz-vous) refoulés dont nul ne peut dire qu'il n'en a pas.

Hein ?

Heureusement la mise en scène est aussi déjantée que cartoonesque, tout cela n'est que du cinéma. La civilisation permet de museler nos désirs les plus obscurs, le cinéma est là pour nous en soulager par pellicules interposées et la fin rendra à la mère de famille le rôle nourricier qui est le sien.

 

La réalité est pire, nous le savons bien !

 

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 07:07

S'il est une forme poétique spécifiquement japonaise c'est bien le haïku. Ses représentants étant nombreux il me semble plus simple de vous présenter, rapidement, les quatres auteur considérés comme les Classiques du genre.

 

Munefusa Matsuo (松尾 宗房) vit le jour en 1644 à Iga-Ueno,il mourut le 28 novembre 1694 à Ōsaka, il est le premier maître du haïku. 

Fils d'une famille de samouraïs il renonce au métier des armes après la mort du fils de son seigneur avec lequel il s'était lié d'amitié pour entamer des études de lettres. Moine il suit l'enseignement de plusieurs maîtres avant de partir pour Edo, fonde l'école de Shomon et publie son premier recueil de poèmes. Plus tard un bananier sera planté au milieu de son école, d'où le surnom dont il héritera. Bashō voulant dire bananier.

Pour rompre avec la tradition qu'il juge vulgaire du haïkaï-renga Bashō propose une poésie plus subtile et émotionnelle défini par quatre règles :

Sabi : recherche de la simplicité et conscience du passage du temps.

Shiori : savoir suggérer sans dire explicitement.

Hosomi : aimer les choses humbles et leur beauté.

Karumi : préférer l'humour à la gravité.

Refusant pourtant un cadre trop contraignant il affirma ''la fleur du Haïkaï est dans la nouveauté''.

Buson (village rustique) Yosa(与謝 蕪村), est le deuxième des maîtres du Haïku. Rompant avec le style de Bashōil revient au classicisme en puisant à l'essence des choses. Il inventera également le haîga, la peinture accompagnant un haïku. Né en 1716 à Kema (aujourd'hui intégré à la ville d'Ōsaka) il mourra le 25 décembre 1783. étudiant le dessin, la peinture et la caligraphie il gagnera la célébrité dans chacun de ces arts.

Issa (tasse de thé)  Kobayashi(小林 一茶) naquit le 15 juin 1763 à Kashiwabara, il y mourra le 5 janvier 1828. Il apporte au haïku le romantisme et l'implication de l'auteur.

Sa vie fut une suite de difficultés, des revers de fortunes paternels au rejet par sa belle-mère, de la mort de ses trois premiers enfants puis de sa première épouse ; il ne connaîtra pas sa dernière fille, Yata, mourant alors qu'elle est sur le point de naître. Il finira sa vie dans sa grange, le reste de sa ferme ayant brûlé !

      File:Kobayashi Issa-Portrait.jpg

Dernier des 4, Shiki(petit coucou) Masaoka(正岡 子規) bien qu'ayant peu vécu au vingtième siècle l'annonce dans les 25 000 haïkus qu'il a composé. Né le 17 septembre 1867 à Matsuyama il mourra le 19 septembre 1902 à Tōkyō . Laissant le romantisme il cherchera le réalisme par l'acuité du regard, il ancre cette forme poétique dans le modernisme.

Fils d'un samouraï il étudie la littérature à Tōkyō, devient journaliste, fonde la revue littéraire Hototogisu, écrit une étude de l'oeuvre de Bashō en 1863. Il sera victime de la tuberculoseen 1902.

Son ouvrage publié en 1904 posera les bases d'une refondation poétique qui influencera la littérature japonaise durant tout le vingtième siècle.

Il est le créateur du terme même de haïku - 俳句

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 07:07

(怪談) Un film de Masaki Kovayashi – 1964

 

Cette réalisation est un carré d'as puisque composée de quatre histoires.

D'abord Les cheveux noirs, quand un samouraï privilégie sa situation en épousant la fille d'un riche seigneur plutôt que la femme qu'il aime. Ce qui ne lui portera pas chance !

La femme des neige, deux bûcherons égarés pendant une tempête de neige trouvent refuge dans une cabane où il vont passer la nuit. Elle sera fatale au plus âgé, la maison étant le refuge d'une vampire qui épargnera le cadet à condition qu'il garde le silence.

Hoichi, le héros de Histoire de Hoichi sans oreilles, est aveugle, ce qui ne l'empêche pas de jouer du biwa ni d'être conteur, tradition nipponne depuis bientôt neuf siècles. Sa voix a beaucoup de succès, y compris auprès d'un publid qu'il n'attendait pas.

Que trouverez-vous Dans un bol de thé ? La raison pour un auteur de craindre l'achèvement d'une histoire !

 

Les films mettant en scène des fantômes font partie du cinéma japonais, comme les histoires dont ils sont les héros. Ici ils ne sont pas étrangers au monde, ils sont là, proches, accessibles au quotidien et pas forcément menaçants. Ainsi dans Kwaidan ils ne sont pas effrayants mais tentateurs par l'impression que leur monde est à un pas, une pensée, un tout petit effort.

Culpabilité direz-vous pour le héros de la première histoire. Sans doute, mais un spectre est souvent la projection de sentiments impossibles à museler. C'est elle qui ferme les yeux sur la réalité, temporairement. Quand ils se rouvrent...

Si vous avez vu Ring, version originale, vous ne serez pas surpris par La femme des neiges, femme pale aux long cheveux noirs, ceux-ci furent depuis utilisé à tort et à travers dans de multiples productions, venant du plafond, sortant de sous le lit, remontant de la baignoire, j'en passe et des pires.

Les poètes ont un grand pouvoir, chacun le sait (ou le devrait), parfois ils séduisent les marins morts lors d'une ancienne bataille navale.

Si vous aimez le thé méfiez-vous qu'au fond de la tasse un esprit n'ai pas fait son nid. Peut-il marquer la frontière entre un auteur et son œuvre ?

Le café est moins périlleux.

Ces quatre contes, scénarisés par Yôko Mizuki, viennent d'un livre de Lafcadio Hearn, auteur grec naturalisé japonais, passionné par le folklore de son pays d'adoption.

Le film obtint le Prix du Jury à Cannes en 1965. S'il est trop long regardez-le par épisodes. Si vous ne le faites pas qui sait quel fantôme viendrait vous voir.

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 07:16

Dernier des quatre classiques de la littérature chinoise ce Rêve dans le pavillon rouge fut écrit au XVIIIe, il fait partie de la collection UNESCO d’œuvres représentatives.

Composé de 120 récits il fait partie des plus longs romans jamais écrits, il est généralement classé au quatrième rang des romans chinois par le nombre de caractères utilisés : 1 million. Il est actuellement publié en cinq livres pour un ensemble de 2500 pages. Cao Xueqin se présentait comme correcteur d'un autre auteur, c'est bien plus tard que la paternité de l’œuvre lui fut attribuée, sans doute préféra-t-il faire montre de discrétion face à une œuvre quelque peu critique, ce qui pouvait être mal vu !

Centrée sur l'amour entre Jia Baoyu (Jia Jade magique) et sa cousine Lin Daiyu (Lin Jade sombre) elle est grandement autobiographique, Cao Xueqin ayant été comblé par l'empereur Kangxi avant de connaître un renversement de situation, elle décrit aussi par le détail le système féodal alors en cours en Chine, basé sur les privilèges de quelques-uns et l'exploitation de presque tous.

Tout commence alors qu'un rocher portant, gravé par la déesse Nuwa, demande à un prêtre taoïste et un moine bouddhiste de l'emporter afin de découvrir le monde et l'existence humaine.

Jia Baoyu est adolescent encore, promis à sa cousine Xue Baochai il lui préfère son autre parente Lin Daiyu qui partage ses goûts pour la musique et la poésie. Ce triangle amoureux servira de fil conducteur au récit.

Le récit débute à Suzhou puis se continue dans ''la capitale'' sans que l'auteur la cite une fois, à l'époque il s'agissait, déjà, de Pékin.

La plupart des thèmes de la culture chinoise est présentée, médecine, cuisine, mythologie... mais dominent la poésie et la religion, autant dans sa version cléricale où nous voyons des prêtres croulant sous les offrandes des familles nobles, que dans sa version individuelle nous montrant des personnes ''normales'' en quête de la Voie et bénéficiant de qualités que les premiers ne possèdent pas. Autre élément fondamental de l'époque : l'esclavage, chaque noble possède ses esclaves, ce qui n'est pas sans entraîner de fortes dépenses, il arrive même que certains esclaves aient des esclaves aussi.

Et le féminisme ? La question peut surprendre pour une histoire se déroulant au XVIIIe et pourtant elle se justifie par le parti pris de l'auteur lui-même qui dénoncent dans son texte l'exploitation des femmes tout en soulignant leurs qualités injustement méprisées.

Le Pavillon rouge dont il est question est en fait un gynécée et le rêve une série d'air entendu par Jia Baoyu alors qu'il se trouve dans une chambre rouge.

Une texte foisonnant, lyrique et historique, poétique et dramatique dans lequel, comme pour les trois autres, il est recommandé de prendre son temps pour ne pas se perdre dans les noms, les rôles et les lieux.

Je ferme les yeux, tends l'oreille... Rien ! Il est vrai que la pièce dans laquelle je me tiens n'est pas rouge et ce bâtiment loin d'être un gynécée.

Pas de chance !

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 07:16

 

Un coup d'essai est parfois un coup de maître, et même souvent tant l'ignorance permet de se laisser aller, inutile d'oublier ce que l'on ne connaît pas.

En 1980 William Lustig réalise Maniac, mettant en scène un tueur scalpant ses victime pour recréer sa mère décédée longtemps auparavant. Thème classique s'il en est, il n'est que de se souvenir de Psychose pour comprendre l'influence négative qu'exercent les mères trop possessives sur leurs garçons.

Dans la réalité c'est aussi vrai mais je ne suis pas là pour parler de moi...

Frank Zito est un psychopathe, bien que cette notion ne fut mise à la mode que plus tard avec le Silence des Agneaux ; il chasse dans les rues de New York couples et prostituées, un grand couteau comme arme de prédilection et une rage incoercible au cœur...

Plus que par son scénario le film vaut par l'interprétation hallucinante de Joe Spinell, lui-même auteur du script, qui campe un Zito plus vrai que nature, et sa mise en scène qui soulève le voile sur l'esprit même du criminel. Seul, chez lui, Frank vit entouré de mannequins de vitrines auxquels il parle, livre ses pensées, ses secrets, ses souvenirs, exhibe autant les blessures de son corps, imprimées par les amants de sa mère, et de son esprit, séquelles des premières.

Jusqu'alors le criminel était un monstre de foire exhibé sur pellicules, avec Maniac il gagne une personnalité, difforme il est vrai, une âme blessée, et la capacité d'expliquer les (dé)raisons de ses actes.

Rendons hommage à Tom Savini le responsable des maquillages qui donnant ''vie'' aux victimes leur permet de violer le regard du spectateur que vous pourriez être, un soir par exemple, seul chez vous 

Si vous pensez qu'il s'agit d'un film d'horreur comme tant d'autres vous êtes pris par les apparences, il est bien plus intelligent que cela, bien pire, bien meilleur !

 

Une suite était prévue, le DVD vous offre sa bande annonce, elle ne fut jamais tournée, Spinell étant mort dans des conditions encore floues en 1989, non sans avoir figuré dans Le Parrain, Taxi Driver, Rocky... une filmographie enviable dont Maniac restera le point, sinon le hurlement, d'orgue.

 

Autre raison de regarder ce film : Caroline Munro ! Pas la meilleure des actrices mais sûrement une des plus belles.

Attention, un film au titre identique vient de sortir, ne vous y trompez pas.

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