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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 06:21

 

Me connaissez-vous ? Je suppose que oui, sans doute avez-vous entendu parler de moi de votre vivant, qui sait si même vous me vîtes dans la magnifique réalisation de qui vous savez. Je ne parle pas des suites, des sequels dit-on en anglais, le terme est celui qui convient... Qui peut imaginer, en conscience, une suite possible ? Un remake fut fait, j'ai failli dire : commis ! Le terme est à-propos en ce qui nous concerne, n'est-ce pas ?


Cela fait longtemps que je voulais m'adresser à vous, me manquait seulement le vecteur humain me permettant de le faire, susceptible d'entendre ma requête. Probablement vous est-il connu, de votre place le repérer était aisé, l'instinct est sûr quand il s'agit de trouver ses semblables !


Par ces mots je voulais vous remercier d'avoir permis mon existence, je ne suis que votre représentation mais divers talents conjugués, et le succès, me font approcher le réel, suffisamment pour m'adresser à vous. Vous incarner me fit ressentir votre détresse après le décès de votre mère et combien cette absence insoutenable vous contraignit à chercher une ancre dans le ré(he)el, un succédané ! Pour céder à l'humour du rédacteur de cette missive je me dois de dire que vous avez trouvé un succès damné ; pardonnez-lui, il sait ce kill fait ! C'est lui qui imagine visiter Plainfield et autres lieux que fréquenterrent Ted ou Jeffrey... Mais, voyez, je lui laisse la plume et il m'oublie ! Vous et moi sommes unis pour longtemps, l'éternité n'est qu'un mythe, vous qui avez inspiré Robert puis Alfred passez par moi dans l'imaginaire collectif même si, médiatisation faisant, l'image que je suis est plus connue que l'homme que vous fûtes, croyez que j'en suis navré et que ce courrier a pour but, aussi, de vous donner, temporairement je le crains, la place qui vous reviens de droit.


Bien sûr vous avez des admirateurs qui vous découvrirent par moi à une époque, par Buffalo Bill plus récemment, des chansons vous furent dédiées et même un personnage de Manga... Sans parler des biopics qui vous furent consacrés mais dont aucun ne connut le succès, sans doute cela est-il dû à la médiocrité des producteurs usant de votre notoriété pour faire de l'argent, alors que vous offrez prise à une recherche plus approfondie que la seule mise en exergue de vos actes. Le souteneur de ce blog saurait le faire, le connaissant je suppose qu'il en a l'idée mais pas la volonté, comme toujours, après tout en inversant les deux dernières lettres de votre patronyme on obtient un mot qui lui convient, croit-il !


Plus que son double bloggéen son avatar littéraire est à sa réalité ce que je suis à la vôtre. Lui n'est qu'un écriveur multirécitdiviste ! Je devine que sa fin de vie sera similaire à la vôtre alors qu'il imagine la mienne, quel rêveur. Qui sait si quand sa...



Paperface ! Ce nom en dit plus sur lui qu'il le veut, au moins ai-je eu l'opportunité de le lui révéler mais puisqu'il tient le clavier je ne peux tout dire ; vous, lui, et moi, savons à quoi nous en tenir.


Je ne suis pas las de refaire les mêmes gestes, de redire les mêmes mots, ainsi, faute de vie, ai-je un semblant d'existence, pour cela je vous remercie.


                                 Je ne vous quitte pas !                 
                                                                  

                                         Norman


                                                                 

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 06:01

 

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 06:35


Quelle heure est-il ?

Première question, il fait nuit, aucune lumière ne filtre au travers de mes volets. J'ai dû faire un cauchemar moi qui dors comme un loir. Le meilleur moyen le savoir serait de regarder ma montre, mais pour cela il me faudrait accomplir plusieurs actions, allumer puis prendre ma montre. Pourtant ce qui me dérange le plus c'est la première action que j'aurais à accomplir, bouger.

J'ignore pourquoi mais je n'ai aucune velléité de mouvement. Mais est-ce vrai, il me semble qu'au contraire il y a une raison, la même peut être qui m'a tirée du sommeil.

J'ai l'impression qu'il y a quelqu'un dans ma chambre.


Rester calme, contenir mon imagination et réfléchir, j'ai fait un mauvais rêve dont je conserve une sensation de crainte. Comment mieux la matérialiser qu'en m'imaginant quelqu'un dans ma chambre.


Je vis seul, sans animaux domestiques, j'ai bien quelques araignées mais je ne crois pas pouvoir les compter. Avant de me mettre au lit j'ai vérifié toutes les ouvertures, non que je sois d'un naturel méfiant mais c'est une précaution utile.

Aurais-je perçu subconsciemment une intrusion qui m'aurait réveillé ?

Personne ne peut être dans ma chambre et pourtant je sens une présence. D'abord définir où elle se trouve.

...

Impossible !

J'ai l'impression qu'il y a quelqu'un partout, c'est étrange, je suis en train de faire un cauchemar et je vais m'apercevoir que je suis seul.

Aie !

Je viens de me mordre la lèvre inférieure, pour me pincer j'aurais dû bouger, j'ai ressenti la douleur, je suis réveillé.

Tout serait simple si j'ouvrais les yeux, un geste, allumer, l'électricité, elle chasserait à la fois les ténèbres et ma crainte.

Je suis vraiment un trouillard.

Pourquoi quelqu'un resterait-il à me regarder sans rien faire.

Un cambrioleur, j'ai bougé il a cru que je me réveillais, il attend d'être sûr que je me suis rendormi.

C'est une bonne explication mais j'en doute quand même.

Serais-je entrain de devenir fou ?

Ceux qui le sont le nient, donc je ne le suis pas, ou pas encore.

Suis-je vraiment dans ma chambre ?

Je suis mal, je transpire, les draps me collent à la peau, bientôt je serais obligé de bouger et il le verra.

Il ?

Qui IL ?


Un meuble a craqué, ou quelqu'un s'est-il appuyé dessus ?

Pourquoi ai-je peur si c'est pour rien ? Et si ce n'est pas pour rien pourquoi moi ? Pourquoi ?


Il attend, s'amuse de ma peur, je vais lui prouver que je suis aussi fort que lui, non ! Plus fort, beaucoup plus fort que lui. Je vais ouvrir les yeux, allumer, c'est lui qui aura peur.

Un geste rapide, atteindre le bouton de ma lampe, dans deux secondes je saurais, je...




Lu dans la presse :

Macabre trouvaille au 2 rue Dr Maso, le corps de M. B. a été retrouvé hier par Mme H. femme de ménage qui venait comme tous les jours. Il semblerait avoir succombé à une crise cardiaque consécutive à une grande peur, l'expression de son visage ne laissant aucun doute à ce sujet.

Le corps a été retrouvé allongé la tête tournée vers un miroir faisant face au lit.

Les yeux exorbités, prouvent la frayeur. Que virent-ils, nous ne le saurons sans doute jamais. 



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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 06:56


Faute d'avoir pu trouver dans ma médiathèque habituelle le roman African Psycho de Alain Mabanckou j'ai dû me rabattre, la fin d'année arrivant, sur le seul auteur africain que j'ai découvert, non sans les avoir tous passés en revue ! Mais je garde AP pour plus tard, je le lirai dès que possible, peut-être une autre médiathèque en dispose-t-elle...

Je vais néanmoins vous présenter « mon » auteur africain lu dans le cadre du défi littéraire : Littérature policiere sur les 5 continents :

achillefngoyeagenceblackbafoussaÉditions Gallimard, 1996

Série Noire

ISBN : 2-07-049590-6 

 








Danga, membre du POK (Parti Ouvrier Kalinais) est en froid avec l'ambassade de son pays, « la République négro-africaine du Kalina » et s'oppose, comme il peut au « Maréchal Président Pupu Muntu, dernier des Conducators et Kleptocrate notoire » (un mot que j'aurais dû trouver plus tôt !). Il vit, à temps partiel, avec sa fiancé Khadija, laquelle est mariée par ailleurs ce qui lui évitera de se retrouver veuve quand Danga connaîtra un sort funeste.

Alors qu'il se dirige vers la porte de son appartement sis au cinquième étage d'un immeuble de la riante Résidence des Peupliers, à laquelle on vient de sonner, il entend un bruit qu'il reconnaît pour l'avoir entendu à la télévision, celui du chargement d'un fusil, inutile de dire qu'il prend cela pour un mauvais présage, ce en quoi il n'a pas tort puisqu'il meurt un dixième de seconde plus tard.

Jim Bafoussa, par pure malchance, arrive sur ces entrefaites et aperçoit l'arme sur le paillasson de son ami Danga, il hésite, mais lui ne devant pas avoir l'habitude des séries américaines s'empare du fusil et pousse ce qui reste de la porte. Le spectacle qu'il découvre l'incite à s'enfuir, le mauvais sort s'acharnant, débouchant au rez-de-chaussée, il tombe sur des représentants des forces de l'ordre. Mauvaise pioche et mauvaise réaction : il tourne les talons brusquement ce qui attire l'attention des policiers qui n'ont pas de difficultés pour le rattraper.

Il clame son innocence mais ses empreintes sont seules sur l'arme et les balles assassines furent tirées par celle-ci, tout s'annonce mal.


L'inspecteur Mayotte (pas Jean !) est chargé de l'enquête, autant dire qu'il va explorer un univers qui lui est totalement étranger, celui de l'Afrique à Paris... L'auteur nous fait pénétrer dans un monde dont, personnellement j'ignorais (presque) tout (pourtant j'ai vécu à Paris dans le dix-huitième) ; toujours est-il que le dépaysement est garanti, surtout en regard des séries évoquées plus haut.


Quelle place le Kalina tient-il dans la liste des bordels francophones ?

Quelle est l'importance de la pérennité de la langue des Schtroumpfs ?

Quel rapport avec d'éventuels comptes en Suisse ?

Et que Fela Anikulapo Kuti ?


Vous aurez les réponses si vous lisez ce livre, l'exotisme en banlieue à la fin du vaintième siècle. Un roman noir, noir, mais pas complétement !



ngoye-achilleAchille Ngoye est né au Zaïre en 1944 dans une cité minière du Haut-katanga. Après des études chez les Bénédictins et les Jésuites il se lance dans le journalisme en travaille pour l'hebdomadaire Afrique Chrétienne. En 1982, arrivé à Paris, il devient pigiste et travaille pour le magazine « Actuel », le mensuel « Afrique-Élite » et Libération avant de se tourner vers l'écriture.

 

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 06:32

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 17:31
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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 06:55

MB (5/6) 
 

                                                 06

Quel est mon héritage ? Le titre d’un récit récent, un souvenir, cette route à sens unique, cet édifice improbable, l’idéal pour un écrivain recevant un legs inattendu. Sa dernière nuit est occupée par ce rêve, un moyen de repousser la victoire du je. Ensuite j'écrivis trois fois la même histoire, pas moyen d'être satisfait ! Ce texte s’achevait, le record, sur l’entrée de l'héritier dans la maison paternelle, là il se met au travail. Par lui je pus écrire la suite, des histoires formant une suite logique, une chaîne, une laisse.

Si la réalité lisait par dessus mon épaule elle me botterait le train.

                                        * * *

J’entends un chœur de voix douces tissant une certitude. Le chemin est ouvert, l’heure des choix va sonner au beffroi de la nécessité.

L’évidence me crève les yeux, elle est là et je pense à autre chose.

Le temps est à sens unique, pour l’instant, dans l’avenir pas de certitude puisque des particules pourraient circuler plus vite que la lumière... Écrire pour ne rien dire ne m’amuse plus. L’image de cette forteresse sculptée me plait, j'y suis chez moi, elle est mon héritage. Mon personnage, celui des camps, y eut la révélation que je dois décrypter. Un cadre virturéel ! La force gisant dans ses profondeurs naquit avec l’univers. Un sujet à potasser si je veux m'exprimer clairement, le sens de la réalité me manque pour donner de la substance à mes récits, la quantité ne remplace pas la qualité.

J’ai un problème de résurrection, ce n’est pas si fréquent, si je vivais cela, symboliquement s’entend, ainsi que je l’ai évoqué, il me serait plus facile de réussir ce tour de force de mélanger trois êtres en un. Mon esprit fonctionne curieusement, alors que j’évoque cette trinité Thlita me fait signe, je vois sa nature : Un archétype ! Ce pourquoi elle fut plus puissante que moi. Définir ce que j’entends par là ? Lisez Jung, sans partager toutes ses idées je l'approuve sur ce point, surtout quand il précise qu'en croiser un est bouleversant. S’il n’est pas le plus célèbre des pères de la psychanalyse il est allé plus loin que les autres quitte à s'égarer, pas assez loin pour moi peut-être.

Par une simple graine l’arbre ressuscite, les cadavres font engrais, surtout ceux de fumiers ! Je mélange et sort le lapin du chapeau.

En quelques jours j’ai grandi, sur ma joue la marque de la gifle morale que je reçus persiste. Et ensuite ? Retour, cet homme qui croise une enfant, un écrivain qui a réussit, son œuvre va trouver la réalité, le plus important manque sans qu’il puisse le définir, alors il imagine mourir. Ce qui m’attend, tout risquer, réussir et disparaître ?

La vie n’est pas dans la papier, dans des doigts courant sur le clavier, de ma scolarité je conserve d’avoir appris la dactylographie. Le sang est l’encre, j’appuie sur mes plaies et m’en inflige d’autres pour écrire encore. Me reviennent mes premiers contes… En février, un homme dans une ville déserte, finalement il comprendra qu’il est mort. C’est gai et indicatif de ce qui m'habitait. Mon troisième texte s’appelait Le chemin, déjà cette image me hantait. Le héros erre sur un sentier sombre, parvient à une maison perdue, va jusqu’à la fenêtre et se découvre sur son lit de mort.

Quelle suave imagination ! Mon esprit est un charnier, cela conforte ma certitude d’avoir entrevu la mort, même si j'en donne une explication erronée, je peux en trouver une autre.

En fait c’est elle qui me trouva !

Lequel regarde l’autre ? Le mort alité observant son visage à la fenêtre ou l’inverse ? Le mieux serait que je le laisse tout tomber à commencer par moi, dans l’eau froide, c’est de saison.

Mort et Amour tissent l’écran sur lequel je me projette. Cette forme floue c’est moi. Deux incontournables, comment trouver en soi la force d’amour en sachant que demain est certitude ? L’attente se justifie par elle-même. Gifler la mort, lui dire non, je lève la main, suspends mon geste, c’est moi que je frappe. Je mélange rêve et réalité, imaginaire et concret, je ne sais faire autrement tant je pris l’un pour l’autre, écrire semble répétitif mais le voyage offre à chaque fois une destination inédite. Les idées abondent, la science m’attire, pour l’utiliser, en saisir les concepts, les idées, les impossibilités pour progresser. Extérieur et intérieur se ressemblent, une partie logique, l’autre moins visible, moins cohérente, les deux indissociables. L’être et le penser. J’en reste là. Prenant cette voie je me perdrais en route, j’y reviendrais. De l’ombre et de la lumière il importe de connaître la première pour apprécier la seconde. La mécanique quantique met en valeur l’expérimentateur, ainsi l’œuvre ne naît pas de rien, connaître son auteur permet de la mieux apprécier. Je reviens à ce que je voulais dire après cette parenthèse fulgurante. L’expérimentateur, n’est-ce pas lui le problème, vers lui que devraient se tourner regards et curiosités ? L’imbécile regarde le doigt mais le crétin regarde la lune, moi j’observe le « sage ».

Descendre pour monter, passer par dehors pour entrer, logique ! La difficulté ne vient pas d’un manque de savoir mais d’une impossibilité psychologique d’imaginer un monde différent, dans le fond, pas dans une forme qui se veut technique mais qui n’est que lâche.

L’inconnu m’attend. La folie était un passage obligé, un test avant de poursuivre. L’incapacité cérébrale montre ses effets dans la réalité plus que dans la science, je doute que ce soit pour rien. La peur est supportable si elle s'incarne loin de la réalité.

La lumière s’est déjà imposée, le souffle de l’explosion approche. La chaleur vitrifiant le monde pansera les blessures, La Terre devenue désert connaîtra la paix.

La moindre question est une épine de plus, je connais la sensation du sang couvrant le visage, j’en porte la marque. Il sécha, s'effaça, mais pas en moi. Focalisé sur elle j'évite de voir qui je suis et où je vais.

Où vais-je ? Vers qui ?

Suis-je capable de désirer autrement que mentalement, imposer mon désir à ma lâcheté ; je ne suis pas passé à l’acte quand il s’agissait de tuer, le puis-je pour aimer ?

                                        * * *

Les symboles sont des cailloux blancs (!) marquant la route, les plus repoussants ont la signification la plus importante. La violence est fille de la peur, je les connais bien, le temps vient de me séparer de leurs bras glacés pour en désirer d’autres. Ainsi que le disait Max Planck « On ne convainc pas les opposants à une vérité nouvelle, on attend qu’ils disparaissent. » J'ignorai que cela valait pour moi aussi !

J’attends, y compris, et surtout, une disparition intérieure. Les chocs du dehors sont doux en comparaison de ceux dont les échos me stimulaient, je repousse les uns et les autres désormais. La réalité est un piège, tendre et dangereux, entrant dans sa proie pour découvrir l’aspect dont elle ne se méfiera pas ; alors elle frappe, mord, arrache l’esprit qui résiste. Je fais une crise de lucidité ! Les cartes s’étalent sous mes yeux, tarot mental, lumière, explosion, souffle...

Trinité ! L’espoir... Il y a du travail, c’est l'aspect pénible, affronter ma production et désirer en combler les fissures, préciser mes pensées.

Malédiction bénéfique pour qui survit. Savoir est l’effet de ce pacte signé avec Satan, pourquoi serait-il pire que moi ? Ah ! L’appeler papa, pour voir, pour exciter mon agressivité et lui rentrer dedans. Inutile, il est au fond d’un puits, pourri ou momifié, je m’en fous.

Savoir n’est pas trahir, oser n’est pas pécher, au contraire, le fruit de la connaissance est fait pour être mangé, l’Enfer sait le Paradis.

Jeu de l’Oie, de loi ? J’avance au gré de dés que je ne lance pas, j’ai hâte que la partie s’achève pour lire la règle de ce je(u).

Le symbole est l’image à décrypter, celle d’une charogne n’est pas une raison pour le rejeter au contraire. Ma vie en est l’incarnation, ni fuite, ni abdication : Compréhension. Ainsi cet être arpentant les années sombres d’une guerre pas si lointaine est-il à prendre en considération ? Il me cherche autant que je veux le rencontrer, il est ce qui en moi entendit un appel que je redoute encore, jusqu’à ces mots. Plaindre les victimes, maudire les bourreaux, facile, normal ! En chacun se trouve une part de ma vérité, et pas seulement la mienne, je pense. Se poser la question est courir un risque. À chacun d'affronter sa peur dans ce qu’il rejette, c’est là qu’elle l'attend. Se nourrir justifie le nazisme et l’Holocauste. La « Bête immonde » bouge encore et sourit, chaque refus transcende sa victoire. Une âme incomprise erre éternellement, il ne s’agit pas de la sauver mais d’affronter la part de soi qu’elle incarne pour se préserver soi.

Quelle part de bourreau refusez-vous ?

La lumière indique la route, j'attends depuis l’Origine.

                                        * * *

Le souffle m'entoure, la chaleur me caresse, la violence est sage dans mon esprit, elle attend. L’affectif est la plus sûre des laisses. J’ai voulu lui prêter allégeance, m’agenouiller devant son manteau de sang, lire dans ses yeux vides une gloire destructrice. Cet échec me plaît, je suis content de n’avoir pas réussi. Seigneur ou Serf, la route médiane est tortueuse et stimulante, une corniche entre falaise et abîme, l’idéal pour qui a le vertige et découvre la joie de le dominer. Je ne veux pas d’un trône froid, de hardes pouilleuses. La souffrance est un acide incitant à chercher un soulagement dans un moule d’absence ; pouvoir la supporter c’est découvrir que l’inutile seul est rongé, que resterait-il en VOUS sans lui ?

Le monstre indique la route, effraie ceux qui n’ont pas à la prendre, ce rôle me convient. Gardien jusqu’à ce qu’un autre vienne et prenne la place, alors continuer le chemin est possible, ce temps est venu.

La forteresse s’effrite, le désert s’estompe, le gouffre disparaît.  

Joli tableau devant mes yeux, un champ de bataille, l’ultime conflit, des milliards de corps allongés, la plupart sont morts, les autres agonisent, un survivant marche, il voit les cadavres fondre, l’image de la réalité accélérée, il les voit retrouver la terre, entend un chant né de millions de derniers soupirs. Premier appel, premier murmure, première promesse, la seule. Sans mort pas de vie. De ces cadavres naît un Jardin immense dont chaque fleur est une vie enfin réalisée.

Il m’attend ! Le mot miracle a-t-il un sens, et sens en a-t-il un ?

J’aurais voulu lui dire, oser les termes, l’enfant me gênait, il est mort, enterré, les vers firent bombance, son linceul est le rideau que je tire.

Repasser les plats me gonfle sans être un cadavre dont la corruption œuvre, ils sont vides, j’ai essuyé la dernière miette, je ne vais pas les ronger. Mort et folie, joyeuses convives, bizarre, cette fois on dirait que ce sont elles que la fin quitte.

Vouloir sans Elle ? Vaine expérience. J’ai pris le premier chemin, Don Quichoque solitaire, les mots pour monture, en quête d’impossible. L’explorateur trouve ce qu'il s’autorise à découvrir.

Quel est ce point final devant moi ? Une fois posé quelle sera ma route ? La résurrection est proche, la disparition également, à quoi bon revenir si c’est pour être comme avant, les illusions vont tomber, je comprendrai après. Ai-je la force de construire une œuvre et une vie ? l’une va-t-elle sans l’autre ?

Je sais que le seul moyen de L’arracher de mon esprit passe par le canon d’un pistolet, une balle en argent ferait chic. Je n’essaierai pas. Elle m’a fait plus d’effet qu’une bombe, et de la même façon, la lumière d’abord, révélatrice, le souffle deux jours plus tard. Ce sont mes premiers pas, je découvre le monde, regarde la vie, mon corps sans plaies ni cicatrices, c’est curieux, inquiétant, beau. L’embryon d’esprit flottait dans son jus comme un steak dans une poêle attendant la flamme libératrice.

Curieuse image non ? Elle me fait rire, c’est déjà ça.

Souffrir, supporter, j’ai déjà donné, attendre, d’accord, pas en vain. Les années à trembler dans la nuit je connais, à pleurer seul aussi. J’ai pris des habitudes, dissimule, fait miroir afin que l’autre me voit comme il/elle le désire. Un jeu inutile, le miroir à briser est double, renvoyant aux autres une image fausse. Ma peau n’est pas visqueuse ni couverte d’écailles, je suis normal.

La nature du pire s’est modifiée pour être compréhensible, gérable ?

Le poids de la vie sur mes épaules, mon bras sur les Siennes…

échouer autorise le rêve, l’imaginaire ne me suffit plus, la réalité n’est pas insoutenable. Qu’elle soit attirante est l’autre visage du pire.

Le temps n’est pas innocent. Je suis une victime revendiquant sa culpabilité, sa responsabilité j’en suis moins sûr. Le voile de silence se déchire, le sol tremble, au-dessus du Golgotha le ciel se couvre, le tonnerre hurle, l’avenir n’est pas loin.

Un prénom, un sourire, une lumière si douce qu’elle me fait mal, si belle qu’elle me manque, qu’elle révèle le vide en moi, il est là, il se remplit, vite, les cicatrices s’apaisent, les plaies se referment, le paysage d’enfer s’éteint, vaincu, aimé.

Un vers me revient : Les morts ressuscités renieraient l'Éternel.

Je le peux, pour…  

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 06:29

 

 

Avodkalypse : Bouleversement de sa vision du monde par une grande concentration spirituelle, 50 % minimum. Accessible aux seuls initiés.

Avodkalyptique : État mental ouvrant les portes de perceptions intérieures que les simples mots ne peuvent décrire, personne l'ayant connu ne disposant encore de la parole en ces moments de grandes communions avec... Avec !

Couic-end : Période voyant une augmentation du nombre de décès dus aux accidents automobiles, principalement des jeunes sortant de boites pour rentrer dans une caisse.

Épongidés : Race d'anthropoïdes s'abreuvant régulièrement de liquides dont la teneur en alcool dépasse 20 %, en dessous ce sont de simples poivrots !

État-major : Les saigneurs de la guerre.

Fondementaliste : Individu assis sur ses certitudes et incapable d'en changer.

Hantalgique : Douleur d'autant plus présente que l'on pense à elle.

Hospice : Voie de gare âge.

Leeronyose : Infection peu contagieuse stimulant l'activité cérébrale. Son origine est mal connue, les malades ne se faisant pas soigner.
Neunheureux : Chut ! Ne lui disons pas qu'il est... ce qu'il est. Ce n'est pas l'envie qui nous en manque, jaloux que nous sommes !

Prêtdateur : Charognard nourrissant ses futures proies afaim d'en mieux profiter à la première occasion.

Vodkartreux : Moine vivant dans la Grande Vodkartreuse, reclus et en état d'ébriété extase permanente. L'auteur de ce blog y fait retraite régulièrement pour noyer raviver son imagination. Y demeurer longtemps peut amener à des visions avodkalyptiques difficilement supportables par des foies esprits non imbibés entraînés.


(À consommer avec modération bien sûr...)

 

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 06:25


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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 06:18

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  • : Lire au nid
  • : Mes (ré)créations littéraires et photographiques.
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Bienvenue...

Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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