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Cristal qui songe (The dreaming jewels) 1950 Traduit par Alain Cartigny Le Rayon Fantastique (Gallimard) 1952 |
Ça c'est de la couverture !
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Horty est un petit garçon de huit ans. Maltraité par son père adoptif qui va jusqu'à lui couper trois doigts en lui coinçant la main dans une porte, il décide de s'enfuir, emportant un diable en boîte aux yeux de cristal, et, le hasard faisant bien les choses, après avoir dit au revoir à son amie Kay Hallowell, il trouve refuge dans un cirque ou il devient le partenaire de Zena et Bunny, deux jeunes naines, ou personnes de petite taille comme on est censé dire aujourd'hui. Ainsi les choses semblent se passer comme répondant aux exigences d'un scénario cosmique que Sturgeon nous présente sans nous l'imposer.
Je devine que l'auteur de Carnival lut ce roman et s'en inspira, pour l'ambiance, les personnages, le mystère autour duquel le cirque semble fonctionner comme si le tour n'était qu'un grand spectacle auquel nous assistions en cherchant à comprendre ce qui se passe, en supposant qu'il y a un ''truc''
Le chef du cirque, Pierre Ganneval, surnommé le ''Cannibale'', ancien médecin, le soigne et permet, pense-t-il à Horty de retrouver ses doigts. De fait M. Ganneva est plus proche de Mengele que d'Albert Schweitzer et s'échine à maîtriser de mystérieux cristaux aux pouvoirs de duplications bien souvent hasardeux. Son ambition est de trouver l'intermédiaire humain qui lui permettrait la domination de ces étranges minéraux, inutile de se creuser la tête pour deviner qu'il espère que Horty sera celui-ci mais que ses attentes risquent d'être déçues. N'oublions pas le jouet de l'enfant, et ses yeux...
Ce roman est rangé dans la catégorie Science-fiction, mais n'attendez pas de robots, de machines, d'équations improbables et de mondes menaçant, hormis un : le nôtre ! Les personnages que nous suivons malgré leurs facultés sur(ou in)humaines, leur cruauté obsessionnelle ou leur difformité apparente ne nous sont pas étrangères. Dans ce microcosme qu'est le cirque le lecteur peut se sentir anormal lui-même et, plaisir suprême, savourer la méchanceté du Cannibale autant que la rage douloureuse de Horty.
Théodore Sturgeon est bien moins connu que d'autres auteurs dont le succès fut plus grand, et l'adaptabilité cinématographique, avec un talent moins grand. Ses personnages sont différents sans être étrangers, dotés de grandes aptitudes mais fragiles, perturbés par ce qu'ils sont et, surtout, par ce qu'ils ne sont pas.
À lire d'une traite !
"La voix d'or" ainsi qu'elle fut surnommée vit le jour le 1er août 1918 à Su Pu, élevée par des parents adoptifs elle recherchera toute sa vie ses parents biologiques ; ceux-ci ne seront retrouvé qu'après sa mort. Profitant de l'arrivé du gramophone elle devint une immense vedette sur pellicule et sur disque. Malheureusement sa vie personnelle fut moins réussie, mariages, tentatives de suicides, dépression... Elle mourra le 22 septembre 1957 à Shanghai.
Une porte ou un pont, j'ouvre sur l'inconnu,
La conscience s'en va et fondent les contraintes,
Sans la lucidité tu n'es plus retenu,
L'infini t'es offert sans désir mais sans craintes.
Cinq étapes simplement pour échanger les mondes,
Si tu avais le choix vers lequel irais-tu,
Celui morne et cruel parfois jusqu'à l'immonde,
Et ses liens rassurants pour qui s'avoue battu ?
Méfies-toi cependant de l'ailleurs prometteur,
Où la beauté se tient en souriant sur le seuil,
Alors qu'à l'intérieur dix mille masques menteurs,
Pèseront tes espoirs, ta peur et ton orgueil.
Je promets sans tenir, te montrant des régions
Que la démence seule permet de visiter.
Tu peux les observer, jouir dans l'inaction,
Mais pas les arpenter avec lucidité.
Tu te prends à bailler, tu fermes les paupières,
Du rêve au cauchemar, tout se semble merveilles,
Alors finis ces vers puis éteins la lumière,
N'oublies pas tes cachets, plonge dans le sommeil.
Des vers se rencontrant au détour d'un poème,
Sur l'instant se firent face, les uns voulant des autres,
Qu'ils cèdent le passage, respectant le barème,
Donnant priorité aux miens plutôt qu'aux vôtres.
Tirez-vous misérables, ce terrain est à nous,
Incarnant la beauté comme l'intelligence,
Alors que vous venez, de l'obscur, de la boue,
De l'avenir vous êtes répugnante apparence.
Les seconds sur l'instant s'esclaffèrent de concert :
Pour qui vous prenez-vous, vous êtes fait des mots
Que votre créateur, à l'endroit, à l'envers,
Malmène pour oublier l'acuité de ses maux.
L'art n'est qu'un ornement voilant la finitude,
Qu'importe le talent qu'affiche votre maître,
La vie dont il vous pare... Viendra la solitude !
De son âme à sa foi nous pourrons nous repaître.
Dans leur confrontation les contraires ont parfois
Le don du diapason quand il donne le la.
Ainsi le jour, la nuit, la tristesse et la joie,
Le vain bu par ici noyé dans l'eau de là.
En épitaphe un jour un poète choisit :
Les vers se vengent ! Ici je combine les sens.
Écrits ou organiques, demain ou aujourd'hui,
De la fidélité ils incarnent l'essence.
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |