Par la révolution le pouvoir menacé,
Expédia dans les rues des véhicules blindés.
Tout à sa joie la foule baignait dans l'insouciance,
Échafaudant des plans fondés sur l'espérance.
Les gros moteurs puants assombrirent l'atmosphère,
Faisant trembler les murs autant que les esprits,
L'espoir ferait-il peur qu'il faille brandir le fer,
Bâillonner par la peur la liberté qui crie ?
C'est mal ! S'indigna-t-on, avant que le commerce,
Ne reprenne ses droits, tel celui du plus fort,
Les beaux esprits se taisent quand tintent les sesterces,
Les dollars, les euros, font oublier les morts.
Demain ce sera mieux, nous n'avons rien à dire,
Autant rester prudent, ne pas brusquer les choses,
Respectons les cultures, jusqu'au dernier soupir,
Et sur nos ambitions nous jetterons des roses.
Virtuel est ce temps dessiné en pixels,
Tout autant que les mots, ces illusoires amis,
Qui en use sait mentir, je le sais, j'y excelle,
Je me convie au jeu du char et l'insoumis.
Je suis un gnome libre !
Vous voulez une idée de cadeau pour utiliser la foire commerciale qui est en cours ? Penchez vous sur l'œuvre de Hideo Gosha, réalisateur et scénariste japonais né le 26 février 1929 et décédé le 30 août 1992, à l'occasion de la sortie d'un coffret comprenant :
Hitokiri, le Châtiment : Le samouraï n'est plus qu'une coquille vide et le code qui est censé régir son comportement appartient au passé, c'est un exécuteur masqué par un titre auquel le ''héros'' lui-même s'efforce de croire et, malgré son manque patent d'intelligence, a de plus en plus de difficulté pour y parvenir.
Goyokin : Le rônin errant pourrait-on dire, tant le personnage semble hanté par la perspective du vide l'envahissant peu à peu. Son sabre n'est plus qu'un ornement dont il se sert pour faire des démonstrations en public afin de repousser l'échéance comme s'il trouvait une satisfaction, la seule possible, dans la pitoyable image qu'il donne de lui-même.
La Proie de l'homme (1985) : Iwago est un ancien champion de lutte, en guise de reconversion il devient ''zegen'', achetant pour une poignée de yens des jeunes filles, dont il profite, à des familles pauvres il les revend ensuite à des maisons de geishas. Kiwa, son épouse lui reproche sa façon de gagner de l'argent, sans que cela l'empêche, elle, d'en profiter. Étrange couple que celui-ci, si contraires qu'ils en deviennent complémentaires. Un scénario riche et un film complexe où les personnages sont bien différents de l'idée que l'on pourrait s'en faire en lisant les quelques lignes qui précèdent.
Yohkiro, le Royaume des Geishas (1983) : Adapté d'un roman de Tomiko Miyao nous habitons la maison Yohkiro et les histoires d'amours qui, malgré le cadre semblant peu propice aux sentiments, s'y multiplient. Attiré par l'odeur du pognon les yakuzas d'Osaka voudront mettre la main sur cette maison ce que les ''propriétaires'' verront d'un mauvais œil. Si vous voulez en savoir plus sur le monde des geishas ce film est un excellent professeur, on suppose pourtant que les choses ont changées depuis...
Tôkyô Bordello (1987) : Hisano semblait avoir toutes les chances dans la vie, mais son père n'est pas aussi doué en affaires qu'il le crût, aussi, ruiné, doit-il la vendre à un proxénète qui la confiera à une maison de geisha (c'est plus joli que dire : bordel n'est-ce pas ?) de Yoshiwara, quartier spécialisé de Tôkyô où elle apprendra les règles de l'art. Le film commence au début du vingtième siècle et montre également sa disparition dans les années 40 à l'occasion d'un immense incendie. Avec Hideo nous suivons, je n'ose dire : nous matons, la vie dans cette ville dans la ville, avec sa ''hiérarchie'' interne, la misère des unes qui survivent grâce au saké jusqu'à ce que celui-ci ne soit plus suffisant et nous voyons la ''révolte'' de Hisano qui sachant son destin fixé décide de s'y adapter pour devenir la meilleure geishas. Hisano disparaît et laisse place à Miyasaki...
Dans L'Ombre du Loup (1982) : Premier des trois films que Gosha tirera de l'œuvre de la romancière Tomiko Miyao nous sommes sur l'île de Shikoku ou un homme décide de confier un de ses fils à un clan maffieux en échange de sa protection. Le chef du clan, Onimasa, prendra le garçonnet mais aussi sa sœur, Matsué, dont nous suivons la vie et les difficultés dans sa confrontation avec les diverses femmes d'Onimasa. Pour l'anecdote ce film fut tourné alors que Gosha pensait abandonner le cinéma après divers drames familiaux.
Femmes de Yakuzas (1986) : Madame Tamaki Awazu dirige d'une main de fer un clan de 500 yakuzas en attendant que son mari sorte de prison pour reprendre sa place. Makoto est la sœur célibataire de Tamaki, cette dernière veut la fiancer avec le fils d'un gros agent immobilier. Un autre homme va entrer dans sa vie, Banji, un jeune yakuza. Tout serait simple si elle ne rencontrait pas un troisième homme, Sugita, dont elle va tomber amoureuse bien qu'il l'ait violée. Leur mariage va déplaire à Tamaki, Sugita appartenant à un clan sécessionniste du sien.
L'appétit vient en mangeant, le goût du pouvoir aussi, Tamaki y ayant goûté se dit qu'il serait dommage qu'il lui échappât. Pour le conserver elle va se montrer capable de tout.
La caméra de Gosha est un acide rongeant l'apparence des êtres pour montrer ce qu'ils sont vraiment et quelles motivations les poussent. Il représente parfaitement une époque de mutation pour le Japon où les valeurs et mythes traditionnels sont récupérés et recyclés sans pitié par une réalité sans âme, à se demander si ce mot a un sens...
Ceux qui visitent régulièrement ce blog devineront ma réponse !
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Quelle combinaison neuronale advint-elle,
Semant dans son esprit des impressions nouvelles ?
Tout semblait flou, vibrant, proche de disparaître,
Ne fut pas ses pêchés qui à son tour dut naître.
Sinon en s'enfonçant sans espoir de retour,
Dans une obscurité rimant avec toujours,
Où les cendres de l'âme rejoignent le désert
Qu'arpente les déments anticipant l'enfer.
L'abîme était ouvert, il allait basculer,
Et puis non, malgré lui, refusant de tomber,
Traversant le désert il resta sur ses mots,
Comme un jouet d'enfant sans espoir ni ego.
Jusqu'où peut-il aller, mi lucide, mi dément ?
Un jour il ne saura, devenu inconscient,
Plus faire la distinction entre vrai et délire,
Pour autant qu'aujourd'hui ce ne soit déjà pire !
Le mirage est plaisant mais l'esprit s'y délite,
De faire semblant d'y croire et feindre qu'il médite.
Plutôt que le banal, les instinct, la routine,
J'opte pour le mirage, c'est moi qui le dessine.
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Le convoi sur les rails était lourd d'habitudes,
Demain se précisait suivant les conventions.
L'enfant qui grandissait enfoui dans les études,
Ne pensait pas encore : boulot, procréation.
Qu'advint-il d'imprévu qui le fit s'écarter
Du chemin imposé par l'habitude sociale ?
Un choc inattendu, un gène dynamité,
Tout était-il prévu dans l'élan initial ?
Les roues quittèrent la voie sans que le conducteur,
Contemplant l'en-dehors ne réalise la chose.
Le décor était beau, fascinant, séducteur,
Dans l'air se mélangeaient le passé et les roses.
Sans peur il s'enfonça dans une nuit mutine,
Pensant ''c'est naturel, le soleil reviendra''.
Il n'était pas inquiet, la folie est câline,
Et puis, sur l'horizon, son phare est toujours là.
L'ombre se densifia puis devint menaçante,
Pour lui c'était un jeu, un cauchemar souriant,
Gommant espace et temps, quand le chemin serpente,
Que la lucidité est un mot s'effaçant.
- Incroyable, ainsi la légende était vraie.
- Je suis comme vous, cela me semblait invraisemblable, voilà qui va révolutionner notre vision de l'évolution de nos... notre espèce.
- Croyez-vous qu'il soit judicieux de publier cette découverte ?
Les deux savants se turent, chacun paraissant perdu dans ses pensées, un observateur attentif les aurait deviné semblables.
Ainsi ce que l'on crut un simple conte de cet auteur à demi oublié du vingt et unième siècle, Lee Rony je crois, était une prophétie, il fit bien de la présenter comme une simple histoire, en son temps comme avant lui, et comme de nos jours je le crains, la vérité est quelque chose qu'il convient de dissimuler. Contentons-nous d'en avertir les seules personnes que nous jugeons dignes de ce savoir.
- Que disait déjà cette nouvelle ?
- Elle suggérait que, suivant la loi de l'Évolution et sa variabilité, un jour viendrait où l'espèce humaine se scinderait en composantes incompatibles, Cro-magnon étant leur ancêtre commun.
- Je comprends qu'il ait préféré évoquer cette idée comme produit de son imaginaire, qui sait s'il pensait qu'un jour elle se vérifierait.
- À mon avis il l'avait deviné.
- Vous connaissez bien son œuvre ?
- L'intégralité de ses textes est dans ma puce neuronale.
- Vous pouvez me l'envoyer ?
- Pas de problème.
Les deux transhumains codèrent leur travail et s'en furent.
L'endroit est beau, calme, ensoleillé, peu de gens y viennent, il est entouré de verdure, dissimulé, pour y parvenir il faut soit l'aide du hasard soit une bonne connaissance du coin. On y trouve, outre le calme, les ruines d'un très vieux pont construit pour enjamber une rivière aujourd'hui disparue. De cet édifice ne reste qu'une arche.
Il y a quelques siècles un duel y opposa deux gentilshommes locaux. Le combat dura longtemps, les bretteurs étaient de force égale, l'un prenait l'avantage, la minute suivante l'autre semblait en mesure de porter un coup fatal mais en était incapable. Les deux hommes étaient blessés, le combat eut pu cesser sans qu'aucun ne trouve à dire que son honneur était perdue. Ces deux là semblaient vouloir se battre jusqu'à la fin des temps. Leurs témoins les exhortaient à cesser ; pas question, l'un, au moins, devait mourir.
Il semble qu'ils aient en même temps fait appel aux restes de leurs forces pour porter un dernier coup.
Mortellement frappés ils eurent le temps de dire que leur duel n'était pas terminé, qu'il faudrait un vainqueur à leur combat.
Ils furent ensevelis le même jour sous le même ciel, les mauvaises langues dirent que leurs familles étaient soulagées...
Des rumeurs naquirent, d'abord ce fut un paysan qui entendant des bruits d'acier s'approcha du pont. La clarté lunaire suffit pour qu'il reconnaisse, s'affrontant, les seigneurs récemment décédés.
Personne ne voulut le croire mais quand d'autres évoquèrent le même spectacle l'inquiétude envahit les esprits, certains parlaient de mystification, les autres de sorcellerie.
La conclusion générale fut que s'ils voulaient se battre autant les laisser faire, ils auraient l'éternité pour vider leur différent.
Pourtant quelqu'un soutint qu'un tel acte étant contraire à la morale il était de son devoir d'intervenir. Nul ne s'y opposa mais personne ne se proposa pour l'accompagner. Motivé par quelques pintes du fort alcool local il partit en affirmant qu'il séparerait les combattants avant de les convaincre de retourner dans le domaine des morts.
Son corps fut découvert, sur le pont, le lendemain. Il fut aisé de constater qu'il était mort de deux coups d'épées.
Cette histoire prit de l'ampleur, personne ne se proposa plus pour aller séparer les combattants, dès que la nuit venait plus personne ne s'approchait du pont.
Une guerre commençant il y eut d'autres choses à penser.
Les années défilèrent, de temps en temps un étranger disparaissait sans qu'aucune enquête ne soit faite... Le pont tomba en ruine, de l'histoire naquît une légende qui elle même perdit son duel contre la télévision avant que l'Internet ne la ranime pour en faire un sujet de curiosité et de tourisme.
Ce n'est pas Lourdes mais cela suffit à l'économie locale.
Et les spectres ?
S'il y a une raison à leur absence personne ne semble la connaître.
Moi j'attends, j'attends que de l'autre côté du pont mon adversaire revienne, si vous voulez prendre sa place méfiez-vous, une épée fantôme peut faire mal.
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |